Une épaisse fumée apparut, recouvrant un corps inanimé au sol. C'était une magnifique blonde qui semblait dormir. Elle ressemblait à une princesse qui n'attendait que le baiser de son prince pour la réveiller. Ses paupières remuèrent, se soulevèrent pour laisser voir des yeux gris pales. De longs cils noirs les encadraient finement. Un beau regard qui fonça de panique. Elle se mit à tourner la tête dans les sens, cherchant quelque chose de familier et se figea lorsqu'elle remarqua le lit devant elle. Il était cassé en grande partie, brûlé à certains endroits mais elle savait que c'était son lit. Elle leva la tête et vit le ciel. Le toit avait disparu ou peut être explosé au vu des débris qui se trouvaient dans sa chambre. La peur la prit au ventre et elle sortit en courant de la librairie pour voir plus loin l'orphelinat. Elle s'en approcha avec désespoir et son cœur s'arrêta lorsqu'elle vit l'état de celui-ci. IL était méconnaissable. Brûlé, détruit. Elle ne savait même pas comment il faisait pour encore pour tenir debout. Elle y entra, passant en dessous des banderoles jaunes qui bloquaient la porte d'entrée et remarqua des traînés de sang sur les murs, le sol, le plafond, des os éparpillés un peu partout. Elle eut la nausée et ne put pas se retenir de vomir à même le sol. Que s'était-il passé ici? Où était Tom?

Elle en sortit et se mit à courir comme une dératée dans les rues. Elle arriva enfin dans un coin peuplé et bloqua son regard sur une page d'un journal qu'un passant lisait. La date l'interpella: 20 août 1944. Elle se figea devant cette réalité qui lui arriva en pleine tête. Elle était en plein dans le début de la seconde guerre mondiale et elle avait fait un bond de 10 ans. Tom était-il toujours vivant? Au vu de l'état de l'orphelinat, elle en doutait beaucoup. Elle avait peur, mal. Que pouvait-elle faire? Soudain l'évidence lui sauta aux yeux: Dumbledore! Il lui avait donné cette lettre en cas de soutient et en ce moment c'était bien ce dont elle avait besoin. Si Tom était toujours vivant, il devrait rentrer en 7eme année.

Elle se mit dans un coin discret et transplana. Elle remercia mentalement sa manie à toujours réduire ses affaires des plus importantes ou moins importantes dans sa poche, manie que Ron avait beaucoup critiqué mais qui allait à présent lui sauver la vie. Elle ne voulait même pas imaginer ce qu'elle aurait pu faire sans la lettre de Dumbledore ou la bourse sans fin qu'il lui avait donné. On l'aurait prise pour une folle...Elle arriva à Pré-au-lard et ses pensées se perdirent vers Tom tout en se dirigeant vers le château. Elle ne voulait même pas imaginer ce que Tom avait dû subir sans elle. Elle souhaitait vraiment de tout son cœur que Pénéloppe ou Dorina l'ait adopté. Un espoir auquel elle ne croyait pas vraiment. Elle priait surtout que son absence n'ait pas réduit à néant toutes ses actions. Qu'il ne se soit pas tourné vers les ténèbres. Que son cœur ne se soit pas remplie de haine, de désir de vengeance, qu'il soit tout simplement devenu celui qui projetait de devenir Voldemort.

Elle vit enfin le grand portail de Poudlard et traversa le grand pont qui la séparait de l'école. Elle toucha enfin les portes et voulut l'ouvrir mais rien, c'était fermé. Malheur! Il n'y avait personne! Mais bien sûr! Aucuns professeurs n'étaient là avant Septembre! Elle se surprenait à être des fois aussi bêtes que Ron et Draco en même temps. Où allait-elle pouvoir le trouver? Aller voir son frère? Non, il allait certainement la prendre pour une ennemie. Mais oui! Godric's hollow! Harry lui avait dit qu'il habitait là bas! Alors qu'elle était sur le point de repartir afin d'aller transplaner, elle se fit interpeller.

«_ Je peux vous aider mademoiselle?

Elle se retourna et tomba sur Albus Dumbledore en personne. Son soulagement fut apparemment visible au vu du regard amusé qu'il lui renvoya.

_ Oui! Je me présente, Alice Standel!

Le regard d'Albus se fit soudainement surpris, méfiant mais également intéressé.

_ Je pensais bien vous avoir déjà vu mais très chère, Lady Standel est déclarée comme morte depuis 10 ans maintenant, je ne pense pas pouvoir vous croire facilement.

Morte...Logique. Une disparition égalait souvent à la mort.

_ Je comprends bien le fait que vous ayez du mal à me croire dans ces conditions mais, laissez-moi m'expliquer, j'ai vraiment besoin de vous! Vous êtes mon seul espoir!

_ Bien, suivez moi.

Il posa sa main sur les portes qui s'ouvrirent naturellement devant eux. Il avait déjà beaucoup d'influence sur l'école sans en être le directeur. Ils passèrent de longs couloirs pour finalement aboutir sur un bureau accueillant. Il s'assit, lui priant d'en faire de même.

_ Un bonbon au citron?

Albus restait Albus. Elle sourit face à cette évidence et accepta le bonbon tendu.

_ Vous êtes bien la seule à accepter un bonbon de ma part.

_ Je ne vois pas pourquoi je le refuserais, je ne pense pas que vous vous empoisonneriez vous-même.

_ Oui! Répondit joyeusement Albus. Bien, racontez moi donc votre histoire.

_ Tout d'abord, veuillez lire cette lettre s'il vous plaît.

Elle sortit la lettre de sa poche et la lui tendit après l'avoir agrandis. Albus fut surpris en y reconnaissant sa propre écriture mais la magie pouvait faire tant de chose. Il l'ouvrit et sentit cette magie si familière s'en dégager. C'était la sienne, il n'y avait aucun doute. Il lut et l'atmosphère fut de plus en plus sombre au fil de sa lecture. Il finit par la replier et plonger un regard morne dans celui d'Alice.

_ Je comprends maintenant cette lueur dans votre regard. Vous avez en vu beaucoup pour votre jeune âge ma chère Hermione.

_ Je ne suis pas la seule et certainement pas la plus à plaindre dans l'histoire.

_ Oui peut-être...Vous êtes donc venue pour régler les choses et changer notre destin.

_ C'est cela. Mais avant de penser à ma mission, j'aimerais savoir si vous savez quelque chose sur l'orphelinat de Tom.

_ Vous l'avez vu j'imagine. Un véritable massacre. Il n'y a eu aucuns survivants.

Non! Pas lui! Les larmes s'insinuèrent dans ses yeux.

_ Du moins, du côté moldu.

Un espoir!

_ Que voulez-vous dire ?

_ Il y a eu deux survivants du côté sorcier.

_ Qui ça?

_ Audric Kraujas...

Kraujas? Ce nom lui disait quelque chose.

_ Et Tom Standel.

Sa respiration revint. Il était vivant! Les larmes ne purent s'empêcher de couler librement sur ses joues. Elle était si soulagée! Elle n'aurait pas supporté de le savoir mort!

_ Je vois que vous tenez beaucoup à lui. Il n'est donc pas qu'une mission.

_ Au début si, mais par la suite non. Je l'aime.

_ J'imagine pour lui avoir donné votre nom.

_ Oui, je n'étais pas sensé faire cela mais je ne pouvais pas le laisser là bas!

_ Je ne sais pas dans quelles conditions il a pu vivre mais il n'y a plus à s'en faire à présent à ce propos, il vit très bien par ses propres moyens, enfin, les vôtres.

_ Que voulez-vous dire?

_ Lors de votre disparition, Tom Standel fut également porté disparu et il réapparut pour sa première année, après être devenu officiellement le Lord Standel, titre qui a beaucoup intéressé certains sang purs, comme vous pouvez l'imaginer.

Elle craignit le pire.

_ Il est donc majeur depuis ses onze ans?

_ Oui, suite à cela, il est allé vivre dans un des manoirs de votre famille et l'orphelinat subit cette tragédie.

_ Qui a provoqué cela?

_ Nous ne le savons pas. Tout ce nous savons, c'est qu'il y avait la présence de beaucoup de serpents qui dévoraient les corps des garçons. Mais cet acte n'est pas naturel, car on a retrouvé le corps du directeur torturé et abusé par un manche à balai.

Elle écarquilla les yeux. Des serpents? Le directeur abusé? Elle ne pouvait pas y croire! Il était devenu un meurtrier bien plus tôt que dans son monde! Le désespoir tomba sur elle. Tout était perdu.

_ Ne perdez pas espoir, vous n'avez pas fait tout cela pour abandonner à la première difficulté. Surtout que vous êtes à présent bloquée dans cette époque, alors autant tenter de faire quelque chose pour changer le court des choses.

Albus prit son menton dans sa main et releva son visage. Il lui fit un sourire et elle ne put pas se retenir de se jeter dans ses bras. Il fut tout d'abord surpris mais répondit à l'étreinte.

_ Je n'abandonnerais pas professeur!

_ Il vaudrait mieux que vous ne m'appeliez pas de cette façon. Bien, maintenant nous devons vous trouver une nouvelle identité. Cela paraîtrait assez suspect que la fameuse Alice Standel revienne de nulle part après 10 ans.

Il ouvrit un de ses tiroirs et en sortit un flacon contenant du sang.

_ Buvez.

_ Je ne peux pas. J'ai déjà le sang des Standel en moi, et je ne veux pas perdre le dernier lien que j'ai avec Tom!

_ Ne vous inquiétez pas, votre apparence changera mais le sang ne cesse pas de couler dans vos veines. Vous ferez donc autant parti de la famille Granger, Standel que celle des Dumbledore.

_ C'est vraiment possible?

_ Si je vous le dis ma chère.

_ Bien, je vous fait confiance.

Elle prit le flacon et but d'une seule gorgée le sang. Il pointa ensuite sa baguette sur elle et elle vit un sort violet la toucher. Comme pour la première fois. Elle se sentit soudainement mal. Son corps brûlait. Sa peau la tirait. Ses os se craquaient. Un hurlement sortit de ses entrailles. Albus lui tendit finalement un miroir et elle put remarquer la différence mais également la ressemblance qu'elle avait à présent avec son directeur.

_ Je suis quoi pour vous?

_ Vous êtes ma nièce.

_ Mais d'où viennent ces yeux violets? Je ne me rappelle pas les avoir vu chez votre frère ou votre sœur.

_ Vous les avez donc rencontré? C'est exact, vous avez les yeux de votre père.

_ Mon père...? Vous voulez dire que...?

_ Oui, je vous ai donné le sang de ma véritable nièce aujourd'hui décédée.

_ Mais comment vais-je expliquer ma réapparition?

_ Ne vous inquiétez pas pour cela, ils habitaient en Allemagne, personne n'était au courant de votre existence ici. Et puis, avec ce qui se passe en ce moment en Allemagne, avec la guerre moldu, vous avez un excellent mobile pour venir ici me rejoindre après la mort prématuré de votre mère, ma sœur.

_ Je vois...C'est en effet une bonne identité. Je suis désolé pour votre nièce.

_ Ne le soyez pas. Je la connaissais peu. Je n'ai pas été un bon oncle. J'ai peut-être l'espoir de me rattraper sur vous.

_ C'est tout à votre honneur. »

Albus lui sourit tendrement en l'observant. Elle ressemblait tellement à sa défunte sœur. Il lui expliqua encore quelques points à retenir et la rassura concernant sa place à Poudlard. Si elle avait vraiment fait des études de médico-mage, elle serait parfaite pour la place d'infirmière qui se libérait justement pour cette année. Dippet ne pouvait de tout façon rien lui refuser. Elle sourit à cette remarque.

Les jours passèrent et la date fatidique de la rentrée arriva. Elle allait enfin le revoir! Certes pas dans son ancienne apparence mais elle allait le revoir tout de même! Impatience qui la tordait, inquiétude qui la rongeait. Elle devait se changer les idées. Elle se mit à flâner dans les rues de Pré-au-lard et elle ressentit une étrange impression. La même que dans son époque. Les rues étaient vides. Les gens se regardaient en chiens de faillance. Personne ne faisait confiance à personne. Lorsqu'elle passait devant les magasins, les commerçants la regardaient avec suspicion, une étrangère était certainement très mal vu en cette période. Si les moldus subissaient la guerre d'Hitler, les sorciers subissaient le joug de Grindelwald. Une impression qui laissait son cœur à sa tristesse, comme si elle était revenue à son époque, qu'elle revoyait de nouveau Harry dans son lit, au bord de la mort, Ginny enterrée, Ron aveuglé par un mince espoir, Draco mort et Voldemort vivant.

Elle se mit à marcher sans but et se retrouva naturellement devant les grilles du manoir Standel. Elle toucha le portail qui la séparait de son ancienne demeure et elle ressentit un étrange malaise. Le froid se fit ressentir et elle se décida à mettre sa capuche. Quel sale temps! Elle ne vit pas le regard surpris d'un jeune homme dans les jardins.

Elle partit de nouveau sans but et se retrouva dans ce parc où elle avait rencontré ses amies. Elles lui manquaient énormément...Elle vit l'herbe fraîche s'abaisser sous la puissance du vent, herbe qui semblait l'appeler. Elle finit par s'allonger et s'endormir sans le prévoir.

Une goutte froide s'abattit sur son front. Une autre suivit et une autre pour finalement être suivi par des centaines d'autres. Cela suffit à réveiller Jade dans un sursaut. Elle regarda tout autour d'elle et constata que la nuit était tombée et que la pluie l'avait prise en traître. Elle mit sa capuche et courut de toutes ses forces jusqu'au château. Elle allait être en retard! Quelle bonne impression pour son premier jour de travail! Elle arriva finalement au portail encore ouvert mais sur le point d'être refermé par un homme si semblable à Rusard. Elle ne s'arrêta pas pour l'aborder et fonça. Il la vit et se mit à courir après elle en hurlant qu'elle n'était pas autorisée à rentrer. Il l'agrippa, l'insulta, la bloqua, la retarda autant qu'il put. Il ne pouvait pas la laisser passer. Jade ne put plus se retenir et se retourna vers lui, le regardant avec dédain.

«_ Alors écoute moi bien sale microbe! Je ne suis pas d'humeur à ce qu'on me prenne de haut à coup d'insulte! Je suis déjà assez en retard comme ça pour que je n'ai besoin de me taper un imbécile de ton genre! Si tu veux aller te plaindre fait le mais ne vient pas casser mes oreilles sensibles qui ne pourront plus supporter une minute de plus ta voix paillarde!

_ Mais...!

_ Réponds et je te tue sur le champ. »

Cela à suffit à calmer le gardien qui la suivit en silence, se ratatinant littéralement sur place. Elle allait enfin pouvoir le voir. Pourvu qu'elle ne soit pas trop en retard!

Il était attablé à cette table qu'il avait côtoyé depuis maintenant 6 ans. Il n'en avait pas perdu du respect, bien au contraire, il en avait gagné. Il était si fier de lui. Il était enfin reconnu à sa juste valeur. Il était certes craint mais aussi envié, jalousé, admiré, idolâtré. Tout ce qu'il avait voulu! Il observa un instant le troupeau de nains s'extasier en arrivant dans la grande salle. Ils furent répartis et commença ce foutu discours du directeur Dippet. C'était tellement assommant qu'il avait du mal à garder constance. Il avait faim non de non! Quant ce vieux allait-il enfin décider d'arrêter de parler? Tom, dans un dernier espoir, tenta de le trucider du regard afin qu'il se taise, mais sans effet.

Il souffla, dépité, et se résigna à attendre, comme tout le monde...même s'il n'était pas comme tout le monde! Mais c'était un détail...Il entendit soudainement son nom et au vu du regard que le directeur lui lança, il comprit qu'il devait se lever.

«_ Je vous présente donc le préfet en chef, Tom Standel.

Il s'inclina légèrement sous les applaudissements des élèves et il se rassit aussi vite qu'il s'était levé, tout cela avec grâce.

_ Étant donné que Madame Balfard, notre infirmière est hospitalisée pour l'année, je voulais vous présenter votre nouvelle infirmière qui restera avec nous le temps d'une année mais malheureusement je ne la vois pas parmi nous...peut- être est-elle...

_ Désolée pour mon retard!

Les portes de la grande salle s'ouvrirent en catastrophe pour laisser rentrer une silhouette encapuchonnée. Elle était trempée et ne releva pas sa capuche avant d'être à la table des professeurs. Certains remarquèrent également Parussard, le gardien trembler sur place en la regardant avec crainte. C'était bien la première fois qu'ils le voyaient ainsi!

_ Comme je le disais, je vous présente donc votre nouvelle infirmière, Jade Dumbledore.

Dumbledore? Le nom provoqua un brouhaha autant du côté des élèves que des professeurs. La Jade en question releva sa capuche et ils purent contempler sa beauté. Ils virent ses longs et lisses cheveux aubruns tomber sur son dos avec finesse. Certains assez proche de la table des professeurs purent également remarquer ses yeux violets, un caché en partie par la mèche de cheveux qui tombait dessus. Ni trop petite ni trop grande, ni trop maigre ni trop grosse, mais si bien formée. Son visage fin et ovale sous une peau légèrement mat lui donnait un charme certain. Elle dégageait une aura si...mystérieuse. Un de la table des serpents se sentit soudainement oppressé sans en savoir la raison, comme si cette atmosphère lui était familière. Cette sensation d'apaisement inexplicable, où l'avait-il ressenti la dernière fois? Cette sensation qu'il ne pensait plus jamais ressentir. Celle qu'il pensait être morte en même temps qu'elle.

Il rencontra le regard de Jade et il plongea dans cette couleur si envoûtante. Il ne remarqua pas le sourire amusé d'Audric. Il allait enfin pouvoir s'amuser. Jade se redressa et fit face aux élèves qui n'avaient toujours pas réussi à détourner le regard d'elle.

_ Bonjour, je m'appelle donc Jade Dumbledore. Je suis heureuse d'avoir l'honneur de passer une année dans cette si célèbre école. J'espère que nous passerons une bonne année ensemble. »

Elle s'inclina et finalement s'assit à la place qui lui était réservée, celle à côté d'Albus. L'année allait enfin pouvoir commencer.