Bon matin Charlotte Marmotte, j'espère que ce chapitre agrémentera ta journée autant que les autres ! :)
Merci à vous, Eladora et Lena Stein pour avoir mis mon histoire dans vos favoris et merci encore à vous tous de ne jamais manquer de laisser vos impressions et vos commentaires toujours agréables à lire à la fin de chacun de mes chapitres.
Et un gros merci particulier à tous ceux qui me suivent toujours malgré le caractère parfois exaspérant de Matilde...
Maintenant, allons voir un peu ce qui va se passer suite à : Matilde s'immobilisa devant l'entrée du couloir et Haldor leva sa baguette en l'air.
(Poudlard appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
(Merci à Persis :)
Chapitre 24
Le vin de sureau
— Non ! cria le gringalet en se cachant les yeux au même instant où Haldor cria le mot « Stupéfix » et où une lumière rouge jaillit de l'extrémité de sa baguette.
Instinctivement, Matilde balança le bras devant elle dans la vaine intention de se protéger et, sans comprendre ce qu'il se passait, elle dévia la trajectoire du jet de lumière du sortilège, l'envoyant fracasser brutalement l'un des bustes dans un bruit qui assourdit le couloir.
Haldor écarquilla les yeux de stupéfaction quand il vit ce spectacle et le gringalet s'effondra sous le coup de l'émotion.
— Je suis désolée, murmura Matilde, elle-même sidérée par ce qu'elle venait de faire involontairement.
Des pas précipités se firent entendre dans le couloir de droite et le professeur Harvey apparut, la respiration saccadée, son chapeau pointu de travers sur ses cheveux en bataille. Il balaya rapidement la scène du regard, posa un instant ses yeux sur les débris du buste, puis sur le gringalet inerte sur le sol.
— Que s'est-il passé ? haleta-t-il en regardant à présent successivement Matilde et Haldor.
Haldor resta muet.
— Un accident, expliqua Matilde d'une petite voix, tout en espérant que cet accident ne serait pas pris en considération comme l'un des incidents indésirables que McGonagall lui avait interdit de reproduire.
Harvey fixa intensément Matilde de ses yeux bleu électrique.
— Un accident ?
— Heu… Haldor a essayé de…, commença-t-elle mais elle s'interrompit aussitôt.
Devait-elle accuser Haldor d'avoir essayé de lui jeter un sort ? Harvey lui demanderait sûrement ensuite pourquoi il aurait fait une telle chose et Haldor risquerait alors d'inventer n'importe quoi pour tenter de se faire passer pour la victime, tout comme Rogue l'avait déjà fait, et cela lui causerait des ennuis, elle le pressentait... Mais d'un autre côté, que pouvait-elle bien raconter d'autre que la vérité ?
Au moment où elle se résolut à poursuivre sa phrase, Haldor s'exclama d'une voix tremblante :
— Elle a fait dévier un sortilège sans baguette ! Je l'ai vue ! Et Thaddeus l'a vue aussi ! dit-il en pointant son ami qui était toujours sans connaissance, les bras en croix, sur le plancher de pierre.
— Dévier un sortilège sans baguette ? répéta Harvey, l'air étrangement impressionné.
Il observa Matilde avidement.
— Seulement à l'aide de votre main ?
— Apparemment… répondit-elle, un peu embarrassée.
L'ombre de l'un de ses sourires carnassiers passa alors un court instant sur son visage, mais il se ressaisit aussitôt en se raclant la gorge.
— Et lui ? interrogea-t-il en désignant Thaddeus d'un geste nonchalant. Il lui est arrivé quelque chose ?
— Il s'est effondré juste après avoir vu la Parguenaise dévier le sortilège sur le buste, expliqua Haldor à mi-voix. Il a été effrayé...
Harvey remarqua la baguette de Haldor qui pendait toujours au bout de ses doigts.
— C'est vous qui avez jeté le sortilège ? lui demanda-t-il sévèrement.
Un silence survint. Haldor semblait se faire triturer par un affreux malaise.
— Vingt points seront retirés à Serpentard pour avoir fait usage de la magie dans les couloirs de Poudlard, et sur une élève en plus ! gronda Harvey. Réanimez votre ami et filez. Je ne veux plus vous voir traîner par ici ! Quant à vous, dit-il d'un ton imperturbable en se retournant vers Matilde qui eut l'impression que son cœur s'arrêtait de battre, suivez-moi jusqu'à mon bureau !
Contrainte à le suivre, Matilde se rongea les ongles en se demandant bien ce que Harvey lui réservait comme punition. Elle avait toujours été punie lorsqu'elle utilisait ses Pouvoirs Fortifiés en public. Pourquoi serait-ce différent pour cette fois ?
Ils ne marchèrent pas longtemps. Ils arrivèrent rapidement devant la salle de défense contre les forces du Mal et c'est seulement à ce moment que Matilde remarqua avec étonnement que Harvey, pour la première fois, ne chancelait pas.
— Entrez, ordonna-t-il en ouvrant la porte. Mon bureau est en haut.
Il lui montra un escalier jauni, bien visible à l'avant de la classe. Matilde s'y dirigea d'un pas hésitant. Lorsque Harvey la fit entrer dans son bureau, une odeur forte de whisky Pur Feu émana de la pièce. Des tas de bouteilles vides jonchaient le sol, s'entassaient sur les étagères entre les livres rangés pêle-mêle, et s'éparpillaient sur le bureau parmi les piles de parchemins et les quelques encriers et plumes mordorées.
— Je sais, c'est un fouillis total, admit Harvey en ramassant quelques bouteilles vides sur le parquet à peine visible, pour les amonceler un peu plus loin sur un tas de vieux vêtements râpés. Je n'ai pas eu le temps de faire le ménage ces derniers jours et j'ai horreur des elfes de maison. Je n'aime pas qu'on touche à mes affaires, vous comprenez...
Il s'approcha d'un fauteuil passablement usé en face du bureau et y ôta trois bouteilles vides et une chaussette miteuse, qu'il envoya valser, eux aussi, sur le tas de vêtements dans un bruit mat.
— Je croyais que les sorciers pouvaient faire le ménage d'un coup de baguette, dit Matilde.
— Asseyez-vous, dit Harvey sans relever sa remarque.
Il désigna le fauteuil qu'il venait tout juste de débarrasser pour elle et Matilde s'y laissa tomber dans un nuage de poussière, tandis que Harvey contourna son bureau pour aller s'asseoir derrière. Dès qu'il fut assis, il coucha quelques bouteilles devant lui, qui lui obstruaient la vue sur Matilde, puis il posa ses coudes sur son bureau et l'observa un moment. Enfin, arborant son habituel large sourire fou, il constata :
— Alors comme ça vous pouvez esquiver les sortilèges sans baguette magique !
— Je l'apprends en même temps que vous, avoua sincèrement Matilde en prenant une petite boule en verre qui traînait sur le bureau, en face d'elle.
Une étrange fumée limpide se tortillait doucement à l'intérieur.
— C'est quoi ? demanda-t-elle.
— C'est un Rapeltout, répondit-il, mais ne changez pas de sujet. C'est la première fois que vous faites cela ?
— Faire quoi ? dit-elle indolemment, en continuant d'observer la petite sphère dans le creux de sa main avec curiosité.
— Esquiver des sortilèges, répéta-t-il sur un ton d'empressement.
Agacée, Matilde leva les yeux au plafond en soupirant.
— Mais je viens de vous le dire : « je l'apprends en même temps que vous ». Cela signifie que, jusqu'alors, j'ignorais complètement que je pouvais détourner des sortilèges d'un simple geste de la main.
Une étrange lueur brilla dans le fond des yeux de Harvey.
— C'est… intéressant… murmura-t-il avec lenteur.
— Ce n'est pas très différent de mes autres résultats, fit noter Matilde en reportant son attention sur le Rapeltout entre ses doigts, puisque je n'ai fait que déplacer la trajectoire du sortilège.
— Et alors ? fit Harvey.
— Alors ça ne change rien, déclara-t-elle avec exaspération. J'arrive encore et toujours à la conclusion lassante que je ne fais que déplacer, torde et détruire à l'aide d'une horrible fumée noire. Je ne vois vraiment pas comment je peux parvenir un jour à faire réapparaître tout ce que je détruis, professeur. Souvent, j'ai l'impression que mes efforts s'avèrent complètement inutiles… Qu'est-ce qui me dit que la réapparition d'objets n'est tout simplement pas possible dans mon cas ?
— Il ne faut absolument pas abandonner, dit précipitamment Harvey.
Matilde soupira avec tristesse.
— Je sais… dit-elle à voix basse, puisque je suis la seule personne qui pourrait bien sauver Dumbledore un jour…
— Exactement, certifia-t-il vivement. Il a besoin de vous…
Matilde replongea son regard dans la petite boule de verre et observa encore une fois la fumée limpide qui continuait à se torde lentement à l'intérieur.
— Et si j'échouais… ? murmura-t-elle d'un ton sinistre.
L'air soudain tendu, Harvey crispa la main sur un parchemin qui trainait parmi d'autres sur son bureau.
— Vous n'allez quand même pas abandonner ? demanda-t-il alors, inquiet.
— Bien sûr que non, assura Matilde. C'est juste que, souvent, j'ai peur de ne pas y arriver…
Il y eut un silence, puis, sans regarder Harvey, elle demanda d'une voix réticente :
— Vous allez me punir ?
Harvey desserra sa main sur le parchemin.
— Vous punir ? répéta-t-il, confus.
— Oui. Pour avoir usé de ma magie devant deux Serpentard…
Harvey sourit et ses dents pointues se découvrirent, étincelantes.
— Pourquoi vous punirais-je ? Vous avez découvert une autre facette de vos Forces Obscures. C'est une bonne chose… Une très bonne chose…
— Vraiment ? dit Matilde d'un ton sceptique. Et ça va m'aider à faire réapparaître mes objets, peut-être ?
— Mais oui, certifia-t-il avec ardeur. Comme je vous l'ai déjà mentionné avant, il faut étudier cette forme de magie dans tous ses aspects si on veut arriver enfin à la maîtriser pleinement…
— Et réussir à la détruire ensuite… acheva-t-elle en faisant paisiblement rouler le Rapeltout entre ses mains.
Harvey parut alors troublé et Matilde l'interrogea prestement :
— Ce n'est pas ce que vous m'aviez dit lors de votre premier cours, professeur ? Qu'il fallait l'étudier en profondeur pour pouvoir découvrir ses faiblesses… ? Et par je-ne-sais-pas-trop-quel-moyen la détruire ensuite… ?
— Oui… répondit-il à mi-voix, effectivement…
Puis après un instant de silence où il semblait réfléchir à toute vitesse, il parut hésitant, mais reprit néanmoins la parole d'un air sérieux :
— Écoutez, je ne veux pas vous faire peur, mais lorsque vous aurez finalement conjuré le maléfice qui retient Dumbledore entre la vie et la mort, il deviendra alors d'une importance capitale de vous débarrasser rapidement de vos Forces Obscures avant que celles-ci ne vous détruisent. Mais soyez sans crainte, Miss Beauregard. Je me ferai un devoir de vous aider à ce moment-là…
— Et vous saurez quoi faire lorsque ce moment en question arrivera, n'est-ce pas ? s'empressa-t-elle de demander avec appréhension.
Elle s'imaginait déjà le pire qui pouvait bien arriver si elle venait à se faire tuer par ses propres Pouvoirs Fortifiés sans que Harvey ne puisse faire quoi que ce soit pour l'aider.
— Mais bien sûr ! affirma-t-il en émettant un rire nerveux. Comment pouvez-vous douter une seconde que je ne sois pas du tout conscient des procédures à suivre concernant votre cas ?
« Peut-être parce que vous avez souvent l'air bizarre et louche, professeur ? » pensa Matilde en l'observant d'un œil inquisiteur.
— Vous voulez un verre ? demanda-t-il en se levant brusquement d'un bond.
— Heu… quoi ?
— Un verre, insista-t-il. Vous en voulez un ?
Se remémorant la sensation de bienfaisance qui s'était répandue dans tout son corps lorsqu'elle avait bu tout un verre de whisky Pur Feu pour la première fois lors d'un cours passé avec Harvey, Matilde fut tentée sur le coup d'accepter l'invitation. Mais le souvenir cuisant du mal de tête étourdissant qui avait suivi ensuite ne tarda pas à surgir, et elle estima alors plus sage de décliner son offre :
— Non merci…
Après un imperceptible sourire nerveux, Harvey se dirigea tout de même vers une grande armoire vitrée à la droite de son bureau et l'ouvrit sèchement. Elle était pleine de bouteilles. Il saisit la première à portée de sa main, la secoua énergiquement près de son oreille droite puis, après avoir constaté qu'elle était vide, la jeta en grimaçant sur le tas de vêtements râpés, avec ses semblables, dans un tintement de verre sonore. Il prit ensuite une autre bouteille et répéta le même manège. Après la quatrième bouteille, Matilde crut bon de lui faire rappeler un détail qu'il semblait avoir oublié :
— Vous ne m'aviez pas dit, hier soir, que le professeur McGonagall vous avait confisqué toutes vos bouteilles ?
— Je vous demande pardon ? se récria Harvey en se retournant vivement vers Matilde, une bouteille vide encore à la main.
— Le professeur McGonagall vous a confisqué toutes vos bouteilles, répéta-t-elle nonchalamment. Enfin… toutes vos bouteilles pleines, apparemment…
— Comment savez-vous… ? interrogea Harvey en fronçant les sourcils.
— Mais c'est vous qui me l'avez dit, répondit-elle sur un ton d'évidence.
Harvey parut interloqué.
— Vous ne vous souvenez plus de rien, constata alors Matilde en hochant la tête.
Il avait dû tout oublier à cause de son excessive ivresse de la veille.
Lentement, Harvey replaça la bouteille sur l'étagère dans l'armoire vitrée et referma la porte d'un geste tremblant. Il fit quelques pas vers le fauteuil de Matilde puis, après l'avoir observée un long moment, d'un regard étrangement terrifié, il demanda dans un murmure :
— Vous aurais-je dit quelque chose d'autre ?
— Pas vraiment, répondit-elle en se rappelant la scène de la veille. Vous étiez complètement soûl et vous vous êtes péniblement écroulé sur moi…
Il y eut un silence gêné pendant lequel tous deux se regardèrent sans dire un mot. Harvey avait le visage tendu et Matilde caressait toujours le Rapeltout entre ses doigts. Enfin, cette dernière demanda doucement :
— Pourquoi buvez-vous autant, professeur ?
Le visage de Harvey s'obscurcit. Loin au-delà des murs de la pièce, des bruits étouffés de pas et de voix se firent entendre. Un déferlement d'élèves se rendait sans doute à la Grande Salle pour le dîner.
Matilde se leva, la boule de verre à l'extrémité de ses doigts.
— Vous savez, dit-elle sobrement, il ne faudrait pas abuser des bienfaits du whisky Pur Feu…
— Vous vous trouvez drôle peut-être ? s'offusqua Harvey d'un ton cassant. Je n'abuse pas des bienfaits du whisky ! Et ne répétez pas mes mots ! ajouta-t-il en se retournant vers une grosse malle terne dans le coin de la pièce.
Il l'ouvrit d'un coup de pied et plongea la main à l'intérieur pour en ressortir une bouteille opaque, légèrement plus grande que la bouteille du whisky Pur Feu.
— Je suis désolée, s'excusa Matilde, abasourdie.
Elle le regarda boire bruyamment au goulot de la bouteille puis s'essuyer ensuite la bouche avec le dos de sa main.
— Sortez, ordonna-t-il d'un ton abrupte en lui pointant la sortie. Je vous ai assez vue !
Matilde sentit ses entrailles bouillonner. Comment osait-il ? Il était frustré contre elle simplement parce qu'elle lui avait rappelé qu'il avait été complètement soûl la veille. Ce n'était quand même pas de sa faute s'il avait oublié ce détail ennuyant. Révoltée, elle voulut protester :
— Mais…
— À moins que vous voulez boire du vin de sureau avec moi, interrompit précipitamment Harvey d'un ton soudainement aimable.
Souriant, il lui désignant la bouteille qu'il tenait à la main.
Matilde haussa les sourcils, bouche bée. Bizarre… Vraiment bizarre… Ce Harvey était d'un aliéné des plus étranges et imprévisibles. Il changeait d'humeur aussi instantanément qu'un cillement d'œil et cela la troublait. Immobile devant le fauteuil usé, elle hésita donc entre : rester ou fuir.
— Approchez, lança Harvey d'un mouvement de tête insistant.
Serrant le Rapeltout entre ses doigts avec anxiété, Matilde se résigna à lui obéir avec prudence.
— Tenez, dit-il sèchement.
Il lui flanqua la bouteille opaque dans les mains et Matilde échappa la boule de verre qui tomba sur le sol avec un bruit sourd.
— Si vous n'avez jamais bu de vin de sureau dans votre vie, c'est le moment d'y goûter.
Tandis que le Rapeltout allait rouler hors de vue sous le bureau, Matilde regarda Harvey avec méfiance. Il souriait toujours. Effrayée par sa prochaine réaction inopinée si elle décidait finalement de ne pas boire, elle songea alors qu'une petite gorgée ne ferait pas de mal — près tout, ce n'était pas du whisky Pur Feu… Elle leva donc la bouteille à sa bouche et, lorsqu'elle voulut l'abaisser après avoir à peine mouillé ses lèvres sur le bord du goulot, elle sentit une résistance : Harvey avait passé ses doigts sous la bouteille et l'incitait à boire davantage. Matilde dû donc avaler trois grosses gorgées, à contrecœur, avant de s'étouffer en répandant des gouttes de vin de sureau sur le devant de sa robe.
— C'est bon, n'est-ce pas ? dit Harvey d'un ton enjoué.
— Oui… mais un peu âpre au goût… toussota-t-elle en s'essuyant la bouche.
Harvey reprit la bouteille et but de nouveau.
— C'est délicieux, commenta-t-il à son tour, comme s'il venait juste de le goûter pour la première fois, mais je préfère de loin le whisky Pur Feu.
Il redonna la bouteille à Matilde.
— Buvez et constatez-le vous-même, insista-t-il en lui faisant signe de boire une seconde fois.
Hésitante mais docile, toujours déterminée à ne pas offusquer Harvey, Matilde but une autre gorgée de vin de sureau et cette fois-ci, à son grand soulagement, Harvey ne passa pas ses doigts sous la bouteille.
— Qu'en dites-vous ? interrogea-t-il d'un ton badin alors que Matilde réfléchissait maintenant au moyen qui lui permettrait de s'enfuir d'ici sans paraître impolie.
— Oui, vous avez raison…
— Pauvre professeur Dumbledore, dit Harvey d'une voix rauque. J'ai bien hâte de le voir sortir enfin de Ste Mangouste…
— Moi aussi… répondit-elle, quelque peu ébranlée.
Mais pourquoi évoquait-il brusquement Dumbledore à cet instant ?
— Vous vous entraînez souvent ? questionna Harvey en reprenant la bouteille des mains de Matilde.
— Oui, souvent, affirma-t-elle.
Rejetant la tête en arrière, Harvey avala une nouvelle et longue gorgée, son chapeau pointu menaçant de glisser par terre. Puis il dit avec affliction :
— Ce serait vraiment dommage s'il venait à ne jamais s'en sortir…
— Mais ça ne sera pas le cas, professeur, assura précipitamment Matilde, puisque vous m'assurer que je peux le sauver.
— Bien sûr… Si vous persévérez suffisamment…
— Mais je persévère ! s'indigna-t-elle, outrée que Harvey se montre soudain dubitatif à son égard. Je m'entraîne à tous les soirs, vous savez !
— Je n'en doute pas, attesta-t-il d'un ton calme, je n'en doute pas…
Les yeux vitreux, Harvey la fixa alors avec une profonde mélancolie. Puis, pour une raison qu'il était le seul à connaitre, il allongea la main et caressa doucement la nuque de Matilde qui fut si étonnée par cet agissement impudique qu'elle se raidit instantanément. Un frisson désagréable lui parcourut l'échine.
— Charmante Parguenaise, murmura-t-il en faufilant délicatement ses doigts dans ses longs cheveux. Vous devez être exténuée par tant de pression concernant Dumbledore. Mais sachez que je suis avec toi…
Puis, sans retirer sa main, il l'attira vers son épaule et l'enlaça dans une étreinte qui se voulait réconfortante, mais sans succès. Complètement pétrifiée, les bras croisés comprimés entre sa poitrine et celle de Harvey, humant à plein nez le parfum concentré de l'alcool qui émanait du cou de son professeur, Matilde ressentit un embarras extrême.
— Je suis avec toi, Matilde, répéta-t-il d'une voix éraillée, une main toujours dans les cheveux de sa protégée, l'autre pressant vigoureusement la bouteille dans son dos. Je suis avec toi…
Soudain, la porte s'ouvrit à la volée et Harvey sursauta en repoussant vivement Matilde qui vint heurter violemment le coin du bureau.
— Aïe ! s'écria-t-elle en frottant le bas de son dos subitement endolori.
— Tiens donc... On dirait bien que j'arrive au mauvais moment, dit une voix glaciale et sarcastique.
C'était Rogue. Debout dans l'encadrement de la porte, un flacon fumant de minces volutes ocre jaune à la main, il les dévisageait tour à tour avec aigreur.
Oh oh...
Maintenant je vous annonce officiellement que vous venez de lire exactement la moitié des chapitres contenus dans mon histoire. J'espère que cette première moitié vous a plu et que vous êtes toujours partants pour l'autre moitié...
À demain pour la suite ! :)
