Wouah ! Merci énormément à vous tous qui m'avez comblée de compliments ! Je suis folle d'extase !
Vraiment, HarryPotter1221 ? Mon histoire est la meilleure fic que tu n'avais jamais lue jusqu'à date ? J'ai failli tomber en bas de ma chaise de stupeur en lisant cela. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'as fait plaisir !
Merci à toi, Roselia001, pour avoir mis mon histoire dans tes favoris !
Merci à ma mère qui, je crois bien, me lit toujours et repère mes fautes...
Et merci à ma sœur qui - je viens de l'apprendre - a commencé à lire mon histoire aussi, me laissant un peu dans la nervosité...
Et un ÉNORME merci à tous ceux encore qui restent toujours avec moi, dans les mésaventures de Matilde.
Petite note : dans les jours à venir, il sera très difficile pour moi de trouver le temps de corriger les chapitres suivants. Je ferai alors de mon mieux - surtout pour toi, Charlotte Marmotte, pour qui la suite de mon histoire motive toujours à se lever chaque matin - pour réussir à vous les publier régulièrement mais il n'est pas impossible que les chapitres suivants tardent un peu à apparaître... Désolée...
Alors sur ce, bonne lecture !
(Les cachots de Poudlard et son sinistre occupant appartiennent à J.K. Rowling)
Ce chapitre-ci aussi fait partie des chapitres que j'ai le plus adoré écrire... ;)
(Merci à Persis :)
Chapitre 27
Pensées lubriques
Maintenant qu'il n'y avait plus de flammes dans la cheminée, Matilde sentit le froid mordant de l'humidité revenir lui envahir le corps. Cet endroit plongé dans une quasi-obscurité n'était pas très rassurant.
Sous la très faible lueur restante de la braise flamboyante, elle retourna vers le canapé, étendit les couvertures râpées sur les coussins — certaines couvertures étaient considérablement trouées par endroit —, et comme Rogue ne lui avait pas offert d'oreiller, elle plia l'une des couvertures de façon à obtenir quelque chose de moindrement moelleux à se mettre sous la tête. Lorsque sa triste couche fut installée, elle alla ouvrir sa valise pour en retirer sa chemise de nuit. La salle de bain était dans sa chambre, qu'il lui avait dit avant de claquer la porte. Matilde se dirigea alors, sa chemise de nuit blanche sous le bras, vers la porte coincée entre les deux grandes étagères remplies de livres à craquer, puis l'ouvrit dans un grincement sinistre.
Elle ne vit que du noir.
D'un geste fébrile, elle tâta sa ceinture dans l'intention d'empoigner sa baguette. Elle se souvenait du sortilège Lumos qu'elle avait appris en cours avec le professeur Flitwick et cet enchantement pouvait s'avérer très utile en cet instant. Cependant, il y avait un hic : elle n'avait jamais réussi à l'effectuer correctement, dû au fait qu'elle passait beaucoup plus de temps à s'exercer à ses pouvoirs de fumée noire plutôt que de s'entraîner aux sortilèges.
Mais ses doigts se refermèrent néanmoins sur le manche de sa baguette. Elle allait tout de même tenter un essai. Visant la noirceur totale devant elle, Matilde murmura :
— Lumos !
Rien ne se produisit.
— Lumos, répéta-t-elle en levant le ton.
Toujours rien.
Pourtant, elle faisait exactement ce que le professeur Flitwick lui avait enseigné de faire. Pourquoi fallait-il que ce soit si difficile de produire un sortilège si simple comme le Lumos ? De plus, n'avait-elle pas entre les mains la baguette magique la plus puissante de toutes ?
— Lumos ! Lumos ! Lumos !
Elle finirait bien par émettre au moins une petite étincelle scintillante ?
— Lumos !
Brusquement, une lumière aveuglante jaillit avec force du bout de sa baguette puis… se dissipa aussitôt, replongeant Matilde dans l'obscurité opaque de la chambre de Rogue.
— J'ai dit Lumos ! gronda-t-elle à l'adresse de sa baguette comme si celle-ci pouvait comprendre ses reproches. Cela signifie que tu dois garder une lumière stable à ton extrémité !
Comme il ne se passa toujours rien lorsqu'elle l'agita de nouveau, maudissant les sorciers de ne pas savoir simplement employer le courant électrique, Matilde, résignée, abaissa sa baguette. Une vague d'amertume vint la submerger. Pourquoi l'usage d'une baguette était si difficile ? Elle avait vu tellement d'élèves utiliser bon nombre de sortilèges avec une telle aisance qu'elle venait souvent à se demander si — bien qu'elle fût Parguenaise — elle n'avait tout simplement pas les qualités requises pour être véritablement considérée comme une sorcière. Peut-être n'était-elle qu'une anodine Moldue-Parguenaise qui allait finir par tout perdre ses pouvoirs magiques dès qu'elle serrait guérie ? Peut-être pas… Ce serait quand même trop beau pour être vrai…
Coinçant sa baguette à sa ceinture, Matilde jeta un coup d'œil à la pendule qui continuait d'émettre ses tic-tacs frénétiques dans tout le salon. Il y avait plus d'une demi-heure que Rogue était parti. Était-il sur le point de revenir ? Et s'il ne revenait pas avant un long bout de temps ? Elle n'avait pas envie de faire le planton devant sa chambre en attendant qu'il vienne gentiment allumer les lampes d'un coup de baguette pour qu'elle puisse enfin se rendre à la salle de bain. Il la réprimanderait, comme d'habitude, la traitant d'idiote qui ne s'était jamais fichue d'apprendre à manier correctement une baguette magique. Elle arriva donc à la sage conclusion qu'elle ferait mieux de ne pas prendre le risque d'attendre son retour avant de se changer.
Et puisque l'idée de s'aventurer dans la chambre de Rogue à tâtons, à la recherche de la salle de bain — qui s'annoncerait, de toute façon, inévitablement aussi sombre que toute la chambre —, ne l'enchantait vraiment pas, elle se résolut alors, à contrecœur, d'enfiler sa chemise de nuit sur place, dans le noir total. Cependant, elle devait faire vite...
Le cœur s'accélérant d'un coup à l'intérieur de sa poitrine, Matilde s'enferma dans la chambre de Rogue en refermant la porte derrière elle, occultant ainsi la seule source de lueur venant de la braise du foyer, et entreprit de se changer à toute vitesse. Ne sachant pas à quel moment exactement surviendrait Rogue, Matilde s'horrifiait à la pensée de se faire surprendre à moitié nue dans l'obscurité de sa chambre.
Elle posa sa chemise de nuit par terre, à un endroit précis où elle pourrait facilement la récupérer dans le noir total, enleva son pull, déboutonna sa chemise avec vivacité, fit glisser sa jupe noire le long de ses jambes, laissant tomber tous ses vêtements, l'un après l'autre, dans un amas quelque part autour d'elle, toujours dans l'opaque obscurité de la chambre. Lorsqu'elle fut enfin prête à enfiler sa chemise de nuit, sentant le froid de l'humidité sur chaque parcelle de sa peau nue, elle s'agenouilla à l'endroit précis où elle l'avait laissée puis, après avoir refermé rapidement ses doigts sur l'étoffe légère de sa chemise, se redressa hâtivement pour se la passer par-dessus la tête. Mais, par pure maladresse, en raison de ses gestes empressés, une mèche de ses longs cheveux s'entortilla par malheur dans l'un des boutons de sa chemise.
— Non… s'étrangla Matilde, sa chemise coincée sur sa tête, lui donnant sûrement l'air d'une parfaite idiote. Pas ça !
Prisonnière, essayant aveuglément de démêler ses cheveux au-dessus de sa tête, elle n'entendait que sa respiration saccadée et son cœur palpiter au niveau de sa tempe au rythme de la panique. Il ne fallait surtout pas que Rogue la voie dans cette situation grotesque !
Mais soudain, alors qu'elle évoquait justement cette terrible pensée dans son esprit, elle entendit la porte au salon s'ouvrir à la volée. Tout son sang se glaça horriblement à l'intérieur de ses veines. Rogue était déjà de retour ! Et Matilde percevait déjà les bruits menaçants de ses pas qui se rapprochaient de plus en plus de la chambre tandis qu'elle tirait maintenant, de toutes ses forces, sur le bouton qui lui emprisonnait les cheveux.
Au même moment où le bouton céda d'un bond, libérant enfin ses longs cheveux, et qu'elle descendit rapidement sa chemise le long de son corps, Rogue fit irruption dans la pièce. Des lampes poussiéreuses aux quatre coins de la chambre s'allumèrent aussitôt et la révélèrent au grand jour, entourée d'un grand lit aux draps ternes qui s'étendait dans toute la pièce, d'une table de chevet caduque et d'une garde-robe antique qui occupaient le reste de l'espace. Matilde retenait son souffle avec appréhension.
— Qu'est-ce que… ?
Rogue s'interrompit. Il sembla étudier le spectacle devant lui avec une décontenance absolue. En silence, il scruta Matilde de la tête aux pieds, posa ses yeux un instant sur ses vêtements éparpillés sur le sol, puis remonta son regard noir sur elle et s'attarda au niveau de sa poitrine. Gênée par cette attitude impudique de la part de Rogue, Matilde se couvrit instantanément de ses bras et constata avec horreur que sa chemise, un bouton en moins, se décolletait considérablement sur la naissance de ses seins. S'enflammant violemment, elle se détourna précipitamment du regard de Rogue en retenant le haut de sa chemise à deux mains.
— Dommage que vous jugez la salle de bain indigne de vous pour vous changer, dit Rogue sur un ton sarcastique.
Matilde n'eut aucune idée sur quoi lui répliquer. Si elle lui disait simplement la vérité, qu'elle avait décidé de se changer ici parce qu'elle n'avait pas réussi à obtenir de la lumière pour se rendre jusqu'à la salle de bain, Rogue la ridiculiserait immanquablement. Par conséquent, si elle restait silencieuse, il risquait d'établir des liens avec son soi-disant fantasme et s'imaginerait qu'elle avait fait exprès pour qu'il la surprenne dans cette condition.
— Je… je ne pensais pas que vous seriez de retour aussi vite… bredouilla-t-elle bêtement.
Un silence troublé s'en suivit.
— Maintenant, dit Rogue, si vous avez terminé d'utiliser ma chambre, Miss Beauregard, j'aimerais bien que vous en sortiez.
Matilde resserra sa chemise sur sa poitrine.
— Je peux passer à la salle de bain avant ? risqua-t-elle de demander en remarquant la petite porte en bois moisi par endroit, qui s'enfonçait dans le mur devant elle. Ça ne sera pas long, promit-elle, toujours sans regarder Rogue derrière son dos.
— Faites vite, répondit-il d'un ton menaçant et elle passa précipitamment la petite porte rongée par l'humidité.
La minuscule pièce sans fenêtre présentait une cuvette grisâtre, un lavabo avec miroir et une simple baignoire sur pied. Lorsque Matilde passa devant le lavabo, elle fut sidérée par son reflet complètement échevelé dans la glace et entreprit aussitôt d'aplatir ses cheveux auburn à l'endroit où ils s'étaient emmêlés dans le bouton. Sa chemise de nuit se rouvrit négligemment sur sa poitrine. Elle devait absolument réparer ça ! Mais comment ? Rogue ne disposait sûrement pas de fils et d'aiguilles pour recoudre un bouton… Évidemment, les sorciers réparaient tout à l'aide du sortilège Réparo,un autre enchantement qu'elle avait vu avec le professeur Flitwick mais qu'elle n'arrivait toujours pas à maîtriser, tout comme le Lumos.
Après avoir passé environ cinq minutes aux toilettes, Matilde en ressortit, tenant toujours sa chemise à deux mains, au moment où Rogue ramassait sa baguette sur le sol, parmi ses vêtements éparpillés.
— Dites-moi, interrogea-t-il en la faisant tourner lentement sous ses yeux, la baguette du professeur Dumbledore serait-elle vraiment la baguette la plus puissante de toutes ?
— C'est ce que Dumbledore m'affirmait, oui, répondit Matilde avec prudence.
Rogue la regarda pendant quelques instants, silencieux. Puis, lorsqu'il reprit la parole, il s'exprima lentement, posément, scrutant la moindre expression de Matilde.
— J'ai entendu parler d'une certaine baguette dotée d'une puissance incroyable qui aurait traversé les âges sous différents noms tels que Baguette de la Destinée, Bâton de la Mort, ou encore, Baguette de Sambucus. Mais je doute fort que cette baguette (il désigna celle qu'il tenait entre ses longs doigts) soit l'ultime Baguette dont je vous parle. D'autant plus que cette histoire de Bâton de la Mort fut, depuis bien des années déjà, considérée comme une simple légende inventée à des fins strictement divertissantes. Aucune preuve n'a jamais été rapportée concernant la véritable existence de cette fameuse Baguette de la Destinée…
— Peut-être que la baguette de Dumbledore ne s'agit pas de cette baguette mais d'une autre baguette tout aussi puissante ? suggéra Matilde en haussant les épaules, les yeux fixés sur ceux de Rogue.
Celui-ci soutint son regard un moment, dans le silence, puis déclara :
— Toutes les baguettes sont construites sensiblement sur le même modèle. Une baguette ne peut pas être plus puissante qu'une autre. Ce n'est pas la baguette qui fait d'un sorcier le plus puissant, mais la façon dont le sorcier s'en sert.
— Dans ce cas, répliqua Matilde, agacée, c'est sûrement la Baguette de la Mort.
Il y eut un nouveau silence pendant lequel Rogue baissa une nouvelle fois les yeux sur la baguette, scrutant chaque petit détail gravé dans le bois.
— Que vous a-t-il dit, exactement, au sujet de sa baguette avant qu'elle ne se retrouve entre vos mains ? demanda-t-il.
— Simplement qu'elle était la seule à bien vouloir supporter mes Pouvoirs Fortifiés, qu'elle était assez puissante...
— C'est pour ça que vous l'avez volée ? dit froidement Rogue, ses yeux noirs étincelant. Parce qu'elle était la seule baguette qui s'avérait capable de canaliser vos pouvoirs ?
— Je ne l'ai pas volée, protesta Matilde, irritée qu'il pense encore une telle infamie à son égard, c'est Dumbledore lui-même qui…
— J'espère que vous mettez régulièrement en pratique tous vos sortilèges appris en cours, Miss Beauregard, coupa-t-il sur un ton débordant de menaces. Faites en sorte qu'il ne soit pas mort en vain. Sinon, poursuivit-il en se rapprochant lentement de Matilde, sa cape noire ondulant dans son sillage, je m'assurerai personnellement à ce que vous périssiez de vos Pouvoirs de Parguenais dans d'atroces souffrances…
— Je m'entraîne souvent, mentit-elle.
Les doigts toujours agrippés sur le col de sa chemise, elle s'accula sur la porte à demi-moisie de la salle de bain. Rogue continuait de s'approcher d'elle avec lenteur, un rictus méprisant au coin des lèvres.
— Vraiment ? dit-il sarcastiquement en s'arrêtant tout près d'elle, vrillant ses yeux apeurés. Eh bien, vous ne devez pas y mettre beaucoup de sérieux dans vos pratiques puisque, apparemment, vous être encore incapable d'effectuer un simple sortilège tel que le Lumos.
Il lui pointa la baguette de Dumbledore sur sa poitrine et le cœur de Matilde se remit à battre à toute allure.
— À partir de maintenant, murmura-t-il avec gravité, vous allez vous livrer entièrement à la pratique intensive de vos sortilèges, dès qu'un moment libre s'offrira à vous. Et avec interdiction de faire usage de vos Pouvoirs Fortifiés, Miss Beauregard, ajouta-il devant le visage outré de Matilde. Vous ne pourrez pas sauver le professeur Dumbledore. Enlevez-vous ça de la tête.
— Mais McGonagall…, commença-t-elle mais Rogue l'interrompit aussitôt.
— Le professeur McGonagall semble être en proie à un déraisonnement total dû au fait qu'elle souffre terriblement en ce moment. Il est normal qu'elle ait tenté de s'accrocher au dernier espoir de guérir le directeur…
— Mais je vais le guérir ! affirma Matilde d'une voix sonore.
— Vous ne pourrez pas le guérir ! contesta sèchement Rogue, la baguette toujours pointée sur elle.
— Alors regardez-moi donc y parvenir bientôt !
Il y eut un terrible silence. Tous deux échangèrent un regard noir.
— Malheureusement pour vous, reprit Rogue d'une voix doucereuse, à partir de demain, vous bénéficierez d'une surveillance étroite. Il ne vous sera alors plus possible de…
— Dumbledore ne mourra pas ! interrompit Matilde d'une voix tremblante, entêtée.
Rogue laissa soudain paraître une lueur malveillante dans le fond de ses yeux noirs.
— Enlevez vos mains, ordonna-t-il d'un ton abrupte.
Matilde le regarda alors avec effarement total et remonta instinctivement sa chemise de nuit à son cou.
— Vous… vous n'allez quand même pas… ? marmonna-t-elle, effrayée.
— Enlevez vos mains, répéta lentement Rogue, les jointures de ses doigts blanchies sous la force avec laquelle il tenait fermement la baguette de Dumbledore, dirigée droit sur elle.
— N-non…
Un sourire horrible apparut sur le visage de Rogue.
— Vous ne voulez donc pas réparer cette chemise ? railla-t-il.
— Vous croyez peut-être que je ne discerne pas vos pensées lubriques, professeur ?
Les mots lui avaient échappés avant même qu'elle prenne conscience de les avoir prononcés. Rogue devint livide mais ne détourna pas les yeux de ceux de Matilde. Il pinça les lèvres, sembla faire de gros efforts pour ne pas se ruer sur elle. Enfin, il dit avec froideur :
— Retenue, samedi soir, dans mon bureau. Votre impertinence dépasse grandement les limites, Miss Beauregard !
Rogue pouvait dire ce qu'il voulait : il n'avait jamais réussi à garder Matilde en retenue depuis l'incident du sortilège Aguamenti. De plus, n'était-elle pas censée être en retenue présentement ? N'était-ce pas le soir auquel il avait reporté sa dernière retenue ?
— À présent, dit Rogue avec mépris, les yeux flamboyants, sortez de ma chambre et allez vous coucher.
D'un geste brusque, il lui rendit sa baguette en la lui enfonçant entre les doigts. Matilde faillit lâcher le col de sa chemise lorsqu'elle s'en saisit péniblement. Contournant Rogue avec précaution, elle se dirigea vers la porte menant au salon.
— Et n'oubliez pas de ramasser vos vêtements, lança Rogue alors que Matilde se penchait déjà vers son uniforme de Poudlard éparpillé sur le sol.
D'une seule main, elle entreprit d'amasser ses vêtements sans jamais lâcher une seconde le col de sa chemise de nuit. Elle les saisit, tant bien que mal, dans une pile serrée sur sa poitrine, puis se redressa en chancelant. Dès qu'elle passa la porte, Rogue l'interpella :
— Vous oubliez quelque chose…
Matilde se retourna. Rogue affichait une expression sardonique. Au bout de son long doigt fin, se balançait le soutien-gorge en dentelle blanche que Matilde, apparemment, avait dû laisser tomber par inadvertance en se redressant. Sentant ses joues rougir d'embarras, elle fit quelques pas vifs vers lui, s'empara de son soutien-gorge d'un geste impétueux puis, sans lui accorder un regard de plus, fit volte-face vers la sortie.
La braise était encore écarlate lorsqu'elle se coucha sur le canapé en se glissant sous les couvertures râpées qui exhalaient une odeur désagréable de moisissure. Le froid de l'humidité imposait toujours sa présence plus que jamais et elle savait qu'il était inutile de demander à Rogue de raviver le feu dans la cheminée. Il était peut-être même présentement en train de ricaner à la pensée qu'elle se gelait le postérieur sur le canapé alors que lui pouvait tranquillement dormir au chaud dans son grand lit aux couvertures épaisses. De plus, son ventre s'était remis à gargouiller plus douloureusement. Elle n'avait toujours pas dîné et elle souhaitait pouvoir faire apparaître un plat rempli de victuailles comme l'avait déjà fait Dumbledore lors de sa première soirée à Poudlard.
Les tic-tacs de la pendule continuaient leur cadence. Matilde pensait à ce qui l'attendait le lendemain matin, au sujet du membre du ministère chargé de la surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Qu'elle soit observée en tout temps n'était pas très réjouissant… Surtout si ce membre du ministère en question s'avérait aussi malveillant que Rogue l'était avec elle. Si cela advenait le cas, Matilde était certaine de finir un jour par tuer véritablement quelqu'un. Il y avait quand même des limites à la provoquer sans cesse…
Elle regarda avec impatience les aiguilles de la pendule : onze heures. Allait-elle finir par s'endormir ? Tout son corps était secoué de tremblements. Ses couvertures trouées n'étaient pas assez épaisses pour la protéger entièrement du froid perçant de l'humidité. Après une heure durant laquelle elle n'avait cessé de grelotter, d'un geste irrité, elle rabattit brusquement les couvertures et se redressa en position assise sur le canapé. Il était cruel de la laisser dormir dans ces conditions.
Matilde alla ouvrir sa valise silencieusement — pour ne pas réveiller Rogue, si toutefois il dormait —, saisit le premier pull qu'elle y trouva et l'enfila par-dessus sa chemise de nuit. Après avoir passé des bas de laines à ses pieds, elle retourna s'asseoir sur le canapé, les yeux rivés sur la cheminée. Du bois de chauffage était cordé contre l'antre et, bien évidemment, aucune allumette ou briquet ne se trouverait nulle part. Créer du feu était encore un sortilège qu'il fallait apprendre... À moins que… ? Non. Les flammes noires qu'elle produisait parfois lorsqu'elle détruisait de gros objets ne régleraient pas le problème du froid. Le foyer disparaîtrait littéralement en fumée. Ce fut donc avec un soupir de consternation profonde qu'elle se rallongea sous les couvertures râpées, priant de toutes ses forces pour que le sommeil ne tarde pas trop à venir.
Je vais essayer de vous envoyer la suite demain... En attendant, laissez-moi savoir si ce chapitre vous a plu ! :)
