Les Patronus – Chapitre 9 partie 1.

A/N : Oyé oyé, gentils, admirables et incroyables lecteurs. Je sais, j'avais dit qu'il ne resterait qu'un chapitre sur les souvenirs de Cornelius, mais c'était vraiment trop long, alors je coupe. De toutes façons, vous allez voir qu'on arrive bientôt à la fin. Bon, sinon je change un peu le résumé qui était pourrave, et je vais bientôt offrir un petit relooking à la fic, corriger deux trois problèmes, refaire un peu la mise en page des chapitres, et en rassembler un ou deux... Bref. Je sais tu t'en fous, mais je préviens si y'a des habitués. Sinon, je souhaite sincèrement remercier ceux qui lisent et laissent des reviews, ça fait énormément plaisir, et ça donne envie d'écrire. Merci, et sur ce, bonne lecture, have fun, and leave a review si t'es tout mignon tout plein.

De nouveau, Harry, Ron et Hermione virent un nouveau paysage se reconstruire autour d'eux. Ils étaient désormais à Pré-au-lard, près de chez Honeydukes. Une grande couche de neige avait recouvert le village et la journée touchait probablement à sa fin. Le ciel commençait à prendre une teinte bleutée et une brise légère se faisait sentir. Cornelius avait du prendre quelques années depuis le dernier souvenir. Il se dirigeait vers Scribenpenne, lorsqu'il croisa Minerva, qui en sortait avec un grand sac. Elle était dans un état lamentable. Elle avait les yeux rouges, des cernes et semblait plus pâle que jamais. Ils se regardèrent tous deux sans avoir trop l'air de savoir quoi faire.

_ Bonsoir, lança Cornelius sans la regarder dans les yeux.

_ Bonsoir, répondit-elle l'air gênée. Écoutes, tu as le temps pour un verre ?

_ Je.. est-ce vraiment une bonne idée ?

_ Cornelius, il faut qu'on parle, commença t-elle.

_ Laisses moi juste acheter quelques plumes et je te rejoins aux Trois Balais.

Lorsqu'ils s'installèrent à l'une des tables du pub, ils ne décrochèrent pas un mot, du moins jusqu'à ce que le barman de l'époque, arrive et les salue.

_ Cornelius, Minerva.

_ Bonsoir Dorian, répondit poliment Cornelius. Comment se porte la petite Rosmerta ?

_ Comme un charme ! Qu'est ce que je vous sers ?

_ Pour moi, un Rhum Groseille et pour elle, un jus d'œillet, et dans un petit verre s'il te plait.

Minerva ferma la bouche et esquissa un triste et bref sourire en réalisant qu'il la connaissait si bien.

L'ambiance était, au mieux, tendue. Visiblement, chacun avait souffert de la rupture, et il était difficile de communiquer. Après avoir échangé quelques mots vide de sens sur ce qui faisait la une des journaux ou la météo, ils abordèrent enfin le sujet dont Minerva ressentait le besoin de parler, mais le trio ne pu entendre quoi que ce soit car une fois encore, le souvenir avait été modifié.

_ Minerva, ce n'était pas ta faute, dit-il en écarquillant les yeux.

_ Si, et tu as tous les droits de m'en vouloir encore plus que...

_ On ne pas pas avoir à nouveau cette discussion.

_ Je voulais aussi qu'on essaie de mettre nos différends de côté, continua t-elle en regardant son verre.

_ Pourquoi ?

_ On était amis, avant qu'il ne se passe quoi que ce soit. J'ai conscience que ce ne sera plus jamais pareil, répondit-elle, mais j'espérais qu'on puisse mettre notre rancœur de côté.

Pour toute réponse, Cornelius vida d'un trait son rhum.

Quelques instants et quelques verres plus tard, ils étaient de nouveau dehors, dans le froid.

_ Je.. Je dois retourner au château, dit Minerva d'un air gêné.

Cornelius affichait un visage qui se voulait brave mais quiconque voyait réellement le jeune homme savait qu'il était dévasté intérieurement. Il attrapa la main de son ex fiancée, dans le but de la retenir, quelques minutes de plus. Il se pencha vers elle, et lui demanda, d'une voix quelque peu déchirée :

_ Un dernier...

Avec cela, la jeune femme qui avait les larmes aux yeux, effleura la joue de son ami avec sa main gantée. Elle posa ses lèvres sur celles du jeune-homme, et le laissa entourer sa taille de ses bras. Il approfondit rapidement le baiser, savourant chaque seconde qu'elle lui accordait. Au bout d'un certain moment, ils consentirent à séparer leurs visages.

_ Au revoir Cornelius, dit finalement Minerva.

Le jeune-homme déglutit et lâcha sa main, acceptant de la laisser partir. Il s'autorisa à verser une larme, quand elle, ne se retourna pas.

_ J'ai mal pour lui, admit Ron.

Sur ces mots, le village s'effaça à nouveau, pour laisser place au Chemin de Traverse. Il était quasiment désert, l'été n'étant probablement pas terminé. Cornelius regardait sa montre, et semblait quelque peu nerveux. Soudain, Minerva apparu, comme sortie de nulle part. Elle portait une robe et un manteau d'été vert d'eau, et ses cheveux étaient tirés en une queue de cheval bien serrée.

_ Elle ressemble déjà beaucoup plus à la Minerva qu'on connait, commenta Harry.

_ Elle a du changer progressivement, répondit Hermione. Ça a peut-être un rapport avec le sujet de leur séparation ?

_ Très belle théorie, mais le souvenir a été modifié, nous ne sommes donc pas au courant de tout, dit Ron.

_ Excuses moi, j'ai...

_ C'est pas grave, coupa t-il en commençant à marcher.

Ils se dirigèrent vers la petite boutique de Florian Fortarôme, et s'assirent à une table isolée. Comme dans le précédent souvenir, ils semblaient avoir du mal à lancer la conversation. C'était probablement la première fois qu'ils se voyaient depuis leur au revoir à Pré-au-lard. L'ancien couple semblait réellement faire des efforts pour être sympathiques et agir en amis l'un avec l'autre.

_ Alors, comment ça se passe, à Poudlard ? Demanda soudainement Cornelius.

_ Plutôt bien, répondit Minerva en souriant. Je me suis vite rendue compte qu'il fallait que je fasse dans la discipline, et j'ai un peu été débordée en début d'année, mais Albus m'a beaucoup aidée.

Elle ne sembla pas le remarquer, mais à la mention du nom de Dumbledore, Fudge broncha très discrètement. Elle continua quelques secondes avant de vite se rendre compte que son interlocuteur ne l'écoutait pas.

_ Cornelius ?

_ Je fréquente quelqu'un, dit-il précipitamment en fixant son regard sur le coulis à l'hydromel qui recouvrait sa glace.

Minerva déglutit, et ferma les yeux une brève seconde. Elle plaqua sur son visage un sourire étrange. Une partie était triste et sincère, quand l'autre semblait le féliciter mais était totalement hypocrite. Cornelius releva les yeux et avait l'air quelque peu soulagé en voyant son sourire, bien que sa moue indiquait qu'il se sentait encore quelque peu coupable.

_ Tu... ne m'en veux pas ?

_ Bien sur que non. Je suis... contente pour toi, dit-elle.

_ Et toi tu... ?

_ Non! Enfin... c'est compliqué, admit-elle en ayant l'air de trouver la vue de sa glace très intéressante à son tour.

Cornelius semblait très légèrement contrarié de sa réponse, mais ne broncha pas, cette fois-ci.

_ On devrait sûrement changer de sujet, proposa sagement Minerva.

_ Oui, répondit précipitamment Cornelius.

Le trio continua son voyage dans les souvenirs de l'ex ministre, assistant petit à petit à leur réconciliation. Ils entendirent Minerva parler des maraudeurs, pour le plus grand plaisir de Harry, ou Fudge raconter des anecdotes insolites sur son nouveau poste au département des accidents et des catastrophes magiques. Jusqu'à un souvenir particulier, du moins. Le mariage de Cornelius. C'était à prévoir, évidemment, mais le trio se demandait si Minerva serait présente, et si oui, comment allait-elle réagir. Ils finirent par la repérer parmi les invités. Cornelius lui, regardait sa nouvelle fiancée, un petit sourire sur le visage. Minerva souriait aussi, assise à côté d'une personne que le trio reconnut comme étant Amelia Bones. La cérémonie se passa sans embûches, et une question que tout le monde ne connaissait que trop bien, fut posée.

_ Si quelqu'un s'oppose à ce mariage, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais.

Cornelius tourna alors nerveusement sa tête vers les invités, cherchant Minerva parmi eux. Il croisa enfin ses yeux, et semblait presque lui adresser un regard quémandant. Elle afficha de nouveau le sourire étrange qu'elle avait montré lorsqu'il lui avait annoncé qu'il fréquentait quelqu'un, et hocha la tête de droite à gauche d'une manière presque imperceptible. Personne, à par peut-être la toute nouvelle Mrs Fudge et une invitée du premier rang qui semblait saucissonnée dans une robe rose bonbon, ne sembla remarquer le petit échange entre Cornelius et Minerva.

_ Je vous déclare mari et femme.

Le souvenir différent était quelque peu différent, et ne mentionnait Minerva à aucun moment. Ils étaient dans un couloir du ministère, et Fudge semblait écouter une conversation en cachette. Deux hommes qui semblaient plutôt bien placés dans la hiérarchie, étaient en pleine discussion.

_ Alors comme ça, Jordan va se retirer ?

_ Et oui, il va falloir le remplacer.

_ Tu sais qui s'est présenté ?

_ J'ai entendu dire que le petit Fudge se présentait, répondit l'autre d'un ton moqueur.

_ Fudge ? Pouffa son interlocuteur. Ce gamin, directeur du département des accidents et des catastrophes magiques ?

_ Il a de l'espoir le gosse.
_ Le jour où on aura un sang-mêlé à un poste aussi prestigieux n'est pas encore arrivé !

_ Il a déjà de la chance d'en être arrivé là où il est, à sa place je m'en contenterais sans broncher.

_ Il n'arrivera jamais à rien d'autre le gamin, c'est moi qui te le dis.

Le visage du gamin en question semblait se décomposer au fur et à mesure de la conversation des deux hommes. Ils continuèrent de parler de Cornelius en termes peu élogieux, ainsi que de tergiverser sur le prestige de leurs postes et la suprématie du sang pur.

_ S'ils avaient su, remarqua Ron.

_ Au moins maintenant on sait pourquoi il attachait tant d'importance à son poste ainsi qu'au rang du sang, répondit sombrement Harry avant que le souvenir ne se dissolve à nouveau.

Ils avaient véritablement fait un bon dans le temps dans le suivant. Le trio semblait en effet désormais assister à une fête donnée en l'honneur de l'élection de Fudge au poste de ministre. Hermione l'aperçu rapidement, près des deux hommes qui discutaient dans le souvenir précédent, et qui semblaient à présent admirer, ou plutôt lécher les bottes de l'homme qui se trouvait devant eux. Harry quant à lui aperçu Minerva, suivie de près par Dumbledore, Fudge adressa poliment un signe de tête à ses interlocuteurs et se dirigea vers les deux nouveaux arrivants, qui lui adressèrent de brèves félicitations.

_ Merci bien, merci bien… Mais j'avouerais que maintenant que je suis élu, je…

_ Ressent une peur de mal faire et du stress ? Proposa Minerva
_ Voilà, répondit-il en déglutissant.

_ Ma porte est toujours ouverte si vous avez besoin d'un conseil, monsieur le Ministre, répondit Dumbledore, un regard entendu. Oh, des suçacides !

La gourmandise de leur ancien directeur le poussa à se diriger de l'autre côté de la pièce, laissant Cornelius et Minerva à leur discussion.

_ Comment est-ce que ça va ? Ce n'est pas trop difficile en ce moment ?

Minerva adressa un regard inquisiteur à son ancien fiancé, lui demandant, à l'aide d'un simple regard, la signification précise de sa question.

_ Je veux dire, avec Tom...

_ Tom est mort, coupa rapidement Minerva. La personne, ou plutôt la chose dont on entend parler, n'est pas, et ne sera plus jamais Tom. Et c'est la dernière fois que je mentionne son nom.

Fudge acquiesça et ils entamèrent une discussion sur le ministère. Le changement entre le Fudge qu'ils voyaient dans les souvenirs précédents et celui qui se tenait devant eux étaient radicaux. Il était beaucoup plus pompeux, et ne sembla avoir aucun scrupule à abandonner lâchement une Minerva éberluée pour aller lécher les bottes de Milicent Bagnold, qui devait, à cette période, à peine se retirer du poste de Ministre, donc. Deux femmes, Mrs Fudge et une version plus jeune mais néanmoins tout aussi laide de Dolores Ombrage, étaient chacune d'un côté de la pièce et souriaient, apparemment satisfaites.

_ Bon, et bien là je crois que nous voyons celui qu'on a toujours vu jusque là... constata Ron.

_ Ce que je ne comprends pas du coup, c'est l'attitude qu'il a eu envers moi, du moins jusqu'à ce que j'annonce le retour de Voldemort, dit Harry.

_ J'ai une théorie, répondit vaguement Hermione, qui ne disait pas grand chose depuis maintenant quelques souvenirs.

La scène suivante se déroulait dans Poudlard. Fudge, qui semblait plutôt joyeux, se tenait devant l'entrée de la chambre de Minerva, attendant vraisemblablement qu'elle lui ouvre. Ce qu'elle fit, quelques minutes plus tard, vêtue d'une robe de chambre de flanelle en tartan, les yeux rouges.

_ Minerva !

Elle le fit rentrer et il entamèrent une discussion sur James et Lily Potter, sur leur décès.

_ Et dire que tout le monde boit et trinque à la santé de ce pauvre Harry, qui va grandir sans parents, dans une famille de moldus où il sera très certainement méprisé, et …

_ Minerva...
_ J'ai essayé de dissuader Albus de le laisser chez des gens pareils, mais évidemment, il avait déjà sa propre idée de la chose, et...

_ Minerva...

_ Je t'ai demandé de venir en ta qualité, et seulement en ta qualité d'ami. Je sais que ça fait longtemps que je ne t'ai pas demandé de venir pour des raisons strictement personnelles, mais il n'y a personne, absolument personne d'autre qui peut comprendre, et...

_ Minerva !

Elle se tut enfin, lui laissant la parole. Mais il ne parla pas, et se contenta de lui tendre son mouchoir, et de la laisser se calmer. Contrairement aux autres souvenirs, elle ne versa pas une seule larme. Et regagna de nouveau une posture droite et un visage impassible.

_ Je lui suis déjà reconnaissant d'avoir essayé de m'éviter les Dursley...

Dans le souvenir suivant, ils se trouvaient dans le bureau de Minerva.

_ Ils ont fait quoi ? S'insurgea Minerva.

_ Il est juste, suspendu...

_ Sont-ils seulement conscients que sans sa présence, les attaques vont se multiplier ?

_ La chambre des secrets ! S'esclaffèrent simultanément Harry, Ron et Hermione.

_ Et qui ont-ils prévu de nommer directeur ? Un crétin sans expérience qui ne ferait qu'aggraver la situation ?
_ J'ai insisté pour que tu conserves tes droits et que tu reprennes le poste.

_ Oh...

A suivre bientôt !