Hello tout le monde!

Alors encore une fois, merci beaucoup pour toutes les reviews! :D Elles me font vraiment très plaisir! Et, comme vous êtes plusieurs à m'avoir fait remarqué mes idiotes fautes (faisez... j'arrive pas à croire que j'ai écrit ça...), j'ai reçu l'aide de Tirelipimpon sur le Chihuhua (on applaudit bien fort) pour ce chapitre! ^^

Quant au rythme de publication, j'essaierai d'être régulière (environ un chapitre/semaine)... promis, promis!

Âges des nouveaux personnages :

Rowena Serdaigle : 6 ans

Nymphadora Tonks : 8 ans

Sybille Trelawney: 12 ans

Argus Rusard : 14 ans

Lily Luna Potter: 15 ans

Rita Skeeter et Gellert Grindelwald :16 ans

James Sirius Potter : 22 ans

Aïdan Potter (père de James) : 24 ans

Luna Lovegood : 29 ans

Roy Merlin : 31 ans

Helga Poufsouffle : 33 ans

Seamus Finnigan : 51 ans

Hermione Granger : 53 ans

-Oh bon sang, comme cet endroit m'avait manqué! S'exclama Hermione en entrant dans la bibliothèque, les yeux pleins d'étoiles. Son dos légèrement voûté et ses cheveux grisonnants étaient la seule chose qui avait changé depuis son dernier passage dans les immenses archives de l'école. Elle avait toujours la même expression révérente et émerveillée.

-Pas étonnant, à votre âge, ricana une adolescente en entrant à sa suite. Son teint pâle contrastait drastiquement avec ses cheveux et ses yeux noirs. Ses cheveux étaient trop ternes et ses sourcils trop épais pour qu'elle soit vraiment jolie, mais la robe, d'un tissu couteux et doux couleur émeraude, et les bijoux d'argents massif à son cou et à ses oreilles, indiquait son statut social élevé. Elle gardait un air renfrogné mais moqueur.

-Allons, mademoiselle, réprimanda Roy en entrant à son tour dans la pièce, jetant un coup d'œil appréciateur autour de lui. L'âge n'est que sagesse, après tout!

-La sagesse est le peigne qu'on reçoit quand on est chauve, énonça l'adolescente. C'est ce que dit toujours ma mère.

-Et on peut savoir qui c'est, ta mère? Répliqua Hermione d'un ton courroucé.

-Nan, tu peux pas. Mais moi, c'est Eileen Prince, ajouta-t-elle après un instant.

-Eileen Prince? Répéta Hermione avec incrédulité, au point d'en oublier d'être désagréable. La… la mère de Snape?

-Je ne suis la mère de personne, voyons! Cracha Eileen en dévisageant Hermione comme si elle était particulièrement folle. J'ai quinze ans, bon sang!

-B-Bien sûr, se reprit Hermione. Disons juste… ce n'est rien, c'est juste… laissez tomber.

-Mouais, répondit Eileen en contemplant encore la Gryffondor un instant avec un mépris évident. Alors, par où on cherche pour commencer? Merlin?

-Appelez-moi Roy, s'il vous plait, incita l'homme. Eh bien, je crois que nous devrions-

Mais il fut interrompu par un cri joyeux et presque sauvage. Un instant plus tard, une explosion sonore retentit dans la bibliothèque, leur faisant tous ouvrir de grands yeux. Hermione chercha du regard l'origine du bruit. Elle ne fut pas bien difficile à trouver : une autre adolescente, les cheveux colorés en un bleu électrique et attachés en deux couettes d'enfants, et vêtu d'une mini-jupe de jeans, déchirées sur les bords avec des collants résilles noirs et une sorte de haut moulant d'un rose éclatant à l'effigie d'un groupe de musique appelé les Mytho-logiques, se glissait joyeusement sur une des échelles qui bordait les rangées de livres.

-Wouuuuuhouuuu! S'écria la jeune fille avec une émotion proche de l'hystérie. Son long nez un peu tordu et ses pommettes relevées rappelaient quelqu'un à Hermione…

-Mrs Pince?! S'exclama-t-elle, complètement incrédule. La jeune fille jeta vers elle un regard mi-perplexe, mi-amusé.

-Irma, rectifia l'adolescente. Madame, c'est pour les vieux!

Elle sauta en bas de l'étagère et atterrit sans difficulté visible sur la pointe de ses bottes à talon hauts rouges. Elle jaugea un moment du regard Hermione, Roy et Eileen, fit claquer sa langue puis farfouilla un moment dans un sac qu'elle portait en bandoulière. Après un instant, elle en tira un paquet de cigarettes moldues et un briquet. Sans trop s'émouvoir du regard spécialement étonné de ses spectateurs, elle alluma la cigarette entre ses lèvres avant de ranger le briquet dans son sac. Elle en tira une bouffée avant de relever les yeux vers Hermione, qui continuait de la fixer avec horreur.

-Bon, ben s'cuzez pardon, j'ai à faire! Lança-t-elle en faisant demi-tour et en rebalançant son sac sur son épaule. Aspirant une nouvelle bouffée de cigarette, elle sortit sa baguette d'une de ses bottes et l'agita avec un grand sourire en direction d'une étagère. Aussitôt, tous les livres qui s'y trouvaient tombèrent sur le sol dans un grand vacarme qui couvrit l'exclamation horrifiée d'Hermione.

-C'était la section sur les créatures mythologiques! Gémit-elle. Non mais ça va pas?

Seul un rire aigu et amusé lui répondit. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais avant qu'elle n'ait pu glisser un mot, une musique sortie de nulle part retentit dans toute la bibliothèque. Une voix masculine et sonore rugit brusquement :

Heeeee who makes a beast out of himself gets rid of the pain of beiiiiiiing a maaaaan! (Bat Country de Avenged Sevenfold, que je vous recommande fortement)

Des guitares et une batteries démarrèrent et en un instant, le son était tellement fort que Roy n'entendait plus les hurlements stridents et désespérés d'Hermione. Eileen, elle, jeta un coup d'œil un peu incertain autour d'elle avant de se glisser subtilement vers la porte et de sortir en courant de la bibliothèque. Roy hésita quelques secondes, tira Hermione par la manche en lui indiquant la porte d'un signe de tête (elle le foudroya d'un regard qui le fit grimacer) puis fit surgir ses instincts de Serpentard et suivit les traces d'Eileen.

Hermione, restée seule avec la jeune Irma, fit craquer ses vieilles jointures, sa nuque, ses poignets, ses genoux et ses coudes, foudroyant du regard l'endroit ou s'était un instant plus tôt trouvée la vandale. Ainsi, ni Merlin ni la mère du terrible Severus Snape n'avaient le courage d'affronter une adolescente arrogante et rebelle? Eh bien, qu'à cela ne tienne. La bibliothèque avait été sa meilleure amie pendant de longues années, et elle avait toujours pu y trouver tout ce qu'elle y voulait… il ne sera pas dit qu'Hermione Granger-Weasley laisserait une espèce de gangster de pacotille la massacrer!

Sur ces pensées brillantes et déterminées, la Gryffondor lâcha un cri de guerre (rendu inaudible par le No one can save me and you know I don't wan't your attention du chanteur), tira sa baguette d'une poche de sa robe, et s'élança à la poursuite de la bibliothécaire rajeunie.


-Éli, Joe! Non! Lâchez ça tout de suite!

Ron se précipita vers les jumeaux qui étaient occupés à décrocher un tableau du mur, dans lequel s'agitait le Chevalier du Catogan et son petit poney. Il leur enleva des mains –déclenchant au passage les pleurs immédiats et simultanés des deux gamins- et le raccrocha hors de portée sous les insultes et les jurons dudit Chevalier. Il s'excusa maladroitement avant de brusquement se retourner quand quelque chose d'humide lui atterrit sur la poitrine. Avec dégoût, il constata que le jeune Dumbledore, toujours dans ses bras, venait de lui vomir dessus. Le bambin émit une sorte de « yeuk » avant de tourner la tête.

Ron poussa un soupir sonore. Il n'était vraiment pas doué quand il devait s'occuper de tous ses enfants en même temps… d'habitude, c'était Hermione qui s'en occupait, quand il n'était pas à la maison. Lui n'était pas doué pour les gérer tous… Théodoric et les jumelles, Ann et Ève, étaient contrôlables (quoique Hermione lui signalait fréquemment que leur plus vieux serait bientôt un adolescent), mais Tim, Éli, Joe et Ben étaient absolument impossibles. Comment Hermione pouvait-elle les contrôler était un grand mystère. Ron avait toujours été secrètement persuadé qu'elle avait ensorcelé ses propres enfants.

-Papaaaaaaaaaaa! Pleurnicha Ben un peu plus loin. Tim y veut pas me rendre doudou!

Il agita sa baguette pour faire disparaître le vomi (qui, chose étrange, sentait le citron) de sa robe, l'agita vers les garçons pour que Ben récupère son doudou et s'accroupit par terre pour calmer les jumeaux qui continuaient à pleurer de la perte de leur jouet. Il sentit à nouveau un début de migraine pointer dans son esprit, et il secoua la tête avec désespoir.

-Théo? Appela-t-il. Son plus vieux s'approcha d'un pas traînant, le regard interrogateur.

-Ramasse Tim et Ben et appelle tes sœurs, s'il te plait. (quand le garçon eut poussé un soupir et se fut exécuté, il tendit lui-même la main vers les jumeaux qui l'attrapèrent tous les deux). Okay, venez, les enfants…

Progressant lentement à cause de toute sa marmaille, Ron se dirigea vers l'infirmerie. Il n'était pas sûr d'y trouver qui que ce soit qui pourrait l'aider, mais ce serait toujours un meilleur endroit pour garder ses enfants qu'en haut d'un escalier qui pouvait se mettre à bouger à tout instant.

En entrant dans la pièce il sut tout de suite que quelque chose n'était pas naturel. Déjà, Mrs Pomfresh n'accourut pas au moment même où il posa l'orteil sur son territoire, ce qui était en soi plutôt inhabituel. Ensuite, trois vieillards discutaient avec animation autour de foyer, de l'autre coté de la pièce. Aucun d'eux ne semblait faire attention à ce que disaient les autres, mais ils criaient tous suffisamment fort que pour s'entendre les uns les autres. Ron reconnut sans difficulté Sirius, occupé à raconter qu'il avait élevé un hippogriffe, lui, mais les deux autres hommes ne lui rappelaient personne.

-…Ai fait le tourrrrnoi des trrrrrois sorrrrrrciers, moi, monsieur! Se vantait un des vieux hommes avec un bouc sur le menton et un fort accent. Et j'ai été l'attrrrrappeur de mon équipe nationale!

Ron faillit échapper Dumbledore sous le choc. Oh bon sang, Krum était de retour… c'était logique, dans le sens où sa magie avait laissé une trace dans le château, lors de son passage pour le Tournoi des Trois Sorciers. Il avait longtemps admiré l'attrapeur Bulgare, et lui avait depuis un bon bout de temps pardonné son flirt avec Hermione, mais c'était en grande partie parce qu'il ne l'avait pas vu en face à face depuis le mariage de Bill et Fleur. À présent, il se sentait à nouveau bouillonnant de rage et de jalousie envers le Champion de Durmstrang.

…À ce sujet, ou était Hermione?

-Moi, j'ai aidé Harry Potter à combattre un énorme serpent! Déclara le troisième homme, les cheveux soigneusement teints en blonds. Sans aucun doute un Serpenscendre mutant! Oh, en fait, le pauvre gamin n'aurait jamais pu le tuer à lui seul, mais il a besoin d'attention, cet enfant, c'est évident, alors je l'ai laissé…

Cette fois, Ron dut se rattraper aux montants d'un lit. Lockhart! Gilderoy Lockhart! Mais qu'est-ce que cet imbécile faisait là?! Il n'était pas sensé être amnésique?

Quoique… en y réfléchissant bien, Sirius était mort en traversant le voile alors qu'il avait à peine trente-cinq ans… Hors il était revenu à ses quatre-vingt ans. Peut-être le sort qui avait affecté Poudlard avait-il la capacité de faire revivre les morts? Si c'était le cas, était-il vraiment étonnant qu'il puisse guérir les pertes de mémoire?

Il n'eut pas le temps d'approfondir la question que Ann lâcha un cri percant.

-Pôpaaaaa! Y'a un m'sieur bizarre dans le lit!

-Meuh non, rétorqua Théodoric, c'est Hagrid! Tu peux pas le connaître, toi, tu vas même pas à Poudlard!

Ron se retourna, surpris. Effectivement, Hagrid était allongé dans le lit le plus proche, le faisant dangereusement grincer. L'homme avait lui aussi rajeunit –il devait à peine être un adolescent, mais il faisait déjà au moins deux mètres. Son visage n'était pas encore dissimulé par sa barbe hirsute et il semblait très jeune. Plus mince qu'à l'époque où Ron le connaissait, aussi. Hagrid était lourdement endormi, et ses ronflements manquaient à chaque fois de faire éclater les ressorts du lit. Secouant la tête, Ron se dirigea vers le fond de la pièce en entraînant avec lui ses enfants.

Un dieu quelconque dut avoir pitié de lui, car à peine se fut-il débarrassé de sa charge que sortit du bureau de l'infirmière une femme qui semblait avoir a peine changer, au sourire sympathique et aimable.

-Weasley! Salua-t-elle. Ce sont tous les vôtres, bon sang? Ajouta-t-elle avec incrédulité en jetant un coup d'œil circulaire aux enfants.

-Non, non, celui-là, c'est, heum, Dumbledore, expliqua Ron en pointa le bambin qu'il avait assis sur le lit. Je… Mrs Chourave, vous pourriez tous les surveiller un moment? Et donner à manger au directeur?

-Sans problème! Accepta la femme avec un sourire jovial. Ou comptez-vous aller?

-Rejoindre mon pote Morphée, soupira Ron en s'écrasant avec soulagement sur le lit le plus proche.


Draco se laissa tomber par terre, trop essoufflé que pour continuer à courir après l'autre garçon. Il le trouvait très étrange –il portait le même prénom que son papa!- mais aussi très agaçant. Il courait partout, faisait des blagues et criait tout le temps! Ce n'était pas digne d'un Malefoy, or l'autre prétendait qu'il en était un! D'ailleurs, en y pensant, ce n'était pas logique du tout. Il ne connaissait aucun autre petit garçon qui s'appelait Malefoy. L'autre mentait, voilà tout.

Il se recula jusqu'au mur et s'accroupit par terre, les mains sur les oreilles. Des tas de sons bizarres provenaient d'un peu partout dans le château, et il commençait à avoir mal à la tête. Il n'aimait pas la situation. Tout le monde bougeait, criait et courait partout, comme l'autre petit garçon. Ce n'était pas bien! Ses parents disaient toujours qu'il fallait de l'organisation pour être digne de son rang. Draco n'était pas totalement sûr de comprendre le sens de cette phrase, mais il savait que ça voulait dire qu'il fallait un minimum de calme.

D'ailleurs, lui était toujours calme, et ses parents aussi (enfin, presque toujours. Parfois son papa jouait au dragon avec lui, quand sa maman allait faire les courses). Et son parrain Severus était toujours calme aussi. Et comme son parrain était le plus meilleur parrain du monde entier, il fallait faire comme lui, hein?

Une petite main posée sur son bras le tira de ses pensées. Il releva la tête avec surprise. Une jolie petite fille le regardait, la tête penchée sur le coté, ses grands yeux caramel pleins d'interrogations. Elle portait une très jolie robe bleue foncée avec des boutons de bronze. Ses cheveux noirs étaient soigneusement noués en une tresse elfique –et ça, Draco le savait parce que sa maman s'en faisait souvent pour des soirées.

-Qui êtes vous? Demanda-t-il poliment. Il se félicita intérieurement de ne pas s'être contenté d'un « T'es qui, toi? » comme l'auraientt demandé les autres enfants qu'il avait croisés plus tôt. La petite fille sourit.

-Je suis Rowena Serdaigle. Et toi?

-Draco Severus Lucius Malefoy. Annonca-t-il. Son papa aurait été fier de lui –il retenait toutes les leçons qu'on lui avait donné!

-C'est long comme nom, remarqua Rowena en s'assoyant à coté de lui. Je peux t'appeler Dray?

-Je peux t'appeler Rowe?

-Sans problème, Dray.

-Sans problème, Rowe.


Minerva prononça le mot de passe (Souriquicouine) et se glissa dans l'escalier en colimaçon derrière la gargouille de pierre, la bouche encore entrouverte et les yeux légèrement écarquillés.

Je viens de parler à Merlin en personne.

Et elle l'avait pratiquement envoyé balader… l'homme semblait tellement humble! Était-il seulement conscient de sa réputation, de sa légende, de sa renommée? Sans doute pas, au vu de son expression de surprise quand Minerva avait répété son nom en bafouillant. Oh Merl – oh bon sang de bonsoir…

Elle ouvrit la porte du bureau, tentant de se remettre de son hébètement. Roy –Merlin- s'était proposé pour aider Hermione dans ses recherches à la bibliothèque et ils devaient actuellement être tous les deux occupés à consulter tous les ouvrages possibles et imaginables…

La pièce n'avait pas changé, et semblait totalement déserte. Enfin, le silence… soupira-t-elle avec soulagement. Non, pas tout à fait, se corrigea-t-elle un instant plus tard en entendant les échos d'une conversation animée, un peu plus loin dans la pièce. Avec une grande respiration, elle s'approcha de la provenance des voix –derrière le bureau du directeur- et, pour la énième fois de la journée, resta singulièrement perplexe.

Phineas Nigellus Black était occupé à discuter avec son propre portrait.

Comment il était entré dans la pièce était un grand mystère pour Minerva –peut-être s'y trouvait-il au moment où l'époque avait changé? Toujours est-il qu'il semblait spécialement intéressé par le tableau où on l'avait peint, et en grande conversation avec lui-même.

-…et relié au Square Grimmauld, vraiment? Demandait-il avec intérêt à son lui-même. Qui donc a pris cette décision stupide?

-La famille Black et le directeur à partir de 1968, Albus Dumbledore, expliqua le portrait.

-1968? Répéta Phineas d'un air incrédule. Mais… mais en quelle année sommes-nous exactement?

-En 1996, monsieur Black, lança Minerva d'une voix forte en montant les quelques marches qui la séparaient de l'ancien directeur. Celui-ci se retourna avec surprise.

-Vous êtes? Je ne crois pas avoir permis à quiconque d'entrer ici.

-Je suis Minerva McGonagall, la vice-directrice actuelle, expliqua le professeur. Le directeur –Dumbledore, justement- se trouve dans, hum, l'incapacité d'assumer ses fonctions.

-J'en déduis que le problème qui nous a fait changer d'époque s'est donc produit sous sa direction? Lança Phineas d'un ton méprisant.

-Euh… à peu près, accorda Minerva. Nous cherchons encore l'origine du problème…

-Eh bien, faites donc! Ordonna l'ex-directeur en pivotant à nouveau vers son tableau, qui affichait un sourire satisfait. Et sortez de ce bureau, à présent, il est réservé au directeur.

Minerva resta bouche bée un instant. Jamais au grand jamais un directeur sensé (ou pas) comme Dumbledore ne l'aurait renvoyé dans une situation pareille pour pouvoir continuer à dialoguer avec son propre tableau!

-Je… je…

-C'est cela.

Ne trouvant rien à répliquer –pourquoi, mais pourquoi n'avait-elle pas la répartie du professeur Snape?-, elle fit néanmoins demi-tour et quitta la pièce sur une exclamation indignée. Elle n'avait pas descendu deux marches qu'un garçon d'environ quatorze ans, les yeux bleus et brillants avec des cheveux d'un brun très clairs, dramatiquement emmêlés, surgit devant elle. Il avait un air maussade et tenait le bout d'une corde qui servait de laisse à une… chèvre.

-Abelforth? Soupira-t-elle sans avoir le moindre doute sur l'identité de l'adolescent. Celui-ci hocha la tête sans grand enthousiasme. Excellent. Tu… es un peu trop jeune pour ce que je voulais te demander, mais peu importe… Écoute, j'ai aperçu un troupeau de Scroutts à Pétard dans le couloir du troisième étage. C'est une sorte de croisement entre des crabes de feu et des serpencendres. Précisa-t-elle devant le regard perplexe d'Abelforth. Ils sont difficiles à dompter, mais avec Frenezia –elle est toujours sous le charme de Rivilove? Excellent-, tu ne devrais pas avoir trop de difficulté… je peux compter sur toi?

Le jeune homme, sans plus d'émotion qu'une minute plus tôt, hocha la tête d'un air morne et fit demi-tour. Sa chèvre jeta un coup d'œil étrange à Minerva avant de le suivre en sautillant. Restée seule, la professeur cligna des yeux un instant, jeta un coup d'œil furtif à la porte du bureau, puis se résigna à laisser le bureau à Phineas, au moins pour l'instant, et descendit à nouveau l'escalier en colimaçon, bien décidée à trouver une chose utile à faire. Et elle commencerait ses recherches par la tour ouest. D'expérience, elle pouvait dire que les problèmes majeurs étaient généralement le fait des Gryffondors.


Eileen Prince était de très, très mauvaise humeur. Elle était tranquillement occupée à expérimenter un nouveau sortilège sur quelques-unes de ses camarades de classes (une malédiction très divertissante qui devait normalement avoir la capacité de taillader quelqu'un comme si on lui donnait un coup d'épée en plein visage, mais qu'elle n'arrivait pas encore à maîtriser parfaitement –les victimes ne subissaient qu'une légère égratignure- dans le but de pouvoir le jeter à cette espèce d'imbécile de Saphira Nolans, qui n'arrêtait pas de se croire tout permis depuis qu'elle avait été désignée future femme d'Abraxas Malefoy (La pimbêche lui avait même dit en gloussant qu'elle aurait intérêt à s'épiler les sourcils! En soi, c'était pratiquement une demande de maléfice en pleine figure!) quand elle avait brusquement changé d'époque! Très certainement une mauvaise blague de ses camarades de maison…

…Bon, elle allait tout de même perfectionner son Secarsemprus, tant qu'à avoir du temps à perdre. Et essayer de trouver une autre formule, elle était pratiquement certaine que le problème avec le sortilège se situait dans l'incantation. Ce n'était certainement pas un crétin de bouleversement temporel qui l'empêcherait de pratiquer ses sortilèges!

C'est donc en méditant sur les éventuels synonymes latins du mot « couper » que l'héritière des Prince entra par hasard dans l'une des classes de potions des cachots dans lesquels elle allait si souvent perfectionner ses inventions. Elle mit quelques secondes à réaliser qu'elle n'était pour une fois pas seule dans la pièce. En relevant la tête, elle eut en effet la surprise de rencontre trois jeunes hommes qui la dévisageaient avec perplexité.

-Y'a un problème? Lança-t-elle sèchement.

Non mais c'est vrai, qu'est-ce qu'ils avaient tous à la regarder comme ça, depuis ce matin? L'un des jeunes hommes, surtout, tout juste un adolescent, la contemplait avec la bouche grande ouverte. Il avait, comme elle, une peau trop pâle par comparaison à ses cheveux et à ses yeux sombres, mais son visage était encombré d'un nez un peu trop grand et visiblement cassé.

-Qu'est-ce que t'as, le grand nez? T'as jamais vu une sang-pur de ta vie, ou quoi?

Elle recevait souvent des commentaires étonnés de la part des enfants de moldus ou des sang-mêlés de l'école, quand elle portait ses propres robes au lieu de l'uniforme habituel, les jours de congés. Incultes.

-Snape, est-ce que ça va? Demanda doucement l'autre, à peine plus vieux que le premier. Bien plus beau que lui, ses cheveux noirs étaient cependant bien trop en batailles et ses lunettes rondes lui donnaient un air étrange.

-Prince? Demanda le premier –Snape? N'était-ce pas le nom que la vieille avait mentionné plus tôt dans la bibliothèque?- à Eileen, les yeux toujours aussi écarquillé.

-C'est moi, oui, répliqua la jeune fille sur un ton agacer. Je te connais?

-Très, très vaguement, mais on peut dire ça, oui, répondit l'autre d'un ton étranglé.

-Qu'est-ce que tu veux dire? S'énerva Eileen. Explique toi, espèce d'imbécile graisseux, ou je te jure que je teste mon nouveau sortilège sur toi!

-Je ne vois pas trop comment présenter cela, mais … t'es ma mère.

Il y eut un moment de silence mal à l'aise, pendant lequel Eileen dévisagea l'autre sans retenue. La plaisanterie –car c'en était forcément une- n'était vraiment pas drôle. De la part d'une vieille peau, c'était déjà débile, mais là, c'était franchement ridicule.

-Oh, mais alors, le Prince de Sang-Mêlé, c'est toi! S'exclama le gamin aux cheveux en bataille.

-D'où tu connais ce surnom, toi?! S'exclama l'autre.

-J'ai… hérité de ton bouquin de potions…

-Non mais oh, minute, là! De quoi vous causez, encore? Je ne suis la mère de personne, moi, je n'ai même pas de petit ami ou quoi que ce soit du genre! Et puis, si tu es de sang-mêlé, c'est encore plus ridicule comme idée –jamais je ne copulerais avec un moldu ou un sang-de-bourbe!

-Ah non?! S'exclama le gamin avec colère. Et moi je suis quoi, une conception divine?

-Aheum, si je peux me permettre, intervint le troisième adolescent, qui ressemblait étrangement au second sauf qu'il ne portait pas de lunettes, je viens du futur, et Severus Snape est bel et bien votre fils, Mrs Prince…

-Albus, je crois qu'il vaudrait mieux ne pas se mêler de ça… tu ne connais visiblement pas bien Snape, mais se glisser entre lui et quelqu'un qu'il regarde comme ça, c'est du suicide…

Mais ni Eileen, ni Severus ne leur accordèrent un regard, se dévisageant d'une colère sourde.

-Jamais je n'aurais élevé un enfant de moldu!

-J'ai dit que tu l'avais fait, peut-être?! J'ai simplement dit que tu étais ma mère, pas que tu t'étais occupée de moi!

-C'est n'importe quoi, enfin, je ne vois pas comment j'aurais pu me mettre enceinte d'un crétin de sang-de-bourbe…

-Pas sang-de-bourbe, moldu! Dis donc, Prince, le jour où tu décideras de renier toute ta famille en allant te marier avec la première loque venue, évite donc d'aller dans un bar miteux pour y trouver un type d'un mètre quatre-vingt-dix avec un grand nez, surtout si son nom ressemble à Snape, vu?

-Renier ma famille? Mais de quoi…

-Et puis quand tu auras un môme, continua Severus, visiblement bien lancé, évites donc de lui donner un nom aussi débile que Severus, veux-tu? Ça a été la deuxième pire idée de ta vie!

-De quoi… de quoi…

-La première étant bien entendu le choix de porter pour neuf mois la carcasse d'un môme que tu allais laisser en arrière pour repartir au moment où il se transformerait en ex-fœtus… Je ne mentionnerai même pas le choix du père…

-Je… Je ne vous permettrai pas de…

-…de raconter ma vie? Je n'y comptais pas, maman, rétorqua Severus avec sarcasme. Puis il se détourna de Eileen, proprement abasourdie, pour faire face aux deux autres adolescents qui le dévisageaient d'un air plutôt gêné. Bon, Potter, le bi-homonyme, c'est pas tout ça mais on l'analyse, cette potion?

Il y eut un nouveau moment de silence gêné, puis celui qui ne portait pas de lunette hocha la tête et se dirigea (en tremblant légèrement) vers un chaudron renversé sur l'une des tables. Sans un regard, Severus le suivit, rapidement rejoint par celui qu'il avait désigné comme étant Potter (mais qu'Eileen rebaptisa distraitement le Balafré, dans un coin de son esprit). Eileen, elle, resta sur place un instant, la bouche ouverte et les yeux ronds.

-…Je n'aurais pas donné un nom pareil à mon fils! Lança-t-elle finalement après quelques minutes de presque silence. J'ai déjà juré que ma fille s'appellerait Néoptolème et mon fils Amphitrite!

-Mais on dirait un nom de maladie! S'offusqua l'autre d'un air horrifié en relevant brusquement la tête.

-Ridicule! Accorda l'ébouriffé numéro deux. Et moi je m'appellerais Albus Amphitrite Potter?! Par Merlin, je ne me plaindrai plus jamais des lubies de mon père!

-Quel rapport? S'étonnèrent les deux autres adolescents d'une seule voix.

-Ben, je vous l'ai déjà dit, que mon père –enfin, toi, Harry- m'avais appelé Albus Severus au nom des deux directeurs de Poudlard… et il disait toujours que Severus Snape était, hum, l'homme le plus courageux qu'il avait jamais rencontré.

Il rosit légèrement sur cette dernière phrase et jeta un regard oblique audit Severus Snape, qui le fixait d'un air vide.

-Mon nom à coté de « Potter » est un fait suffisamment troublant que pour me rendre malade, mais que le fils de James Potter, si j'ai bien suivi toute l'affaire, ait dit un truc pareil… je vais me pendre, à plus tard.

-Mais non, mais non, raisonna le balafré en retenant Severus par le bras. Je ne sais pas exactement d'où un truc pareil peut sortir, mais ça devait avoir un sens très, très profond parce que de la façon dont je vous –te, enfin, bref, que je te connais, je n'aurais jamais, au grand jamais dit ça, à moins d'un changement de comportement très, très marquant.

-…Je ne suis pas sûr de vouloir savoir, mais… pourquoi est-ce que tous les adolescents que j'ai rencontrés depuis ce matin ont de profondes envies de meurtre sur ma personne? Questionna Severus.

-Pas exactement contre toi, expliqua le Balafré avec tact. Enfin, si, mais non… heum, et, sinon, qu'est-ce que dit de cette potion, hum?

Severus lui jeta un regard méfiant et il contint un rire nerveux. Eileen, elle, fixait toujours son fils (comment, ça, Amphitrite sonne comme un nom de maladie! C'est un très beau nom, Amphitrite!), décelant de plus en plus de ses propres traits sur son visage et se demandant si ce qu'il avait dit était vrai.


Lucius éclata de rire en dévalant une rafale d'escalier, ses cheveux dans le vent. L'autre gamin –celui qui lui ressemblait tant- ne le rattraperait jamais! Il était bien trop rapide pour lui! Et l'autre courait comme une fillette, en plus. Et il était poli comme un adulte –c'était ennuyant! Lui, il s'amusait, au moins. Bon, quand son papa l'emmenait dans des soirées de grands, il pouvait être un peu sérieux quelques minutes. Mais pas trop longtemps. L'autre garçon –Draco? Quel nom étrange!- était vraiment lassant, à se présenter avec tous ses prénoms et plein de formules de grands!

Il sauta par-dessus un pilier et s'engouffra dans un couloir. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait, mais c'était vraiment amusant, bien plus qu'au Manoir! Il avait même vu un escalier bouger! Et il y avait plein de place pour courir! Lucius adorait la course. Il aimait sentir le vent contre lui quand il allait très vite, il aimait l'impression de vitesse et l'air qui lui sifflait aux oreilles. Oui, vraiment, la seule chose désagréable quand on courait, c'était le moment où, immanquablement,…

BAM!

…on fonçait sur quelqu'un ou quelque chose.

Il retomba sur les fesses par terre, se frottant immédiatement le front. Il leva les yeux d'un air boudeur pour voir ce dans quoi il avait foncé, et pencha la tête avec perplexité. Encore des adultes?! Il y en avait plein, aujourd'hui!

Enfin, pas exactement des adultes, se corrigea-t-il. Des grands, plutôt. Comment son papa les appelait-il, déjà… ah oui, les adolescents! Deux adolescent et un type étrange (lui c'était un adulte, sans aucun doute) qui flottait dans les airs. Il avait une couleur transparente mais portait une cravate orange fluo particulièrement voyante. Quant aux deux adolescents devant lui (presque identiques tous les deux, à la différence que l'un était roux et l'autre noir de cheveux), ils lui jetèrent un regard, mi-méprisant, mi-étonné.

-Eh ben, gamin! Tu t'excuses ou pas? Demanda celui qui avait les cheveux noirs.

-Un Malefoy ne s'excuse pas, il détourne le sujet, grommela Lucius en se relevant, se rappelant les leçons que lui faisait parfois sa maman.

-Malefoy? S'étonna l'autre. Comme Scorpius, le pote de Al'?

-Je suis Lucius Malefoy, s'insurgea l'autre. Et vous, vous avez des noms ou je dois vous en inventer? Parce que si besoin est, c'est pas les idées qui manquent, hein…

-ÇA, Lucius Malefoy? S'étrangla le premier. LE Lucius Malefoy, le blondinet, le psychopathe, le Serpentard?

-Je suis James Potter, et voici James Potter et Peeves, pas de nom de famille, semble-t-il, se présenta le plus jeune avec un grand sourire. Dis, c'est bien toi qui a redécoré le bureau du troisième étage, tout a l'heure?

-Pour l'incident des nouilles et du lézards? Sourit Lucius, très fier de lui. Ça se pourrait bien…

-Excellent, ricana le petit homme qui flottait au plafond. Vous savez qu'il pourrait nous être utile? Pour l'opération Ténèbres?

-Opération Ténèbres? Répéta Lucius avec intérêt. Ça inclut des Nébolusités? (créature fantastique quelconque que je viens d'inventer)

-Oh non, mon grand, beaucoup mieux, déclara le rouquin avec un sourire machiavélique.

Et c'est ainsi que Peeves, esprit frappeur, James Sirius, fils du Sauveur, James tout-court, Maraudeur et Lucius, futur recruteur, créèrent leur première blague commune…

Okay, les amis, alors, question du jour! Y'a un perso en particulier que vous aimeriez voir dans cette fic? Ou avec un âge en particulier? Eh bien, reviewez moi ça, et je verrai ce que je peux faire, si je n'ai pas déjà un plan pour ledit personnage ;)

Autrement, si vous avez un commentaire à faire, ... je suis toujours très heureuse de les lires! :D