.o0 Chapitre V : Le Cri du Cœur 0o.
Le temps c'était comme arrêté, figé. Plus aucun bruit ne parvenait à ses oreilles. Ni la course de la trotteuse sur son horloge, ni le brouhaha des villageois, ni même les battements pourtant effrénés de son propre cœur. Pendant quelques infimes secondes, il s'était laissé tenter par les lèvres douces et humides du Général. Mais un éclair bleu foudroya son cœur.
Il repoussa doucement le blond de sa force maigrelette.
- Je ne peux pas faire ça. Vous devriez pouvoir comprendre…Quand nous offrons notre fidélité à quelqu'un, le tromper est la pire des trahisons en ce monde. C'est encore pire que la désertion. N'ai-je pas raison, Général ?
Chacun de ces mots étaient une épine en plus dans le cœur de Ryouta. Si Tetsuya refusait de trahir Daiki, alors pourquoi, pendant ces petites secondes, avait-il répondu à ses baisers ? Le blond l'avait senti : les lèvres du Turquais c'étaient légèrement fermées pour accueillir les siennes. Alors pourquoi ? Pourquoi ce brusque changement d'avis, ce rapide retour à la raison ? C'était comme si, d'un seul coup d'un seul, le turquoise s'était rappelé de son Roi. Cela voulait donc dire que le Général avait réussit à faire oublier le monarque à celui qu'il aimait pendant un petit moment. Quelques secondes certes, mais c'était déjà ça.
Il avait été trop pressé. En même temps, difficile de résister à ses lèvres roses et fines légèrement entrouvertes. C'était un appel clair au baiser, tout simplement. Mais Ryouta avait tiré une conclusion de cette expérience : il parvenait à effacer Daiki des pensées de Tetsuya. Maintenant, il fallait monter le reste des échelons, lentement, pas à pas. Ce n'est que petit à petit que le Général parviendra à chasser ce Roi de son piédestal. Cette guerre sera plus difficile que celle menée au Pays du Gris, et opposera deux brillants stratèges…
On verra qui de nous deux est le meilleur sur ce champ de bataille, Majesté…
OoOoOoOoO
L'incident, si nous pouvons appelé ceci ainsi, fut vite oublié. Du moins, c'est ce que les deux protagonistes laissaient paraître. Si Tetsuya s'en voulait d'avoir brisé le cœur du Général qui était si attentionné envers lui, ce n'était que partie remise pour Ryouta. Il n'abandonnerait pas. Il se savait être le seul digne de le posséder, puisqu'il était le seul à ne pas pouvoir sentir son parfum exquis et donc qui voyait l'âme qu'il possédait et non le corps qu'il habitait. Quoi que ce corps l'attirait de plus en plus, et pas de façon très saine, soyons honnête. Néanmoins, le Général gardait ses observations pour lui.
Bien qu'un malaise subsista entre eux pendant une journée, ils purent rapidement se reparler comme si rien de tout cela ne s'était passé. Le Général, toujours aussi guilleret dans les actions qu'il entreprenait, alternait journée à la bibliothèque et journée aux écuries.
Ce jour-là, Ryouta avait décidé de lui apprendre à lire. Pour lui, en plus de l'équitation, la lecture était une activité qu'il appréciait beaucoup. Ayant reçu une éducation quasi-princière, le Général était un homme cultivé qui aimait partager son savoir avec autrui. Il avait donc choisi un roman très simple et court, le genre de livre que lisaient les enfants de villageois quand ils avaient le luxe d'aller à l'école. Ryouta en avait toujours un sur lui afin de faire la lecture aux marmots quand il s'arrêtait sur les places des villages dans lesquels il se promenait parfois.
Assit sur l'un des magnifiques bancs de pierre du parc du palais, Ryouta découpait chaque mots en syllabe et produisait le son que la combinaison formait. Elève sérieux et attentif, Tetsuya se répétait les sons mentalement. Quand le Général lui demanda de lire la première phrase, le Turquais dégluti.
- Il é…tait une fois, dans un pai…pays loin…tain, vivait un Roi très avare.
- Pas mal ! Passons à la seconde phrase…
OoOoOoOoO
Malgré quelques accrochages, Tetsuya apprenait vite. En une journée, il avait réussit à lire le premier chapitre du petit ouvrage. Néanmoins, c'était surtout de la répétition. Ryouta devait le tester sur un texte inconnu, sinon ce qu'il faisait ne rimait strictement à rien. Le lendemain donc, il prit le Turquais par surprise. Plutôt que l'emmener aux écuries pour une nouvelle leçon d'équitation, il le mena à la bibliothèque. Il le fit s'asseoir sur l'un des fauteuils et lui mit un ouvrage entre les mains. Rien à voir avec celui pour gosse de la veille. Celui-là, c'était un auteur célèbre qui l'avait rédigé. C'était de la littérature, de la vraie.
- Contrôle surprise ! Voyons si la leçon d'hier a servi à quelque chose.
Le blond s'installa sur un fauteuil face au Turquais et attendit que ce dernier lui fasse la lecture. Tetsuya regarda tour à tour l'ouvrage et le Général, hésitant. Finalement, il ouvrit le bouquin et observa les premiers mots quelques instants, histoire d'évaluer ce qui l'attendait. L'écriture était beaucoup plus petite et les formes plus fines. Rien à voir avec les grosses lettres majuscules du conte de la veille. Prenant une grande inspiration, le turquoise commença la lecture.
- Chapitre un : Lu…cy ? Lucy regarde dans une ar…moire. Il était une fois quatre enfants qui s'appelaient Péter, Suzen, Edemunede et Lucy. Cette histoire raconte ce qui leur arriva…
- C'est bon, arrête-toi ici. C'est pas trop mal si on s'appuie sur le fait que la calligraphie et le style d'écriture sont différent. Mais les prénoms des personnages se disent Peter, Susan, Edmund et Lucy.
Durant l'heure qui suivie, Ryouta fit lire plusieurs passages à Tetsuya afin d'améliorer encore un peu sa lecture. Puis ils commencèrent l'activité normale de la journée. Le Général et son protégé sellèrent leurs chevaux et quittèrent les écuries après s'être assurés que personne ne les voyait.
Depuis quelques leçons maintenant, le blond montait aussi, laissant ainsi le Turquais en parfaite autonomie. Perché sur Moélys, sa jolie jument alezane, Ryouta observait souvent Tetsuya, qui s'améliorait de jour en jour. Il avait surtout arrêté de tirer sur la bouche de Kloé qui semblait apprécié cet état de fait. Il était à l'aise aux trois allures et le blond commençait à le faire sauter de petites hauteurs. Néanmoins, pour la seconde fois le même jour, le Général prévoyait un petit écart à la leçon normalement prévue.
Alors que le Turquais trottait en zigzaguant entre les parterres de fleurs, le blond vint à sa rencontre.
- Ca te dis une petite balade ?
- Dans les jardins ?
- Oh non, tu commences à les connaître par cœur. Je pensais à une balade hors du palais.
Tetsuya blêmi.
- Hors du palais ? Ce n'est pas un peu…risqué ?
- Tu ne crains rien avec moi, enfin !
- Mais si on se fait voir ?
- Ne t'inquiète pas, je pensais aller dans la forêt qui s'étend au nord ouest du palais. Personne n'y va, c'est trop loin des villages. Et puis les Bleuiens ont bien d'autre chose à faire qu'à se balader dans les bois à cette heure-ci.
- Je ne sais pas trop…
- Aller, ça te fera du bien de sortir un peu. De voir d'autres choses. Profites-en car quand le Roi sera de retour, tu ne pourras plus sortir aussi facilement.
Prendre le Roi comme argument, c'était là une façon de se valoriser par rapport à ce dernier. Comme si le Général voulait dire « tu vois avec moi tu es libre, mais pas avec Daiki ». C'était implicite, très implicite même, mais efficace. Du moins, le blond l'espérait. Si le Roi pouvait se venter d'être plus puissant et plus riche que Ryouta, ce dernier prônait son humanité et comptait sur cette dernière pour faire pencher la balance de son côté.
Tetsuya ouvrit la bouche pour répliquer mais Ryouta mettait déjà Moélys au galop, prenant la direction de l'arrière-cour. Peu rassuré, le turquoise le suivit tout de même. Il retrouva le blond près d'une petite porte en bois sur laquelle il tirait de toutes ses forces. Les gonds étaient rouillés, mais la porte finit par s'ouvrir en poussant un gémissement à faire froid dans le dos. L'ouverture était à peine assez haute et large pour que les deux bêtes y passent, donc Tetsuya du mettre pied à terre. Il suivit Kise à l'extérieur du château et abouti devant un petit marais malodorant. Des moustiques volaient à la surface de l'eau créant un bourdonnement agaçant. Kloé menaçait déjà les mouches en fouettant sa queue contre sa croupe.
Le blond se boucha le nez en grimaçant après s'être remit en selle. Tetsuya l'imita en silence, cachant mal son inquiétude. Il venait de quitter le château. Il avait brisé l'une des règles qu'avait autrefois décrété Daiki.
« Tu ne quitteras jamais le château sans moi. »
Un frisson remonta le long de l'échine du plus jeune comme un serpent sournois visant sa nuque. Mais que faisait-il ? Il était en train de s'éloigner du bon chemin qu'il avait autrefois suivit sans aucun écart. Mais le Général était arrivé, et sa vie avait été chamboulée. Positivement comme négativement. Certes il lui apprenait à lire et à monter, mais il l'incitait également à violer les règles du monarque le concernant. Bon, il se pourrait que Daiki n'apprenne jamais cette escapade hors de son palais, mais l'idée seule de le trahir lui donnait la nausée.
Alors qu'il reprenait ses rênes, Tetsuya jeta un regard en coin vers Ryouta. Il devait être honnête : c'était un très bel homme. Tout en grâce et en finesse, ses cheveux blonds s'alliant à merveille avec ses magnifiques yeux ambrés. Sa tunique et ses braies vermeils s'accompagnait d'un élégant chapeau d'où fusait deux plumes : une grande jaune et une plus petite bleue. Tetsuya devinait que ses plumes avaient une signification, mais il ignorait laquelle. Il comptait bien se renseigner un jour sur ce qu'elles représentaient.
- Je me demande pourquoi Daiki n'a pas encore fait assécher ce marais. Il sent vraiment mauvais. Eloignons-nous vite.
Il enfonça doucement ses talons dans le ventre de Moélys qui prit automatiquement un petit galop. Kloé imita sa congénère, s'éloignant de cette eau verte et stagnante. Les deux jeunes hommes s'éloignèrent progressivement du palais fortifié, creusant un peu plus un sillon de culpabilité dans le cœur affolé du jeune Turquais.
Tetsuya suivait Ryouta de près, soucieux de se retrouver seul au-delà des remparts. Le Général souriait largement, visiblement heureux de galoper avec autant de liberté. Il n'y avait plus les hauts murs blancs du palais pour le garder prisonnier. Sa monture progressait sans avoir à se soucier des parterres de fleurs ou des occupants du château. La belle crinière chocolat de Moélys dansait avec le vent, secouée par ses longues et élégantes foulées.
Les deux cavaliers gravirent une pente douce, et c'est une fois arrivé en haut que le blond s'arrêta. Le Turquais suivit son regard et là, son souffle fut coupé.
De leur position, les deux jeunes hommes avaient une vue magnifique le Royaume du Bleu. Ils apercevaient le château, majestueux et imposant, à leur gauche ainsi que les dizaine de villages qui s'étendaient à perte de vu. Le plus grand d'entre eux se situait au pied du palais. Les toits en chaume des maisons ressemblaient à des petits trous de taupes sur un gazon impeccable. Les élevages de ver à soie se reconnaissaient par leur superficie, puisque la sériciculture était la principale source économique du Royaume. Il y avait également quelques champs, de légumes comme de fleurs, mais plus en périphérie du palais.
Tetsuya se doutait bien qu'il ne voyait pas l'intégralité du Pays du Bleu, puisqu'il faisait parti des Royaumes les plus vastes. Mais le panorama que lui offrait cette petite colline réveillait en lui un désir d'évasion et une soif intarissable d'apprendre. Il voulait visiter tout ces villages, tout ces élevages. Il voulait apprendre à faire pousser des légumes et à tisser la soie. Le turquoise rêvait de se lier au commun des mortels.
- C'est magnifique n'est-ce pas ?
Le Turquais sursauta. Perdu dans ses pensées, il n'avait même pas remarqué que le Général l'observait depuis quelques minutes déjà, ravi des étoiles qui brillaient au fin fond de ses prunelles céruléennes. Kise avait raison : le Pays du Bleu était magnifique. Les villages répondaient à des règles strictes et régulières d'organisation, leur donnant un air presque sérieux.
- Oui, magnifique. Je n'avais jamais vu quelque chose de semblable.
- Normal, puisque c'est la première fois que tu sors du château.
Tetsuya baissa la tête. Il n'avait pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. Après tout, il n'avait jamais voulu être ainsi privé de liberté. Mais avant que Kise ne lui fasse remarquer, le turquoise ne s'en était jamais réellement soucié. Tout ce qu'il lui important, c'était que son Roi soit satisfait. Sa petite personne ne lui importait pas ou peu. Au contact du Général, il développait un égoïsme qui le changeait. La preuve : il avait quitté l'enceinte du château et ne s'en souciait presque plus…
- Je voulais juste te montrer un peu le Pays du Bleu, autrement que par la fenêtre de ta chambre. La forêt se trouve un peu plus à l'ouest, dans la partie occidentale du Royaume. Suis-moi !
Le Général fit faire demi-tour à sa monture et la lança de nouveau au galop. Ne voulant se laisser devancer, Kloé se hâta de prendre également de la vitesse afin de courir au même niveau que Moélys.
Tetsuya adorait la sensation du vent fouettant son visage et dansant dans ses cheveux. Il avait resserré le nœud de sa cape pour que la capuche de celle-ci ne se retire pas. Il voulait éviter quelque accident que ce soit pour sa première escapade. Même s'il rêvait de s'en débarrasser afin de profiter pleinement des sensations ressenties lors d'un tel galop, le Turquais se refusait à l'enlever.
La forêt se dessina peu à peu à l'horizon, le marron des arbres tranchant avec le vert de la plaine. Cette partie fertile du Royaume ne pouvant être exploitée à cause de ses nombreuses collines, la nature y régnait en seule maîtresse, rendant l'endroit fort agréable. Comme le lui avait promit le Général, Tetsuya n'aperçut personne depuis qu'il avait mit un pied à l'extérieur. Pour un Jaunien, il connaissait vraiment bien la géographie du Royaume du Bleu. Son savoir semblait illimité.
Les montures ralentirent quand elles pénétrèrent dans le sous-bois. L'odeur de l'humus mêlée à celle de la terre plut aussitôt à Tetsuya qui s'en rempli aussitôt les poumons. Ca sentait la liberté. Les oiseaux gazouillaient au dessus de sa tête, et il aperçut même un écureuil grignoter un gland entre les racines d'un chêne. Les animaux ne semblaient pas terrifier par les humains et vivaient leur vie sans se soucier de leur présence. Au pas, les deux cavaliers observèrent les alentours dans un silence religieux. Le turquoise capta alors un mouvement entre les arbres. Un petit animal brun clair au dos tacheté de blanc pointa le bout de son museau, suivant sa mère de près.
- Tu devrais l'enlever.
La biche et son faon s'enfuirent aussitôt dans les buissons, tandis que le cœur de Tetsuya ratait un battement
- Enlever quoi ? s'enquit le turquoise.
- Ta cape.
- Ma cape ? Pourquoi ?
- Tu ne risques rien dans les bois. Personne ne vient jamais. Et puis tu pourrais rester accrocher à une branche à cause d'elle.
- Ce n'est pas prudent, je préfère la garder.
- Fais moi confiance, je te dis que jamais personne ne vient part ici. Les Bleuiens sont trop occupés, surtout à cette heure-ci. Elle te gêne, ça se voit. Profites-en, ce n'est pas souvent que tu pourras te dépouiller de ce vêtement. Accroche-la sur cette branche là, et nous la récupérerons au retour.
Tetsuya hésita. Même si Ryouta semblait certain qu'ils ne croiseraient personne, rien n'était totalement sûr. S'ils tombaient sur quelque personne que ce soit, son odeur le trahirait sur le champ. Certes le Général le protégerait, mais la garder leur éviterait pas mal d'ennui. Mais d'un autre côté…Il est vrai qu'elle entravait pas mal ses mouvements. Et maintenant qu'ils allaient progressés dans un espace où il était facile de s'accrocher, elle ne lui causerait que des soucis…
Ses doigts tremblant lâchèrent les rênes sur l'encolure de Kloé et remontèrent jusqu'au nœud de la cape. Il le défit lentement, fit tomber le vêtement de cuire de ses épaules puis le suspendit à une branche de chêne. Le turquoise jeta un petit regard au Général qui lui répondit avec un sourire rayonnant.
Le malaise qu'il ressenti en abandonnant sa cape fut vite dissipé. La forêt regorgeait de fleurs sauvages aux odeurs enivrantes et de petits animaux curieux qui venaient renifler les cavaliers. Ryouta se retrouva même avec un pivert perché sur son chapeau, ce qui fit éclater Tetsuya de rire pour la toute première fois depuis fort longtemps. Cette hilarité toucha le Général au plus profond de son être, et son ego le félicita pour avoir fait rire l'homme qu'il aimait. Il n'y a rien de mieux en ce monde que la joie sur le visage de l'être aimé.
Ils profitèrent ainsi de la nature toute l'après-midi. Le Turquais n'avait cessé de questionner le Jaunien sur la faune et la flore qu'ils rencontraient, et le blond assouvissait sa curiosité en y répondant avec précision. En une journée, Tetsuya en avait apprit plus qu'en seize ans d'existence. Ces petites sorties étaient encore plus éducatives que les journées à la bibliothèque. Cependant, il subsistait une part de crainte dans le cœur du turquoise, qui craignait qu'on n'apprenne son escapade et que tout soit rapporté à Daiki. Ryouta se ferait châtier sévèrement…
Au cours de cette journée, Tetsuya remarqua également qu'il commençait à se soucier davantage du Général que de lui-même. Autrefois, il aurait craint la sentence de le Roi lui attribuerait à lui, non pas à quelqu'un d'autre. Mais désormais, il pensait à Ryouta d'abord. Quand ce dernier l'avait embrassé, le Turquais l'avait repoussé car cette relation aurait pu lui être fatal. Il ne se souciait pas de lui-même et des répercutions que leur liaison aurait occasionné, mais bien de ce qui pourrait arriver au Général si tout venait à être découvert…
OoOoOoOoO
- J'espère que cette journée t'a plus ! lança gaiement Ryouta, sur le chemin du retour.
- C'était vraiment très intéressant.
- Le château va te paraître bien triste en rentrant.
- Je suis bien d'accord…
- On recommencera si tu veux.
- Ca ne doit pas devenir une habitude, sinon je vais y prendre goût.
- Et c'est mal ?
- Quand le Roi sera de retour, je ne pourrais plus sortir. Alors autant ne pas m'y habituer.
- Je dirais plutôt que tu devrais en profiter. Fais ce que tu ne pourrais jamais faire s'il était là.
Tetsuya déposa ses pupilles céruléennes sur Kise avec étonnement. Il lui avait dit la même chose que Rosa…
« Et bien profite de son absence pour faire des choses qu'il ne te laisserait pas faire. Sortir par exemple. »
Profiter de l'absence de Daiki…C'est ce qu'il faisait. Il profitait de son absence pour faire tout ce que le monarque lui avait interdit. Et pour Tetsuya, c'était une sorte de trahison. Depuis sa plus tendre enfance, son seul objectif dans la vie était de rendre son Roi heureux. Et en lui désobéissant, il transgressait ses règles et, dans un sens, le rendait malheureux – du moins s'il venait à le découvrir. Il s'écartait du droit chemin qu'il s'était lui-même défini, et son cœur nageait désormais en eau trouble. Avec qui était-il le plus heureux ? Si on prenait en compte seulement les choses positives, c'était inévitablement avec le Général. Ce dernier réalisait chacun de ses rêves en l'éduquant et en le faisant sortir. Mais d'un autre côté, il le poussait à désobéir, agissant à l'encontre des ordres que lui avait donné Daiki. Ce dernier avait demandé à Ryouta de surveiller Tetsuya. Pas de l'apprécier, et encore moins de l'aimer…
- Elle a disparu.
Tetsuya fut aussitôt tiré de ses pensées.
- Comment ?
- Ta cape. Elle a disparu.
Le Général pointa du doigt la branche où, quelques heures plus tôt, le Turquais avait suspendu sa cape de cuir. Cape qui n'était plus suspendue à cette fameuse branche. Tetsuya mit pied à terre et regarda tout autour de l'arbre si un quelconque animal ne l'avait pas fait tomber. Mais rien. Aucune trace du vêtement aux alentours du chêne.
- Je dois la retrouver avant de rentrer, fit le plus jeune.
- La nuit va bientôt tomber, c'est beaucoup trop risqué. Rentrons au château.
- Mais sans ma cape je…
- J'irais t'en chercher une, le coupa le blond. Ne nous devons pas nous attarder plus longtemps.
L'estomac noué, le turquoise se remit en selle et suivit le Général en silence. Le retour lui parut affreusement long, et ce n'est qu'une fois arrivée près du marais que la peur lui resserra les entrailles. Sans sa cape, il était à la merci de n'importe qui. Ryouta descendit de sa selle et ouvrit doucement la petite porte pour atténuée son gémissement. Quand Tetsuya amorça le geste de le suivre, Kise l'arrêta sur le champ.
- Tu ne peux pas rentrer, c'est trop risqué. Reste par ici. Vu l'odeur que dégage ce marais, personne ne viendra mettre son nez ici. Je ne serais pas long.
Tetsuya se retint répliquer que si personne ne venait aussi bien ici que dans la forêt, il ne le retrouverait sûrement pas à son retour. Mais il garda sa remarque pour lui et le regarda disparaître derrière la porte en vieux bois. Puisqu'il était encore perché sur Kloé, il pouvait toujours fuir si jamais quelqu'un venait par ici.
Comme promit, Ryouta rejoignit rapidement Tetsuya, mais sans Moélys. Sûrement avait-il prit le temps de laisser la jument à l'écurie. Le Turquais mit pied à tour et attrapa le long voile bleu en soie que lui tendait le Général. Il s'en contenterait pour le moment mais ça n'allait pas être facile de se promener avec cette étoffe à longueur de journée. Il la jeta tout de même sur ses épaules et, silencieux, les deux hommes se hâtèrent de retourner au château, traînant Kloé derrière eux.
OoOoOoOoO
- C'est pour moi ?
Le ton de sa voix trahissant son émotion, Tetsuya restait tout de même pétrifié de stupeur. Le Général, debout devant lui, lui présentait une magnifique cape en velours bleu turquoise à motifs divers et variés. Plus rien à voir avec le vieux vêtement en cuir décrépit qu'il avait perdu en pleine forêt. Elle semblait plus légère, plus douce. Et était surtout beaucoup plus jolie.
- Bien sûr pour toi, pour qui d'autre ? fit le blond avec un sourire. Je suis retourné en forêt hier mais impossible de retrouver cette fichue cape. Si tu veux mon avis, un animal - genre un écureuil - a du la faire tomber de la branche puis un autre animal, par curiosité, l'a emmené plus loin…En tout cas, impossible de remettre la main dessus. Alors je t'ai fait faire celle-là. Prends-en soin, c'est du sur mesure !
A en juger par la valeur du velours et si on prend en compte la confection sur mesure, la cape avait due coûter une petite somme d'argent au Jaunien. Certes ce dernier avait les moyens en tant que Général et membres de la famille collatérale du Royaume du Jaune, mais le fait qu'il lui ait payé une cape remplissait le cœur de Tetsuya d'une voix indéfinissable.
Le blond lui déposa la cape dans les mains, ravi de l'effet de son cadeau. Il avait du graisser la patte du fabriquant pour l'avoir le plus tôt possible mais rien ne valait l'émotion brillait au fond des yeux azurées du plus jeune.
Yeux qui se scellèrent dans les siens. Ryouta senti son cœur battre à la chamade dans sa poitrine, le menaçant presque de s'en échapper. Lentement, Tetsuya se leva et combla d'un unique pas le peu de distance qui les séparait l'un de l'autre. Et alors, ce dont il rêvait depuis plusieurs semaines se réalisa.
Se mettant sur la pointe des pieds, le Turquais déposa un baiser sur les lèvres du Général. Stupéfait, ce dernier resta cependant inactif d'un quart de seconde, puisqu'il se hâta de passer ses bras derrière la tête de Tetsuya pour approfondir le baiser. Les lèvres du blond cajolèrent avec amour celles du turquoise, heureuses de pouvoir enfin les rencontrer et les combler. Avant même que Ryouta en fasse la demande, le plus petit desserra la mâchoire afin d'inviter le muscle rose de son aîné à rencontrer la sienne. Les deux langues désireuses se cajolèrent passionnément, alors que le Général serait plus fort celui qu'il aimait contre lui.
Il l'avait accepté. Enfin, Tetsuya avait accepté l'amour que le Général se tuait à lui donner. Enfin, il comprenait que les appels désespérés de son coeur ne se calmeraient qu'une fois ce dernier entièrement comblé.
Et ce jour-là, dans la chambre du turquoise, toutes les pensées négatives des deux hommes s'envolèrent comme une nuée d'oiseaux. Le Roi, les répercutions, les réflexions…Tout cela n'était plus que fadaise. Plus rien ne comptait, si ce n'est l'être qu'ils avaient en face d'eux, l'être qu'ils embrassaient avec un amour tabou et interdit. Ryouta comme Tetsuya venaient de tout sacrifier au nom de leur passion commune.
C'était un prélude à la seconde partie de la malédiction de Tetsuya.
Et voilà le chapitre cinq très, très en retard ! Veuillez m'en excuser, mais la fin de la semaine derrière n'a pas été de mon côté...Je suis tombée malade avec fièvre et tout le toutim et, pour en rajouter une couche, mon ordinateur ne voulait plus démarrer. J'ai donc du le remettre à zéro, en perdant pas mal de mes dossiers...Pour couronner le tout j'étais chez ma mère et j'avais un DM de philosophie. Pour récapituler : malade + bug d'ordi + chez maman ( = pas d'ordi ) + DM de philo = chapitre en retard o/ Ahlala, j'aime tant les maths... *grosse ironie*
Bref ne nous apitoyons pas et soyons plutôt ravi que ce chapitre ait enfin vu le jour 8D J'avais l'idée de la cape perdue en forêt depuis quasiment le début de la fiction et j'attendais toujours un moment pour la placer...Ce chapitre m'a bien aidé ! Désolée ô mes chères fans de AoKuro mais c'est un chapitre entièrement consacré à du KiseKuro que voilà. Je trouve encore que l'action est molle mais le prochain chapitre vous plaira à coup sûr !
D'ailleurs, je n'avais pas pour projet de faire une fiction de 156 chapitres et donc la fin ne tardera pas. D'après mes prévisions, plus que quatre chapitres. Et oui, toute les bonnes choses ont une fin mes chères amies :3 Mais je vous réserve quelques petits surprises qui, je suis sûre, satisferons tout le monde.
Pour ceux ne visitant pas mon profil, j'y ai posté un lien pour mon compte Facebook spécialement dédié aux fanfictions, RPGs, créations graphiques et diverses autres activités internet. Ce n'est donc pas mon compte officiel mais un compte fake, si on peut dire ça comme ça. Je serais donc ravie de vous ajouter à ma liste d'amis et de discuter avec vous. J'aime faire de nouvelles rencontres et discuter de choses et d'autres alors n'hésitez surtout pas à m'ajouter :D
Qu'est-ce que je voulais dire encore...Ah oui, il y a dans ce chapitre une référence à un bouquin. Un bouquin d'ailleurs très connu. Mais j'ai pas put le citer davantage sous peine de faire un anachronisme. Vous avez deviné ? Oui oui, même principe qu'avec la chanson de Nezumi. La première a trouver pourra me demander le lot qu'elle désire. Bon je vous le dit tout de suite niveau OS j'en ai 3 de prévus (2 sur Kuroko no Basket & 1 sur Junjou Romantica) donc il risque d'être long à arriver. D'ailleurs, en passant, ne t'en fait pas Kaita-Chan ton OS AoKaga arrive bientôt ! Avec les vacances à venir, j'aurais davantage de temps à consacrer à l'écriture (et à l'ordinateur en général 8D) donc je pense que tu auras ton OS au cours de ces vacances de la Toussaint ;)
Pour les remerciements, bah toujours les mêmes hein mes lectrices fidèles que je n'aime tout fort, soit Kaita-Chan, Caath, Dollylix, Kirinkai, & Nyny et Ombrelle. Vos reviews me font vraiment chaud au coeur ! Je ne fais là que celles ayant reviewés mon chapitre précédent mais je n'oublie pas les autres pour autant ! Bon, je ne fais pas la course aux reviews mais n'hésitez pas à m'en mettre si jamais vous avec des questions, des conseils ou même des suggestions à me faire. Je lis toujours attentivement les messages que vous me laisser afin de vous satisfaire du mieux possible. Après tout, cette histoire est pour vous :D Et je suis également contente que le flash-back vous ait plut, vos reviews de mécontentement m'ont bien fait rire :D Aaaah il fallait bien vous faire languir un peu, sinon ce n'est pas drôle :3
Pour le prochain chapitre qui, je l'espère, sera là en temps et en heure attendez-vous à rencontrer d'autres personnages du manga et à bouffer des descriptions plus pointilleuses de Pays car j'sens que ça va chauffer :3 De toute façon, vous avez toujours la carte à votre disposition sur mon profil :D Bon j'arrête de vous mettre l'eau à la bouche surtout que le "petit mot de la fin" devient presque aussi grand que le chapitre huhuhu...
Je vous fait à toutes de gros gros gros GROS câlins et à bientôt :D
Kisu ! Moona-sama.
PS. Si vous aimez les fictions un peu délirantes de Bleach et que vous êtes fan du GrimmIchi, je vous invite à lire les fictions de ma Ane-san, soit Kaita-Chan. Il y a un lien vers son profil sur mon propre profil :) Bisoooous ! (coeur)
