Les mois s'étaient écoulés avec ennui pour Tom. Plus personne à présent n'osait lui tenir tête depuis qu'il savait se servir parfaitement du Doloris. Tout le monde y avait déjà goûté et il était maintenant le petit prince de l'orphelinat. Il mangeait à sa faim et choisissait ce qu'il aurait à tous ses repas. Le chef se surpassait en cuisine car il se recevait un doloris si par malheur il ratait ses plats. Le directeur n'avait plus essayé de le toucher. Il avait tout d'abord fait soudainement face à un bouclier invisible, qui l'avait gêné puis brûlé, et arraché la peau. Il ne pouvait plus s'approcher du garçon sans ressentir une atroce douleur. Tom l'avait par la suite torturé pendant de longues heures la nuit, le faisant hurler à la mort. Tous les garçons entendaient ses cris et ressentaient tout de même de la satisfaction d'entendre leur bourreau souffrir. Si seulement ils ne se faisaient pas également torturés parfois. Ils l'évitaient au maximum maintenant, devant respecter son espace vital qu'il avait établie. Il était le seul à avoir des vêtements présentables, même beau. Il suffisait que le petit prince demande pour qu'il ait. Il était en ce moment en train de manger lentement son repas devant les autres qui le regardaient avec envie. Ils avaient peu de nourriture comparé à lui sans parler de la qualité. Alors qu'il allait retourner dans les jardins, le directeur entra dans la cantine accompagné par un garçon assez étrange. Celui-ci devait être légèrement plus grand que Tom mais également plus fin, assez androgyne. Ses cheveux mis-longs étaient aussi noirs que les ténèbres même et ses yeux avaient la particularité d'être d'un bleu persan. Il était beau mais était des fois semblable à une fille avec son visage fin et sa peau clair, même trop clair. On aurait dit un fantôme. Il avait un air noble, aristocrate dans son maintient, sa démarche. Tout en lui montrait qu'il n'était pas n'importe qui.
_ Je vous présente aujourd'hui Audric Kraujas, un petit nouveau qui nous vient directement des rues. Faîtes lui bon accueil.
Lui venant des rues? Il avait tout entendu. Rien que son nom tenait de la noblesse. Le fameux Audric se courba un instant et s'installa sans hésitation à la table de Tom. La peur ancra le cœur des autres. Il allait se faire tuer. Audric présenta sa main noblement.
_ Audric Kraujas, enchanté.
Tom regarda cette main avec intérêt. Il semblait différent des autres. Il ne savait pas pourquoi. Il le sentait. Au lieu de le torturer comme il l'aurait fait avec un autre, il lui prit sa main et la serra.
_ Tom Standel, enchanté moi aussi.
Il avait pris sa main! Ils n'en croyaient pas leurs yeux! Pourquoi avait-il un traitement de faveur? Audric sourit et ils partirent dans les jardins discuter.
_ Alors d'où viens-tu? Je ne crois pas le fait que tu viennes des rues.
_ Pourquoi ne le crois-tu pas ?
_ Ton attitude. Tu n'es pas un vaurien.
_ Tu es bien observateur.
_ Oui et je demande une réponse.
_ Disons que mes parents n'ont pas vraiment apprécié le fait que je dénigre un moldu.
_ Pfff les parents...Attends...Tu viens de dire moldu? Tu es un sorcier?
_ Pas toi?
_ Si mais je pensais être le seul à l'être ici.
_ On est deux maintenant.
_ Tu viens d'une famille noble?
_ Mon sang est aussi pur que tu puisses l'imaginer.
_ Tes parents t'ont reniés?
_ Oh ils allaient avant que je ne les tues.
Tom se stoppa soudainement et observa cet inconnu qui venait de lui déclarer sans émotion qu'il avait tué ses parents.
_ Pourquoi tu as fait cela?
_ Ils voulaient me faire croire que les moldus sont nos égaux. Que je devrais même me marier avec une sang de bourbe pour montrer l'exemple.
_ Quelle horreur!
_ Oui c'est la réaction que j'ai eu quand je l'ai appris. Sauf qu'ils voulaient vraiment le faire. Ils allaient déjà organiser les fiançailles alors avant qu'ils ne commettent l'irréparable je les ai tués. Je suis ensuite sorti me promener et un homme m'a entraîné avec lui, prétendant que je ne devais pas me promener seul dans les rues à cette heure-ci. Ils ont voulu me ramener chez moi mais ils ont retrouvés les corps sans vie de mes parents. Ils ne m'ont jamais suspecté et m'ont directement amené ici.
_ Qu'est ce que tu prévois de faire?
_ Rien de particulier, je vais suivre le mouvement, je m'ennuie assez en ce moment. Je sais que je recevrai la lettre de Pourdlard dans quelques jours.
_ Comment tu le sais?
_ Mes parents ne cessaient pas de me répéter la fameuse date.
_ Tu projettes d'aller dans quelle maison?
_ Serpentard sans hésitation maintenant que je n'ai plus mes imbéciles de parents derrière moi.
_ Pourquoi tu me dis tout cela? Tu n'as pas peur que j'aille le raconter?
_ Non, je n'ai pas peur. Je sais que tu ne diras rien parce que tu es comme moi. Tu n'aimes pas les moldu. Tu veux être puissant et aller à Serpentard. Alors non je n'ai pas peur d'un de mes semblables.
Un de ses semblables...? Cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas mis dans le même sac que quelqu'un. Il avait repris l'habitude d'être l'exclus, l'anormal, le différent. Oui, mais il était également le puissant.
_ Ne me mets pas dans le même sac que toi, je suis unique.
_ Je le sais, qui ne le serais pas en portant le nom des Standel? Cette famille presque aussi vieille que le monde?
Il ressentit de la fierté en entendant ces louanges sur sa famille.
_ Je te suis supérieur.
_ Et je l'accepte avec joie. »
Un sourire sincère se dessina sur son visage. Oui, il était supérieur et le resterait.
Les jours passèrent et ils reçurent tout deux la visite Dumbledore en personne. Il fut surpris en le voyant. Alice lui avait déjà parlé de lui en des termes flatteurs. Il serait le sorcier le plus puissant. Il avait pourtant rien d'impressionnant avec sa petite barbe grisâtre, son long manteau et ses lunettes en demie-lune. Le directeur les mit dans une chambre à part où ils pourront parler.
«_ Bonjour Tom, bonjour Audric. Je me présente, Albus Dumbledore, je suis professeur de métamorphose à l'école de Poudlard. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à trouver deux héritiers de grande famille de sang purs dans le même orphelinat moldu. Surtout toi Tom, tu es porté disparu depuis plus de trois ans dans le monde sorcier. Nous avons été surpris de trouver ton nom sur la liste.
_ Mais comme vous voyez, je suis bien ici et vivant par dessus tout.
_ En effet. Comme vous devez vous en douter, je viens ici pour vous remettre vos lettres de Pourdlard. Tenez.
Il leur tendit à chacun une lettre qu'ils ouvrirent. Ils la lurent rapidement.
_ Je vous accompagnerai au chemin de...
_ Excusez moi de vous interrompre monsieur, intervint Tom, mais je sais parfaitement comment aller au chemin de Traverse pour mes fournitures. J'aurais seulement besoin que l'on nous conduise à la gare.
_ Bien, alors je viendrais vous chercher la veille.
Il n'en dit rien mais il fut vraiment surpris en voyant un nouveau nom s'afficher la veille sur la liste des élèves. Audric Kraujas...Ce nom...oh oui il était pur...mais pas dans le même monde...une tout autre catégorie...que faisait une telle personne sur cette liste et surtout dans cet orphelinat moldu ? Le même que celui du jeune Standel, un autre être miraculé qu'il pensait également mort...Tout comme sa mère d'ailleurs. Il avait appris récemment avant sa mort qu'elle était réapparue en Angleterre alors qu'elle était sensée être morte depuis déjà des années. Une personne si mystérieuse qu'il n'avait qu'entrevu dans un couloir du ministère de la magie. Il en avait entendu parlé par le barman Tom qui en parlait avec joie. Il appréciait cette jeune femme et ne s'en cachait pas. Il avait aussi abordé le sujet de son fils qui s'appellerait Tom. Cette héritière disparue reviendrait en plus avec un fils...Quelle histoire...mas surtout...quel garçon étrange. Il semblait plus mur que les autres garçons de son âge. Alors qu'il allait partir, il entrevu son médaillon. Ses yeux s'écarquillèrent, réaction que Tom aperçut avec joie. Oh il avait reconnu le médaillon de Serpentard? Albus n'en toucha pas mot mais partit plus perturbé que jamais. Qui était ce garçon?
