Bonjour à tous ceux qui liront ces lignes ! Alors, j'aurais peut-être dû faire ce message dès le premier chapitre, mais bon… Je suis nouvelle et un peu perdue sur ce site, alors… Bref, je le fais maintenant alors ! ( oui, vous me direz, mieux vaut tard que jamais, hein. ) Enfin, j'ai décidé de poster une fanfiction sur l'univers des Maraudeurs et, plus particulièrement, sur Sirius Black avec une romance à la clé. Ce sera un p'tit truc sans prise de tête, que j'ai plaisir à écrire, et qui, j'espère, vous donnera plaisir à la lecture. Voilà voilà ! Et, si vous avez des questions ou juste envie de discuter, n'hésitez pas à venir me trouver, je suis quelqu'un… comment pourrait-on dire… d'accro à son ordi', donc assez souvent présente et disponible.

Disclaimer : Ma Déesse, celle que je vénère depuis toute petite la sublime J.K. Rowling.

Je remercie les quelques personnes qui ont déjà reviewé cette petite histoire – Une invitée, Liya, Rukie-Chan et katie1612 - , ou celles qui suivent, c'est vraiment gentil de votre part et encourageant pour écrire la suite. En espérant que la suite continue à vous plaire tout autant !

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Chapitre II : humiliations.

L'une de ses mains qui étaient retombées le long de ses flancs avait bougé beaucoup trop vite pour elle. Avant même que l'idée ne lui traverse l'esprit, elle l'avait levée et, avec force, l'avait abattu sur la joue de Black. Tout le monde s'était arrêté de parler et de rire. Le bruit de la claque avait résonné dans la Grande Salle avec une violence dont elle n'aurait pas cru pouvoir se rasséréner de cette manière. Et, pour clore le tout, il avait enfin arrêté de rire. Sa joue était maintenant rouge et on y discernait assez nettement les contours de ses doigts, alors qu'il la regardait, la mâchoire crispée, le regard surpris et colérique. Regard qui aurait dû la faire bouger, parce qu'il était clair que cela ne lui avait vraiment pas plût, mais elle n'y arrivait pas. Elle était prisonnière de la tempête d'émotions qui menait bataille dans ses orbes métalliques. Toutefois, elle n'eut d'autre choix de bouger, lorsqu'elle sentit une pression sur son bras la tirer en arrière. Théa cria à la cantonade, sous les centaines d'yeux interloqués qui les dévisageait :

- Ok, le spectacle est fini. Si vous voulez un remake, adressez-vous à ce crétin chevelu !

Puis, elles sortirent toutes les deux. Théa ne lâcha pas sa prise sur son bras, durant un bon bout de temps, traînant une Nora un peu paumée dans le labyrinthe gris de Poudlard. Elle s'arrêtât finalement devant une porte entrouverte, qu'elle poussa pour entrer dans une ancienne salle vide de Potions. Nora se dégagea alors de son emprise et se mit à déambuler dans la pièce à grands pas, passant plusieurs fois ses mains sur son visage, marmonnant toutes sortes de noms de gobelins à voix basse. La blonde la laissa faire quelques instants, avant de se décider à intervenir :

- Bon, relax, Nora. C'est pas la fin du monde.

Elle poussa un gémissement plaintif et secoua la tête.

- Pas la fin du monde, non, mais de ma vie paisible à Poudlard… Adieu le calme, nos petits secrets, les potentiels rendez-vous avec des petits amis imaginaires, les balades à dos de Sombrals, que sais-je… Tous les instants où je vais être heureuse, il sera là et me les gâchera !

- Je crois que tu dramatises un tout petit peu la situation. Black est un sombre crétin, certes, mais il n'a pas un tel pouvoir de destruction sur la vie des autres, c'est ridicule.

Nora se retourna brusquement vers elle, pour lui faire face.

- Tu ne comprends pas ! Tu n'as pas vu son regard ! Théa, il… Black m'a fait peur. Je veux dire… Ce n'était pas comme un petit frisson parce que c'était intense ou… enfin, un truc du genre. C'était quelque chose de si sombre… C'était vraiment effrayant, je te jure. Il me faisait la promesse silencieuse de me pourrir la vie pour avoir osé ce geste déplacé.

Elle frissonna en songeant à nouveau à ces quelques secondes où son regard avait croisé le sien. Tout ce qu'elle disait était vrai, elle en était persuadée. Elle aurait pu lui faire beaucoup de chose, mais ça… Elle avait le sentiment que ça aurait dû être la seule chose à éviter de faire. Mais, petite idiote qu'elle était, elle s'était laissé emporter par ses émotions et son impulsivité avait réclamé une vengeance express. Bravo, elle l'avait eu. Maintenant, elle était dans la pire des galères. Autant aller arracher gaiement quelques plumes à un Hippogriffe. Sa mort serait beaucoup plus rapide qu'entre les mains de Black.

- Allez, arrêtes, ne va pas me faire croire que tu as réellement peur des petites blagues de Black quand même ? Je suis passée et j'en passe encore par là, alors… Non, vraiment, tu n'as pas à le craindre.

- J'ai peur qu'il sache pour moi, avoua-t-elle piteusement.

Théa secoua la tête et s'approcha doucement d'elle.

- Nora, il n'apprendra jamais rien à ce sujet. On a l'habitude, toutes les deux, de garder des secrets. On est des pros dans ce domaine. Donc, sois comme d'habitude et réjouis-toi d'avoir baffer ce grand prétentieux.

- Je devrais me réjouir, oui, répéta-t-elle d'une voix monotone.

- Oui.

- Parce que je lui en ai mis une belle, tout de même.

La blonde eut un petit sourire en coin.

- Plutôt, oui. Je suis fière de toi. Tu as fait ce que j'ai toujours rêvé de faire.

Nora soupira et se laissa tomber sur une des chaises déglinguées de l'étroite salle. Le bois, rongé par une des potions ratées qui avait dû couler sur lui, craqua sous son poids, mais la supporta. Elle demanda alors, en se pinçant l'arête du nez, songeuse :

- Pourquoi il s'en est pris à moi, aujourd'hui ? Je croyais qu'il avait oublié mon existence, qu'il préférait s'acharner sur toi et faire comme si je n'existais pas ! Et pourquoi je n'ai pas pu dire non devant lui ? Là, je peux le dire ce putain de mot ! Je peux le dire ! Non ! Non !

Sa voix était montée en puissance au fur et à mesure de sa tirade et elle avait fini par hurler ce mot qu'elle n'avait pas pu dire plus tôt, celui qui, par son absence, l'avait ridiculisée. Théa s'avança et vint s'agenouiller devant elle. Elle posa une main réconfortante sur son genou et lui fit un sourire encourageant :

- Nora, tu l'as bien plus humilié en lui donnant ce qu'il méritait qu'avec un simple « non ». C'était un sort tout bête, mais je suis désolée, j'ai rien vu venir. Potter me parlait et… Ne t'inquiètes, je serais là pour t'aider, si tu dois venir à bout d'eux.

Nora hocha vaguement la tête et vint entourer le cou de son amie avec ses deux bras, la remerciant en restant muette d'être toujours là.

oOo

Éviter Black dans les jours qui suivirent lui parut bien plus aisé qu'aux premiers abords. Ils n'avaient que deux cours en commun. Le lundi et le jeudi. Toutefois, lorsque ces jours arrivèrent, elle prit grand soin de choisir une place assez éloignée de lui pour ne pas même l'entendre si jamais l'envie de crier lui prenait. Bon d'accord, elle exagérait un peu, mais l'idée était là. De plus, dès que la sonnerie nasillarde marquait la fin de l'heure, elle bondissait de sa chaise et s'éloignait de sa salle de classe le plus rapidement possible. Le seul problème qui se posait était ses regards. L'intensité de ceux qu'il ne cessait de lui envoyer lui vrillait la nuque et la mettait dans un embarras inexplicable. Elle ne supportait pas d'être au centre de cette attention mauvaise, qui allait tôt ou tard prendre une forme beaucoup plus… « physique », disons. Ah, foutue gifle ! Elle aurait dû lui mettre un coup de pied bien placé entre les genoux : cela l'aurait mis K.O un peu plus longtemps. Assez de temps pour fuir Poudlard, peut-être même l'Angleterre. Ah ah, que de drôle idées, Nora. Il était temps de se reprendr…

- Putain, Nora, je t'ai cherchée partout !

Nora bondit et se retourna vivement, alors que son frère, Léo, l'interceptait à la sortie de son cours pour l'entraîner dans un couloir plus sombre. Après tout, son frangin, lui, portait le nom des Wittfield. Et il était à Serpentard. Mieux valait limiter le nombre de personne présent à cette petite querelle familiale. Nora se colla contre le mur, plongeant son visage dans l'ombre, alors que Léo la dévisageait avec sévérité. Ils gardèrent tous les deux le silence, durant quelques minutes, avant qu'elle ne finisse par craquer, en demandant vivement, exaspérée :

- Quoi ?

- Tu as décidé de révéler ton petit secret, c'est ça ?

- Non !

- Moi, je crois que si. Parce que gifler un Black en public de cette manière, après lui avoir balancé que tu voulais bien coucher avec lui, ça revient au même que d'hurler ton nom de famille à Poudlard tout entier ! D'ailleurs, c'est quoi cette histoire ? Je te préviens, si tu montes dans son dortoir, je t'éclate la face, Nora, et je ne plaisante pas. Avec qui tu veux, mais pas avec Black. Et après ton mariage, quand tu auras la quarantaine et que tu n'auras plus aucune chance d'avoir un amant. Ce serait vraiment gentil de ta part d'épargner ton grand frère en suivant tous ses conseils.

Sans le désirer, Nora laissa lui échapper un sourire involontaire. Léo avait toujours eu cette sale tendance à se prendre pour son père. En moins antipathique, peut-être, c'est sûr. Et avec des épaules plus carrées. Oui, Léo avait une carrure finement musclée assez impressionnante.

- Nora, je suis au bord de l'apoplexie, alors si tu ne me réponds pas d'ici cinq minutes et que tu gardes ce sourire, je risque de te tomber dans les bras comme une fillette et tu feras moins la maligne, à mon réveil, car ma fierté de mâle en aura pris un sacré coup !

- Me prends pas la tête, Léo. Je n'ai plus cinq ans et si je veux m'envoyer en l'air toute la nuit avec Black, ce n'est pas toi qui m'en empêcheras.

Son frère parut se figer et pâlir. Oh, non, vite, démentir !

- Bien que ce soit le dernier de mes souhaits, je t'assure, ajouta-t-elle alors en parlant rapidement, il m'a juste jouée un sale tour et je n'ai pas réfléchi, ma main… s'est tout simplement retrouvée sur sa joue, en moins de deux secondes.

- Tu ne réfléchis jamais assez, grogna-t-il, mécontent.

- T'inquiètes donc pas pour mon secret, j'ai ma vie bien en main.

Hum, mensonge éhonté. Tout partait en vrille. Elle avait perdu les commandes. Les chevaux se barraient loin du carrosse et celui-ci se mettait dangereusement à ralentir. Black allait la rattraper et… Par Merlin, elle s'enfonçait loin dans des pensées complètement farfelues. Léo finit par soupirer et l'attrapa par l'épaule pour l'enlacer.

- C'n'est pas toujours facile de devoir faire comme si je ne connaissais même pas ton existence… Les gens parlent et je ne peux pas te défendre. Je ne peux même pas venir te parler quand bon me semble. T'es vraiment chiante avec tes plans foireux et tes idées à la con, Nora.

Elle sourit et posa sa tête contre son épaule, en lui rendant l'accolade.

- Ouais, je sais, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour faire une scolarité normale, désolée… En passant, toi aussi tu me les casses, avec tes discours de père à deux mornilles.

Elle l'entendit rire, son rauque qui élargit son sourire. Nora adorait son frère, plus que n'importe quelle autre personne. Toutefois, elle finit par se détacher de lui, quand ils entendirent des murmures excités non loin d'eux. Un groupe de fille passa devant le couloir peu éclairé, en s'échangeant visiblement une information croustillante, sans faire attention à eux. Léo poussa un second soupir et se détacha complètement de sa petite sœur. Il lui ébouriffa les cheveux, lui lâcha un dernier sourire et s'éclipsa sans dire autre chose. Ils savaient tous deux que cela ne serait pas sage de rester un peu plus longtemps ensemble. Ils ne devaient pas prendre le risque de se faire découvrir et de foutre en l'air la couverture de Nora. Elle attendit qu'il ait tourné à l'angle du couloir, puis deux minutes en plus, avant de suivre son chemin. Néanmoins, dès qu'elle posa un pied en dehors du passage, quelqu'un lui saisit le bras et l'embarqua à nouveau dans les recoins sombres.

- Eh !

L'inconnu qui l'avait entraînée à sa suite la plaqua contre le mur et la lâcha enfin. Elle releva le regard et un frisson désagréable la traversa. Tiens, Black, quelle agréable surprise. D'autant plus qu'il semblait toujours d'aussi sombre humeur. Son regard clair était braqué sur elle et, autant dire qu'elle avait de la chance que ses yeux ne soient pas des mitraillettes, sinon elle aurait été morte dans les secondes à venir.

- Tu allais quelque part ?

Étonnement, sa voix était posée, un brin curieuse. Toutefois, elle ne s'y laissa pas prendre. Son attitude glaciale parlait pour lui. Elle lui fit un sourire forcé et hocha la tête.

- Oui, loin de toi. Tu me laisses reprendre ma route ?

Mais, avant qu'elle ait le temps d'envisager faire un deuxième pas, une main se posa juste au-dessus de sa poitrine et la repoussa, implacable, contre les briques, alors qu'une voix monotone commentait :

- Dommage, tu auras un peu de retard.

Son absence de réaction et ses gestes saccadés, mais brusques, lui faisaient froid dans le dos. Où était donc Léo quand on avait besoin qu'il joue au père ? Elle avait besoin de lui, dans des moments comme ça, pas pour les leçons de moral ! Elle tourna la tête à droite, puis à gauche, dans l'espoir de trouver quelqu'un à interpeller, en vain. Il n'y avait que Black et elle, dans cette artère sombre du réseau compliqué des couloirs de Poudlard. Et personne ne viendrait l'aider, s'il lui prenait l'envie de se venger. Un frisson la traversa. Elle ne pensait pas qu'il puisse lui faire de mal, mais elle ne le connaissait pas vraiment. Elle l'avait toujours superbement ignoré, puisqu'il avait décidé de l'oublier. Enfin, tout du moins, elle avait toujours essayé. Elle devait avouer que, parfois, son regard s'accrochait à sa haute silhouette un peu plus longtemps que nécessaire, mais ça, personne n'était censé le savoir. Par ailleurs, comme aimantés, ses yeux remontèrent finalement vers son visage, où ils rencontrèrent deux orbes métalliques, que la colère ne quittait pas. Tout comme le silence perdurait. Et Nora avait toujours détesté le silence.

- Bon, qu'est-ce que tu me veux, Black ? Demanda-t-elle, avec une note d'impatience dans la voix.

À moins qu'elle ait des tendances suicidaires. Elle hésitait encore. Tout étant qu'il eut un petit rire mauvais, à la suite de cette demande, alors qu'il répliquait :

- Tu oses demander ?

- Je pensais que tu allais te venger, mais ça fait plusieurs jours que cette histoire est passée et tu n'as toujours rien fait, alors oui, j'ose demander.

Bon, au moins, le point précédent était éclairci. Elle optait pour les tendances suicidaires.

Black aborda un petit air faussement songeur sur le visage et passa une main dans ses cheveux sombres, les ébouriffants encore un peu plus, les sourcils froncés.

- En fait, j'espérais avoir des excuses ou un truc de ce genre, publiques bien évidemment, pour que tout le monde constate que tu es bien complètement folle de moi.

Nora hoqueta, incrédule. Était-il vraiment sérieux ? Son honneur avait été froissé, pauvre chou, et il voulait pour cela qu'elle lui baise les pieds ? Ce type était le plus narcissique qu'elle connaisse. Il était même carrément à côtés de ses pompes. Il ne fallait tout de même pas qu'il oublie que c'était lui qui avait commencé cette petite guérilla stupide, avec ce sortilège qui l'avait humiliée devant tout Poudlard ! Eh, merde ! Elle retrouvait cette fureur qui l'avait habitée, durant cette scène, celle qui l'avait poussée à faire une chose qui semblait impardonnable aux yeux du maraudeur. Cette émotion gonflait en elle, investissait son corps et, une fois de plus, elle ne ressentait qu'elle.

- C'est une blague, pas vrai ? C'en est forcément une.

Un sourire narquois prit place sur les lèvres du brun, narguant Nora comme ce clin d'œil ridicule qui l'avait fait déraper. Il ne fallait pas qu'elle cède à… trop tard.

- Alors, comme ça, tu veux des excuses ? Et bah, tiens, je t'en balance des excuses ! Bouffe-les, étouffe-toi donc avec ! Je suis désolée !

Elle avait dit ces trois derniers mots comme aurait pu le dire Diana Derson, avec un ton mielleux, exagérément, une expression faussement peinée, avant qu'elle ne retrouve cette colère.

- Mais, crois-moi, mes excuses ne sont que du vent ! Je ne suis pas désolée de t'avoir giflé et je ne pourrais jamais le regretter, car tu n'es qu'un gosse immature qui pourrit la vie des autres et que cette gifle, plus que n'importe qui d'autre, tu la méritais !

- Que…

- Oh, voyons, Black ! Tu as toujours tout ce que tu veux et tes parents ont dû te pourrir de cadeaux, parce qu'au moindre « non », tu piques une crise. Alors, tu ne supportes pas que je puisse te dire « non », surtout pas par le biais d'une gifle, pas vrai ? Mais, mets-toi dans le crâne que cette gifle, c'est celle que ta mère aurait dû te mettre depuis bien longtemps ! Donc, tu sais quoi ? Mes excuses, tu te les mets où je pense, parce que je ne me plierais pas à tes exigences.

Nora finit sa tirade quelque peu essoufflée, les joues rougies par la colère, les yeux brillants de larmes contenues. Depuis toute petite, son système lacrymal était relié à ses émotions, malheureusement pour elle, et c'était plutôt humiliant de pleurer, lorsqu'on était seulement dans une rage noire. Seulement, elle fonctionnait ainsi. De toute façon, on a déjà abordé le sujet du nom maudit, non ? Quant à Black, son expression consternée et furieuse avait laissé place à un visage très calme, et un sourire en coin ornait la commissure de ses lèvres. Elle ne put résister à la tentation de lui demander :

- Pourquoi tu souris ?

Alors, son sourire s'agrandit, tandis que son regard restait froid.

- Parce que tu crois tout savoir, alors que tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu viens de mettre les pieds.

Et, sans plus rien dire, il se détourna et se mit à marcher loin d'elle, sous son regard estomaqué.

- Est-ce que c'est une menace ? Parvint-elle tout de même à dire d'une voix étranglée.

Sans se retourner, il répondit :

- Considère ça comme de la prévention.

Puis, il tourna à l'angle, disparaissant dans les entrailles murées d'un autre couloir.

oOo

Non, décidemment, ce n'était pas simplement des paroles en l'air. Il s'était enfin décidé à se venger. Et cette menace résonnait dans son crâne en de multiples échos effrayants. Elle s'imaginait pendue par les pieds à un des anneaux du stade de Quidditch, nue devant toute sa classe d'un coup, comme par magie, ou, encore, d'une jolie teinte bleue, comme ces créatures géantes dans le film moldu que Théa aimait bien regarder chez elle, juste après avoir mangé une part de tarte au citrouille au goût étrange. En fait, elle ne cessait de se demander à quelle sauce elle allait être mangée et cela la terrifiait. Elle espérait qu'il n'irait pas trop loin, qu'il ne dépasserait pas les bornes, mais elle avait quelques doutes. Les Maraudeurs étaient connus pour leurs farces extravagantes qui, disait-on, resteraient gravées dans les annales de Poudlard. Et, oh tiens, comme par hasard, Black faisait partie des Maraudeurs. Elle émit une plainte désespérée et se frappa le front du plat de la main. Une fois encore, elle n'aurait pas dû se laisser emporter. Peut-être aurait-elle dû faire ses excuses devant tout le monde. Cela aurait créé quelques remous dans les potins, durant une semaine ou deux, mais après elle aurait été tranquille. Son secret n'aurait plus été en péril, comme en cet instant. Si elle était au centre de leurs blagues, quelqu'un finirait bien par s'intéresser de trop près à sa trépidante petite personne, et alors… Elle avait le ventre noué, rien que d'y penser.

Soupirant, elle se releva de son lit et se dirigea vers la petite fenêtre du dortoir. Elle l'ouvrit et passa la tête dehors, inspirant pour éloigner cet engourdissement qui la saisissait. Elle était rentrée en sixième année, il y avait à peine un mois, et voilà qu'elle se trouvait déjà sous les feux des projecteurs. Parfait, voilà qui n'arrangeait vraiment pas son affaire. La brise tiède qui effleura son visage brûlant la fit souffler de soulagement. Elle était crevée. Elle ferait mieux d'aller au lit, maintenant. Elle pressentait déjà qu'elle aurait une journée chargée demain et il était inutile d'attendre Théa. Elle ne rentrerait sans doute pas avant l'heure du couvre-feu, plongée dans ses bouquins à la bibliothèque. Elle se dirigea alors vers la salle de bain, se brossa les dents, couvrit sa nuque d'eau fraîche et enfila sa robe de nuit, avant de se faufiler sous ses couettes. Dès que sa tête se posa sur son oreiller, elle sombra.

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La lune avait disparue du ciel, sous un amas de nuages sombres, et la nuit était donc complète, sans aucune éclaircie pour trouer l'obscurité. Ce qui l'arrangeait, sans vraiment l'arranger. Il avait le sentiment d'être dans un four, la chaleur en moins, et il dirigeait son balai à l'aveuglette. James, lui, paraissait ne pas vraiment avoir de problèmes à ce niveau-là ; le vol avait toujours été comme une seconde nature chez lui.

- Tu sais, Patmol, c'est un brin pervers ce que nous nous apprêtons à faire, fit-il remarquer d'un ton léger, alors qu'il évitait avec aisance la branche crochue d'un arbre.

- Depuis quand tu t'amuses à imiter Remus ?

Il rigola.

- Laisse tomber. De toute façon, cette balade m'arrange, j'avais besoin de m'aérer…

Cette dernière phrase avait été prononcée d'un ton si piteux que Sirius devina tout de suite la raison de ce revirement de comportement. Il ricana.

- Laisse-moi deviner… Evans t'as encore dit non ?

- Je ne comprends pas… Elle avait pourtant l'air bien disposée, cette fois !

- Tu dis ça à chaque fois, Jamesie.

- Non, je ne…

- Attention, on arrive, le coupa Sirius.

Il entendit James grommeler, ce qui lui arracha un sourire, puis il parut se reprendre et il lui demanda :

- Comment tu comptes faire pour casser une vitre en silence déjà ?

- Je ne compte pas le faire. J'assommerais simplement celui qui se réveillera, répliqua Sirius, amusé.

Toutefois, lorsqu'ils arrivèrent à la fenêtre de la tour Serdaigle qu'il cherchait, ils remarquèrent qu'ils n'auraient point besoin de recourir à la force. Elle était déjà ouverte, prête à être utilisée pour une effraction. Alors, sans plus d'hésitation, Sirius se faufila souplement à l'intérieur.

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Une surface molle s'écrasa avec brutalité sur son visage, la privant de son oxygène et la tirant de ce songe douillet dans lequel elle était en train de danser dans un champ de blé sur une musique inaudible, mais poétique. Hum… Oubliez, ce n'était pas vraiment un très bon rêve, en fait. Néanmoins, la tirer de son sommeil était quelque chose de sacré, aussi hurla-t-elle le prénom de sa meilleure amie sous l'oreiller qu'elle venait de lui abattre sur la tête. Car… qui d'autre, au juste ? Elle se débarrassa de la masse blanche de plumes et le jeta, les yeux plissés, à l'aveugle. Le rire de Théa lui apprit qu'elle l'avait ratée. Elle grogna et consentit enfin à se redresser sur son lit, une main sur son front. Elle sentait déjà une migraine poindre sous sa tignasse brune. C'était un point de douleur qui ne cessait d'enfler et qui allait bientôt s'étendre sur l'intégralité de son cerveau. Bon sang, elle détestait se réveiller ainsi. Théa le faisait seulement quand elle était… Oh, nom de Dieu ! Elle se débarrassa de sa couette et se releva vivement de sa couche. L'heure, quelle heure était-il ? Bon sang, il lui restait dix minutes avant son premier cours ! Elle courut jusqu'à la salle de bain et s'empressa de s'enfermer dedans. Elle se débarrassa de son pyjama et passa par la case « douche », l'espace d'une demi-minute. Elle attacha ensuite rapidement ses cheveux en un chignon plus que lâche, enfila son uniforme qu'elle avait posé, la veille, sur le porte-serviette et ressortit sept minutes après être entrée, s'efforçant de faire sécher de l'eau qu'il y avait sur sa jupe - Merci Derson ! - en la secouant. Le dortoir était vide, excepté Théa qui était assise sur son lit, en train d'enfiler son péché mignon. S'entend par là que les chaussures du règlement n'était pas obligées à porter, depuis que certains s'étaient plaints du confort qu'offraient des mocassins et des ampoules qui en découlaient. Hum, charmant, n'est-ce pas ? Tout étant que Théa enfilait des Doc Martens noires, qui détonnaient avec son style très sage, mais qu'elle adorait porter. Elle était comme ça, Anthéa, pleine de contradictions. Nora s'avança vers elle, tout en enfilant ses hautes chaussettes grises :

- Pourquoi tu ne m'as pas réveillée avant ?

- Parce que je me suis levée cinq minutes avant toi et que je voulais profiter de la douche, avant que tu ne t'y enfermes dedans, répondit-elle, un sourire aux lèvres.

- Je croyais que tu ne te levais jamais en retard, nota-t-elle surprise.

- Les filles ont détraqué nos réveils.

Tiens, ça, c'était une première. Habituellement, Derson n'osait jamais s'en prendre à elles. Quelle sale peste ! Prêtes, elles finirent par quitter le dortoir et c'est en courant qu'elles se dirigèrent vers la salle de de cours pour Histoire de la Magie. Heureusement que leur fantomatique professeur était ce qu'il était, sinon elles auraient été bonnes pour une retenue. Là, avec un peu de chance, il ne tournerait pas même la tête vers elles et elles auraient droit à une entrée très discrète.

Elles arrivèrent devant la porte, essoufflées, et tentèrent de calmer leurs respirations avant d'entrer, luttant pour ne pas rire non plus, alors qu'elles s'observaient toutes deux, le corps plié, les mains sur les genoux, à bout de souffle. Puis, finalement, elles poussèrent le battant, Théa en tête.

- Bonjour ! Excusez-nous du re…

Elle se figea soudainement, sa jovialité disparaissant comme neige au soleil, et Nora freina à temps pour ne pas lui rentrer dedans.

- Qu'est-ce que tu fous ? Lui chuchota-t-elle à l'oreille, avant de se hisser sur la pointe des pieds pour tenter de voir ce qui l'avait arrêtée.

Toutefois, Théa la repoussa et elle fit demi-tour, la poussant encore pour ne pas qu'elle entre et voit ce qui la perturbait. Seulement, Nora était bien trop curieuse pour céder aussi facilement et les rires qui survinrent et secouèrent la classe l'intriguèrent d'autant plus. Elle se faufila à travers la poigne de son amie et ouvrit entièrement le battant pour que rien ne lui cache la vue. Aussitôt, elle plaqua son poing contre ses lèvres pour s'empêcher d'éclater en sanglots.

Autant dire que les scénarios qu'elle avait imaginés lui semblaient maintenant bien inoffensifs. Black avait fait fort. Très fort.

Les murs de l'étroite pièce étaient tous recouverts de photographies en noir et blanc, prises avec, sans doute, l'appareil de McKlein qu'ils avaient dû lui emprunter. Les clichés la représentaient, elle, profondément endormie, sereine, alors qu'elle se pensait à l'abri de tous dangers. Sur certain, ils avaient retiré sa couette, et tous pouvaient apercevoir son informe chemise de nuit, alors qu'elle était dans la position du fœtus. Sur d'autres, elle n'était plus mise en vedette, c'était le contenu de son armoire qui avait été pris en photo. Toutefois, il n'y avait pas que ça. Il y avait également ce fil à linge tendu en travers de la classe, sur lequel étaient pendu des sous-vêtements à elle. Il n'est pas utile de préciser qu'ils avaient pris les pires, ceux qu'elle ne mettait que rarement, bien évidemment. Cette culotte rose avec la lettre E en strass, celle de repos, étirée, bien trop grande, et d'une affreuse couleur beige, ce soutien-gorge en coton qu'elle avait mis de côté, à présent trop petit pour elle, ou encore ce… Minute, ce string léopard n'était pas à elle ! Les enflures, ils en avaient aussi rajouté de leur propre collection !

Par Merlin, elle allait mourir de honte ! Tous les regards étaient braqués sur elle et chaque rire était comme un coup de poignard, qui la faisait tomber plus bas que terre. Le professeur continuait à réciter son cours, avec lassitude et monotonie.

- … durant cette guerre que la Grande Famine d'Ecosse de 1756 survint, privant de nourritures les gobelins, les trolls, les sombrals, les géants…

Et elle sentait la main de Théa autour de son bras, qui essayait vainement de la tirer en arrière. Pire, elle les voyait, eux. Comme habituellement, ils étaient dans le fond et Black, Potter et Pettigrow se tenaient les côtes, secoués par des fous rires incontrôlables. Lupin, lui, la dévisageait d'un air soucieux.

- … les veracrasses, les centaures, les moldus…

Semblait-elle vraiment sur le point de craquer ? Oui, visiblement. Ils étaient entrés dans son intimité, sans son consentement, ils avaient eu à portée de mains toutes ses affaires, ses babioles qui lui étaient si précieuses sentimentalement parlant, des choses dont seule Théa connaissait l'existence. Ils s'étaient tenus en face d'elle, alors qu'elle dormait profondément, persuadée d'être en sécurité, plongée dans un inconscient délicieusement sien et inatteignable. Ils avaient bougé sa couette, l'avaient peut-être touchée - qu'en savait-elle, au juste ? - et elle n'avait rien sentit. Ils avaient violé, souillé, son espace personnel, sa vie privée.

- … les sorciers, les licornes et toutes les créatures plus ou moins magiques possédant une bouche pour pouvoir se sustenter et ainsi…

Et ils en étaient fiers. Ils en riaient. Ils avaient étalé son univers pour qu'il soit à la portée de tous. Ce n'était pas les filles, ni même juste Derson, qui avaient trafiqué leurs réveils. C'était eux, les Maraudeurs. Ils avaient tout prévu. Parce que tu crois tout savoir, alors que tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu viens de mettre les pieds. Oui, il l'avait bel et bien mise en garde.

Ses joues étaient brûlantes de gêne et de honte, ses jambes et ses mains tremblaient de rage et elle avait du mal à reprendre sa respiration, tant sa gorge était nouée. Elle sentait les doigts de Théa s'enfoncer dans sa chair pour l'éloigner de ce carnage, mais elle refusait de laisser ses affaires ici et de servir de décoration à cette salle. Elle se dégagea alors d'un petit coup sec et se rua vers le mur qui lui faisait face. Elle se mit à arracher les photos, avec des gestes hachés et violents, usant d'une brutalité à laquelle elle n'avait jamais recours et qui lui était générée par la panique et l'urgence de la situation. Elle en eut plusieurs dans la main, alors que des larmes se mirent à dessiner le pourtour de ses joues. Elle les déchira et jeta les morceaux de papier glacé par terre. Puis, elle se rua vers le fond de la salle et vint se planter devant la table de Black, où elle plaqua ses mains contre le bois, se penchant en avant et rivant son regard à celui métallique de cet abruti.

- Ça te fait rire ?

Une nouvelle vague de rire parut justement le submerger, car il ne put répondre. Nora poussa un cri de rage et renversa sa table sur le côté, alors qu'il se reculait dans un raclement désagréable de chaise pour éviter de se faire emporter, un air plus surpris sur les traits. Les papiers qui contenaient le peu de cours qu'il avait noté volèrent dans les airs, alors que le petit bureau s'abattit en un bruit sourd sur les pierres du sol. Un silence de mort se mit à régner dans la salle. On n'entendit plus rien d'autre que le discours répétitif du fantôme. Une esquisse de sourire narquois se dessina alors sur les lèvres de Black. Il avait gagné, il avait touché une corde sensible et il le savait. « Chacun son tour », paraissait vouloir dire son regard. Elle voulut se ruer vers lui pour lui faire ravaler sa foutue prétention, mais quelqu'un la retint, lui prenant les deux bras pour la tirer en arrière. Elle tenta de se débattre furieusement, mais un bras glissa autour de sa taille et la maintint fermement. Ils remontèrent le long de la rangée et elle cessa de bouger. Tout du moins, jusqu'à ce qu'ils repassent sous le fil de nylon maintenant ses sous-vêtements. Elle serra la mâchoire et se remit à gigoter pour pouvoir arracher certaines de ses affaires, qu'elle serra ensuite furieusement dans son poing. Puis, celui qui la maintenait réussit à la sortir hors de la salle. Théa referma la porte, alors que leur professeur continuait inlassablement :

- … pouvoir réussir à attaquer ceux qui les avaient…

La fraîcheur du couloir la heurta plus durement qu'une gifle, mais sa colère ne s'atténua pas réellement. Il avait osé venir fouiller dans sa vie, dans son intimité, dans son passé ! Elle avait l'impression qu'elle ne pourrait plus jamais fermer les yeux, sans se sentir épiée. Elle se sentait mal, sa migraine était revenue au galop. On lui relâcha les bras et elle se retourna vivement. C'était Lupin. Elle ne l'avait pas même vu bondir de sa chaise pour la retenir à temps de se jeter sur son copain, tiens. Elle lui offrit un regard furieux et s'avança précipitamment vers lui. Théa se jeta sur elle pour faire barrage de son corps et la serra dans ses bras, lui demandant à voix basse de se calmer. Elle aurait bien aimé, mais elle n'y arrivait tout simplement pas. Elle avait l'impression d'être entrée dans une classe de science, où son corps et son fonctionnement avaient été offerts à une bande de chercheurs en culottes courtes, qui avaient ri bêtement et méchamment en voyant le peu qu'elle avait à offrir. Elle se sentait blessée, mortifiée.

- Je suis désolé, je ne savais pas ce qu'ils avaient prévu, intervint la voix chaude et basse de Lupin.

Ses poings se serrèrent et elle renifla aussi dignement que possible, tentant de ravaler ses larmes et ses insultes qui lui entravaient la gorge. Théa posa sa tête sur son épaule et glissa une main dans ses cheveux, tentant de la réconforter, comme elle pouvait. Et même si cette intention fut maladroite, Nora l'en remercia silencieusement. Elle savait que son amie n'était guère à l'aise avec les sentiments et tous ces gestes d'affection et qu'elle devait elle-même se sentir mal à l'aise que quelqu'un soit entré dans leur dortoir. Pourtant, elle était là. Ce qui amoindrit un peu sa peine, mais pas sa colère. Elle releva son regard assombri vers Lupin et se rendit compte qu'elle tenait encore ses sous-vêtements entre ses doigts. À quoi bon les ramener dans sa chambre ? Ils avaient été salis par le toucher de ce crétin chevelu et elle préférait ne plus jamais les voir. Alors, elle les jeta rageusement par terre, aux pieds du brun, et elle lui cracha :

- Dis à tes petits copains qu'ils vont entendre parler de moi.

oOo

Et voilà ! Si ça vous plaît, si vous avez des questions ou mêmes des critiques, n'hésitez pas à poster une petite review pour me le faire savoir ! Et si vous me le demandez dans l'une de ces reviews, je vous envoie un court extrait du chapitre suivant sur votre boîte mp (pour les invités, vous pouvez me donner un email).

Bien à vous, Hidra.