Et voici un nouvel OS dans cette section. C'est le type de texte que je qualifierai de texte impulsif, court, chargé d'un sentiment précis, donc idéal pour cette section. Je l'avais commencé y a 2, 3 mois, puis laissé dans un coin, pensant ne pas le finir... Mais aujourd'hui j'ai eu une idée et voila le travail. Merci à Zochan pour le check faute, bonne lecture à tous, n'hésitez pas à me laisser vos impressions.
~ Soumission~
Encore une fois tu avances vers moi. Tu fronces les sourcils, débité par la froideur qui émane de mon être. Mais je ne t'ai jamais promis la douceur Kurogane. Tu as fait déborder la goutte du vase à vouloir mon vrai visage.
Assume tes actes.
À cette idée, je ne peux empêcher un sourire cynique de fendre mes lèvres. Je te dévisage, je suis glacial et tu détestes ça. Tu te rapproches encore, tu en as assez de ce jeu, de ces faux-semblants, de ces mensonges. Mais c'est de ta faute, tu es coupable Kurogane.
Tu me paralyses de tes mains, m'emprisonnes de ton corps. Tu veux que je cède, que je cesse de fuir, qu'une fois encore, je me nourrisse de ton sang. Alors que je ne veux pas vivre, alors que je reste, contraint, dans ce monde douloureux.
Tu me contrains, tu m'y obliges et c'est tellement cruel.
Laisse-moi te rendre la pareille ...
Je me débats pour la forme, je veux échapper à ton étreinte, je veux fuir à ton regard brûlant et droit. Je ne veux pas céder, peu importe tes prérogatives, je suis plus têtu, plus fort que tu ne le crois.
Je ne me soumettrai pas.
Tu en as assez et je le vois bien, tu te retiens d'être violent. J'ai toujours su que tu étais bien moins brutal que tu ne paraissais, tu as juste un manque évident de contrôle sur tes émotions.
Moi pas.
J'ai appris à mentir, à trahir, à fuir, à être distant. Je suis un manipulateur, ton opposé total, ta Némésis, le seul qui ait pu te déstabiliser. Et toi, comme punition, tu veux faire de même. Tu ne te rends pas compte des limites. Moi je les ai oubliés un temps à cause de toi, pour toi. Je l'avoue, je l'admets, je suis subjugué, tu m'as fasciné ... un temps.
Cela ne se reproduira pas.
C'est moi qui manipule, pas toi. Ce soir encore tu seras à ma merci, tu m'appartiendras.
Tu en as assez, tu t'éloignes. Tu te détournes un instant, bouillant de rage, les poings serrés, le corps tout entier crispé. Mais ce serait bien trop simple n'est-ce pas ? Cela ne te ressemble pas, la défaite ne fait pas partie de toi Kurogane et c'est ce que j'aime ...
Je veux me battre pour toi.
Finalement, tu fais volte face, songeur. Tu as attrapé un couteau qui traînait « par hasard » sur une table. Dans ma chambre, n'est-ce pas risible ? Il était là, comme un avertissement, mais finalement , c'est toi qui t'en ai servi, pour des raisons cependant tellement différentes des miennes…
Maintenant je sens l'odeur de ton sang, c'est atroce, c'est horrible. C'est si tentant que j'en ai mal, c'est si enivrant que je te hais. Tu te rapproches encore et tes yeux me transpercent de part en part. Je ne peux les fuir, me cacher, je suis prisonnier de ton regard rubis, aussi rouge que le fluide qui se répand sur le sol.
Ne m'obliges pas à ça, tu es si cruel, ne comprends-tu pas ? N'as-tu pas peur ? Non ? Alors soit, laisses moi me repaître de ton âme, laisse moi t'envelopper dans mes ailes noires…
D'un pas je me rapproche de toi et mes lèvres se pose sur ton poignet. Ta peau est si chaude, tellement empli de vie… Ton sang bat la mesure sous ta chair, je ne peux plus résister , il me fait tant envie, tu me fais tant envie… Mes dents s'enfoncent et je sens comme un courant électrique nous traverser de part en part. Il nous lie l'un à l'autre, nous enchaîne encore et encore… Nous ne formons plus qu'un, nos consciences se mêlent, j'oublie tout, ma peur, mes doutes, ma colère… Encore une fois je n'ai pas pu résister , il semblerait que tu aies gagné… Ca me fait si mal que j'en gémi, si mal que je voudrais me briser...
Détruis-moi.
Est-ce moi ou tu trembles ? Mais ne t'avais-je pas prévenu ? Je ne suis plus un humain, je ne suis plus un homme, je ne suis plus qu'une créature avide de ton sang, avide de ta chair et je m'en repais, encore et encore jusqu'à satiété. Ma peau glacée se réchauffe, peu à peu je reprends des couleurs, je me sens revivre… Et c'est si fort que je voudrais en mourir… Pourquoi ne pourrais-tu pas tout simplement me tuer Kurogane ? Pourquoi m'as-tu permis de vivre ?
A présent c'est moi qui tremble alors que mes lèvres quittent ta peau, et pourtant un instant je reste sans bouger, ta main presque dans la mienne. Je ne veux pas te lâcher, je ne veux pas te perdre, ne m'abandonne pas… Une larme silencieuse s'échappe de mon œil, dévale sur ma joue, mais tu la cueilles du bout des doigts. J'ose te regarder de nouveau, au fond j'ai si peur, je crains que tu me rejettes…
Mais il n'en ait rien.
Sans que je comprenne, tu me prends dans tes bras et je ne peux y résister. Je me love contre toi, je me raccroche à ton étreinte, c'est si douloureux Kurogane, est-ce cela d'être en vie ? Je voudrais tant pouvoir te repousser, te chasser, t'empêcher de commettre l'irréparable, mais n'est-ce pas trop tard ? Mon visage se niche dans le creux de ton épaule, ta peau sent si bon, elle respire la chaleur, la vie, le combat… Je ne veux pas céder et pourtant, je reste ainsi à m'imprégner de toi, à goûter cet instant qui me rend si vivant, si … humain.
Car quoi que je puisse dire, quoique je puisse faire, tu es à moi Kurogane…
Tout comme je t'appartiens pour l'éternité, et je dois vivre avec cette réalité…
