Mystère... mystère... Ça paraît-tu que c'est mon mot préféré ? :P
Bon, j'ai l'impression que je ne pourrais jamais vous remercier assez pour vos commentaires si plaisants qui fait faire toujours des bonds d'allégresses à mon cœur... Donc je ressens toujours le besoin de vous le redire souvent : MERCI énormément à vous !
Maintenant, prêts pour un peu de Rogue ?
(Celui-ci appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture...
Chapitre 33
La faiblesse de Rogue
— Matilde, réveille-toi ! Matilde !
Matilde ouvrit les yeux. La chambre était encore plongée dans la pénombre. Elle avait chaud, était trempée de sueur et son cœur menaçait d'exploser à tout moment dans sa poitrine ardente.
— Ça va, je suis là, rassura Ranbbie à côté d'elle, en lui écartant les cheveux qui lui collaient au visage. Ce n'était qu'un cauchemar…
— Je vais mourir, gémit Matilde, la respiration saccadée, les bras croisés pressés sur sa poitrine. Je vais mourir… Je vais mourir…
— Chut, souffla Ranbbie en la rapprochant doucement de lui dans une étreinte consolante. Tu ne vas pas mourir. Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es en sécurité à Poudlard.
Matilde étouffa ses sanglots dans le creux de l'épaule de Ranbbie. Elle ne se souvenait plus du rêve qu'elle avait fait mais elle en ressentait encore vivement les émotions. Sa sensation de feu brûlant à l'intérieur d'elle devenait insupportable.
— Je vais mourir…
Puis, un vertige la saisit brusquement et elle se sentit sombrer dans un abîme glacial…
...
« Est-ce que je suis… morte… ? »
Elle se posait tout de même la question alors qu'elle savait très bien qu'elle ne l'était pas. Du moins, pas encore... Dans le silence du matin, la calme respiration de Ranbbie se mêlait à la sienne. La tête reposant contre son torse, elle entendait son cœur battre à un rythme posé et une main lui caressait doucement les cheveux, son bras. Elle se sentait bien. Ses flammes vives semblaient s'être rétractées un peu dans sa poitrine et se révélaient beaucoup moins cuisantes que l'instant d'avant.
Brusquement, elle se souvint des événements sinistres survenus au courant de la nuit. Elle releva aussitôt la tête et regarda Ranbbie, alarmée. Ce dernier resta paisible, sa main lui caressant toujours ses cheveux emmêlés.
— Tu vas mieux ? demanda-t-il d'une voix calme.
— Ranbbie… Il faut que je te dise quelque chose…
Matilde s'était enfin décidée. Il fallait que Ranbbie soit au courant de son impression de feu qui embrasait sa poitrine. Elle ne pouvait plus nier la corrélation entre cette sensation inquiétante et l'usage excessif de ses Pouvoirs de Parguenais le jour de l'invasion des trolls.
Ranbbie sourit.
— J'adore ça quand tu m'appelles par mon prénom…
— Je t'en pris, Ranbbie, c'est important, dit Matilde d'un ton grave en lui repoussant la main de sa joue.
Le sourire de Ranbbie s'effaça.
— Tu vas enfin m'avouer que tes souffrances n'ont rien à voir avec tes douleurs menstruelles, c'est ça ? demanda-t-il abruptement.
Matilde affirma d'un hochement de tête, l'air désolé.
— Et c'est pour ça que tu lançais sans arrêts tes Lumos hier soir ?
Nouveau hochement affirmatif.
— Je crois que je vais mourir de la même façon que j'ai tué les deux trolls, murmura Matilde, angoissée.
Il y eut alors un silence pendant lequel Ranbbie la dévisagea longuement, les sourcils froncés. Enfin, il dit d'une voix tremblante qui lui trahit un léger sentiment de frayeur :
— Ne sois pas idiote, Matilde. Qu'est-ce qui te fait penser qu'une telle atrocité pourrait bien t'arriver ?
— Je ressens quelque chose de brûlant en-dedans de moi, qui me donne l'impression de me détruire à petits feux, expliqua-t-elle. J'ai utilisé trop de Magie Noire pour tuer ces trolls, Ranbbie. Maintenant, mes pouvoirs semblent se retourner contre moi. Je vais mourir…
— Arrête ! dit sèchement Ranbbie, mal à l'aise. Rien ne prouve que cette sensation ait véritablement un lien avec tes pouvoirs...
— Non, mais il y a quand même de quoi à s'inquiéter…
D'un mouvement brusque, Ranbbie écarta Matilde et se redressa en position assise sur le bord du lit. La tête entre les deux mains, il sembla réfléchir à toute allure.
— Lorsque je réussis mes sortilèges, poursuivit Matilde, déterminée à tout lui avouer à ce sujet, je ressens aussitôt une fraîcheur qui vient apaiser mes brûlures, pour quelques secondes, à l'intérieur de ma poitrine…
Ranbbie se retourna vers elle et baissa les yeux sur sa chemise de nuit, comme s'il pouvait apercevoir le feu au travers le tissu en soie blanche.
— Tu ressens encore cette sensation ? demanda-t-il.
— Oui. Mais moins intense que cette nuit.
Après un moment, Ranbbie se leva résolument.
— Je peux te faire confiance le temps d'aller voir le professeur McGonagall ?
— Bien sûr, assura Matilde sur un ton d'évidence.
Il était stupide de penser qu'elle profiterait de son absence pour se remettre à la pratique de ses Pouvoirs de Parguenais — qui étaient très probablement en train de la tuer, d'ailleurs.
— Dans ce cas, ne bouge pas d'ici. Je reviens.
Il alla ouvrir la porte.
— Et cette fois-ci, ajouta-t-il en lui brandissant un doigt menaçant, tu as intérêt à m'obéir !
La porte claqua lorsqu'il la referma sur lui et Matilde l'entendit passer à sa chambre d'un pas rapide, sans doute pour enfiler des vêtements plus convenables qu'un pyjama bleu avant d'aller se présenter au bureau du professeur McGonagall.
Matilde resta assise au milieu de son lit, immobile, fixant la porte devant elle d'un air hagard. Elle se demandait ce que McGonagall en penserait de sa sensation de brûlure. Sûrement qu'elle la tancerait sévèrement en lui disant qu'elle aurait mieux fait d'écouter ce qu'on lui avait toujours admonesté plutôt que de ne faire qu'à sa tête, que c'était pour son bien. Et que, maintenant, elle allait subir les conséquences désastreuses de ses actes irréfléchies... Pourquoi n'avait-elle pas écouté, aussi ? Une petite voix quelque part dans sa tête lui envoya alors amèrement la réponse : « Parce que tu étais persuadée d'arriver un jour à guérir Dumbledore à l'aide de tes Pouvoirs Maléfiques, de réparer les dégâts que tu lui as malencontreusement causés. » Mais c'était le professeur Harvey qui lui avait dit que c'était possible. S'était-il trompé ou bien l'avait-il poussé volontairement vers une mort inéluctable ?
Matilde sentit un lourd chagrin lui écraser le cœur. Elle songea à ses parents. Ses parents qui seraient bien loin d'elle lorsqu'elle succomberait sous ses Pouvoirs de Parguenais. Ainsi se terminait-elle sa vie ?
Après plusieurs minutes pendant lesquelles elle se laissait maintenant gagner par les larmes et les sanglots, elle entendit la porte au salon s'ouvrir. Ranbbie était revenu rapidement et ses pas résonnant dans la pièce laissait présumer qu'il était seul. Le professeur McGonagall n'était donc pas venue sermonner Matilde tout de suite. Elle voulait peut-être qu'elle descende à son bureau tout à l'heure ?
On cogna à la porte de sa chambre. Après s'être essuyée les yeux d'un rapide geste de la main, Matilde lança d'une voix forte :
— Tu peux entrer, Ranbbie !
La porte s'ouvrit avec lenteur, dans un grincement sinistre, et Matilde découvrit avec horreur que ce n'était pas Ranbbie qui apparut dans l'embrasure de la porte. C'était Rogue. Le teint cireux, ses longs cheveux gras lui tombant sur les épaules, il l'observa avec son éternelle malveillance incrustée plus que jamais dans le fond de ses deux yeux noirs.
Matilde se raidit d'effroi. Était-ce Ranbbie qui l'avait envoyé ? Ou avait-il profité de son absence pour venir la tourmenter un peu dans ses appartements ?
— Je remarque un certain rapprochement intime entre vous et Mr. Hedlund pour ainsi le tutoyer comme vous venez de le faire, dit Rogue de sa voix doucereuse, en s'avançant lentement vers le lit de Matilde. Et je note aussi que vous présenter en chemise de nuit ne semble pas vous gêner…
— Que venez-vous faire ici ? demanda-t-elle froidement, soutenant son regard jaugeur.
Rogue s'arrêta au pied du lit, sa longue cape sombre se balançant doucement derrière lui. Puis, après un court silence, une lueur démente illumina un instant ses yeux noirs. Il ordonna à voix basse :
— Étendez-vous sur le dos…
Matilde eut l'impression que toutes ses entrailles fondirent à l'instant comme de la cire bouillonnante. Ses flammes ardentes se revigorèrent au même moment dans sa poitrine. Mais que s'apprêtait-il à lui faire ? Il n'allait quand même pas… ?
Comme elle restait pétrifiée, l'air menaçant, Rogue contourna le pied du lit en le longeant comme un horrible serpent et allongea la main vers la gorge de Matilde.
— Je vous ai demandé de vous étendre, dit-il d'un ton glacial en la plaquant rudement sur l'oreiller.
Matilde poussa alors un cri strident et s'agrippa au bras de Roque pour tenter vainement de se libérer tandis que lui, de son autre main, ressortait sa baguette magique de sous sa cape qu'il lui pointa ensuite entre ses deux yeux écarquillés d'affolement.
— Calmez-vous ! Sinon je serai obligé de vous immobiliser d'un sortilège…
— Lâchez-moi ! hurla Matilde qui continuait de se débattre. Lâchez-moi ! À l'aide ! s'égosilla-t-elle dans l'espoir que quelqu'un vienne à son secours. À l'aide !
Rogue agita alors sa baguette magique et les hurlements de Matilde s'étranglèrent dans le fond de sa gorge. Maintenant devenue muette, ne parvenant plus à émettre aucun son, elle supplia Rogue du regard avec toute l'insistance dont elle était capable. Elle sentait ses larmes ruisseler le long de ses tempes et venir se perdre à la racine de ses cheveux.
Rogue, le vissage lisse et impénétrable, consentit à desserrer légèrement son étreinte, mais ne la lâcha pas.
— Rassurez-vous, souffla-t-il près de son visage effrayé, je n'ai aucune intention de vous… heu… faire cela, comme vous être affreusement en train de vous imaginer à l'instant… Je veux seulement vérifier quelques détails concernant votre état de Parguenaise.
Il retira enfin sa main de sa gorge et se redressa lentement. Toujours autant craintive, tremblante sur les couvertures de son lit, Matilde le regarda caresser sa baguette magique de ses longs doigts fins, en appréhendant avec effroi ce qu'il allait lui faire subir ensuite.
— Depuis combien de temps ressentez-vous cette sensation à la poitrine, Miss Beauregard ? interrogea Rogue d'un ton détaché, sans détourner les yeux de sa baguette.
Recouvrant la parole, Matilde demanda d'une petite voix tremblante :
— Qu'a… qu'allez-vous faire… ?
— Répondez à ma question, coupa-t-il sèchement.
— Je… enfin… Depuis que…
Matilde s'interrompit. Elle venait de se souvenir que cette sensation de feu brûlant dans sa poitrine s'était déclenchée à l'instant même où Rogue s'était rué sur elle après avoir détruit le deuxième troll. Peut-être que c'était lui qui lui aurait jeté un certain maléfice ? Après tout, sa sensation n'avait peut-être pas de lien avec ses attaques de trolls ? C'était peu probable, mais le petit espoir de découvrir qu'aucun rapport n'existait entre ses Pouvoirs de Parguenais et sa sensation brûlante fit tambouriner frénétiquement son cœur entre ses côtes.
— Oui, Miss Beauregard ? insista Rogue en haussant les sourcils.
Réticente, Matilde acheva sa réponse :
— Depuis que… que vous m'avez attaquée, professeur. Suite à la destruction du deuxième troll…
L'expression toujours impassible, Rogue baissa les yeux sur Matilde avec lenteur. Cette dernière commença à se tortiller avec anxiété et s'éloigna un peu de lui en se faisant glisser sur les couvertures.
— Vous n'êtes quand même pas stupide au point de penser que je suis la cause de cette sensation étrange, Miss Beauregard ? lança Rogue avec mépris. Ou peut-être l'êtes-vous ?
Matilde le regarda d'un œil noir.
— Vous êtes totalement dépourvue de subtilité, continua-t-il en hochant la tête, les yeux étincelant. À présent, ne bougez plus, Miss Beauregard, que je m'adonne à la tâche de découvrir ce qu'il se cache sous votre poitrine.
Il fit un geste vers elle. Aussitôt, Matilde se jeta en bas de son lit et recula vers la fenêtre en vacillant.
— Expliquez-moi d'abord ! exigea-t-elle, sur la défensive. Expliquez-moi exactement ce que vous vous apprêtez à faire sinon…, menaça-t-elle sans véritablement savoir ce qu'elle avait l'intention de faire ensuite.
Rogue fut sur le point de répliquer avec colère lorsqu'on entra en trombe dans le salon. Matilde reconnut alors avec soulagement la voix de Ranbbie, haletante, causant à quelqu'un qu'il avait amené dans la tour avec lui.
— … elle va bien. Seulement, elle est persuadée qu'elle va mourir bientôt…
Ranbbie entra dans la chambre, suivi du professeur McGonagall. D'un rapide coup d'œil, tous deux regardèrent Rogue debout près du lit, puis Matilde, acculée contre la vitre de la fenêtre.
Le professeur McGonagall parla la première :
— Severus ? demanda-t-elle d'un ton austère. N'étiez-vous pas censé lui faire passer le test ?
— C'est ce que j'ai essayé de faire, professeur McGonagall, répondit Rogue en décochant un regard noir à l'adresse de Matilde. Mais Miss Beauregard semble ne pas vouloir coopérer…
Révoltée, Matilde s'emporta :
— Mais vous ne m'avez rien dit concernant ce que vous aviez l'intention de faire ! Vous vous êtes encore jeté sur moi, sans explications, comme toujours !
— Ça suffit ! aboya le professeur McGonagall. Miss Beauregard, votre insubordination commence à dépasser largement les bornes… Quant à vous Severus, dit-elle en se retournant vers lui, pour l'amour du ciel, cessez donc de vous amuser à la terroriser incessamment de la sorte !
— Je ne m'amuse pas à la terroriser, protesta Rogue à mi-voix, avec l'air mécontent de s'être fait blâmer aussi négligemment par le professeur McGonagall. Si elle n'était pas tant insolente aussi…
Ranbbie resta silencieux devant la porte tandis que McGonagall alla rejoindre Matilde à la fenêtre.
— Allez vous allonger sur le lit, Miss Beauregard, ordonna-t-elle en lui passant la main derrière le dos, comme pour l'inciter à ne pas perdre trop de temps.
Résignée, Matilde s'avança vers le lit et s'étendit à contrecœur sur les couvertures. Rogue la toisait hostilement au-dessus d'elle alors que Ranbbie lui souriait fébrilement au pied de son lit, comme pour tenter de la rassurer, mais en vain : Matilde se trouvait présentement sous l'emprise d'un malaise inflexible. Et comme pour aggraver horriblement les circonstances, le professeur McGonagall lui dit :
— Je suis désolée, Miss Beauregard, mais il va falloir déboutonner votre chemise de nuit. Vous comprendrez que c'est indispensable pour que le professeur Rogue puisse pratiquer son incantation sujette à découvrir ce qu'il se cache sous votre poitrine.
Cette demande inopinée lui fit brusquement l'effet d'un seau d'eau glacée versé sur la surface de tout son corps. Déboutonner sa chemise ? Devant Rogue et Ranbbie ? Non mais ça n'allait pas ? Même seule avec McGonagall, elle ne le ferait pas !
— Non, refusa Matilde en portant les mains sur le col de sa chemise. Il n'en est pas question !
— Eh bien, j'ai bien peur que vous n'ayez aucun choix, répliqua sèchement le professeur McGonagall. Vous vous trouvez dans une situation bien délicate, Miss Beauregard. Il se peut que votre vie dépende de cette analyse qu'on s'apprête à exécuter à l'instant sur vous. Si vous préférez, Mr. Hedlund et moi pouvons sortir de la chambre...
— Surtout pas ! dit aussitôt Matilde, affolée. Ne me laissez surtout pas toute seule avec... Rogue...
Elle prononça son nom entre ses dents, d'une voix étouffée, sans oser un regard vers ledit Rogue.
— Le professeur Rogue, rectifia McGonagall. Et vous n'avez aucune raison d'avoir peur de lui. Il est ici pour votre bien, pour s'assurer que...
— Pourquoi ce n'est pas l'infirmière qui est là à sa place ? interrompit Matilde. Je ne devrais pas plutôt aller à l'infirmerie ? Pourquoi c'est Rogue qui doit me faire cette analyse ?
— Le professeur Rogue, bon sang, Miss Beauregard ! répliqua McGonagall, irritée.
— Je suis ici parce qu'il est question de Magie Noire, l'informa Rogue, et lorsqu'il est question de Magie Noire, surtout dans un cas aussi particulier que le vôtre, il se trouve que je suis le seul compétant en la matière. Madame Pomfresh sait bien des choses mais...
— Ce n'est même pas vous qui enseignez la défense contre les force du Mal, à ce que je sache ! coupa Matilde d'un ton cinglant.
— Miss Beauregard, pour l'amour du ciel ! s'exclama le professeur McGonagall. À présent, allez-y, déboutonnez votre chemise. Vous n'avez pas besoin de la débouter en entier. Les premiers boutons suffiront.
Accablée, les doigts crispés sur sa chemise, Matilde lança un regard suppliant vers Ranbbie, mais celui-ci ne fit que lui répondre stupidement d'un sourire navré. Bien évidement, il devait jubiler intérieurement à l'idée qu'il allait se rincer l'œil bientôt, pensa amèrement Matilde.
La voix glaciale de Rogue déchira brusquement le bref silence.
— Je vous rappelle qu'il y a un bal ce soir et que nous sommes appelés aux préparatifs de ce dernier. Nous n'avons donc pas toute la journée à attendre patiemment que vous déboutonniez votre chemise de nuit avant de commencer enfin l'examen, Miss Beauregard !
Ses yeux noirs scintillaient d'une lueur étrange et Matilde eut l'impression désagréable qu'il attendait depuis longtemps le moment où il pourrait enfin faire cette expérience sur elle. Même qu'elle discernait une certaine joie subtile dans l'expression de son visage. Apparemment, il se délectait de la voir contrainte à déboutonner sa chemise devant lui.
— Miss Beauregard ? rappela le professeur McGonagall à l'ordre.
— Je… je n'ai pas besoin de cette analyse… bredouilla Matilde maladroitement en évitant les regards imposants des professeurs. Je sais ce qu'il se passe à l'intérieur de moi…
Rogue poussa alors une exclamation de dédain en même temps que le professeur McGonagall qui soupira d'un air agacé.
— Matilde, parla enfin Ranbbie avec douceur, s'il te plaît. Je sais que c'est embarrassant. Mais tu dois te soumettre. C'est pour ton bien…
— Je… je n'en ai pas envie…
— Vous avez perdu assez de temps, trancha froidement Rogue en brandissant sa baguette magique au-dessus de Matilde. Soit vous la déboutonnez à l'instant, ou je vous la fais disparaître sur-le-champ !
— Vous n'oserez pas… ? glapit-elle, horrifiée, en remontant le col de sa chemise sous son menton.
— Mettez-moi donc au défi, répliqua Rogue à voix basse, ses yeux noirs plus étincelants que jamais.
— Severus, franchement ! s'indigna le professeur McGonagall.
— Elle ne cédera pas, déclara Rogue en aparté. Si nous voulons obtenir des résultats de sa part, il va falloir l'y forcer. En raison de son comportement impertinent, elle a toujours été comme ça…
— Mais pas du tout, s'opposa Ranbbie d'un air contrarié. C'est vous qui ne savez tout simplement pas comment vous y prendre avec les femmes !
Le professeur McGonagall toussa et Matilde était sûre qu'elle avait tenté de camoufler un rire qu'elle n'avait pas pu retenir.
— Comment osez-vous ? dit Rogue en se tournant vers Ranbbie qui soutint son regard menaçant d'un air étrangement amusé. Vous vous trouvez drôle, peut-être ?
— J'ai perçu vos sentiments, professeur Rogue, révéla Ranbbie d'une voix chantante et moqueuse, comme s'il avait découvert son secret le plus intime et qu'il menaçait de le crier sur tous les toits. J'ai perçu tous vos sentiments… Même un excellent occlumens comme vous n'a pas pu dissimuler cette émotion forte que vous essayez de réprimer en vain, obstinément, depuis un certain temps… Je m'abuse, professeur ?
Matilde fut étonnée de voir à quel point Ranbbie avait touché juste dans le malaise de Rogue. Celui-ci était devenu livide et semblait perdre contenance. Elle avait même l'impression qu'il faisait de gros efforts pour ne pas se jeter sauvagement sur Ranbbie qui continuait de le regarder avec cette étrange expression triomphale, visiblement satisfait de la réaction de son adversaire.
Le professeur McGonagall se racla bruyamment la gorge et déclara d'un ton autoritaire :
— Je crois que nous nous égarons un peu trop du sujet quant à notre rassemblement dans cette chambre…
— Désolé, professeur McGonagall, s'excusa Ranbbie sans détourner les yeux de ceux de Rogue. Nous pouvons continuer.
Et à l'intérieur d'une fraction de seconde, le visage de Rogue redevint de marbre, insondable, et se détourna de Ranbbie. Matilde s'interrogea avidement sur ce que Ranbbie avait bien pu découvrir concernant les émotions de Rogue, puis elle se promit de le lui demander dès qu'elle serait de nouveau seule avec lui.
— Miss Beauregard, dit le professeur McGonagall d'un ton impatient, si vous voulez bien, ce serait bien aimable de votre part si vous vous consentirez enfin à coopérer. Le temps nous presse.
Désespérée, Matilde sut alors qu'il ne servait plus à rien de protester. Elle était prise au piège. Ce fut donc avec une horrible résignation qu'elle se résolut d'entreprendre de déboutonner sa chemise de nuit. Ses gestes était lents, fébriles, tremblants, et elle fuyait les regards impudents qui lui faisaient l'effet d'un remplissage de plomb dans le creux de son ventre. Elle devait indubitablement rougir jusqu'aux oreilles présentement. Ranbbie devait être aux anges, songea-t-elle avec amertume.
Soudain, la main de Rogue se posa inexplicablement sur les siennes et l'empêcha de continuer son geste. Surprise, Matilde tourna curieusement les yeux vers lui et croisa son regard. Au même moment, il retira ses doigts comme s'il avait été brûlé subitement.
— Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda le professeur McGonagall, déconcertée.
Ranbbie, lui, à en juger par sa mystérieuse expression narquoise, comprenait parfaitement pourquoi Rogue agissait ainsi.
Rogue semblait déployer de considérables efforts pour ne pas laisser paraître aucune émotion sur son visage. Mais sa mâchoire contractée et sa respiration bruyante lui trahissaient un profond embarras. D'un regard assassin, il regardait Ranbbie avec une expression qui signifiait clairement : « si vous parlez, je vous tue ! »
— Severus, interrogea le professeur McGonagall avec une certaine impatience dans le ton de sa voix, qu'est-ce qui ne va pas ?
— Mais oui, enchérit Ranbbie d'un ton moqueur, qu'est-ce qui ne va pas ? Vous avez peur, hein ? Vous venez de vous rendre compte que vous ne pourrez pas supporter la vue de ses s…?
Ses derniers mots furent étouffés brusquement dans une exclamation de douleur car Rogue venait de se ruer sur lui avec véhémence en lui enfonçant ses ongles dans la chair de son cou.
— Non ! s'écria le professeur McGonagall qui s'élançait vers eux pour essayer de les séparer en tirant de force sur les bras de Rogue, mais sans succès.
Rogue ne desserrait pas sa prise et Ranbbie, le visage déjà violacé, râlait à l'agonie.
— Severus, bon sang, soyez raisonnable ! Lâchez-le donc !
Sans prendre le temps de réfléchir, Matilde se leva d'un bond et joignit ses efforts à ceux de McGonagall pour tenter de lui faire lâcher prise, mais il était impossible de l'arrêter. Les mains de Rogue étaient implacables. Ce ne fut seulement au moment où le professeur McGonagall brandit sa baguette magique et que Rogue fut frappé d'un sort qu'il céda enfin. Ranbbie s'écroula par terre. Les mains crispées à l'endroit où Rogue avait enfoncé ses ongles, il chercha désespérément son souffle. Matilde remarqua plusieurs brèches sur son cou d'où perlaient des gouttes de sang.
— Ranbbie ! s'exclama-t-elle en s'agenouillant auprès de lui. Mais qu'est-ce qui vous a pris ? scandalisa-t-elle en regardant Rogue qui paraissait prendre peu à peu conscience de son emportement puérile.
Il recula de quelques pas, mal à l'aise, puis s'engouffra à l'extérieur de la chambre, le professeur McGonagall sur ses talons.
— Je… vais bien…, articula difficilement Ranbbie d'une voix faible, après que McGonagall eut vivement refermé la porte avec un claquement si violant que la lampe sur la table de chevet trembla un instant et que l'un des livres à la reliure vert et or tomba sur le parquet avec un bruit mat.
Sa voix furieuse explosa ensuite dans le salon et Rogue répliqua d'une voix si basse que Matilde ne put discerner aucun de ses mots. Puis le silence tomba subitement. McGonagall venait sûrement d'envoyer un sortilège d'insonorisation sur la porte.
— Rogue en prend toute une, railla Ranbbie qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, toujours étendu sur le sol, souriait d'un air satisfait malgré la douleur de sa gorge qu'il massait vigoureusement.
— Qu'est-ce que tu as découvert pour que Rogue soit si en colère contre toi ? demanda Matilde, impatiente de connaître enfin la réponse aux agissements obscurs de Rogue.
— Vraiment ? s'étonna Ranbbie. Tu ne t'es rendue compte de rien ?
— Rendue compte de quoi ?
— De sa faiblesse, répondit-il vaguement. Enfin… Ce qu'il prétend être sa faiblesse…
— Je ne comprends pas…
Et Ranbbie ne lui adressa qu'un simple sourire énigmatique en guise d'explication.
Bon là, il faut absolument que le sache : c'est quoi la faiblesse de Rogue selon vous ? Il faut pas chercher trop loin... c'est supposé être évident selon Ranbbie... :P
