Attention, je vais radoter : MERCI à vous pour toutes vos reviews !
Merci à Flaye's pour m'avoir mise dans ses auteurs favoris !
Merci à Cline d'avoir pris le temps de m'écrire tous ses compliments ! Contente que tu aimes aussi ma fic, Cline ! :)
Il ne reste plus beaucoup de chapitres et je suis de plus en plus triste à la perceptive que mon histoire finira un jour... Enfin, il le faudra bien, sinon Matilde se retournera contre moi et se vengera pour tout ce que je lui fais endurer sans relâche... :P Que je suis contente d'être l'auteure et non le personnage principal de mon histoire... Elle en a encore beaucoup à supporter cette pauvre petite... ^vv^
Plus que six chapitres après celui-là... :(
(Le monde de Poudlard appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
Chapitre 42
Fuite en forêt
— Donnez-moi ma baguette ! vociféra Rogue en s'élança sur Matilde mais celle-ci brandit toutes les baguettes dans sa main gauche.
— Faites attention, professeur Rogue, parce que si j'agite toutes ces baguettes simultanément vers vous, vous allez exploser !
Avec une profonde satisfaction, elle vit Rogue se figer aussitôt sur place et fixer les baguettes avec appréhension.
— À présent, reprit calmement Matilde, se délectant de pouvoir enfin l'intimider, je vais partir tranquillement et laisser toutes ces baguettes quelque part sur mon passage pour que vous puissiez récupérer la vôtre. Ainsi vous pourrez soigner Ranbbie…
— Où allez-vous avec ma cape et mes bottes ? coupa froidement Rogue.
— Cela ne vous regarde pas, répondit-elle.
— Si vous avez l'intention de retourner chez vous, je vous signale que vous êtes toujours sur le point de mourir n'importe quand !
— Ah… dit Matilde en haussant les épaules, jouant l'innocente, pourtant je me sens en pleine forme…
— Vous vous moquez de moi ? répliqua Rogue.
Matilde sourit.
— Je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez ?
Et tandis que Rogue la regardait d'un air outré, une agréable sensation de jouissance l'enroba. Jamais, depuis son séjour à Poudlard, elle ne s'était sentie aussi enivrée. Rogue était enfin à sa merci, et elle pouvait se venger doucement, le turlupinant un peu avant son incursion prévue en forêt en quête des Sombrals.
— Vous avez perdu la tête… murmura Rogue.
Matilde éclata de rire.
— Peut-être bien. Dans le fond, vous avez peut-être réussi à me rendre folle avec vos innombrables attentats meurtriers envers moi…
Rogue eut une exclamation de dédain. Puis il se tourna vers sa chambre un instant avant de lui refaire face.
— Écoutez, Miss Beauregard, dit-il d'un ton grave, il ne reste plus beaucoup de temps avant qu'Hedlund ne succombe à sa blessure. Si vous voulez bien coopérer, rendez-moi ma baguette pour que je puisse le soigner en urgence.
Matilde eut l'impression qu'une bulle d'amertume éclata en elle. Elle aurait aimé prolonger ce moment plaisant où elle aurait pu l'embêter encore davantage, mais il avait raison et ce fait la rendit subitement maussade.
— D'accord, dit-elle entre ses dents. Dans ce cas, je pars tout de suite.
Elle se détourna de lui, et de sa démarche lourde due aux larges bottes de Rogue, elle se dirigea vers la porte, piétinant les livres éparpillés sur le parquet, sa large et longue cape de voyage traînant derrière elle dans un bruissement sourd.
— Vous ne me refilez pas ma baguette ? lança Rogue avant qu'elle ne s'engouffre dans la pénombre du couloir.
Elle s'arrêta et le regarda. Rogue n'avait pas bougé de sa position.
— Non, pas maintenant, répondit-elle. Je ne veux pas que vous me tuiez avec…
— Croyez-vous vraiment que j'oserais tenter quoi que ce soit contre vous alors que vous avez en votre possession un tas de baguettes qui s'avèrent être d'un extrême danger entre vos mains ?
Rogue haussait les sourcils.
— Heu… je… je préfère ne pas prendre de risque, balbutia Matilde au dépourvu.
— Ranbbie Hedlund est en train de mourir ! s'exclama Rogue avec indignation. Vous ne vous souciez donc pas de sa survie ?
Indécise, Matilde réfléchit à toute vitesse. Il était vrai que chaque seconde comptait si on voulait sauver la vie de Ranbbie. Mais pouvait-elle faire confiance à Rogue ? Bien sûr que non ! Il lui avait déjà prouvé cent fois qu'il était capable de se jouer d'elle inlassablement. Elle n'allait quand même pas se laisser berner à nouveau !
Une petite idée lui effleura alors l'esprit…
D'une main, elle empoigna toutes les baguettes, y compris la sienne, et de l'autre, elle s'aida à retirer les grosses bottes crasseuses qui gênaient sa démarche. Dès qu'elle eut les pieds libres, elle extirpa la baguette de Rogue de parmi les autres — elle la reconnaissait bien pour l'avoir trop souvent eue sous le nez — et la balança par-dessus le canapé élimé.
— Voilà ! s'écria-t-elle avant de s'emparer des grosses bottes et de s'élancer dans le couloir à toute vitesse avant que Rogue ne parvienne à récupérer sa baguette.
Les bruits mats de ses pieds nus tâchés de sang résonnaient en écho dans tout le couloir sombre alors qu'elle prenait la fuite, son cœur lui martelant les côtes. Mais bientôt, les engourdissements à ses jambes ne tardèrent pas à la ressaisir et elle fut vite contrainte à s'arrêter un moment à l'angle d'un mur.
Les escaliers mouvants n'étaient plus très loin. Il ne lui fallait franchir encore quelques coins de mur pour arriver à les atteindre. Les jambes flageolantes, elle se remit à son chemin, marchant lentement, précautionneusement, espérant que de nouveaux vertiges ne la ressaisissent pas. Soulagée de n'avoir rencontré aucune entrave jusqu'à maintenant, elle arriva aux escaliers et grimpa celui qui menait au rez-de-chaussée, tenant toujours les bottes crasseuses de Rogue d'une main et l'amas de baguettes magiques dans l'autre.
— Tiens donc. Miss Beauregard…
Matilde fit aussitôt volte-face et brandit le tas de baguettes en manquant de glisser sur l'une des marches au milieu de l'escalier. La silhouette argentée de Sir Nicholas de Mimsy-Porpington, surmontée de son chapeau à plume, flottait calmement devant elle.
— Mais que faites-vous hors de vos appartements à une heure si tardive de la nuit ? demanda-t-il d'un ton surpris mais respectueux.
— Heu… je… je fuis, répondit Matilde d'un air de défi, sans détour, ses doigts solidement serrés autour du manche des six baguettes. Et ne tentez pas de me retenir !
Sir Nicolas éclata de rire.
— Vous pouvez brandir autant de baguettes que vous le voudrez, Miss Beauregard, mais je crains fort que vous ne puissiez faire grand chose contre moi.
Il avait raison : il était inutile de menacer un fantôme. De plus, il ne semblait pas dangereux. Tout de même méfiante, Matilde abaissa ses baguettes.
— D'ailleurs, poursuivit Sir Nicholas, où donc avez-vous repêché toutes ces baguettes ?
— Je… je les ai prises à tous ceux qui ont tenté de me tuer, répondit Matilde, laconiquement.
De nouveau, Sir Nicholas pouffa de rire.
— Voyons, ne soyez pas si mélodrame, dit-il, incrédule. Qui donc songerait à vous tuer ?
— Tous les professeurs…
Sir Nicholas la regarda alors d'un air pantois.
— Tous les professeurs ?
— Oui…
— Miss Beauregard, reprit-il d'un sourire navré, je ne veux pas vous offenser mais, je ne vois pas pourquoi on tenterait de vous infliger un tel châtiment. Le professeur Dumbledore insistait pour vous protéger…
— Eh bien, tout le monde a soudainement perdu la tête. Ils croient tous que je dois mourir pour que Dumbledore soit guéri. À part Harvey… Lui, s'il veut me tuer, c'est uniquement parce qu'il convoite la baguette de Dumbledore.
— Vraiment ? dit Sir Nicholas d'un air sceptique.
— Oui, certifia Matilde. Et pour mettre fin à tout ça, j'ai besoin de l'aide de Dumbledore lui-même.
Elle regarda alors le fantôme d'un air implorant.
— Peut-être que vous pouvez m'aider ? Je dois me rendre à Ste Mangouste pour essayer de conjurer le maléfice qui prive Dumbledore de ses entrailles… Et je songeais aux Sombrals pour réussir à me rendre là-bas…
— Excellente idée, commenta Sir Nicholas. Cependant, je ne peux que vous souhaiter bonne chance.
— Vous ne voulez pas m'aider à trouver un Sombrals ? dit Matilde, déçue que la seule personne (non-vivante, mais n'empêche…) en accord avec ses idées ne veuille pas s'allier avec elle.
— Je n'ose malheureusement pas sortir du château. D'ailleurs, compte tenu que vous êtes entièrement couverte de sang, vous n'aurez aucun mal à trouver les Sombrals. Ils viendront d'eux-mêmes…
— Que voulez-vous dire ?
— Ils sont attirés par le sang, expliqua-t-il en courbant légèrement son corps vers elle, sa tête vacillant effroyablement sur sa fraise. Et je me demande bien ce qui a bien pu vous arriver pour être ainsi imprégnée d'autant de sang…
Un vague bruit à l'étage fit sursauter Matilde.
— Je dois y aller, dit-elle en ressentant un début de panique lui resserrer la poitrine. C'est peut-être Rusard qui me cherche.
— Non, je ne crois pas. Rusard doit dormir à cette heure-ci. Si vous voulez mon avis, c'est Peeves qui doit s'amuser à créer le désordre dans l'une des salles de classe du deuxième.
L'affolement de Matilde fut apaisé un instant, mais l'idée que Rogue ne tarde pas à réanimer tous les professeurs pour les relancer aussitôt à sa poursuite exacerba sa panique d'un coup.
— Merci, dit-elle abruptement au fantôme de Sir Nicholas avant de se précipiter au rez-de-chaussée.
Le hall d'entrée était désert, plongé dans la pénombre. Les seuls bruits qu'on discernait dans le silence étaient les ronflements paisibles des portraits qui tapissaient le haut des murs, de chaque côté de la grande porte à double battant qui menait à l'extérieur — qui inspirait une étrange liberté…
— J'ai confiance en vous, lui lança Sir Nicholas de Mimsy-Porpington qui l'avait suivie jusque dans le hall. Même si vous paraissez parfois perdre un peu la boule…
Matilde lui adressa un timide sourire de gratitude.
— Vous semblez être le seul à avoir confiance en moi… dit-elle en déposant les grandes bottes noires devant la porte.
— Eh bien, ça ne devrait pas être ainsi. Que Dumbledore ait eu confiance en vous aurait dû suffire à tous… J'ai confiance en son jugement. J'ai donc confiance en vous.
— Vous… vous ne croyez donc pas que je suis dangereuse ?
— Non, évidemment, répondit simplement Sir Nicholas en souriant.
Les paroles du fantôme agirent en elle comme un puissant stimulant. Le cœur beaucoup plus léger, Matilde enfonça toutes les baguettes magiques dans l'une des poches profondes de la lourde cape de voyage et enfila les grandes bottes.
— Je reviendrai avec Dumbledore, affirma-t-elle avec conviction, avant de pousser la grande porte double.
Le froid hivernal lui flagella le visage dès qu'elle sortit dans la nuit. Rabattant le capuchon de sa cape sur sa tête, elle descendit dans le parc obscur. Les petites fées scintillantes qui avaient voltigé autour des bosquets de roses lors du bal de Noël n'apparaissaient plus dans le jardin et seul le paisible bruit lointain de l'eau de la fontaine perçait le silence.
La neige était déjà tassée sous ses grosses bottes alors qu'elle traversait une étendue jaunâtre que projetait sur le sol l'une des hautes fenêtres éclairées du château. À en juger par ces traces sombres dans la neige récemment foulée par les bandes d'élèves ou les quelques couples durant la soirée du bal, il ne devait s'être seulement passée qu'une nuit depuis qu'elle avait dévié le sortilège de Rogue pour éviter qu'il ne frappe Ranbbie. Cependant, il lui sembla impossible que moins de quelques heures plus tôt, elle s'était écroulée dans la neige aux pieds de Ranbbie, la poitrine menaçant d'exploser sous l'emprise d'une douleur atrocement insupportable. Tant de choses s'étaient passées depuis…
Matilde se dirigeait un peu à l'aveuglette. La pénombre était trop opaque pour lui permettre d'apercevoir la forêt qu'elle supposait être quelque part au loin, devant elle. Puis son déplacement lui devint une torture lorsqu'elle s'enfonça dans l'épaisse couche de neige restée vierge. Les grosses bottes de Rogue, plus lourdes que jamais, l'affligeaient d'efforts colossaux pour éviter qu'elles ne restent prises dans les profondes ornières qu'elles creusaient dans leur sillage. L'air froid lui picotait les joues, le sang de Ranbbie qui imprégnait sa robe de soirée s'était entièrement gelé sur tout son corps frissonnant et elle peinait de retenir son épaisse cape de voyage autour de ses épaules alors que le vent la faisait virevolter en tout sens.
Mais elle continuait néanmoins d'avancer, résolue à se rendre dans la forêt et de s'emparer d'un Sombral. Lorsqu'elle reviendrait à Poudlard, accompagnée d'un Dumbledore bien vivant, tout le monde serait alors forcé d'admettre qu'elle n'avait dit que la vérité depuis le début, qu'elle n'était pas dangereuse et qu'elle était parfaitement capable de sauver Dumbledore. Elle allait leur prouver à tous qu'elle n'était pas une insignifiante petite idiote sans importance. Et elle exigerait qu'on lui présente des excuses.
La douleur brûlante qui grouillait toujours dans sa poitrine se transforma alors en une force ardente de détermination et de courage. Jamais, auparavant, elle n'avait ressenti de telles émotions aussi fortement.
Levant les yeux de la neige que ses énormes bottes accumulaient en son bout, elle aperçut enfin les premiers arbres de la forêt se découper dans le faible clair de lune. Le cœur battant frénétiquement, elle s'engouffra sous les branches dénudées de feuilles et s'enfonça laborieusement entre les arbustes qui lui agrippèrent aussitôt la cape, comme des serres se refermant sur elle pour la dissuader d'avancer plus loin. Mais elle parvint tout de même, tant bien que mal, à atteindre une petite clairière entourée d'arbres noueux et sombres, à l'aspect sinistre, qui semblaient la regarder d'un air terrifiant. Un hibou hulula et elle sursauta violemment.
« Mais enfin Matilde, pensa-t-elle pour se ressaisir, ce n'est qu'un hibou et ces arbres ne te regardent pas ! »
Pourtant, elle sentait que quelqu'un ou quelque chose l'observait. Une étrange atmosphère effroyable émanait de cette forêt et Matilde, jetant fébrilement des coups d'œil autour d'elle, perdit un peu de son assurance.
Quelque part derrière elle, elle entendit un léger craquement de branche qui la fit sursauter de nouveau. Faisant volte-face, elle ressortit au hasard l'une de ses baguettes magiques et scruta l'obscurité qui s'étendait devant elle. Mais ce ne fut que le silence et elle ne vit rien.
— Lumos, murmura-t-elle machinalement et elle regretta instantanément d'avoir prononcé la formule.
Dans une brusque détonation qui fit trembler les arbres, l'extrémité de sa baguette explosa d'une lumière vive qui illumina largement la forêt un bref moment avant que Matilde ne fut projetée en l'air. Elle atterrit ensuite, péniblement, dans un bosquet aux petites branches piquantes, à trois mètres de l'emplacement où elle avait entendu le bruit de craquement.
Tenant encore la baguette au bout de ses doigts, après une suite de mouvements énervés pour se dépêtrer de la cape de Rogue qui s'était étroitement enroulée autour d'elle, elle parvint à se redresser à grand-peine. Puis la froideur de la neige lui mordit subitement les pieds. Elle s'aperçut alors qu'elle avait perdu ses deux bottes durant sa chute. Et tandis qu'elle allait les récupérer pour les renfiler en vitesse, elle sentit sa peau la picoter douloureusement aux endroits où le bosquet l'avait égratignée.
Exaspérée, elle jeta dans la neige la baguette maintenant devenue inutile puisqu'elle s'était fendue considérablement en son milieu. Elle avait été stupide de ne pas s'être souvenue qu'aucune autre baguette que celle de Dumbledore ne pouvait supporter ses Pouvoirs Fortifiés. Mais, étrangement, celle de McGonagall ne s'était pas fendue lorsqu'elle l'avait agitée devant les professeurs… Ainsi donc, toutes les baguettes devaient agir différemment selon la façon dont elle s'en servait…
Matilde remarqua soudain une petite lueur scintillante qui oscillait au loin, sur le chemin du château, et son cœur se serra. Quelqu'un venait la chercher, elle en était sûre. On n'avait qu'à suivre ses traces dans la neige pour la retrouver aisément. Il fallait qu'elle trouve un Sombral et vite ! Mais où se cachaient-ils ? Sir Nicholas de Mimsy-Porpington lui avait pourtant assuré qu'ils viendraient d'eux-mêmes, attirés par le sang de Ranbbie. Or, peut-être qu'en raison du froid de l'hiver ils restaient à l'abri quelque part ? Ou peut-être que le sang qui s'était glacé sur sa robe n'exhalait plus aucune odeur ?
— Qui est là ? résonna une voix bourrue.
Matilde reconnut l'immense silhouette du géant Hagrid qui s'avançait vers elle, faisant crisser la neige sous son pas pesant. Son énorme main suspendait une grosse lanterne qui éclairait le chemin devant lui.
Sans avoir eu le temps de réfléchir à un quelconque plan, Matilde sortit l'amas de baguettes de sous sa cape et les pointa toutes vers le géant. Lorsque celui-ci fut assez près pour l'apercevoir près du bosquet qui l'avait égratignée de partout, il s'arrêta, à quelques mètres d'elle.
— Miss Beauregard ? s'étonna-t-il en plissant ses yeux brillants comme deux scarabées noirs luisant à la lueur de sa lanterne. Mais que faites-vous ici ? C'est vous qui avez fait ce bruit de tonnerre ?
— Heu… je…, balbutia-t-elle.
Elle ne savait pas si elle devait ou non lui faire confiance.
— Vous ne devez pas rester ici, continua Hagrid d'un air alarmé. Tout le monde sait que la Forêt interdite est remplie de dangers. Venez, dit-il d'un geste incitant à le suivre, je vais vous ramener au château.
— Absolument pas ! répliqua abruptement Matilde en brandissant ses baguettes. Je me suis rendue jusqu'ici et je ne bougerai pas d'ici !
Derrière sa barbe touffue, Hagrid parut déconcerté.
— Mais… mais vous risquez de vous faire tuer ici…
Matilde ne put alors s'empêcher d'éclater d'un rire sans joie qui se répercuta dans le silence de la forêt. Quelques chauves-souris s'envolèrent au loin, dans des claquements d'ailes sonores.
— Seriez-vous en train de me dire que peu importe l'endroit où je me trouve, je risquerai toujours d'être tuée inévitablement ?
— Heu… non… pas à Poudlard en tout cas… Là-bas, vous êtes en sécurité…
— Vous vous fichez de moi ? coupa Matilde, irritée.
Hagrid s'agita légèrement, rabaissa un peu sa lanterne, se grattant la tête. Il paraissait très troublé.
— Écoutez, je… je ne comprends pas…
C'est alors que Matilde se rendit compte que les professeurs ne devaient forcément pas tous être au courant concernant sa mise en cause. Même pas une nuit s'était entièrement passée depuis qu'elle avait été acclamée lors du bal de Noël pour avoir sauvé la vie du jeune Randell et celle du professeur McGonagall — il était ironique que celle-ci veuille à présent la tuer comme les autres, mais bon… — et donc, par conséquent, Hagrid devait toujours la considérer comme une héroïne pour avoir combattu les trolls, quelques jours passés…
Elle rangea donc ses baguettes dans la poche de sa cape et regarda Hagrid qui continuait de l'observer à la lueur de la lanterne.
— Je suis désolée, je… je vous ai pris pour quelqu'un d'autre… dit Matilde en inventant n'importe quoi sur le moment pour se justifier.
— Vous m'avez pris pour… ?
Hagrid fonça ses sourcils broussailleux.
— Mais qui donc ?
— Laissez tomber, ce n'est pas important, répondit-elle, mal à l'aise. Vous savez où je pourrais trouver un Sombral ?
Hagrid releva sa lanterne et contempla Matilde avec des yeux ronds.
— Mille gorgones ! s'exclama-t-il. Vous n'envisagez tout de même pas de quitter Poudlard ?
— C'est pour me rendre à Ste Mangouste, expliqua Matilde précipitamment, en espérant qu'il se montrerait en faveur de ses intentions comme l'avait fait Sir Nicolas de Mimsy-Porpington. Je veux conjurer le maléfice qui retient Dumbledore entre la vie et la mort…
Hagrid sembla indécis. Il passa sa main derrière sa nuque en signe d'embarras, la lanterne se balançant au bout de son autre main, puis ses yeux fixèrent un point derrière Matilde. Celle-ci se retourna aussitôt.
Deux immenses cheveux ailés, au corps squelettique, avec de grands yeux d'un blanc brillant, s'étaient avancés en douce vers elle. L'un d'eux, avec précaution, approcha son nez de la large cape noire de Rogue et la renifla avidement. D'abord pétrifiée, Matilde observa leur sinistre tête de dragon bouche bée, puis elle se ressaisit dès qu'elle réalisa qu'elle se trouvait enfin en face de deux Sombrals.
— Miss Beauregard, l'interpella Hagrid dans son dos.
Mais elle ne l'écouta pas. Fascinée, elle tendit la main et caressa la tête reptilienne du Sombral qui tentait obstinément de passer son nez sous sa cape pour lécher le sang sur sa robe de bal.
— Tu vas m'emmener à Ste Mangouste, n'est-ce pas ? murmura-t-elle doucement à son oreille.
Le cheval la regarda alors de ses yeux luisant d'un reflet étrange qui n'avait rien à voir avec la lueur de la lanterne de Hagrid. On aurait dit qu'il avait compris ce qu'elle venait juste de lui demander. Puis le deuxième Sombral s'approcha d'elle également. Bien qu'ils parussent terrifiants à la première vue, maintenant qu'elle les voyait tous deux en train de tirer sur sa cape d'un air enjoué, elle les trouva plutôt affectueux.
— Miss Beauregard, répéta Hagrid, sa voix anxieuse se faisant entendre plus près d'elle. À moins que vous possédiez une autorisation d'un des professeurs, je… je ne peux pas vous laisser partir…
— Vous n'aurez pas le choix, ma décision est prise, dit nonchalamment Matilde, butée, en s'apprêtant à grimper sur le Sombral le plus proche en lui agrippant solidement la crinière. Je reviendrai plus tard… avec Dumbledore…
— Mais…
Hagrid parut terriblement perplexe. Puis il y eut des bruits de pas précipités dans la neige au loin. Matilde vit alors une seconde lueur scintillant dans l'obscurité de la forêt et Hagrid s'avança tout de suite dans sa direction.
— C'est Miss Beauregard, lança-t-il à l'adresse de la silhouette sombre qui se hâtait vers eux. Elle est sur le point de s'en aller. Faut-il que je l'en empêche ?
Envahie par une brusque panique, Matilde finit de se hisser sur le dos de l'animal.
— Ste Mangouste, haleta-t-elle à voix basse en regardant le dos de la tête luisante du cheval. C'est quelque part à Londres… Allez… Vas-y… Vite…
Mais le Sombral ne bougea pas.
— Pas un geste Beauregard ! tonna la voix glaciale de Rogue. Et descendez immédiatement de cet animal !
Horrifiée, Matilde regarda Rogue avancer droit dans sa direction, sa baguette scintillante braquée sur elle.
— Non ! s'écria-t-elle de désespoir. Je veux aller à Ste Mangouste ! Vous devez me laisser aller à Ste Mangouste ! Je dois me rendre là-bas ! Je dois…
Soudain, comme si le Sombral venait tout juste de prendre conscience qu'elle était sur son dos, dans une brusque secousse qui faillit la désarçonner, il déploya ses ailes de chauve-souris géante et se cambra légèrement avant de s'envoler à une telle vitesse que Matilde dut se cramponner de toutes ses forces à son encolure pour ne pas glisser de son dos. Elle en perdit cependant ses lourdes bottes, et avec un terrible vertige, elle les regarda tomber, tournoyer dans le vide, jusqu'à disparaître dans les arbres de la forêt devenant de plus en plus minuscules à mesure que le Sombral prenait de l'altitude.
À suivre ! :) J'espère avoir le temps de corriger le prochain chapitre demain. Disons que ma journée de demain est bien remplie... Mais je vais faire mon possible ! :) Après tout... Il faut bien étirer le plaisir du suspens des quelques derniers chapitres... ;p
