.o0 Chapitre VI : Le Voyage 0o.
{ Deuxième partie }
Bien qu'il soit devenu un très bon cavalier, Tetsuya n'échappait toujours pas aux douleurs musculaires que lui octroyait l'équitation. Le bas de son dos et ses cuisses se chargeaient de le lui rappeler à chaque fois qu'il descendait de cheval. Mais ajoutez à cette douleur celle d'une première nuit d'amour et vous comprendrez l'état dans lequel se trouvait le turquoise le lendemain de sa première fois, alors qu'il parcourait la campagne Verdienne avec son amant et Shintarou.
Ce dernier avait été étonné de voir le plus jeune grimacer dès le réveil mais il n'avait pas questionné ses hôtes pour autant. Après tout, leur vie privée ne le concernait pas le moins du monde, même s'il se doutait des activités qu'ils avaient pratiquées la veille au soir. Et le pauvre Turquais combinait cette douleur à celle de l'équitation. Etait-il masochiste ou borné ? Difficile à savoir. Néanmoins, il suivait ses aînés sans se plaindre, tenant fermement les rênes de Kloé entre ses doigts.
- Tu nous emmènes où Midorimacchi ? lança gaiement le Général en faisant trotter sa jument en rond autour de ses camarades, leur donnant le tournis.
- Au village le plus proche, où veux-tu que je vous emmène ? grogna le vert.
- Je pensais à l'Observatoire.
- En pleine journée ? soupira Shintarou.
- Effectivement, je n'y avais pas pensé.
Alors que le vert rabrouait le blond, le turquoise tenta de deviner ce qu'était que l'Observatoire. Cela devait être quelque chose d'important si Kise voulait qu'ils y aillent. Et c'était un endroit où il ne fallait aller que de nuit. Sa curiosité était piquée, mais il ne pourrait savoir de quoi il en retourne qu'à la nuit tombée…
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- Le village Ouest est le plus proche de la demeure Midorima, expliqua Ryouta à Tetsuya alors qu'ils pénétraient dans un charmant hameau. Le Pays du Vert est divisé en quatre villages principaux, celui du Nord, celui du Sud, celui de l'Est et celui de l'Ouest. Chacun d'eux à sa spécialité en terme d'agriculture. Le village Ouest est le spécialiste des fruits.
Les enfants couraient à côté des chevaux, saluant Shintarou à effort de grands cris. Le vert semblait avoir sa petite célébrité parmi les habitants. Ces derniers ne semblaient pas pouvoir oublier que sa famille avait gouverné sur leur Pays depuis la nuit des temps. Tetsuya imaginait bien le mal l'aise qu'avait du causer la déchéance des Midorima au sein de la population verdienne.
Les villageois saluaient la petite délégation en leur souriant largement, ravis de recevoir de telles célébrités dans leur village. Car que Shintarou soit célèbre, c'est normal en soi. Mais que Kise soit également salué avec le plus grand des respects prouvait à Tetsuya que son amant n'était pas n'importe qui. Il se sentait presque mal à l'aise, lui qui n'était rien, de cheminer en compagnie de ces deux personnages.
Le silence qui pesait sur le groupe n'arrangeant en rien l'inconfort du turquoise, ce dernier se contenta d'observer les alentours, enregistrant tout ce qu'il voyait dans son esprit afin de pouvoir questionner Ryouta plus tard. Mais ses yeux tombèrent vite sur un regroupement d'enfants qui riaient aux éclats. Mais ce n'était pas là des rires joyeux. Plutôt moqueurs. De plus, le fait qu'ils soient tous en rond laissait comprendre qu'ils observaient quelque chose se trouvant au centre. Un râle de douleur parvint alors aux oreilles du Turquais. Ne pouvant rester inactif, il rompit les rangs et trotta jusqu'au regroupement de gamins.
- Tetsuya ! l'appela Kise. Où vas-tu ?
Mais le concerné ne l'entendait déjà plus. Son arrivée provoqua de la peur chez les gosses qui, devant cet homme encapuchonné, mirent immédiatement fin à leurs rires. Certains d'entre eux prirent la poudre d'escampette, d'autres restèrent plantés là, défiant le cavalier du regard. Tetsuya finit par mettre pied à terre, achevant de faire fuir les enfants. Le Turquais pu alors découvrir le centre de l'attention. Un petit animal gisait misérablement dans la poussière, recroquevillé sur lui-même. Tetsuya fit glisser sa main le long du pelage noir et blanc de l'animal, qui releva péniblement la tête pour observer son sauveur. Sa petite queue enroulée sur elle-même se mit à remuer faiblement, et le turquoise prit cela pour un remerciement de la part du pauvre animal.
Ryouta et Shintarou s'approchèrent alors de Tetsuya, mettant pied à terre pour le rejoindre.
- Pauvre petit chien ! gémit Kise.
- Un chien ? répéta son amant.
- Bah oui, un chien. Tu ne sais pas ce que c'est ?
Le Turquais gonfla les joues.
- Bien sûr que si, j'en ai déjà vu. Mais jamais d'aussi petits.
- C'est un chiot, lui expliqua le vert.
- Pourquoi ses enfants le frappait-il ? demanda le plus jeune.
- Ca devait les amuser, soupira le blond.
- Je ne peux pas le laisser dans cet état, se lamenta Tetsuya en attrapant doucement le petit animal.
Le chiot se laissa faire sans répliquer, n'en n'ayant de toute façon pas la force. Ses petits yeux bleus exprimaient une douleur triste à voir. Le Turquais enroula la pauvre bête dans un pan de sa cape et se remit en selle. Le personnage royal et le Général firent de même, ouvrant la voie. C'est dans un silence presque religieux qu'ils prirent le chemin du retour.
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- Il est épuisé et affamé, mais ses blessures sont superficielles. D'ici quelques jours, il aura retrouvé toute sa vigueur !
Midorima mère adressa au sourire au Turquais qui se sentait rassuré. Le chiot dormait désormais roulé en boule sur un petit coussin, ses blessures ayant été nettoyées et bandées. Son pelage, désormais propre et démêlé, brillait sous les rayons du ciel perçant par la fenêtre.
Quand Tetsuya était revenu chez les Midorima chargé de ce petit animal blessé, la mère de Shintarou avait immédiatement accepté de le soigner. La verdienne venait d'une famille de vétérinaire et s'y connaissait beaucoup. Après avoir lavé le chiot, elle avait pansé ses plaies et nourrit. Depuis, le turquoise n'arrêtait pas de lui témoigner sa gratitude. Il avait vraiment eu peur que cet adorable chiot succombe à ses blessures...
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- Tu veux le garder ? répéta Ryouta, incrédule.
- Je crois qu'il s'est attaché à moi.
En effet, le chiot allait beaucoup mieux depuis que le Turquais l'avait trouvé, il y a de cela deux jours. Même s'il ne marchait pas encore stablement, il arrivait tout de même à suivre son sauveur partout où il allait. Et quand ils venaient à être séparés pour x raison, l'animal hurlait à la mort jusqu'à ce qu'ils soient de nouveau réunit. Depuis peu, il dormait même avec lui, roulé en boule entre ses jambes. Et Ryouta n'appréciait que vaguement cet intrus dans ses draps.
- Nous sommes censés partir demain matin, lui rappela le blond. Il ne pourra pas nous suivre.
- Je le porterais.
- Tetsuya, s'est insensé ! Que vas-tu en faire après ?
- Dis-moi Ryouta, tu ne serais pas jaloux de lui ?
Le rouge monta aux joues du Général. Lui, jaloux d'un chien ? Quelle idée ! Bien sûr que non, il n'était pas jaloux. Pourquoi le serait-il ? Après tout, ce n'était qu'un animal ! Un animal qui dormait avec celui qu'il aimait, qui recevrait autant de caresse qu'il le souhaitant sans rien faire d'autre que remuer sa mignonne petite queue enroulée et qui pouvait suivre Tetsuya partout sans que celui-ci ne s'en plaigne…Non vraiment, pas de quoi être jaloux ! Quoi que …
- Je ne suis pas jaloux du tout !
Pas crédible pour deux sous. Mais Tetsuya fit mine de ne rien remarquer.
- Je peux le garder, alors.
Kise soupira. De toute façon, le turquoise avait déjà décidé qu'il garderait le chiot. Il n'avait demandé l'avis du blond que pour faire bonne figure. Le Général espérait juste que l'animal ne créait pas de conflit entre eux…
- Et tu lui a donné un nom ? demanda-t-il finalement.
- Oui, Ni-Go.
- Ni-Go ?
Tetsuya hocha la tête, et Ryouta haussa les épaules. Il pouvait bien appeler son chien comme il le souhaitait. Même si, niveau prénom, le blond avait connu mieux...
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Cette fois, c'était la bonne. La lune baignait la vallée dans la magnifique lueur blafarde, assez intense pour que les cavaliers se repèrent dans l'obscurité. En tête de la file, Shintarou guidait ses hôtes jusqu'à l'Observatoire, une torche à la main. La nuit était tombée depuis moins d'une heure et le ciel était dégagé. Une nuit parfaite pour admirer les étoiles.
Très rapidement, un immense bâtiment apparut dans le champ de vision des trois jeunes hommes. Son toit courbé rendait son architecture originale. Tetsuya n'avait jamais rien vu de tel et avait déjà hâte de visiter l'édifice.
Ils mirent pied à terre et attachèrent les chevaux aux anneaux accrochés au mur. Shintarou sorti alors un trousseau de clés de la poche de son ample veste et déverrouilla la porte d'entrée. Il alluma une à une chaque bougies à l'aide sa torche afin d'allumer l'endroit. Bientôt, l'immense salle fut illuminée comme au grand jour, révélant aux visiteurs de nombreuses tables et bibliothèques où ouvrages et parchemins se disputaient la place. Des objets dont Tetsuya n'imaginait même pas l'existence trônait près des cartes du ciel entièrement gribouillées et, de ce fait, presque méconnaissables. Cependant, l'élément le plus impressionnant était l'immense télescope se trouvant au centre de la salle. Le tube perçait le plafond, dépassant de quelques mètres à l'extérieur.
- Bienvenue à l'Observatoire, fit le vert à ses invités.
- Il a beaucoup changé depuis la dernière fois où je suis venu, constata Ryouta en observant rapidement les parchemins sur la table. Tu as avancé dans tes recherches ?
- J'ai découvert trois nouvelles étoiles, j'étudie en ce moment leurs caractéristiques.
- Je peux utiliser le télescope ?
- Tant que tu ne l'abîmes pas.
Ryouta fit signe à Tetsuya de le suivre, et ce dernier obéit sur le champ, poussé par sa curiosité. Le blond positionna son œil face à l'extrémité de l'objet et ferma l'autre. Puis, il laissa la place au Turquais. Ce dernier imita les gestes de son amant, et bientôt le firmament lui apparut comme à porter de main. Les étoiles brillaient de mille feux, ressemblant presque à la rivière de diamant que portait la mère de Shintarou. Ce dernier s'approcha alors de ses hôtes et Tetsuya lui céda la place. D'une manière agile et habituée, il tourna quelques engrenages et fit pivoter le télescope afin de changer l'angle de vue. Il s'écarta et laissa le turquoise admirer la nouvelle étoile qu'il avait découvert il y a de cela quelques mois.
- Je l'ai nommé Loäm.
- Et bien, tu as des noms aussi bizarres que ceux de Tetsuya, se moqua Kise en faisant un clin d'œil.
Les concernés lui lancèrent des regards noirs, n'appréciant pas que l'on critique leurs goûts en terme de noms.
- Elle est plus grosse que les autres et pourtant je viens de la découvrir. Je pense qu'elle est née il n'y a pas longtemps.
- Je peux tenter de l'étudier moi aussi ? tenta le blond.
- Vas-y.
Le Général rassembla alors quelques feuilles et autres outils utiles à son étude. Ne voulant pas le déranger, Tetsuya alla s'asseoir sur une chaise un peu à l'écart. Il ignorait les capacités de Kise en astrologie mais se doutait qu'il devait connaître un peu plus que les bases. Comme pour tout autre chose, d'ailleurs.
Shintarou le rejoignit quelques minutes plus tard, et s'installa près de lui. Tetsuya l'observait du coin de l'œil. Cet homme était vraiment mystérieux. C'était quoi, ces bandages autour de ses doigts ? Pourquoi avait-il une aussi mauvaise vue ? Qu'est-ce qu'il a ressenti lorsque sa famille a été déchue ? Depuis combien de temps connaît-il Ryouta, et dans quel contexte ce sont-ils rencontrés ? Tant de questions qui se bousculaient dans son crâne en refusant néanmoins de franchir la barrière de ses lèvres…
- Il y a un problème ? lui demanda le vert.
Le plus jeune sursauta et détourna son regard, gêné.
- Si tu as des questions, pose-les. Mais arrête d'observer les gens de travers, ça pourrait t'attirer des ennuis.
- Je ne voudrais pas vous déranger.
- Kise va rester des heures accrochées au télescope, alors autant s'occuper.
- Depuis quand le connaissez-vous ?
- Trop longtemps.
- Vous ne l'aimez pas ?
- Ce n'est pas ça, mais il est trop exubérant. Ca pourrait lui attirer des ennuis.
- Vous semblez toujours vouloir éviter les ennuis, quoi qu'ils fussent.
- Quand on nous prend l'ongle, on finit toujours par nous arracher le bras. Il faut toujours être prudent.
- C'est un manque de prudence qui est à l'origine de ces bandages ?
Le Turquais regretta aussitôt sa franchise. Le vert resta silencieux quelques secondes. Secondes qui parurent des heures à Tetsuya.
- En effet. Autrefois, je faisais parti de la Chevalerie du Royaume du Bleu, moi aussi. Nous étions cinq, les meilleurs de la base d'entraînement. Tous des jeunes seigneurs, dont la famille avaient été déchus ou non. Nous formions un groupe solide, nos missions toujours couronnées de succès. Mais un jour, tout parti de travers.
Le plus jeune, attentif, était pendu aux lèvres du vert. Ce dernier prit une petite pause, comme si tous les événements défilaient devant ses yeux.
- Nous avons été envoyés sur le front suite à la défaite de l'escadron C. Sûrs de nous, nous avons foncés dans la bataille sans réfléchir. C'est là que l'adversaire nous a prit par surprise, déclarant un incendie dans la vallée. Ryouta et moi avons été encerclés par les flammes et ainsi séparés de nos compagnons. Nous peinions a garder nos montures calmes, car le feu les effrayait plus encore que nous. Mon cheval était un animal nerveux de base, et cette situation l'a tellement affolé qu'il m'a éjecté, m'envoyant droit dans le brasier.
Tetsuya écarquilla les yeux.
- Heureusement, je ne suis pas tombé directement dans les flammes. Du moins, pas mon corps en entier. Mes doigts, par contre, ont tous été brûlés, certains moins que d'autres. Incapable de me relever, je suis resté au sol pendant ce qu'il m'a semblé des heures. Je pense que c'est à cause de la proximité avec les flammes et la fumée que ma vision a tant baissée. Tout comme Ryouta a perdu son odorat. C'est justement lui qui m'a sauvé, poussant son cheval à rejoindre l'endroit où j'étais allongé avant de me charger sur la croupe de sa monture. Je me souviens encore que la suie sur son visages et ses larmes de rage qui y dessinaient des sillons pâles. C'est avec difficulté que nous avons enfin rejoint nos compagnons, qui étaient morts d'inquiétude. Après ça, la plupart d'entre nous on du quitter la Chevalerie. Aomine avait perdu son père et devenait Roi de son Pays, et Akashi le suivit en voie de devenir son Conseiller. Suite à mes blessures, j'ai été congédié pour inaptitude. Seuls Kise et Murasakibara y sont restés. Et voilà ce qu'ils sont aujourd'hui : Kise est Général de la Chevalerie, le hissant presque au même rang qu'Akashi, et Murasakibara est Chef des Armées du Pays du Violet, en voie d'en devenir le Roi.
Le Turquais n'en croyait pas ses oreilles. En plus de connaître Ryouta, il connaissait aussi Daiki et Seijuro ? Pourquoi son amant ne lui avait-il jamais parlé de cet escadron qu'il avait formé avec son Roi et son frère de lait ? Qu'est-ce que Shintarou savait encore sur Kise que lui-même ignorait ?
- Vous connaissez Akashi et Aomine ?
- Bien sûr, nous avons passés près de cinq ans ensembles. Mais ils rentraient toujours plus tôt, et Aomine avait tendance à rater la plupart de séances d'entraînement et des missions.
« C'est parce qu'il était avec moi. »
Lui qui avait toujours vécu avec Seijuro et Daiki ignorait ces moments de leur vie, alors qu'il pensait être celui qui les connaissait le plus. Plus le temps passait et plus il apprenait des choses sur les personnes qui l'entouraient, et plus il se sentait extérieur à leur univers. C'était comme s'il progressait sur un fil tendu entre deux montagnes, et qu'il voyait ses aînés au loin, dans la brume. Plus il avançait sur le fil, puis les silhouettes devenaient claires, et plus il manquait de vaciller en découvrant les différentes facettes dont ils étaient composés. C'était effrayant et intéressant à la fois. Mais il ignorait combien de temps encore il tiendrait sur ce fil…
- Désolé, j'ai du dire des choses que tu ignorais. En tout cas, Kise et toi jouez à un jeu dangereux. Tu es le favori de Daiki n'est-ce pas ? Comment crois-tu qu'il va réagir s'il apprenait ta relation avec celui qui autrefois l'idolâtrait ?
- Ryouta idolâtrait Daiki ? Tetsuya avait du mal à y croire.
- De tout le groupe, c'était Aomine le plus puissant. Fort, rapide, intelligent. Tout pour faire de lui le meilleur des soldats. Kise l'a toujours admiré pour cela. Cependant, je pense que s'ils devaient s'affronter aujourd'hui, ce serait Kise qui gagnerait. Il vit dans les armes et les champs de bataille depuis son enfance, personne n'est plus expert de la guerre que lui.
Le Turquais jeta un regard vers son amant. Ce dernier semblait griffonner sur un parchemin, valsant entre le télescope et le papier. Sa capacité à tout apprendre très vite était impressionnante. Il avait tellement de chance de tout savoir …
- Parfois, j'envie son savoir, avoua le turquoise dans un souffle.
- Je ne partage pas ton avis. La vie doit être tellement fade quand nous n'avons plus rien à apprendre.
Point pour le vert. Tetsuya n'y avait jamais vraiment pensé. Obsédé par sa propre ignorance, il n'avait pas songé une seule seconde que le blond puisse se lasser de sa propre culture…
Shintarou et Tetsuya discutèrent plus d'une heure de tout et de rien, mais surtout des différents points de vus qu'ils avaient de Ryouta, Seijuro et Daiki. Bien qu'il ne les ait pas vu depuis longtemps, le vert dressait des portraits quasi-parfaits de ses anciens comparses. Comme s'ils n'avaient pas changés depuis tout ce temps.
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- Tu boudes ?
Ryouta observa son amant retirer sa tunique verte pâle. Depuis qu'ils étaient rentrés de l'Observatoire, le Turquais était encore plus muet qu'à l'ordinaire. Avait-il une dent contre lui ? C'est vrai qu'il l'avait laissé seul – enfin, pas seul puisqu'il y avait aussi Midorima – mais l'euphorie que lui avait apporté la possibilité d'étudier quelque chose qu'il ignorait l'avait secoué comme un tsunami.
- Non.
Tetsuya retira ses braies et plia soigneusement les vêtements sur la petite chaise près de la porte. La vue du corps presque dénudé de son amant fit courir un long frisson le long de la colonne vertébrale du blond, mais il refoula ses pulsions pour ne pas indisposer son compagnon. Ce dernier ne semblait vraiment pas d'humeur.
- Il doit bien y avoir quelque chose pour que tu agisses ainsi.
- Ainsi ?
- Tu ne me regardes pas en face.
Le turquoise lui jeta un regard oblique, confirmant l'affirmation du Général.
- Ai-je fais quelque chose de mal ? Si c'est à cause de ce que j'ai fais à l'Observatoire, je suis désolé. J'étais ab- …
- C'est quoi l'amour pour toi ?
La question soudaine du plus jeune prit le blond de cours. Ce qu'est l'amour pour lui, hein … ?
- C'est la plus belle chose qui existe sur la terre. Une force indépendante et surprenante, qui peut vous coincer au détour d'un couloir sans que vous ne puissez réagir. C'est la mélodie formée par deux cœurs battant à l'unisson, l'union de deux êtres pour qui plus rien ne compte à part leur moitié. Personne n'y échappe, ça nous tombe dessus comme une goutte de pluie. C'est également ce qu'il y a de plus contradictoire, car on peut en souffrir, voir même en mourir. Mais rien ne peut empêcher un cœur d'aimer.
A la fin de sa tirade, il tenta de croiser le regard de son amant. Mais ce dernier l'évita agilement et resta debout au milieu de la chambre pendant de nombreuses secondes, avant de finalement s'asseoir près du Général.
- Pour moi, c'est aussi une confiance sans faille entre deux personnes.
- C'est un reproche ?
- En quelque sorte. Pourquoi ne m'as-tu jamais dis que tu connaissais Daiki et Seijuro depuis des années, que vous faisiez ensembles parti de la Chevalerie ?
- Je vois, Midorimacchi t'as tout raconté…soupira le blond.
- J'aurais préféré l'apprendre de ta bouche.
- C'est une partie de mon passé que j'aimerais oublié.
Il se leva et s'approcha de la grande fenêtre de la chambre. Le ciel noir piqué d'étoiles lui semblait bien triste, ce soir-là. Comme si, comme le blond, il regrettait ces années auprès de ses anciens camarades.
- A l'époque, nous formions un groupe réellement unit. Chacun se respectait, quelque soit la situation de nos familles. Quand je suis arrivé parmi eux, je n'avais que quatorze ans. Le plus âgé, Daiki, en avait déjà dix neuf. Mais on étaient solidaires, chacun aidant les autres à s'améliorer. Puisque j'étais le plus jeune, je prenais mes aînés comme modèle et tentait de copier leur façon de faire, afin de devenir aussi fort qu'eux. Notre escadron se démarqua vite des autres et c'est très tôt que nous avons reçu nos premières missions. Confiants en nos capacités, nous foncions dans la bataille tête baissée. Puis arriva la bataille où nous avons été surprit par l'incendie. Midorimacchi a du te raconter : lui et moi avons été séparés des autres part des murs de flamme. Si je ne l'avais pas sauvé ce jour-là, il serait mort à l'heure qu'il est. Aucun de nos compagnons n'ont essayés de nous rejoindre pour nous sauver. J'ai perdu mon odorat, et Midorimacchi a subit de graves blessures. Encore aujourd'hui, je n'arrive pas à les pardonner pour leur couardise. De plus, après cet échec, le groupe s'est démantelé : Daiki devenait Roi, Seijuro devenait son Conseiller, Shintarou a été congédié pour inaptitude…Il ne restait que Murasakibara et moi. C'est d'ailleurs le seul que j'ai réussi à pardonner, car il ne m'a pas définitivement tourné le dos après cette dissolution.
L'air mélancolique du Général et la faible lueur des bougies qui dansait sur son visage le rendait encore plus beau qu'à l'accoutumé. Sûrement parce que le tableau semblait tiré d'un conte de fée…
- J'étais qu'un gamin à cette époque. Tout cela m'a semblé comme la pire des trahisons. C'est pourquoi j'ai continué à servir la Chevalerie, afin de monter les échelons. Montrer à Akashi et Aomine que moi aussi, je pouvais devenir quelqu'un. A mes dix-sept ans, je suis devenu le plus jeune Général du continent. Cependant, ils me regardaient encore de haut. Je ne les avais pas revu depuis un an lors de la convocation de Daiki.
Ryouta noya ses yeux ambrés dans le regard turquoise de son amant, et conclut :
- Mais il y a un champ de bataille sur lequel j'ai réussis à les vaincre.
Il s'approcha du Turquais et fit glisser sa main dans sa chevelure turquoise, plus douce et soyeuse que les étoffes de soie du Pays du Bleu.
- Je suis désolé.
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Kloé et Moélys piaffaient d'impatiente à l'idée de se mettre en route. Les palefreniers finissaient de remplir les sacoches de leurs selles de vivres pour que leurs cavaliers aient de quoi manger avant d'atteindre une auberge. Ni-Go observait les préparatifs en agitant la queue d'excitation.
La famille Midorima souhaita bonne route aux aventuriers, et Ryouta promit de revenir très bientôt – au grand malheur de son ami aux cheveux vert. Mais avant qu'ils ne se mettent en selle, le bourgeois leur adressa une dernière parole.
- Prenez garde à vous. Autant l'un que l'autre, vous connaissez Aomine. Ne vous engagez pas dans des situations dangereuses.
- Compte sur nous.
Le ton sérieux du Général étonna le Turquais, mais il ne fit aucun commentaire. Ils se hissèrent sur leurs montures et, tout en saluant leurs hôtes, prirent la route, en direction du Pays du Turquoise.
La discussion de la veille semblait avoir quitté les esprits des deux cavaliers. Tetsuya avait comprit à quel point le passé de son amant était compliqué par rapport au sien, et regrettait de l'avoir forcé à ce souvenir de cette époque qu'il s'attelait à oublier. Bien évidemment, ils avaient finit dans les bras l'un de l'autre. Et le bas du dos du turquoise était là pour en témoigner.
Pour réduire l'inconfort évident de son compagnon, Kise le fit s'arrêter et retira sa selle à Kloé, la remplaçant par quelques couvertures. Il bricola le tout en créant une sorte de sangle avec de la corde pour tenir les couvertures bien stables sur le dos de l'animal. Bien évidemment, Kloé allait devoir supporter sa selle sur sa croupe mais elle n'eut pas l'air de s'en plaindre. C'est donc avec quelque chose de plus moelleux sous les fesses que Tetsuya pu reprendre la route auprès du blond.
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- J'ai faim, gémit le turquoise après quatre heures de route.
- Arrêtons-nous pour manger alors.
Les cavaliers mirent pied à terre près d'un petit étang et soulagèrent leurs bêtes de leur harnachement. Kloé et Moélys allèrent directement s'abreuver au point d'eau, ne manquant pas d'y plonger, aussitôt imitées par Ni-Go. Tandis que Tetsuya sortait les quelques vivres fournis par la famille Midorima, le Général étudiait le paysage du regard. Ils ne devaient plus être très loin de la frontière verto-turquaine*. D'après Shintarou, il y avait une auberge dans les environs. Son compagnon souffrait déjà assez pour ne pas qu'on y ajoute la dureté du sol.
Cependant, ils progressaient rapidement. Le Pays du Vert était celui qui avait la plus longue frontière avec le Pays du Bleu. Ils n'arriveraient donc pas au Pays du Turquoise avant le surlendemain. Ils devaient se dépêcher s'ils voulaient finir leur voyage avant le retour de Daiki.
Les deux voyageurs mangèrent tout en discutant. Alors que Ryouta lui apprenait tout ce qu'il avait réussit à étudier de l'étoile Loäm, son compagnon l'écoutait attentivement. Il ne comprenait pas tous les termes qu'utilisait son amant de Général, mais ce dernier s'efforçait de toujours lui expliquer avec des mots simples, prenant même la peine de lui définir précisément les termes compliqués.
C'est le ventre plein qu'ils reprirent la route, alternant pas, trot et galop pour ménager leurs montures. Cependant, Ryouta ne se lassait pas d'admirer le visage serein de son amant lorsqu'ils étaient en plein galop. Le vent avait fait tomber sa capuche et dansait dans ses cheveux, les faisant souplement virevolter autour de son visage angélique. Ses joues rosies par la brise faisaient concurrences à ses magnifiques yeux céruléens qui brillaient comme le firmament. Le blond n'avait aucune honte de s'avouer à quel point il aimait ce garçon qu'il ne connaissait finalement que depuis peu de temps…
C'est trois heures plus tard qu'ils arrivèrent enfin à proximité d'une auberge. Tetsuya dormait presque sur Kloé, et Moélys traînait de plus en plus la patte. Tout le monde avait besoin de repos. Tandis que le Turquais restait avec les bêtes à l'extérieur, Kise s'en alla rencontrer l'aubergiste, auquel il demanda une chambre et deux stalles pour la nuit. Les juments furent tout de suite prit en charge par un palefrenier et les voyageurs guidés jusqu'à leur chambre. Puisque le plus jeune dormait presque debout, le blond le laissa choir sur le matelas confortable et le couvrit. Ni-Go grimpa non sans mal sur le lit et se blotti contre son maître, boule de poil noire contrastant avec la blancheur des draps. L'après-midi ne touchant pas totalement à sa fin, Kise ne rejoignit pas son compagnon dans les draps, préférait rejoindre le rez-de-chaussée où se trouvait la partie restaurant de l'auberge. Beaucoup de voyageurs couverts de grosses capes de voyages discutaient ici et là, partageant leurs expériences communes.
Le Général commanda de quoi casser la croûte et s'installa à une table isolée. Il ne broncha pas quand quelqu'un vint s'asseoir en face de lui.
- Vous êtes le Général Kise ?
- Lui-même.
- J'ai un message pour vous, de la part du Prince Murasakibara.
Ryouta leva les yeux de son assiette et croisa le regard de son interlocuteur pour la première fois. Un Violins, à juger par la couleur de ses cheveux.
- Je t'écoute.
- Il me dit de vous prévenir de la situation au Pays du Marron. Le Roi Aomine se lasse des pourparlers et souhaitent rentrer plus tôt dans son Pays.
- Je vois, remercie ton Prince de ma part. Et prends ça.
Le Général laissa tomber une petite bourse sur la table. Le messager le noya de remerciements et s'en alla comme il était venu. Kise avait presque oublié qu'il avait demandé à son ami de surveiller le Roi pendant son voyage. Voyage qu'il allait de nouveau devoir écourter, alors qu'il avait prévu de passer plusieurs jours dans le pays natal de son amant. Ce Roi était décidément doué pour lui mettre des bâtons dans les roues…
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- Pourquoi est-ce que nous n'avons pas passé plus de temps à l'auberge ? bâilla Tetsuya alors qu'ils s'éloignaient de la bâtisse de pierre.
- J'aimerais atteindre le Pays du Turquoise aujourd'hui. Si nous ne faisons pas trop de pause, nous y serons au milieu de la nuit.
- Pourquoi une telle hâte ?
Le Général ne répondit pas. Le Turquais n'insista pas, mais il espérait connaître la raison de cet entêtement tôt au tard. Il lui avait bien fait comprendre l'autre nuit qu'il ne souhaitait aucune cachotterie entre eux. Même s'il savait que son amant agissait ainsi pour de bonnes raisons, ce n'en était pas une pour ne rien lui dire.
Ils chevauchèrent toute la matinée sans prendre de pause. Les paysages se succédaient, tout aussi différents les uns que les autres. Un coup ils se trouvaient au milieu d'un champ de fleur, un autre ils trottaient à la limite d'un champ. Blotti entre les bras de Tetsuya, Ni-Go restait bien tranquille, ne se plaignant pas de ce moyen de transport plutôt incongru pour un chien.
C'est un peu plus tard que midi qu'ils s'accordèrent une pause, permettant aux chevaux de se reposer et au chiot de batifoler. Il courait après les papillons en attendant sa propre pitance, car Midorima mère avait prit soin de remettre de la viande séchée pour le jeune animal. Ce dernier rappliqua en courant quand son maître l'appela, et avala son repas avec joie. Les cavaliers décidèrent d'attendre un peu avant de se remettre en route afin de ne pas épuiser leurs montures qui, d'ailleurs, faisaient une petite sieste à l'ombre.
Une fois les bêtes reposées, le convoie reprit la route, plein ouest. Plus ils s'approchaient du Pays du Turquoise et plus la végétation devenait dense. Des petites forêts commençaient à apparaître de ci de là, montrant que les Verdiens n'avaient pas encore exploité cette partie de leur Royaume. Les habitations étaient également de plus en plus rares et la dernière auberge qu'ils avaient vue était celle qu'ils avaient quittée très tôt dans la matinée.
- Nous approchons de la frontière ?
- Tu vois cette forêt, tout là bas ? Il faut la traverser et nous serons au Pays du Turquoise.
- Nous avons encore pas mal de route, donc.
- Je pense que nous y serons un peu après la tombée de la nuit.
Et les estimations du Général se relevèrent justes. Lorsqu'ils arrivèrent à l'orée du bois, le soleil commençait déjà sa lente descente derrière les montagnes. S'ils ne voulaient pas être surprit par la nuit alors qu'ils étaient en pleine forêt, les voyageurs avancèrent au trot, retenant le galop pour ne pas fatiguer leurs montures. Kloé et Moélys n'avaient jamais fait autant de route et leur manque d'endurance les fatiguait rapidement. Bien que Kise aurait voulu l'éviter, ils durent prendre une nouvelle pause au beau milieu de la forêt pour que Ni-Go fasse ses besoins. Cela permit aux juments de prendre du repos, et eurent beaucoup de mal à se relever quand ils reprirent la route.
La forêt paraissait interminable. Les ténèbres commençaient tout doucement à prendre possession des lieux et Tetsuya n'appréciait vraiment pas cette atmosphère. Kloé et Moélys marchaient presque flanc contre flanc, se rassurant mutuellement. Aux aguets, Ni-Go observait les alentours, prêt à alerter les bipèdes aux moindres bruits suspects que ses petites oreilles de chien étaient à même de capter.
Cependant la traversée se fit sans encombre et ils débouchèrent sur une colline d'où ils avaient une magnifique vue sur le Pays du Turquoise.
Le Royaume de naissance de Tetsuya...
OoOoOoOoO
De tout les Royaumes qu'il avait visités, Tetsuya n'en avait jamais vu de semblable à celui du Turquoise. Les habitants semblaient dans une telle harmonie qu'on se croyait dans un conte de fée. La population Turquaise était si joviale qu'elle mettait tout de suite ses visiteurs à l'aise. Comme dans les autres Pays, le Général fut rapidement reconnu et accueillit avec joie. Cependant, quand les villageois apprirent que le compagnon de route du blond était des leurs, il fut directement aussi acclamé que son amant.
Les enfants se pressaient autour des juments, toujours réveillés malgré l'heure tardive. Ils furent aussitôt rappelés par leurs mères qui les mirent aussitôt aux lits, ne souhaitant pas que leurs garnements importunent leurs visiteurs. Kise conduisit son protégé à l'auberge du village qui semblait encore plus luxueuse que celles chez qui ils avaient déjà séjournés. Et en effet, il n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Cela semblait aussi riche que les appartements de Daiki. La propriétaire apostropha Kise comme si elle le connaissait depuis toujours. Apparemment, ce n'était pas le premier passage du Général dans cette bâtisse. C'est avec les sourcils froncés que le Turquais observa l'aubergiste discuter avec son amant. Elle le regardait comme si elle souhaitait le dévorer, et cela ne plaisait vraiment pas au plus jeune.
Une fois tous les détails réglés, les voyageurs laissèrent Kloé et Moélys aux bons soins des palefreniers. Ils dînèrent avec appétit et se hâtèrent de rejoindre leur chambre afin de profiter d'une bonne nuit de sommeil. La richesse de la chambre laissa le Turquais pantois. Presque tout était aux couleurs du Pays, rendant l'environnement doux et rafraîchissant. Les draps blancs accompagnés des doux coussins bleu turquoise appelaient les jeunes hommes à les rejoindre, mais ils devaient tout d'abord prendre un bon bain. Tetsuya en profita pour décrasser le pelage de Ni-Go qui avait prit un malin plaisir à se jeter dans les flaques de boues pendant leur voyage.
Une fois propre, Tetsuya s'installa sur le lit, appréciant le doux contact des draps contre sa peau. Ryouta apparut quelques secondes plus tard, en tenue d'Adam, frictionnant sa tête avec une serviette. La vue du corps nu et constellé de gouttes d'eau du blond fit frissonner le Turquais de la tête aux pieds. Le Général souffla sur les bougies, épargnant uniquement celles du chandelier placé sur la table de chevet. Il se glissa sous les couvertures, prêt à apprécier une bonne nuit de sommeil.
Mais Tetsuya n'était plus fatigué.
Ses mains vinrent caresser la peau de son amant, glissant le long de son flanc. Il le senti frissonner et un petit sourire naquit sur ses lèvres. A chaque fois, c'était le blond qui prenait l'initiative. Cette fois, le Turquais voulait lui communiquer son désir et lui montrer qu'il pouvait le désirer autant que lui le désirait.
Il se colla contre son dos, glissant ses mains sur le ventre de son amant. Le turquoise commença alors à lui embrasser le cou, alternant baisers, grignotage et léchage. Il sentait que le Général luttait pour ne pas lui sauter dessus, mais Tetsuya n'abandonnerait pas. Quand ses mains arrivèrent finalement au niveau du sexe de son compagnon, ce dernier ne pu retenir un gémissement.
- Tetsuya, qu'est-ce que tu fais ? bougonna-t-il, l'air ensommeillé.
- Est-ce que tu m'aimes ?
- Bien sûr, pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
- Ryouta…
Le plus jeune fit glisser sa langue le long du cou de son aîné qui frissonna de plaisir. Le Général rendit les armes quand son amant commença à stimuler son intimité par le biais de lents va-et-vient. Il lui fit face et l'emprisonna dans ses bras, fondant sur sa bouche comme si sa vie en dépendait.
Ils s'échangèrent alors des baisers humides et sauvages, ne se séparant que pour reprendre leur souffle. Ryouta prit soin de laisser quelques marques sur la peau de diaphane de son amant, et ce dernier l'imita aussitôt. Le Général comprit rapidement que son compagnon voulait mener la danse, alors il le laissa faire selon ses envies. Cependant, il poussa un gémissement quand son amant, après avoir humidifié ses doigts avec sa salive, glissa un premier intrus en lui. Ca, il ne s'y attendait vraiment pas. Néanmoins, il comprenait bien que le Turquais veuille également expérimenter cette facette de leurs ébats.
Le blond s'habitua très vite à cette présence en lui, alors il autorisa son amant à en ajouter un autre. Serrant fort les draps dans ses poings, il gémissait de douleur et de plaisir à la fois. Les doigts du turquoise s'enfonçant profondément en lui, signe que Tetsuya était à la recherche de son point sensible, celui qui lui faisait voir mille et unes étoiles. Ryouta poussa un cri de plaisir quand son amant trouva enfin sa prostate, le faisant se cambrer. Il était désormais suffisamment préparé pour la suite des hostilités.
Puisque les rôles étaient inversés, Kise s'octroya le droit du choix de la position. Il fit s'asseoir son amant contre la tête de lit et se plaça entre ses cuisses pour s'empaler lui-même sur le sexe tendu de son compagnon. Il serra fort le bois du lit tandis qu'il s'asseyait lentement sur l'haine du turquoise, qui gémissait de plaisir. C'était tellement différent…
Le Général resta immobile le temps de s'habituer à cette situation, puis commença à bouger, provoquant des gémissements chez son partenaire. Puisqu'il avait les mains libres, le turquoise caressait la peau luisante de sueur de son amant, traçant les courbes parfaites de son corps du bout de ses doigts. Cependant, il remarqua vite que le Général semblait avoir du mal à se donner du plaisir, à en juger par l'air frustré qui déformait son joli visage. Tetsuya trouva tout naturellement la solution du problème. Il attrapa les hanches de son partenaire et s'appliqua également à donner des coups de bassin. Le résultat eut l'effet escompté, car Ryouta laissa échapper un gémissement tout en resserrant sa prise sur la tête de lit. La jouissance arriva rapidement pour le plus jeune qui jouit en son amant en rejetant la tête en arrière, ravagé par l'orgasme.
Il se retira, pantelant, son cœur battant à folle allure dans sa poitrine. C'est alors qu'il remarqua que le Général, lui, n'avait pas jouit. Il ne pouvait décidément pas le laisser dans cet état. Alors une fois qu'il eut à peu près récupéré son souffle, il se pencha sur lui pour prendre son sexe en bouche. L'autre gémit, attrapant les cheveux de son vis-à-vis entre ses mains. Il était tellement doué…Le blond ne prit pas longtemps pour venir, explosant dans la gorge du Turquais qui ouvrit de grands étonnés.
- D-Désolé ! s'excusa-t-il aussitôt.
Il rougit jusqu'aux oreilles quand l'autre ravala sa salive et son sperme. Son amant avait l'air tellement érotique par moment…S'il n'était pas aussi fatigué, il aurait remit ça. Mais son corps n'était définitivement pas d'accord. Après un nettoyage express, les deux amants se blottirent dans les bras l'un de l'autre pour une bonne nuit de sommeil…
OoOoOoOoO
Si Tetsuya avait trouvé la population du Pays du Vert accueillante, elle n'était tien comparé aux Turquais. A peine les voyageurs avaient-ils quittés l'auberge après un bon repas que les habitants les avaient mêlés à la foule. Afin de ne pas perdre son amant, le turquoise le tenait par la manche. Il n'osait même pas imaginer ce qui arriverait s'ils venaient à être séparés.
Le soleil était à peine levé et pourtant la population était déjà en effervescence. De différentes mélodies résonnaient partout autour d'eux, prouvant que le Pays du Turquoise était bel et bien celui de la musique. Les enfants se regroupaient afin de créer une petite chorale et chantaient tous ensembles, la joie illuminant leurs visages.
Ce Pays semblait être tiré d'un véritable conte de fée.
- Monsieur monsieur !
Une toute petite fille tira sur la manche de Tetsuya afin d'attirer son attention. Le turquoise se tourna vers l'enfant, qui avait exactement la même couleur de cheveux que lui.
- Chantez vous aussi ! Tout les Turquais chantent !
Le concerné arqua un sourcil. Chanter ? C'est qu'il n'avait jamais fait en public, excepté une fois pour Seijuro et Rosa, lorsqu'il était petit. De plus, il ne connaissait pas beaucoup de chanson, et ignorait s'il parviendrait à laisser échapper le moindre son si toute la population l'écoutait.
- J'aimerais bien t'entendre chanter, rajouta Kise avec un sourire.
Et avant que le Turquais n'ait le temps de dire quoi que ce soit, son aîné le poussait sur l'une des nombreuses estrades placées de ci de là dans la ville. Aussitôt, toutes les musiques prirent fin, comme si le village entier attendait la chanson de leur visiteur. Celui-ci, embarrassé, baissa la tête tout en tripatouillant ses doigts.
- Courage ! cria une voix.
- Tu vas y arriver ! l'encouragea une seconde.
- Tu es un Turquais, tu as ça dans le sang ! ajouta une troisième.
Poussé par leurs encouragements, Tetsuya se racla la gorge et commença à chanter...
« Kaze wa tamashii o sarai, hito wa kokoro o ubau
daichi yo, amekaze yo, ten yo, hikari yo
koko ni subete o todomete
koko ni subete o todome
koko de ikite
tamashii yo, kokoro yo, ai yo, omoi yo
koko ni kaeri
koko ni todomatte
Kaze wa tamashii o sarai, hito wa kokoro o ubau
sore de mo, koko ni todomari
utaitsuzukeru
douka
watashi no uta o todokete
douka
watashi no uta o uketotte »
Un silence accueillit la fin de son chant. Craignant avoir chanté comme un canard enrhumé, il amorça la descente de l'estrade pour vite disparaître dans la foule quand un tonnerre d'applaudissement l'interrompit. Les villageois avaient tous de grands sourires et tapaient dans leurs mains dans un ensemble parfait. Cependant, le seul visage sur lequel les yeux de Tetsuya restèrent braqués, c'était celui de Ryouta...
OoOoOoOoO
- Je ne te soupçonnais pas si bon chanteur, commenta Kise en frictionnant la chevelure de son amant.
- J'ai toujours aimé chanter, mais seulement pour moi-même. Mon seul public a toujours été Rosa.
- La chanceuse.
Il fit claquer un baiser sur la nuque du turquoise qui frémit. Après une longue journée à arpenter les rues du Royaume du Turquoise en écoutant divers styles de musique, les deux voyageurs s'étaient retirés dans leur chambre à l'auberge et avaient prit un bon bain chaud. Ils prévoyaient de ressortir plus tard dans la soirée pour assister aux animations de nuit de leurs hôtes. Ces derniers avaient en effet insisté pour organiser une fête de bienvenue à leurs invités de marque.
Ryouta avait accepté afin que son amant profite au maximum de son Royaume de naissance. Il n'était peut-être pas né dans ce village mais au moins il était en contact avec sa population. Une fois bien sec, ils revêtirent des tuniques propres aux couleurs locales et quittèrent l'auberge. La nuit était tombée sur le continent mais une multitude de petits lampions illuminaient des rues. Tout les villageois portaient des tuniques presque identiques à ceux des voyageurs, donnant à ces derniers une impression d'intégration très agréable.
La fête donnée en leur honneur au centre ville se poursuivit jusqu'au petit matin, et c'est complètement éreintés que Kise et Tetsuya se laissèrent choir dans leur lit. Ils avaient passés la nuit à faire la fête, le turquoise se laissant emporter par les enfants qui voulaient chanter avec lui, le blond échangeant les derniers ragots avec quelques hauts fonctionnaires. Pour la première fois de sa vie, le Turquais goûta à l'alcool et apprécia la plupart des cocktails proposés par son amant.
Ils ne purent cependant pas profités plus longtemps des charmants Turquais puisqu'ils devaient reprendre la route s'ils voulaient visités le Pays du Rouge avant le retour de Daiki. Ils firent leurs adieux à la population qui leur fit promettre de revenir un de ces jours, car ils leurs manquaient déjà. C'est donc la tête pleine de souvenirs qu'ils quittèrent le charmant village de Turquais...
Ils chevauchèrent tranquillement, laissant Ni-Go courir près des juments qui prenaient garde à ne pas écraser le jeune animal. La langue pendante, la queue remuante, le chiot avait vraiment reprit du poil de la bête depuis que Tetsuya l'avait sauvé. Le turquoise ne se lassait pas de le voir batifoler gaiement, pourchassant les petits insectes.
Dans tous les villages dans lesquels ils passèrent, les deux voyageurs eurent toujours droit à des prestations musicales de la part de la population. Les Turquais étaient tous des bardes qui ne vivaient que de musiques et de chansons. Tetsuya enrichit ainsi la culture musicale en apprenant nombre de nouvelles chansons, dont il se faisait une joie de rechanter à son amant durant leurs trajets. La bonne humeur du turquoise plaisait énormément au blond dont le seul regret était de ne pas pouvoir passer plus de temps dans le pays natal de son compagnon.
Il leur fallut deux jours pour traverser le Pays du Turquoise et s'arrêtèrent à la frontière turquano-rougienne* pour passer la nuit. Tout comme tous les autres établissements dans lequel ils avaient séjournés, les voyageurs furent accueillit en grande pompe et installés dans la meilleure chambre.
A la fenêtre de la pièce, Ni-Go dans ses bras, Tetsuya admirait le soleil couchant qui déversait ses rayons orangés sur le Pays du Turquoise. Et dire qu'il était né ici, dans ce Royaume de chanteurs et de musiciens à la bonne humeur contagieuse. Lui qui avait toujours vécu dans la morosité du palais du Royaume du Bleu découvrait les mœurs et les coutumes totalement différentes des autres pays. Des trois autres nations qu'il avait visitées, celle qu'il avait préférée était de loin son pays natal.
Et dire que le lendemain, ils quitteraient le Royaume du Turquoise...Le turquoise n'aurait jamais cru qu'il serait aussi difficile d'abandonner ce pays. Il n'y avait pas grandit, seulement passé quelques jours, et pourtant c'était comme s'il ne l'avait jamais quitté. Il espérait tant que les secondes deviennent des heures pour encore profiter des Turquais et de leur magnifique royaume...
Le lendemain, quand Ryouta s'éveilla, Tetsuya n'était plus à ses côtés. Il prit peur en ne le trouvant nulle part dans l'auberge, et paniqua réellement en s'apercevant que Kloé et Ni-Go étaient également introuvables. Il se hâta de payer l'aubergiste et, perché sur Moélys, parti à la recherche de son amant. Il était parfois difficile de savoir ce qu'il se passait dans la tête de son compagnon...
C'est au haut d'une colline surplombant le Pays que Ryouta retrouva enfin son ami. Ce dernier, le regard dans le vague, semblait faire ses adieux à cette magnifique nation. Comme s'il était sûr de ne plus jamais pouvoir revenir. Le Général s'approcha de Tetsuya et posa sa main sur son épaule. L'autre ne sursauta même pas.
- Tu reviendras un jour.
- J'en doute.
- Si tu pars comme ça, alors c'est sûr que c'est peine perdu. Si tu le souhaites suffisamment fort, je suis certain que ton vœu se réalisera.
Tetsuya ferma les yeux, et le blond retira sa main et recula afin de le laisser faire ses adieux à son pays natal...
OoOoOoOoO
- C'est quoi ?
Une immense bâtisse de la taille d'un château projetait son ombre sur les deux voyageurs. Ils avaient franchi la frontière il n'y a même pas deux heures et Kise souhaitait déjà s'arrêter alors qu'il ne devait pas être loin de midi.
- Le Centre d'Entraînement de la Chevalerie.
Le Turquais écarquilla les yeux. C'est ici que la Chevalerie du Royaume du Bleu entraînait ses nouvelles recrues. Des guerriers qui, un jour, obéiront aux ordres de Ryouta sur un quelconque champ de bataille visant la conquête d'un pays.
- Entrons, déclara le blond en s'approchant de la porte.
Aussitôt, il annonça sa présence aux sentinelles qui se hâtèrent d'ouvrir les lourdes portes de bois. Tetsuya suivit son amant dans l'immense fortification alors qu'ils déboulaient dans une cours où de nombreux jeunes hommes s'affrontaient à l'épée ou s'exerçaient à l'équitation. Le bruit des métaux s'entrechoquant doublé des hennissements des chevaux donnaient à l'endroit une ambiance bien différente des villages Turquais.
Alors qu'ils étaient rendus au milieu de la cours, un cri retenti, faisant sursauter Tetsuya. Non loin d'eux, un jeune homme assez imposant aux cheveux noirs et rouges combattait un brun légèrement plus âgé. D'un féroce coup d'épée, le cadet désarma son aîné qui mit quelques secondes avant de comprendre la situation.
- Félicitations, Kagami ! Tes coups sont puissants et agiles, tu t'es vraiment amélioré.
Le dénommé Kagami gonfla le poitrail et esquissa un sourire vainqueur. Intéressé, Ryouta s'approcha des combattants, suivi de près par son amant. Le brun reconnut tout de suite le cavalier blond et se hâta de le saluer.
- Général Kise, bienvenue !
- Merci Hyuga. Alors, encore une nouvelle recrue ?
- En effet, je vous présente Kaga-...Kagami ?
Le concerné s'était en effet soudainement volatilisé. C'est Ryouta qui l'aperçut le premier, alors qu'il tentait de se cacher entre deux tonneaux. Tetsuya s'approcha alors du guerrier qui poussa un cri de terreur, tremblant de tous ses membres.
- Eloignez ce monstre !
Le turquoise arqua un sourcil. Lui, un monstre ? C'est alors que Ni-Go poussa un petit aboiement. Kagami cacha sa tête dans ses bras, gémissant de peur.
- Vous avez peur...de Ni-Go ? le questionna le Turquais qui cachait mal sa surprise.
- Je déteste les chiens, se lamenta le concerné.
L'éclat de rire du Général se répercuta dans toute la cours...
OoOoOoOoO
- Le nouvel escadron est très prometteur et nous prévoyons une évaluation d'ici quelques semaines.
Tout en déambulant dans la cours de la fortification, Hyuga faisait son rapport au Général qui l'écoutait avec attention. Derrière eux, Kagami marchait à une distance raisonnable de Tetsuya, Ni-Go dans ses bras. Le cynophile* surveillait l'animal avec attention, comme s'il sortait tout droit des enfers.
- Le Prince Murasakibara est arrivé hier, il vous attend dans le petit salon, conclut le brun.
- Murasakibaracchi est ici et il ne m'a même pas averti ? s'étonna le blond.
Le groupe s'arrêta devant les portes d'un immense bâtiment de pierre, ressemblant si méprendre à un château. Les deux visiteurs prirent congés de leurs hôtes et pénétrèrent dans l'imposante bâtisse. Kise avançait d'un pas sûr, montrant à son amant à quel point il était dans son élément. Ils déboulèrent alors dans une pièce moyenne à la décoration modeste. Attablé à une magnifique table en verre – qui rappelait au Turquais celle présente dans les appartements de Daiki – un homme à la chevelure violette engloutissait des diverses petites pâtisseries avec appétit. A la vue de ses hôtes, il avala bruyamment et se leva.
La stature plus qu'imposante du Prince étonna le turquoise qui se senti encore plus petit qu'il ne l'était déjà. Il avait déjà trouvé Midorima grand, mais il n'était rien comparé à l'homme se dressant devant lui. Son air complètement je-m'en-foutiste et les traces de crème sur sa joue le rendaient cependant moins impressionnant que le vert.
- Murasakibaracchi ! s'exclama joyeusement le blond. Tu ne m'avais pas dis que tu venais !
- Je suis arrivé hier, je voulais voir de mes propres yeux les nouvelles recrues. Alors, c'est lui le fameux Tetsuya duquel tu me parles avec tant d'amour dans tes lettres ?
Les joues du Général s'empourprèrent.
- En effet, c'est lui. Tetsuya je te présente Murasakibara Atsushi, le Prince du Pays du Violet et le Chef des Armées de ce même Pays.
- Enchanté, souffla le plus jeune, impressionné.
L'autre inclina légèrement la tête en guise de salut.
S'en suivit alors une discussion à laquelle Tetsuya ne comprit absolument rien. Les deux amis discutaient de leur armée respective, commentant les derniers actes politiques du continent. Puisque la discussion ne le concernait et ne l'intéressait pas, le Turquais s'installa sur le canapé et joua avec Ni-Go, surveillant tout de même le Prince du coin de l'œil. De tous, il avait été le seul à ne pas quitter la Chevalerie et à avoir gardé un véritable contact avec le blond. Tetsuya n'était pas jaloux, mais légèrement possessif. Il voyait un ennemi en toute personne trop proche du Général.
De son Général.
La discussion entre les deux chefs d'armée dura plus de deux heures, et c'est quand l'estomac du blond gronda qu'ils quittèrent enfin le petit salon pour rejoindre l'immense salle à manger. Là-bas, les recrues et leurs aînés se mélangeaient, oubliant la hiérarchie le temps d'un repas. Cette ambiance plût tout de suite au Turquais qui se sentait plus à l'aise que lors de son arrivé dans le Centre d'Entraînement.
- On se croirait dans un palais, souffla-t-il à son amant.
- Car c'en est un, souri le blond. Le palais du Pays du Rouge. Là où, autrefois, vivait la famille Akashi. Lorsque le Pays du Rouge a été assujettit, un Conseiller a prit le trône. Mais lorsque Daiki est arrivé au pouvoir, il a fait du palais le centre d'entraînement de la Chevalerie qui avant se trouvait entre ses propres murs.
Tetsuya avait du mal à s'imaginer qu'il foulait en ce moment même le sol qu'avaient autrefois tant foulé les ancêtres de son frère de lait. Sa demeure...C'était la demeure d'Akashi.
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Après un excellent repas, les deux voyageurs furent conduit jusqu'à leur chambre au second étage. Alors qu'il se déshabillait pour aller se laver, Tetsuya remarqua le regard gourmand de son compagnon.
- N'y pense même pas, l'averti-t-il.
Trop tard. Son amant se débarrassait déjà de ses propres vêtements.
- Je vais juste te frotter le dos, claironna le blond avec un petit sourire innocent.
Le Turquais poussa un soupire. Ryouta était vraiment incorrigible. Après tout, ce n'était pas comme s'il était frustré. Ils avaient des relations sexuelles assez fréquemment, parfois même deux fois dans la même journée. Et les marques sur le corps du plus jeune étaient là pour en attester.
Bien qu'il ne lui avait promit de seulement lui frotter le dos, le blond ne tint pas sa promesse et commença embrasser la nuque de son amant, faisant glisser ses mains sur sa peau trempée. Le plus jeune frissonna, pas insensible aux caresses de son compagnon. Quand ce dernier l'invita à lui faire face, il se hâta de se retourner afin de happer ses lèvres. Après un long baiser langoureux, Tetsuya fit doucement reculer le Général. Ce dernier lui jeta un regard interrogatif.
- Nous devons arrêtés...
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Dans quelques jours...Dans quelques jours nous retournerons au Pays du Bleu. Tu sais ce que ça signifie...Daiki va revenir.
Un couteau en pleine poitrine aurait été moins douloureux, autant pour le blond que pour le turquoise.
- S'il voit la moindre petite marque suspecte sur ma peau, il te soupçonnera tout de suite. Je refuse qu'il t'arrive quelque chose. Nous ne devons plus le faire, sinon il comprendra.
Malgré les gouttes d'eaux qui ruisselaient sur le visage de Tetsuya, Ryouta aperçut tout de même la larme qui venait de rouler sur sa joue.
- Offre-moi cette nuit, souffla le Général à l'oreille de son cadet, qui frémit.
Il s'entendit accepter d'une voix trahissant sa tristesse.
Cette nuit-là fut aussi belle que douloureuse. Autant Tetsuya que Kise comprenaient que c'était la dernière fois qu'ils pourraient se toucher ainsi, ressentir le contact rassurant de leurs peaux l'une contre l'autre. Les larmes se mêlaient à leurs baisers alors qu'ils se disaient adieux, regrettant déjà leur trop courte histoire. Ils l'avaient su depuis le départ. Leur relation était vouée à l'échec. Il y aurait toujours quelque chose les empêchant de s'aimer. Et ce quelque chose, c'était Daiki. C'est lui qui, inconsciemment, avait marqué le début et la fin de leur douce idylle.
Le jour se levait quand les deux amants s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, leurs joues trempées par les nombreuses larmes qu'ils avaient versées. C'était la fin de leur belle histoire...
OoOoOoOoO
Lorsque le Général quitta les draps deux jours après leur arrivée dans le Pays du Rouge, son amant était encore endormi, roulé en boule dans les draps, de la même manière que son homologue canin. Avec un petit sourire triste, il caressa ses cheveux, regrettant de ne plus pouvoir le toucher comme il le souhaitait. Il comprenait son choix de vouloir cacher leur relation au Roi du Pays du Bleu, malgré tout ce que cela signifiait. Ils s'étaient aimés, de tout leurs cœurs, et avait vécu une courte et belle histoire, que Ryouta ne regrettait pas le moins du monde. Mais toute bonne chose ont une fin, c'est le lot des malheureux.
Ne voulant pas réveiller Tetsuya, Kise rejoignit Atsushi dans la cours où les entrainements avaient débuté depuis l'aube déjà. Le blond repéra rapidement le cynophile qui, loin de l'objet de ses cauchemars, était un véritable colosse. D'après ce qu'il avait vu et ce que lui avait rapporté différents guerriers, Kagami s'élevait largement au dessus des autres recrues. Il l'ignorait encore, mais Taiga allait incessamment sous peu passer une évaluation visant à le faire entrer ou non dans un escadron plus expérimenté.
- Général Kise !
Le concerné reconnut tout de voix la voix de la jeune entraîneuse châtain qui sautillait vers lui. Si le Centre d'Entraînement était normalement un endroit réservé aux hommes, Aida Riko était la première femme à avoir franchi ses murs avec le métier d'entraîneuse sur les épaules. D'après Atsushi, elle était en ce moment en charge de l'escadron S, celui dans lequel les aînés voulaient faire entrer Kagami.
- Tu m'as l'air en forme, chantonna le blond. Ton escadron s'améliore ?
- Plus que tu ne le crois ! Tu jugeras par toi-même quand ils seront sous tes ordres.
La soudaine décampade* de Kagami apprit à Ryouta que Tetsuya venait s'engager dans la cours avec son chien. Quand le Turquais arriva près de lui, il lui présenta la jeune femme qui le salua gaiement.
- Alors, il parait que tu repars bientôt ? demanda alors Murasakibara.
- Cette après-midi, répondit son ami. J'ignore quand exactement Daiki sera de retour, et nous devons arriver avant lui.
- Tu veux que j'envoie quelqu'un en éclaireur ?
- Ca ne servirait à rien. Nous sommes à deux jours du palais du Pays du Bleu, je n'aurais pas ton message à temps.
La matinée passa trop vite au goût de Tetsuya qui ne voulait pas que ce voyage prenne fin. Il avait tellement apprit pendant ces quelques jours que retrouver sa vie morose au palais ne l'emballait guère. A ses pieds, Ni-Go ne savait pas quoi faire pour rassurer son jeune maître.
Au milieu de l'après-midi, le Général et son amant étaient perchés sur leurs juments, faisant leurs adieux aux guerriers. Le Turquais n'avait passé que quelques jours avec eux, et pourtant il réalisait qu'ils allaient affreusement lui manquer. C'était tellement dur de quitter des personnes qu'on s'était évertué à connaître pendant quelques jours. Cependant, il ne regrettait aucune des rencontres qu'ils avaient fait, constatant à quel point les personnes pouvaient être différentes les unes des autres.
Deux jours plus tard, ils étaient de retour au Pays du Bleu. Suivi trois jours plus tard par Daiki.
« Adieu. »
* frontière verto-turquaine : frontières séparant le Pays du Vert & le Pays du Turquoise (cf. carte sur mon profil)
* frontières turquano-rougienne : frontières séparant le Pays du Turquoise & le Pays du Rouge (cf. carte sur mon profil)
* cynophile : se dit d'une personne qui a peur des chiens
Pfiiiiou ! Voilà (enfin) la seconde partie du Chapitre VI ! Je vous l'avoue, j'ai vraiment, mais alors vraiment galéré pour ce chapitre ! Je voulais tellement en mettre que ma vitesse d'écriture baissait affreusement et arrivée à plus de 30 pages word ( première et seconde partie mélangée ) je me suis dis que ça servait à rien de m'embêter car ça me frustrais plus qu'une chose x) Je suis donc vraiment déçue par ce chapitre que j'ai vraiment bâclé. J'aurais voulu parler d'avantage du Pays du Turquoise, qui est tout de même le pays natal de Tetsuya, mais voilà ... Je suis vraiment déçue, j'ai presque honte x)
Je me suis aussi retrouvée bien bête quand j'ai vite-fait abordé le passé commun entre la Génération des Miracles ( Tetsuya non comprit, vous l'avez deviné ) au niveau de l'âge. En effet, j'ai mis Daiki trop jeune sur le trône et le laisser avec 26 piges sur les épaules faisait entré Kise à 8 ans dans la Chevalerie ... J'imagine trop le petit bout de choux de 8 ans qui se ramène à la guerre 8D J'ai donc revu l'âge de Daiki pour que ça colle mieux ... Il n'a donc plus 26 ans mais 24, il en avait donc dix neuf dans la Chevalerie, et en avait 10 lorsqu'il a "enlevé" Tetsuya. Il est donc devenu Roi à 19 ans et cela ne fait plus 10 mais 5 ans qu'il règne sur son Pays. Bon après on ne fait pas forcément attention à l'âge mais ça me dérangeait et je devais le préciser x)
Je ne sais pas pourquoi mais j'entends déjà toutes les fans de AoKuro qui crient leur joie xD Mais ne criez pas victoire trop tôt, vous ignorez à qui vous avez à faire *w* Ah, pendant que j'y pense ... Dans la première partie, quand Midorima se prend le mur ce n'était à la base pas prévu 8D En fait je discutais avec Kaita-Chan alors que nos amis venaient d'arriver au Pays du Vert et je me suis demandée si, à l'époque dans laquelle je les aient implantés, les lunettes existaient. J'ai alors sorti qu'il allait se prendre les murs et Kaita-Chan a absolument voulu que je le mette ... Je ne suis donc pas responsable de ceci, et aucun Midorima n'ont été maltraités pendant le tournage 8D Notez tout de même que le télescope hyper high-tech de Midorima est en si un anachronisme plus flagrant qu'une paire de lunettes ...
Vous commencez à comprendre, la fin de la fiction arrive à grands pas. Encore deux chapitres et l'épilogue et l'Arôme du Désir sera terminé :) J'espère le finir avant ou pendant les vacances de Noël mais avec mon nouveau projet ( que certaines d'entre vous ont déjà lu ) intitulé Notre drame romantique ( oui, l'ancien titre ne me plaisait pas 8D ) j'ignore la fréquence de rédaction ... En tout cas, sachez que je privilègerais l'Arôme du Désir afin de l'achever dans les plus brefs délais ;)
Bon je ne trouve plus rien à dire ( le plus souvent je m'en souviens une fois le chapitre postée 8D ) donc j'arrête là mon monologue :D Malgré la basse qualité de ce chapitre j'espère qu'il vous aura plut ( surtout que j'ai mis un lemon 8D ) et que la suite vous plaira tout autant ! Surtout que Daiki est de retour ( pour nous jouer de mauvais tour) o/
Kissu ! Moona-sama
