J'ai réussi à me lever très tôt ce matin pour parvenir à trouver le temps de vous corriger ce prochain chapitre ! J'ai eu trop de bons reviews ! J'étais ''full' motivée ! Merci beaucoup !
Alors voilà la suite pour vous !
(Les cachots et Rogue appartiennent à J.K. Rowling)
Mais avant de vous laisser à cette lecture, je tiens à vous dire - parce que je sens étrangement le besoin de le faire - que je suis désolée d'avoir peut-être perdu un peu trop le contrôle de moi-même à travers Matilde. Disons qu'à ce moment-ci de ma rédaction, j'ai dû avoir une irrésistible envie de me venger de Rogue...
Bonne lecture, néanmoins...
(Et merci encore à Persis :)
Chapitre 28
Le représentant du ministère
Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, un grand feu s'agitait vivement dans le foyer, projetant une agréable chaleur dans tout le minuscule salon. Un silence tranquille, ponctué des faibles tic-tacs de la pendule en bois terni, se répandait dans l'air. Matilde se redressa lentement et observa autour d'elle. Elle voulait s'assurer que Rogue n'était pas tapi quelque part dans l'ombre d'une étagère remplie de livres, en train de l'épier d'un regard noir et malfaisant. Mais à son grand soulagement, il n'y avait personne.
La pendule sur la cheminée indiquait neuf heures moins le quart. Sans elle, il n'y aurait eu aucun moyen de savoir si le matin frappait bien à la porte, étant donné que les appartements de Rogue se trouvaient au sous-sol, sans la moindre fenêtre. Matilde contempla un moment le feu dans la cheminée, puis enleva machinalement son pull. Bien qu'elle ait eu excessivement froid le soir de la veille, la chaleur devenait un peu trop étouffante à présent. Elle avait hâte de passer sous la douche, de se rhabiller et de sortir enfin de là. Mais estimant que Rogue devait être encore à sa chambre, Matilde se résolut à attendre patiemment qu'il en sorte. Elle irait à la salle de bain ensuite.
Les yeux toujours rivés sur le feu, elle laissa libre cours à ses songeries : pourquoi Rogue ne voulait-il pas qu'elle s'entraîne à ses Pouvoirs de Parguenais ? Peut-être ne voulait-il simplement pas qu'elle sauve Dumbledore ? Elle ne voyait pas pourquoi. Rogue s'était montré très méchant avec elle parce que, justement, Dumbledore se trouvait dans de piteux états à cause d'elle. Et même si elle ne réussissait pas, pourquoi l'empêcher d'utiliser ses Forces Obscures ? Elle n'avait jamais suscité d'autres incidents catastrophiques depuis la fois où elle avait blessé Dumbledore, ce qui signifiait qu'elle savait maîtriser le moindrement cette facette de la magie. Rogue ne devait tout simplement pas aimer la Magie Noire…
La couverture cuivrée du livre que Roque avait déposé la veille sur la table branlante chatoyait à la lueur des flammes. Pourtant, si on jugeait l'ouvrage par son titre — « Les Grandes Noirceurs de la magie ancienne » —, Rogue devait être un passionné de Magie Noire...
Matilde allongea le bras et se saisit du livre dans l'intention de le feuilleter un peu, juste pour passer le temps. Elle venait juste de l'ouvrir à la page où figurait le ruban noir qui avait servi à marquer l'endroit où Rogue s'était arrêté de lire, qu'une voix glaciale retentit dans le silence :
— Si j'étais vous, je ne lirais pas ces atrocités…
Matilde sursauta et referma le livre brusquement avec un bruit sec. Rogue se tenait debout derrière le canapé élimé sur lequel elle était assise, et l'observait silencieusement, le visage insondable. Apparemment, il s'était avancé en douce, sans faire le moindre bruit.
Matilde se leva pour lui faire face.
— Désolée, dit-elle en lui tendant le livre par-dessus le dossier du canapé. J'essayais seulement de passer le temps…
Toujours l'air impassible, Rogue prit doucement le livre et baissa ses yeux noirs sur la poitrine de Matilde qui poussa aussitôt un juron sonore en remontant précipitamment sa chemise de nuit sous son menton.
— Vous me permettez d'utiliser votre salle de bain ? demanda-t-elle abruptement. J'aimerais beaucoup me rhabiller.
Rogue, qui avait remonté ses yeux dans ceux de Matilde, acquiesça d'un signe de tête et Matilde s'élança vers la chambre, agrippant son uniforme de Poudlard au passage.
— Hedlund viendra vous chercher ici, informa Rogue, au moment où Matilde passait la porte.
— Hedlund ? répéta-t-elle en se retournant d'un air interrogatif.
— Le représentant du ministère chargé de vous surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
— Ah… comprit Matilde avec une vague impression d'avoir déjà entendu ce nom quelque part auparavant. Il sera là bientôt ?
— Environ trente minutes.
— D'accord…
Matilde hésita un moment avant de poser la question.
— Pourrais-je… heu… utiliser votre… baignoire… ?
Devant l'expression méfiante de Rogue, elle s'empressa d'expliquer bêtement :
— C'est que… je n'ai pas eu la chance de prendre une douche depuis deux jours et je me sens vraiment… sale… vous comprenez ?
Rogue plissa ses yeux noirs. Il sembla dévisager Matilde avec un certain malaise.
— Alors ? demanda-t-elle avec patience. Je peux ?
— Vous ne paraissez pas si sale que ça, dit-il enfin, avec mépris.
Matilde ne put alors s'empêcher de sourire suite à cette remarque inopinée. Bien sûr, si elle comparait ses cheveux à ceux de Rogue, manifestement graisseux, effectivement, il était vrai qu'elle ne paraissait pas si sale que ça. Rogue ne devait pas avoir la même définition du mot « sale » qu'elle…
— Vous vous moquez de moi, peut-être ? lança Rogue, menaçant.
— Quoi ? Mais non, pourquoi ?
— Que signifie ce sourire impudent ?
— Rien, s'empressa-t-elle de répondre en s'efforçant d'adopter une expression neutre, mais en vain.
Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ressentait une étrange envie de rire à présent. Comme si aujourd'hui, après avoir eu à supporter un amoncellement de désagréments, elle avait envie d'être heureuse pour une fois. Peut-être était-elle en train de devenir folle, ou bien elle était tout simplement extasiée à l'idée de quitter Rogue bientôt ?
Il y eut un silence pendant lequel elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas pouffer de rire comme une imbécile, puis Rogue lança d'un ton irrité :
— Allez vous changer et revenez vite au salon !
Matilde alla s'enfermer dans la salle de bain et s'empara néanmoins d'un vieux gant de toilette trouvée dans un tiroir sous le lavabo. Après s'être nettoyée rapidement à l'eau, elle s'habilla et fut de retour au salon dans moins de cinq minutes.
Rogue était assis dans son fauteuil délabré et lisait « Les Grandes Noirceurs de la magie ancienne » à la lueur du feu crépitant dans la cheminée. Il ne leva pas les yeux lorsque Matilde vint tranquillement s'asseoir sur le canapé, très près de lui, en le fixant intensément. Elle avait l'intention de l'embêter un peu. Après tout, il ne lui restait que vingt-cinq minutes avant d'être sous la protection d'Hedlund. La pensée agréable d'un Rogue qui ne pourrait plus jamais la turlupiner en présence du représentant du ministère la fit sourire d'un air malicieux.
— Cessez de me regarder de cette façon, Miss Beauregard, dit Rogue en lui jetant un regard noir par-dessus son livre.
— Pourquoi pas, répondit-elle d'un ton nonchalant, cela vous gêne ?
Rogue posa lentement son livre sur ses genoux et l'observa d'un air soupçonneux.
— Mais à quoi donc jouez-vous ? demanda-t-il avec froideur.
Matilde détourna aussitôt les yeux, se croisa les bras et se mit à contempler le feu dans la cheminée. Elle avait répondu par impulsion. Un désir inexpliqué de vouloir importuner Rogue à tout prix la démangeait, comme si elle voulait se venger de tout ce qu'il lui avait fait subir depuis le début de son séjour à Poudlard. Mais elle devait faire attention… Elle devait contrôler ses humeurs…
— Je vous ai posé une question, insista Rogue.
— Je ne joue à rien, répondit Matilde sans détacher les yeux des flammes du foyer. Je me demandais seulement ce que vous étiez en train de lire.
— Cela ne vous regarde en rien, Miss Beauregard.
Il y eut un silence. Rogue avait reporté son attention sur les pages de son livre.
— Êtes-vous un passionné de Magie Noire ? interrogea alors Matilde, en scrutant son expression, se demandant s'il allait répondre.
Rogue soutint son regard pendant un long moment, puis lui relança la balle d'un ton sarcastique :
— Et vous ? L'êtes-vous ? J'ai remarqué à quel point vous étiez très attachée à vos pratiques de magie Parguenaise.
— C'est seulement dans l'intérêt de sauver Dumbledore, rectifia Matilde. Je n'ai aucune attirance particulière pour ce genre de magie. Ni pour aucune autre, d'ailleurs. En fait, je déteste la magie tout court…
— Vraiment ? dit Rogue à voix basse.
Matilde baissa la tête et regarda ses mains jointes étroitement.
— Ma vie est vraiment devenue déplorable depuis que j'ai reçu cette lettre de Poudlard chez moi à la mi-novembre… Vous connaissez Hedlund ? demanda-t-elle soudainement pour changer de cap, reprenant un air enjoué.
— Oui, répondit simplement Rogue avec dédain.
Puis il replongea son nez dans son livre.
— Comment est-il ?
— Vous jugerez vous-même, dit-il sans la regarder. À présent, laissez-moi tranquille.
Matilde reporta son attention sur le feu de la cheminée. Vingt minutes à ne rien faire s'annonçait à être très long à passer. Elle leva les yeux. Dans l'une de ces étagères plongées dans la pénombre, il y avait sûrement un livre avec lequel elle pourrait bien s'occuper. Décidée, elle se leva.
— Où allez-vous, Miss Beauregard ? demanda aussitôt Rogue, sans toujours détacher son regard de son livre.
— J'ai pensé que je pourrais bien emprunter l'un de vos livres pour occuper mon temps, répondit-elle avec un haussement d'épaule.
— Ne touchez à rien et rasseyez-vous. Ne vous avais-je pas demandé de consacrer tous vos temps libres à la pratique de vos sortilèges ? Puisque vous êtes si lamentable avec le Lumos, commencez donc par vous exercer à lancer ce sort. Si je ne m'abuse, ajouta-t-il en relevant ses yeux noirs dans ceux de Matilde, vous vous seriez changée dans la salle de bain si vous seriez parvenue à l'effectuer convenablement lors de mon absence hier soir, non ?
Matilde le regarda d'un œil mauvais et se laissa retomber sur le canapé avec un soupir d'exaspération. Elle n'avait aucune envie de se ridiculiser devant Rogue en lançant une ribambelle de sortilèges Lumos ratés. Alors, comme pour le dissuader d'insister, oubliant momentanément qu'il lui avait demandé de le laisser tranquille, elle se lança sur un ton de conversation :
— C'est vrai, je suis lamentable. Je n'ai jamais réussi à maîtriser un seul sortilège. Je me suis déjà posé la question : peut-être qu'à la fin je ne suis qu'une simple Moldue…
— Vous êtes une Parguenaise, rappela Rogue avec lassitude. Les Moldus ne font pas de magie. Si vous ne réussissez pas vos sortilèges, c'est seulement à cause de votre trop grande lourdeur d'esprit. Vous manquez de perspicacité et de volonté.
— Merci, dit Matilde avec froideur.
— Il n'y a pas de quoi, railla Rogue sur le même ton froid, en reprenant la lecture de son livre.
Il y eut un nouveau silence.
— Pourquoi vous amusez-vous tout le temps à m'insulter ? demanda Matilde sombrement.
— Je croyais vous avoir dit de ne plus me déranger…
— Savez-vous à quel point tout le monde vous déteste à Poudlard ?
Rogue, l'air mécontent, abaissa son livre et regarda Matilde qui regretta aussitôt d'avoir laissé échapper ses dernières paroles sans réfléchir.
— Désolée, s'empressa-t-elle d'ajouter.
— Miss Beauregard, faites attention, la prévint-il d'un ton glacial, une autre insolence de ce genre et je vous flanque une autre retenue !
— Désolée ! répéta Matilde, agacée. Je ne vous importunerai plus…
Les yeux flamboyant, Rogue remonta son livre sous son nez avec raideur et Matilde entreprit de se ronger les ongles. La pendule qui répandait toujours ses tic-tacs dans toute la pièce indiquait maintenant que Hedlund n'allait plus tarder. Encore quelques minutes et elle pourrait quitter enfin ces appartements sinistres.
— Il y a longtemps que vous habitez ici ? demanda-t-elle d'un ton absent.
— Pourquoi ne pas vous exercer à vos sortilèges plutôt que de me poser toutes ces questions insignifiantes, Miss Beauregard ? dit Rogue d'un ton sec, visiblement énervé derrière son livre.
— J'ai envie de parler avec vous, c'est tout…
— Eh bien, ce n'est pas réciproque, figurez-vous ! répliqua-t-il froidement. Ou bien vous cessez de m'accabler avec vos questions stupides, ou bien je vous convoque à mon bureau pour un mois de retenues !
— La retenue d'hier soir est reportée à quand ? interrogea précipitamment Matilde, ignorant l'expression outrée mêlée d'incrédulité qu'affichât à présent Rogue.
— Je viens de vous demander de ne plus me poser de questions !
— Je sais mais si je ne veux pas rater une autre fois votre retenue…
— Silence ! vociféra Rogue et Matilde, pour elle ne savait trop quelle raison, lui fit un sourire.
Livide de rage, Rogue laissa tomber son livre à la couverture cuivrée sur la table branlante à son côté, et se leva pour faire face à Matilde assise sur le canapé, la toisant d'un air terriblement menaçant.
— Je ne sais pas pourquoi vous agissez ainsi, Miss Beauregard, dit Rogue à voix très basse, mais vous méritez largement de rester en retenue avec moi tous les samedis jusqu'à la fin du trimestre. Et enlevez ce sourire indécent de votre figure !
— Je serai accompagnée par Hedlund lors de mes retenues, n'est-ce pas ? demanda-t-elle d'un air triomphal.
— Ce n'est pas lui qui m'empêchera de vous faire subir les pires retenues !
— Non, mais il vous empêchera au moins d'être exécrable avec moi, lança Matilde d'un ton ravi. Vous n'aurez donc plus le loisir d'être seul avec moi, de me provoquer ou de m'insulter à votre guise.
Les yeux noirs de Rogue lancèrent des éclairs alarmants mais Matilde ne se laissa pas impressionner. Hedlund arrivait d'un moment à l'autre… Soudain, sans avertissement, Rogue agrippa le col du pull de Matilde et dans un mouvement bestial, la poussa de force dans les couvertures râpées sur le canapé. Son autre main venant s'appuyer contre son épaule, il approcha son visage très près de celui de Matilde qui soutint son regard en s'efforçant de ne pas lui révéler la moindre frayeur au fond de ses yeux.
— Je n'ai pas peur de vous… murmura-t-elle.
Rogue respirait bruyamment et sa main tremblait tandis qu'il la plaquait de toutes ses forces sur le canapé, ses doigts se crispant davantage sur son pull.
— Sachez que je veillerai à ce que Hedlund ne soit pas toujours avec vous, souffla-t-il entre ses dents jaunâtres, sans relâcher sa pression. Il se pourrait très bien qu'il tombe mystérieusement malade un soir et qu'il se retrouve alors dans l'incapacité de descendre aux cachots avec vous…
— Vous n'oserez pas, dit Matilde avec un rire nerveux. Vous n'avez pas le droit…
Les lèvres de Rogue se convulsèrent en un horrible rictus.
— Mettez-moi donc au défi…
Matilde resta silencieuse. Son cœur battait maintenant à un rythme décuplé par rapport à celui des tic-tacs de la pendule.
— Vous vous êtes finalement tue, Miss Beauregard ? railla Rogue de sa voix doucereuse.
— Vous m'étranglez, répliqua-t-elle en suffoquant sous son poids.
Rogue lâcha son pull, mais ne retira pas sa main de sa gorge. Matilde pouvait sentir ses longs doigts fins, trembler tout près de ses seins. Puis un long silence s'installa entre eux, pendant lequel il la regarda intensément, ses yeux vrillant ceux de Matilde. Celle-ci ressentit alors une affreuse appréhension.
— Vous devriez vous retirer, conseilla-t-elle, toujours en soutenant le regard de Rogue à quelques centimètres du sien. Sinon Hedlund pourrait nous surprendre en pensant que vous étiez en train de m'embrasser…
Avec une profonde satisfaction, elle vit Rogue troublé. Il s'éloigna brusquement du canapé. Matilde put alors se redresser et respirer à son aise. Rogue l'observait à présent d'une façon très étrange, d'un air à la fois envieux et même un peu effrayé. Puis des coups frappés à la porte résonnèrent dans tout le salon et il sursauta nerveusement.
Mais avant que Matilde n'ait eu le temps d'assimiler tout ce qu'elle venait de voir, le visage de Rogue était redevenu parfaitement lisse et impénétrable. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit dans un grincement sourd.
On entendit des voix étouffées dans le couloir. Matilde se leva, lissa son uniforme et tenta de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux. Rogue ne tarda pas à s'écarter de la porte pour laisser entrer le professeur McGonagall, suivie du représentant du ministère.
Alors Matilde eut l'impression qu'un morceau de plomb lui tomba dans le creux de l'estomac. Là, debout devant elle, qui la regardait d'un sourire goguenard, Ranbbie Hedlund lui tendait la main pour la saluer.
— Bonjour, dit-il d'un ton enjoué. Content de vous revoir, Miss Beauregard.
Et ce fut en rougissant qu'elle serra sa main d'une timide étreinte.
Maintenant, la deuxième partie de l'histoire commence ! :) ...et vous allez devoir attendre jusqu'à mardi prochain pour la suite... Je suis malheureusement trop occupée dans les jours qui suivent... Mais je vous reviens bientôt ! Promis ! :)
