.o0 Chapitre VII : Révélations 0o.

Foldrea secoua sa magnifique crinière ébène quand son cavalier se mit en selle. Le Roi du Pays du Bleu était arrivé depuis plus de deux semaines au Pays du Marron et tout ce qu'il souhaitait en ce moment même, c'était retourné dans son pays.

Au départ, les pourparlers s'étaient admirablement bien déroulés. Le Roi du Pays du Marron, Kiyoshi Teppei, lui avait exposé sa stratégie et simulé la bataille sur la carte du continent. Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que le Marronais ne demande à être lui-même chef de l'armée et commander sur la Chevalerie. Les premières tensions s'étaient donc manifestées, car Daiki refusait pertinemment que soit quelqu'un d'autre que son Général qui contrôle l'armée du Pays du Bleu.

Il avait donc décidé de repartir chez lui, sans donner suite au plan de Teppei. Jamais il ne laisserait ce dernier diriger sa Chevalerie, alors ça ne servait à rien qu'il reste plus longtemps. Il était loin de son Pays depuis suffisamment longtemps. Il était loin de Tetsuya depuis trop longtemps.

Le retour lui parut beaucoup plus long que l'allée : sûrement parce qu'il avait hâte de fouler de nouveau le sol Bleuiens. Chevauchant à sa droite, Akashi, aussi calme que d'habitude, fixait l'horizon sans ciller. Lui aussi, quelque part, semblait être impatient de retourner au bercail.

Pendant l'intégralité de leur séjour au Pays du Marron, Seijuro avait été présent à chacune des réunions, mais s'éclipsait dès qu'elles prenaient fin. Daiki ignore totalement ce qu'il a fait pendant tout ce temps, mais il n'avait pas cherché à le savoir. Bien que jeune, le Rougien était très mature et avait conscience de ses actes. Et puis il avait autre chose à faire que le couver.

Quand ils pénétrèrent en territoire Verdien, la hâte du Roi fut encore plus ressentie par sa cohorte. Daiki exigea de ses hommes et de leurs montures des efforts suprêmes, refusant de s'arrêter tant que Foldrea tenait encore sur ses pattes. Et la réputation de l'étalon du Roi était son endurance hors du commun. Finalement, en voyant que plus personne n'arrivait à suivre, Daiki accepta de s'arrêter pour la nuit. Le campement fut dressé en moins d'une heure et chacun s'endormirent dès qu'ils posèrent leur tête sur l'oreiller. Tous sauf Seijuro et Daiki. Chacun dans leurs tentes, les deux personnages avaient leurs pensées braquées sur la même personne : Tetsuya. L'un ricanait en prévision de ce qui allait arriver, l'autre le languissait de son absence. Ils ignoraient cependant ce que leur retour allait engendrer.

OoOoOoOoO

- Sa Majesté est de retour ! Place pour sa Majesté !

Les villageois se hâtèrent de libérer le chemin afin de laisser passer leur Roi. Bien droit sur Foldrea, Daiki observa ses sujets qui le regardaient avec une certaine peur. Ils avaient du souffler pendant son voyage. Mais maintenant qu'il était de retour, ils retenaient tous leur respiration.

Un jeune cavalier s'approcha alors de la cohorte royale et s'inclina respectueusement devant son monarque.

- Je suis ravi de vous revoir votre Majesté. Permettez que je vous relate les derniers événements.

Le jeune coursier, marchant à côté de l'étalon de Daiki, se chargea de lui raconter tout ce qui s'était déroulé au Royaume du Bleu pendant son absence. Le Roi l'écouta d'une oreille distraite, pas vraiment intéressé de savoir que leurs ventes de soi avaient encore explosées. Ce qui l'intéressait l'attendait sûrement quelque part dans le palais, à l'écart des autres.

Quand ils arrivèrent enfin aux portes du palais, Daiki mit pied à terre et un palefrenier vint tout de suite prendre Foldrea en charge. Sourd aux voix qui l'appelaient, le monarque pénétra dans son palais et prit tout de suite la direction de ses appartements. Jamais le trajet ne lui avait parut aussi long. Quand enfin il arriva près des grandes portes décorées du blason de sa famille, son cœur se mit à battre la chamade. C'est les mains tremblantes qu'il franchit le dernier obstacle le séparant de l'objet de sa convoitise.

Tetsuya était bien là, debout devant la grande fenêtre, place qu'il occupait toujours. Il ne portait pas sa cape, et ses vêtements de soi bleu étaient d'une élégance rare. Il avait mit ses plus beaux vêtements pour accueillir son monarque comme il se doit. Quand Daiki s'approcha, le Turquais se retourna. Son regard bleu ciel le transperça comme une flèche. Il n'était pas parti longtemps, et pourtant il trouvait que son protégé avait terriblement changé.

Déjà, il se tenait bien droit, bien fier. Comme s'il avait fait quelque chose de formidable. Ensuite, ses yeux brillaient d'une lueur étrangère à Daiki, l'empêchant de la nommer. Pour finir, il avait prit un peu de poids, lui offrant une silhouette parfaite. Il ne ressemblait plus à un gamin. C'était un bel adolescent plein de vie qui se dressait désormais devant le Roi du Pays du Bleu.

Le plus jeune s'avança et, arrivé à un mètre seulement de son souverain, s'inclina avec respect. C'est alors que son odeur exquise vint chatouiller les narines de Daiki. Le parfum naturel de Tetsuya lui avait tellement manqué...Il ne saurait précisément mettre un nom dessus. C'était comme...Un champ de fleurs sauvages. Non, même ceci ne sent pas aussi bon que le petit turquoise. Ce dernier plongea alors son regard céruléen dans celui bleu roi du monarque, qui senti son cœur chaviré.

La seconde d'après, il pressait fermement Tetsuya contre son torse, l'embrassant avec une telle passion que le plus jeune en tremblait. Il avait redouté le moment fatidique où Daiki rentrerait au palais. Même si Kise et lui savaient dès le départ que leur relation était vouée à l'échec, devoir faire une croix définitive sur lui avait été l'une des plus douloureuses expériences de sa jeune vie. Cependant, il ne devait rien laisser paraître. Il avait attendu le retour de Daiki dans les appartements de ce dernier, sans sa cape. Il savait pertinemment qu'il n'y avait qu'une seule façon d'oublier le Général : appartenir une fois pour toute au Roi.

C'est pourquoi il avait répondu à ses baisers et n'avait pas tenté de fuir quand le monarque l'avait allongé sur le grand lit à baldaquin. Il s'était dit, de toute façon, que ce serait la même chose si c'était Ryouta ou Daiki qui le touchait. L'acte restait le même, après tout.

Mais bien sûr, c'était loin d'être le cas.

Ce n'était pas les mains douces et câlines du Général qui glissaient sur sa peau de porcelaine, ni ses lèvres humides qui embrassaient sa nuque. C'était un tout autre homme qui se tenait là, à califourchon au dessus de lui.

Et cette constatation, bien que tardive, fut atrocement douloureuse.

Sa tunique et ses braies tombèrent lentement, glissant aux pieds du lit sans provoquer le moindre bruit. Car Tetsuya ne pouvait reprocher la douceur de son Roi, qui, pour la première fois, était plus doux qu'un agneau. Le Turquais avait cru que, après autant de temps loin de lui, Daiki le dévorerait sans pitié. Mais il s'était trompé, une fois encore. Bien que ce ne soit pas celui qu'il voulait qui le caressait, c'était tout de même une personne douce et attentionnée.

Il gémit quand son monarque commença à stimuler sa virilité par le biais de va-et-vient qui le faisait frissonner. Cependant, quand un premier intrus se glissa lentement en lui, c'est un râle de douleur que poussa le Turquais. C'était la première fois que le Roi allait aussi loin, et quelque part, cela effrayait le plus jeune. Le seul autorisé à lui faire ce genre de choses n'en avait plus la permission et c'était un doigt totalement différent qui s'enfonçait en lui. Les larmes aux yeux, il s'accrocha à la tunique de Daiki, qui parsema son visage de baisers papillons. Et dire qu'il ignorait totalement qu'il n'était pas le premier de son protégé. Il pensait être celui qui lui faisait découvrir toutes ces sensations que procure l'acte de l'amour, sans savoir que son Général l'avait fait avant lui.

Tandis qu'il préparait Tetsuya à le recevoir, le Roi exigea du Turquais qu'il le prépare également. C'est ainsi que le plus jeune se retrouva au dessus du monarque, son visage au niveau de son haine, nez à nez avec sa verge palpitante, qu'il prit en bouche. Les grognements de satisfaction de Daiki le firent frissonner, mais il s'appliqua à sa tâche. Ce n'est après tout pas la première fois qu'il lui fait ce genre de chose.

Cependant, il poussa un long gémissement quand le souverain effleura sa prostate du bout des doigts. Maintenant que deux doigts s'activaient en lui, Tetsuya sentait l'heure fatidique arrivée. Bien qu'il s'y attendait, cela arriva bien trop vite à son goût.

Retirant ses doigts, Daiki fit s'allonger le turquoise devant lui et lui suréleva le bassin à l'aide d'un coussin. Puis, lentement, il se glissa en lui, serrant les dents face à l'étroitesse de son protégé. Ce dernier gémit de douleur, de grosses larmes roulant sur ses joues rosies. Une fois totalement en Tetsuya, le Roi lui caressa doucement les joues, puis embrassa son front. Quand il jugea le moment bon, il commença à bouger, arrachant de petits râles de plaisir et de douleur à son partenaire.

Enfin, il le possédait. Il le marquait comme étant sien une bonne fois pour toute. Et pour que cela se voie bien, Daiki prit soin de laisser un beau suçon sur le cou du turquoise.

Ce dernier, justement, se sentait plus que mal. Il n'aurait jamais cru que ce serait si difficile de faire ce genre de chose avec un autre que Ryouta. Il s'était voilé la face en pensant que, quelque soit le partenaire, c'était toujours la même chose.

C'était différent. Totalement différent.

Le Roi l'attrapa doucement sous les bras et le fit s'asseoir sur son haine, s'étant lui-même adosser contre sa tête de lit. Tenant fermement les cuisses du Turquais, le monarque apprécia ce nouvel angle en accélérant les mouvements. Etant plus proche désormais du corps de son protégé, il scella leurs lèvres puis fit glisser sa langue dans la bouche du plus jeune qui lui autorisa immédiatement l'accès.

Leurs respirations se firent de plus en plus saccadées, tout comme les balancements de hanche du Roi. Ils savaient que la jouissance arriverait d'ici peu, alors Daiki s'employa à rendre ces derniers instants magiques. Tetsuya enfouit son visage dans la nuque du monarque, ses bras enroulés autour de sa taille. Un coup plus fort que les autres provoqua tellement de plaisir au plus jeune qu'il se libéra dans un cri, rejetant la tête en arrière. Le Roi lui suivit quelques secondes plus tard, explosant en lui en grognant de satisfaction.

Ravagés par l'orgasme, ils restèrent tout deux immobiles pendant de longues minutes, peinant à reprendre leur respiration. C'est Tetsuya qui réagit en premier en se relevant doucement, retirant la virilité du souverain d'entre ses fesses. Puis, tremblant, il se laissa choir dans les draps. Il frissonna quand Daiki vint caresser doucement son dos, le serrant contre son torse.

La culpabilité rongeait cependant le cœur de Tetsuya. Si le Roi savait ce qu'il avait fait en son absence, il ne le serrerait pas comme ça. Il se sentait tellement misérable. En plus d'avoir abusé la confiance de Daiki, il avait brisé le cœur de Ryouta. Il se dégoûtait, il regrettait tout ce qu'il avait fait...

« Je suis tellement désolé ... »

OoOoOoOoO

Kise soupira quand il jeta un énième regard par-dessus son épaule. C'était tellement dur de se dire que Tetsuya ne cheminera plus jamais derrière lui. La présence du Turquais lui manquait horriblement. Comme si on lui avait arraché quelque chose de vital.

Il avait vu Daiki rentré et foncé jusqu'à ses appartements. Le blond savait que le turquoise s'y trouvait. Le blond savait ce qu'ils faisaient.

Et cela, ça lui déchira le cœur.

Il reprit tristement sa route, les yeux rivés sur le sol. Il fallait qu'il oublie, c'était la seule solution. Il pouvait espérer, rien ne changerait : Tetsuya était le favori de Daiki, jamais ce dernier ne les laisserait s'aimer. D'ailleurs, s'il l'apprenait, Ryouta ne donnait pas cher de sa peau. La vie était tellement injuste...

- Tu m'as l'air bien triste, Ryouta.

Le Général frissonna en reconnaissant la voix du Premier Conseiller du Roi. Il tourna lentement les talons et aperçut Seijuro adossé à une colonne. Les lèvres du Rougien s'étirèrent en un sourire peu rassurant.

- Que veux-tu, Akashicchi ?

De tout le groupe, Akashi a toujours été celui avec qui Kise a eu le plus de mal. Le Prince du Royaume du Rouge avait certes le même âge que lui, il n'en était pas moins un être terrifiant. Enfant déjà il maniait les armes blanches comme personne. Et quand quelqu'un le caressait à rebrousse-poil, il signait son arrêt de mort.

- Je voulais juste savoir si tu avais fait bon voyage.

Le cœur du Général rata un battement. Seijuro était au courant du périple mené par Tetsuya et Ryouta ? C'était impossible, il avait accompagné Daiki au Pays du Marron ...

- Tu n'es pas le seul à avoir des espions, Ryouta.

Le blond fronça les sourcils en serrant les dents. Il ne devait rien dire sous peine de se trahir. Le Rougien pouvait bluffer, il était assez vicieux pour cela.

- Tu croyais vraiment que j'allais quitter le Royaume du Bleu en laissant Tetsuya sans surveillance ? reprit le jeune homme. Je ne suis pas aussi naïf que Daiki.

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.

- Allons, ne fais pas l'innocent. Les adultes ne devraient pas mentir. J'ai hâte de voir la réaction de notre Roi bien-aimé quand il apprendra la trahison de son Général. Je suis certain qu'il appréciera tout particulièrement d'apprendre que tu as pris la virginité de son favori.

Ryouta serra les poings. Il était fait comme un rat, il ne pouvait strictement rien face à Akashi. Ce dernier le transperçait de son regard hétérochrome, ce petit sourire fier étirant ses lèvres. Comment a-t-il put être ainsi espionné tout le long de son voyage ? Il ne s'était pas douté une seule seconde qu'Akashi aurait put mettre le Turquais sous surveillance. Il s'était fait avoir en beauté.

- J'espère être là à la décision de la sentence.

OoOoOoOoO

Les yeux écarquillés, Tetsuya digérait difficilement les paroles qu'il venait d'entendre.

Il venait de quitter les appartements de Daiki et comptait rendre visite à Rosa quand il avait entendu des voix familières : celles de Ryouta et de Seijuro. Curieux, il s'était collé au mur et avait écouté la conversation. Malheureusement, il avait loupé le début. Mais ce qu'il put entendre l'avait cloué sur place.

Seijuro était au courant. Il savait tout. Et comptait en parler à Daiki. Si ce dernier venait à apprendre la relation qui était née entre le Général et lui, il n'hésiterait pas une seconde à faire exécuter Ryouta.

Et cela, Tetsuya ne pouvait l'accepter.

Il devait agir avant Seijuro.

Ne perdant pas une seconde de plus, il tourna les talons et rejoignit la salle du trône en courant. Les serviteurs s'écartèrent sur son passage, peu habitués à voir le jeune homme encapuchonné filer ainsi dans les couloirs du palais. Arrivé aux portes de la salle, le Turquais les poussa de sa force maigrelette et y pénétra prestement. Heureusement, Daiki ne remarqua pas son entrée précipitée, trop occupé à rabrouer une servante maladroite. Tentant de paraître le plus calme possible, Tetsuya s'approcha du trône où le Roi était affalé. En voyant son protégé, Daiki congédia la domestique d'un geste de main. Quand elle eut quittée la salle, il observa le Turquais avec suspicions, ayant encore du mal à le voir porter cette cape. Même s'il lui avait raconté que c'était Rosa qui lui avait fabriqué, il avait du mal à le croire. Cependant, il s'adressa tout de même au turquoise :

- Il y a un problème Tetsu ? Tu ne voulais pas aller voir Rosa ?

- Je m'y rendais, mais j'ai croisé votre Général en chemin.

- Et alors ?

- Et alors je ne veux plus le voir. Il s'est montré admirable avec moi ces dernières semaines, mais sa présence me rappelle notre séparation. S'il quittait le château, j'oublierais plus facilement à quel point votre absence a été difficile.

C'était dur de lui mentir de la sorte, mais la sécurité de Ryouta était plus importante que l'honnêteté.

Touché, le Roi hocha lentement la tête.

- Je comprends. Je vais le convoquer sur le champ.

D'un geste, il invita l'un de ses serviteurs à s'approcher.

- Faites savoir au Général Kise qu'il doit immédiatement me rejoindre ici-même.

Le messager s'inclina et fila vers la sortie.

Prenant place aux côtés de Daiki, debout derrière son trône comme il l'avait toujours fait, Tetsuya cachait sa nervosité et sa tristesse. Il espérait que Ryouta comprenne que tout cela, c'était pour son bien. Il ne fallait pas que Daiki apprenne leur liaison. Et la meilleure façon de la lui masquer, c'était de faire partir le Général.

Ce dernier pénétra dans la salle du trône peu de temps après le départ du messager, suivi quelques secondes plus tard par Akashi. Tetsuya retint sa respiration.

- Votre Majesté je...commença Seijuro.

- Silence ! aboya le Roi. Général Kise, je vous remercie de vous être occupé de mon Royaume durant mon absence. Comme je suis de retour, vous n'avez plus rien à faire entre ses murs. Je vous ordonne donc d'aller vous renseigner sur la situation de chaque Royaume. Vous me ferrez vos rapports par lettre. Partez sur le champ.

Le blond s'inclina profondément devant son Roi et, cachant habilement sa tristesse, quitta la salle.

- Majesté, je dois vous informer de quelque chose.

- Pas maintenant Akashi, j'ai à faire.

- Mais Majesté je-...

- Akashi, ne me force pas à me répéter, siffla Daiki.

La rage déformant ses traits, le Rougien tourna les talons et quitta la salle en faisant violemment claquer la porte.

Tetsuya, les yeux dans l'eau, retenait au mieux ses larmes. Il l'avait sauvé, il avait agit pour le mieux. Mais pourquoi son cœur lui faisait-il si mal ... ?

OoOoOoOoO

Sellant Moélys, Ryouta se répétait en boucle les paroles de Daiki. Quelque chose clochait. Il était étrange qu'il le chasse ainsi de son château en lui donnant une mission de la sorte. Comme si le Roi du Pays du Bleu se souciait de ses voisins. Mais alors, pourquoi ? Le blond avait beau retourner la question dans tout les sens, impossible de trouver la solution.

Enfourchant sa jument, il se dirigeait vers la sortie quand Seijuro lui barra la route. Le Rougien semblait décidé à lui mettre des bâtons dans les roues.

- Tu as réussi à t'en sortir cette fois Ryouta, mais tu ne l'emporteras pas au paradis. Il finira par le savoir.

- Sais-tu que si le Roi décidait de me faire exécuter, cela causerait beaucoup de mal à Tetsuya ? J'ai cru comprendre que tu tenais beaucoup à lui.

Le jeune Conseiller fronça les sourcils, peu ravi qu'il parle à la légère de sa relation avec le Turquais.

- Je le connais mieux que quiconque.

- Parce que tu as grandi avec lui ?

- Parce que je sais tout de lui.

- C'est ce qu'il croyait aussi avant d'apprendre que vous faisiez parti de la Chevalerie.

Le Général tenta de contourner Akashi mais ce dernier était tenace. Il lui bloqua de nouveau le passage, appréciant peu qu'on remette en doute ce qu'il affirmait.

- Je sais des choses que Daiki lui-même ignore.

Cette fois, la curiosité de Kise était piquée. Plongeant ses yeux dorés dans le regard hétérochrome de son ancien camarade, il lui demanda :

- Tu m'en diras tant ?

- Vois-tu, quand je m'intéresse à quelque-chose, je l'étudie avec précision. Il n'est pas difficile de tout savoir lorsque l'on sait où chercher.

Sentant qu'il avait toute l'attention du Général, il commença à faire les cent pas devant Moélys, tout en faisant tourner son poignard entre ses doigts. Kise l'observa avec suspicions, ayant apprit depuis longtemps à ne pas lui faire confiance.

- Cela fait des années que j'enquête sur Tetsuya. Mais ma dernière trouvaille est de loin la plus intéressante de toute. Je vais d'ailleurs te le dire, sais-tu pourquoi ? Parce que je suis certain que ta réaction sera amusante à voir.

Suivant le mouvement du Rougien des yeux, Ryouta resta muet. Il savait que Seijuro le faisait lambiner juste pour apprécier la frustration qui s'étalait sur son visage.

- Sais-tu quel est le nom de famille de Tetsuya ?

Il s'arrêta face à la jument, alors que le Jaunien écarquillait les yeux. Il ne s'attendait à tout, sauf cela ...

- Kuroko.

OoOoOoOoO

Les cheveux dans le vent, Kise ne se remettait pas de la révélation de Seijuro. Comment était-ce possible ? Et même si c'était le cas, comment Tetsuya s'était-il retrouvé au palais du Royaume du Bleu ? Quelque part, le blond se doutait que le Rougien ne lui avait pas donné cette information seulement pour étudier sa réaction. Il y avait un sens caché derrière ses paroles. Il suffisant de trouver lequel.

Cependant, décrypter les messages d'une personne comme Akashi Seijuro, ce n'était pas une partie de plaisir.

Le Général arriva au Pays du Rouge à la tombée de la nuit. Puisqu'il souhaitait se rendre dans son Pays de naissance, c'était la route la plus courte. Il décida de s'arrêter au Centre d'Entraînement, certains que ses camarades lui feraient bon accueil.

C'est Murasakibara en personne qui ouvrit les portes au Général, quelque peu surprit de le voir revenir aussitôt. Ryouta lui rapporta les dernières nouvelles et, tout comme lui, le Prince du Pays du Violet digéra avec difficulté la révélation de Seijuro. Kise lui demanda alors s'il pouvait enquêter sur tout ceci et lui faire parvenir ses trouvailles. Le Violains accepta sans aucune hésitation. Quelque part, lui aussi souhaitait mettre cette affaire au clair.

Le Jaunien passa la nuit dans la forteresse et reprit sa route à l'aube. Il devait rejoindre le Pays du Jaune le plus rapidement possible. Son grand-oncle, le Roi Koyama, aurait peut-être des informations intéressantes. Après tout, le Pays du Jaune était connu pour sa capacité à deviner tout ce qu'il se trame chez ses voisins. La moindre petite information était tout de suite prise en notes, créant petit à petit un véritable réseau d'information.

Repoussant l'endurance de Moélys jusqu'à ses limites, le Général parvint à atteindre son Pays de naissance au beau milieu de la nuit. Cependant, il fallait encore au moins une demi-journée avant d'arriver au palais. Le blond dormit à la belle étoile, se nourrissant de quelques vivres offert par Atsushi. Il reparti aux aurores, même si la fatigue peignait le dessous de ses yeux.

Quand il arriva enfin à proximité du palais, un cavalier vint à sa rencontre à fond de train. Ayant reconnu le Général, l'homme s'inclina profondément.

- Général, le Tout-Puissant soit loué, vous êtes là ! Je m'apprêtais à vous rejoindre au Pays du Bleu. Le Roi se meurt et il vous demande à son chevet.

La fatigue déserta immédiatement le corps de Kise. N'attendant pas une seconde de plus, il enfonça ses talons dans le ventre de sa jument qui bondit en avant, se dirigeant vers le château à la vitesse d'un éclair. Les paysans se hâtèrent de libérer de chemin, ne voulant pour rien au monde être bousculé par l'animal.

C'est écumante de sueur que Moélys s'arrêta devant les grandes portes du palais du Pays du Jaune. Sautant à terre, Ryouta laissa sa jument aux bons soins des palefreniers et se rua à l'intérieur du magnifique château. Il aperçu immédiatement son père qui, sans un mot, le mena jusqu'aux appartements du Roi.

Le palais du Roi Koyama ne ressemblait en rien à celui du Roi Daiki. La décoration était riche sans être surchargée. De magnifiques fanions jaunes couvraient les murs, accompagnés de magnifiques peintures de chevaux. Des statues de cavalier se dressaient de-ci de-là, comme s'ils surveillaient les personnes foulant le sol du palais.

Les appartements royaux se trouvaient au second étage, dans la partie Est du palais. Ceux du Roi se trouvaient le plus au fond, les magnifiques portes décorées ne laissant aucuns doutes quant à son occupant. Nori les ouvrit mais ne rentra pas, s'effaçant plutôt pour laisser faire son fils. Ce dernier pénétra alors dans les magnifiques appartements de son grand oncle et n'eut aucun mal à trouver son lit.

Le front trempé de sueur et le visage marqué par la vieillesse, Koyama présentait tout les facteurs de la vieillesse. Ses cheveux autrefois aussi blonds que ceux de Kise déteignaient vers le blanc, donnant à la chevelure une couleur jaunâtre. De gros cernes peignaient le dessous de ses yeux. En voyant le jeune homme arrivé, un sourire se dessina sur son visage ridé.

- Ryouta, tu es venu...

- Je revenais au pays quand j'ai croisé votre messager.

Le jeune Général s'agenouilla à côté du lit de son aïeul.

- Vous me semblez tellement souffrant...

- C'est le lot de la fin de vie, mon enfant. Personne n'est éternel, arrivera forcément le moment où nous devrons partir, faire le grand voyage. Il est temps pour moi de rejoindre le Tout-Puissant et de rejoindre ma femme et mes ancêtres.

Kise n'avait aucun souvenir de sa grand-tante, qui était morte d'une grave maladie. Cependant, Koyama et Nori lui en avaient souvent parlés, et le magnifique portrait de sa personne qui trônait juste au dessus du lit du Roi donnait à Kise l'impression de l'avoir toujours connue.

- Cependant, avant de m'offrir le repos éternel, j'ai quelque chose à t'avouer.

Le Général prit la main de son aïeul et la serra dans la sienne, prêt à entendre ses révélations.

- Comme tu le sais, je ne possède aucun héritier. Ma chère femme est morte avant de m'en laisser un. Elle a enchaîné fausse couche sur fausse couche, jusqu'à ce que sa maladie ne l'emporte et je n'ai jamais put prendre une autre femme. Dans mon cœur, ça ne peut qu'être Risa, et ce pour toujours. C'est ce qu'on t'a apprit, n'est-ce pas ?

Le concerné hocha lentement la tête.

- Je suis navré, mais on t'a menti. J'ai ordonné qu'on te mente. Avant de me quitter à jamais, Risa m'a laissé le plus beau des cadeaux.

Le Roi marqua une pause, et Ryouta remarqua tout de suite les larmes se formant aux coins des yeux de son monarque. Ce dernier fut prit d'une quinte de toux, mais il se reprit dès qu'elle fut passée :

- En échange de sa vie, Risa avait donné un héritier au Pays du Jaune. Cependant, la vie de cet enfant était menacée. En effet, nous avons apprit que trop tard qu'un poison coulait depuis des années dans ses veines, provoquant toutes ses fausses couches. Ce poison, Risa l'avait ingurgité au Pays du Bleu, lors d'un de nos entretiens avec leur Roi, Aoi.

Les yeux du blond s'écarquillèrent. Le père de Daiki aurait empoisonné sa grand-tante ? Mais dans quel but ? Pourquoi faire une chose aussi horrible ?

- Nous ne connaissons pas les raisons exactes de ce geste, même si je pense qu'il espérait me prendre mon Royaume si jamais je n'avais aucun héritier. C'est pourquoi, quand mon fils est né, je l'ai confié à mon cousin.

Le cœur de Ryouta rata un battement alors qu'il comprenait tout le but de ces révélations...

- Tu as compris, mon enfant. Oui, tu es mon fils. C'est pour cela que tu as reçu cette éducation digne d'un Prince, que tu as intégré la Chevalerie à quatorze ans, que tu as apprit à gérer un Royaume. Si tu savais comme ça a été dur pour moi de te voir grandir sans pouvoir te prendre dans mes bras. Nori a été fantastique avec toi, il a su t'élever de la meilleure des façons. Je navré Ryouta, tellement navré...

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Le visage ravagé par le chagrin, Ryouta digérait avec difficulté ce qu'il venait d'apprendre. Le Roi Koyama avait embrassé le front de son fils avant de s'éteindre, le sourire aux lèvres, heureux d'avoir passé les derniers instants de sa vie auprès de son héritier. Mais ce dernier se retrouvait plus que désemparé : il apprenait qu'il était le fils du Roi et, même pas une heure plus tard, il héritait du Royaume de ses ancêtres. Combiné à ce qu'il avait apprit sur son amant, cette surcharge de révélations étaient trop lourde pour ses pauvres nerfs.

La Cour étant déjà au courant de tout concernant les origines du Général, ils insistèrent pour le couronner sur le champ. Néanmoins, le blond n'avait vraiment pas la tête à ça. Avant de devenir Roi, il souhaitait étudier en détails la situation du Pays. C'est pourquoi il s'enferma dans la riche bibliothèque du palais et éplucha tout les dossiers qui lui tombaient sous la main. Il y passa la nuit malgré sa fatigue, si bien que le lendemain au lever du soleil, il connaissait la situation de son Royaume sur le bout des doigts.

La cérémonie de couronnement se passa donc dans la grande cours du château, en présence de nombreux Jauniens. La population semblait ravie d'avoir le Général pour Roi, car il était une véritable célébrité dans son pays. Peu de personne se doutaient de ses origines mais personne ne chercha à les remettre en question. Kise fut donc couronné devant la population qui l'acclama et l'applaudit jusqu'à ce qu'il ne regagne son château.

Cependant, à peine couronné, le voilà déjà croulant sous le travail. Ses conseillers s'agitaient autour de lui alors que certains paysans lui demandaient déjà des audiences. Ajoutez à cela une missive importante de la part de Murasakibara : bizarrement, seulement cette-dernière fut rapidement étudiée par le nouveau Roi.

Un rapport. Le blond s'étonnait de la rapidité de son ami. Un envoyé de ce dernier avait donc fait quelques recherches au Pays du Bleu et avait apprit d'une famille Turquaine s'y était installée il y a de cela seize ans. A cette époque, il était fort étrange pour des Turquais d'élire domicile chez leur voisin du Nord, car il subsistait des tensions après la guerre d'indépendance. Les Turquais avaient cependant mystérieusement disparus. Atsushi ignorait si cette famille était celle de Tetsuya, mais lui promettait de lui écrire dès qu'il en saurait plus.

Ayant remarqué à quel point Ryouta galérait avec les affaires de la Cour – et devinant qu'il avait autre chose en tête – Nori lui proposa de s'occuper de tout. En tant que cousin de Koyama, il avait hérité d'une éducation de Roi et s'était lui-même occupé du Royaume au déclin de son cousin. Kise le noya de remerciements et laissa la charge du Royaume à celui qui l'avait élevé, sa confiance en lui étant inébranlable.

Ryouta ne pouvait en effet pas gérer lui-même son Royaume parce qu'il comptait faire une croix définitive sur les hostilités entre le Pays du Jaune et le Pays du Blanc. Et il savait précisément comment s'y prendre.

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Le Pays du Blanc, l'un des Pays Fondateurs, est depuis toujours réputé pour son coton, dont il refuse tout commerce avec les Pays qu'il juge ennemi. C'est pourquoi ni le Pays du Jaune ni celui du Bleu n'ont le droit à cette matière si intéressante.

Le Pays du Jaune et celui du Blanc étaient ennemis depuis l'incident au Pays du Rose. En effet, il y a quelques années, une étrange maladie a frappé la plupart des femmes Blanchaines, les rendant infertiles. Ne voulant voir sa population disparaître, le Roi de l'époque avait ordonné l'enlèvement des femmes Rosiennes qu'il considérait comme appartenant au Pays du Blanc, puisqu'il était à l'origine du Pays du Rose. Cependant, le second créateur, le Pays du Rouge, ne l'entendit pas de cette oreille et contesta ces enlèvements. Malheureusement, un vieux traité empêchait les deux Pays de se déclarer la guerre, empêchant aussi les Rougiens d'intervenir. C'est pourquoi le Pays du Jaune y avait mit son grain de sel, prenant les Rosiens sous son aile et convainquant les Blanchais d'arrêter ces enlèvements. Craignant la puissance du Pays du Jaune et de sa Cavalerie, le Pays du Blanc cessa, mais garda une profonde rancœur envers les Jauniens.

D'après Kise, cette époque était révolue. Désormais, les deux Royaumes avaient changés de monarque, et le Roi Shiro serait peut-être plus intelligent que ses ancêtres. En apprenant l'arrivée du blond dans son Royaume, le jeune Roi alla en personne l'accueillir aux portes de son palais.

- Général Kise ! Quelle bonne surprise.

- Salutations, Roi Shiro. Je désire m'entretenir avec vous, est-ce possible ?

- Evidemment, veuillez me suivre.

Mettant pied à terre, Ryouta confia les rênes de Moélys à l'un des hommes qui l'avait accompagné et suivi le monarque dans son palais. Ce dernier semblait taillé dans de l'ivoire : ce qui était, avouons-le, le cas. Les murs blancs, entrecoupés de tapisseries et de fanions colorés, rendaient les pièces très lumineuses. Shiro fit entrer son visiteur dans la salle du trône, et la richesse de cette salle était stupéfiante. Tout était de couleur blanche et or, des tapis de sol jusqu'aux lustres. Le trône du Roi ressemblait d'avantage à un grand fauteuil, avec ses nombreux coussins colorés.

Prenant place sur un divan, Shiro invita Ryouta à s'asseoir sur celui d'en face.

- Que me vaux votre visite ?

- Dans un premier temps, je viens vous apprendre la mort du Roi Koyama.

- Mes condoléances au Pays du Jaune. Mais ce dernier ne se retrouve-t-il pas...

- Si je suis venu en personne, c'est pour vous annoncer que je suis le nouveau Roi.

- Co-comment ? Koyama n'était-il pas sans héritier ?

- C'est une longue histoire. Cependant, je suis bel et bien son fils. Mais passons, ce n'est pas que pour cela que j'ai tenu à vous rencontrer.

Le monarque à la chevelure blanche lui jeta un regard suspicieux, se demandant bien de quoi il souhaitait lui parler.

- Je pense que ces hostilités entre nos Pays n'ont plus lieu d'être. Nous sommes tout deux de jeunes Rois et je pense qu'il est de notre devoir de corriger les erreurs de nos ancêtres.

- Nous sommes bien mal placés pour les juger, les incidents à l'origine de cette aversion ont eu lieu bien avant notre naissance.

- Justement. Nous n'avons rien à nous reprocher au moment où nous nous parlons, n'est-ce pas ?

- Vous n'êtes pas venu seulement pour faire ami-ami, Roi Kise. Soyez franc et déballez votre sac.

- Votre perspicacité est magnifique. En effet, ce n'est pas là mon seul objectif. En vérité, je soupçonne le Pays du Bleu de quelques actes condamnables.

- Ceci ne date pas de la dernière lune ! La famille Aomine bafoue les règles de nos ancêtres depuis des générations. Si vous voulez leur déclarer la guerre, grand bien vous fasse. Mais je n'y mettrais pas les doigts.

- Et si je vous disais que l'affaire concernait un Turquais ?

Shiro planta ses yeux bleu pâles dans le regard doré de son visiteur. Ce dernier retint un sourire. Ce n'était pas une nouvelle que le Pays du Blanc s'était toujours inquiété de la situation des Turquais, et surveillait attentivement leur Pays pour qu'aucun mal ne leur soit fait. Les Blanchais tenaient beaucoup à la population qu'ils avaient créée avec les Bleuiens.

- Qu'est-ce qu'un Turquais vient faire dans cette histoire ?

- Il en est le centre. Je n'ai appris que quelques renseignements sur la chose pour le moment, j'attends des résultats plus poussés.

Ryouta lui révéla ce qu'il avait apprit de Seijuro et ce que l'espion d'Atsushi avait sut récolter. L'histoire sembla intéresser vivement le jeune souverain, parce qu'il ne mit pas longtemps avant de se prononcer.

- Je vois. Je comprends votre raisonnement et je suis d'accord pour la situation de nos Pays. Ne restons pas en conflit pour des histoires qui nous ne concerne pas. De plus, si au cours de votre enquête vous devriez solliciter une aide quelconque, je serais à votre entière disposition. Je vous demande juste de me tenir au courant des avancées de cette fameuse enquête. Vous n'êtes pas sans savoir que les Turquais sont très importants pour les Blanchais.

- Je le sais et je le comprends. Je vous remercie, Shiro. Vous êtes un Roi exemplaire.

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A son retour au Pays du Jaune, Ryouta avait tout de suite été interpellé par un messager qui lui rapportait une lettre de Murasakibara. La seconde d'après, le jeune Roi parcourait les lignes du message. Et ce qu'il y lut lui serra le cœur.

« Après des recherches plus poussés, nous avons apprit que les parents ont été assassinés par les hommes du Roi Aoi. Bien sûr, ils ont fait disparaître toutes traces du meurtre mais quelques villageois habitant aux alentours de leur ancienne maison ont témoignés avoir tout vu du meurtre. Ils ignorent cependant ce qu'il est advenu de l'enfant. Mais ils connaissaient tous son prénom : Tetsuya. Ils ne l'avaient cependant que rarement vu car ses parents le gardaient cloitré chez eux. Sur ceci, je ne peux te renseigner, mais ce sont bel et bien les parents de Tetsuya qui ont été assassinés il y a quatorze ans. Tetsuya a été enlevé par Daiki. »

Tournant subitement les talons, il rejoignit la salle du trône, qu'il venait à peine de quitter. Nori était encore là, réglant les derniers détails sur la succession au trône. En voyant le blond revenir si vite, il comprit tout de suite ce qu'il se passait.

- Tu repars déjà, c'est cela ?

- En effet. Je suis désolé de vous donner tant de travail.

- Ne t'en fais pas, ce que tu dois faire est certainement plus important qu'un dîner avec la Cour.

Kise se gratta l'arrière du crâne, gêné.

- Je reviens le plus vite possible.

- Sois prudent.

- Comme toujours.

Et, après un signe de main, le jeune monarque quitta la salle du trône. Il se força à ne pas courir, sachant que ce n'est pas là l'attitude que devrait avoir un Roi. Arrivé aux écuries, il sella lui-même Moélys et, en refusant tout accompagnateur, quitta le Royaume du Jaune au galop, droit vers le Pays du Bleu.

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Arpentant les grands couloirs du palais du Royaume du Bleu, Seijuro doutait. Avait-il bien fait de révéler les origines de Tetsuya au Général ? Après tout, il n'avait aucune raison de le faire. Mais peut-être que, inconsciemment, il s'était dit qu'il devait partager cette information. Elle était bien trop lourde pour ses seules épaules. Poussant un soupire las, il rejoignit les cuisines sans vraiment s'en rendre compte.

Ses pas le guidèrent d'eux-mêmes jusqu'à Rosa, qui pétrissait avec application une pâte à pain. Ses cheveux brun clair remontés en un chignon impeccable témoignaient de ses origines Marronaise. Cette femme l'avait élevé depuis sa naissance, s'occupant de lui comme une véritable mère. Même s'il ne le montrait pas, il tenait énormément à elle.

En remarquant la présence de son protégé, Rosa abandonna tout de suite sa tâche pour l'emprisonner dans ses bras et le serrer fort contre elle. Akashi resta de marbre, même si son cœur battait la chamade tant ses bras étaient rassurants et réconfortants.

- Seijuro mon poussin, ça fait longtemps que tu n'es pas venu me rendre visite ! Plus tu vieillies et plus tu deviens beau, tu dois en faire chavirer des cœurs.

Même si cette phrase avait une visée positive, un coup de poing dans l'estomac aurait été moins douloureux. Certes, il en faisait chavirer des cœurs. Mais pas celui qu'il rêvait de posséder.

- Je suis désolé de ne pas venir plus souvent mais-...

- Je sais je sais, tu as de hautes responsabilités et tu ne peux te permettre de perdre ton temps. Ne t'inquiète pas pour cela. Tetsuya me donne souvent de tes nouvelles.

Tetsuya...Lui, bien sûr, prenait toujours le temps de venir voir Rosa. Mais alors, pourquoi ne lui accordait-il pas de temps à lui ?

Déjà avant l'arrivée de Ryouta, le Rougien entretenait une haine farouche envers Daiki qui, en plus de lui avoir volé son Royaume, lui avait volé Tetsuya. Ce dernier lui était dévoué corps et âme, n'hésitant pas à le rejoindre au beau milieu de la nuit s'il l'appelait. Puis était arrivé le Général. Le Turquais lui était tombé dans les bras comme s'il l'avait toujours attendu. Et cela, ça révoltait Seijuro.

Le Prince du Pays du Rouge resta un petit moment avec Rosa puis quitta les cuisines. Il regagnait ses appartements privés quand il croisa Daiki qui lui annonça partir rencontrer un agriculteur sur ses terres. Seijuro le regarda partir, un petit sourire au coin des lèvres. Voilà enfin sa chance.

A peine le monarque avait-il disparu de son champ de vision que le jeune homme aux yeux hétérochromes se dirigeait vers celui qu'il convoitait. Même s'il ignorait l'emplacement exact de sa chambre, il savait que cette dernière se trouvait près des appartements de Daiki. Il n'aura donc pas à chercher longtemps. Seijuro ouvrit toutes les portes, et c'est la dernière qui se révéla la bonne.

Tetsuya était bien là, caché par sa magnifique cape offerte par Kise, assit en tailleur sur son lit, un livre posé en face de lui. Il semblait concentré sur sa lecture. Aucun doute que Ryouta lui avait apprit à lire. Cependant, en remarquant la présence d'Akashi, le turquoise referma brusquement l'ouvrage et le fit glisser sur ses couvertures.

- Se-Seijuro ? bégaya-t-il en bondissant sur ses pieds. Co-Comment as-tu trouvé ma chambre ?

- Le plus simplement du monde : en regardant dans toutes les salles près des appartements de notre Roi bien-aimé.

Le Rougien appelait Daiki ainsi depuis sa plus tendre enfance. Mais seul Tetsuya savait à quel point ces mots étaient ironiques.

- Tu voulais me dire quelque chose ?

- Je voulais seulement te voir.

- Voilà qui est inhabituel. Dis moi plus que tu es venu me faire des menaces, à moi aussi.

L'attitude du Turquais avait vraiment changé depuis ses semaines passées avec le Général. Il n'avait désormais plus peur de dire ce qu'il pensait. Quelque part, c'était une bonne chose. Mais d'une autre, Seijuro regrettait le gamin innocent et naïf qu'il avait été.

- Des menaces ? Enfin Tetsuya, de quoi pourrais-je te menacer ?

- Tu sais très bien de quoi. Je t'ai entendu.

Alors comme ça, il avait perçu la discussion qu'il avait eue avec Ryouta ? Voilà donc pourquoi Daiki l'avait fait partir aussi vite du château...Sûrement le Turquais avait-il trouvé une excuse que faire déguerpir son amant avant que le Rougien ne le dénonce. Il était presque effrayant de voir à quel point Tetsuya parvenait à manipuler Daiki. Et ce dernier qui ne se doutait de rien de tout ça...Son amour pour le Turquais serait attendrissant s'il n'était pas en train de se ramollir de la sorte.

- Tu ne connais pas mes raisons, souffla le rouge.

- Et je ne veux pas les connaitre.

- C'est de ta faute, Tetsuya. Et de la tienne seulement. Si tu n'étais pas tombé dans ses bras comme une princesse dans ceux de son prince, rien de cela ne se serait passé.

Le turquoise serra les poings.

- Tu ignores ce qu'il se passe autour de toi, et ce qu'il se passe là.

Le rouge prit la main de son ami d'enfance et la posa contre son cœur. Il senti clairement le turquoise tressaillir.

- Je ne comprends pas, Tetsuya. Pourquoi eux ? Ils ne te connaissent pas. Moi, je sais tout de toi. Moi, j'ai grandi avec toi. J'ai toujours respecté tout ce que tu caches sous cette cape. Je ne t'ai jamais vu en entier. J'ignore la couleur, la taille, l'odeur de tes cheveux, je devine seulement la pâleur de ta peau, je ne peux voir que la couleur de tes yeux.

De sa main libre, il vint caresser la joue du Turquais.

- Je t'ai vu grandir, je t'ai vu vieillir. Je t'ai vu pleurant, je t'ai vu souriant. Je t'ai vu dormant, je t'ai vu courant. Je t'ai vu petit, je te vois grand. Alors pourquoi Tetsuya ? Pourquoi pas moi ?

Hypnotisé par le regard or et sang de Seijuro, Tetsuya ne senti même pas la main de ce dernier descendre jusqu'à son menton.

- Le premier t'as blessé, le second t'as brisé. Moi, je n'ai fait que t'aimer.

Sa main termina sa course sur le nœud de la cape du turquoise.

- Mais aujourd'hui, je veux te voir.

Et avant que Tetsuya n'ait le temps de réagir, le vêtement glissait de ses épaules...


Voilà enfin le chapitre sept ! Je m'étonne moi-même de ma vitesse O_o Il faut dire que j'attends d'écrire ce chapitre depuis le début xD J'avais hâte de mettre une jolie couronne sur la tête blonde de mon Kise (coeur) :3 Même si, je l'avoue, je n'aime vraiment pas la partie couronnement car je la trouve trop rapide. J'aurais voulu qu'il soit couronné en présence de Tetsuya mais cela m'empêchait de le faire rencontrer Shiro donc bah...tant pis :3 Et oui c'est fait exprès que ça finisse comme ça, un peu de suspense enfin ! 8D

Cependant, ce chapitre mérite bien son titre. Nous apprenons en effet plein de choses concernant les personnages. Sauf pour celle faite sur Tetsuya, qui ne sera révélée qu'au prochain chapitre :3 A votre avis, de quoi il en retourne ? Vous avez des idées ? Qu'est-ce que son nom de famille change ? Je suis vraiment curieuse de connaitre vos impressions, alors pitié faites-les moi savoir *^*

En tout cas, désolée au fanclub d'Aomine, je n'en parle que très peu dans ce chapitre. Mais vous avez un lemon ! :D Ce chapitre se concentre en effet d'avantage sur Kise & Akashi, et met en avant les sentiments des trois personnes proches de Tetsuya envers lui. Désolée si Akashi est OOC mais je ne le connais pas assez pour le maîtriser totalement. Cependant, je suis vraiment fière de ce que je lui fais dire à la fin du chapitre *fière d'elle même pour une fois*.

Je sais, je le dis à chaque fois, mais la fin de la fiction est proche. Le prochain chapitre est le dernier, mais je vous rassure, il sera suivi d'un épilogue. J'espère pouvoir vous poster la suite avant Noël, mais vu tout ce que j'ai prévu d'écrire, j'ai bien peur de ne pas pouvoir respecter (une fois encore) les délais. Donc, j'arrête d'en donner, voilà ! D8 Mais bon, là je n'ai aucun autre projet de fictions qui m'empêcherait d'écrire, surtout avec l'arrivée des vacances. Si ce chapitre là a été un peu long, c'est parce que j'écrivais le OS de Kaita-Chan, intitulée Un Amour de Mannequin, en ligne depuis un peu moins d'une semaine. D'ailleurs, je vous invite à y faire un tour car j'aimerais beaucoup avoir des critiques sur cette fiction :3

Et ben, je vois que Nezumi est une véritable célébrité :D Je suis moi-même une grande fan de Nezumi & de No.6 en général, si bien qu'après avoir vu l'animé que je suis achetée les romans ! Vive Nezumi ! (coeur)

Bon je pense avoir fait le tour ce que je voulais vous dire :3 Je remercie encore Kaita-Chan, Nyny & Ombrelle, Mamoizelle Splash Boum, Kirinkai, AliceGarden, MasterIso, Guest & lalala1995 pour leurs reviews :D Ca me plait vraiment plaisir ! Mais merci également à mes fans sur skype/facebook, dont Aomine (tu vois, avant que tu ne rentres de l'internat ! :D), Isoku & Kyuu Kei, qui se reconnaîtrons sans doute ! Merci merci merci ! (coeur)

D'ailleurs, en parlant Facebook, après le compte, la page o/ Je trouve que c'est beaucoup plus facile de communiquer les informations de cette façon là. J'ai mis le lien sur mon profil, allez liker ! :3 Je vous conseille également d'aller lire les fanfictions de Nyny & Ombrelle (Basket, et plus si affinité) & de Blihioma (Tu n'es plus seul) qui sont de supers fictions que je vous conseille vraiment ! :D

Voilà voilà je pense que tout est dit, au pire je me rattraperais sur le prochain chapitre ! 8D

Kisu ! Moona-sama