Elle arriva enfin jusqu'à sa chambre où l'attendait Tom. Elle ne laissa pas passer sa surprise et lui accorda un sourire. Elle devait rester forte.
«_ Que faîtes-vous là à cette heure-ci monsieur Standel?
_ Je suis venu prendre de vos nouvelles.
_ Comme le dernier soir.
_ Oui, mais je n'ai pas eu le temps d'en apprendre beaucoup sur votre état, je n'avais pas d'infirmière à questionner pour le savoir.
_ Je vous rassure, je vais très bien.
_ Ce n'est pas très crédible en vous voyant marcher avec une cane.
_ Mon corps est simplement capricieux. Il a besoin d'un peu de repos mais rien de plus. Je me sens bien, ne vous inquiétez pas.
_ J'ai tout intérêt à m'inquiéter mademoiselle. Il ne faudrait pas que vous perdiez de la valeur.
Tout en disant cela, il se rapprocha d'elle, laissant passer son souffle sur son visage refroidit par son geste. Sa main qui passa dans ses cheveux. Elle le fusilla du regard, le défiant d'aller plus loin.
_ Je ne sais pas ce que vous avez en tête mais veuillez cesser cela tout de suite. Ce n'est pas un geste approprié pour un élève envers un membre du corps professoral.
_ Qui a dit que je voulais être approprié?
_ Moi et maintenant, répondit-elle en lui retirant sa main. Je ne suis pas là pour une relation avec un élève, je ne sais pas combien de fois je vais devoir le répéter. Vous avez toute votre vie pour vous trouver une petite amie alors arrêtez de sauter sur la première fille qui vous paraît à votre goût.
_ Je ne suis pas n'importe quel élève.
_ Je sais. Vous êtes le meilleur de votre promotion. Tous les professeurs font des louanges à votre propos et vous êtes un excellent préfet en chef. Mais vous en restez un élève monsieur Standel, comme les autres.
_ Ne me comparez pas à eux! Déclara-t-il avec une colère sourde.
Cette colère qui était si propre à Voldemort. Son cœur en pleura sous la comparaison si évidente.
_ Je vous comparai à ce que vous êtes monsieur Standel! Maintenant, j'aimerais que vous retourniez dans votre chambre. Vous avez beau être préfet, il n'est plus une heure pour vous de traîner dans les couloirs.
Il sourit d'une manière charmeuse. Elle l'ignora et fut sur le point d'entrer dans sa chambre lorsqu'il lui prit son poignet avec fermeté. Il la rapprocha un instant vers lui.
_ Vous verrez, un jour vos yeux s'ouvriront sur moi. »
Il déposa finalement un baiser sur sa main et partit. Jade resta un instant immobile, touchant anxieusement son poignet. Elle entra dans sa chambre et leva le sort d'illusion sur poignet, laissant apparaître son bracelet dégarnit de cristaux. Elle le frôla comme il venait de faire en lui choppant le poignet. Il avait dû le sentir...La peur lui attrapa la gorge. Il y avait peu de chance qu'il comprenne que ce soit ce bracelet en question mais il y avait des chances qu'il s'y intéresse. Il y avait de quoi se poser des questions. Pourquoi l'infirmière dissimulerait un bracelet? Il allait sûrement vouloir élucider cette question... Plus loin dans les couloirs sombres, Tom toucha pensivement sa main. Il avait eu l'impression de sentir quelque chose à son poignet. Mais elle n'avait rien...Peut-être son imagination mais c'était peu probable...Jade s'endormit à grand mal après le sous-entendu de Tom. Il la voulait pour lui.
C'était l'après-midi, en plein match de quiditch. Jade en profita pour marcher dans les couloirs avec tranquillité. Sa condition faisait qu'elle avait besoin parfois de s'asseoir, de place pour se déplacer. Cela lui arrivait de moins en moins mais elle préférait prendre ses dispositions. Justement, la fatigue tomba soudainement sur elle et fut sur le point de s'écrouler lorsqu'elle se rattrapa avec force sur sa cane. Elle remonta, plus battante que jamais. Elle le fit en pensant qu'ils auraient été fiers d'elle. Harry l'aurait félicité et Ron lui aurait offert un chocolat pour la peine. Une pensée qui lui fit presque échapper une larme. Des gouttes coulaient le long de son visage. Elle s'essuya lorsqu'elle sentit une présence menaçante. Elle brandit sa cane qu'elle métamorphosa en épée en une seconde vers la menace. Elle vit arriver Audric Kraujas, un sourire carnassier sur le visage, contemplant avec admiration son épée, celle-ci prête à lui trancher la tête. Il la fit s'abaisser lentement.
«_ Et bien, pour une malade vous avez de très bons réflexes, mademoiselle.
_ Je n'en dirais pas moins de vous, monsieur Kraujas. J'aurais pu vous trancher la tête mais vous avez habilement évité l'attaque.
_ Vous devriez faire attention. Si moi j'en est été capable, pour d'autres c'est une autre histoire. Vous auriez pu tuer un élève.
_ Vous êtes également un élève monsieur Kraujas mais je saurai reconnaître quelqu'un qui est sur le point de me sauter à la gorge à quelqu'un qui passe par hasard dans les couloirs. Donc il n'y a pas de risque pour que je tranche la gorge à un autre élève.
_ Vous m'impressionnez. Vos réflexes sont très développés pour une humaine.
_ Rien comparé à ceux d'un vampire.
_ C'est exact, répondit-il avec un sourire des plus effrayant.
_ Je pourrai savoir la raison de cette « visite » surprise?
_ Je voulais vous parler. Nous n'en avons pas eu l'occasion depuis votre arrivée.
_ Il est vrai que vous n'êtes pas du genre à venir pour une broutille dans mon infirmerie mais pour quelle raison voudriez-vous me parler?
_ Je voulais vous remercier.
_ Me remercier? Demanda-t-elle perturbée.
_ Oui, pour m'avoir offert la possibilité de rencontrer Tom.
_ Alors j'avais bien raison, j'avais un lien sur votre venu parmi nous, conclu-t-elle la mine soudainement sombre.
_ Oui, et j'en suis très heureux. Je vais pouvoir voir le choix décisif du monde en première loge.
_ Que...?
_ Oui, je sais tout. Je sais que Tom est devenu Voldemort. Je sais que vous êtes remontée dans le temps. Je sais que vous avez brisé le dernier cristal qui aurait pu vous permettre de retourner dans votre époque. Je sais que c'était un accident. Je sais que vous êtes Hermione Granger, héritière de Serpentard du côté moldu. Je sais que vous êtes devenu Alice Standel grâce à Dumbledore et que vous êtes à présent Jade Dumbledore encore grâce à lui.
_ Comment cela se fait-il?
_ Vous le savez autant que moi. Lors de votre voyage, une connexion s'est faite entre vous et moi. J'ai pu alors voir votre vie, votre passé et Voldemort.
_ Il...
_ Non il ne le sait pas si telle est votre frayeur. Je ne lui dirai rien, la rassura-t-il.
_ Pourquoi?
_ Parce que je veux pouvoir m'amuser le plus possible.
_ Mais enfin vous...!
_ Mais je respecte énormément Tom pour ce qu'il est et deviendra. Ce n'est pas de la comédie de ce côté là.
_ ...Pourquoi êtes-vous venu me dire tout cela?
_ Car je sens que bientôt les choses vont bouger et cela grâce à vous.
_ Que...
_ Ne le niez pas. Vous le savez autant que moi. Il s'intéresse à vous et lui-même ne sait pas pourquoi vous l'intéressez à ce point. Il en devient presque fou. Vous êtes son point faible et vous le serez toujours.
Elle baissa la tête sous cette réplique, restant silencieuse. Sans qu'il s'y attende, elle s'approcha de lui et lui prit ses mains.
_ S'il vous plaît, protégez-le. Faîtes en sorte que rien ne lui arrive, le supplia-t-elle.
Cette demande sembla le perturber. Pourquoi réagissait-elle ainsi? C'était lui à présent qui ne savait pas quoi dire.
_ Que...?
_ Si vous le respectez autant que vous venez de me le dire alors protégez le. C'est cela la dernière demande que je peux vous faire en tant qu'ancienne mère. J'espère que vous la respecterez en tant que noble que vous êtes. »
Elle ré-transforma sa cane et partit en s'y appuyant dessus avec dignité. Il observa son dos. Elle savait qui il était et n'avait pas flanché devant lui comme les autres professeurs. Elle s'était tenu droite et fière devant lui, allant même jusqu'à lui faire une demande. C'était vraiment une humaine intéressante. Aussi intéressante que Tom lui même. Il sourit une nouvelle fois. Il avait vraiment eu raison de s'intéresser à eux.
Les mois passèrent et une sortie à Pré-au-lard eut lieu. Elle était organisée deux jours avant la fin de l'année. Dumbledore avait vaincu Grindelwald, se faisant un nom dans l'histoire. Jade allait mieux même si elle gardait encore une cane et avait insisté pour les accompagner. Elle voulait un peu se changer les idées en sachant que Tom partirait bientôt et qu'elle n'avait pas pu faire grand chose par rapport à sa magie noire. Elle avait dû faire un véritable scandale deux jours avant pour que le directeur et Albus acceptent mais elle avait encore gagné haut la main. Elle se tenait donc à côté des élèves et soudainement eu un vertige. Elle se rattrapa à temps, comme toujours mais resta un instant immobile, reprenant son souffle. Tom fut le premier à le remarquer. Il s'approcha et voulut l'aider mais elle le repoussa gentiment.
«_ Laissez-moi vous aider mademoiselle. Vous voyez bien que vous n'êtes pas en état.
Était-ce de l'inquiétude qu'elle sentait dans sa voix? Elle devait certainement rêver. Il faisait ça pour la charmer.
_ Non merci monsieur Standel, répondit-elle avec le sourire, je peux très bien me débrouiller toute seule comme j'en ai l'habitude de faire. Je suis une grande fille.
Vexé dans son orgueil, il partit en la laissant en arrière. Elle s'assit sur un muret avec fatigue. Son corps faisait vraiment tout pour la démoraliser parfois. Elle vit arriver précipitamment Albus, le regard inquiet. Elle le rassura et se remit debout sans grandes difficultés. Ils rejoignirent les autres et elle ne vit pas Tom la regarder avec inquiétude mais Audric si. Il savait que ça devenait plus que de la puissance pour lui. Il se préoccupait vraiment d'elle. Il demandait sans cesse à des premiers années d'aller demander des nouvelles sur son état. Mais lorsqu'il avait voulu lui faire ouvrir les yeux, celui-ci s'était braqué et avait prétendu que c'était pour s'assurer que sa future collaboratrice soit en état. Une excuse comme tant d'autre. Ils virent les élèves de toute l'école se disperser dans les différentes boutiques. Une sortie exceptionnel qui voulait marquer les esprits. Les plus jeunes devaient suivre des plus âgés si besoin était. Jade réussit finalement à convaincre Albus qu'elle allait bien et qu'il pouvait retourner avec ses amis. Il partit donc avec plusieurs regards pour elle et prit part à la conversation de certains professeurs qui l'accueillirent les bras ouverts. Elle se dirigea naturellement vers le parc de jeu. Elle le contempla, revoyant Tom jouer tout en lui faisant de grands signes de main. Elle sentit soudainement une main se poser sur son épaule. Aucune envie meurtrière, elle ne s'inquiéta pas. Elle se retourna et vit Philius qui lui sourit. Elle lui sauta dans les bras.
«_ Qu'est ce que tu fais ici Philius?
_ Je savais par mon neveu que tu viendrais. Il m'a raconté la petite scène que tu as faite il y a deux jours de cela.
_ Ah...J'étais obligée! Ils ne voulaient plus me laisser sortir! J'allais devenir folle!
_ Oui je peux comprendre. Alors, qu'est ce que tu regardais avec tant d'insistance?
_ Le parc de jeu...J'avais l'impression d'être revenu à cette époque.
_ Ne pense pas aux choses déprimantes. Je veux que tu gardes ton sourire!
_ Oui, ne t'inquiète pas, il est toujours là.
Ils ne virent pas plus loin Tom, les observer. Que faisait Philius avec elle? Pourquoi se permettait-il de lui parler? Et pourquoi lui avait-elle sauté dans les bras? La jalousie s'insinua dans ses veines.
_ Tu veux aller boire un pot?
_ Oui, avec plaisir.
Ils se dirigèrent vers les trois balais où Jade eu soudainement du mal à passer les marches. Philius lui proposa son aide qu'elle accepta avec le sourire. Pourquoi acceptait-elle son aide et pas la sienne? Pourquoi? Il partit, furieux. Il ne comprenait pas. Tant de questions qui restaient sans réponses. Qui était Marianne? Pourquoi avait-il chuchoté son nom avant de s'immobiliser à jamais? Pourquoi cette femme lui semblait familière? Pourquoi il ne faisait que penser à elle? Pourquoi semblait-elle distante avec lui? Pourquoi ne l'appréciait-elle pas? Elle...était comme inaccessible. C'était inconcevable pour lui! Il avait toujours ce qu'il voulait! Il se promena, ne voyant pas le temps passer et vit Jade et Philius regarder la cabane hurlante.
«_ Tu es déjà rentré dans cette cabane Philius?
_ Non jamais, je t'avoue que je n'en ai pas vraiment envie.
_ Pourquoi cela ?
_ On dit qu'elle est hantée.
_ Tout endroit est hanté, par n'importe quoi même des humains. Nous hantons ces murs en les habitons.
_ Et toi, tu es déjà entré?
_ Oui, il y a longtemps de cela. Avec Harry et Ron à cause de Sirius.
_ Tu veux dire le parrain d'Harry?
_ Oui. C'est une longue histoire que je te raconterai un autre jour Philius. Mais je sais qu'ici Harry a fait la peur de sa vie à Draco sous sa cape d'invisibilité.
Tom écarquilla les yeux. Une cape d'invisibilité? C'était un objet unique!
_ Il avait une telle chose?
_ Oui, elle est transmise dans sa famille depuis des générations.
_ Vous étiez un incroyable trio.
_ Oui, et encore, tu n'as pas vu Ron disputer une partie d'échec. Il a pris le talent de son grand père.
_ Oh oui, un jeune homme très talentueux.
_ Oui, ils me manquent beaucoup...
Un silence s'en suivit. Tom vit Philius former une boule de neige dans ses mains et la jeter sur Jade. Elle fut surprise de la démarche mais sourit. Elle avait un sourire si splendide lorsqu'il était sincère. Philius s'attendait à gagner haut la main cette partie mais oublia qu'il faisait face à la grande Jade. Elle n'eut pas besoin de ses mains et forma des boules de neiges à l'aide de sa magie, ainsi qu'une forteresse. Il ne faisait pas le poids. Il se prit des dizaines de boules sans pouvoir répliquer. Il se prit la dernière dans le dos, écrasée par Jade qui se tenait juste derrière lui. Il ne l'avait même pas entendu. Tom en fut d'autant plus surpris. Il ne l'avait même pas vu se déplacer. Était-elle vraiment en mauvaise forme? Elle rit de bon cœur mais dû se rattraper à Philius. Elle avait trop forcé. Elle se redressa et ils partirent rejoindre les professeurs. Philius la laissa aux bons soins d'Albus et partit, le sourire aux lèvres. Tom le haïssait d'autant plus à présent. Il avait déjà eu Alice et il essayait à présent d'avoir Jade! Il ne pouvait pas laisser passer cet affront! Il rejoignit également les élèves et ignora superbement les autres. Il n'était pas d'humeur.
