Salut !
Alors voilà une intéressante question que me pose Missfanficdu57 : Est-ce que je compte écrire d'autre fanfic après celle-ci ?
Et bien je ne sais pas encore, bien que ma tête déborde de plus en plus de nouvelles idées d'histoires en rapport avec le monde de Rowling... En fait, pour ceux qui n'ont pas lu mon profile, la raison première du pourquoi j'ai écris cette fic était simplement pour m'exercer à écrire un roman. J'ai toute une histoire fantastique qui germe dans ma tête depuis un bon bout de temps (qui n'a rien à voir avec le monde de Rowling) que je voulais mettre sur papier mais je ne savais vraiment pas comment écrire le moindrement convenablement au début... Je sais ça parait bizarre dit comme ça mais c'est vrai, mes phrases ne se tenaient pas debout et je maîtrisais difficilement les conjugaisons de verbe... Alors j'ai étudié comme une cinglée les livres de Rowling (mes romans préférés) pour parvenir à écrire ce qui était au début n'importe quoi mais que j'y ai pris un plaisir fou à inventer toute une histoire en rapport avec ce monde. Et bon sang que j'en ai mis du temps à redresser du mieux que possible mes premiers chapitres avant de les publier sur ce site !
En tout cas, bref, avec toutes les reviews enivrantes que vous ne manquez jamais de m'envoyer après chaque chapitre de mon histoire, il y a plusieurs chances que je me laisse tenter par l'écriture d'une nouvelle fanfic mais on verra... En attendant, je ne fais que de la correction à tous les matins pour réussir à vous poster fidèlement un nouveau chapitre à chaque jour)
Alors sans plus tarder, voilà la suite qui, encore une fois, je l'espère bien, saura vous plaire ! :)
(Ce monde pittoresque appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
(Oh, et merci encore à Persis qui m'apporte un grande aide précieuse dans la correction de mes chapitres :)
Chapitre 23
Entretien et affrontement
— Je suis ravie d'apprendre que vous avez trouvé un cavalier pour le bal de Noël, lança sèchement le professeur McGonagall, sans véritable contentement dans le ton de sa voix, en refermant la porte derrière elle.
Puis, exactement comme Sarah l'avait prédit, elle se retourna vers Matilde et lui demanda :
— Alors ? C'est vrai ?
— Qu'est qui est vrai, professeur ? dit Matilde, innocemment.
— Que vous avez essayé de tuer le professeur Rogue ?
— Non, répondit Matilde avec prudence, je n'ai pas essayé de le tuer…
— Ce n'est pas ce que le professeur Rogue a dit hier soir, répliqua le professeur McGonagall, une nuance de frayeur dans la voix. Il m'a raconté que vous l'aviez menacé de mort.
— Eh bien, Rogue a menti… affirma Matilde à voix basse.
Le professeur McGonagall la regarda un moment, les sourcils froncés, puis alla s'asseoir derrière son bureau.
— Asseyez-vous, dit-elle.
Matilde se laissa tomber dans le fauteuil, face au bureau, et joignit les mains sur sa robe en s'efforçant d'avoir l'air naturel. Si ses gestes ne venaient pas trahir son anxiété, peut-être que le professeur McGonagall serait plus encline à la croire elle plutôt que Rogue. Il fallait qu'elle soit crédible.
— Je n'ai pas essayé de tuer Rogue, répéta Matilde en faisant de son mieux pour parler d'une voix égale, mais il est vrai que je l'ai menacé.
Le professeur McGonagall parut troublée.
— Vous l'avez vraiment menacé ?
— C'était pour l'empêcher de se ruer sur moi…
— Miss Beauregard, vous devez contrôler vos humeurs, coupa le professeur McGonagall.
Matilde la regarda dans les yeux. Le ton qu'elle employait maintenant n'était pas le même que d'habitude. Il n'y était plus question de sévérité ou de sécheresse. Elle parlait à présent d'une voix anxieuse, tremblante et basse, comme le premier jour où elle l'avait convoquée à son bureau après l'incident de la disparition des entrailles de Dumbledore.
— J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour vous garder sous le toit de Poudlard : persuader mes collègues à vous donner des cours, enlever des points à tous les élèves qui osaient lancer des remarques négatives à votre sujet, clamer à tout le monde qu'il ne fallait pas avoir peur de vous, qu'on devait s'efforcer de vous accepter, et tout ça parce que le professeur Dumbledore insistait qu'il était d'une extrême importance de ne pas vous délaisser à votre sort. Mais maintenant que vous envoyez des menaces de mort…
— Ce n'était pas des menaces de mort, protesta Matilde avec force. Je le menaçais de lui faire disparaître ses entrailles. C'est très différent…
— Pour l'amour du ciel, Miss Beauregard ! s'exclama le professeur McGonagall avec effroi. Severus Rogue est un professeur ! Comment avez-vous pu agir si indécemment ?
— Il m'a provoquée !
— Mais c'est dans sa nature de provoquer tout le monde !
— Avec moi c'est différent ! objecta Matilde en élevant la voix. Il fait tout pour m'effrayer parce que j'ai mis Dumbledore dans un état que je ne prévoyais pas !
Le professeur McGonagall ferma les yeux un instant et mit un doigt replié sur sa bouche comme pour se dissuader de répliquer. Un silence suivit. Puis, après avoir joint ses mains sur son bureau, elle dit calmement, à voix basse :
— Essayez donc d'avoir un peu de bon sens, Miss Beauregard. Le professeur Rogue est le premier à vouloir vous voir enfermée à Azkaban. Ne vous laissez pas prendre à son jeu…
— Azkaban ? interrogea Matilde.
— C'est une prison pour sorciers et croyez-moi, vous ne voudriez vraiment pas vous y rendre.
Un nouveau silence tomba dans le bureau. Dehors, il continuait à neiger à gros flocons, mais beaucoup moins fort que la veille.
C'était donc ça que Rogue voulait : prouver à tout le monde que Matilde était dangereuse, qu'il fallait absolument l'enfermer, la jeter en prison. Et c'était en la provoquant qu'il allait parvenir à atteindre son objectif. Elle devait donc, à l'avenir, tolérer tous ses sarcasmes sans jamais répliquer une seule fois. Mais pouvait-elle jamais réussir à faire cela ?
— C'est abject de devoir supporter Rogue, murmura Matilde en crispant convulsivement les poings sur les accoudoirs de son fauteuil.
— Le professeur Rogue, rectifia McGonagall. Un tel incident ne doit plus se reproduire, avisa-t-elle d'un air grave. En temps normal, vous auriez été renvoyée de Poudlard sur-le-champ. Mais comme vous êtes une…
Elle s'interrompit.
— Une Parguenaise ? acheva sombrement Matilde qui regardait la neige tomber derrière la fenêtre encadrée de rideaux aux motifs écossais.
Le professeur McGonagall remonta ses lunettes sur son nez.
— Je comprends que cela soit pénible pour vous de devoir endurer le fait que vous ne soyez pas une sorcière comme les autres mais… (elle prit une grande inspiration avant de poursuivre) arrangez-vous, s'il vous plaît, afin que ce genre d'incident ne se reproduise plus. Parce que vous ne pourrez pas toujours compter sur moi pour vous en tirer d'affaire.
Matilde était d'accord, mais à condition que les autres feraient leur part. Dumbledore lui avait tout de même demandé qu'elle l'attaque, et Rogue l'avait volontairement provoquée pour qu'elle le menace de l'amputer de ses entrailles lui aussi. Ce n'était pas juste qu'elle doive toujours en payer le prix alors qu'elle n'avait pas le contrôle total sur ces incidents.
— Et pour éviter que personne ne vous tente de reproduire ce genre d'incident, reprit le professeur McGonagall comme si elle avait lu les pensées de Matilde, suite à la demande générale de mes collègues, j'ai envoyé un hibou au ministère de la Magie, expliquant la situation. Un représentant du ministère sera alors présent durant tous vos cours à partir de demain, pour s'assurer que vous ne vous remettriez pas à menacer un enseignant de mort comme vous l'avez déjà fait avec le professeur Rogue…
— Je ne l'ai pas menacé de mort ! répéta encore une fois Matilde avec vigueur.
— Je le sais, répliqua-t-elle sèchement, mais eux ne le savent pas ! La parole du professeur Rogue a beaucoup plus de poids que la vôtre, Miss Beauregard, étant donné qu'il est professeur. Tandis que vous... Je suis désolée, mais vous avez attaqué le professeur Dumbledore... Oui, je sais, ce n'était pas votre intention, ajouta-t-elle en voyant que Matilde fût sur le point de rétorquer une nouvelle fois. Comprenez que nous sommes tous sidérés par votre Magie Noire, Miss Beauregard, continua-t-elle avec anxiété, et que la présence d'un représentant du ministère parmi nous saura en rassurer plusieurs. Dites-vous qu'on aura enfin cessé de vous craindre dès que vous aurez rétabli Dumbledore. En attendant, soyez forte !
Le cœur de Matilde manqua un battement.
— Êtes-vous en train de me dire que vous croyez, vous aussi, que je peux sauver Dumbledore ?
Le professeur McGonagall acquiesça d'un imperceptible signe de tête.
— Le professeur Harvey affirme avoir étudié minutieusement votre cas, Miss Beauregard, expliqua-t-elle, et il est persuadé qu'avec beaucoup de persévérances et de pratiques, vous arriverez à faire réapparaître ce que vous avez enlevé à Dumbledore… Et j'ai décidé d'y croire puisque cela se trouve à être notre dernier espoir si nous voulons qu'un jour le professeur Dumbledore se remettre sur pieds. J'ai donc demandé aux guérisseurs de Ste Mangouste de le maintenir encore en vie jusqu'à ce que vous soyez enfin prête à le guérir.
Le professeur McGonagall regarda alors Matilde d'un air implorant.
— S'il vous plaît. Si vous êtes bien la seule personne qui peut le sortir de cette horrible situation, ne me faites pas regretter de vous avoir fait confiance…
Devant son air si triste et troublant, Matilde ne put s'empêcher de baisser les yeux avec malaise.
Le professeur McGonagall se leva.
— Votre retenue avec le professeur Rogue est reportée à ce soir, neuf heures, informa-t-elle abruptement, en reprenant son ton coutumier.
Matilde lui jeta un regard horrifié.
— Q-quoi… ? Mais professeur, vous ne pourriez pas… ?
— Non, je ne pourrais pas, coupa le professeur McGonagall d'un ton catégorique. Et vous devriez vous estimer heureuse qu'il ne vous ait pas donné une retenue à tous les soirs jusqu'à la fin du trimestre.
— Mais il va essayer de me provoquer encore une fois…
— Évidemment, dit le professeur McGonagall en contournant son bureau pour aller ouvrir la porte. Et je compte sur vous pour ne pas encore perdre votre sang froid face à ses sarcasmes !
— Mais…, commença Matilde.
— C'est le dernier soir que vous aurez à être seule avec le professeur Rogue. Comme je viens de vous le dire, à partir de demain, vous serez accompagnée d'un représentant du ministère lors de tous vos cours. Le professeur Rogue devra alors se tenir tranquille. Mais en attendant, je vous implore de tenir un tempérament flegmatique et de ne surtout pas faire aucune autre bêtise lors de votre retenue !
Elle ouvrit la porte et lui fit signe de sortir.
— Et tâchez de vous entraîner avec ardeur, ajouta-t-elle à vois basse avant de refermer la porte sur Matilde.
Tout de suite après son entretien avec le professeur McGonagall, Matilde s'était enfermée dans une salle de classe déserte au deuxième étage. Elle avait passé tout le début de l'après-midi à essayer de faire réapparaître une craie qu'elle avait fait disparaître de sa fumée noire, mais, assise sans bouger devant une table vide, les traits crispés par la concentration intense, cela faisait des heures qu'elle avait l'air ridicule.
— Allez ! murmura Matilde entre ses dents serrées. Apparaît ! Mais apparaît donc !
Soudain, la table se mit à fondre comme un vieux ballon de plage qu'on aurait brusquement percé, et Matilde se retrouva donc, comme une idiote, avec une masse informe et fumante à ses pieds.
— Ah et puis flûte ! s'écria-t-elle en se levant avec mauvaise humeur.
Elle donna un violent coup de pied sur ce qui restait de la table et celle-ci finit alors par entièrement se consumer sous le regard courroucé de Matilde. Un sentiment d'amertume s'insinua en elle. Elle n'avait jamais rien pu faire d'autre que de déplacer, tordre et disparaître les choses.
Elle avait réfléchi à la fois où elle s'était vidée d'une partie de son eau corporelle dans la classe de Rogue et elle avait cru qu'il aurait pu s'agir d'une nouvelle forme de magie. Mais en y repensant de plus belle, elle n'avait fait que déplacer son eau à l'extrémité de ses doigts. Ce n'était donc pas différent des autres résultats…
La neige avait cessé de tomber et le soleil se montrait dans toute sa splendeur derrière les fenêtres du château. À pas hâtifs, Matilde parcourait les couloirs en direction de la bibliothèque, tandis que tous les élèves l'évitaient en faisant demi-tour ou en se cachant bêtement derrière les armures et les bustes à son passage — un garçon de première année avait même hurlé de terreur à son approche avant d'aller se réfugier précipitamment dans un placard à balais. Agacée, Matilde se demanda comment allait-elle bien parvenir à se trouver un cavalier pour le bal de Noël. Sarah aurait peut-être une solution ou connaîtrait quelqu'un pour l'aider.
Imbécile qu'elle était aussi ! se gronda-t-elle. Elle aurait dû accepter l'invitation de Basile. Mais maintenant qu'elle avait refusé, elle ne ressentait pas du tout le courage d'aller lui dire qu'elle changeait d'avis. De plus, elle serait obligée d'avouer qu'elle lui avait menti afin qu'il la laisse tranquille, et, de toute façon, il la craignait sûrement autant que tous les autres élèves depuis qu'elle avait menacé Rogue la veille.
Rogue ! Lui n'avait certainement pas peur d'elle puisqu'il prenait le risque de la convoquer à son bureau encore ce soir. Matilde le savait, il allait s'amuser à la provoquer de nouveau, jusqu'à collecter d'autres preuves qu'elle soit une dangereuse criminelle et qu'on vienne ensuite la chercher pour l'envoyer à Azkaban. Mais cette fois-ci, Matilde se promit qu'elle ne lui répliquerait pas et qu'elle ferait tout ce qui lui demanderait de faire, même si cela se révélait excessivement pénible.
Lorsqu'elle entra dans la bibliothèque, la plupart des yeux se braquèrent sur elle avec une angoisse soudaine. Matilde repéra rapidement Sarah qui était en train d'écrire à une table jonchée de parchemins et de livres, et se hâta dans sa direction tandis que trois filles de Poufsouffle firent aussitôt craquer leur chaise en s'élançant brusquement vers la sortie. D'autres élèves les imitèrent.
Matilde était déjà venue à la bibliothèque une fois parce qu'elle avait dû achever un devoir sur les treize lunes de Neptune pour le professeur Sinistra. Même si tous les livres étaient classés par sujets sur les rayons des innombrables étagères, la recherche sur les lunes avait été très ennuyante et laborieuse. Elle avait regretté amèrement l'internet ce jour là.
— Salut, murmura Matilde en s'asseyant près de Sarah.
Celle-ci sursauta et éclaboussa son parchemin d'une grosse tache d'encre.
— Ah, c'est toi, dit Sarah, une main sur le cœur. Je ne t'ai pas entendue venir.
Elle ressortit sa baguette magique pour faire disparaître la tache d'un « Evanesco » furtif et Matilde sentit une étrange odeur nauséabonde qui semblait émaner d'elle. Mais Matilde ne lui fit pas la remarque.
— Alors ? Comment va ton devoir d'histoire ? demanda-t-elle en chuchotant.
Madame Pince, la bibliothécaire, était assise derrière son bureau et lisait tranquillement les pages d'un livre à la reliure bistrée.
— Je n'ai pas encore fini, répondit Sarah à voix basse. Et toi ? Comment ça s'est passé avec McGonagall ?
— Pas trop mal. Mais elle m'a fortement conseillé de ne plus jamais reproduire ce genre d'incident…
— C'est compréhensible, dit Sarah. Quelques Serpentard m'ont jeté des bombabouses tout à l'heure, quand je me rendais aux toilettes. Ils me traitent d'acolyte de meurtrière démoniaque.
— Ah, c'est donc ça l'odeur… heu… je veux dire… Je suis désolée, souffla précipitamment Matilde.
— Ce n'est pas grave. Ne t'en fais pas pour moi, je suis capable d'encaisser…
— Oui, mais il y a quand même des limites, s'indigna Matilde. Si tu le veux, je peux cesser de venir te voir…
— Ne sois pas ridicule ! lança Sarah un peu trop fort.
Madame Pince leva son long nez busqué de son livre et leur jeta un regard noir. Le silence revint s'installer aussitôt et Matilde regarda longuement Sarah qui avait recommencé à écrire sur son parchemin, dans un bruissement de plume agitée.
— Bon, eh bien… Je crois que je vais aller t'attendre dans la salle commune, murmura Matilde après un instant de malaise.
— Je te le déconseille, chuchota Sarah sans lever les yeux de son parchemin. Les Gryffondor sont d'une colère noire contre toi. Ils croient tous que tu as réellement voulu tuer Rogue et cela ne les enchante pas du tout qu'un des leurs puisse faire une telle abomination, même s'il est question de Rogue et que parfois on voudrait vraiment le voir mort, mais bon...
— Alors, j'irai me promener dans les couloirs, soupira Matilde d'un air agacé, et je reviendrai te voir un peu plus tard.
— D'accord, dit Sarah, mais avant — elle leva les yeux dans ceux de Matilde et arbora un sourire taquin —, dis-moi avec qui tu vas au bal de Noël.
— Je voulais t'en parler, justement, mais pas ici, répondit Matilde en remarquant Madame Pince fermer son livre d'un coup sec avant de s'avancer vers elles d'un air sévère. Je t'en reparlerai tantôt, avant ma retenue avec Rogue.
— Rogue a reporté ta retenue à ce soir ? s'étonna Sarah. Même après que tu l'aies menacé de faire disparaître ses entrailles ?
— Ça suffit ! intervint Madame Pince d'une voix sèche et Sarah se raidit aussitôt. Où donc vous vous croyez, ici ? Si vous voulez bavarder, allez faire ça ailleurs !
Matilde sortit de la bibliothèque avec aucune idée de l'endroit où elle voulait aller, encore moins de ce qu'elle voulait faire. Elle n'avait aucun devoir à rendre pour les cours à venir et elle n'avait pas envie de retourner s'exercer à faire réapparaître en vain des craies et des plumes. Elle alla donc déambuler au hasard dans les couloirs du troisième étage.
Elle se promena longuement, scruta les environs, découvrit de nouveaux passages, observa toutes de sortes de personnages des plus loufoques qui somnolaient dans leur cadre, tout en laissant errer ses pensées vers les moments heureux qu'elle connaîtrait lorsqu'elle retournerait enfin chez elle pour les vacances de Noël. Elle imaginait déjà la réaction impressionnée de sa mère lorsqu'elle lui décrirait le château pittoresque qu'était Poudlard, et probablement que son père s'indignerait en apprenant que tous les élèves, ainsi que la plupart des professeurs la craignaient simplement parce qu'elle était une Parguenaise.
Matilde se demanda alors si ses parents étaient déjà au courant qu'elle avait attaqué Dumbledore. Le professeur McGonagall leur avait peut-être envoyé un hibou leur expliquant les événements fâcheux qui survenaient à Poudlard en rapport avec leur fille, ou bien ils étaient tenus dans l'ignorance totale…
— Hé ! La Parguenaise ! s'écria soudain un Serpentard trapu, à l'air mauvais, qui fit irruption d'un couloir à droite, non loin.
Matilde s'arrêta, puis elle vit deux autres Serpentard venir rapidement le rejoindre, visiblement effrayés par le comportement téméraire de leur ami.
— Arrête Haldor, dit l'un des deux à la silhouette gringalette en venant poser sa main sur le bras du Serpentard trapu, elle va te tuer…
Haldor pouffa d'un rire méchant.
— Ce n'est qu'une petite fille, dit-il en se dégageant rudement du Serpentard gringalet, vous allez voir, je vais le prouver !
Il tira sa baguette magique de sa poche et visa Matilde qui recula aussitôt avec prudence.
Le troisième Serpentard, un garçon aux longs cheveux noirs qui lui masquaient la moitié du visage, poussa une exclamation de terreur et prit aussitôt la fuite en s'engouffrant dans le même couloir par lequel ils étaient arrivés.
— Haldor, ne fais pas ça ! implora le gringalet resté auprès de son ami, horrifié, en regardant à présent la scène entre ses doigts levés devant son visage.
La baguette tendue d'une façon menaçante, Haldor s'approcha lentement de Matilde alors que celle-ci s'efforçait de rester calme : il ne fallait absolument pas qu'il se produise quelque chose d'autre de malheureux. Le professeur McGonagall ne le lui pardonnerait jamais…
— Parguenaise, reprit Haldor avec mépris, tandis que l'autre Serpentard tremblait de tout son corps, tu sais ce que tu es ? Tu n'es qu'une affreuse criminelle qui ne mérite pas mieux que de se faire embrasser par un Détraqueur !
Matilde trouva l'insulte bizarre. Embrasser ? Et d'abord, c'était quoi un Détraqueur ?
— Va te faire cuire une bouse de dragon ! continua-t-il sur un ton provocateur, toujours en se rapprochant dangereusement de Matilde. Non mais pour qui te prends-tu dans cette école ? Ça t'amuse de tuer des professeurs pour ainsi montrer ta supériorité en Magie Noire ?
— Je n'ai tué personne, protesta enfin Matilde en reculant lentement vers l'entrée d'un autre couloir à sa droite, devant trois bustes de sorciers à l'air sérieux, et s'il te plaît, poursuivit-elle en s'efforçant d'appliquer un ton aimable, rabaisse ta baguette, je ne te ferai aucun mal…
— Haldor, couina le gringalet derrière lui, les mains toujours levées devant son visage terrifié, fais ce qu'elle te dit…
— La ferme ! beugla Haldor sans lâcher Matilde de ses yeux injectés de sang. Je veux lui montrer à quel point elle n'a rien à faire ici !
Matilde s'immobilisa devant l'entrée du couloir et Haldor leva sa baguette en l'air.
