Bonjour ! C'est moi l'auteure sadique ! ^^ De retour avec le prochain chapitre ! ^^

Pour répondre à la question de 06Caprica : effectivement, Fred et George importaient la poudre d'Obscurité du Pérou. Ils ne l'ont pas inventée, j'ai fait mes recherches avant... :)

Merci encore à vous pour vos reviews ! (C'est fou comment vous parvenez à me faire ressentir des émotions intenses lorsque je vous lis. Je pleure littéralement de joie ! Et c'est vrai, je vous assure ! Je ne dis pas ça pour me rendre intéressante. Ça me rend tellement heureuse de savoir que vous aimez mon histoire ! Mon copain me trouve parfois folle de me laisser emporter par tant d'émotions devant mon ordi mais bon... :P)

Maintenant place au chapitre 45 (déjà) et j'espère que vous allez aimer tout aussi autant ! ^^

(Cet univers magique appartient à J.K. Rowling)

Bonne lecture ! :)

Chapitre 45
Le sortilège de mort

Non ! s'écria Matilde alors que Rogue s'éloignait de Harvey en chancelant.

— Eh oui ! Expelliarmus ! lança Harvey avec jubilation.

Comme celle de Rogue, la baguette de Dumbledore vola droit sur lui sans que Matilde ne puisse esquisser un seul geste pour la retenir.

— Ha ! C'était plutôt facile ! s'exclama-t-il, ses yeux bleu électrique flamboyant d'extase, en serrant la Baguette de Sureau dans sa main droite. Maintenant, il ne me reste plus qu'à te tuer.

Il arbora son sourire carnassier qui lui dévoila ses dents éclatantes et pointues et Matilde recula à son tour, jusqu'au bord du lit de Dumbledore.

— Mais qu'est-ce que vous faites ici ? interrogea Rogue en reprenant son habituel ton froid.

Il ne chancelait plus. Le sang de sa blessure à la tête semblait s'être étanché soudainement sur sa tempe.

— J'avais pourtant laissé entendre clairement à mes collègues de ne pas vous révéler, en aucun cas, l'endroit où se trouvait Beauregard…

— Vraiment ? s'étonna faussement Harvey. Eh bien, il se trouve que quelqu'un d'autre savait où la petite Matilde s'était enfuie…

— Qui ça ?

Et avec un pincement au cœur, Matilde connaissait déjà la réponse avant que Harvey ne la divulgue à Rogue :

— Sir Nicholas de Mimsy-Porpington. Un aimable fantôme, si vous voulez mon avis…

Rogue regarda alors Matilde avec un terrible air de reproche.

— Désolée… marmonna-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

— Mais tu n'as pas à être désolée, lui dit Harvey d'un ton mielleux. Sans quoi je n'aurais jamais pu te rejoindre aussi vite… N'empêche, ajouta-t-il en haussant les épaules, je me doutais déjà que tu irais, à un quelconque moment donné, te rendre toi-même à Ste Mangouste pour tenter de sauver Dumbledore. Heureusement, je suis arrivé à temps. Et je vais te tuer maintenant…

— Attendez ! cria Rogue au moment où Harvey levait la Baguette de Sureau dans les airs. Si vous tuez Beauregard maintenant, vous briserez par la même occasion le maléfice qui retient Dumbledore dans le coma. Vous ne voudriez pas que Dumbledore vous affronte en duel après ça, n'est-ce pas Harvey ?

— C'est pour essayer de me faire peur que vous me dites cela ? lança sèchement Harvey. Parce que c'est une tentative bien médiocre…

Mais Matilde vit que la mise en garde de Rogue eut tout de même l'effet escompté puisqu'il abaissa la Baguette de Sureau.

— Très bien, dit-il nonchalamment. Alors de ce fait, je tuerai Dumbledore d'abord.

Il avança un pas vers le lit mais Matilde, retournant à Rogue son regard de reproche, se redressa et Rogue s'empressa de la rejoindre devant Dumbledore, formant un frêle mur dissuadant Harvey de tenter quoi que ce soit.

Harvey éclata de rire.

— Mais enfin, ne soyez pas stupides ! Je possède le Bâton de la Mort alors que ni l'un, ni l'autre, n'avez une seule baguette à portée de main.

À cet instant, Matilde regretta amèrement de ne pas avoir pris le temps de ramasser quelques baguettes de plus dans le couloir pour les mettre dans la poche de sa cape. Elles auraient été bigrement utiles en ce moment.

— Comment se fait-il, demanda Rogue, que vous ayez récupéré votre baguette alors que Miss Beauregard avait pris soin de vous l'enlever comme à tous ceux qui se trouvaient dans mes appartements tout à l'heure ?

Matilde savait que Rogue essayait de gagner du temps en faisant parler Harvey le plus possible. Avec un peu de chance, de nouveaux policiers viendraient à leur rescousse…

— Je n'ai pas récupéré ma baguette, c'est celle de Sybille, répondit-il en levant sa main gauche pour leur permettre de mieux contempler la baguette en question, serrée étroitement contre celle de Rogue. Elle voulait à tout prix me dissuader de sortir du château en me cassant les oreilles avec l'une de ses prédictions stupides. Alors je l'ai assommée à l'aide d'un vase décoratif qui se tenait à ma portée, et je lui ai saisi sa baguette.

— Astucieux, commenta Rogue avec sarcasme.

— Sybille, c'est la voyante ? demanda Matilde qui n'avait pas osé parler jusqu'alors. Le professeur Trelawney ?

— Disons, dit Harvey avec dédain. Quant à moi, elle n'est pas plus voyante que vous et moi !

— Il est vrai que Sybille Trelawney montre en général peu de dons pour la divination, admit Rogue, mais elle a tout de même fait de véritables prédictions dans le passé… Par conséquent, poursuivit-il en prenant une voix mystérieuse, il ne faudrait pas trop sous-estimer ses dires…

Il y eut un silence pendant lequel Harvey parut un moment inquiet, puis il se reprit en levant à nouveau sa baguette.

— Balivernes ! À présent, ôtez-vous de là, que je m'occupe de Dumbledore.

Il s'approcha résolument du lit.

— Je vous avais stupéfixé, s'empressa de s'écrier Matilde, lançant n'importe quoi pour retarder ses intentions dans l'espoir que la police finirait bien par se pointer à un instant ou l'autre. Comment se fait-il que vous vous soyez réanimé ?

Harvey s'arrêta devant elle mais ne rabaissa pas la Baguette de Sureau.

— Il se trouve que ce soit Hedlund qui m'a malencontreusement réanimé, bien sûr…

— Ranbbie vous a réanimé ? s'étrangla Matilde, incrédule.

— Hedlund est ici ? s'étonna Rogue, presqu'en même temps qu'elle.

— Oui, il est ici, répondit Harvey d'un ton joyeux, apparemment réjoui de l'effet qu'il avait suscité chez ses adversaires, mais il est inconscient. Le pauvre… Lorsqu'il m'a réanimé dans le couloir, me demandant si je savais où tu étais, dit-il à l'adresse de Matilde, il ne s'était pas attendu du tout que je le stupéfixe brusquement d'emblée. Elle était bien là, sa lacune, déclara-t-il en regardant Rogue qui le fusillait du regard, il n'a jamais eu confiance en toi, Severus, préférant me faire confiance à moi (il se pointa du bout de la Baguette de Sureau) plutôt qu'à toi.

Il ponctua son dernier mot en visant ensuite la poitrine de Rogue et celui-ci esquissa aussitôt un geste pour essayer de saisir la baguette de Dumbledore. Mais Harvey battit prestement en retraite et recula de plusieurs pas en la brandissant d'un air offusqué.

— Bas les pattes, Severus ! s'exclama-t-il, les deux yeux ressemblant à deux glaçons. À bien y songer, je crois qu'il serait plus jouissant de vous tuer tous les trois, en commençant par toi, Severus. Cela me permettrait ensuite de jouer avec la charmante petite Parguenaise à ma guise avant de la tuer — après avoir, bien évidement, tué Dumbledore…

Une peur panique enfla d'un coup en Matilde. Elle avait l'impression de ne plus pouvoir respirer normalement. Mais pourquoi personne ne venait ? Pourquoi aucun renfort de police n'était pas accouru encore pour les sauver ? Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait bien faire pour empêcher Harvey de tuer Rogue sous ses yeux.

— Professeur, je vous en pris, ne tuez pas le professeur Rogue, supplia désespérément Matilde en écartant les bras devant lui dans un faible geste protecteur. S'il vous plaît…

Harvey laissa échapper une exclamation d'incrédulité méprisante.

— Tiens donc, dit-il. Tu tiens à la vie de Severus alors qu'il t'a terrorisé tout le long de ton séjour à Poudlard. Je croyais que tu le haïssais…

— Oui mais plus maintenant, affirma Matilde sans vraiment réfléchir.

— Ah bon… Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'idée, dis-moi ?

Matilde sentait que Rogue se tendait derrière elle. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait bien répondre à Harvey. Elle ne comprenait pas elle-même pourquoi, exactement, elle agissait ainsi. C'était comme si quelque chose d'encré dans le plus profond de son être ne voulait tout simplement pas que Rogue meure. Sûrement parce qu'elle n'avait pas envie de voir quelqu'un mourir devant ses yeux, ou bien… Se pourrait-il que Ranbbie ait eu raison ? Qu'elle serait véritablement tombée amoureuse de Rogue ? Mais au moment où elle essaya encore une fois de se convaincre que c'était totalement absurde, ses joues s'enflammèrent lorsque le souvenir du baiser impétueux de Rogue lui revint en mémoire.

— Peu importe, dit alors Harvey qui ne parut pas avoir remarqué l'embarras soudain de Matilde. Ce qui compte, c'est que moi, je ne changerai pas d'idée, et que j'ai vraiment envie de tuer Severus en ce moment…

— Fort bien, lança Rogue en écartant brutalement Matilde qui tituba sur le lit de Dumbledore. Dans ce cas, vous devriez avoir l'obligeance de m'offrir la chance de combattre, de me provoquer en duel comme tout sorcier honnête se doit de faire. Sinon, dans le cas contraire, nous aurons tous raison de croire que vous n'êtes qu'un vulgaire poltron.

— Je ne suis pas un trouillard !

— Alors prouvez-le, encouragea Rogue, les yeux étincelants. Redonnez-moi ma baguette. De toute façon, vous n'avez rien à craindre puisque vous détenez — comment dites-vous déjà ? — le Bâton de la Mort

Visiblement, Harvey n'était guère séduit par l'idée d'un duel avec Rogue. Il tripotait les trois baguettes dans ses mains en signe de nervosité et lui jetait des regards calculateurs. Ses yeux allaient de son visage imperturbable, à demi ensanglanté, jusqu'à ses poings serrés convulsivement le long de sa cape noire.

— Je ne suis pas stupide au point de te refiler ta baguette, Severus, dit-il enfin. Je sais très bien ce que tu as en tête.

— Seriez-vous en train d'avouer votre lâcheté, Harvey ? demanda Rogue d'un ton provocant.

Harvey pointa la Baguette de Sureau sur lui. Sa main tremblait.

— Je ne suis pas un lâche, protesta-t-il d'un étrange glapissement. Je n'ai seulement pas envie de perdre mon temps avec toi. C'est tout !

— Et avec Beauregard ? répliqua Rogue. Lui donneriez-vous au moins sa chance à elle de combattre ?

De nouveau, Harvey éclata de rire.

— Même si je lui donnais une chance, la Parguenaise est aussi nulle en duel qu'un troll. Dépourvue de l'usage de ses Forces Obscures, elle n'est plus rien.

Matilde eut soudain une illumination.

— Lorsqu'un sorcier meure, demanda-t-elle alors d'une façon presque machinale, est-ce que tous les effets de ses sortilèges, comme celui du Stupéfix, s'annulent subitement ?

Simultanément, les deux professeurs se tournèrent vers elle et la regardèrent d'une expression déconcertée. Harvey pointait toujours Rogue du bout de la Baguette de Sureau lorsque ce dernier répondit à voix basse :

— Oui, en effet… mais… pourquoi… ?

— Pourquoi une telle question ? acheva Harvey d'un ton plus assuré que Rogue. Tu mijotes quelque chose, c'est ça ? Parle ! ordonna-t-il en orientant la Baguette de Sureau sur elle.

— Non, rien… Je ne mijote rien…, mentit-elle car en fait, elle était véritablement en train de faire travailler frénétiquement ses méninges présentement.

Les deux personnes susceptibles de la délivrer de son état de Parguenaise se trouvaient en ce moment au même étage qu'elle. Elle pourrait alors se permettre de risquer de dévier le sortilège de mort que Harvey s'apprêtait à lancer sur Rogue, et le retourner contre lui à l'aide de ses Forces Obscures. Résultat : puisqu'il ne suffisait que Harvey meure pour que Ranbbie puisse se libérer du sortilège Stupéfix, elle n'aurait qu'à souffrir quelques minutes pour que ce dernier accoure ensuite à la suite de Rogue pour la sauver, en espérant qu'elle n'ait pas à attendre trop longtemps — le souvenir cuisant de la douleur insupportable qui lui avait menacé de déchirer sa poitrine lors de la soirée du bal, était encore bien présent dans ses pensées.

— Je ne te crois pas, lança Harvey.

Mais une lueur d'effroi dans le fond de son regard lui trahissait une certaine appréhension. Rogue, pour sa part, essayait de vriller ses yeux dans ceux de Matilde mais celle-ci ne le regardait pas. Elle fixait Harvey en s'efforçant de rester le plus neutre que possible, résolue à ne rien faire paraître de sa soudaine surexcitation.

Néanmoins, son plan n'était pas tout à fait solide : elle devait faire confiance à Rogue pour que tout se déroule comme prévu, qu'il ne se remette pas à convoiter sa mort comme il en avait pris la fâcheuse habitude ces derniers temps. Et elle ne disposait que d'un seul essai pour arriver à retourner le sort mortel sur Harvey. Si elle échouait, si elle manquait sa cible, elle mourrait dans l'atroce souffrance de ses Forces Obscure. Mais il n'y avait pas d'autre choix qui s'offraient à elle. Elle avait déjà perdu tout espoir quant à d'éventuels renforts de police.

Comme Matilde restait silencieuse, Harvey s'approcha d'elle d'une démarche menaçante.

— Allez, insista-t-il, je veux savoir ! Qu'est-ce que tu mijotes ?

— C'était simplement une question comme ça, répondit Matilde en se tortillant les doigts. Parce que le professeur Rogue a stupéfixé beaucoup de personnes alors je me suis dit que…

— Severus a stupéfixé beaucoup de personnes ? répéta Harvey, sceptique.

— Oui, dit-elle, mal assurée, en inventant n'importe quoi pour justifier sa question suspecte. Donc en le tuant, toutes ces personnes vont se réveiller…

Matilde guettait l'expression de Rogue du coin de l'œil et le vit hausser les sourcils d'un air interrogatif. Mais à sa grande satisfaction, il n'essaya pas de contester ses affirmations. Puis Harvey réafficha son sourire étincelant avec une vigueur renouvelée.

— Pauvre petite sotte, dit-il en hochant la tête. J'espère bien que tu ne comptais pas qu'en tuant Severus, tous les policiers dans le couloir me traqueraient de sitôt ?

Matilde sut rapidement où il voulait en venir et elle simula donc du mieux qu'elle put une expression de parfaite hébétude.

— Mais ce n'est pas Severus qui a stupéfixé les policiers, poursuivit-il avec une hilarité si intense qu'il en avait quelque chose d'horriblement terrifiant. C'est moi ! D'ailleurs, pour ton information, je ne les ai pas stupéfixés. Je l'ai ai tués ! Et lorsque Severus sera mort à son tour, il ne se passera rien. Rien ! Tu seras alors toute seule avec moi et tu subiras le même sort que lui et les policiers. Et personne ne viendra ! Avec les maléfices de blocage puissants que j'ai mis en place sur tout l'étage, j'aurai amplement de temps pour m'amuser avec toi avant que mes sortilèges ne soient rompus ! Tu es perdue, ma petite et charmante Parguenaise, perdue !

Rejetant sa tête en arrière, il se mit alors à rire comme un dément. Avec ses cheveux en bataille et ses dents pointues, jamais il n'avait eu l'air aussi fou et détraqué.

Rogue profita de sa distraction. Il se rua brusquement sur lui en lui saisissant la main qui tenait la Baguette de Sureau et le projeta par terre. Il le frappa d'un violent coup de poing au visage. Momentanément sonné, Harvey échappa les trois baguettes que Rogue s'empressa de ramasser mais Harvey l'en empêcha aussitôt en le faisant basculer sur le côté.

— Non ! s'écria Matilde en s'élançant sur Harvey dans sa hâte d'aider Rogue.

Elle agrippa Harvey par les cheveux au moment où les doigts de ce dernier se refermaient solidement autour du cou de Rogue, et tira de toutes ses forces. Harvey hurla mais ne lâcha pas prise.

— Les baguettes, dit Rogue dont le visage apparaissait de plus en plus violacé sous l'emprise de Harvey. Les baguettes… Emparez-vous des baguettes…

Matilde lâcha aussitôt Harvey et ramassa l'une des baguettes qui avait roulé à ses pieds. Mais avant même qu'elle ne songe à l'agiter, Harvey avait déjà rattrapé la Baguette de Sureau.

Impedimenta !

Rogue et Matilde se firent projeter en arrière. Rogue heurta le mur contre la porte de plein fouet et Matilde s'effondra sur Dumbledore derrière elle.

Expelliarmus ! lança ensuite Harvey et la baguette que tenait Matilde lui échappa des mains.

Confuse, elle se retourna sur le lit blanc et tomba face à face avec le visage pâle de Dumbledore. Il y avait quelque chose de bizarrement terrifiant dans le fait de le contempler de si près, écoutant sa respiration calme et posée, son nez aquilin à quelques millimètres du sien.

— Severus, dit Harvey sur un ton de triomphe, prépare-toi à mourir !

Matilde tourna la tête et vit que Harvey lui faisait dos. Rogue était affaissé au pied du mur et sa blessure à la tête avait recommencé à saigner. Il leva les yeux dans ceux de Harvey.

— Aurais-je au moins le droit à une dernière volonté ? demanda-t-il d'une voix faible, inquiétante.

Matilde se laissa glisser lentement en bas du lit.

— Toi, ne bouges pas de là, lui dit Harvey qui s'était brusquement tourné vers elle, affichant un air prévenant.

Le cœur de Matilde lui remonta dans la gorge. Sa position par rapport à Harvey n'était pas à son avantage si elle voulait essayer de dévier le sortilège mortel. Elle ne disposait pas d'une vue amplement favorable. Il fallait qu'elle se déplace de façon à obtenir une vue de face ou de profile. Pouvait-elle se glisser silencieusement vers sa gauche sans attirer son attention ?

— Qu'est-ce tu disais, Severus ? interrogea Harvey avec mépris en se retournant vers lui.

— J'ai demandé une dernière volonté…

— Si ta dernière volonté est de me provoquer en duel, tu connais déjà ma réponse…

Le plancher craqua légèrement lorsque Matilde fit un pas de côté et elle se raidit sur place. Mais heureusement, Harvey ne sembla pas l'avoir entendue. Il regardait Rogue qui lui répliquait froidement :

— Non, puisque vous n'êtes rien d'autre qu'un lâche.

Je ne suis pas un lâche ! hurla Harvey.

— Alors vous faites très bien semblant ! railla Rogue avec colère.

Le sol craqua une seconde fois et cette fois-ci, Harvey se retourna vers Matilde.

— Qu'est-ce que tu fais ? lui lança-t-il en furie. Je t'ai clairement ordonné de ne pas bouger !

Matilde resta muette d'effroi. Alors Harvey leva la Baguette de Sureau, les yeux flamboyant de délire, et ironisa méchamment :

— Puisque tu sembles pressée de vouloir jouer avec moi, je vais donc tuer Severus tout de suite. Et alors là, tu auras tout le loisir de m'avoir rien qu'à toi !

Il éleva à nouveau la baguette de Dumbledore vers Rogue et Matilde, paniquée, n'avait aucune chance de parer le sortilège si elle restait derrière lui. Elle s'élança alors sur Harvey au moment où il s'écriait : « Avada Kedavra ! » et détourna sa main qui tenait la baguette juste à temps. Rogue se jeta inutilement sur le côté et évita le jet de lumière verte qui écorcha le mur à un mètre au-dessus de sa tête.

Maudite Parguenaise ! rugit Harvey en la projetant par terre devant Rogue. Si tu ne veux pas te tenir tranquille, je vais être obligé de te tuer d'abord ! C'est ça que tu veux ?

— Sa… dernière volonté…, haleta Matilde en s'évertuant de se redresser sur le sol, les jambes tremblantes, les yeux plantés dans ceux de Rogue qui la regardaient avec intensité. Il a le droit à une dernière volonté…

Je me fiche royalement de sa dernière volonté ! vociféra Harvey, le visage marbré de taches rougeâtres dues à la fureur noire qu'il laissait emporter sur lui. Contente-toi donc de le regarder mourir ! Et ce sera ton tour après ! Avada Kedavra !

Tout sembla alors se passer au ralenti : Matilde fit volte-face, allongea la main devant elle et le jet de lumière verte s'arrêta dans les airs un moment, comme suspendu dans le vide. Puis, sous le regard horrifié de Harvey, le sortilège se retourna lentement vers son créateur, tel un serpent de lumière se dressant sur lui-même, et fondit de plein fouet sur sa poitrine. Matilde vit alors Harvey basculer en arrière, les bras en croix, ses yeux bleu électrique se révulsant, avant qu'elle ne s'effondre elle-même sur le dos, en même temps que lui.

La douleur était encore pire que ce qu'elle avait déjà ressenti auparavant. Cette fois-ci, ce n'était pas seulement sa poitrine qui menaçait d'exploser à tout moment, mais chaque parcelle de son corps. C'était comme si des lames de couteau chauffées à blanc lui tenaillaient toutes ses entrailles et ses os. Elle se tortillait sur le sol en tout sens en hurlant comme jamais elle n'avait hurlé dans toute sa vie et lorsqu'elle entrevit Rogue à travers le voile de ses larmes, ramasser sa baguette magique dans la main inerte de Harvey et la pointer ensuite sur elle, elle n'avait plus qu'une seule envie : que tout finisse… que la douleur cesse… que Rogue veuille bien la tuer maintenant…

Mais la douleur atroce continuait à la torturer et Rogue restait immobile comme un idiot, la baguette levée, l'observant d'une expression que Matilde ne pouvait pas discerner à travers ses larmes.

Aidez-moi ! hurla-t-elle alors, secouée de sanglots, en se tordant de douleur sur le sol, les mains crispées sur sa poitrine. Aidez-moi ! S'il vous plaît ! Aidez-moi !

Sa tête était sur le point d'éclater. Pourquoi ne tombait-elle pas inconsciente comme cela s'était produit la dernière fois ? Et où était donc Ranbbie ? Le sortilège du Stupéfix aurait dû lui être levé…

Soudain, comme si la vue de la souffrance de Matilde avait mis longtemps à l'atteindre, Rogue se précipita sur elle. Enfin, il réagissait ! Il allait mettre fin à son supplice, quelque soit la façon qu'il s'y prendrait — il pouvait bien la tuer, elle s'en moquait. Tout ce qui lui importait était que la douleur insupportable cesse.

Mais Rogue fit quelque chose de totalement imprévisible. Il l'immobilisa sous lui en la chevauchant, lui arracha sa propre cape de voyage qu'elle portait toujours à son cou, lui écarta les mains, et entreprit de lui déchirer sa robe de bal au niveau de sa poitrine.

— Mais… mais qu'est-ce… mais qu'est-ce que vous… ?

— Ne bougez plus, lui dit Rogue qui élevait maintenant sa baguette au-dessus de son soutien-gorge.

Mais cesser de bouger était à peu près aussi facile que de s'arracher la tête. Même si Rogue la plaquait sur le dos de tout son poids, elle ne pouvait s'empêcher de continuer à se convulser de douleur en tout sens, hurlant à s'égosiller.

La douleur devint alors d'une telle intensité que Matilde ne savait plus où elle était à présent. Elle ne se rappelait même plus son nom et ne connaissait plus l'homme aux cheveux noirs qui psalmodiait des paroles bizarres en décrivant des cercles au-dessus d'elle avec un étrange bâton à la main. Elle se sentit soudain soulever du sol, comme si un crochet invisible la tirait par la poitrine, et si l'homme n'aurait pas été sur elle, elle était certaine qu'elle se serait élevée dans les airs. La douleur quitta ensuite l'extrémité de ses membres en se déplaçant lentement vers sa poitrine, comme attirée par un point aimanté. Matilde cessa alors de se tortiller, le corps paralysé brusquement, les bras en croix, et sa conscience lui revint aussitôt qu'elle eut la sensation d'une boule hérissée de piques pointus et brûlants lui tournant vigoureusement entre les côtes, semblant lui broyer le cœur. D'ailleurs, elle avait l'impression de n'avoir plus de cœur du tout, ni aucun organe vital…

Rogue acheva son incantation. D'effrayants rayons noirs d'une consistance brumeuse jaillirent de la poitrine de Matilde, lui déclenchant du même coup une nouvelle douleur cuisante. Elle voulut hurler une fois encore, mais, vidée de toutes ses forces, elle ne put qu'émettre un faible cri éraillé.

Le visage dans l'ombre étrange que projetaient les rayons noirs brumeux, Rogue se mit à trembler en approchant sa main gauche de la poitrine de Matilde, son autre main tenant toujours sa baguette. Il parut hésitant, indécis. Et lorsque ses longs doigts fins passèrent aux travers les rayons brumeux, interceptant de ce fait le trajet des faisceaux sombres de la poitrine à son visage, Matilde put enfin discerner son expression : une affliction mêlée de peur crispait ses traits. Des larmes ruisselaient sur son teint crayeux, se joignant au sang de sa blessure à la tête, et ses yeux noirs brillant d'une souffrance qui semblait quasiment aussi douloureuse que celle de Matilde, fixaient sa poitrine. On aurait dit qu'il était sur le point d'accomplir un acte qui lui demandait excessivement de force et de vaillance.

Mais au moment où le bout de ses doigts frissonnants s'apprêta à effleurer la peau de Matilde à l'endroit où il avait lacéré sa robe, une voix paniquée résonna en écho dans la pièce.

Non ! Ne la touchez pas ! C'est moi qui dois le faire !

Rogue fut alors poussé violemment sur le côté, et roula sur le dos près du corps de Harvey. Cependant, comme s'il s'était soudain trouvé paralysé pareillement à Matilde, il ne fit aucun effort pour se relever. Il regarda, l'air pétrifié, Ranbbie, la chemise encore tachée de son sang, qui prenait sa place au-dessus de Matilde et presser résolument toute la paume de sa main droite sur sa poitrine.

La torture s'exacerba alors d'un coup. Si tout son corps n'était pas paralysé, Matilde se serait remise à se tortiller de douleur. Tout ce qui lui restait, c'était ses hurlements assourdis. Mais elle pouvait crier tant qu'elle le voulait, la douleur ne s'estompait pas. La boule hérissée de piquants paraissait maintenant désirer à tout prix sortir de sa poitrine en la lui déchirant sauvagement, comme aspirée par la main de Ranbbie.

Je le fais pour toi, Emily ! Je le fais pour toi ! cria Ranbbie d'un ton véhément, les yeux écarquillés d'une exultation inquiétante, ses cheveux voltant en tout sens dans les rayons noirs brumeux, lui donnant l'air d'un aliéné redoutable. Je m'en viens, je m'en viens !

Sa paume se mit alors à chauffer comme un fer à repasser et des volutes de fumée noire s'en émanèrent. Puis toute sa peau se couvrit de plaques sombres et Matilde, avec horreur, présageait déjà la suite des choses : il était en train de se consumer devant ses yeux, exactement de la même manière qu'elle avait détruit les trolls à l'aide de ses Forces Obscures…

Elle se remit à hurler. Mais cette fois-ci, ce n'était plus de douleur mais bien de terreur qu'elle hurlait. Le visage de Ranbbie se desséchait, se calcinait, se désagrégeait... Puis une main s'abattit brusquement sur ses yeux. La douleur cessa soudain et la main secouée de spasmes de Ranbbie, qui oppressait sa poitrine, fut la dernière chose qu'elle ressentit avant de s'évanouir enfin.

Bon alors, j'attends vos commentaires avec autant d'impatience que vous attendez sûrement la suite ! :P