Disclaimer : tous les persos appartiennent à JK Rowling.

Couple : HP/SS/DM !

Résumé : Mon premier est blond, mon second aimerait avoir le poste de DCFM, et mon troisième a des lunettes. Ils ont tous, sans le savoir, le même secret... l'amour.

Petit post it : Pfiouuuu ! ça y est ! Une journée pour écrire ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira, car j'ai beaucoup aimé l'écrire. ^^

Je profite de cette petite note pour vous remercier encore de votre soutien ! Un petit merci particulier aux "anonymes guest" à qui je ne peux malheureusement pas répondre... Sniiiif ! ^^

Bonneuh lectureuh !


Chapitre 4 : Mon quatrième est amoureux.

La nuit était totale. Draco avait fini d'attendre le brun depuis longtemps. C'est pourquoi il sursauta lorsque deux bras forts l'enserrèrent sous la couette, dans son lit, alors qu'il commençait enfin à s'endormir.

- Je déteste quand tu fais ça, Potter, grommela-t-il sans prendre la peine de se retourner.

- Tu me détestais tout court avant, répondit Harry dans son cou en y déposant un baiser furtif.

Draco soupira et se retourna entre ses bras pour le fixer.

- Justement, murmura-t-il. Il se passe quoi concrètement ?

- Concrètement, minauda Harry en se penchant pour lui lécher la base du cou, j'ai très envie de toi et de ton joli petit…

- Potter. Tu rentres de ton boulot au beau milieu de la nuit, et au lieu d'aller chez toi, tu viens directement dans mon lit ?

La voix était froide et cinglante, ce qui surprit le brun. Celui-ci se redressa et comprit aussitôt que Malfoy n'était pas dans les meilleures dispositions.

- Excuse-moi, mais je croyais… je veux dire… ta lettre…

- Tu as mis bien du temps à arriver, grogna Draco, comme d'habitude d'ailleurs. Du coup j'ai eu tout le loisir de réfléchir, et je veux comprendre avant d'agir. Je ne suis pas…

- Un Gryffondor, je sais, le coupa Harry, s'attendant à cette réplique.

Le blond lui envoya un magnifique sourire moqueur et se retourna en enfouissant sa tête dans l'oreiller.

- Bien. Alors as-tu une suggestion ?, lança-t-il d'une voix endormie, comme s'ils parlaient cuisine ou chiffons.

Contrarié, Potter glissa ses mains sous sa nuque et soupira.

- Une de tes fleurs a des propriétés de filtre d'amour et…

- Je n'ai aucune rose de ce genre, le coupa Malfoy. Et je note que tu parles carrément d'amour.

- Comment ça ?, s'agaça Harry dont les joues prirent une vive couleur rouge à peine voyante dans la nuit. C'est bien de ça dont on parle, non ? On a fait l'amour !

- Ah, vraiment ?, susurra Draco.

- Si tu te moques…, commença le professeur en se tournant vers lui.

- Non Potter, je ne me moque pas. Mais le fait est qu'il y a une certaine différence entre baiser par accident et faire l'amour. Nous sommes donc sur une piste !, lança-t-il en levant un doigt en l'air avant de se blottir contre le torse chaud du brun.

- Cette conversation m'ennuie, grommela Harry qui regrettait déjà d'avoir quitté son bureau si rapidement.

La compagnie de Snape lui devenait presque agréable, et entre réfléchir avec un serpentard pointilleux sur les mots, ou un autre serpentard encore sur la défensive, son choix aurait été vite fait. Autant il avait apprécié voir sa haine évolué en amitié auprès de Draco, autant il appréciait également de continuer ses joutes verbales avec son ancien professeur de potions. Certaines choses ne changeaient pas si facilement et cela avait quelque chose de rassurant.

- Eh Potter !, lança le blond. Tu m'écoutes là ?

Harry ricana.

- Absolument pas, désolé.

- Tu te fiches de savoir ce que faire l'amour avec moi peut signifier !, s'emporta Draco excédé. L'année dernière encore on se détestait cordialement et maintenant…

Potter s'était approché et n'avait trouvé qu'un seul moyen pour faire taire le blond : poser ses lèvres sur les siennes et jouer avec sa langue. A bout de souffle, les deux sorciers se séparèrent, observant l'éclat nouveau qui brillait dans leurs yeux.

- Je ne m'en fiche absolument pas Malfoy, murmura Harry, une main apaisante posée sur la joue du blond. Bien au contraire. J'y ai pensé toute la journée. A chaque cours, je revoyais ton corps se cambrer devant moi, je sentais tes mains et ta langue glisser sur moi, ton sexe se coller au mien. Te souviens-tu combien de fois nous l'avons fait hier soir ?

- Pas vraiment, non, répondit Draco, troublé par la proximité.

- Tu as joui trois fois Malfoy, répondit Potter avec un demi-sourire, et moi deux.

- Je t'en dois une alors, ricana le blond pour échapper à son malaise.

- Ça n'était pas un hasard et c'était bien, voilà tout ce qu'il faut retenir. Tu es d'accord ?

Le botaniste s'écarta doucement et fit semblant de réfléchir.

- Tu sais qu'avant toi, je ne regardais que les filles ?, finit-il par lâcher. Tu m'as omnibulé pendant toute notre scolarité. Je ne pouvais pas vivre une journée sans t'avoir croisé pour te jouer un mauvais tour, ou pour espérer ta mort.

- Charmant, grommela Harry qui pourtant, souriait.

- J'ai découvert mon penchant pour les hommes pendant la guerre, et je crois que depuis, je n'ai cessé de me demander ce que ça ferait de le faire avec toi.

- C'était qui ?, lança Potter d'un ton tranchant avec la confidence.

- Comment ça ?, s'étonna Draco, encore abasourdi des aveux qu'il venait de faire.

- Celui qui t'a ouvert les yeux.

- En quoi cela est-il important ?, siffla Malfoy, vexé que ce soit précisément ce point que l'enseignant retienne.

- C'est important parce que tu as vécu une bonne partie de la guerre sous mon toit, à Grimmaurd, en tant qu'espion, et que tu as donc forcément été vers quelqu'un de la maison, répondit Harry en se décalant dans le lit. Et c'est également important parce que j'aurais aimé que ce soit moi.

Visiblement gêné, Draco se contenta de hausser les épaules. Il était décidemment très fatigué et n'avait brusquement plus envie de parler.

- Je voulais simplement qu'on discute Potter, énonça-t-il en baillant. Je sais très bien que tu as eu plusieurs aventures, et je ne t'en fais pas tout un cinéma pour autant.

- Pourquoi est-ce que j'ai toujours l'impression d'être en train de me battre dès que je parle à un Serpentard ?, soupira Harry en s'asseyant au bord du lit.

- Où vas-tu ?, l'arrêta le blond en posant une main sur son bras.

- Ecoute, tu m'as envoyé une lettre pour me dire de rappliquer ici le plus vite possible. J'arrive, tu dors, puis tu veux discuter, puis tu ne veux plus. Pourquoi tout ça te perturbe autant ?, lança enfin Potter.

Malfoy se redressa dans son lit et attira le professeur contre lui.

- Parce que je suis déjà amoureux, avoua-t-il d'un ton très bas, comme s'il espérait qu'Harry n'entende pas. Enfin disons que je crois être tombé amoureux d'un homme qui ne m'aime absolument pas.

Le souffle du blond s'accéléra légèrement. Il n'avait jamais révélé cela à personne.

- Et… c'est moi ?, demanda Potter tout doucement.

Dans la nuit qui plongeait le petit studio du botaniste dans le noir, Harry ne vit pas mais sentit clairement le secouement négatif de la tête du blond. Il ne put retenir un soupir que Draco interpréta comme du soulagement.

- T'inquiète, t'es libre de faire ce que tu veux, grogna le blond en le repoussant. Maintenant, j'aimerais dormir. J'ai passé toute la journée à gratter la terre trop sèche de ton foutu jardin.

Harry ne répondit rien. Pourtant, de nombreuses questions se bousculaient dans sa tête. Lui n'avait jamais connu l'amour, le vrai, celui qui peut durer même lorsqu'il n'est pas partagé. Il ne pouvait également se mentir à lui-même : il avait été déçu en comprenant qu'il n'était pas l'élu du blond. Il décida de jouer toutes ses cartes, en se protégeant. Ne jamais tomber amoureux d'un Malfoy dont le cœur est déjà pris devint son nouvel adage. Il pouvait jouer, sans tomber.

- Et ça fait quoi d'être amoureux ?, susurra-t-il brusquement.

- Mmmh… Ta gueule Potter, je dors, grommela le blond.

- Ah oui, c'est vrai. Minuit est largement passé et tu n'es pas du matin…, ricana Harry. Mais je peux peut-être arranger ça, suggéra-t-il en se glissant sous la couette.

Malfoy eut beau grogner et prétendre dormir profondément, il abandonna toute rébellion lorsque la langue de Potter se posa sur son sexe. Son membre se réveilla bien vite pour quelqu'un qui souhaitait dormir. Le brun prenait un malin plaisir à sentir les doigts du blond se contracter lentement dans ses cheveux indomptables. Il écoutait les soupirs ensommeillés se transformer en véritables gémissements.

Il remonta vers le visage de Draco, continuant le travail de ses doigts agiles.

- Alors, murmura-t-il, de quel membre de l'Ordre es-tu amoureux ?

- Ah… non, ne… ne recommence pas… Harry, haleta Malfoy en fermant les yeux sous la caresse.

- Très bien, comme tu veux, susurra Potter. Je vais vite deviner… Tu es tellement dur… et chaud… mais peut-être que si je te parlais de… Ronald sous la douche tu…

Les yeux gris se rouvrirent brusquement pour jeter des éclairs dans l'obscurité qui arrêtèrent aussitôt Potter. Ce dernier rigola en admettant qu'il ne s'agissait pas de son ami roux, ce qui l'arrangeait plutôt étant donné qu'il allait être dans quelques mois le parrain de son premier enfant. Puis il murmura d'une voix rauque les prénoms des autres membres de l'Ordre que Draco avait pu côtoyer durant la guerre.

Cette litanie ennuyait Malfoy profondément, et il allait s'énerver pour de bon lorsque le brun prononça d'un ton des plus sexy, le prénom de leur ancien professeur de potions. Il ne put, à son grand malheur, retenir un gémissement. Les yeux fermés, il imaginait sans mal le visage de Severus se pencher sur lui, comme souvent. Mais au lieu de le prendre simplement dans ses bras, comme parfois, il l'embrassait, sensuellement, comme dans ses rêves.

- Oh…, murmura Harry, surprit en suspendant ses gestes. C'est donc Snape ! Mince alors… Je n'imaginais pas qu'il était… enfin, comme nous.

- Il est bi, siffla Draco, et je ne vois pas en quoi cela te concerne. Continue ce que tu crois faire si bien !, ajouta-t-il ensuite.

Mais une douce senteur frappa soudain les sens du brun qui se redressa brusquement, abandonnant pour de bon le membre gonflé du blond.

- C'est… c'est ta rosus parfumus quelque chose ?, s'inquiéta brusquement Harry.

- Oh, c'est pas vrai, grommela Malfoy en abandonnant la partie pour se retourner dans son coin. C'est la Rosae Solera, soupira-t-il ensuite.

- Oui… celle qui répand son parfum aux premiers rayons du soleil ?

- C'est ça Potter !, siffla Draco. Qu'est-ce que tu veux à la fin ?

- Je suis en retard !, hurla Harry en se levant pour seule réponse.

Malfoy se redressa, sans comprendre, complètement frustré, et le regarda se rhabiller puis disparaître. Honnêtement, qui pouvait prétendre avoir une relation avec un imbécile qui arrivait en plein milieu de la nuit pour vous commencer une belle fellation, et pour repartir dès l'aube avant même qu'il n'ait achevé son travail ?

C'est un Potter débraillé, mal coiffé, les lunettes de travers et un petit quelque chose de lubrique dans le regard qui déboula dans les cachots sous le regard exaspéré de Snape.

- Vous êtes en retard, siffla celui-ci en le laissant entrer.

- Est-ce que vous aussi vous avez l'impression de ne pas avoir dormi ?, ricana bêtement Harry. Il va falloir être gentil avec moi ce matin Proffesseur, ajouta-t-il en s'appuyant contre un mur pour reprendre son souffle. Je n'ai réellement pas dormi de la nuit.

Le nez froncé par le dégoût et les sourcils arqués par la colère, Snape dévisageait son collègue de haut en bas. Il devait pourtant reconnaître que cette allure décontractée donnait un petit air sauvage au brun qui n'était pas des plus désagréables.

- Je vous interdis d'entrer ainsi dans mon laboratoire, siffla-t-il pourtant. Utilisez ma salle de bain. Vous avez cinq minutes pour me rejoindre.

- Où ça, sous la douche ?, ricana Harry, qui dix minutes plus tôt, tenait tout de même un beau sexe lourd entre ses doigts, et qui, par conséquent, ressentait une certaine frustration.

Snape fit semblant de ne pas comprendre le sous-entendu et tourna les talons après lui avoir seulement indiqué la direction. La vision de ce Potter au saut du lit ne devrait certainement pas le perturber autant. Mais devoir se poser la question de la raison de la nuit blanche de cet imbécile était encore plus troublant. Severus commençait à regretter de ne pas avoir insisté davantage auprès de Draco pour qu'il n'aille pas vivre dans cette serre. Il fallait absolument qu'il aille lui rendre visite.

Il en était là de ses réflexions quand le professeur de DCFM le rejoignit dans son laboratoire. Il paraissait un peu plus frais et ses vêtements étaient bien mieux arrangés.

- Je suis prêt !, lança-t-il effrontément.

- Nous verrons ça, Potter, répliqua Severus d'une voix froide. Je vous ai préparé un ensemble d'ingrédients. Je vous laisse cinq minutes pour trouver quelle potion vous pourriez faire avec.

- Ma foi, je ne pense pas avoir besoin de passer par cette étape, maugréa Harry. J'espérais plutôt que vous…

- N'espérez plus et réfléchissez, le coupa Snape en désignant la table.

Vexé de se faire encore traiter comme un vulgaire élève de première année, Potter se plaça face aux ingrédients, les mains appuyées sur le bureau et plongea dans un silence à la fois boudeur et concentré. Severus en profita pour l'observer. Le jeune homme avait changé, cela était indéniable. Il était toujours arrogant, on ne pouvait le lui enlever. Mais il y avait quelque chose d'irrémédiablement nouveau, quelque chose qui lui plaisait.

- Pourquoi n'avoir pas dormi ?, susurra-t-il brusquement. Stressé par ce premier cours ?

- Absolument pas, répondit Harry d'un ton agacé, gêné dans sa réflexion.

- Vous êtes sujets à des insomnies ?, insista Snape.

- Si vous ne me laissez pas réfléchir tranquillement, je…

- Vous devriez être capable de faire les deux, sans perdre votre sang froid.

Potter fixait les yeux noirs de Severus, et tâchait de se calmer. Visiblement, l'ancien espion voulait mettre sa patience à l'épreuve. Il allait retourner la situation à son avantage. Avec un sourire entendu, il retourna à l'observation des ingrédients tout en répondant à la dernière question.

- Je n'ai plus fait d'insomnies depuis la mort de Voldemort.

Le ton posé aurait presque pu faire ricaner Snape, tellement c'était évident que le brun retenait sa colère et sa fierté.

- Donc comment occupez-vous vos nuits ?, lâcha-t-il enfin.

- En discutant avec Draco, pourquoi ?

Harry se détourna des ingrédients et s'appuya nonchalamment contre la table avec un sourire conquérant, croisant les bras sur sa poitrine.

- Vous discutez ?, s'étonna Severus.

- Nous pourrions faire une pâte pour brûlure, annonça Potter sans répondre. A condition de rajouter à votre liste une pincée de poudre de racine de chou mordeur de Chine.

Snape fronça les sourcils et s'approcha de la table, repoussant sans ménagement son collègue. Il inspecta les ingrédients qu'il avait lui-même disposé. Il se flagella mentalement. Cet idiot avait raison.

- La poudre n'est pas obligatoire, argumenta-t-il.

- Elle l'est, et vous le savez parfaitement. Sans cette racine de chou, la pâte n'aurait pas la moitié de l'efficacité qu'elle devrait avoir. Vous l'aviez oublié !, devina victorieusement Harry.

- Absolument pas, nia Severus. Je voulais voir si…

- Oh à d'autres Snape ! Je vous connais bien mieux que vous ne le pensez.

- Je ne crois pas, non, siffla le maître des potions d'un ton froid qui calma les ardeurs de son ancien élève.

Potter recula d'un pas, reconnaissant tacitement qu'il était allé trop loin dans la familiarité. Il leva les mains en signe d'apaisement et s'expliqua.

- Professeur Snape, en vous demandant votre aide, je m'attendais plutôt à ce que nous échangions sur les programmes de nos cours respectifs, afin de montrer à Dumbledore à quel point nous serions prêts pour l'année prochaine.

- Je n'ai pas besoin de vos idées pour les cours de DCFM, rétorqua Severus, sachant très bien qu'il jouait au mauvais perdant.

- Et je n'ai pas besoin que vous testiez mes connaissances en potions.

Ils s'observèrent un moment, se défiant du regard. Pourquoi ne parvenaient-ils pas à aller au-delà de leurs différents ? Harry songea brusquement à Draco, qu'il avait laissé en pleine érection au milieu de ses draps. Il se fit la remarque que lorsqu'il était avec le blond, il pensait aux sarcasmes de Snape, et lorsqu'il était avec ce dernier, il se rappelait les soupirs de Malfoy. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?

Pourtant, à présent, tandis qu'il se perdait peu à peu dans les yeux sombres, il commençait à comprendre les sentiments de Draco pour Severus. Légèrement perturbé, et ne voulant rien laissé paraître, il toussa et lança un sourire qu'il voulut assuré au professeur de potions.

- Je vous remercie pour ce premier exercice, lança-t-il. J'ai une matinée chargée de cours, donc si cela ne vous dérange pas, je vais aller me préparer.

Il passa devant Snape pour rejoindre la porte, mais son collègue le rattrapa par le bras et le ramena à lui, presque collé à son torse.

- Pouvez-vous me jurer que vous ne cherchez pas à blesser Draco en vous rapprochant ainsi de lui ?, siffla-t-il à quelques centimètres des lèvres du brun.

- Je l'apprécie vraiment, répondit Harry dont une main se posa automatiquement sur celle qui serrait son bras.

Ce contact les fit frissonner, bien malgré eux.

- J'espère bien, susurra Severus, car j'ai de quoi vous faire chanter si besoin.

- Vraiment ?, ricana Potter. Et quoi donc ?

Sans répondre, Snape tira un peu plus sur son bras, le collant pour de bon contre son torse et posa aussitôt sa bouche sur celles de son collègue. Surprit, Harry laissa échapper un petit cri qui permit à Severus de glisser sensuellement sa langue entre ses lèvres. Les yeux de Potter se fermèrent doucement sous cette caresse, se laissant immerger par le parfum du professeur de potions. Il agrippa les bras forts qui le serraient, et s'abandonna à ce nouveau plaisir.

Le baiser n'avait rien de suave : il y avait toute la violence d'un désir opprimé et interdit. Au fond de lui, Harry ne pouvait s'empêcher à l'aveu que Draco lui avait fait plus tôt dans la nuit. La culpabilité l'étouffa brusquement et il repoussa Snape, à bout de souffle.

- Je…

- Le voilà mon argument Potter, le coupa aussitôt Severus en posant une main habile sur l'entrejambe gonflée du jeune homme.

- Hey !, se défendit celui-ci. Je suis désolé, mais je ne peux pas…

- Je ne vous demande pas de pouvoir, ricana Snape, je constate simplement que vous en auriez potentiellement envie.

- Je ne vois pas en quoi cela vous donne un quelconque argument contre moi, répliqua Harry en s'éloignant de la tentation que représentait désormais Severus. Toute la communauté sorcière connaît mon homosexualité.

- Je ne pense pas qu'Albus accepterait de vous donner mon poste si je lui raconte qu'à la moindre occasion vos hormones vous jouent clairement des tours.

- A la moindre occasion ?, siffla Harry. Vous m'avez carrément sauté dessus ! Comment voulez-vous que je reste froid ?

- C'est très flatteur, merci, rigola Snape d'un ton plus doux.

Agacé de le voir rester si froid, Potter revint sur ses pas et se plaqua de lui-même contre la robe noire du professeur de potions.

- Laissez-moi vous prouver que je peux vous faire réagir de la même façon, à la moindre occasion.

Prenant en main la situation, laissant son orgueil prendre la place de sa culpabilité, il ravit de nouveaux les lèvres fines de Severus, le poussant violemment contre l'établit. Il ne se gêna pas pour appuyer sa virilité contre l'entrejambe de son collègue, lui faisant sentir tout son désir. Le premier gémissement lui donna la victoire : il s'écarta doucement avec un grand sourire.

- Gardez-vous toujours votre baguette magique dans la poche ou bien serait-ce…

- Ça suffit Potter, grogna Snape en se redressant pour garder contenance. Il me semblait que vous aviez des cours à préparer.

- Tout à fait, approuva Harry en s'éloignant enfin. Je vous souhaite une excellente journée Professeur !

Severus n'eut qu'à passer sa langue sur ses lèvres pour savoir que cet interlude ne serait qu'un début. Potter ne gagnerait pas la partie si facilement…

Draco avait décidé de travailler dans le verger durant cette belle journée. Le soleil d'Ecosse tombait sur ses épaules nues tandis qu'il installait de nouveaux pommiers, les alignant au cordeau. La sueur naissait sur son torse, ses mèches blondes collaient à son front et son pantalon très large qu'il mettait pour ces travaux lui tombait déjà sur les hanches. De la pointe de sa baguette, il déplaçait des brouettes de terres, creusant les trous, installant les arbres après avoir taillé leurs racines.

Il était donc très concentré, en train de vérifier la bonne santé des premiers arbres qu'il avait déjà plantés, lorsque deux bras s'enroulèrent autour de lui.

- Tu ne peux plus te passer de moi Potter, soupira-t-il, cachant pourtant un léger sourire satisfait.

- Parce que Potter te prend aussi dans ses bras ?, murmura une voix dans son cou.

Draco se retourna vivement pour se serrer contre son visiteur surprise.

- Tu m'as manqué Sev, souffla-t-il.

- Ceci ne répond pas à ma question, rigola Snape en écartant le jeune homme pour s'approcher d'un pommier.

- Bah, quand on discute lui et moi, parfois, répondit Malfoy de façon évasive.

- Oui, il m'a déjà dit que vous discutiez tard dans la nuit.

Draco fronça les sourcils. Il n'avait jamais su comment se comporter avec cet homme qu'il avait découvert petit à petit, en différentes étapes. Il le croisait parfois au manoir Malfoy en étant jeune, puis il l'avait considéré comme un véritable mentor en arrivant à Poudlard, comme un modèle durant la guerre, choisissant d'être espion à ses côtés plutôt que mangemort comme son père. Les câlins, la tendresse étaient naturels entre eux. Mais pas la jalousie…

- Je ne suis pas jaloux, assura Severus après que Draco lui ait posé la question. Tes pommes sont très belles. C'est la maison de Potter là-bas ?, ajouta-t-il en désignant la vieille masure.

- Oui. Enfin… c'est plus un simple toit qu'une maison, ricana Malfoy.

- En effet.

Le botaniste avait effectivement choisi d'installer le coin verger juste derrière la maison et ils pouvaient ainsi constater de près que c'était davantage une ruine qu'un nid douillet. Draco attrapa ses outils et se dirigea vers la rangée d'arbres suivante.

- Tu n'as plus de cours pour aujourd'hui ?, lança-t-il.

- Pas cet après-midi, reconnut Severus. Tout se passe bien avec Potter ?

Le blond releva la tête vers lui en fronçant les sourcils.

- Tu es venu me voir, ou me parler de ton collègue ?

- Excuse-moi, soupira Snape en posant sa main sur une joue pâle. Te voir bien sûr. J'ai tellement pris l'habitude d'être tout le temps avec toi pendant la guerre que…

Il laissa planer un silence, souriant doucement, ne parvenant pas à dire son ressentit.

- Que je te manque, maintenant que nous avons repris nos activités chacun dans notre coin, termina Draco en rigolant.

Severus hocha la tête, approuvant, et le laissa retourner à son labeur. La conversation se poursuivit naturellement sur leur travail respectif. Mais penché sur ses arbres, Malfoy ne voyait pas les regards glisser sur son dos nu, il n'entendait pas les pensées perturbées de Snape. Lorsqu'il se retourna pour proposer au professeur de rester dîner avec lui, Severus ne put qu'approuver en le remerciant.

- Tu sais si Harry finit tard ce soir ?, ajouta Draco tandis qu'ils retournaient en marchant vers la serre, appréciant les derniers rayons du soleil au ras des cimes des pommiers.

- Parce que tu crois que je connais son emploi du temps par cœur.

Malfoy haussa les épaules, se désintéressant des sarcasmes que les deux hommes devaient probablement se lancer en permanence à Poudlard.

- Il n'avait qu'un seul cours cet aprèm, finit par grommeler Snape, avouant sa défaite devant l'éclat de rire du blond.

Draco passa un bras autour de ses épaules tout en continuant leur marche.

- J't'adore, rigola-t-il, se retenant de dire toute la vérité qu'il y avait derrière ces mots. Du coup, tu ne t'étonneras pas si Harry nous rejoint. Il passe toujours par chez moi avant de rentrer dans son taudis.

Snape grimaça mais ne fit aucune remarque, préférant le taquiner sur sa technique pour faire rougir ses pommes.

- Comment ça ?, s'étonna le blond en posant enfin ses outils à côté de sa serre.

- C'est habituel de jardiner à moitié nu ?

- Il faisait chaud !, se justifia aussitôt Draco en rougissant.

Il le lança aussitôt sur la recette d'une nouvelle potion pour changer de sujet, l'entraînant vers ses chaudrons, tâchant de rester naturel, évitant de penser à Harry qui allait arriver, dont ses draps portaient encore l'odeur, et qui connaissait son secret. Entre ses deux hommes, son cœur amoureux avait de quoi craquer…

à suivre...


Hihi... Harry va-t-il encore arriver en retard ? Comment cette deuxième "rencontre" à trois va-t-elle se passer ? Vous saurez tout demain dans le cinquième chapitre "Mon sixième est perturbé". Gros bisous et encore merci !