.o0 Chapitre II : Plan de Guerre 0o.

Il lui courait après depuis dix bonnes minutes, mais il ne parvenait pas à l'attraper. Elle était trop rapide pour ses petites gambettes d'enfant. Et pourtant, il n'abandonnait pas. Il voulait faire comme son papa, et l'attraper pour la traire. Il suffisait juste de lui attraper les cornes et elle se laisserait faire. Il tendit ses petits bras, ses doigts frôlèrent la kératine mais l'animal s'esquiva avec souplesse. Il bascula alors en avant et tomba à genoux dans l'herbe rase de l'enclos.

- Tetsu, mon chéri, laisse Sarada tranquille et viens jouer dans la maison.

Le bambin se releva et regarda sa mère de ses magnifiques yeux turquoises. Ne résistant pas à l'adorable bouille de son enfant, la jeune femme vint le cueillir au creux de ses bras pour couvrir son visage de porcelaine d'une myriade de baisers. Le petit garçon pouffa tout en se tortillant, très chatouilleux. Sa mère le pressa contre sa poitrine et l'enfant se laissa bercer par les battements de son cœur.

- Je t'aime tant, mon petit Tetsuya...

Tetsuya se réveilla en sursaut sur son lit miteux, faisant gémir le vieux bois. C'était quoi, ce rêve étrange ? Et qui était cette femme ? Il passa une main dans sa chevelure trempée de transpiration. Cela devait être la cause de la quantité d'alcool ingurgitée la veille. Et son mal de tête semblait d'accord avec cette hypothèse. Son estomac se tordait, lui donnant des nausées.

Le jeune garçon se laissa doucement retomber sur son matelas. Il s'était réveillé trop précipitamment, il devait se calmer. Le turquoise inspira profondément et ferma les yeux. Il devait sûrement être tôt, car la lumière filtrant par sa fenêtre ne l'avait même pas éblouit. Le jeune garçon aurait pensé dormir plus longtemps suite aux événements de la veille. Il porta ses doigts à ses lèvres et les palpa. Elles n'étaient plus gonflées mais quelques petites croûtes s'étaient formées là où le Roi l'avait mordu.

N'importe qui à la place de Tetsuya lui en aurait voulu. Mais le turquoise pouvait recevoir les pires traitements de la part de son Roi qu'il répondrait toujours présent si Daiki le désirait. Et pour une raison toute simple : il le connaissait. Mieux que quiconque dans le Royaume, au même mieux que quiconque sur le continent. Personne n'en savait autant que Tetsuya sur le monarque à la chevelure foncée. Ce dernier avait souffert dans son enfance, et le jeune garçon avait été aux premières loges. Il était le seul à pouvoir mettre du baume sur le cœur sanguinolent du Roi.

La cloche de l'Église sonna, appelant les villageois au travail. Bientôt, les rues du Royaume résonneraient des activités du peuple. Tetsuya comprit qu'il pourrait encore dormir un moment, car Daiki n'était vraiment pas un lève-tôt. Et ses Conseillers avaient apprit bien à leurs dépends qu'il était dangereux de tirer le Roi de son sommeil. Le seul qui ne risquait – presque – rien en le réveillant, c'était Tetsuya. Même si son monarque agissait parfois violemment avec lui, il pouvait également être plus doux qu'un agneau. Mais bien sûr, tout le monde ne voyait la face émergée de l'iceberg.

Tetsuya parvint à se rendormir qu'une petite heure, et tenta de grappiller encore un peu de sommeil, bien en vain. Néanmoins, il remarqua que la grande bassine avait été rempli. Cela signifiait deux choses. Une, que le monarque était déjà réveillé car c'était sa domestique personnelle qui s'occupait des besoins de Tetsuya. Deux, que Daiki voulait que son « protégé » se débarrasse de l'odeur des huiles. En temps normal, le bleuté n'en mettait que sur sa cape, afin que cette dernière masque complètement son propre parfum. Mais quand il craignait que son Roi ne le touche, il en mettait instinctivement dans la chevelure turquoise afin de lui échapper. C'était grâce à cela que le turquoise avait évité les ébats de la veille.

Tetsuya se résolu à quitter sa couche qui ne lui avait jamais semblé aussi confortable. Il retira la tunique bleu foncée qu'il n'avait pas prit la peine d'enlever après son repas avec le Roi. L'alcool mêlé à la fatigue l'avaient jeté dans les bras de Morphée au moment même où il était revenu dans sa chambre. Nu comme au jour de sa naissance, il s'approcha de la bassine et y trempa un doigt. Oh, l'eau était chaude. C'était bien la première fois. En temps normal elle était tiède, limite froide. Son Roi commençait-il à fournir des efforts ? Le turquoise se glissa dans la grande bassine où il tenait largement sans avoir à plié les genoux. En même temps, sa petite taille n'y était pas pour rien. La chaleur de l'eau le détendit rapidement et il poussa un soupir d'aise. Il aurait aimé resté ici des heures et des heures. Tout était silencieux, il n'entendait même pas l'activité des villageois pourtant bruyants à cette heure de la journée.

A contrecœur le turquoise s'obligea à sortir de l'eau, ayant bien fait en sorte qu'il ne reste plus aucune trace d'huile parfumée dans ses cheveux bleu. Puisque Tetsuya ne se rendait pas compte de son odeur particulière, il n'arrivait pas à déterminé quand elle était odorante. Oh et puis, Daiki aura tôt fait de le lui dire...Le jeune garçon s'étonnait même qu'il ne l'ai pas encore convié. S'il lui avait ordonné de ne pas mettre sa cape, c'est qu'il allait sans aucun doute l'inviter dans ses appartements à un moment ou un autre. Et tout ce qu'il pouvait faire, s'était attendre. Il se vêtit avant de prendre froid et se mit à la fenêtre afin d'observer le village. Des enfants se poursuivaient en riant, zigzaguant entre les villageois. En les voyant jouer, Tetsuya se rappela des jeux qu'il faisait avec Seijuro. Rosa les avait souvent retrouvés en train de se poursuivre dans le palais, comme le faisant ces enfants sur la place.

Plongé dans ses souvenirs, Tetsuya n'entendit pas la porte secrète s'ouvrir sur son Roi. Ce dernier resta un moment immobile à observer le turquoise. Quand il était perdu dans ses pensées, il ressemblait encore plus à un ange. Il s'avança et enlaça le plus petit par derrière, déposant son front sur les cheveux humides de son protégé. Ce dernier eut un hoquet de surprise. Normalement, Daiki ne venait jamais ici. Il était loin du luxe de ses appartements. Le Roi enfouit alors son visage dans la chevelure de Tetsuya, humant la délicieuse odeur qu'il dégageait. Ses mains glissèrent sous la tunique du plus jeune qu'il senti frissonner. Le monarque déposa quelques baisers dans son cou, descendant jusqu'à ses frêles épaules. Finalement, Daiki força le plus jeune à lui faire face afin de happer ses lèvres. Il l'embrassa fiévreusement, sa langue cajolant sa congénère qui répondit tout de suite à ses avances. Le Roi était heureux que son petit protégé ne le repousse pas malgré les événements de la veille. Mais il avait tellement eu envi de lui qu'il en était devenu fou. Heureusement que l'odeur de lavande dans les cheveux de son partenaire avait atténué son excitation.

Daiki rompit le baiser afin de reprendre sa respiration, tandis que son petit partenaire haletait déjà. Du bout de ses longs doigts, il frôla les petites croûtes qui s'étaient formées sur les lèvres de Tetsuya. Quelque part, le Roi s'en voulait beaucoup. Il l'avait blessé, une nouvelle fois. Le pire, c'est qu'il ne le remarquait qu'après, il n'avait pas conscience que certaines de ses actions blessait Tetsuya. Mais là, maintenant, il ne souhaitait pour rien au monde lui faire de mal. Il le souleva avec une facilité déconcertante et l'assit sur le lit. Ce dernier était en si mauvais état qu'il ne pourrait certainement pas supporter le poids des deux hommes. Daiki devait vraiment lui en fournir un meilleur. Mais pour le moment, il préférait se concentrer sur le turquoise aux joues roses qui serrait fort sa tunique dans ses petites mains pâles. De nouveau, le Roi prit possession de ses lèvres, faisant glisser sa langue sur ces dernières, comme s'il voulait faire disparaître ces croûtes à tout jamais.

Tetsuya, de son côté, gémissait des caresses de son souverain. Quand il se montrait si tendre, il ne pouvait pas lui refuser un peu d'amour. Il poussa un petit gémissement quand son souverain glissa ses mains chaudes et expertes dans son pantalon, en quête de l'objet de son désir. Mais alors qu'ils allaient passés aux choses sérieuses, la cloche signalant l'arrivée de personnages importants au palais sonna. Daiki poussa un cri d'exaspération. Ils avaient vraiment mal choisi leur moment ! Contraint d'abandonner son activité, il s'éloigna de son protégé. Ce dernier était frustré, mais il ne pouvait décidément pas l'avouer à son Roi. Si des personnages importants se présentaient au palais, ce n'était pas pour rien. Toujours haletant, Tetsuya remit le haut de sa tunique en place.

- Mets ta cape et viens avec moi.

Fit le Roi en tendant le vêtement en cuire au plus jeune. Ce dernier obéit sur le champ, puis suivit Daiki dans le passage secret. Telle une ombre, il marcha derrière son Roi tandis que ce dernier arrivait dans ses appartements. Il se changea sans aucune gêne sous le regard embarrassé du plus petit. Une fois en tenue d'apparat – que Daiki se devait de porter en présence de personnage important de la Cours – le souverain prit la direction de la salle d'audience. Tetsuya lui emboîta le pas sans un mot, curieux de savoir qui voulait rencontrer son Roi aussi tôt.

La salle d'audience était impressionnante, même pour Tetsuya qui l'avait pourtant de maintes et maintes fois admirée. Le Royaume du Bleu étant réputé par sa soie, elle était l'élément principal du décor, que ce soit des rideaux, des drapeaux ou des tapis. Le trône du Roi, incrusté de petites pierres précieuses venant directement des mines du Pays du Violet, possédait lui-même des oreillers en soie bleue plus doux encore qu'une peluche. La pièce elle-même arborait les couleurs du Pays, c'est-à-dire le bleu foncé, même si nombres de ses meubles provenaient du Pays du Marron ou du Pays du Rouge.

Daiki s'installa sur son trône et Tetsuya se plaça juste à côté de lui. Ils n'avaient plus qu'à attendre les invités.

La porte s'ouvrit, découvrant une cohorte d'hommes en armure reluisante. A leur tête, un petit homme aux cheveux rouge et au regard bicolore affichait une mine sérieuse. Ceux qui lui emboîtait le pas avaient cessés leur discussion en entrant dans la pièce. Quand ils arrivèrent au centre de cette dernière, il posèrent tous un genoux à terre et baissèrent la tête en signe de respect pour leur monarque.

- Akashi ! Gloussa le Roi. J'espère que tu m'apportes de bonnes nouvelles.

- C'est le cas Monseigneur. Votre Général a défait les armées pourpriennes et a laissé des hommes sur place pour l'occupation.

- Parfait, parfait...Mais je me doute que tu ne viens pas m'annoncer que cela, n'est-ce pas ?

- Oui, votre Majesté. Le Pays du Violet a demandé la protection du Pays du Jaune, nous ne pouvons donc plus mener de campagne contre lui. Quant au Pays du Marron, son Roi est prêt à vous recevoir pour des pourparlers. Il semble avoir des projets quant au Pays du Noir.

Même si Tetsuya ne comprenait rien à ce que son ami d'enfance expliquait à son Roi, il savait que c'était très important. Depuis que Daiki été monté sur le trône du Royaume du Bleu, il était allé de conquête en conquête. Son père ayant déjà annexé le Royaume du Rouge et le Royaume du Vert, le nouveau souverain s'était mit à en tête de s'accaparer le Royaume du Pourpre, du Violet et du Noir. Néanmoins, ces Pays recevait la protection des autres métropoles du continent. Le Royaume du Violet avait joué la sûreté en demandant la protection du Royaume du Jaune. Ce dernier avait déjà sous son aile les Royaumes du Orange et du Rose, et cherchait à libérer celui du Rouge. Leur armée était à peut près équivalente à celle de Daiki, empêchant ce dernier de leur déclarer la guerre. De plus, le traité de paix qui existaient entre ces deux nations depuis des millénaires ne devaient être bafoués. Mais le Royaume du Jaune était ennemi avec celui du Blanc et ne cherchait donc pas à l'aider contre les envahisseurs. C'est pour cela que Daiki avait lancé une campagne contre le Pays du Noir en partenariat avec le Roi du Pays du Marron, nation que le monarque avait annexé sans pour autant assujettit, contrairement au Pays du Rouge. C'est-à-dire qu'il avait laissée le Roi du Royaume du Marron sur son trône avec tous ses privilèges. Daiki voulait juste d'eux qu'ils répondent présent dès qu'il désirait leur aide. Pour le Pays du Rouge, c'était une autre affaire. Son père avait fait expulsé la famille royale de son palais pour en faire une demeure secondaire. Mais, pour s'assurer de la fidélité du monarque déchu, Aoi avait fait de ce dernier son plus proche Conseiller. Ainsi, il était sûr qu'il ne tente pas de soulever le peuple rougiens contre lui.

Akashi Seijuro, fils d'Akashi Akari, était donc le Prince légitime du Royaume du Rouge. Mais jamais il ne pourrait régner sur son Pays. A la mort de son père, il était devenu le Premier Conseiller de la famille Aomine, et donc du Roi Daiki. Même s'il remplissait remarquablement bien sa fonction de Conseiller, il ne pouvait oublié que ce Roi lui avait volé son Pays. Mais il ravalait sa haine et travaillait du mieux possible, espérant qu'un jour Daiki lui rende son Royaume en lui posant la même condition que celle du Roi du Pays du Marron.

- Quand le Roi Kiyoshi peut-il me recevoir ? Demanda le Roi.

- Dès que vous pouvez. Mais le plus tôt sera le mieux, a-t-il précisé.

- Très bien, je partirais dès demain. Autre chose ?

- Nous devrions définir un plan d'attaque pour la campagne contre le Pays du Gris, avant que le Pays du Blanc ne lance ses troupes.

- Et bien allons-y.

Daiki désigna la grande table qui s'étendait devant son trône, invitant ses visiteurs à s'y asseoir. Aussitôt, Seijuro sorti la carte du Royaume du Gris ainsi que les pièces représentant la Chevalerie du Royaume du Bleu. Il les disposa sur la carte afin de montrer au Roi les positions actuelles des troupes. Ne comprenant rien à la guerre, Tetsuya se contenta de les regarder parler stratégies. Seijuro exposait ses idées avec vivacité, mais il n'avait malheureusement rien d'un stratège, et Daiki rejeta toutes ses propositions.

La réunion dura si longtemps que des domestiques vinrent le servir le repas de midi dans la salle d'audience. Ayant eut la permission de s'asseoir un peu à l'écart, Tetsuya avala ses légumes frais et sa viande froide sans se préoccuper des plans de bataille de ses supérieurs. Il pensait plutôt au départ de Daiki. Ce dernier lui avait déjà dit qu'il fallait plus d'une semaine de voyage pour atteindre le Pays du Marron. Combien de temps le Roi allait-il s'absenter ? Était-ce seulement nécessaire ? Pourquoi voulait-il annexé les Royaumes voisins ? Celui du Bleu ne lui suffisait pas ? Tant de questions auxquelles Tetsuya n'avait pas la moindre réponse.

Seijuro et sa cohorte prirent enfin congé du Roi en début de soirée. Daiki semblait exténué. Cette sorte de réunion lui demandait beaucoup de réflexion, et avoir parlé stratégie pendant plus de neuf heures l'avait complètement liquidé. Il quitta la salle d'audience à grandes enjambées, Tetsuya sur ses talons. Arrivé à ses appartements, il se laissa choir dans son fauteuil favori en poussant un long soupir de lassitude. Puis, il déposa ses yeux de fauve sur le turquoise qui ne l'avait pas quitté d'une semelle.

- Super ces réunions, hein ? Gloussa-t-il.

- Vous allez partir.

- En effet. Le Roi Kiyoshi semble avoir des projets de campagne contre le Pays du Noir. Je ne puis passer à côté.

- Pourquoi toujours faire la guerre ?

- T'es encore qu'un gamin, tu peux pas comprendre.

Tetsuya ne répliqua pas. Ce n'était pas rare quand le Roi mettait son ignorance pour le compte de son jeune âge. Parfois, le turquoise avait envi de répliquer qu'avec une éducation, tout serait plus clair pour lui mais il se retenait. Ce n'était pas son rôle de critiquer son Roi. Sa mission à lui, c'était de le réconforter, de l'écouter, de lui parler. Il était réellement son animal de compagnie.

- J'pense que t'as pigé que je peux pas t'emmener. Néanmoins, j'peux pas te laisser seul sans protection.

- Avec ma cape, je suis censé ne rien craindre, n'est-ce pas ?

- Méfie toi. Comme on dit : quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Ceux qui nous entourent ne sont que des vicieux, qui attendent que j'ai le dos tourné pour me poignarder. Mais comme ils sont faibles, ils préféreront s'attaquer à toi. C'est pourquoi je dois te trouver un garde du corps.

Tetsuya connaissait la haine qu'éprouvait Daiki à l'encontre de ses Conseillers, mais de là à dire qu'ils voulaient tous sa mort ? C'était peut-être un peu trop. Mais d'un autre côté, les craintes du Roi n'étaient pas injustifiées.

Son père était dans la fleur de l'âge quand il a trouvé la mort. C'était arrivé du jour au lendemain. Il était parti se coucher plein de vie, et une servante l'avait retrouvé mort dans son lit le lendemain. Daiki voulait bien croire à la paisible mort durant le sommeil, mais cela n'arrivait qu'aux personnes âgées. Et son père n'avait même pas quarante ans. Il avait bien tenté de trouver la véritable raison de sa disparition de son père, mais même le médecin le plus talentueux du continent n'avait pas sut donner les raisons véritables de la mort d'Aoi. Depuis, Daiki était convaincu que son père avait été assassiné. Restait-il à savoir comment...

- Tetsu.

Le concerné leva ses yeux azurs vers son souverain, qui regardait dans le vague. Sûrement pensait-il au long voyage qui l'attendait le lendemain.

- T'veux bien dormir avec moi cette nuit ? S'il te plait ?

Le plus jeune cacha mal sa surprise. Normalement, Daiki ne lui laissait pas le choix, et ne se montrait pas aussi poli. Pour une fois, il montrait sans aucune gêne à quel point il tenait à son protégé. Ils allaient être séparés pendant une durée indéterminée, et le souverain voulait profiter des derniers instants qu'il pourrait partager avec Tetsuya.

- Oui, bien sûr.

Il ne saurait expliquer pourquoi, mais cette nuit-là, le turquoise se senti étrangement bien. Pelotonné dans les bras de son Roi, bercé par les battements réguliers de son cœur, il prenait conscience de tout ce que Daiki représentait pour lui. Certes, il y avait des jours où Tetsuya le craignait et le haïssait, mais il était le seul à pouvoir voir le cœur gros comme le soleil qui se cachait sur cette poitrine sombre. Le souffle chaud du souverain caressait son front et le faisait frissonner. Si le Roi dormait comme une souche, Tetsuya lui, malgré son bien-être, n'arrivait pas à fermer l'œil. C'était comme si le départ imminent de son Roi mettrait fin à quelque chose. Chose qu'il n'arrivait pas à identifier. La fatigue eut finalement raison de lui, et c'est en écoutant la mélodie du cœur de son souverain que Tetsuya le rejoignit dans le monde des rêves.

- Le Royaume du Marron ? C'est à huit bons jours de voyage si les chevaux sont endurants. Mais pourquoi me demandes-tu ça, mon petit Tetsuya ?

Debout près de Rosa, le turquoise la regardait malaxer avec application sa pâte à pain. En se réveillant ce matin-là, il avait constaté que Daiki n'était déjà plus là. L'adolescent avait donc quitter les appartements royaux pour retrouver son souverain. Un domestique lui avait dit que le Roi préparait son départ avec ses Conseillers. Tetsuya avait donc rejoint les cuisines pour prendre son premier repas de la journée. Quand Rosa était arrivé, il l'avait tout de suite questionner sur le temps qu'il fallait pour rejoindre le Royaume du Marron.

- Le Roi part cette après-midi pour ce Royaume. C'est long huit jours Rosa, tu es sûre de toi ?

-Bien sûr, j'y suis née ! Le palais de sa Majesté se trouve au nord du Royaume du Bleu, il doit donc le traverser entièrement pour rallier le Royaume du Vert, qu'il doit également parcourir dans sa totalité pour arriver au Royaume du Marron. Ce n'est pas un petit voyage que notre souverain s'apprête à faire. Que le Tout-Puissant l'accompagne !

Tetsuya avait prit congé de sa mère adoptive quelques minutes plus tard. Daiki allait donc vraiment s'absenter pendant longtemps. Jamais le turquoise n'avait été séparé ainsi de lui autant de temps. En temps normal, c'était le Roi Kiyoshi qui faisait le déplacement. Le Roi du Royaume du Bleu allait pour la première fois fouler la terre de son allié.

Dans le château, l'agitation était à son comble. Les domestiques se bousculaient, chargés de victuailles ou d'armures. Tetsuya assista au remue-ménage sans y participer. Après tout, ce n'était pas sa tâche. Les hommes de la Cours aboyaient des ordres à droite à gauche tandis que les soldats enfilaient nerveusement leur armure. Dans tout ce brouhaha, le turquoise arriva tout de même à entendre son Roi l'appeler.

- Tetsu ! Viens par là !

Aussitôt le concerné zigzagua entre les serviteurs, se glissant comme un fantôme dans la foule. Il rejoignit rapidement son souverain qui n'avait pas encore revêtu sa tunique de voyage. Flanqué de Seijuro, Daiki semblait un peu nerveux. Néanmoins, il n'en laissa rien paraître à sa Cours et demanda à son protégé de l'accompagner jusqu'en salle d'audience. Tetsuya suivit donc son Roi et son ami d'enfance sans poser une seule question. De toute façon, ses aînés discutaient du voyage à venir sans réellement se soucier du plus jeune.

Affalé dans son trône, Seijuro droit comme la justice à ses côtés, Daiki transperça Tetsuya de son regard de fauve. D'un coup, il ne ressemblait vraiment plus au Roi de la veille. Il était passé d'agneau au tigre en l'espace d'une seule nuit. Mais cela n'étonnait pas vraiment le turquoise. Ce dernier voulait juste savoir pourquoi le monarque l'avait emmené ici. Il y avait plein d'endroits où ils pouvaient parler, ce n'était donc pas pour rien que Daiki avait choisi la salle d'audience.

- Comme tu le sais, je pars en début d'après-midi. Ce matin, j'ai trouvé celui qui gardera un œil sur toi durant mon voyage.

Tetsuya aurait voulu répliquer qu'il n'était plus un enfant et qu'il pouvait se débrouiller tout seul, mais il ravala ses paroles. Son Roi lui avait déjà expliqué pourquoi il voulait que quelqu'un reste auprès de lui. Et le turquoise savait mieux que quiconque dans ce palais que le monarque détestait se répéter.

La porte de la salle s'ouvrit sur un messager qui se mit directement face contre terre. Daiki, lassé, le somma de se redresser. L'homme, tout en gardant la tête baissée, annonça :

- Il est arrivé, votre Majesté.

- Et bien qu'attendez-vous, faite-le entrer !

Un homme apparut alors à l'embrasure de la porte. Il portait une tunique et un chapeau couleurs vermeille, son couvre-chef paré d'une longue plume jaune accompagnée d'une plus petite bleue foncée. Ses cheveux blonds s'accordaient à merveille avec ses yeux ambrés...

- Général Kise, bienvenue à vous !


Niarf, je suis sûre que m'arrêter là équivaut à signer mon arrêt de mort, mais Kinjiro1994 m'a tué tellement de fois que je suis devenue invincible :D Et oui vous l'aurez comprit, notre Kise préféré entre enfin en scène ! Dans ce chapitre j'ai beaucoup parlé des autres pays j'espère que nous n'êtes pas trop perdu...J'ai dessiné une carte du continent durant l'une de mes heures d'étude ( et oui, c'est dur la Terminale L ! ) et je pense la scanner, mais j'ai un peu peur que la qualité soit vraiment pourrie...Je verrais bien ! En tout cas j'espère que ce chapitre vous aura plus et que vous avez hâte de savoir la suite :D Plusieurs questions m'ont été posées en review et je pense qu'y répondre ici est une bonne solution, ainsi tout le monde pourra profiter des réponses ;)

Sur la fréquence de mes chapitres, pour le moment j'en poste un par semaine, tout les dimanche. Normalement je devrais garder cette cadence, mais je ne prévoie malheureusement pas la charge de devoirs.

Pour la différence d'âge entre Daiki & Tetsuya, ne vous inquiétez pas, c'est normal ;) Je voulais bien montrer la ... comment dire ... soumission ? de Tetsuya par rapport à Daiki, et leur différence d'âge en est un facteur. J'espère que vous comprenez ce que je veux dire x) *pas douée pour expliquer*

Pour l'huile de Tetsuya, ce n'est bien évidemment pas celle qu'on utilise pour la cuisine. Ce sont des huiles odorantes et des parfums qu'il verse sur sa cape afin que le vêtement doublé de l'odeur des huiles masquent complètement la sienne. Il n'en met pas sur lui sinon, comme vous l'avez lu dans ce chapitre, Daiki ne peut profiter de l'odeur particulière de Tetsuya. Je pense que vous avez plus comprit cette idée au début de ce chapitre.

A nistley & Kirinkai : je pense que la fin du chapitre répond à votre question :D Le voilà enfin notre Kise =3

Et bien, mon "petit mot de la fin" est devenu un "grand mot de la fin", surtout que je n'ai pas fini xD Je voudrais remercier de nouveau Kinjiro1994, oAo, Serenna14, AliceGarden & Blue Luminary ainsi que Nyny & Ombrelle, Rikka Yomi, nistley, Kirinkai & lala1995 pour leurs reviews ! Ca me fait réellement chaud au coeur ! Mais je remercie aussi Blihioma, kimika su, Lysandera & Zangyaku-sama qui ont mit ma fic en alerte. Merci beaucoup à tous, je vous aime :D ( c'est nul j'peux pas faire de coeur, alors faites comme si :D )

Oh et pour la berceuse, vous avez été nombreux à reconnaitre Nezumi ! ( Nezumi son amûr, tu est célébreuuuh ! ) La première à avoir trouvé est Kinjiro1994 mais c'une tricheuse elle avait lu mon petit mot de la fin avant le chapitre et puisqu'elle me connait trop bien, elle a tout de suite deviné 8D Alors j'offrirais à tout ceux qui ont trouvé ( soit Kinjiro1994, AliceGarden, Nyny & Ombrelle & Kirinkai ) leur personnage préféré de Kuroko no Basket attaché nu dans leur lit :D Bon sérieusement, si vous voulez quelque chose de particulier ( genre un flash-back dans ce chapitre, un one-shoot ou je ne sais pas ) MP moi et j'essaierais de vous combler !

Ce petit mot de la fin arrive justement à sa fin, désolée de ce pavé mais je tenais vraiment à répondre à quelques questions et à tous vous remercier. Si vous avez des questions ou quoi que ce soit d'autre dont vous voulez me faire part, ma messagerie est ouverte et je serais heureuse de vous lire & de vous répondre :D

Kisu ! Soso-Kum