Bonne fin de semaine !
Voici la suite ! Alors, acceptera-t-elle ou non l'invitation de Basile ?
Merci encore à tous mes lecteurs fidèles qui me suivent toujours !
(Poudlard et son personnel appartiennent à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
(Merci à Persis :)
Chapitre 21
Ivrogne et cavalier
— Je te présente Basile Elconruff, clama Francis en désignant le garçon boutonneux d'un geste théâtrale. Depuis qu'il t'a donné la main lors de ta cérémonie dans la Grande Salle, il est sous ton charme, ricana-t-il.
Basile donna un coup de coude à Francis, l'air embarrassé.
— Quoi, c'est vrai, insista Francis. Tu n'arrêtes pas de parler d'elle. C'est Marius qui me l'a dit.
Basile se tourna alors vers Marius, le garçon aux cheveux d'un noir de jais qui était assis derrière une table avec trois filles, et le fusilla du regard.
Matilde était outrée. Comment osaient-ils se mêler de ses affaires ? Tout le monde la fixait intensément, attendant sa réaction, tandis qu'elle restait silencieuse dans l'escalier avec les bras encombrés de ses paquets, sa cape et ses bottes. Mais quelle réaction espéraient-ils donc ? Elle n'allait quand même pas accepter d'être la cavalière de ce garçon à l'air stupide ? De plus, elle ne le connaissait même pas ! Cependant, quelque chose lui disait qu'il ne fallait pas refuser devant tous ces Gryffondor, comme s'ils allèrent tous se ruer sur elle en l'accusant de traître à leur maison si elle leur expliquait qu'elle préférait venir seule au bal.
— Alors ? dit Francis d'un ton insistant. Acceptes-tu que Basile soit ton cavalier ?
Basile la regarda d'un regard rempli d'espoir et personne ne bougea dans la salle commune. Tous attendaient avidement la réponse de Matilde.
— Heu… bien, je… je…, balbutia-t-elle, mal à l'aise. Je crois que…
— Mais qu'est-ce qui se passe ? retentit soudain la voix de Sarah.
Toutes les têtes se retournèrent vers elle. Sarah redescendait l'escalier, après avoir été porter tous ses paquets au dortoir, et vint s'arrêter sur une marche derrière Matilde.
— J'ai dit : qu'est-ce qui se passe ? répéta-t-elle plus fort en regardant à présent Francis en quête d'une réponse.
— C'est Basile, répondit ce dernier d'un air désinvolte en balançant le pouce vers lui, il vient d'inviter Matilde à être sa cavalière et on attend tous sa réponse avec impatience.
Sarah ouvrit des yeux ronds et regarda Basile qui restait muet comme un idiot. Pourquoi n'avait-il pas lui-même invité Matilde plutôt que d'avoir laissé Francis le faire à sa place ? Probablement parce qu'il avait été trop lâche, songea Matilde.
— Vraiment ? s'étonna Sarah d'un air ahuri.
Il y eut un bref silence.
— Et tu acceptes ? demanda-t-elle à Matilde, incrédule. Tu acceptes son invitation ?
Matilde aurait préféré que Sarah la sorte de cette situation embarrassante au lieu d'empirer son état de malaise.
— Je ne sais pas... marmonna-t-elle et tout le monde étira le coup pour mieux tendre l'oreille.
— Qu'est-ce que tu dis ? interrogea Francis. Nous n'avons pas compris.
Le cœur battant à toute vitesse, Matilde fuit le regard de Basile. Puis, prenant une grande inspiration, elle envoya d'une voix tremblante :
— Non, je ne peux pas…
Des exclamations de protestation s'élevèrent alors dans la pièce et Basile afficha une moue plutôt comique de garçonnet frustré.
— Tu ne vas quand même pas aller au bal toute seule ! lança quelqu'un dans un fauteuil.
— Tout le monde se payera ta tête !
— Basile n'est pas si moche que ça ! railla Marius.
— Ça suffit ! hurla Sarah et tout le monde se tut. Matilde a dit non. Vous devriez tous vous contenter de son choix !
— C'est ça, aboya une voix féroce dans le fond de la salle, il faut respecter le fait que la Parguenaise préfère la solitude et les insultes ! C'est peut-être pour ça qu'elle a tué Dumbledore d'ailleurs : pour aider à mieux se faire rejeter des autres, je suppose ! Cette fille n'est qu'un assassin !
— Tais-toi ! cria froidement Matilde en projetant, avec véhémence, tous ses paquets, sa cape et ses bottes en bas des marches.
Des « Ooooooh ! » retentirent de la foule d'élèves.
— Je n'ai pas tué Dumbledore ! Je n'ai pas non plus choisi d'être rejetée !
Celui qui l'avait provoquée, un garçon costaud aux sourcils épais, renifla avec mépris et cela eut le don d'exacerber la fureur de Matilde d'un coup.
— Vous croyez peut-être que ça m'amuse d'être une Parguenaise ? Que j'ai attaqué Dumbledore pour le simple plaisir ? Que je lui ai fait disparaître les entrailles dans le simple but de me divertir un peu ?
Tout le monde retint son souffle, l'air effaré. Il apparut alors que, même s'ils accusaient tous Matilde d'avoir jeté un sort maléfique sur Dumbledore, ils ne pensaient pas vraiment que cela pouvait être la vérité, trop horrible pour être vrai. L'entendre affirmer d'elle-même qu'elle l'avait réellement fait semblait les avoir tous pétrifiés d'horreur.
— C'était un accident ! ajouta précipitamment Matilde d'une voix à présent anxieuse. Je…
Elle s'interrompit. Un silence froid s'était abattu dans la salle commune et elle regrettait déjà de s'être laissé emporter. Plein de yeux effrayés étaient rivés sur elle et seul Basile manifestait une expression bizarrement fascinée.
— Que s'est-il vraiment passé alors ? demanda-t-il d'un air avide. Tu as perdu le contrôle de tes pouvoirs, c'est cela ?
— Oui… c'est cela… répondit Matilde à mi-voix, même si ce n'était pas tout à fait la vérité.
Elle espérait que cette réponse atténuerait le sentiment d'horreur qui émanait de la foule d'élève dans la salle commune, mais elle n'en fit rien. Basile sourit nerveusement et Francis déglutit avec difficulté.
— Bon, trancha Sarah d'un ton flegmatique, toujours derrière Matilde. Si vous voulez bien nous excuser…
Sarah descendit l'escalier en frôlant Matilde au passage et vint ramasser les paquets, la cape et les bottes, éparpillés au pied des marches.
— Viens Matilde, lui dit-elle avant de remonter l'escalier jusqu'au dortoir.
Matilde ne se fit pas prier et la suivit aussitôt, contente d'avoir trouvé un prétexte pour échapper enfin à tous ces yeux qui la dévisageaient avec effroi. Rendue au dortoir, Sarah laissa tomber tout le contenu de ses bras sur le lit de Matilde et lui dit d'un ton navré :
— Je suis désolée pour ce qui vient de se passer.
Matilde s'assit sur le lit, croisa les bras et baissa les yeux sur ses paquets sans vraiment les voir.
— Et tu peux être sûre que je ne manquerai pas de parler à Francis bientôt ! continua Sarah avec mauvaise humeur. Il s'est montré totalement irrespectueux envers toi ! Je déteste ça lorsqu'il fait ce genre de truc… Parfois, je me demande ce qu'il cherche à prouver !
— Je vais voir McGonagall, dit abruptement Matilde en se levant d'un bond. Il ne me reste plus beaucoup de temps avant ma retenue avec Rogue.
— Ah oui, bien sûr, répondit Sarah, prise au dépourvu par ce changement de sujet si brusque, tandis que Matilde enfilait déjà ses souliers, déterminée.
— Je vais aller faire un tour à son bureau. On se revoit ce soir, après ma retenue, lança-t-elle en dévalant l'escalier.
Elle traversa la salle commune rapidement, en s'efforçant de tenir la tête haute, alors que tous les élèves la regardèrent se faufiler parmi eux, puis sortit dans le couloir après avoir poussé le portrait de la grosse dame à la hâte. Elle se sentit instantanément plus légère. Mais ce sentiment de bien-être ne dura pas. Tout en marchant le long d'un couloir orné de torches éteintes, sa frustration se remit à enfler en elle. Maintenant qu'elle avait avoué qu'elle avait vraiment attaqué Dumbledore, il était évident qu'elle serait encore plus méprisée qu'elle ne l'était déjà. Elle aurait dû se retenir !
Dans un élan de colère, elle saisit une torche qui était accrochée au mur à sa droite et la balança énergiquement à l'autre bout du couloir. La torche vint alors heurter violemment une armure qui était, apparemment, branlante sur son socle, et la fit basculer par terre dans un vacarme infernal qui devait se faire entendre dans tout l'étage. Regrettant aussitôt son geste, Matilde se raidit. Des pas précipités résonnèrent dans un couloir adjacent et le concierge, Argus Rusard, apparut, livide de rage, au milieu des débris métalliques.
— Peeves ! hurla-t-il sans apercevoir tout de suite Matilde, pétrifiée au milieu du couloir, à quelques mètres de lui. C'est toi qui as fait ça ?
N'obtenant pas de réponse, il remarqua enfin Matilde.
— Vous ! siffla-t-il en la pointant d'un doigt accusateur. Approchez-vous !
Effrayée, elle obéit et s'avança lentement vers lui en se tortillant les doigts.
— C'est vous qui avez fait ça ? demanda-t-il en soufflant comme un bœuf.
Matilde baissa les yeux sur le bout de ses souliers. Elle fut sur le point de répondre sur un ton d'excuse lorsqu'au même moment, une voix nasillarde qu'elle reconnaissait bien, résonna dans le couloir, derrière elle :
— Non, c'est Peeves ! Je l'ai vu essayer d'atteindre Matilde avec une torche et la rater. La torche a frappé l'armure ensuite et Peeves a filé d'emblée.
Matilde se retourna et vit Basile qui s'efforçait de fixer Rusard sans ciller. Ce dernier mordit à l'hameçon rapidement.
— J'en étais sûr ! Peeves ! cria-t-il en s'enfonçant dans un couloir étroit à sa gauche. Où te caches-tu, malheureux !
Lorsque Rusard disparut, Basile, l'air satisfait, s'approcha de Matilde, mais celle-ci croisa les bras en se renfrognant.
— Merci, dit-elle à contrecœur.
— Écoute, dit-il d'un ton embarrassé, je sais que c'était un accident. Je ne t'accuse pas du tout d'avoir fait disparaître les entrailles de…
— Qu'est-ce que tu veux ? coupa-t-elle sèchement en levant des yeux noirs dans les siens.
Basile soutint son regard et, avec un air étrange, comme s'il était content qu'elle lui pose enfin cette question, il répondit simplement :
— Je veux que tu sois ma cavalière lors du bal de Noël.
Matilde secoua la tête.
— Pas question ! lança-t-elle avant de fuir dans un couloir à sa droite, bordé d'armures semblables à celle qu'elle venait de faire tomber.
— S'il te plaît, supplia Basile d'un ton cinglant, en la suivant comme un chien de poche.
— Non ! répliqua-t-elle sur un ton catégorique.
Elle accéléra le pas.
— Je t'ai sauvée d'une retenue ! fit-il remarquer. Tu as donc une dette envers moi. Tu n'as pas le choix, tu dois accepter mon invitation !
Il l'agrippa par le bras pour l'arrêter.
— Aïe, cria Matilde qui se dégageait aussitôt de l'étreinte de Basile. Tu me fais mal !
— Mais je ne t'ai même pas serré le bras ! s'indigna Basile, outré.
Il avait raison. Il ne l'avait pas serrée assez fort pour lui faire mal. Si la douleur s'était fait ressentir au moment où il l'avait agrippée, c'était sûrement parce qu'elle était déjà blessée à cet endroit. Elle se souvint alors que Rogue l'eût saisie par ce bras en question lorsqu'il l'avait jeté brutalement hors de sa classe, deux jours auparavant. Une ecchymose devait indubitablement y apparaître depuis.
— Je suis tombée en bas d'un escalier, il n'y a pas longtemps, mentit Matilde pour justifier sa réaction inopinée. J'ai le bras sensible depuis…
— Ah bon, dit Basile en la regardant se frotter le bras d'un air absent. Alors ?
— Alors quoi ?
— Tu veux bien m'accompagner au bal ?
Agacée, Matilde soupira ostensiblement et tourna les talons encore une fois.
— Dans ce cas, explique-moi pourquoi tu ne veux pas ! lança Basile d'un ton courroucé.
Matilde n'avait pas envie de lui balancer à la figure qu'elle le trouvait tout simplement hideux avec tous ses boutons qui lui parsemaient le visage et elle se demanda pourquoi n'avait-il pas bu encore de la potion contre les furoncles. Il en avait pourtant grand besoin.
— Réponds-moi ! ordonna-t-il.
Matilde se retourna à l'autre bout du couloir, à l'instant où elle s'apprêtait à s'éclipser dans un long corridor à sa gauche.
« Il ne me laissera donc jamais tranquille, lui ! » pensa-t-elle avec accablement.
Incapable d'offenser quelqu'un sur son apparence physique, elle dit alors sans réfléchir :
— J'ai déjà un cavalier pour le bal !
Et elle s'engouffra dans le corridor en laissant Basile complètement sidéré par cette révélation des plus inattendues.
« Non mais vraiment ! se dit Matilde tandis qu'elle se dirigeait vers le bureau du professeur McGonagall à grands pas irrités. Bravo Matilde ! Maintenant comment vas-tu trouver un cavalier à temps pour le bal ? »
Arrivée dans le couloir menant à la porte du bureau du professeur McGonagall, Matilde ralentit le pas, mal à l'aise. La raison pour laquelle elle se rendait à ce bureau lui était revenue brusquement : elle venait informer McGonagall au sujet du comportement malséant de Rogue à son égard. En parler aurait-il pour résultat de calmer Rogue ou bien cela le rendrait encore plus indécent et menaçant ? McGonagall ne la croirait peut-être pas non plus…
Ne sachant plus trop quoi faire ou ne pas faire, Matilde décida alors de laisser le hasard la guider. Si McGonagall était à son bureau, elle lui révélerait tout, sinon, elle garderait tout ça pour elle…
Soudain, le professeur Harvey fit irruption devant elle. Chancelant considérablement le long du mur, il hoquetait par instant et n'avait pas son chapeau pointu, ce qui lui révéla sa tignasse blond filasse, entièrement échevelée.
— Professeur ? s'étonna Matilde en le regardant vaciller dangereusement contre une statue de pierre représentant un troll armé d'une massue. Mais vous êtes complètement soûl !
Harvey éclata d'un rire aviné, entrecoupé de nouveaux hoquets, regarda un moment le troll dans ses yeux creux, puis il pivota vers Matilde, la main empoignée à la massue pour ne pas tomber à la renverse. Il beugla à la cantonade :
— Ze soir, ze ne boirai plus !
— Sage décision, répondit Matilde d'un air réprobateur, en prenant soin de reprendre les mots que Harvey avait un jour employés, lors d'un de ses cours.
— Ze n'ai plus de bouteilles, marmonna-t-il en dodelinant la tête, sans lâcher la massue de pierre. Minerva me les a toutes confiquées… confizéquées… con… conzéquées…
— Confisquées, rectifia Matilde en le regardant avec répulsion. Et avec raison !
Harvey lâcha la massue et s'approcha d'elle en titubant. Son sourire carnassier au lèvres, il ricana d'un air inquiétant et fixa Matilde.
— Ze ne boirai plus ze soir, précisa-t-il en penchant mollement la tête de côté. Ze soir. Vous comprenez ?
Il continuait de s'approcher de Matilde et celle-ci reculait à présent vers le mur, par précaution. Harvey rit une nouvelle fois. Puis, avec un hoquet sonore, il vacilla brusquement sur elle et Matilde s'éclipsa aussitôt de sa trajectoire avant qu'il ne vienne s'écraser dans un tourbillon de tissus orangés au pied du mur.
Matilde n'en revenait pas. Le professeur Harvey, éméché au point de ne plus tenir debout ! Comment un professeur osait-il se montrer ainsi dans l'enceinte d'une école ? Jamais, dans son lycée à elle, elle n'avait vu de pareils comportements de la part de ses professeurs. Les sorciers n'avaient donc aucune pudeur ?
— Vous êtes ridicule ! s'exclama-t-elle en l'observant s'esclaffer d'un nouveau rire niais, étalé à terre. Vous devriez aller vous cacher !
Elle amorça un mouvement pour aider Harvey à se relever, mais elle se résigna. Il serait peut-être plus prudent d'en parler à McGonagall avant de tenter toutes choses. Dans cet état, Harvey risquait d'être dangereux…
Matilde se dirigea alors vers le bureau du professeur McGonagall et allongea le poing vers la porte. Elle frappa trois coups. Après un instant de silence, pendant lequel Harvey fredonnait doucement un air de comptine en se berçant au pied du mur, Matilde, à sa grande déception, en vint à la conclusion que McGonagall n'était pas à son bureau.
— Minerva n'est pas là, chantonna Harvey dans son dos.
— Je peux le constater moi-même, merci, lança-t-elle froidement.
Harvey se leva avec difficulté pendant que Matilde, embarrassée, réfléchissait à toute vitesse en se glissant une main dans ses longs cheveux. Elle n'allait quand même pas le laisser errer dans les couloirs du château dans cet état ? Il se ferait renvoyer de Poudlard, c'était certain ! Un tel comportement était indigne de la part d'un professeur. Mais elle ne pouvait pas non plus l'emmener vers ses appartements. D'abord parce qu'elle n'avait aucune idée où étaient situés ses appartements et puis, Dieu savait ce qu'il pourrait oser lui faire lorsqu'elle tenterait de le coucher dans son lit… Et par surcroît, il ne fallait pas oublier qu'elle avait une retenue avec Rogue et qu'elle ne devait surtout pas être en retard.
Tandis qu'elle était toujours concentrée à trouver une solution, Matilde ne vit pas Harvey trébucher dans le pan de sa cape, alors qu'il s'approchait d'elle d'un pas chancelant, et l'entraîna donc violemment dans sa chute. Il tomba lourdement sur elle et une douleur mordante se fit ressentir à l'arrière de la tête de Matilde dès qu'elle atterrit sur le sol dur. Pendant quelques secondes, elle ne vit que du noir. Puis le visage de Harvey, rougi par l'alcool, apparut peu à peu devant ses yeux.
— Ze zuis navré, dit-il en la tapotant maladroitement, z-êtes-vous blezzée ?
Encore un peu sonnée par le choc, Matilde mit ses mains sur le torse de Harvey et le poussa de toutes ses forces.
— Enlevez-vous de sur moi ! ordonna-t-elle, troublée par la situation. Tout de suite !
Harvey s'évertua à se relever mais ne fit que basculer sur le côté. Matilde se redressa aussitôt en position assise et frotta sa nuque endolorie en grimaçant de douleur.
— Attendez, ze vais arranger za, dit Harvey qui se redressait à son tour pour extirper sa baguette de sous sa cape.
— Ne pointez pas ce truc sur moi ! dit Matilde d'un regard d'avertissement. Vous n'êtes sûrement pas en état de faire fonctionner ça convenablement !
Harvey sourit de toutes ses dents pointues, tressaillit en hoquetant de nouveau et leva sa baguette sous le nez de Matilde.
— N'ayez pas peur, charmante Parguenaizze. Ze zuis barfaitement en mesure de…
— Non vous ne l'êtes pas ! coupa sèchement Matilde.
D'un geste rapide, elle s'empara de la baguette de Harvey et la projeta le plus loin possible, à l'autre bout du couloir. Harvey parut offensé.
— Comment z-osez-vous ?
Matilde se leva péniblement en se tenant la tête d'une main et contourna Harvey sur le sol.
— Désolée, dit-elle avec froideur.
Elle releva sa manche pour consulter sa montre bracelet et constata qu'il ne lui restait que quinze minutes avant le début de sa retenue.
— Qu'est-ce que je fais ? se demanda Matilde à voix haute.
Consternée, elle regardant Harvey se relever en titubant, retomber aussitôt par terre, puis se traîner ridiculement dans la direction où sa baguette avait été projetée.
« Ce n'est pas de tes affaires », pensa alors Matilde. Si Harvey était soûl, ce n'était pas de sa faute à elle. Pourquoi devait-elle se sentir coupable de le laisser seul dans ce couloir ? S'il était assez stupide pour se balader dans cet état dans toute l'école, c'était son problème, pas le sien !
Au moment où Harvey ramassait enfin sa baguette magique, Matilde décida finalement de le laisser seul et s'esquiva dans un couloir adjacent.
« Non mais vraiment ! songea-t-elle, outrée. Si demain, ce Harvey ne regrette pas amèrement tout ce qui vient de se passer ce soir, c'est qu'il n'a vraiment aucune décence ! »
Accompagnée du froid désagréable de l'humidité, elle marchait maintenant dans un couloir du sous-sol, vers les cachots où Rogue donnait ses cours. Elle s'arrêta brusquement.
« Ah non ! pensa-t-elle, ce n'est pas à sa classe que je dois me rendre mais à son bureau ! Non ! Je ne sais pas où se trouve le bureau de Rogue… »
Fermant les yeux dans un soupir de désespoir, Matilde s'efforça de trouver, encore une fois, une solution rapidement. Fallait-il retourner au rez-de-chaussée pour tenter de trouver quelqu'un qui lui révélerait l'emplacement de son bureau ? Ou bien fouiller les sous-sols du château à tâtons en prenant un risque, advenant que le bureau de Rogue puisse ne pas se retrouver aux sous-sols, mais à un autre étage ? Elle arriverait en retard à sa retenue dans les deux cas, elle le présentait déjà…
Matilde poussa alors une exclamation de profonde exaspération.
— Mais pourquoi faut-il toujours que ce soit difficile ? hurla-t-elle, avec véhémence, à qui voulait bien l'entendre. Ça ne pourrait pas être simple pour une fois ? Pourquoi je n'ai que des situations affligeantes aujourd'hui ?
La douleur se revigora derrière sa tête au moment où l'écho de ses vociférations se répercutèrent dans la pénombre du couloir et Matilde porta sa main derrière sa nuque.
— Aïe !
Soudain, un bruit de chaîne retentit au loin, devenant de plus en plus sonore à mesure qu'il s'approchait. Matilde se raidit d'effroi.
— Qui est là ? cria-t-elle d'une voix mal assurée en tournant sur elle-même pour tenter d'apercevoir la source de tous ces bruits métalliques qui résonnaient maintenant à quelques pas d'elle.
Brusquement, un spectre sinistre et terrifiant surgit du mur devant elle et Matilde fit un bond en arrière en poussant un hurlement de frayeur. Il était couvert de sang, traînait des chaînes derrière lui et la regardait d'un air ténébreux. Il flottait vers elle lentement.
À suivre... Prochain chapitre : Terreur dans les cachots !
