Salut !
Plus les chapitres avancent, plus je suis triste de voir arriver la fin bientôt...
Merci à MoonyAngie2 et Dragsou pour avoir mis mon histoire dans vos favoris ! ^^
Et j'ai de plus en plus de monde qui me lise. Vraiment, merci encore à vous tous mes lecteurs ! Je vous aime tant ! ^^
Maintenant, voici la suite !
(Le sombre Rogue appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
Chapitre 40
Ranbbie en délire
Toujours à genoux sur le sol, Matilde observait les deux hommes qui se regardaient intensément dans les yeux, Ranbbie d'un regard menaçant alors que les yeux de Rogue scintillaient d'appréhension.
— Vous allez me supprimer d'un coup de baguette, c'est ça ? dit-il sur un ton de défi.
Ranbbie ne répondit pas tout de suite. Sa poitrine ensanglantée se soulevait au rythme de sa respiration saccadée et des gouttes écarlates se répandaient à ses pieds. Il contracta un peu plus les doigts sur sa baguette et lança avec hargne :
— À cause de vous, Emily est morte.
— Vous n'avez pas de preuve…
— C'est moi qui étais auprès d'elle lorsqu'elle souffrait ! s'écria Ranbbie. Vous n'êtes qu'un monstre !
— Je ne suis pas un monstre, protesta froidement Rogue.
— Si, vous l'êtes ! insista Ranbbie avec force. Tuer d'innocentes jeunes filles simplement parce que vous êtes incapable de surmonter vos émotions…
— Êtes-vous en train d'insinuer que…, commença Rogue mais Ranbbie l'interrompit férocement.
— Effectivement ! N'essayez pas de le nier, vous aimiez beaucoup Emily.
— Je ne…
— Silence ! aboya Ranbbie en brandissant sa baguette magique et Rogue fut contraint à reculer contre le mur, près de la porte, d'un air agacé.
Matilde se passa les mains dans les cheveux, nerveuse. Jamais elle n'aurait cru Ranbbie capable de manifester autant de démence folle. Elle n'osait pas bouger du sol, de peur qu'il se retourne soudainement contre elle. Elle se surprit même à éprouver de la pitié pour Rogue… Sûrement dû au fait que le souvenir brûlant de son baiser fougueux restait toujours gravé dans ses pensées…
— Vous venez de mentionner tout à l'heure que tuer n'apaisait pas la souffrance, Hedlund, se risqua Rogue à voix basse, malgré l'expression menaçante que Ranbbie affichait.
Encore une fois, Ranbbie ne répondit pas tout de suite. Matilde commençait à appréhender le moment où il finirait par s'évanouir. Les gouttes écarlates qui se répandaient à ses pieds s'étaient fusionnées en une petite mare, s'élargissant lentement, scintillante à la lueur des lampes.
— Mais je n'ai aucune intention de vous tuer, Rogue, murmura-t-il enfin. Emily n'apprécierait pas que je devienne un meurtrier…
— Dans ce cas, qu'est-ce que vous voulez ? demanda Rogue avec froideur.
Après un court silence, la baguette braquée soigneusement sur Rogue, Ranbbie appela Matilde sans cesser de fixer son adversaire dans les yeux.
— Matilde, viens là…
Celle-ci sentit son estomac se nouer. Que s'apprêtait-il à faire avec elle ? Contrainte à se relever, lentement, les jambes flageolantes, elle s'avança vers Ranbbie qui n'avait pas détourné une seule fois ses yeux de ceux de Rogue. Ce dernier, cependant, la regardait d'un air ennuyé.
— Vous n'allez quand même pas me forcer à réciter l'incantation, Hedlund…
— Non, pire encore, dit Ranbbie en passant sa main derrière le dos de Matilde pour la rapprocher un peu plus de Rogue.
Comme s'il avait déjà saisi les pensées de Ranbbie avant même qu'il ne les lui en fasse part, Rogue tressaillit contre le mur. Une expression de triomphe apparaissait sur le visage de Ranbbie.
— Je veux que vous avouiez votre amour pour Matilde Beauregard.
Un affreux malaise envahit brusquement Matilde. Rogue émit un rire d'incrédulité.
— Vous êtes cinglé…
— Non, très sérieux ! affirma Ranbbie en brandissant sa baguette sous son nez. Je veux vous entendre dire enfin la vérité, que vous êtes véritablement amoureux d'elle.
Rogue hocha la tête.
— Il n'en est pas question ! Vous délirez ! Je ne vais quand même pas…
— Déclarez votre amour sinon…
— Sinon quoi ? cracha Rogue. Vous allez me tuer ?
Il y eut un terrible silence puis Matilde osa parler enfin :
— Ranbbie… Arrête… Ça devient trop…
— Ne te mêle pas de ça, Matilde, coupa sèchement Ranbbie sans cesser de fixer Rogue dans les yeux. C'est entre moi et lui.
— Oui mais ça se trouve que je suis quand même impliquée d'une certaine manière dans ta vengeance et que je n'ai vraiment pas envie de…
— J'ai dit, ne te mêle pas de ça, répéta Ranbbie d'un ton sans réplique, toujours sans lui accorder le moindre regard. Incarcerem !
Aussitôt, des cordes surgirent de nulle part et virent s'enrouler autour de Rogue comme de longs petits serpents agiles, le ligotant solidement sur place.
— Mais Ranbbie, qu'est ce qui te prend à la fin ? s'écria Matilde, horrifiée.
— D'accord, se résigna alors Rogue, énervé, immobilisé fermement contre le mur, je consentis à sauver Beauregard, si c'est ce que vous voulez !
Ranbbie poussa une exclamation de dédain puis il détourna enfin les yeux de Rogue. Il contourna Matilde et se dirigea vers le lit, une main appuyée sur sa blessure qui continuait à déverser le sang à flot régulier sur sa chemise déchirée. Toujours sans faire paraître aucune trace de douleur dans les traits de son visage, il s'assit sur le bord du lit et reporta son attention sur Rogue.
— J'attends, dit-il calmement alors que Matilde se rongeait les ongles avec anxiété. Contemplez-la dans les yeux et dites-lui que vous l'aimez.
Avec l'impression que ses entrailles se ratatinaient dans son ventre, Matilde ferma les yeux et entendit Rogue soupirer d'un profond agacement. C'était ridicule ! Même si elle comprenait Ranbbie de vouloir infliger un tel supplice à Rogue, elle n'avait néanmoins pas envie d'assister à une déclaration d'amour qui la ferait assurément rougir au point de vouloir se fondre au parquet. Elle s'était contentée de son baiser impétueux, tout à l'heure, qui lui avait déjà tout avoué ses sentiments pour elle. Une déclaration d'amour forcée ne ferait que rendre tout cela grotesque.
— Vous perdez votre temps, Hedlund, dit enfin Rogue. Je n'ai rien à déclarer. Et vous allez finir par vous évanouir, tôt ou tard. Vous commencez déjà à perdre trop de sang…
Ranbbie le regarda alors d'un air étrangement impressionné, puis il laissa échapper un rire d'incrédulité.
— Vous êtes donc plus borné que je ne l'avais prévu, mon cher Rogue, dit-il en hochant la tête, mais je n'abandonnerai pas ! Soit vous avouez votre amour pour Matilde ou je… (ses yeux scintillèrent d'une lueur malsaine avant de poursuivre d'une voix égale) je vous fais subir le sortilège Doloris jusqu'à ce que vous vous résigniez enfin…
— C'est quoi le sortilège Doloris ? demanda précipitamment Matilde d'une petite voix, mais personne ne lui prêta attention.
— Si vous croyez que le sortilège Dolorisme fera parler, Hedlund, vous vous mettez la baguette dans l'œil ! répliqua Rogue, irrité. Je préfère de loin me soumettre à ce sortilège plutôt que de m'humilier à déclarer tout un tas de conneries dans le seul but de vous divertir !
— Ah, d'accord… Comme vous voudrez, dit Ranbbie d'une voix sans timbre. Dans ce cas...
Il brandit sa baguette magique vers Rogue puis lança :
— Endoloris !
Rogue fut brusquement projeté en l'air puis retomba durement dans la mare de sang que Ranbbie avait laissée derrière lui avant d'aller s'asseoir sur le lit. Il se mit ensuite à se tortiller dans ses liens étroits, le visage contracté par la douleur, mais il ne cria pas — quoiqu'un hurlement strident résonnât dans toute la chambre, menaçant de faire exploser la tête de Matilde à tout moment.
C'est seulement lorsque Ranbbie leva sa baguette et que Rogue resta étendu sur le dos, haletant, que Matilde se rendit compte que c'était elle qui hurlait comme une damnée, les mains crispées dans ses cheveux, complètement horrifiée par ce que Ranbbie venait juste de faire subir à Rogue. Elle se tut aussitôt.
— Matilde ?
Matilde ne se retourna pas vers Ranbbie. Aussi pantelante que Rogue, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine en feu, elle fixait Rogue avec terreur. Cependant, allongé dans la mare de sang de Ranbbie, ce dernier ne paraissait pas aussi terrifié qu'elle, bien que ce fût lui qui avait dû subir le sortilège Doloris. Il la regardait plutôt d'un air étrangement curieux, les sourcils haussés.
— Matilde, répéta Ranbbie avec douceur, serais-tu venue à éprouver de la compassion pour Severus Rogue ?
La gorge sèche, les larmes sur le point de jaillir, Matilde ne savait plus ce qu'elle devait faire ou quoi penser. Tout ce qu'elle voulait, c'était que ce cauchemar vienne à se terminer, que Ranbbie cesse de jouer cruellement avec Rogue.
Elle se résolut alors à se retourner vers Ranbbie.
— S'il te plaît… arrête… c'est malsain…
— Malsain ? s'indigna Ranbbie, ses cuisses rougies par le sang coulant de sa blessure. Et lui ? Ce qu'il a fait n'est pas malsain ?
— Oui… aussi… admit Matilde en se grattant nerveusement la paume de ses mains. Mais personne ne mérite de souffrir comme ça… c'est trop… atroce…
— Il a tué Emily, répéta Ranbbie d'un air sinistre, et j'ai décidé qu'il allait payer pour son crime.
— Mais… mais tu ne crois pas qu'il a déjà suffisamment payé ? couina Matilde, désespérée.
— Non. Je veux qu'il me donne la preuve qu'il soit véritablement un homme. Et s'il s'entête toujours à ne rien vouloir avouer de ses sentiments qu'il refoule obstinément à l'intérieur de lui, s'il confirme mes craintes en ne se révélant rien d'autre qu'un monstre, eh bien, il se peut que je le tue pour ça…
— Non, s'emporta Matilde avec effroi. Tu ne dois pas faire ça…
— Pourquoi pas ? lança Ranbbie d'un ton de défi. Tu n'es pas d'accord avec moi que les monstres ne doivent pas nous empoisonner la vie ? Ne doivent pas se permettre de tuer pour des raisons invalables ? Simplement parce qu'ils sont incapables d'accepter le fait qu'ils peuvent éprouver autre chose que le mépris et la haine ? Parce qu'ils refusent de se résigner à ce sentiment humain si naturel qui n'est nul autre que l'amour ?
— Mais tu viens de dire qu'Emily n'aimerait pas que tu deviennes un meurtrier !
— Lorsqu'il ne s'agit que d'une bête, c'est différent !
— Rogue n'est pas une bête ! s'insurgea Matilde.
— Qu'il le prouve, alors !
— Il l'a déjà prouvé !
Ses derniers mots se répercutèrent dans le silence de la chambre. Ranbbie la regarda d'un air incrédule.
— C'est vrai ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
— Oui, répondit Matilde.
Elle espérait qu'en avouant que Rogue l'avait embrassée dans cette chambre avant que Ranbbie ne surgisse en trombe dans les cachots, ce dernier consentirait enfin à le laisser tranquille.
— Comment ? interrogea Ranbbie, avide de savoir. Comment a-t-il prouvé qu'il n'est pas un monstre ?
— Il… il m'a…, commença Matilde mais Rogue, qui avait resté silencieux derrière elle depuis sa soumission au sortilège Doloris, l'interrompit sèchement.
— N'allez pas raconter n'importe quoi, Miss Beauregard !
Mais malgré l'avertissement dans le ton de sa voix, Matilde, sans oser le regarder, acheva tout de même sa phrase en fermant les yeux :
— … il m'a embrassée…
— Vraiment ? s'étonna Ranbbie, visiblement déconcerté alors que Rogue émit une sorte de grognement irrité derrière le dos de Matilde. Il t'a embrassée ? Embrassée ? Sur la bouche ?
Matilde se mordit la lèvre inférieure et affirma d'un hochement de tête fébrile.
— Non ! s'exclama Ranbbie avec incrédulité ravie. Je ne peux pas le croire ! Rogue a vraiment succombé à la tentation de t'embrasser ?
— Oui, répondit Matilde à mi-voix, mal à l'aise. Il m'a vraiment embrassée. Tout à l'heure. Avant que tu n'arrives…
Souriant d'un air réjoui, Ranbbie regarda un moment Rogue, immobile derrière Matilde, qui devait lui renvoyer l'un de ses regards assassins, puis il ramena ses yeux dans ceux de Matilde.
— Si tu me le permets, lui dit-il, toujours souriant, c'était comment ? Il y avait de la passion dans son baiser ?
Mais avant que Matilde ne puisse répondre quoi que ce soit, Rogue lança sur un ton agacé :
— Franchement, Hedlund ! Vous n'allez quand même pas vous laisser duper par ce tissu de mensonges idiots ! Croyez-vous vraiment que j'aurais fait un tel geste ?
Ranbbie ferma les yeux un instant et vacilla un peu sur le lit humide de sang. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, encore une fois, aucune trace de souffrance n'apparaissait sur son visage et une forte aura de fermeté et de ténacité émanait de lui. Il regarda Rogue et lui répondit d'un ton désinvolte :
— Un monstre n'aurait pas fait un tel geste. Mais un homme…
— Dans ce cas, je suis un monstre, avoua Rogue d'une voix très basse. Voilà. Je l'avoue. Je ne suis rien d'autre qu'un effroyable monstre… Maintenant que vous avez votre réponse, Hedlund, poursuivit-il avec gravité, détachez-moi pour que je puisse vous venir en aide avant que vous perdiez trop de sang et qu'il ne soit devenu trop tard…
Matilde se retourna et observa Rogue allongé sur le dos, étroitement ligoté, ses cheveux gras s'imbibant dans le sang de Ranbbie. Sa respiration s'était calmée légèrement et il regardait Ranbbie d'un air inquiet.
— Ranbbie, dit Matilde en ramenant ses yeux sur lui, le professeur Rogue a raison. Détache-le, sinon ta blessure va s'aggraver…
— Oui, bien sûr, répondit-il d'un air absent tandis qu'une autre flaque écarlate s'élargissait sous ses pieds. Mais avant, poursuivit-il avec insistance, je veux savoir ! Comment c'était ? Lorsqu'il t'a embrassée, c'était comment ?
Rogue s'agita alors sous ses liens avec colère.
— Je ne l'ai pas embrassée !
Mais Ranbbie ne cessa pas de fixer Matilde avec avidité. Il voulait les détails, c'était flagrant. Il voulait la preuve que Rogue puisse être un homme comme tout le monde et Matilde savait que tant qu'elle ne dirait rien, Rogue resterait ligoté, et Ranbbie risquait de succomber à tout moment à cause de sa blessure. Cependant, parler du baiser de Rogue avec détails était tout de même gênant et elle sentit donc ses joues s'enflammer subitement avant même qu'elle ne pense à dire quoi que ce soit.
— Si tu rougis comme ça, c'est que Rogue a dû te faire de l'effet, remarqua alors Ranbbie en la contemplant d'un air malicieux. Cela a dû être intense…
Prise d'embarras profond, Matilde se sentit s'embraser davantage. Elle n'osa plus regarder ni Ranbbie, ni Rogue, et baissa les yeux sur ses doigts qu'elle recommença à tortiller avec vigueur. Jamais elle n'avait eu autant l'envie de disparaître en fumée, là, à l'instant…
— Alors ? insistait toujours Ranbbie.
Alors, sans lever les yeux, elle se força à affirmer d'un furtif hochement de tête et même si elle ne voyait pas Rogue derrière elle, elle avait l'impression de sentir son regard noir et amer, lui brûler la nuque.
Ranbbie poussa une exclamation réjouie.
— Serait-ce possible ?
— Quoi… ? demanda timidement Matilde.
Mais en guise de réponse, Ranbbie lui relança une autre question :
— Tu aimerais que je cesse de tourmenter Rogue ?
Matilde regarda Ranbbie.
— Oui, j'aimerais que tu arrêtes…
— Pourquoi ? interrogea-t-il avec un étrange sourire gouailleur.
— Mais parce que… balbutia Matilde qui ne comprenait pas où il voulait en venir, parce que ce… ce n'est pas bien…
— Parce que tu l'aimes…
Cette déclaration de Ranbbie traversa le cœur de Matilde comme la lame tranchante d'un énorme couteau. Elle se trouva bouche-bée.
Ranbbie souriait toujours.
— Tu es amoureuse de Severus Rogue…
Matilde secoua lentement la tête en signe de dénégation. Non… Certainement pas… Elle avait ressenti des émotions fortes lorsque Rogue l'avait embrassée, certes. Mais au point d'en tomber amoureuse soudainement ? C'était absurde ! Rogue voulait encore la tuer. Elle ne pouvait quand même pas être amoureuse d'un homme qui voulait la tuer, non ? Elle ne pouvait pas… Elle ne pouvait pas aimer Rogue…
— Alors ça, c'est la meilleure, reprit Ranbbie, l'air ébahi. Jamais je n'aurais cru une fille capable de tomber sincèrement amoureuse de Severus Rogue…
— Ça suffit, Ranbbie, implora Matilde d'une voix toute aussi tremblante que tout son corps en entier. Tu as la preuve maintenant qu'il n'est pas un monstre… À présent, libère-le… S'il te plaît…
Ranbbie regarda Rogue alors qu'elle prenait soin de ne pas tourner les yeux vers lui. Elle ne voulait surtout pas, pour tout l'or du monde, croiser les yeux noirs de Rogue en cet instant.
— Ainsi donc, vous avez fait vos preuves, mon cher Rogue, reconnut enfin Ranbbie, en faisant rouler sa baguette magique d'une main et de l'autre, pressant toujours sa plaie sanglante sur sa poitrine sans jamais manifester aucune douleur. Vous méritez maintenant que je vous débarrasse de vos liens. Ensuite, et je suis certain que vous consentirez enfin à le faire, à présent que Matilde a avoué…
— Je n'ai rien avoué du tout…, couina Matilde, gênée, mais Ranbbie continua comme si elle ne l'avait pas interrompu.
— … qu'elle est amoureuse de vous, nous pourrions procéder à cette expérience dont vous connaissez l'incantation adéquate qui lui sauvera la vie.
« Et lorsque je serai enfin guérie, pensa Matilde avec force, je retournerai chez moi et plus jamais je ne remettrai les pieds ici ! Les sorciers sont tous fous ! » D'abord Harvey qui s'était soudain retourné contre elle en lui déclarant qu'il désirait sa baguette magique et qu'il voulait la tuer pour la posséder pleinement ; Rogue qui avait osé l'embrasser intensément alors qu'il avait toujours semblé la détester depuis le début ; puis Ranbbie qui s'emportât sur Rogue en se révélant complètement timbré et méconnaissable. Un psychopathe ! Décidément, on pouvait notamment en conclure que les sorciers, en général, étaient souvent enclins à altérer leur comportement d'une manière alarmante.
Ranbbie se leva lentement, sa main se crispant plus fermement sur son entaille, et s'approcha en vacillant dangereusement vers Rogue, la baguette levée. Plusieurs gouttes de sang se répandirent dans son sillage. Matilde osa un coup d'œil en biais vers Rogue et vit qu'il regardait Ranbbie avec méfiance.
— Voilà, ce ne sera pas long… dit Ranbbie en fermant les yeux, mais plus longuement cette fois.
Enfin, Matilde décela sa douleur dans les traits de son visage blafard.
— Ranbbie ? s'inquiéta-t-elle en s'approchant de lui, est-ce que ça va ?
Il rouvrit les yeux et acquiesça d'un faible signe de tête. Puis, il leva sa baguette au-dessus de Rogue.
— Fi… finite…
Mais il n'eut guère la force d'achever sa formule. Il chancela sur Matilde qui essaya de le supporter sur le coup, mais en vain. Dans un bruit mat, il glissa mollement par terre, au côté de Rogue, à plat ventre, une nouvelle mare de sang sinistre apparaissant au niveau de sa poitrine.
— Non ! s'écria Matilde en se laissant tomber auprès de lui.
À l'aide de toutes ses forces, elle le retourna sur le dos. Son visage était pâle, inanimé. Était-il mort ? Une frêle respiration, semblable à un râle, lui confirma qu'il était toujours vivant, mais atrocement languissant. Alors, sans tarder, elle se précipita sur Rogue et entreprit de tirer sur ses liens pour le libérer.
— Il faut que vous aidiez Ranbbie, dit-elle, affolée.
Ses mains maculées de sang tremblaient violemment tandis qu'elle s'acharnait sur les cordes. Rogue l'observait calmement, le visage lisse, imperturbable, alors que Matilde continuait à tordre, tirer, essayant de forcer les liens, mais il n'y avait rien à faire. Les cordes étaient totalement implacables, inexorables.
Enfin, avec sarcasme amer, Rogue suggéra :
— Pourquoi ne pas simplement utiliser une baguette ?
Matilde le regarda, pantelante. Il avait raison. C'était stupide de ne pas y avoir songé tout de suite. N'empêche, il aurait pu le lui dire avant plutôt que de l'observer bêtement alors que Ranbbie était en train de mourir à côté d'eux.
Balayant la chambre du regard, elle aperçut la baguette de Ranbbie qui avait roulé jusqu'au pied de la garde-robe antique dont les portes étaient restées grandes ouvertes. Elle s'en saisit prestement et visa les cordes qui entouraient le torse de Rogue.
— Vous voulez me tuer ou quoi ? dit brusquement celui-ci, soudain effrayé.
— N-non, répondit Matilde en le regardant avec incompréhension. Je veux vous libérer…
— Alors allez chercher votre propre baguette ! Avez-vous déjà oublié que vous ne pouvez pas utiliser une autre baguette que celle de Dumbledore ? Vous risquez de me blesser grièvement avec celle-ci !
Les événements survenus dans la boutique d'Ollivander revinrent alors à la mémoire de Matilde. C'était vrai. Elle risquait de faire exploser Rogue, comme elle avait fait éclater l'échelle chez le fabricant de baguettes.
Elle laissa alors tomber la baguette de Ranbbie sur le sol avec un bruit sec. Après de brefs coups d'œil frénétiques dans tous les coins de la pièce, elle finit par repérer la Baguette de Sureau entre le lit et la table de chevet caduque. Elle se leva, contourna le corps inerte et sanglant de Ranbbie en titubant, et se hâta de ramasser la baguette magique de Dumbledore.
— Vous connaissez la formule ? demanda Rogue lorsqu'elle revint s'agenouiller près de lui.
— Oui, assura-t-elle en dirigeant sa baguette sur les liens de Rogue. Finite Incartatem…
— In-can-tatem, rectifia Rogue d'un air irrité.
— Désolée… C'est le stresse… Finite Incantatem ! se reprit-elle aussitôt, mais rien ne se produisit.
— Recommencez avec plus de conviction, suggéra Rogue, sèchement.
Matilde hocha la tête et se racla la gorge avant de tenter un deuxième essai :
— Finite Incantatem !
Toujours rien.
Singulièrement agacée — mais peut-être pas autant que Rogue qui roulait présentement les yeux en signe d'impatience — Matilde serra les doigts sur le manche de sa baguette et relança la formule autant de fois qu'il le fallait :
— Finite Incantatem ! Finite Incantatem ! Finite Incantatem !
Puis, enfin, les cordes qui maintenaient solidement Rogue immobile sur le sol s'agitèrent un instant et disparurent sans laisser de trace. Ce fut alors au tour de Rogue de s'agiter… Dès qu'il eut les bras libres, il se rua à la gorge de Matilde qui ne le vit pas venir du tout, et la fit basculer sur le parquet, dans le sang de Ranbbie. Puis, après l'avoir coincée fermement sous lui, il lui plaqua les deux mains de chaque côté de son visage, puis il la regarda avec démence, ses yeux noirs reflétant son infaillible malveillance.
À suivre... Mais il se peut que la suite tarde un peu avant d'arriver car je ne serai pas chez moi demain... Mais je vais faire tout mon possible, je vous le promets, pour ne pas trop vous faire attendre. Je vous aime trop pour ça, voyons ! ^^ Et j'ai trop hâte moi-même de vous publier la suite, alors... ! ^^
