.o0 Chapitre VI : Le Voyage 0o.
{ Première partie }
Il n'aurait pas du accepter. Ce Général lui faisait vraiment faire que des bêtises. Mais comment résister à ses yeux de chiot ? Il y avait travaillé toute la nuit, il ne pouvait donc pas mettre tous ses plans à l'eau comme ça. Alors il avait accepté. Bêtement. Sans vraiment réfléchir.
Mais maintenant qu'il était perché sur Kloé et que le château devenait de plus en plus petit loin derrière lui, Tetsuya se disait que c'était une très, très mauvaise idée de visiter les pays frontaliers au Royaume du Bleu. Quand Ryouta lui avait communiqué son envi de lui faire visiter ces quatre Pays, le turquoise avait d'abord refusé. Daiki sera de retour d'ici peu et s'il ne retrouvait ni son protégé ni son Général à son retour, le plus jeune n'osait même pas imaginer ce qui allait se passer. Alors le blond avait réduit la donne, promettant de rester près de la frontière. Toute la nuit durant il avait calculé le temps que ce voyage mettrait, et il en était arrivé à deux semaines. Parallèlement, il avait compté combien de temps encore Daiki resterait dans le Royaume du Marron. Résultat : deux semaines et quatre jours – Ryouta aimait les calcules précis. Ils avaient donc largement le temps d'exécuter leur propre périple.
Kloé et Moélys allaient au pas, leurs cavaliers ne voulant pas les fatiguer. En effet, les juments portaient dans de petites sacoches quelques vivres. A cette allure, ils atteindraient le Royaume du Pourpre que le lendemain matin. Ils allaient donc devoir dormir à la belle étoile. S'ajoutait donc aux vivres des couvertures pour les protéger de la fraîcheur de la nuit.
Pour passer le temps, le Général questionnait le plus jeune quant au Royaume pour lequel ils étaient en route.
- Le Pays du Pourpre est l'un des Pays les plus récents et n'a pas encore de spécialité. Mais il semble être en bonne voie pour concurrencer le Pays du Gris sur le marché des produits de la mer.
- Exactement. Puisque Daiki a du partir précipitamment pour le Pays du Marron il n'a pas encore décidé de ce qu'il ferait du Pays du Pourpre. Le Roi Haru n'a donc pas été chassé de son trône mais il est étroitement surveillé par les soldats bleuiens restés sur place.
- Nous ne risquons pas d'avoir des problèmes en nous y rendant ?
- Le palais de Haru se trouve au sud est de la frontière, nous ne risquons rien si nous nous aventurons pas profondément dans les terres pourpriennes.
Ce n'était pas très rassurant. Tetsuya ne voulait pas finir sa vie aux mains d'une population mécontente. Mais Ryouta semblait sûr de lui. Depuis le temps qu'il le fréquentait, le Turquais avait apprit à lui faire confiance, même s'il ne cessait de l'entraîner sur la mauvaise voie. Avant de le rencontrer, jamais une seule seconde il n'aurait pensé trahir son Roi. La culpabilité lui rongeait le cœur, mais l'amour que lui portait le blond parvenait à diminuer cette douleur.
- Si le Roi ne sait pas ce qu'il compte faire des Pays qu'il a vaincus, pourquoi ne les laisse-t-il pas en paix ? questionna le turquoise.
- C'est une histoire de politique. Plus tu as de Royaume sous ton joug, plus tu es puissant. Daiki tente sûrement d'impressionner le Pays du Blanc, l'un des Pays Fondateurs qui a le moins d'alliés.
- Seulement le Pays du Noir et le Pays du Gris, c'est ça ?
- Exactement. Il voulait mettre la main sur le Royaume du Pourpre mais nous sommes arrivé avant lui.
- Maintenant que j'y pense, tu ne m'as jamais raconté pourquoi le Pays du Blanc et le Pays du Jaune sont ennemis.
- Oh, c'est une histoire simple et compliquée à la fois. Avant que le Royaume du Rouge ne sois assujettit par celui du Bleu, il entretenait beaucoup de rapport avec le Pays du Blanc. Tout comme le Pays du Bleu et le Pays du Blanc ont créés le Pays du Turquoise, le Pays du Rouge et une fois encore le Pays du Blanc ont créés le Pays du Rose. Cependant, les Blanchais se sont un jour mit à enlever des femmes Rosiennes. Alors le Pays du Rose a demandé de l'aide au Pays du Jaune. Les Blanchais n'ont pas acceptés que la population qu'ils avaient créée s'allient à la plus grande nation du continent et ont donc déclaré la guerre au Pays du Jaune. Mais ce dernier étant allié au Pays du Rouge, le projet tomba à l'eau. Mais depuis, le Pays du Blanc tient en rancune le Pays du Jaune.
- Les alliances entre les Pays sont assez difficiles à comprendre. Est-ce que le Pays du Blanc est également ennemi avec le Pays du Bleu à cause du Pays du Turquoise ?
- Pas du tout, justement. Le Pays du Blanc n'a pas voulu répéter les mêmes erreurs qu'avec le Pays du Rose, donc il ne s'approche ni de près ni de loin à sa population. Mais j'ai entendu dire qu'Haru surveillait étroitement ce Pays.
- En mal ou en bien ?
- Sur ce coup, je t'avoue que je n'en sais strictement rien.
Tetsuya resserra ses doigts sur les rênes. Tout cela était si compliqué. Pourquoi les Pays ne pouvaient-ils pas tous être allié et se contenter de leurs terres ? Si Daiki était là, il le traiterait encore de gosse aux rêves illusoires. Plus le temps passait, et plus le turquoise découvrait la véritable face du monde : orgueilleux, malsain et où seuls les plus forts avaient une chance de survivre. Rien à voir avec le monde idyllique dans lequel le Turquais s'était laissé bercer pendant ses seize années d'existence…
OoOoOoOoO
- Cet endroit est parfait.
- Tu en es vraiment sûr ?
Tetsuya regarda autour de lui, peu rassurer de dormir à la belle étoile. De plus, Ryouta voulait établir leur campement au beau milieu d'un immense océan de verdure. N'importe qui pourrait les voir, et ce à des lieux.
- J'en suis même certain. Nous laisserons le feu brûler pour éloigner les éventuels prédateurs.
- Et les humains ?
- Les humains ? Pourquoi voudrais-tu les éloigner ?
- Si on tombe sur quelqu'un qui nous reconnais, on sera dans de beaux draps.
- Pourquoi penses-tu toujours négativement ?
- Pourquoi es-tu toujours aussi sûr de toi ?
- Bon, ne nous disputons pas pour si peu. Nous n'avons rien à craindre. Personne ne voyage de nuit, et surtout pas les Pourpriens qui sont très superstitieux.
- Ca veut dire quoi ?
- Superstitieux ? C'est quand les gens croient à la magie, aux choses surnaturelles et tout le toutim. Tu sais ce que c'est la magie, hein ?
- Oui, il y en avait dans le dernier livre que j'ai lu.
- La lecture t'apprend beaucoup de choses à ce que je vois.
Le Turquais ne répondit pas, préférant mettre pied à terre. Ryouta l'imita sans relever son mutisme et détacha les sacoches de cuir et la couverture de sa selle. Le campement fut rapidement établi et le blond se hâta de faire le feu avant que la nuit ne tombe complètement sur la lande. Les deux jeunes hommes avalèrent de la viande sèche et quelques petits fruits puis s'enroulèrent dans leur couverture, non loin du feu. Et bien évidemment le Général insista pour que le turquoise se blottisse contre lui sous prétexte qu'ils se tiendraient mutuellement chaud. Tetsuya avait bien évidemment comprit que le blond voulait seulement dormir dans ses bras mais il fit mine de croire à son excuse.
C'est donc recroquevillé contre le corps chaud de Ryouta que Tetsuya s'endormit, bercé par les hurlements lointain des loups…
OoOoOoOoO
- Bienvenue au Pays du Pourpre !
Tetsuya écarquilla les yeux. De leur poste d'observation, les deux hommes avaient une magnifique vue sur l'intégralité du Pays du Pourpre. Ce qui attira en priorité les yeux du plus jeune fut l'étendue bleue qui se dessinait à l'horizon, dans la partie septentrionale du Pays.
- C'est la mer, lui dit Ryouta.
- C'est comme un lac ?
- Beaucoup plus grand, et salé. Tu veux qu'on aille la voir de plus près ?
Pour toute réponse, Tetsuya talonna sa monture pour dévaler la colline au galop. Ryouta se lança à sa poursuite et les deux cavaliers se dirigèrent vers la mer à la vitesse de l'éclair. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, l'herbe laissait place au sable, et bientôt le galop des deux juments souleva des nuages de poussières sur la plage. Ils ne ralentirent même pas quand l'eau fut toute proche et les deux bêtes se lancèrent dans les flots, aspergeant ainsi les cavaliers.
Quand l'eau leur arriva au poitrail, Kloé et Moélys se calmèrent. Tetsuya et Ryouta les fit donc retourner vers la plage afin de les laisser se reposer après cette course folle. Ils mirent pied à terre et Ryouta proposa de retirer l'harnachement des bêtes pour qu'elles puissent bouger en toute liberté. D'après le Général, Kloé et Moélys n'avaient aucune raison de s'enfuir, surtout que l'alezane tenait trop à son cavalier pour lui fausser compagnie.
Leurs braies trempées les empêchant de s'asseoir sur le sable au risque que ce dernier ne s'y colle, les deux voyageurs décidèrent de les enlever afin de les faire sécher au soleil sur l'un des rochers qui fusaient hors du sable tels d'immenses totems. Tetsuya y laissa également sa cape. Leur longue tunique cachant ce qu'il y avait à cacher, Ryouta témoigna de nouveau son envi de se baigner. Il traîna presque de force son cadet dans les flots et Tetsuya frémit quand la fraîcheur de l'eau caressa ses jambes. Ils passèrent une bonne partie de la journée dans l'eau, le Général apprenant la natation au turquoise.
Quand la faim commença à se manifester par le biais de grognement, Tetsuya jugea qu'il était temps de sortir. Mais son aîné ne fut pas de cet avis. Il lui agrippa le bras et le tira vers lui, l'emprisonnant contre son torse. Il commença alors à combler son visage de baisers papillons tout en caressant ses cheveux turquoise.
- Je ne pense que c'est ni le moment ni l'endroit pour faire ce genre de chose, balbutia le Turquais en tentant de se dégager de l'emprise de son amant.
- Arrête de stresser, je sais que tu en as envi aussi.
Tetsuya frissonna quand le blond déposa sa main sur son intimité. Rhâ, quelle trahison de la part de son propre corps. Il poussa un petit gémissement quand le Général prit son sexe en main avant de commencer des petits mouvements de va-et-vient. Le Turquais s'accrocha à la tunique de son aîné et y cacha son visage.
- Non, arrête…Pas ici…
- Chuuuut…
Ce n'était pas leur première fois et, tout comme avec Daiki, ils n'avaient pas dépassés le stade des caresses. Si le Turquais trouvait que son Roi le harcelait souvent, ça n'était rien face au Général. Ce dernier semblait prendre plaisir à mettre le plus jeune mal à l'aise. Le toucher ainsi en pleine nature, c'était si obscène.
- Aaaah…
Il savait exactement ce qui le rendait fou. Ses caresses mêlées à ses baisers mettaient Tetsuya dans tous ses états. Ryouta lui releva le menton afin de l'embrasser, sa langue allant tout de suite cajoler sa congénère. Les yeux mi-clos, le Turquais ne pouvait s'empêcher de gémir. Il n'allait pas pouvoir tenir plus longtemps si son amant le touchait comme ça. Il allait devenir fou avant l'orgasme.
C'est dans un long gémissement qu'il se libéra, son corps secoué d'un long spasme de plaisir. Le Général observa avec délectation les joues rosies de plaisir de son amant, ravi de lui procurer autant de plaisir. Les jambes flageolantes, Tetsuya tenta de reculer mais ses genoux se dérobèrent. Ryouta le rattrapa afin qu'il ne tombe dans les flots. Le portant comme une princesse, le blond sorti de l'eau et alla déposer son amant sur le sable. Il l'enroula dans une couverture et lui frictionna le dos pour le réchauffer.
- Tu n'es qu'un pervers, grelotta le Turquais.
- Comme si ça ne t'avait pas plu.
Le sourire espiègle qui se dessina sur les lèvres du plus vieux fit frissonner le turquoise. Ils se séchèrent et revêtirent leurs braies avant de remettre leur harnachement aux juments. Une fois perchés sur ces dernières, Tetsuya et Ryouta se mirent à la recherche d'une auberge où passer la nuit. Le Turquais aurait préféré éviter cette population assujettie mais le Général semblait connaître une adresse où ils seraient bien reçus.
OoOoOoOoO
- Mais c'est le Général Kise !
Tetsuya arqua un sourcil. A peine son amant et lui avaient-ils franchi la porte de l'auberge que le blond se faisait apostropher par le propriétaire de l'établissement. Ce dernier s'approcha de son vieil ami et lui administra une tape dans le dos, qui coupa la respiration de Ryouta pendant quelques seconde.
- Heureux de te revoir Yuichi ! Je te présente Tetsuya. Tetsuya je te présente Yuichi, un ami de longue date.
Le turquoise salua son aîné d'un signe de tête respectueux. Yuichi faisait à peu près la même taille que Ryouta, quoi que légèrement plus petit. Ses cheveux pourpres prouvaient son appartenance à ce Royaume et il était relativement fin pour un aubergiste. La description que Tetsuya avait toujours eu des personnes pratiquant ce métier était celle d'un bon gros bonhomme barbu mais jovial. Yuichi était la preuve que ce cliché était tout ce qu'il y a de plus faux.
- Depuis que le gamin Aomine nous a vaincu j'ai perdu pas mal de clients, bougonna Yuichi.
- Et bien on prendra ta meilleure chambre ! Ainsi que le dîner et le petit-déjeuner pour demain matin.
- Ce sera avec joie. Je vous laisse vous asseoir, je reviens dans quelques instants pour prendre votre commande.
Ryouta guida Tetsuya vers une table un peu à l'écart. L'auberge était presque vide, seuls un couple et un vieil ivrogne étaient attablés aux tables en bois. N'ayant jamais mit le pied dans un tel endroit, le Turquais se sentait plutôt mal à l'aise. Bien emmitouflé dans sa cape, il espérait que personne ne tente de la lui retirer. Apparemment Ryouta pensait la même chose parce qu'il surveillait les autres clients avec attention.
- Alors, qu'est-ce que je vous sers ? les questionna Yuichi, désormais armé d'un calepin et d'un crayon à papier.
- Tetsuya doit absolument goûter à ta spécialité, répondit Ryouta avec un large sourire.
- Mon bœuf en sauce et ses petits légumes ?
- Exactement.
Yuichi interrogea Tetsuya du regard, comme attendant sa confirmation. Faisant confiance à son amant, le turquoise hocha la tête. L'aubergiste prit donc cela en note et retourna en cuisine.
Ce soir-là le Turquais goûta une cuisine totalement différente de celle à laquelle il était habitué. Ce n'était pas les plats raffinés et princiers que préparaient Rosa et les autres servantes mais une cuisine plus traditionnelle. Il goûta même à des légumes qu'il ne connaissait même pas. Si à l'accoutumer Tetsuya avait un appétit d'oiseau, cette fois-ci il mangeait comme un ogre. Quand Ryouta lui fit remarquer cet état de fait, le plus jeune se senti rougir jusqu'aux oreilles.
Quand ils montèrent se coucher, Tetsuya était tellement épuisé qu'il s'écroula sur le lit et s'endormi quelques minutes plus tard. Le Général l'observa dormir pendant une petite heure pour se coucha également, obligé de faire couche à part avec lui puisque la chambre ne proposait que deux lits simples. Ils passèrent néanmoins une agréable nuit et le Turquais eut toutes les peines du monde à quitter les draps le lendemain. Ce lit était tellement plus confortable que celui qu'il possédait au château qu'il donnerait tout ce qu'il a pour y dormir éternellement…
OoOoOoOoO
- Tu veux déjà quitter le Pays du Pourpre ?
Sa cuillère plongée dans son bol de gruau, Tetsuya trouvait cela fort étonnant que Ryouta lui propose déjà de voyager jusqu'au Pays du Vert. S'il avait compté deux semaines de voyage, c'est sûrement parce qu'il prévoyait de rester quelques jours dans le même Pays à chaque fois.
- J'ai parlé avec Yuichi ce matin et d'après ses sources, Daiki compte rentrer plus tôt que prévu. Si nous voulons finir notre voyage sans problème il ne faut pas qu'on traîne. Je préfère donc que nous quittions le Pays du Pourpre juste après le déjeuner pour rallier le Pays du Vert. Si tout va bien nous y serons dans deux jours. Je connais quelqu'un là-bas qui pourra nous héberger pendant deux nuits.
Tetsuya ne répliqua pas, engloutissant sa cuillère de bouille de céréales avec appétit. Cette nourriture lui rappelait beaucoup son enfance car Rosa en préparait souvent pour lui et Akashi quand ils étaient petits.
Une fois leur premier repas de la journée englouti, Ryouta et Tetsuya prirent congé de Yuichi, qui leur fit promettre de revenir le voir un jour. Il leur fourni quelques restes en prévision des deux jours de voyage qu'ils allaient accomplir. Ils allèrent ensuite chercher leurs montures à la petite écurie adjacente à l'auberge et quittèrent cette dernière au petit trot, faisant de grands signes de main à Yuichi jusqu'à ce qu'il ne devienne qu'un point à l'horizon.
Les deux premières heures de voyage se passèrent en silence, mais bientôt ce dernier devint beaucoup trop pesant pour le blond. Sachant que Tetsuya n'était pas bavard, il ne devait pas compter sur lui pour débuter la conversation. Le problème, c'était que Ryouta ne savait vraiment pas quoi dire. S'il le questionnait sur le Pays du Vert, son amant comprendrait tout de suite qu'il s'agirait d'un simple meublage.
- Qui pourra nous accueillir au Pays du Vert ?
La voix calme et monotone du plus jeune sorti tout de suite le blond de ses pensées. Tetsuya regardait en sa direction, son air impassible fidèlement collé à son visage. Reprenant en une seule seconde toute sa superbe, Ryouta lui répondit aussitôt d'une voix guillerette.
- Le Prince légitime du Pays.
- Mais le Royaume du Vert a été conquit non ?
- En effet, mais les faits se sont déroulés alors que le Prince était tout jeune, il n'a donc jamais espéré régner sur son Pays. C'est l'un des Grands Conseillers de Daiki qui gouverne le Pays du Vert.
- C'est tellement injuste…
- Tu irais lui répéter.
Le Turquais jeta un regard courroucé à son aîné mais ce dernier préféra lui sourire avec espièglerie.
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Comme l'avait prévu Ryouta, le voyage jusqu'au Pays du Vert dura deux jours. Les longues heures passées à cheval se ressentaient chez Tetsuya qui avait les cuisses et les jambes tellement douloureuses qu'il n'arrivait presque plus à marcher. Il était toujours obligé de plaider l'aide du blond pour monter ou descendre de sa monture. Le Général ne le plaignait pas parce que, d'après lui, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, donc si le Turquais voulait devenir un excellent cavalier il devait s'habituer à monter, même si cela lui provoquait nombre de douleurs musculaires.
- J'ai mal à des muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence, gémit le turquoise en mettant difficilement pied à terre.
Ils étaient presque arrivés au Pays du Vert mais la nuit tombait sur le continent, obligeant les deux voyageurs à s'arrêter pour la nuit. N'ayant pas trouver d'auberge à proximité, ils allaient de nouveau devoir dormir à la belle étoile, ce qui n'arrangeait pas Tetsuya qui avait assez mal comme ça pour ne pas s'ajouter un mal de dos du à la dureté du sol.
- Tu veux un massage ? lui proposa Ryouta avec un sourire.
Tetsuya devait bien l'avouer : les massages de son amant étaient efficaces. Bon, ça ne supprimait pas la douleur mais l'atténuait de façon à ce qu'elle soit plus confortable. Faisant s'asseoir son protégé sur un petit coussin formé par leurs couvertures, le blond se mit à genoux face au Turquais et fit glisser ses mains sous ses braies afin d'aller malaxer les muscles douloureux. La fraîcheur de la peau du Général fit frissonner le plus jeune qui enfouit sa tête dans la chevelure blonde face à lui. Tandis que Ryouta massait doucement sa cuisse, Tetsuya huma les cheveux à plein poumon. Il appréciait ses contacts simples et doux qu'ils avaient, plus que leurs relations sexuelles. Pour le Turquais, il y avait bien d'autre façon de prouver son amour à quelqu'un qu'en le touchant. Et les massages du Général en étaient la preuve…
Au bout de quelques minutes, Ryouta releva la tête et déposa ses lèvres sur celles du plus jeune. Ce dernier se laissa faire mais quand son amant commença à abandonner ses cuisses pour glisser ses mains plus haut, Tetsuya décida de l'arrêter tout de suite.
- Tu peux me montrer ton affection autrement que comme ça…
- Je le sais bien, fit l'autre avec un sourire innocent
- Les relations sexuelles ne sont pas obligatoires…
- Je le sais. Quoi qu'on ne puisse pas vraiment dire relation sexuelle puisque nous n'avons jamais fait l'amour.
Tetsuya senti son visage s'enflammer. Il disait ces choses là sans aucune gêne, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.
- C'est un terme général ! tenta-t-il de se justifier en butant sur les mots.
- Ahah, tu t'es renseigné sur le sujet ?
- Bi-Bien sûr que non…
- Hey calme-toi, je te taquine…
Le Général retira ses mains et embrassa tendrement le front de son cadet. Quand il se mettait ainsi dans tous ses états, il était vraiment adorable. Et le blond devait vraiment prendre sur lui pour ne pas lui sauter dessus comme un fauve.
Pour que la nuit du Turquais soit plus agréable Ryouta lui laissa sa couverture, à condition bien évidemment que son amant dorme blotti contre lui, comme il le souhaitait toujours. Le turquoise pu donc passer la nuit au chaud et sur un couverture, rendant le tout bien plus confortable que ses précédentes nuits en pleine nature.
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- Le Pays du Vert a été assujettit par le Roi Daiki au tout début de son règne, commenta Ryouta lorsque les deux voyageurs pénétrèrent enfin dans le royaume de l'agriculture. La famille Midorima, à qui appartenait le Royaume du Vert, s'est vue retirer tous ses droits de régner mais Daiki ne les accepta pas de son entourage personnel. Même si il leur retirait leurs pouvoirs politiques, il ne les a pas dépouillé de leur fortune, donc les Midorima habitent aujourd'hui encore dans une magnifique demeure presque aussi grande qu'un palais. Le Prince, Shintarou, a été enrôlé dans la Chevalerie de Daiki mais suite à un accident il a dut se retirer.
- Quelle sorte d'accident ?
- Il t'en parlera s'il est d'accord.
Le paysage environnent n'était plus du tout le même. Les grands espaces verts entrecoupés de forêt avaient laissés leur place à d'immenses champs en culture. Malgré l'heure matinale les paysans étaient déjà là, s'occupant de leurs précieuses plantations. Les hommes se redressaient à leur passage pour les saluer d'un signe de tête respectueux. Tout le monde semblait reconnaître le Général, quand bien même ce dernier portait une tenue de voyages totalement différents des riches habits qu'il portait à l'ordinaire.
- Tu es une vraie célébrité, commenta Tetsuya.
- Sache que je suis connu dans tous les Royaumes.
- Bonjour la modestie.
- C'est pas de ma faute, s'affligea le blond. Être le Général de la Chevalerie du Pays du Bleu, ça te rend célèbre que tu le veuilles ou non.
- Et ça te déplait ?
- Oui et non. Beaucoup juge mes actions en oubliant que j'obéis seulement aux ordres, et que j'ordonne toujours qu'aucun mal ne soit fait aux civils et même aux soldats. Je n'accepterais jamais qu'un de mes hommes volent volontairement une vie.
- Tout le monde devrait être comme toi.
Le Général rougit malgré lui. Ils chevauchèrent encore toute la matinée avant que le paysage sorte de la monotonie de ses champs. La nature reprit peu à peu possession des lieux et les voyageurs se retrouvèrent rapidement au milieu d'une charmante petite forêt. Kloé et Moélys trottaient parmi les fougères sans afficher le moindre stresse, signe que l'endroit était sûr. Tetsuya en profita pour retira la capuche de sa cape, voulant sentir le vent danser dans ses cheveux turquoise.
Au fur et à mesure qu'ils avançaient, le point qu'ils apercevaient à l'horizon ne cessait de s'agrandir. Bientôt Tetsuya se retrouva face à une immense demeure. Ryouta mit pied à terre, aussitôt imité par son cadet. Tenant les juments par leurs rênes, ils s'approchent de l'entrée de la propriété. Le Général confia les guides de Moélys à Tetsuya et s'approcha des portes afin d'y toquer. L'attente ne fût pas longue et un domestique vint rapidement leur ouvrir. Ryouta n'eût pas besoin de prononcer un traître mot que le nouveau venu s'inclinait profondément, saluant le Général. Des palefreniers jaillirent de nulle part et prirent en charge les bêtes. Les voyageurs furent alors invités à entrer.
- Mio va vous conduire au petit salon, je vais avertir le Maître de votre présence.
Il s'inclina devant les visiteurs, laissant une toute petite servante aux cheveux noirs coiffés en adorables petites couettes s'occuper des invités. Mio guida Ryouta et Tetsuya jusque dans une pièce moyenne dotée de deux grandes banquettes recouverte de coussins. Tout à fait à l'aise dans cet environnement, le Général alla s'y affaler. Le Turquais le rejoignit, plus nerveux. Il prit place tout près de son amant en prenant garde de ne pas mettre le souque parmi les coussins alors que l'autre s'y était laissé tomber sans aucun scrupules.
La porte ne tarda pas à s'ouvrir sur un homme, légèrement plus grand que Ryouta, à la chevelure verte et aux yeux kaki. Ses doigts étaient tous enroulés dans ses bandages blancs, intimidant le Turquais.
- Kise ? Que viens-tu faire ici ?
- Midorimacchi ! Ce n'est pas comme ça qu'on est censé saluer ses vieux amis !
- Qui est mon vieil ami ici ?
- Tu es si cruel !
La scène qui se déroulait sous les yeux de Tetsuya le surprit tellement qu'il resta complètement muet. Tandis que le blond rappelait au vert tous leurs souvenirs d'enfance, ce dernier se contentait d'hocher négativement la tête.
- Et c'est qui lui ?
La question du Prince calma aussitôt le Général qui se redressa. Le Turquais coula un regard en sa direction mais Ryouta fixait le vert dans les yeux.
- Je ne peux pas mentir à un vieil ami. Je te présente Tetsuya, le favori de Daiki.
- Le favori de Daiki ? répéta Shintarou, incrédule. Et c'est normal qu'il soit avec toi plutôt qu'avec lui ?
- Sa Majesté est actuellement en déplacement et il m'a chargé de veiller sur lui. Mais…Nous nous sommes trop attachés si tu vois ce que je veux dire.
- Tu t'es mis dans la merde jusqu'au cou, soupira le personnage royal.
- J'en suis bien conscient, mais ne parlons pas des sujets qui fâchent. Je profite de l'absence de Daiki pour lui faire visiter les pays frontaliers.
- Laisse moi deviner, tu es venu me demander le gîte ?
- Dans le mille ! Toujours aussi perspicace Midorimacchi.
- Non, c'est juste que ça tombe sous le sens. Bon, je ne vais pas vous chasser et de toute façon mon père n'accepterait pas que je n'accorde pas le gîte à un visiteur de marque.
- Cette dénomination fait plaisir à entendre, roucoula le blond, sur un petit nuage.
- Je ne fais que citer ses mots. Bon, le repas va être servi d'ici une heure, donc Mio va vous conduire jusqu'à votre chambre. Lavez-vous avant de descendre dîner, j'enverrais quelqu'un vous chercher.
Le vert tourna les talons et rentra en collision avec le mur à côté de la porte. Tetsuya amorça un geste pour s'assurer de son état mais Shintarou se reprit sur le champ et quitta la salle, laissant entrer Mio à sa place. Voyant l'air presque ahuri sur le visage du Turquais, Ryouta lui coula au creux de l'oreille :
- Shintarou a une très mauvaise vision, c'est souvent quand il se prend les murs.
L'hilarité dans sa voix montrait au plus jeune que la situation du Prince le faisait souvent rire. Même si, sur le coup, Tetsuya avait trouvé la scène comique, ça ne devait pas être facile tous les jours de mal voir et de se prendre tous les objets se tenant devant soi. Mio pria ensuite les invités à la suivre et les deux voyageurs emboîtèrent le pas à la petite servante qui les conduisit jusqu'à leur chambre à l'étage.
La richesse de la pièce fit écarquiller les yeux de Tetsuya. C'était presque aussi luxueux que les appartements de Daiki. Un immense lit à baldaquin trônait au milieu de la chambre, les draps blancs accompagnés par de jolis coussins verts. Ces deux couleurs là dominaient d'ailleurs l'ensemble de la pièce, créant une atmosphère fraîche qui plut tout de suite au Turquais.
- Prenons notre bain ensemble ! chantonna Routa en cajolant son amant.
Tetsuya n'essaya même pas de l'en dissuader. Si le blond voulait qu'ils se lavent ensemble, il n'y avait aucun moyen de lui faire changer d'avis. Et puis partager son bain avec quelqu'un ne devait pas être désagréable…Surtout quand cette personne est celle que l'on aime.
Ils se rendirent donc dans la petite salle adjacente à la chambre où se trouvait un magnifique bassin rempli d'une eau claire et scintillante sous la lueur des bougies. Avant d'y pénétrer, ils se lavèrent avec les seaux d'eaux mit à leur disposition, afin de ne pas salir l'eau du bassin. Le Général insista pour frotter le dos de son cadet qui ne pu empêcher le rouge de monter à ses joues. Les mains douces et humides du blond glissant sur sa peau ne le laissant pas insensible, il senti rapidement son bas-ventre s'enflammer. Et bien qu'il tenta de le cacher, Ryouta le remarqua tout de même et esquissa un sourire taquin.
- Et après c'est moi le pervers ? minauda-t-il.
Le turquoise piqua un fard et se redressa afin de rejoindre le bassin, espérant que cet éloignement calme les réactions naturelles de son corps. Mais c'était peine perdue car le Général l'y rejoignit et l'attira dans ses bras afin de le câliner jusqu'à l'étouffer. Néanmoins, il n'essaya pas de le toucher. Il y avait des moments comme ça où il comprenait que son camarade était trop gêné et n'apprécierait pas ses caresses. Il se contenta donc d'embrasser son cou et ses épaules tout en caressant ses reins.
- Gnh…
Le gémissement que tenta d'étouffer le Turquais parvint tout de même aux oreilles du blond. Aucun doute que son érection le faisait souffrir. Il devait absolument le soulager avant que ça empire. Mais alors qu'il allait glisser ses mains entre les cuisses de son protégé, une voix retenti.
- Le repas va être servi, les Maîtres vous attende dans la cuisine. Vos vêtements vous ont été prit pour être lavé et nous vous en avons mit des propres à disposition. Je vous attendrais dans le couloir pour vous guider.
Ryouta se retint de répliquer qu'il connaissait la demeure Midorima comme la sienne. Il aurait préféré arranger la situation de Tetsuya avant dîner mais ce dernier quittait déjà ses bras pour sortir de la baignoire, malgré son inconfort évident. Poussant un léger soupir, le Général quitta l'eau à son tour et attrapa les serviettes posées sur une étagère. Il s'enroula dans la sienne et déposa l'autre sur les épaules de son protégé pour ne pas que ce dernier n'attrape froid. Il lui sécha ensuite les cheveux en frottant vigoureusement sa chevelure turquoise avec un pan de la serviette puis le laissa s'habiller. Heureusement, la tunique et les braies prêtées par Midorima étaient légèrement trop grande pour lui et cachait l'origine de leur gêne commune.
C'est donc revêtu aux couleurs du Pays que les deux voyageurs suivirent Mio à travers les couloirs richement décorés de la demeure. Quand Ryouta affirmait que cette maison était aussi impressionnante qu'un palais, il n'avait pas mâché ses mots. Malgré leur déchéance, la famille Midorima restait très riche, sûrement même plus que le régent imposer par Daiki.
Ils arrivèrent rapidement à la grande salle à manger dans la propriété, où trois personnes les attendaient. Tetsuya reconnut immédiatement Shintarou, assit en face d'une belle femme à la longue chevelure verte coiffée en une tresse impeccable où étaient piqués des broches en forme de papillons blancs. Ses yeux vert émeraude brillaient de bienveillance et d'amour, le profil même de l'épouse fidèle et de la mère aimante. Assit en bout de table, un homme dans la quarantaine au visage jovial saluait ses invités avec un immense sourire. Ses cheveux légèrement plus foncés que ceux de son fils commençaient à se parsemer de cheveux blancs, tout comme sa barbe de trois jours.
- Général Kise ! Voilà fort longtemps que nous ne vous avons pas reçu dans notre demeure. Quel bon vent vous amène ?
Tout en parlant il désigna deux chaises, invitant les voyageurs à s'y installer. Ryouta se retrouva donc assit à côté de la femme de la maison et Tetsuya à côté du Prince. Ce dernier ne lui adressa pas un traître regard, ce qui arrangea le turquoise.
- Je suis actuellement en voyage avec Tetsuya ici présent. Je lui fais visiter les Royaumes frontaliers au Pays du Bleu.
- Ca ne m'étonne pas de vous, Général ! Le cœur sur la main, comme toujours. Dites-moi jeune homme, pourquoi portez-vous cette cape ?
- Et bien…commença Tetsuya.
Le malaise du turquoise était facilement devinable, surtout que tous les regards étaient désormais tournés vers lui. Ryouta avait beau chercher une excuse tenant la route mais rien ne germa dans son esprit. La personne qui l'avait elle-même mit dans l'embarra arrangea aussitôt la situation.
- Oh et puis quelle importance ? Si vous êtes en compagnie du Général alors vous êtes obligatoirement de bonne compagnie. Bon bon l'heure tourne et mon estomac ne supporte plus cette attente !
Il attrapa une petite cloche dorée posée près de lui et la sonna. Aussitôt, une horde de serveurs encercla la table et y déposa une diversité de mets aux odeurs alléchantes. Dès que le chef de famille eut englouti sa première portion, le repas pu commencer.
Durant le dîner, Ryouta et le père Midorima discutèrent politique tandis que les trois autres restaient silencieux. Son état ne s'étant nullement arrangé, Tetsuya se sentait affreusement mal à l'aise au point d'en transpirer. Le Général, surveillant son amant du coin de l'œil, espérait que le repas se termine vite. Mais ayant reçut une éducation princière, il savait que le dîner s'arrêterait lorsque le maître de la maison aura déposé ses couverts. Et malheureusement pour Tetsuya, Midorima père avait un appétit d'ogre. Il engloutissant les aliments tout en écoutant le récit du blond sur sa dernière bataille.
Enfin, le maître de la maison déposa ses couverts de chaque côté de son assiette et tapota son ventre rond bien rempli. Le reste de la tablée l'imita et les domestiques se hâtèrent de débarrasser.
- Vous prendrez bien le thé Général ? proposa Midorima père.
- J'en serais ravi mais nous avons fait beaucoup de route et nous sommes exténués. Nous aimerons nous retirer pour la nuit.
- Faites donc mes enfants, faites donc. Passez une agréable nuit.
Se levant de table, Ryouta s'inclina devant le bourgeois. Tetsuya fit de même et suivit son amant hors de la salle à manger. Mio arriva alors pour les guider mais le blond l'en dissuada en lui apprenant qu'il connaissait le manoir presque aussi bien que ses propriétaires. C'est donc d'un pas rapide que Kise retourna jusqu'à la chambre, le turquoise sur ses talons. La porte fut ouverte à la volée et quand le cadet la passa, le Général se hâta de la refermer et de la verrouiller.
Surprit par son agitation, Tetsuya le questionna du regard alors qu'il bataillait avec le nœud de sa cape. Ryouta le saisit par les épaules et le força à reculer jusqu'à ce que ses jambes ne rencontrent le lit. Là, il le fit s'asseoir et finit de dénouer le vêtement qu'il lui avait offert pour ensuite la faire tomber sur les draps. Le Turquais gémit quand son amant déposa sa main sur son entre jambe.
- Ca ne s'est pas arrangé ?
- Ce n'est rien, laisse ça va se calmer…
- Ca ne se calmera pas tout seul, pire ça va devenir douloureux. Laisse moi m'occuper de toi…
Sur ces mots le Général lui baissa ses braies jusqu'à ses chevilles avant de prendre la virilité de son compagnon en main. Il commença par de lents mouvements de va-et-vient puis la prit en bouche, faisant gémir le plus jeune. Ce dernier s'accrochait à la chevelure du blond, la décharge de plaisir qu'il ressentait lui faisant voir des étoiles. Il n'essayait même pas de retenir ses râles de plaisir, de toute façon il n'y serait pas arrivé. L'orgasme arriva rapidement, et il se déversa dans la bouche du Général qui écarquilla les yeux d'étonnement.
- Ca va mieux ? fit malicieusement le blond en essuyant le coin de ses lèvres.
- Je suis désolé…
- Pourquoi l'es-tu ? Est-ce qu'il y a une raison, même infime, pour que tu le sois ?
Tetsuya baissa les yeux. Ryouta se redressa et s'installa au milieu du lit, prenant son protégé dans ses bras. Il lui caressa tendrement les cheveux avant de lui chuchoter :
- J'ai l'impression que tu prends trop les actes sexuelles comme une chose que tu subies, limite comme une punition. Tu ne dois vraiment pas. Tu as le droit d'avoir envi comme tu as le droit de ne pas avoir envi. Les fois où vous le faisiez, c'était quand lui le désirait n'est-ce pas ?
Le blond parlait de Daiki, ça coulait de source. Alors le Turquais hocha doucement la tête, honteux. Néanmoins, le Roi ne l'avait jamais forcé. Quand il ne le sentait pas réactif, il ne continuait pas. Il était certes brusque, mais ce n'était pas de sa faute. On ne lui avait jamais apprit à partager ses sentiments, alors il les imposait. Parfois Tetsuya se disait qu'il aurait du lui apprendre, mais gamin qu'il était, il préférait se laisser faire dans la peur d'être blessé. Maintenant qu'il était plus vieux il pouvait essayer, mais il serait difficile de changer la façon d'être du monarque.
Remarquant qu'il avait perdu l'attention de son protégé, Ryouta glissa sa main entre ses jambes. Contre toute attente, une fois n'avait pas suffit au Turquais car son corps en redemandait. Le rouge de ses joue s'accentua et le Général ne pu s'empêcher de trouver cela tout à fait adorable. Il le fit s'allonger sur les draps, se mettant à califourchon au dessus de lui.
- Quand tu en as envi, il faut que tu me le dises. C'est gênant, je le conçois, mais je ne te toucherais pas sans ta permission. Tu ne dois pas subir, mais apprécier ou, mieux encore, participer. On dit ne pas faire l'amour pour rien, l'amour doit être présent. Et dans mon cas, je déborde d'amour envers toi. Je veux que tu te sentes bien, que tu apprécies tout ce que je te fais. Ce n'est pas une punition et encore moins une humiliation. Loin de moi l'idée de t'humilier. Je veux juste partager avec toi ce que nos corps réclament.
Les yeux brillant de larmes, Tetsuya ne savait quoi répondre. Les paroles du Général lui réchauffaient le cœur mais il était tellement complexé qu'il ne comprenait pas comment on pouvait être attiré par lui. Pour Daiki c'était compréhensible : il n'avait qu'à humer son odeur et le tour été joué. Mais Ryouta n'avait plus d'odorat. La bosse de son entre jambe n'était donc pas du à son odeur corporel, mais à lui seul, l'être humain qui se tenait sous lui.
- Ryouta…
Tetsuya entoura la nuque du Général avec ses bras et amena son visage auprès du sien afin de l'embrasser. Entendre son prénom prononcé avec autant d'amour de la part de la personne qu'il aimait fit frissonner le blond de la tête au pied. Ca ne l'empêcha néanmoins pas de répondre au baiser de son amant, dont le but avait tout de suite été comprit : le Turquais voulait qu'ils continuent. Et le Général se ferait une grande joie de réaliser son souhait.
Tandis qu'il dévorait ses lèvres avec délectation, il souleva sa tunique pour découvrir ses tétons roses. Aussitôt il vint les taquiner du bout des doigts, ravalant les gémissements de son compagnon. Sentant les petits bouton de chair se durcirent sous ses caresses, Ryouta abandonna les lèvres de son cadet pour en prendre un en bouche et le titiller avec sa langue. Ayant désormais une main libre, il la glissa le long du corps de son compagnon afin de caresser son sexe dur. Les gémissements de Tetsuya lui apprirent qu'il appréciait ce qu'il lui faisant. Temps mieux. Il n'allait sûrement pas apprécier longtemps.
Le Général se redressa afin de se dépouiller de sa tunique qui entravait ses mouvements. Il saisit alors les cuisses de son protégé pour l'installer sur ses genoux, surélevant ainsi son bassin. Le Turquais lui lança un regard interrogateur qui disparu vite lorsque la tête du blond se perdit entre ses jambes. Ryouta prit la virilité de son cadet en bouche mais l'abandonna rapidement pour descendre de plus en plus bas vers son intimité. Quand il arriva à la partie entre les deux zones de plaisir Tetsuya se arqua, poussant un long râle de plaisir. Le blond ne pu se retenir de sourire. Il venait de repérer une nouvelle zone sensible chez son partenaire. Il le taquina alors du bout de sa langue, le sentant se cambrer de plaisir. Il finit par arrêter sa douce torture et arriva devant l'intimité du Turquais. Il commença par la lécher pour l'humidifier. En même temps, il glissa deux doigts dans la bouche de son cadet, jouant avec sa langue afin de le faire saliver. Une fois ses doigts bien mouillés, il se redressa et en enfouit un premier en son protégé. Ce dernier poussa un couinement de douleur et le Général se pencha légèrement afin de lui embrasser la tempe et lui murmurer des mots rassurant au creux de l'oreille. Il fit tout doucement bouger son doigt, conscient néanmoins que cela ne devait pas être agréable. Quand les muscles autour de lui se dilatèrent suffisamment pour que son doigt y glisse facilement, il en rajouta un autre. La douleur fut telle que Tetsuya se redressa, s'asseyant brusquement sur les genoux de son partenaire. Mais ce brusque bond en avant lui causèrent un mal horrible puisqu'il s'empala lui-même et sans douceur sur son index et son majeur. Son cri de douleur se répercuta sur les murs de la chambre, et le Général se hâta de le réconforter, restant immobile en lui.
- Tu n'es jamais allé aussi loin avec Daiki, n'est-ce ? lui souffla-t-il doucement.
Le Turquais fit non de la tête. Le Roi du Pays du Bleu a toujours été respectueux à ce sujet et ne lui avait donc jamais fait ce genre de chose. Quelque part Ryouta était fier d'être son premier, mais il ne voulait vraiment pas lui faire de mal.
- Tu veux qu'on arrête là ?
Tetsuya fit non de la tête. Même si ça faisait mal, il était curieux. Curieux de voir comment cette douleur deviendrait un plaisir. Il ressemblait un peu à un masochiste mais il faisait entièrement confiance en Ryouta. Il ne s'imaginait pas expérimenter cela avec un autre que lui. Les doits de son aîné se remirent donc à bouger lentement en lui, et le turquoise s'accrocha à ses épaules en se mordant la lèvre inférieure afin de ne pas couiner. Le Général lui chuchotait des mots doux et embrassait parfois sa tempe, lui rassurant afin qu'il se détende. Progressivement, le Turquais relâcha ses muscles. Néanmoins, il se tendit de nouveau lorsque Ryouta entama des mouvements de ciseaux afin d'écarter au mieux les chairs destinées à l'accueillir. Tetsuya respirait si fort et son cœur tambourinait tellement dans sa poitrine qu'il aurait presque pu en mourir. Mais son corps s'habitua à ses étrangers qui le malmenaient et il grimaça à peine quand un troisième intrus rejoignit ses pairs.
Sentant son partenaire assez préparé, le blond retira ses doigts. Il n'avait pas encore trouvé la prostate de son protégé mais il était sûr de la trouver rapidement. Il l'allongea sur les draps et se plaça entre ses jambes. Il lui souleva son bassin et se présenta à son entrée.
- Tu es sûr que tu veux continuer ?
Le turquoise hocha la tête. Le blond ne se serait pas permit de le faire sien s'il ne l'avait pas désiré. Néanmoins, il n'était pas sûr qu'il aurait pu se retenir à ce stade. Sa chaleur dans son propre bas-ventre devenait insupportable et il voulait à tout prix s'en soulager. Il pénétra donc lentement en son amant, l'embrassant afin de ravaler ses gémissements de douleur. Des larmes se formèrent aux coins des yeux du plus jeune qui n'avait jamais eu aussi mal de sa vie. C'était une sensation étrange et douloureuse, comme si on le déchirait de l'intérieur. Bon, c'était à peu près le cas mais jamais il n'aurait pensé que l'amour serait aussi douloureux.
Entièrement en son cadet, le Général prit une pause. Pour le moment, ce n'était agréable ni pour l'un ni pour l'autre. Ils prirent donc le temps de s'habituer. Au bout d'un moment, Ryouta donna un léger coup de bassin. Son partenaire poussa un léger couinement. S'était mieux qu'un cri. Alors le blond se mit en mouvement, exécutant de lents va-et-vient. Le torse du turquoise se soulevait rapidement alors qu'il cachait son visage sous ses bras, d'un seul coup embarrassé.
- Ne te cache pas, je veux te voir…
Le blond lui prit les poignets et les bloqua au dessus de sa tête. Les joues rouges d'embarra et de plaisir du plus jeune était si adorables qu'il ne pu s'empêcher de les embrasser avec affection. Une fine particule de transpiration recouvrait son corps et la lueur vacillante des bougies y faisait danser de magnifiques arabesques. Le seul regret de Ryouta était de ne pas pouvoir se délecter de son odeur, même en sachant que cette dernière était maudite. Cependant, les yeux voilés de désir de son amant comblaient ce manque.
- Aaaaah … !
Ce long gémissement du turquoise apprit à son amant qu'il avait enfin trouvé sa prostate. Le Général se concentra donc à cogner contre ce point, cet endroit qui faisait gémir son compagnon. Ce dernier se cambrait à chaque fois que la virilité de son amant tapait contre cette boule de nerf qui lui faisait voir des étoiles. Enfin, il ressentait le véritable plaisir. Il n'arriverait pas à le nommer correctement, mais les décharges qui le parcouraient étaient toutes sauf douloureuses. Il sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps.
Lorsque les coups de bassin de Ryouta devinrent de plus en plus désordonnés, les amants comprirent que ça n'allait plus durer longtemps. Et c'est dans un dernier mouvement plus violent que les autres que le Général senti les muscles de Tetsuya se resserrer brusquement contre lui. Alors que le plus jeune se déversait sur leurs torses trempés de sueur, l'aîné explosa en son amant tout en gémissant son prénom. Il se retira lentement et, essoufflé, se laissa choir juste à côté de lui. Le blond prit le turquoise dans ses bras et le serra contre lui, ravi et pleinement satisfait.
- Je t'aime, souffla le Général en embrassant le front de son cadet.
- Je t'aime aussi…
La voix de son amant semblait lointaine et le blond comprit qu'il n'allait pas tarder à s'endormir. Kise attrapa alors une serviette posée sur la table de chevet, nettoya son compagnon et lui-même puis recouvrit leurs corps des draps. La respiration sereine de Tetsuya confirma les pensées du Général et ce dernier ne tarda pas à rejoindre son bel amant au pays des songes.
Désolée, désolée, désolééééée ! C'est encore avec du chapitre que je poste la suite de ma fiction. Mais comme je l'ai dis dans mon OS d'Halloween, je jonglais entre ce chapitre-ci, le OS, les corrections des fictions de Kaita-Chan et Professeur Layton & le Masque des Miracles. En plus j'ai été chez ma mère. La recette secrète pour les chapitres en retard o/
Mais vous l'avez remarqué : ce chapitre est beaucoup plus long que les précédents. Et encore, j'ai décidé de le couper en deux car j'avais pour projet de faire la visite des quatre Pays en un seul chapitre. Mais arrivée à 15 pages Word et vu la semaine déjà de retard, je me suis dis d'arrêter ici afin de vous le poster car ce week-end je suis encore chez ma mère et lundi soir chez une amie...Moi qui espérait arriver au moins à l'avant-dernier chapitre avant la fin des vacances je réalise désormais que c'est purement impossible 8D
Mes prévisions pour les chapitres sont donc décalés et la fin arrivera finalement d'ici cinq chapitres sauf s'il m'arrive la même chose que pour celui-ci. Désolée une fois encore mes pauvres fans de AoKuro, je vous ferais un petit OS pour compenser mais c'est encore et toujours le KiseKuro qui domine dans ce chapitre. Et il y a un lemon youhou o/ Le premier véritable lemon yaoi que j'écris, faites péter le champagne ! *ouvre une bouteille* Hm sérieusement, j'espère que je n'ai pas fait de gaffe car bien que j'en lise souvent, je reste une fille et j'ignore ce que ça fait d'être...Enfin bref, ne nous attardons pas sur des détails 8D D'ailleurs je préviens tout de suite que ce week-end vous l'aurez comprit pas de chapitre, et que je doute avoir la suite la semaine prochaine car je vais la consacrer au OS AoKaga que j'ai promis à Kaita-Chan en récompense pour le précédent mini-concours. Je la fais lambiner depuis suffisamment longtemps mais cette fois sera la bonne !
En parlant de petit concours, c'est Nyny & Ombrelle la première à avoir trouver le Monde de Narnia cité dans le chapitre précédent même si, je l'accorde, ce n'était vraiment pas difficile 8D J'aurais pu mettre un extrait de la République de Platon mais là personne n'aurait trouvé... Ou alors vous êtes vraiment trop fortes o/ Nyny & Ombrelle je te ferais donc un OS AoKuro si tu le souhaites :D Je voulais aussi expérimenté un AoKise mais après c'est comme tu veux :p
Pour les remerciements, une fois n'est pas coutume, merci à Kaita-Chan, Nyny & Ombrelle, Caath, Kirinkai, Dollylix ainsi que toutes les autres. Vos reviews et pour certaines d'entre vous vos messages me font réellement plaisir et me donne encore plus l'envi d'écrire. Que serait un auteur sans ses letrices ? (coeur) Je vous souhaite donc une bonne fin de soirée ( lol, c'est 23h36 o/ ) en espérant que ce chapitre vous aura plut !
Kisu ! Moona-sama
