.o0 Chapitre I : Le Roi & Moi 0o.
Quatorze années se sont écoulées depuis le jour où le Prince du Royaume du Bleu, Aomine Daiki, a fait l'acquisition de son nouvel animal de compagnie. Ce dernier n'étant qu'âgé de deux ans à peine lors des événements, il a rapidement tout oublié de son « enlèvement », ainsi que de la mort de ses parents. Aussi longtemps qu'il s'en souvienne il a toujours vécu au palais royal, élevé par les servantes et tenant compagnie au Prince. Ce dernier avait, au premier regard, sut que cet enfant était fait pour lui appartenir. Ainsi, il ne laissait que très peu de personne approcher son bien. Daiki était un enfant intelligent : il savait que Tetsuya avait quelque chose qui produisait de drôles d'effets sur les adultes. Quand il était rentré au château avec son nouveau compagnon, il avait voulut le montrer à tous les résidents du palais. Et tous, sans exception, avait regardé le petit garçon à la chevelure turquoise avec des yeux brillant de désir. Et même s'il n'avait que douze ans à cette époque, Daiki était précoce. La douce odeur qui fleurait de ce gamin n'avait pour le moment aucun effet sur lui, sûrement parce qu'il était trop jeune. Mais les adultes, eux, ressentaient immédiatement du désir pour ce petit être. De ce fait, le Prince avait exigé que Tetsuya porte toujours une grosse cape de cuire recouverte d'une huile spéciale afin de masquer son odeur. Ainsi, personne n'agresserait le petit turquoise. Il appartenait à lui et à lui seul. Tetsuya grandit donc au palais, ne recevant cependant pas la moindre éducation. Tout ce qu'il avait à faire, s'était écouté le jeune Prince quand ce dernier le désirait, et parler quand il lui ordonnait. Le Turquais devint donc un être renfermé, quasi-muet et transparent comme de l'eau de source...
- Tetsu ! Viens part là plutôt que de bâiller aux corneilles !
Reconnaissant la voix du jeune Roi entre mille, le concerné quitta la chaise sur laquelle il était installé depuis une heure et trente sept minutes exactement pour s'approcher de son maître. Désormais âgé de vingt six ans, Daiki n'avait plus rien du Prince qui l'avait recueillit à son plus jeune âge. Le Roi Aoi était décédé dix ans auparavant, élevant son fils de seize ans au titre de souverain. Têtu mais stratège, Daiki avait vite prouvé à ses Conseillers que, malgré son jeune âge, il savait diriger son pays dans les règles de l'art. Cela faisait désormais dix années qu'il régnait sur le Royaume du Bleu, et ce dernier avait assujettit trois grosses nations sous sa tutelle. On parlait de lui comme étant le Roi le plus brillant depuis cinq générations.
- Que puis-je faire pour vous, Monseigneur ? Demanda le plus jeune.
Le Roi le regarda droit dans les yeux, mais Tetsuya ne broncha pas. Il connaissait mieux que personne ce monarque. Cela ne voulait pas dire qu'il ne le craignait pas. Il pouvait le faire tuer d'un claquement de doigt. Et aussi pénible soit-elle, le turquoise y tenait, à sa vie.
- Dis moi c'que tu penses de c'tableau.
Il pointa du doigt la peinture en question. Elle représentait une scène de chasse, où plusieurs hommes perchés sur des chevaux suivaient quelques chiens. Ces derniers semblaient poursuivre un oiseau, une perdrix peut-être. Le premier plan du décor représentait les sous-bois et le moindre détails étaient présent. Au loin, le palais apparaissait en contre-jour sous la pâle lueur du crépuscule. Bien sûr, pour un néophyte comme Tetsuya qui n'avait jamais tenu un pinceau de toute sa vie, ce tableau était une pure merveille. Mais son Roi était un homme critique, ayant apprit à différencier une belle peinture d'un chef-d'œuvre. Cependant, Daiki lui ordonnait toujours de donner son avis, même s'il était contraire au sien. Alors le bleu répondit d'une voix plate :
- Je trouve ceci très beau.
Il lui sembla voir le peintre frissonner de plaisir. Mais il ne devait pas crier victoire trop tôt. Ce n'est pas la première fois que le monarque lui demande son avis, que Tetsuya dise trouver l'œuvre jolie et que, finalement, il renvoi l'artiste en critiquant sa création avec violence. Le Roi resta silencieux quelques minutes, examinant la peinture avec beaucoup d'intérêt. Le plus jeune ne bougea pas d'un cil, ayant fait sa part du boulot.
- C'pas trop mal en effet, fit finalement le souverain. Cependant, je trouve le ciel un peu unicolore. Je pense qu'un peu plus de orange foncé ici serait mieux. Arrange ceci et je te l'achète.
- Oh merci Monseigneur, merci !
Le peintre recouvrit son œuvre d'un drap et la retira du chevalet sur laquelle elle était exposée. Il s'inclina profondément devant son roi, quittant la salle à reculons. L'artiste ne se redressa et ne tourna les talons que pour disparaître hors de la pièce. Le Roi se tourna ensuite vers son serviteur qui baissa aussitôt les yeux. Il n'aimait pas quand ils étaient seuls. C'est dans ces moments que le souverain en profitait pour lui faire ça. Et Tetsuya avait encore la marque du dernier traitement. Ne voulant pas que son corps soit plus marqué, il faisait en sorte de passer le plus de temps possible loin de son monarque. Sans aucun doute, ce dernier l'avait remarqué.
- Tu t'améliores en critique de tableau, siffla le Roi d'une voix moqueuse.
- Je ne suis malheureusement pas un expert Majesté, veuillez m'en excuser.
- Mouais, depuis le temps que je t'en montre, tu devrais savoir faire la différence. Mais celui-là n'était pas trop mal. Le peintre est jeune, il s'améliorera.
Tetsuya ne répliqua pas. Le Roi rejoignit son trône, dans lequel il s'affala. Il poussa un long bâillement puis dit à son serviteur :
- Mange avec moi ce soir. Les domestiques servirons le repas mes appartements. Tu sais par où passé. Sois là avant dix neuf heure. Pendant ce temps, occupe-toi comme tu veux.
Le turquoise s'inclina profondément et quitta la salle du trône. Il n'aimait pas quand il le conviait à dîner. A coup sûr, il allait finir par le toucher. Pas que c'était véritablement désagréable mais leurs derniers ébats remontaient à trois jours. Le Roi allait sûrement être plus violent qu'à l'accoutumé. Mais Tetsuya s'y était habitué. En attendant, il avait trois heures de libre. Mais que faire ? Ce n'est pas comme s'il était très occupé. Peut-être devrait-il faire un passage aux cuisines pour aider les domestiques ? Il avait envi de voir Rosa, celle qui l'avait élevé. Peut-être même croiserait-il Seijuro ? Quoi que, il ne passe plus que très rarement à la cuisine. Depuis qu'il est devenu le Premier Conseiller du Roi, le rouge rend moins visite à sa mère nourricière. Heureusement que Tetsuya était là pour combler le cœur de la vieille servante.
Il connaissait le chemin menant aux cuisines par cœur. Combien de fois, enfant, avait-il foulé cette mosaïque rouge ? L'odeur du repas chatouillant les narines du bleu lui indiqua que Rosa devait déjà être venant les fourneaux. Mais la servante avait toujours un peu de temps pour son petit protégé. Ce dernier arriva rapidement à destination. La chaleur était insupportable, surtout sous cette grosse cape qu'il portait presque constamment sur les épaules. En voyant Tetsuya, une vieille servante aux cheveux grisonnant abandonnant la pâte à pain qu'elle malaxait pour serrer le garçon contre sa large poitrine. Ce dernier laissa un petit sourire étendre ses lèvres. Il aimait beaucoup cette dame : elle a toujours était là pour lui et, contrairement à d'autres, n'a jamais essayé de lui retirer sa cape de cuire. Elle saisissait l'importance de ce vêtement et la respectait. Cela ne devait pas être simple tout les jours pour son petit protégé de toujours être affublé de ce vêtement. Tant qu'à faire, le Roi pourrait lui fournir une cape plus jolie. Après tout, il était son favori, bien que Rosa se doutait bien que, lorsqu'ils n'étaient que tout les deux, Tetsuya ne gardait pas sa cape.
- Tetsuya mon garçon, voilà un temps que tu n'es pas venu aux cuisines ! Comment vas-tu ? Tu as encore maigri ?
Elle palpa les côtes du turquoise qui, chatouilla, le trémoussa. La vieille servante ne semblait pas apprécié de voir que son petit protégé perdait ainsi du poids.
- Tu es sûr que ce Roi te nourri bien ? Tu as encore perdu du poids depuis la dernière fois, et on ne peut pas dire que tu aies des réserves.
- Je mange à ma faim.
- C'est ça le problème, car tu n'as jamais faim.
Rosa alla piocher quelques petites tartelettes sur la table et les enveloppa dans un petit torchon. Elle les remit à Tetsuya avec un grand sourire. Le jeune homme poussa un soupir. La domestique savait qu'il n'aimait pas ce qui était trop sucré. Or, ces tartelettes en contenaient plus que nécessaire. Bon, il les mangera pour lui faire plaisir, mais se forcera.
- Tu n'aurais pas vu Seijuro ? Ca fait un moment que je ne l'ai pas vu.
- Tu sais, maintenant qu'il est le Premier Conseiller du Roi, il a moins de temps à accorder à ses affaires personnelles.
- Toi aussi, et pourtant tu viens toujours me rendre visite au moins une fois par semaine. Tu es unique, mon garçon.
Unique ? Encore un mot dont le jeune homme ignorait la signification. Mais venant de Rosa, c'était forcément un compliment alors il ne broncha pas. Ils discutèrent encore quelques minutes, avant que la domestique ne retourne aux fourneaux. Ne pouvant pas apporter d'aide aux cuisinières, Tetsuya quitta les cuisines et rejoignit sa chambre. Enfin, si on peut appeler ceci une chambre. En effet, le turquoise logeait dans une toute petite pièce où rentrait à peine un petit lit miteux et une grosse bassine en bois. Sur de petites étagères trônaient de minuscules flacons d'huile. Le Roi veillait à ce qu'il en possède toujours assez pour que son animal puisse masquer son odeur aux autres résidents du château. Il n'avait pas d'armoire, car une servante personnelle du Roi lui apportait ses tenues chaque jour. D'ailleurs, une nouvelle tunique était pliée sur le lit du turquoise. Il avait encore un peu de temps à tuer avant le repas, mais il ignorait réellement quoi faire. Tetsuya se laissa tomber sur son lit, et le vieux bois gémit sous son poids, bien que peu élevé. Le turquoise aurait bien voulu se laver mais la bassine était vide. Le Roi n'avait donc pas ordonné à sa domestique personnelle de la lui remplir. Tetsuya ferma les yeux. Le silence lui pesait. Parfois, quand il était seul comme à cet instant, il repensait à sa jeunesse. Il se revoyait petit garçon courant après Seijuro qui riait aux éclats. Il se souvenait de leurs parties de cache-cache dans le château, à se courser comme les enfants du village. Certes Tetsuya devait rejoindre le Prince quand ce dernier le lui ordonnait, mais les jeux avec celui qu'il considérait comme son frère gorgeait son cœur de joie. Même si le meilleur souvenir qui lui restait de ces jeunes années étaient les berceuses que leur chantait toujours Rosa au moment de les mettre au lit. D'ailleurs, Tetsuya en avant une en tête...Sans s'en rendre réellement compte, il se mit à chantonner.
« Toku no yama no itada kite
Yuki ga toke nagare to nari
Buna no mori de midori ni somaru...
Satou wa ima hana ni umore
Hana yori utsukushii otome ga...
Buna no... mori de... ai wo, chikau...
Waka mo no you...
Midori no mizu ni hashi wo nurashi...
Shika no you ni dakete oi de...
Hana ga chiru mae ni otome no kami ni u chizu ke wo, shite... »
Combien de fois Rosa leur avait-elle chanté en les bordant ? Comment de fois ces douces paroles avaient endormi le turquoise ? Et depuis combien de temps ne l'avait-il pas entendu … ? Il soupira en se redressant. Il ne devait pas replonger dans ses souvenirs. Le passé était derrière lui, ça ne servait à rien de s'y accrocher. Tetsuya devait vivre dans le présent, aussi dur soit-il. Il aurait voulu dormir, mais le Roi ne tolérait aucune absence. Surtout lorsqu'il l'avait prévenu en avance. Le turquoise espérait que l'heure arrive bientôt. Plus tôt y il était plus tôt ça finirait. La nuit était son seul refuge, le seul moment où il n'avait pas peur de ce qui pourrait lui arriver.
Tetsuya retira sa cape de ses épaules et la suspendit au petit crochet de la porte. Il se sentait tellement plus libre sans cet habit. Il se dévêtit lentement, troquant sa tunique brune contre la bleue foncée fournit par son souverain. Il se mettait aux couleurs du pays, comme lors de tout ses dîners avec Daiki. Ensuite, le turquoise déposa ses yeux sur la pendule, rare « luxe » que lui offrait son Roi. Silencieux, droit comme un i, il regarda la trotteuse passée devant les chiffres en produisant ses petits « tic tac tic tac ». Beaucoup trouvait ce bruit insupportable, mais Tetsuya le trouvait reposant. Il aimait le bruit du temps.
Dix-neuf heure sonna enfin, la cloche de l'Eglise se chargeant de l'annoncer à l'ensemble du Pays du Bleu. Par la petite fenêtre de sa chambre, Tetsuya admira la Maison du Tout-Puissant quelques secondes. Puis, poussant un léger soupir, il se dirigea vers la seconde porte de la chambre. Une porte secrète. Il se posta près de son lit et fit pression sur le mur. Un morceau de ce dernier s'éloigna et pivota. Un passage sombre s'ouvrit devant le jeune homme. Il connaissait ce corridor par cœur au point qu'il n'avait même plus besoin de l'éclairer. Il s'avança dans les ténèbres, prenant soin de bien refermer la porte secrète derrière lui. Plongé dans l'obscurité la plus totale, Tetsuya avança d'un pas assuré. Le boyau était étroit mais, fluet comme il était, le turquoise n'avait aucune difficulté à y progresser. Il marcha pendant quelques minutes puis un léger faisceau de lumière apparut. Arrivé à destination, Tetsuya toqua légèrement sur le mur en face de lui puis le poussa, comme il avait fait avec sa propre porte. Le mur pivota et le jeune homme ferma les yeux, éblouit par la soudaine luminosité. Il les rouvrit quelques secondes plus tard et détailla ce mobilier qu'il connaissait par cœur. Cet immense lit à baldaquin, aux draps de sois bleu foncé, ces élégantes armoires aux bois sculptés par les meilleurs artisans du continent, ces tapis de luxe si doux sous les pieds et cette table...Cette table de verre aux pieds de fer forgé où étaient déposées diverses victuailles tout aussi alléchantes les une que les autres. Et face à cette table, affalé dans son précieux fauteuil de velours bleu, le Roi aux yeux de fauve qui fixait le nouvel arrivé comme s'il souhaitait l'ajouter aux mets présents sous ses yeux.
- T'es en retard, Tetsu ! Dix neuf heure, c'pas la même chose que dix neuf heure cinq.
- Veuillez accepter mes plus sincères excuses.
- Rhô et arrête de faire le p'tit saint ! Assis-toi, j'crève la dalle.
Tetsuya ne se le fit pas prier deux fois. Il n'avait pas envi d'irriter d'avantage le monarque. Il prit place sur sa chaise habituelle, c'est-à-dire celle à côté du Roi. Puis il attendit que Daiki se serve le premier. C'était la règle : le Roi annonçait le début du repas en enfournant sa première fourchette, et déterminait la fin lorsqu'il engloutissait son dernier met. Le repas débuta lorsque le souverain attrapa une cuisse de poulet et qu'il arracha la viande de l'os d'un coup de dent précis. Lorsqu'il mangeait avec son serviteur, Daiki ne s'embêtait pas avec les bonnes manières comme il le faisait lorsqu'il dînait avec sa cours. Il agissait au naturel avec Tetsu, car il le connaissait comme le turquoise le connaissait. Bon, le plus jeune ignorait encore beaucoup de chose concernant son aîné, mais il n'avait pas besoin de tout savoir. Il en savait suffisamment. Comme à l'ordinaire, Tetsuya mangeait calmement, en silence, tenant délicatement sa fourchette en argent entre ses petits doigts pâles. Il prenait de toutes petites portions dans sa bouche, les mâchaient longuement et les avalait sans faire le moindre bruit. En tout engloutissant sa nourriture comme un ogre, Daiki observait son animal. Malgré ses seize ans, il ressemblait encore à un enfant. Tout en lui respirait la candeur. Et c'est sûrement cela qui plaisait le plus au Roi. Ce gamin ressemblait à un ange, un véritable serviteur du Tout-Puissant. Et lui, le peuple le qualifiait de « diable ». Et pour un diable, dominé un ange est quelque chose de jouissif, qui le rendait presque fou. Il avait d'ailleurs hâte de finir son repas pour dévorer son véritable festin. Tetsuya, de son côté, mangeait sans faim. Il se forçait pour ne pas déplaire au Roi, mais chaque bouchées étaient de trop. Mais il ne pouvait arrêter tant que le Roi ne l'avait pas fait. Et le turquoise savait que l'estomac de son souverain était long à combler. C'est pourquoi il mangeait lentement, prenant de toutes petites portions de nourriture. Daiki se servit alors un verre de vin, puis remplit celui de son cadet en sachant qu'il n'aimait pas ça. Néanmoins, Tetsuya se força à avaler la boisson bien que le goût le fasse grimacer. Le Roi ricana et vida son verre cul-sec. Le repas s'éternisa ainsi, le Roi enchaînant les verre de vin, servant sans cesse le turquoise qui ne pouvait faire autre chose que de boire. Tenant l'alcool comme personne sur le continent, le Roi termina sa seconde bouteille sans voir trouble. Tetsuya, pour sa part, avait les joues rosies, la tête qui tournait et des nausées. Il ne se sentait vraiment pas bien. Quand son souverain s'affala dans son fauteuil en passant un long soupir d'aise, le plus jeune comprit que le repas était enfin terminé. Néanmoins, ça ne voulait pas dire que la soirée l'était. En effet, le Roi fixait désormais son animal avec un regard de prédateur.
- Viens par-là.
Ordonna-t-il en levant son index tout en le remuant, invitant son interlocuteur à le rejoindre. Tetsuya se leva de sa chaise en titubant, ses jambes menaçant de céder sous lui. Et justement, il s'effondra lorsqu'il lâcha le dossier de sa chaise. Le Roi éclata d'un rire rauque, faisant frissonner le turquoise. Daiki se leva et s'accroupit devant son cadet qui se redressait lentement. Il lui attrapa le menton et planta ses iris de fauve dans les azurs de son vis-à-vis. Azurs qui, en ce moment même, étaient voilés par l'alcool.
- Tu ne tiens vraiment pas l'alcool, hein ?
Il rit à gorge déployée, s'amusant de l'état de Tetsuya. Comme il était faible...Ah, comme il était plaisant de le voir à ses pieds de la sorte ! Il ressemblait à ses prêcheurs qui rampent devant les statues du Tout-Puissant. Daiki attrapa le turquoise et le souleva sans difficulté, pour ensuite le laisser tomber dans son fauteuil. Il se posta au dessus de lui, le dominant largement. Recroquevillé au fond des coussins en velours, Tetsuya offrait à son Roi une vue tout simplement exquise à ses yeux. Le voir aussi innocent lui donnait tant envi de le salir, de lui faire du mal. Pourquoi est-ce que ce petit bout d'homme lui procurait toutes ses sensations contradictoires ? L'envi, la passion, la haine, le désir, la douleur...Il voulait l'entendre hurler de douleur et le voir se tordre sous lui, lui supplier d'arrêter mais en même temps lui demander de continuer, de ne jamais s'arrêter. Daiki voulait que ce gamin ne voit que lui, qu'il le respecte plus que quiconque, qu'il lui voue un culte plus puissant encore que celui que vouait l'ensemble des habitants du continent au Tout-Puissant. Il voulait que son cœur batte pour lui, qu'il s'apitoie de ses malheurs et s'enorgueillisse de ses victoires. Le Roi voulait que Tetsuya n'appartienne qu'à lui seul.
Ne pouvant plus résister à la tentation, il happa les lèvres roses du plus jeune qui se laissa faire, complètement soumis à son Roi. Ce dernier glissa ses mains sous la tunique de son cadet, caressant sa peau brûlante, alors que sa langue se frayait un chemin entre ses lèvres afin d'aller à la rencontre de sa congénère. Quand elle l'a trouva, elle la cajola sans douceur, la forçant à danser avec elle avec insistance. Obéissante, la langue du turquoise répondit à sa camarade et s'accompagna dans son ballet humide. Dévorant littéralement les lèvres de son vis-à-vis, Daiki senti le goût métallique du sang glisser dans sa gorge. Il rompit le baiser, mais un filet de salive subsista entre leurs bouches. Tetsuya respirait fort. Il avait chaud, autant à cause de l'alcool qu'à cause de leur activité. Le lien entre leurs lèvres se brisa, s'étalant sur le menton pâle du plus jeune. Ce dernier dégluti avec difficulté, sa salive mêlant celle de son Roi et son propre sang. Ses lèvres gonflées et blessées le faisait souffrir. Il donnerait tout ce qu'il pour se réfugier dans les bras de Rosa comme il le faisait petit garçon, quand Seijuro le blessait lors de leurs jeux. Daiki plongea ses mains dans la chevelure turquoise de son cadet puis y fourra son visage, humant à plein poumon leur odeur. Mais le Roi recula vite la tête et poussa un grognement d'insatisfaction.
- T'as mis trop d'huiles sur c'te saloperie de cape, ton odeur est complètement masquée.
Il se redressa et se releva, s'éloignait de Tetsuya qui resta néanmoins recroquevillé sur les coussins.
- J'vais t'faire remplir ta bassine, retire ces putains d'parfums. Ne remet pas ta cape. Ne sors pas de ta chambre. Maintenant, dégage, et fissa.
Le turquoise se releva avec peine, titubant dangereusement. Mais le Roi ne fit pas un seul mouvement pour l'aider. Arrivé près de la porte cachée, Tetsuya décrit une maladroite révérence, s'excusa et souhaita une bonne soirée à son souverain avant de s'engager dans le chemin obscur. Ce dernier lui parut interminable et le turquoise crut bien s'effrondrer avant d'arriver à destination. Quand il arriva enfin dans sa chambre, il referma le passage hâtivement et s'écroula sur son lit, mort de fatigue. Le lendemain, il passera sa journée enfermée dans cette petite pièce...Cette seule pensée brisa son cœur déjà souffrant. Il ferma les yeux et plongea la seconde d'après dans un profond sommeil.
Et voilà le premier chapitre :D L'action peut paraître un peu longue mais ça me permet de bien mettre le décor en place, ainsi que mieux montrer les relations entre les personnages. Je le fais bien Ao' ou il est trop OOC à votre goût ? N'hésitez pas à me le dire ! Hm d'ailleurs, je pense que la fiction va bientôt passer en M, j'espère que ça dérangera personne 'w' . Oh et désolée s'il y a des fautes, je ne me suis pas relue ... Honte à moi.
Dans ce chapitre, j'ai fais chanté Kuroko. Oui, je l'imagine bien chanter 3 Connaissez-vous l'origine de cette berceuse ? :) Le premier ( ou la première ) à me donner le titre du manga dont je l'ai tiré, je lui offre euh...Son personnage préféré de Kuroko no Basket attaché nu dans sa chambre ? Ou alors celui qui trouve me dit simplement ce qu'il veut et je tenterais de le combler ... :D J'annoncerais les résultats dans le prochain chapitre !
Je voudrais remercier Kinjiro1994, oAo, Serenna14, AliceGarden & Blue Luminary pour leurs reviews ! Ca me fait vraiment plaisir que ce que j'écris vous plaise, et j'espère que ce premier chapitre sera à votre goût 3
Gros bisous à tous et à toutes et ... Vive Kuroko ! 3
Soso-Kum
