Disclaimer : tous les persos appartiennent à JK Rowling.

Couple : HP/SS/DM !

Résumé : Mon premier est blond, mon second aimerait avoir le poste de DCFM, et mon troisième a des lunettes. Ils ont tous, sans le savoir, le même secret... l'amour.

Petit post it : Bonsoir ! Merci beaucoup pour tous vos messages. J'espère que cette suite vous plaira autant qu'il m'a plu de l'écrire ! Bonne lecture !


Chapitre 2 : Mon second est professeur.

Le soir de la rentrée arriva enfin. Lorsque Snape entra dans la grande salle en compagnie de ses collègues, il constata avec un soupir agacé l'absence du nouveau professeur de DCFM. Les élèves entrèrent bruyamment, comme à leur désagréable habitude, et le directeur leur accorda un rapide petit discours avant d'accueillir les nouveaux. La répartition se fit en grande pompe par le choixpeau magique qui envoya exceptionnellement beaucoup de monde à Serpentard. Depuis la guerre, cette maison était fuie et crainte par tout le monde. Mais ce n'était visiblement plus le cas.

Snape sourit en pensant qu'il allait avoir plus de choix pour constituer une meilleure équipe de Quidditch. McGonagall semblait avoir pensé exactement la même chose puisqu'elle jetait des coups d'œil frénétiques et énervés à la table des verts.

Puis, lorsque tous furent installés, Dumbledore se leva, réclamant ainsi le silence. Il commença son discours en souhaitant la bienvenue aux nouveaux élèves, et en rappelant quelques règles essentielles.

- Enfin, poursuivit-il, cette année n'échappe pas à la règle, vous allez avoir un nouveau professeur de Défenses Contre les Forces du Mal, lequel, je l'espère, tiendra plus longtemps que ses prédécesseurs.

Toute la salle rigola, sauf Snape qui serra la mâchoire en pensant fortement le contraire. Dumbledore leva sa baguette et ouvrit les grandes portes.

- Je vous demande d'accueillir Monsieur Harry Potter.

Et c'était bien lui, en effet, qui s'avançait, grand, majestueux, dans une magnifique cape rouge et or, la tête haute, un sourire franc aux lèvres. Le silence surprit qui avait suivi l'annonce fit place à un raclement de chaises et de bancs : tout le monde se levait pour acclamer le héros national, le Survivant, Celui-Qui-Avait-Vaincu. Arrivé au bout de la salle, il serra la main de Dumbledore qui l'accompagna à la table des professeurs où il s'installa, entre le directeur et McGonagall.

Le calme revint et le repas commença. Le professeur de métamorphose entama aussitôt une conversation avec son ancien élève, le félicitant pour son nouveau poste.

- Merci beaucoup professeur, je…

- Oh je vous en prie Harry, rigola la vieille dame. Appelez-moi Minerva désormais, je ne suis plus votre professeur.

- Et bien, j'imagine qu'il me faudra un peu de temps pour m'habituer, mais ça viendra, répondit Harry dans un sourire.

- J'ai appris que vous logiez Draco Malfoy chez vous ?

- Pas exactement, il a son propre toit. Je le finance simplement. Il fait des recherches botaniques très intéressantes.

- Et où est passée votre haine légendaire ?, rigola McGonagall avec un regard pétillant de malice.

- Disparue avec notre collaboration durant la guerre j'imagine, répondit Harry en souriant. Malfoy a beaucoup changé. Et moi aussi, ajouta-t-il plus doucement.

La conversation se poursuivit tranquillement. Harry jetait de longs regards vers la salle. Etre assit à cet endroit-là changeait complètement la donne. Il voyait les quatre tables des quatre maisons en face de lui : Poufsouffle complètement à sa gauche, puis Serdaigle, puis Gryffondor et enfin Serpentard à droite. Il remarqua que la table des verts n'était pas aussi remplie que les autres.

- La guerre leur a joué des tours, lui souffla le directeur.

- Oh, je…, sursauta Harry, surprit de voir que le vieil homme avait une fois de plus deviné ses pensées avec une facilité déconcertante.

- Mais regardez, les premières années sont très nombreux cette année. Tout revient en ordre.

- En parlant d'Ordre, coupa Minerva, avez-vous des nouvelles de Remus, Harry ?

- Oui, il est avec Tonks en Italie.

- Encore ?, s'étonna la sorcière. Je pensais qu'ils rentreraient après une quinzaine.

- Je crois que la météo leur fait du bien, répondit le brun, évasif.

Du coin de l'œil, Harry vit le professeur de potion, assit en bout de table, s'essuyer la bouche, poser sa serviette à côté de son assiette, s'excuser auprès de Flitwick, son voisin, et se lever pour disparaître dans un large mouvement de cape.

- Veuillez m'excuser, lança aussitôt Harry, j'aimerais ranger un peu ma salle de classe avant de regagner mes quartiers.

Dumbledore hocha la tête alors que le brun se levait et sortait vivement de la grande salle. Il marcha rapidement dans les couloirs et repéra la cape de Snape à un tournant. Il accéléra le pas pour finalement se cogner contre un corps chaud au moment où il tournait à son tour.

- Allez-vous cesser de me courir après Potter ?, siffla Snape qui l'avait attendu.

- Je voulais simplement vous parler un instant, répliqua Harry en se ressaisissant.

- Vous avez deux secondes.

- Je suis désolé de vous piquer le poste que vous convoitez depuis si longtemps et…

- Et je ne crois pas en votre sincérité Potter. Quelle est donc cette mascarade ?

- Bien, vous ne me croyez pas, s'énerva le brun. Au fond je m'en fiche et je m'en doutais. Seulement écoutez bien. J'avais demandé à Dumbledore le poste de professeur de potions, pas celui de DCFM. Il a refusé en disant que j'étais bien meilleur en DCFM qu'en…

- Vous plaisantez Potter ?, ricana le professeur ténébreux. Prof de potions ? Vous ?

- J'ai eu mes ASPIC avec optimal, Snape, et j'ai suivi un an de cours de potions à l'école des aurors, où j'ai là aussi obtenu de très bons résultats, sans vous dans mon dos, ragea Harry.

- Veuillez garder un ton respectueux avec moi, siffla Severus.

- Oh, dois-je continuer à vous appeler Professeur ?, ironisa le brun.

- Evidemment. Ce n'est pas parce que le professeur McGonagall vous a certainement donné sa permission pour l'appeler par son prénom que vous devez appliquer cette règle à tout le corps enseignant.

- Bien, répliqua Harry en lui jetant un regard noir. Très bien. Dans ce cas, n'oubliez-pas vous aussi de me montrer du respect en m'appelant professeur également. Bonne nuit, professeur Snape.

Le jeune homme tourna les talons et disparut dans l'obscurité des couloirs. Snape siffla son mécontentement et fit demi-tour. Ainsi le gamin avait voulu lui prendre son travail ? C'était pire que ce qu'il avait pu imaginer. Il ruminait encore lorsqu'il se rendit compte de quelque chose : Potter avait été un an en école d'auror. C'est en fronçant les sourcils qu'il referma la lourde porte de ses cachots.

Trois étages plus hauts, Harry claquait lui aussi la porte de son bureau. Pour qui ce prenait cet abruti ? Il avait espéré que cela se passerait comme avec Malfoy, simplement, sans un mot, une sorte d'accord tacite concluant une paix, certes fragile, mais présente tout de même. Il avait pensé qu'en dévoilant ses plans à Snape, celui-ci aurait saisi l'occasion pour cesser cette haine idiote. Comment allait-il faire pour progresser en potion à présent ? Il s'était imaginé prendre des cours avancés avec l'aide de son ancien professeur honni, et ainsi, obtenir ce poste pour l'année prochaine, libérant de la même façon celui de DCFM. Les deux y gagnaient après tout.

Snape n'avait même pas paru surpris lorsqu'il lui a dit qu'il avait fait un an à l'école des aurors. Harry soupira. Il avait dû lire la Gazette, tout un article avait été consacré aux études du Sauveur en début de l'année passée. Et un autre fut publié lorsqu'il se désinscrivit de cette école. Et il savait d'avance qu'un nouvel article serait en première page le lendemain pour annoncer qu'il avait arrêté l'école d'auror afin d'accepter en grand secret un poste à Poudlard. Pas celui qu'il voulait, mais ça, tout le monde s'en moquait.

Il acheva de ranger ses livres sur ses étagères et se rendit dans sa salle de classe juste à côté pour y jeter un coup d'œil. Il sourit en se rappelant les bons souvenirs qu'il y avait eu. Les cours avec Remus, les cours avec Lockart. Oui, bon, ce n'était pas forcément un souvenir merveilleux, mais avec le recul, le cours sur les lutins de Cornouailles lui semblait extrêmement comique.

Il quitta finalement la salle avec le sourire, calmé. Il repassa dans son bureau où un peu de poudre de cheminette le ramena chez lui. Il avait obtenu du directeur le droit de ne pas s'installer complètement au château. Il devait simplement y dormir deux nuits dans la semaine, deux nuits de surveillance et de ronde obligatoires dans l'école.

La porte des cachots claqua violemment et le maître des potions entra, faisant voleter sa longue cape noire. Il fit un demi-tour impeccablement maîtrisé pour se retrouver face à une classe mixte de premières années : serpentard et gryffondor.

- Je pourrais peut-être amener certains d'entre vous à reconnaître un bézoard d'une pierre d'argent de lune, je pourrais peut-être faire rentrer dans vos têtes certaines notions capitales dans l'art précis des potions, mais je n'espère pas grand chose de vos résultats qui seront, comme toujours dans cette école, plus qu'insuffisants.

Il eut presque envie de sourire. C'était trop facile. Tous les serpentards le fixaient avec de yeux grands ouverts, impressionnés, et les gryffondors avaient baissé les leurs, n'osant se regarder entre eux.

- Bien, quelqu'un a-t-il prit la peine de lire le premier chapitre de votre manuel pendant l'été, ou n'avez-vous fait que passer du bon temps comme les gamins que vous êtes ?

L'année commençait, normalement, comme toutes les autres. Severus Snape, dans toute sa puissance. Trois étages plus haut, une toute autre scène se passait.

- Bienvenue à Poudlard, lança le professeur de DCFM en souriant aux premières années de poufsouffle et serdaigle. Le cours de Défenses Contre les Forces du Mal a pour but de vous apprendre des sorts de combat de base, ainsi que la vie et le quotidien de différentes créatures considérées comme dangereuses.

Une pensée pour Remus, obligé de s'exiler en Italie pour un temps, et non pour la météo comme le loup garou l'avait fait croire à la plupart des anciens membres de l'Ordre, fit disparaître le sourire du Survivant. Il se tourna vers le tableau pour inscrire son nom au tableau et récupérer ses moyens.

- Ce cours étant l'un de vos principaux, j'attends de vous une attitude exemplaire et une attention continue, poursuivit-il en faisant de nouveau face à la classe.

"Vigilance constante", lui souffla son esprit. La bouche de Potter s'incurva encore davantage vers le bas en pensant à Maugrey Fol'œil, mort entre les griffes de Voldemort.

- Les cours pratiques s'alterneront avec les cours théoriques, continua-t-il en tentant de garder son sang froid. Aujourd'hui, nous nous contenterons d'étudier le premier chapitre de votre manuel.

"Rangez vos baguettes", murmura encore une petite voix dans sa tête. Mais cette fois-ci, son sourire revint.

- Mais ne rangez surtout pas vos baguettes, nous essaierons le sort étudié durant la dernière demi-heure, lança-t-il en faisant un pied de nez mental à la voix d'Ombrage.

La matinée passa tranquillement. Lors du repas, Dumbledore fut ravi de voir que Potter semblait content de son poste.

- J'ai eu les premières années de serdaigle juste après vous, Harry, lui confia McGonagall, ils étaient tous très excités concernant votre cours.

- Harry fait de l'excellent travail, j'en suis sûr, rajouta Flitwick, assit à côté de Minerva. J'ai eu les poufsouffles qui étaient tout aussi contents de leur cours précédent.

Le brun gratifia son ancien professeur rehaussé sur six coussins d'un large sourire. Puis son regard croisa les yeux noirs du professeur de potions qui détourna la tête après un rictus moqueur. Harry eut envie de lever les yeux au ciel, mais se retint, et préféra se concentrer de nouveau sur la conversation qui portait sur l'agrandissement nécessaire ou non de l'infirmerie.

Harry marchait dans les sombres couloirs de Poudlard, d'un pas lent et mesuré, lors d'une nuit silencieuse et pleine de mystère. En bref, il faisait sa ronde. Soudain, au détour d'un corridor, il entendit quelqu'un de reconnaissable entre mille l'interpeller.

- Potter !, lança la voix froide.

Harry fit le sourd et continua d'avancer, la lumière de sa baguette éclairant devant lui.

- Potter, je vous appelle, répéta la voix qui s'était rapprochée.

Le brun eut presque envie de sourire. C'était tellement facile… Mais une poigne sévère lui enserra le bras et le fit se retourner.

- Potter, ne vous faites pas plus abruti que vous n'êtes, cingla Snape.

Le regard vague du brun se posa sur la fenêtre qui se trouvait derrière l'ancien espion, tandis qu'il dégageait son bras d'un petit mouvement sec.

- Oh, je vois, grinça Severus. Professeur Potter, ajouta-t-il du bout des lèvres.

- Oui ?, répondit Harry tout sourire en regardant enfin son ancien enseignant de potions.

- Vous êtes irrécupérable, soupira l'homme le plus âgé. J'ai à vous parler.

- Je comprends bien, mais voyez-vous, là, présentement, je fais ma ronde.

- Oui, je le sais. Seulement en dehors des nuits où vous restez au château pour vos rondes, vous n'êtes absolument pas joignable Pot… Professeur Potter, se reprit-il en crachant sur le "professeur". Je me vois donc dans l'obligation de vous contacter ici et maintenant.

- Je mange pourtant tous les repas de la journée à la même table que vous, et vous pouvez vous procurez mon emploi du temps facilement chez Albus, et constater ainsi que je suis régulièrement sans élève dans ma salle de classe pendant la semaine.

Snape fronça les sourcils et soupira.

- Mais je me fiche de votre emploi du temps Potter, siffla-t-il froidement. Je veux simplement savoir si vous aurez assez de cran pour venir me voir après votre ronde dans mes appartements car il faut que je vous entretienne de quelque chose d'important. Et quittez cette grimace enfantine, reprit-il en empoignant sa cape, amorçant un demi-tour parfait, pour s'éloigner à grandes enjambées et disparaître dans l'ombre du château.

Harry resta soufflé quelques secondes par tant de classe, avant de reprendre sa marche tranquillement. Il se mit à réfléchir. Cela faisait deux semaines que la rentrée avait commencée, deux semaines qu'il s'était disputé au détour d'un couloir avec Snape. Depuis, ils ne s'étaient plus reparlés. De quoi voulait l'entretenir l'homme des cachots ? Peut-être de Draco, songea Harry en fronçant les sourcils.

Lorsque le temps de sa ronde toucha à sa fin, le brun hésita un bref instant avant de descendre dans les profondeurs de Poudlard. Il arriva devant une porte en bois rêche sur laquelle était dessiné un serpent entourant un flacon de potion fumante. Le jeune homme sourit et frappa.

- Pas trop tôt, lança la voix lassée de Snape alors que la porte s'ouvrait d'elle-même.

Harry entra pour la première fois de sa vie dans les appartements de son ancien professeur de potions. Il s'attendait à tout sauf à ça. Les murs, peints en jaune citron, regorgeaient d'étagères où reposait toute une collection de canards en plastique de toutes les formes et toutes les couleurs. Le plus étonnant était peut-être la moquette à l'effigie d'un canard bleu s'envolant dans un ciel rose, ou peut-être aussi le canapé mauve dans lequel Snape était nonchalamment installé, les jambes croisées, une tasse de thé à la main.

- Un sucre ou deux ? demanda alors aimablement l'homme habituellement froid.

Harry fut prit d'un frisson par cette vision et tomba évanoui au sol.

MAIS NONNNN ! Car voici la vraie suite (pardonnez ce petit délire d'auteur…) :

- Pas trop tôt, lança la voix lassée de Snape alors que la porte s'ouvrait d'elle-même.

Harry entra alors pour la première fois de sa vie dans les appartements de son ancien professeur de potions. Il se retrouva dans un salon froid et sombre. Les étagères regorgeaient de potions étiquetées scientifiquement. Le brun referma la porte en regardant toutes ces fioles d'un air admiratif.

- Pensez-vous toujours être capable d'en faire autant Professeur Potter ?, ricana Snape.

Harry se tourna vers l'homme au rictus froid. Celui-ci se tenait debout au centre de la pièce, les bras croisés. Il lui fit signe d'avancer. Harry le suivit donc dans une pièce adjacente. Celle-ci était une sorte de laboratoire privé. Au centre, un immense chaudron bouillonnait sous un feu entretenu magiquement. D'autres chaudrons, plus petits, reposaient sur plusieurs établis entreposés contre les quatre murs de la pièce, sous des flammes moins puissantes.

- Ne touchez à rien, murmura Severus en se dirigeant vers le grand chaudron.

Harry se souvenait de ses cours de potions en école d'auror. Le maître des potions l'avait souvent fasciné par ses grands gestes souples et ses mouvements gracieux au-dessus de ses chaudrons. Il se rendit soudain compte qu'il n'avait jamais réellement vu Snape confectionner une potion. Et il fut subjugué. L'homme commença par pointer sa baguette vers le liquide pour en analyser la température avant de baisser un peu l'ardeur du feu. Puis il lança un accio vers une fiole qui arriva directement dans sa main. Les gestes étaient simples, précis. Tout était mesuré, même cette mèche de cheveu qui venait de tomber devant les yeux du maître, lui barrant ainsi le front, même cette mèche semblait nécessaire à la bonne réussite de la potion.

Le silence s'intensifiait, mais Harry ne s'en rendait pas compte. Il avait oublié pourquoi il était venu, il avait oublié que sa ronde était terminée et qu'il avait promis à Malfoy de rentrer rapidement après. Le blond voulait lui montrer des essais de roses fluorescentes. Et pour cela, il fallait une nuit totale. Le brun ne voyait que les doigts longs et fins qui étaient en train de couper une racine blanche et tordue.

Soudain, deux doigts prirent un petit morceau de racine et le placèrent au-dessus du chaudron. Harry suivit le mouvement avec attention. Les deux doigts ne lâchèrent pas la racine. Au contraire, la baguette du maître, tenue par l'autre main, se plaça contre elle. Un sort à peine murmuré entoura la plante qui s'effrita alors dans la potion. Celle-ci changea aussitôt de couleur pour devenir d'un bleu velouté.

- Bien, lâcha Severus, faisant sursauter Harry. Alors ?

Le brun le regarda sans comprendre.

- Euh… Alors quoi ?

- Comment allez-vous mon cher ?, demanda le propriétaire des lieux d'un ton faussement aimable, en s'essuyant les mains sur un torchon impeccable.

- Hein ?, s'étonna Harry. Et bien, je vais plutôt bien, et je…

- Potter, je me fiche de comment vous allez, ceci était de l'ironie, j'espérais que vous l'eussiez compris, coupa Snape en reposant le torchon sur la paillasse.

- Bon alors, qu'est-ce que vous me demandez ?, s'énerva le jeune homme.

- A votre avis ?

Le silence éloquent de l'ancien Gryffondor prouvait qu'il n'avait pas d'avis.

- Je viens d'achever cette potion sous vos yeux ébahis, daigna enfin expliquer Snape. Ceci était un test. Je vous demande : "alors ?" et vous devez tout naturellement me dire le nom de cette potion, que vous connaissez bien sûr, ricana-t-il.

Harry ouvrit la bouche de compréhension. Il fronça les sourcils et s'approcha du chaudron. Cette couleur bleutée lui disait en effet quelque chose. Mais c'est surtout la fin de la préparation qui lui redonna la mémoire. Voyant là une chance de marquer un point sur Snape, il prit une allure ennuyée et répondit d'une voix lassée :

- Bien sûr que je la connais, rien de plus facile. J'espère pour vous que cette racine de mandragore était fraîche car sinon, les conséquences seraient désastreuses pour le loup-garou qui boira cette potion tue-loup.

Après cette tirade, il ne put s'empêcher de lancer un regard victorieux vers l'homme plus âgé qui le regardait d'un air agacé.

- C'est Lupin qui boira cette potion, je pensais que vous pourriez aussi deviner ça, puisque vous êtes si malin.

Harry perdit son air prétentieux et regarda Snape sortir du laboratoire par une autre porte que celle du salon. Le brun jeta un coup d'œil au chaudron avant de le suivre. Cette nouvelle pièce était un bureau avec une bibliothèque, un canapé et une table de travail.

- Je… J'ignorais que vous continuiez à…

- Je n'ai jamais arrêté, coupa Severus en sortant deux verres à whisky d'un placard. Je lui en envoie tous les mois en Italie. Tenez, buvez.

Harry prit le verre gauchement et accepta de s'asseoir sur le canapé tandis que Snape s'asseyait derrière son bureau.

- Bien, si je vous ai fait venir, c'était pour développer ce que vous m'avez dit la dernière fois. Vous avez voulu me prendre mon poste !, lança-t-il soudain en pointant un doigt accusateur vers le brun.

- Mais c'est ce que j'ai fait, sourit le brun moqueur en croisant les jambes et en reprenant contenance après son léger égarement.

- Non, vous êtes professeur de défense.

- Le poste que vous rêvez d'avoir depuis toujours. Donc quelque part, c'est bien votre poste et non le mien.

- Cela vous amuse sans doute ?, grogna Snape en buvant son whisky.

- Non, je vous l'ai dit, je voulais le poste de potion.

- Mon poste.

- Votre poste actuel, rectifia Harry.

- Ne jouez pas sur les mots !

- Vous m'accusez de quelque chose qui ne vous fait en réalité ni chaud ni froid !

Les deux hommes se défièrent du regard quelques secondes avant que le plus âgé ne détourne les yeux.

- Bon, résumons. Vous voulez être professeur de potion mais j'occupe déjà ce poste, et je veux être professeur de défense mais vous occupez ce poste.

- C'est ça, appuya Harry.

- J'ai donc une proposition à vous faire Potter.

- Je vous écoute Snape.

Le maître des potions fronça les sourcils à l'appellation mais dut finalement estimer que c'était de bonne guerre puisqu'il poursuivit :

- Prouvons à Dumbledore que nous pouvons échanger nos postes sans risque. Pour cela, je suis prêt à vous donner des cours de potions durant l'année pour tenter de vous amener à un niveau moins déplorable que…

- Je refuse, coupa Harry en observant son verre.

- Pourquoi ?

- Parce que je refuse de devoir supporter vos commentaires de chauve-souris graisseuse sur le moindre de mes mouvements.

- Chauve-souris graisseuse…, siffla Snape en rétrécissant les yeux.

- Oh, j'ai dit ça à voix haute ?, ricana Harry.

Mais conscient du danger, le jeune homme se leva bien vite, posa son verre sur la table et se dirigea vers la porte à reculons.

- Tant que vous ne m'aurez pas promis que vous ne ferez aucun commentaire déplacé durant ces cours, je n'accepterai pas cette proposition, Professeur Snape.

- Vous osez me demander ça après m'avoir insulté de chauve-souris graisseuse ?

- Euh… oui, répondit aimablement Harry en souriant d'un air contrit. Excusez-moi… Et bien… Merci pour le verre et bonne nuit !, lança-t-il avant de sortir précipitamment de la pièce, de traverser le laboratoire puis le salon et de quitter les appartements de Snape en courant.

Pourquoi ne pouvait-il pas s'empêcher de jouer avec le feu… ?

à suivre...


Je suis vraiment désolééééée pour mon petit délire au milieu de ce chapitre ! Pardon pardon... Je me suis bien amusée cela dit. =D J'espère que vous aurez encore envie de lire la suite. ^^ Le prochain chapitre s'intitule tout simplement et de façon très étonnante "Mon troisième est une chauve-souris"... Mystèèèère... A bientôt !