/!\ Attention scène limite SM à la prochaine séparation /!\


.o0 Chapitre VIII : A chacun son destin 0o.

- Non ! Je ne veux pas ! Je veux dormir avec Tetsuya !

Gigotant dans les bras des servantes, Seijuro tentait de se libérer de leur étreinte.

Presque tout les soirs, s'était le même cirque. Quand il fallait séparer les deux bambins pour la nuit, c'était les crises de larmes. Le Rougien refusait de dormir sans Tetsuya, quand bien même cela n'était jamais arrivé. En effet, le petit turquoise devait obligatoirement dormir dans une pièce séparée et fermée à clé afin que personne ne le visite pendant la nuit, l'un des seuls moments de la journée où il enlevait sa cape.

Parce que bien que Rosa soit immunisée contre l'odeur exquise de son protégé, ce n'était pas le cas de tout le monde au palais. Il était donc obligatoire que l'enfant ne dorme pas avec son camarade. Et cela, ce dernier ne le supportait pas.

- Tu sais très bien que tu ne peux pas mon poussin, tenta de le raisonner Rosa. Le Prince l'interdit à tout le monde.

- Mais je m'en fiche que ce que veux le Prince ! Je veux juste dormir avec Tetsuya !

Se libérant enfin de l'étreinte, il alla se coller contre le bois de la porte, de grosses larmes roulant sur ses joues pâles. Les servantes échangèrent un regard peiné. Le lien qui liait Seijuro à Tetsuya était tellement fort que le voir dans cet état était douloureux. Mais les ordres sont les ordres. Les petits n'ont pas le droit de dormir ensemble. Et cela, personne ne pouvait rien y faire.

A genoux, la tête posée contre l'obstacle qui le séparait de son ami, Seijuro ne pouvait empêcher ses larmes de jaillir de ses yeux. C'est tellement injuste ! Tout ce qu'il demande, c'est de rester avec Tetsuya pendant la nuit. Ce n'était pas un gros caprice. Alors pourquoi ?

C'est alors qu'une douce voix retenti derrière la porte...

« Amazing Grace, how sweet the sound,
That saved a wretch like me.
I once was lost but now am found,
Was blind, but now I see.

T'was Grace that taught my heart to fear.
And Grace, my fears relieved.
How precious did that Grace appear
The hour I first believed. »

Et il chanta ainsi jusqu'à ce que son camarade ne s'endorme, blotti contre la porte, les yeux trempés de larmes...

OoOoOoOoO

Le temps a passé depuis cette époque, et beaucoup d'eaux sont passées sous les ponts. Cependant, Seijuro se souviendrait toujours des berceuses que seuls Rosa et lui avaient le loisir d'entendre. Néanmoins, plus Tetsuya vieillissait et plus le Prince le demandait. Et quand ce dernier devint Roi, tout disparu. Tetsuya changea de chambre, et plus jamais Seijuro n'avait put entendre l'une de ses chansons...

Cependant, Seijuro avait décidé que tout cela avait duré assez longtemps. Qu'il était temps pour lui de connaître Tetsuya dans les moindres détails. Et pour cela, il lui a seulement fallut retirer la cape. Quand cette dernière tomba au sol sans un bruit, les yeux hétérochromes du Rougien s'écarquillèrent.

La première chose qui attira son regard, ce furent les magnifiques cheveux turquoise de son ami. Il avait certes déjà vu des Turquais, mais aucun d'eux ne possédait une telle chevelure. Sa peau pâle, presque laiteuse, ne pouvait que mettre en valeur ce bleu clair qui encadrait sa tête. Ses grands yeux céruléens brillaient encore de la lueur de l'enfance et tout en lui rappelait l'innocence. La Pureté même, celle avec un grand P. Il ressemblait à une poupée en porcelaine. Non, à un chérubin. Comme ceux peint sur les murs des Eglises.

Seijuro s'avança d'un pas, brisant la distance entre lui et son ami d'enfance.

C'est alors que la délicieuse odeur du Turquais vint chatouiller les narines du Rougien.

Il se figea, écarquillant d'avantage les yeux. Face à lui, Tetsuya, comprenant ce qu'il se passait, commença à reculer lentement, levant les mains devant lui dans un geste qui se voulait défensif.

- N-Non, Seijuro, pars, s'il te plait...

- Tetsuya...

- S'il te plait Seijuro, pas toi, pas toi...

Mais l'attraction était trop forte. Tandis que Seijuro avançait, Tetsuya reculait. Mais bientôt, son dos rencontra le mur. Il se laissa glisser au sol, remontant ses genoux contre son torse, croisant les bras sur ses jambes pour y fourrer sa tête. Il senti son ami d'enfance s'agenouiller devant lui, et passer sa main dans sa chevelure turquoise. Ce dernier n'osa même pas relever la tête pour observer les sentiments peint sur le visage de Seijuro.

- Tetsuya...Regarde-moi.

Le concerné frissonna à cette voix douce. Ca le ramenait douze ans en arrière, quand le Rougien venait le rassurer. Lorsque Tetsuya avait du chagrin, son ami était toujours là, à l'écouter. Et il lui parlait toujours de cette voix si douce, qu'il était le seul à avoir jamais entendu.

La main du rouge glissa le long de sa joue et termina sa course sur son menton. Il le souleva lentement, le forçant à le regarder droit dans les yeux. Ce que le turquoise lut dans le regard sang et or de son ami serra violemment son cœur dans sa poitrine.

Des larmes se formèrent aux coins de ses yeux, alors qu'il n'arrivait plus à les détacher de ceux de son vis-à-vis. Ce dernier approcha lentement son visage et, attrapant doucement le visage du Turquais entre ses mains, l'embrassa avec délicatesse. D'abord un baiser chaste et court, puis un un peu plus audacieux, caressant d'avantage les lèvres du turquoise. Finalement, le rouge vint quémander l'entrée à la bouche de Tetsuya, qui ne le lui autorisa pas. Seijuro joua avec ses joues afin de lui ouvrir un tant soit peu la mâchoire et y parvint au bout de quelques secondes. Il glissa tout de suite sa langue dans l'orifice buccale du Turquais qui, ne pouvant se résoudre à le blesser, se retint de lui mordre la langue. Le muscle rose du Rougien vint doucement caresser celui du turquoise qui refusa néanmoins de le suivre dans son ballet.

Bientôt, la réticence de Tetsuya agaça Seijuro. Ce genre de chose, il l'avait fait avec Daiki et Ryouta, alors pourquoi pas avec lui ? Qu'a-t-il de moins que ces deux- à ? Le rang ? Pourtant, il était le Prince légitime du Pays du Rouge et le Premier Conseiller du Roi du Pays du Bleu. L'âge peut-être ? Après tout, il n'y avait que deux ans de différence entre Tetsuya et lui, alors qu'il y en avait trois avec Ryouta et huit avec Daiki. De tous les points possibles et imaginables, c'est son profil qui convient le mieux au Turquais.

Alors pourquoi n'arrivait-il pas à le comprendre ? Pourquoi Tetsuya les préférait eux à lui ? Ce n'était pas logique. Vraiment pas logique.

Il finit par agripper les cuisses du turquoise afin d'aller le déposer sans douceur sur son lit qui gémit sous leurs poids, puisque Seijuro venait de se mettre à califourchon au dessus du plus jeune. Ce dernier pleurait, si bien que, quand le Rougien l'embrassa de nouveau, leurs salives se mêlèrent aux larmes du Turquais, donnant un goût salé à leur baiser. Le Conseiller faisait son possible pour que le turquoise l'accompagne dans son ballet, sans y parvenir. Cependant, sa patiente a des limites. Et chez Seijuro, elles sont très faciles à attendre.

Abandonnant la bouche de Tetsuya, le Rougien fit glisser ses mains sous sa tunique bleue et la souleva doucement, découvrant ses tétons roses. Aussitôt, il en prit un en bouche, provoquant un gémissement étouffé de la part du Turquais. Ce dernier tenta néanmoins de s'enfuir, ne voulant vraiment pas faire ça avec Seijuro. Cependant ce dernier le retenait fermement, bloquant ses bras au dessus de sa tête.

- Pitié Seijuro, arrête ça...gémit Tetsuya en battant faiblement des jambes.

- Chuuut...Tu vas voir, tout va bien se passer...

Le Rougien se mit alors à embrasser chaque parcelle de la peau du turquoise. Il tomba cependant nez à nez avec une marque laissée précédemment par Daiki. La colère remua ses entrailles mais il se retint de ne pas le marquer par-dessus. Il se contenta d'embrasser le suçon puis se hâta de remonter le long de son épiderme, sans oublier d'y déposer des baisers papillons. Sous lui, Tetsuya continuait de le supplier d'arrêter, mais Seijuro, sourd à ses plaintes, lui retira sa tunique qu'il jeta hors du lit.

Le Turquais retint un gémissement quand son ami d'enfance plongea sa main sous ses braies, venant saisir délicatement sa virilité. Il lui saisit les épaules, ses larmes coulant en torrent sur ses joues pâles.

- Seijuro...

Mais ce dernier ne le laissa pas finir, préférant prendre possession de ses lèvres. De nouveau, il y invita sa langue et Tetsuya, comprenant qu'il était désormais trop tard pour s'enfuir, relâcha les muscles en laissant faire son ami d'enfance.

Seijuro tira alors le petit poignard - qu'il avait toujours à la ceinture - de son fourreau. Les yeux du turquoise s'écarquillèrent quand la lame glacée vint glisser le long de son flanc droit. Puisque le Rougien n'exerçait pas de pression sur l'arme, cette dernière ne pouvait entailler la peau du Turquais. Ce dernier poussa un cri de douleur quand la lame entailla finalement sa cuisse droite. Des gouttes vermeilles s'échappèrent de la plaie, formant un contraste flagrant avec la pâleur du turquoise. Eloignant l'arme, Akashi s'approcha de l'entaille et lécha le sang qui s'en échappait. Cependant, voir ainsi le liquide vermeil glisser sur la peau laiteuse de son ami d'enfance l'excitait tellement qu'il l'entailla de nouveau, au niveau de la joue, puis sur le torse, le bras droit, la paume gauche, le front et s'arrêta finalement en « gravant » une étoile sur le plat de sa main droite, symbole du Royaume du Rouge.

Ses larmes ne cessant de couler sur ses joues, se mêlant même à son sang, Tetsuya n'avait jamais eu autant mal de sa vie. Jamais avant ce jour il n'avait vu son propre sang glisser sur sa peau. Il ne comprenait pas pourquoi Seijuro avait décidé de le blesser. Pour le punir ? Ou alors pour défier Daiki ? Les deux solutions étaient plausibles, ce qui inquiétait profondément le Turquais. Et Ryouta qui était loin désormais...Il aurait tout donné pour se trouver dans ses bras et non sous le poignard de Seijuro, quand bien même ce dernier était son ami d'enfance. Cependant, il n'arrivait pas à lui en vouloir. C'est étrange, il le conçoit, mais il sait mieux que quiconque l'effet de son odeur sur les autres.

Les mains d'Akashi se refermèrent sur ses côtes alors qu'il l'installait à quatre pattes devant lui, s'offrant ainsi un accès beaucoup plus simple à l'intimité du Turquais. Ce dernier se laissait faire sans protester : il avait trop mal pour cela. Il réprima une grimace de dégoût quand le Rougien le força à prendre le manche de son poignard en bouche. Le goût mêlé du cuire et du métal lui donnait presque envi de vomir. Heureusement, Seijuro lui retira rapidement d'entre les lèvres. S'il avait cependant sut où elle finirait, le plus jeune aurait serré les dents pour la garder en bouche. En effet, il poussa un cri de douleur quand il senti le manche s'insinuer en lui. C'était tellement douloureux que ses bras se dérobèrent sous lui, le faisant tomber tête la première dans ses draps. Il sentait les baisers que Seijuro déposait sur son dos, mais cela n'estompait en rien la douleur. Quand son ami commença à exécuter des va-et-vient, le turquoise serra les draps dans ses poings, subissant cette torture avec difficulté.

Finalement, Seijuro lança le poignard à l'autre bout de la chambre et se présenta à son entrée. Le Turquais serra les dents alors que son ami d'enfance le pénétrait lentement, le tenant fermement par les hanches. Ce dernier lui accorda quelques secondes de répit avant de commencer à se mouvoir, arrachant ainsi des petits cris de plaisir et de douleur à son ami. Ce dernier espérait que tout cela se termine vite. Il avait tellement mal qu'il aurait presque souhaité mourir. Depuis le départ de Ryouta, rien n'allait plus. Il regrettait tellement sa présence à ses côtés.

Un vent de panique le secoua tout entier quand une voix familière s'éleva derrière la porte.

- Tetsu je ...

La colère déformant son visage, le Roi du Pays du Bleu toisa avec mépris son Conseiller qui n'avait pas cessé ses balancements de hanches malgré l'arrivée de Daiki. Pire, dans ses yeux hétérochromes dansait une lueur de défi. Bien décidé à tuer sur place ce Rougien impertinent qui osait faire ce genre de chose à son Tetsuya, le souverain brisa en deux pas la distance le séparant des deux autres. Cependant, il s'arrêta net lorsque le parfum du turquoise vint chatouiller ses narines. Accentué par l'odeur de la transpiration et du sang, l'arôme que dégageait le Turquais était encore plus exquis qu'à l'accoutumé.

Et même avec tous les efforts du monde, Daiki ne put que succomber...

OoOoOoOoO

Jamais la route séparant le Pays du Jaune du Pays du Bleu n'avait parut aussi longue au nouveau Roi du Pays du Jaune. La fatigue de Ryouta se dessinait sous ses yeux mais ce que lui avait apprit Atsushi l'avait tellement secoué qu'il avait voulu mettre les choses au clair par lui-même. Moélys, bien que plus fatiguée encore que son cavalier, se forçait de garder une allure régulière, consciente que tout reposait sur sa vitesse. Les courtes pauses que lui accordait le blond suffisaient à peine à la reposer, mais la jument était du même genre têtu que son cavalier.

Quand le palais de Daiki pénétra fin de son champ de vision, Kise poussa Moélys dans ses derniers retranchements. Ils y étaient presque. Malheureusement, arrivé aux portes de la ville, l'animal refusa de faire un pas de plus. Elle semblait tellement fatiguée qu'elle vacillait sur ses propres jambes. Ryouta lui retira alors son équipement et le cacha dans des buissons. Sachant pertinemment que sa monture n'irait pas loin, le blond la laissa là et finit à pied le reste du chemin. Plus il s'approchait du château et plus son cœur battait la chamade. Il sentait que quelque chose d'horrible était en train de se produire. Et c'est pour ça que, à peine un pied dans le palais, il prit tout de suite la direction de la chambre de Tetsuya.

Cependant, il aurait aimé ne jamais voir ce qu'il découvrit derrière la porte. A quatre pattes sur son lit, du sang coulant de nombreuses entailles, Tetsuya gémissait de douleur, aux prises de Seijuro et Daiki. Alors que le premier se complaisait entre ses cuisses, l'autre dévorait sa bouche avec l'appétit d'une bête sauvage. La colère qui secoua le corps du nouveau monarque fut telle qu'il tira immédiatement son épée dorée – héritage laissé par son père – de son fourreau.

Ses yeux dorés ne voyaient que les deux satyres qui faisaient souffrir celui qu'il aimait. Et pour la première fois de sa vie, il ressenti la réelle envie de tuer. Bien qu'il ait été Général de la seconde meilleure armée du continent, il n'avait jamais donné la mort par plaisir, et n'avait fait que deux victimes de toute sa carrière. Mais là, c'était différent. Ses poings se refermèrent fermement sur l'épée à deux mains.

Concentré sur sa tâche, le Roi du Pays du Bleu n'avait pas entendu le blond rentré. Cependant, la lame, elle, il la senti. Le cri de douleur qu'il lâcha sorti Seijuro de sa propre transe, mais la botte qu'il reçut en pleine figure ne lui laissa pas le temps de voir son assaillant. Il tomba à la renverse, sa tête cognant brutalement contre une petite étagère, l'assommant.

Tremblant de tous ses membres sous la force de l'adrénaline qui l'avait secoué, Ryouta enveloppa Tetsuya dans les draps et le souleva dans ses bras après avoir rentrée son épée dans son fourreau. Aussitôt, il quitta la chambre en trombe, piquant droit vers les écuries. En route, il remarqua Ni-Go qui lui courait après et saisit le chiot sous le bras.

Les palefreniers de Daiki s'écartèrent en voyant arrivé le Général, et ce dernier se jucha avec l'agilité d'un chat sur le dos de Foldrea, que les hommes d'écuries étaient entrain de panser. Habitué à monter à cru, le blond enfonça tout de suite ses talons dans le ventre du puissant animal qui bondit en avant. D'un coup de pied précis, Ryouta ouvrit le box de Kloé qui se lança directement à la poursuite de l'étalon noir. Ce dernier fila tel un éclair noir dans la cour du château et traversa le village en trombe. La cacophonie de ses sabots claquant violemment sur les allées de pierre suffit à éloigner les villageois, lui offrant un champ libre. Quand ils passèrent près de Moélys, cette dernière s'ajouta à la cohorte.

Pressant fermement Tetsuya contre lui, Ryouta chassa d'un clignement d'yeux les larmes qui ne cessaient de couler sur ses joues. Il n'avait pas tué Seijuro et Daiki et pourtant, c'était tout comme. Blesser ses deux anciens camarades lui apparaissait comme l'une des pires des choses qu'un homme ne puisse faire. Mais avoir vu le Turquais ainsi maltraité l'avait rendu ivre de rage. Jamais il n'avait ressenti une telle haine avant ce jour...

OoOoOoOoO

Les Turquais ont toujours eu la réputation d'être des personnes sans aucune once de méchanceté en eux. Jamais aucune bagarre n'avait éclaté dans les rues depuis la naissance du Pays, accentuant leur statut de peuple pacifiste. De ce fait, les médecins du Royaume du Turquoise n'étaient pas les plus compétents du continent.

Néanmoins, quand Ryouta se présenta au premier village avec son amant blessé, il fut tout de suite conduit chez le médecin. La plupart des entailles présentes sur le corps de Tetsuya n'étaient pas profondes, mis-à-part celle sur son bras qui méritait des points. Cependant, le docteur remarqua vite quelque chose qui compliquerait les soins.

- Elles sont affectées ? s'affligea Kise aux résultats du Turquais.

- Je pense que l'arme était sale, et vous avez fait une journée entière de trajet sans essuyer les plaies. Il faut réagir rapidement avant que ça n'empire. Malheureusement, les désinfecter avec nos moyens serait presque inutile. Nous n'avons pas les produits nécessaires pour cela.

Mordillant l'ongle de son pouce, le blond se mit à réfléchir à la situation tout en faisant les cents pas près de la couche de son amant, toujours évanouit. Ni-Go, les oreilles rabattues sur son petit crâne, était roulé en boule contre son maître. Il fallait absolument traiter les plaies du turquoise avec les meilleurs produits possibles. La solution au problème germa alors dans sa tête. Mais bien sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Enveloppant de nouveau Tetsuya dans les draps – propres ceux-ci – il quitta le petit hôpital et hissa de nouveau sur Foldrea.

- Où allez-vous ? s'enquit le médecin.

- Au Pays du Rose.

OoOoOoOoO

Pressant son bras blessé contre lui, Daiki faisait les cents pas dans l'infirmerie du palais, la rage déformant ses traits. Le coup que lui avait porté Ryouta sur son bras droit n'avait pas été assez puissant pour lui briser l'os, mais la lame s'était suffisamment enfoncée dans sa chair pour arriver jusqu'à l'ossature. Seijuro s'en sortait avec une bonne bosse sur le front et une balafre à l'arrière du crâne. Il ne s'était réveillé que quelques minutes avant de retomber dans les bras de Morphée. Bien que l'attitude de son Premier Conseiller à l'égard de Tetsuya ne lui avait pas plut, Daiki trouvait le cas Ryouta beaucoup plus grave et important.

En effet, son Général s'était mit dans de beaux draps. En plus de l'avoir blessé et de lui avoir volé son cheval, il avait kidnappé Tetsuya. Il comprenait maintenant pourquoi Ryouta l'avait éduqué et offert cette somptueuse cape. Depuis le départ, il avait des vues sur lui. Et tout portait à croire que ses sentiments étaient réciproques car le Turquais s'était empressé de le faire partir en moment même où Akashi voulait lui apprendre quelque chose d'important.

Les pièces du puzzle se rassemblaient, et l'affreuse vérité lui tomba dessus comme une goutte de pluie pendant la mauvaise saison. Depuis son retour, il avait trouvé Tetsuya changé. Et pour cause, ce dernier était devenu une tout autre personne. Pire encore, il était parvenu à le manipuler. Cette horrible constatation lui brisa le cœur. Tetsuya était la dernière personne le rattachant à l'enfant innocent qu'il avait été. S'il avait depuis le premier jour désirer sa compagnie, c'est parce qu'il savait que ce petit gars avait quelque chose de plus que les autres, que lui ne le jugerait jamais. Il avait prit soin de l'isoler le plus possible pour qu'il ne voit que lui, lui et seulement lui. Mais il avait échoué. Non, Ryouta avait tout fait échouer.

Et ceci, le Général ne paierait de sa vie.

Cependant, sa blessure était trop récente pour risquer quoi que ce soit. Daiki sait être raisonnable quand la situation le demande. Il devait donc prendre son mal en patiente. Ryouta allait le payer : il le tuera et reprendra Tetsuya. Personne ne doit défier le Roi du Pays du Bleu. Personne.

En attendant, évidemment, il devait remplir son devoir de monarque. Et justement, l'un de ses sous-conseillers tenait à lui faire part d'une importante nouvelle. C'est donc habillé de ses vêtements d'apparat – qui cachait habilement l'épais bandage à son bras – qu'il reçut l'homme dans la salle du trône. Le conseiller se prosterna devant son Roi mais ce dernier le pressa de parler.

- La nouvelle nous vient directement du Pays du Rouge, commença l'autre. Le Roi Koyama s'est éteint il y a peu.

- N'était-il pas sans héritier ? lui demanda le souverain, soudain intéressé.

- C'est ce que tout le monde croyait, votre Majesté. Mais il avait bel et bien un fils.

- Et qui est donc cet héritier ?

- C-C'est...Votre Général, votre Majesté...

Le Roi écarquilla les yeux. Ryouta...Ryouta est le fils de Koyama ? Non, c'est impossible. Il est le fils du cousin du monarque, pas son héritier. Quoi que, cela était fort possible. Plus le souverain y pensait et plus il trouvait la chose plausible. Au bout de quelques minutes, le Bleuiens dû se rendre à l'évidence : il était tout à fait possible que le blond soit le descendant de Koyama et donc le nouveau Roi du Pays du Jaune.

Un sourire satisfait étira alors ses lèvres. Mais voilà qui rendait la situation bien plus intéressante. D'un calme à faire froid dans le dos, le monarque déclara :

- Le Pays du Bleu déclare la guerre au Pays du Jaune.

OoOoOoOoO

- Ryouta ?

Elle bondit de sa chaise et se rua à l'extérieur. Le soleil aveuglant du début d'après-midi l'accueillit, la forçant à se protéger les yeux. Dans sa jolie robe verte pomme aux nombreux voiles, la jeune fille ne faisait aucun effort pour cacher ses origines royales. Bien qu'elle ait rapidement renié son sang bleu, la demoiselle demeurait la fille du Roi Yuto. Sachant qu'elle ne serait jamais appelée à régner sur son Pays, la Rosienne avait suivi une éducation de médecine afin de pouvoir aider son prochain à sa façon.

Ce n'est donc pas pour rien que Ryouta se trouvait désormais devant elle, un futur patient dans les bras.

- Salut Satsuki, désolé de débarquer comme ça mais j'ai vraiment besoin de ton aide.

- Tu ne me déranges jamais Ryouta ! Alors, qui m'emmènes-tu ?

- Quelqu'un a qui je tiens beaucoup...Il a été blessé et les plaies se sont infectées.

- Dépêchons de rentrer alors.

Le duo pénétra dans la bâtisse qui était en réalité l'hôpital du Pays du Rose et la Rosienne conduisit le Roi jusqu'à une chambre libre. Le blond y déposa sa fragile charge mais ne la découvrit pas tout de suite.

- Satsuki...Tu n'aurais pas quelque chose pour te boucher le nez ?

- Pourquoi donc ? lui demanda la doctoresse, curieuse.

- Tetsuya est...spécial. Pour tout t'avouer, son odeur corporelle est comme maudite. Il serait préférable que tu ne l'inhales pas.

- C'est difficile à croire, et j'espère que tu ne te moques pas de moi.

- Crois-moi, sur ça, je ne rigole vraiment pas.

Elle hocha doucement la tête puis disparut dans une salle attenante. Ryouta en profita pour retirer doucement le drap en prenant garde de ne pas secouer le Turquais. Ce dernier ne s'était pas réveillé depuis leur départ du Pays du Bleu et le Roi s'inquiétait réellement de son état de santé. Son estomac contracté lui faisait horriblement mal mais il n'arrivait pas à déstresser. Il se sentait coupable de tout cela.

Satsuki réapparut dans une tenue plus appropriée, les narines bouchées par un pince-nez. Le blond le remercia d'un regard et elle lui répondit par un joli sourire. La doctoresse commença alors les soins, mais se retrouva vite dérangée par la présence de Ryouta dans son dos, ce qui la déconcentrait.

- Il serait préférable que tu sortes.

- Pourquoi ? s'affligea-t-il.

- Tu es tellement stressé que tu en es pâle. Va manger quelque chose en attendant.

- Mais Tetsu-...

- Pas de mais ! Dépêche-toi.

Bougonnant, Ryouta se résolut tout de même à sortir. Il faisait confiance à Satsuki : s'il y avait bien quelqu'un pour soigner Tetsuya, c'était elle. Il quitta donc l'hôpital du Pays du Rose et se dirigea vers l'auberge, Ni-Go sur les talons. Même s'il n'avait vraiment pas faim, il se força à avaler un peu de gruau. La fatigue le saisit alors comme un assassin et il s'endormi sur la table en bois, la tête posée sur ses bras repliés.

Satsuki, de son côté, désinfectait les plaies de son patient tout en admirant son visage endormi. Elle connaissait beaucoup de Turquais parce que leurs pays étaient voisins, mais elle en avait jamais vu un aussi beau. Elle se demandait bien qui avait bien put le blesser de la sorte. Les Turquais étaient réputés pour leur pacifisme et leur répugnance à user de la violence. Comment cet adolescent s'était-il retrouvé dans un tel état ? L'entaille sur son bras nécessitant des points, l'infirmière se mit au travail sur le champ. Elle renferma proprement la plaie après l'avoir bien désinfectée.

Le Pays du Rose étant réputé pour sa flore, Satsuki se servaient de diverses plantes pour concocter ses remèdes. Un coup d'œil aux blessures du Turquais lui avait suffit pour comprendre la gravité de la situation, et elle avait donc utilisé les plantes les plus fortes pour le guérir. Le jeune homme semblait très important pour Ryouta, et la Princesse ne souhaitait pour rien au monde voir son ami malheureux. Concentrée sur son travail, elle ne remarqua que la nuit était tombée que quand la faible lueur de sa bougie vacilla.

- C'est tout ce que je peux faire ce soir, chuchota-t-elle en couvrant le Turquais.

Elle souffla la bougie et quitta la chambre en prenant bien soin de la fermer à clé derrière elle. Si Ryouta disait vrai, il était plus prudent de verrouiller la chambre pour que personne ne vienne visiter le turquoise pendant la nuit. La Princesse partie ensuite à la recherche du blond. A l'instant même où elle sortait de l'hôpital, elle se retrouva nez à nez avec un messager Jaunien.

- Mes respects Princesse ! s'écria-t-il en exécutant une courbette maladroite. Sauriez-vous où se retrouve le Roi Kise ?

- Je partais justement le rejoindre, il doit être à l'auberge.

La Princesse et le messager se rendirent donc dans le bâtiment et l'aubergiste leur apprit qu'il avait transporté le blond dans une chambre puisqu'il s'était endormi sur la table. Il les conduisit jusqu'à ladite chambre et les laissa devant la porte. Satsuki la poussa et repéra tout de suite le Roi. A en juger par ses cheveux en bataille et ses yeux mi-clos, il venait de se réveiller. A côté de lui, Ni-Go remuait doucement sa petite queue.

- Votre Majesté ! s'écria le messager. Nous avons un grave problème ?

- Hm ? bâilla l'interpellé en bâillant.

- Le Royaume du Bleu nous a déclaré la guerre !

- Quoi ?! Mais...Le traité...

- Il faut croire que le Roi Aomine n'en a rien à faire. Il dit vous attendre au Pays du Rouge dans quinze jours.

OoOoOoOoO

La première chose que ressenti Tetsuya lorsqu'il s'éveilla fut la chaleur, il se sentait presque enveloppé dans un cocon tellement rassurant qu'il aurait tout donné pour ne jamais en sortir. Cependant, quand il bougea son bras, une douleur fulgurante le fit gémir.

- Ne bouge pas...fit une voix douce et familière près de lui.

Il senti une main saisir la sienne et l'odeur délicate qui assaillit ses narines confirma l'identité de son veilleur. Ryouta entrelaça ses doigts dans ceux de son amant, rassuré de le voir réveillé. Cela faisait deux jours qu'ils étaient arrivés au Pays du Rose et c'était la première fois que le Turquais ouvrait les yeux.

- Où suis-je... ? souffla le convalescent d'une voix rauque.

- En sécurité dans le Pays du Rose.

- Le Pays du Rose... ? Que s'est-il passé ? Je me souviens de Seijuro qui...

Ses mots moururent dans sa gorge quand il tenta de retenir un sanglot. La scène se rejoua dans son esprit et son cœur se brisa en milles morceaux. Il n'avait pas été capable de dissuader Seijuro, malgré tout ses efforts. S'il y avait bien une personne avec laquelle il ne voulait jamais coucher, c'était bien avec son ami d'enfance. Depuis toujours, il l'avait considéré comme son frère. Quand il se passait quelque chose, Seijuro le savait et venait toujours retrouver son ami pour le réconforter. Il avait été l'épaule sur laquelle le Turquais se reposait, la seule personne en ce monde avec qui il voulait entretenir un lien aussi fort que celui fraternel. Il n'avait jamais cru une seule seconde que le Rougien ressente de tels sentiments envers lui...

- Comment a réagit Daiki ? demanda finalement le turquoise, conscient que le Bleuiens ne les avaient pas laissé partir les bras croisés.

- Plutôt mal à vrai dire. Il a déclaré la guerre au Pays du Jaune.

- Co-comment ?

- Il n'a pas franchement apprécié que je le blesse et que je m'enfuie avec toi.

- Pourquoi ... ?

- Pourquoi ? l'encouragea le blond.

- Pourquoi tu ne m'as pas laissé là-bas ?!

La soudaine agressivité de la voix du Turquais étonna le blond, qui resta sans voix pendant quelques secondes.

- Mais enfin, ils te ...

Il ravala difficilement la bile qui lui remontait dans la gorge. En parler lui rappelait ce qu'il avait découvert en ouvrant la porte de la chambre de son amant et lui donnait de vives envies de meurtre. Le Roi n'avait jamais ressenti ce genre de sentiment autrefois et s'étonnait lui-même de les ressentir. Son attachement pour le Turquais pouvait le rendre totalement autre...

- Il a déclaré une guerre, Ryouta. Dans une guerre, il y a des morts...Et ce sera de ma faute.

Kise se releva brusquement, faisait tomber la chaise sur laquelle il était assit.

- Cette guerre devait éclater un jour où l'autre ! Tu n'en es en aucun cas responsable. Et même avec tout les efforts du monde, je n'aurais pas put te laisser là-bas.

- Que vaut ma vie face à celle de nombreux hommes ?

Un coup de couteau en pleine poitrine aurait été moins douloureux. Serrant la mâchoire, le chagrin et la colère se disputant la place sur son visage, le nouveau souverain se retint de le gifler. Il détestait quand on voulait se sacrifier pour la cause commune, alors quand c'était son amant qui le voulait...C'était encore pire.

- Je dois partir cet après-midi. Satsuki veillera sur toi.

Tout en parlant, il s'était dirigé vers la porte.

- Où vas-tu ?

Ryouta déposa sa main sur la poignée et observa le turquoise pendant quelques secondes. Il paraissait si fragile, là, sur son lit d'hôpital, avec son épais bandage sur la tête...

- Chercher des alliés.

OoOoOoOoO

Même si la famille Midorima avait été déchue il y a de nombreuses années, la population Verdienne appelait toujours l'héritier « Prince », quand bien même ce dernier refusait d'être appelé de la sorte. C'est pourquoi il rabroua son messager personnel quand ce dernier l'aborda avec cette dénomination.

- Mais mon Prince...

- Je ne le répéterai pas.

Le messager ravala difficilement sa salive. Shintarou n'en donnait pas l'air au premier abord, mais avec sa voix menaçante et son regard noir, il ferait pâlir le plus courageux des hommes.

- Quel est ton message ? le questionna le vert.

- Le Général Kise vous attends dans votre salon privé.

Le noble haussa un sourcil, se demandant bien ce que lui voulait son ami. Il remercia le messager et le congédia, puis prit la direction de son salon privé. Il ignorait ce que pouvait lui vouloir Ryouta, et ce n'est sûrement pas une simple envi de le revoir qui l'avait fait venir, puisqu'ils s'étaient vu il y a peu. Il chassa ses questions de son esprit. Après tout, le seul moyen de le savoir, c'était de le lui demander directement, n'est-ce pas ?

Midorima arriva rapidement à destination et l'air grave sur le visage du blond l'étonna. Ce sentiment de mal aise s'accentua quand Ryouta lui lança un regard brillant de colère. Il espérait juste que cette dernière ne lui était pas destinée.

- Bonsoir Midorimacchi.

- Toi, tu ne vas pas bien.

- Pourquoi ça ?

- Ta salutation est bien trop formelle.

Gêné d'avoir été percé à jour, le souverain se gratta l'arrière du crâne. Cependant, il se reprit rapidement.

- Tu es au courant ? Pour mon-...

- Couronnement ? Bien sûr. Tout le continent est au courant.

- Et ça ne t'étonne pas ?

- Pas tant que ça.

Un ange passa. Même si Kise était habitué à la nonchalance habituelle de son ami, il aurait pensé qu'il soit un peu plus étonné de son ascension au trône. Ou alors adoptait-il cette attitude pour ne pas trahir ses sentiments ? Après tout, sa famille avait été déchue...

- Personnellement, je n'arrive toujours pas à y croire ! fit le blond dans un rire nerveux.

- Tu n'es pas venu me voir que pour ça alors abrège.

- Ah euh oui et bien ..., il toussota pour se reprendre. Je suis venu quérir ton aide.

- Mon aide ?

- Le Pays du Bleu est entré en guerre avec le Pays du Jaune.

Shintarou mit quelques secondes à avaler l'information. Kise profita de son mutisme pour lui en expliquer la cause et son ami l'écouta sans faire la moindre remarque, même si ses expressions faciales en disaient longs. A la fin du récit du souverain, le silence s'installa et demeura entre eux durant des secondes qui leurs parurent des heures.

- Tu me demandes donc de réunir des hommes pour cette guerre ? fit finalement Midorima.

- En effet. Mais je ne vise pas d'écoulement de sang. Je pense que si nous sommes suffisamment nombreux, Daiki abandonnera.

- Il n'est pas facilement impressionnable.

- S'il te plait Midorimacchi, j'ai vraiment besoin de ton aide...

Jamais le vert n'avait vu le blond dans cet état-là, malgré les années qu'ils avaient passés ensembles dans la Chevalerie. Et quelque part, tout au fond de son cœur, cette sollicitation le toucha...

- Tu peux compter sur les hommes du Pays du Vert.

OoOoOoOoO

Grâce aux bons soins de Satsuki, Tetsuya se remettait rapidement de sa convalescence. La Rosienne s'occupait de son patient avec professionnalisme et sérieux, si bien qu'il put quitter l'hôpital quatre jours plus tard. Puisque Kise était parti à la rencontre de potentiels alliés, le Turquais passait la majeure partie de son temps avec la Princesse. Cette dernière, fidèle aux recommandations de son ami d'enfance, faisait toujours en sorte que son patient porte une cape qu'elle avait déniché dans les affaires de son frère aîné.

Ce jour-là, ils se promenaient dans la campagne du Pays du Rose, à la frontière rosano-turquaine*. Satsuki, amusée par la curiosité sans bornes du Turquais, se faisait une joie de nommer toutes les fleurs et tous les arbres qu'ils croisaient. Le convalescent l'écoutait avec attention, appréciant de plus en plus la compagnie de la Princesse Rosienne. Cette dernière ne cherchait pas à savoir la raison de ses blessures ou à avoir plus de précisions sur sa malédiction. Elle le traitait de la même façon que les autres, et cela plaisait énormément au Turquais.

Tout en déambulant parmi les fleurs sauvages, le turquoise en vint à se demander pourquoi c'était Kise qui était parti à la recherche d'alliés et non les messagers du Roi. Quand il posa la question à la rose, cette dernière se retourna pour lui faire face, la mine étonnée.

- Ryouta ne te l'as pas dit ?

- Dis quoi ? s'étonna le plus jeune.

- Ryouta est le nouveau Roi du Pays du Jaune.

Tetsuya en resta pantois. Son amant était devenu Roi et il ne lui avait même pas dit ? Et puis, ne faisait-il pas partie de la branche collatérale de la famille royale Jaunienne ? Remarquant son étonnement, Satsuki se chargea de lui expliquer tout ce qu'elle savait. Son père ayant été un proche ami de feu le Roi Koyama, il savait depuis toujours les origines du Général. Quand ce dernier avait reprit le trône de ses ancêtres, la Princesse avait demandé à son père de lui raconter tout ce qu'il savait. Elle répéta donc au Turquais ce que son père lui avait apprit.

- Le Roi Koyama et sa femme, la Reine Risa, ont toujours eu beaucoup de mal à avoir des enfants. Quand la Reine tombait enceinte, elle finissait toujours par avoir une fausse-couche. Beaucoup de médecins ont tentés de trouver le problème de la Reine, en vain. Risa commença alors à perdre confiance en elle, n'osant même plus partager le lit de son mari. Mais Koyama ne perdait pas espoir et lança un grand appel à l'aide parmi tout les Pays en demandant un médecin capable de venir en aide à sa femme. C'est un Rosien qui est parvenu à mettre le doigt sur le mal qui la rongeait : un poison coulait dans ses veines depuis des années. Une enquête a donc été menée pour savoir qui avait empoisonné la Reine. Les résultats leur ont apprit que Risa avait été empoisonné lors d'une visite au Royaume du Bleu.

Tetsuya écarquilla les yeux, digérant avec difficultés toutes ses révélations sur la famille de Ryouta.

- Le traité de paix entre le Pays du Jaune et le Pays du Bleu empêchant quelque altercation que ce soit, Koyama n'a jamais put laver cet affront. Risa finit tout de même par partager de nouveau la couche de son époux et heureusement, car elle tomba de nouveau enceinte. Des médecins hautement qualifiés l'ont accompagné tout le long de sa grossesse. Quand arriva l'accouchement, tout se passa très mal. Risa perdait trop de sang. Les médecins ne pouvant pas sauver les deux, la Reine décida de se sacrifier pour son enfant. Elle mourut donc en couches, donnant sa vie en échange de celle de son fils.

La Princesse plongea son regard rosé dans celui céruléen de son camarade. Ce dernier, la gorge nouée par l'émotion, sentait son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Pourquoi le père de Daiki aurait-il fait une chose aussi horrible à la mère de Ryouta ? Pourquoi tant de cruauté ? Tetsuya n'avait pas beaucoup connu le feu Roi Aoi parce que Daiki refusait que son père s'approche de lui, mais il n'aurait jamais pensé qu'il puisse être d'une telle cruauté.

- Ryouta t'aime plus que tu ne le crois, souffla la Princesse. Je le connais depuis que nous sommes bébés, je suis donc en position de l'avouer. Je pense que, si la situation avait été inversée, tu l'aurais sauvé, n'est-ce pas ?

Percé à jour, le Turquais détourna le regard. Bien sûr, il aurait put trahir père et mère pour sortir son amant d'une telle situation. Il regrettait d'avoir dit une telle chose à Ryouta, mais il se sentait tellement responsable de cette guerre qu'il avait parlé sans réfléchir. Tout était tellement confus dans sa tête et dans son cœur qu'il ne savait plus vraiment où il en était...Devinant le fil de ses pensées, Satsuki reprit d'une voix douce comme de la soie :

- Tu n'es pas responsable de cette guerre, Tetsuya. Les tensions entre le Pays du Jaune et le Pays du Bleu existent depuis bien avant notre naissance. Et même si ça me fait du mal de le dire, je pense que Daiki a besoin que l'on se rebelle contre lui, qu'on lui impose des limites. Ryouta fera son maximum pour éviter les effusions de sang, tu dois lui faire confiance. Et si jamais il y a des morts, c'est que ces valeureux hommes étaient destinés à cela, qu'il était temps pour eux de rejoindre le Tout-Puissant.

Tetsuya hocha doucement la tête. Oui, il savait que le nouveau souverain chercherait à éviter quelque bataille que ce soit, mais qu'en est-il de Daiki ? Ce dernier devait se sentir profondément trahi. Trahi par Seijuro qui l'avait défié en couchant avec lui, trahi par Kise qui s'était enfui avec lui...Et surtout trahi par celui à qui il avait toujours donné toute sa confiance. Le poids de la culpabilité l'écrasa tellement qu'il en eu le souffle court. Remarquant le mal aise du Turquais, la Princesse Rosienne s'approcha de lui et l'enlaça. Le visage plongé dans la chevelure rose de la jeune fille, le turquoise relâcha ses épaules et se laissa aller, pleurant comme il n'avait jamais pleuré. Il s'en voulait tellement. Tout cela, tous ces malheurs, c'était à cause de lui...

Une main douce et rassurante frictionna doucement son dos dans le but d'alléger sa peine.

- Tu sais, quand le Tout-Puissant donne du malheur aux hommes, c'est pour ensuite leur donner de la joie au centuple...

Ils restèrent un moment ainsi, le turquoise pleurant dans les bras de la rose. Quand il se calma enfin, le ciel se colorait d'orange et de rose.

Alors qu'ils s'apprêtaient à rentrer au château où Tetsuya avait été installé depuis peu, un cri d'enfant retenti. Un simple regard suffit aux deux amis pour qu'ils tournent les talons et se dirigent vers la source du cri. Ils arrivèrent rapidement à l'orée d'une petite forêt, mais cela ne les découragèrent pas pour autant. Une chaumière se dressa alors au milieu même des arbres. Son état piteux laissait deviner que ses propriétaires vivaient dans une situation précaire. Cependant, pas de doute : les cris provenait de l'intérieur de l'habitation. La Princesse s'avança la première et toqua à la porte. Aucune réponse. Elle renouvela, frappant un peu plus fort. Toujours rien. Tetsuya et Satsuki échangèrent un regard étonné, avant que la jeune fille ne tente d'ouvrir la porte. A sa grande surprise cette dernière ne montra aucune résistance, ce qui était plutôt étonnant pour une chaumière perdue au milieu des bois.

L'état déplorable de la maison choqua le Turquais. Les meubles étaient recouverts d'une épaisse couche de poussière et la plupart étaient renversés. Mais ce qui attira tout de suite le regard céruléen de Tetsuya, se furent les deux corps étendus l'un près de l'autre. A en juger par leur couleur de cheveux, ils s'agissait d'une femme Turquaine et d'un homme Jaunien Détournant le regard de cette scène, il laissa Satsuki s'en approcher.

- Ils sont morts, souffla-t-elle en se relevant.

- De quoi ... ? Et depuis combien de temps ... ?

- Il n'y a aucune trace de coups donc je ne pense pas qu'ils ont été assassinés. Leur mort droit remonter à deux jours, pas plus.

Ils sursautèrent quand le cri retenti de nouveau. Tetsuya se hâta d'en localiser la source et se retrouva pencher au dessus d'un berceau. Un tout petit bébé aux cheveux blonds parsemés de mèches bleus clair pleurait toutes les larmes de son corps, créant des sillons clairs sur son visage sale. Satsuki s'approcha à son tour du berceau et esquissa un sourire attendri, puis passa ses doigts dans les cheveux bicolores de l'enfant.

- Ca, si ce n'est pas un message du Tout-Puissant...fit-elle en coulant un regard lourd de sens au Turquais.

Ce dernier l'ignora, préférant cueillir doucement le poupon. Satsuki lui installa correctement dans les bras, amusée. Le bébé, rassuré par ses bras protecteurs, cessa de pleurer pour se lover contre la poitrine de Tetsuya.

- Nous ne pouvons pas le laisser ici, souffla le Turquais.

- Ramenons-le au palais.

OoOoOoOoO

Une semaine s'était écoulée depuis que Ryouta avait laissé Tetsuya au Pays du Rose avec son amie d'enfance. Il avait réussi à rallier le Pays du Vert, le Pays du Orange et le Pays du Blanc à sa cause. Le Pays du Pourpre et le Pays du Marron avaient, eux, refusés de mettre les mains dans cette histoire. Quant au Pays du Noir et du Gris, le Roi Shiro avait tout de suite averti Kise qu'ils ne possédaient aucune armée et qu'il était donc inutile de les visiter. Les Turquais n'étaient pas des soldats, mais beaucoup d'hommes tirent à rejoindre la cause du Roi du Pays du Jaune, même le Roi Mikuo en personne.

Kise se retrouvait donc avec beaucoup d'alliés, mais il voulait absolument qu'une certaine personne se joigne à lui.

Il ne lui fallut qu'une seule journée pour faire le voyage jusqu'au Pays du Rouge, puisqu'il était parti du Pays du Turquoise. Foldrea était d'une endurance à toute épreuve et le blond déplorait qu'il soit devenu un simple cheval de voyage pour le Roi du Pays du Bleu. Cet étalon était plus taillé pour la guerre ou les véritables voyageurs. Pourrir au fond d'un box n'était pas une situation adaptée pour une telle bête.

Cependant, Ryouta se félicitait lui-même de l'avoir « volé » à son ancien propriétaire. Il pouvait ainsi couvrir plus de distance en moins de temps. La nuit venait à peine de tomber quand il se présenta aux portes de la fortification, anciennement le palais de la famille Akashi...

- Une guerre ? s'étonna Atsushi en léchant avec délectation un peu de crème au coin de sa bouche.

Assit dans le fauteuil en cuire rouge de son ami, Ryouta hocha gravement la tête. Le violet avait été stupéfié de revoir si vite le blond, mais la raison de sa visite l'étonnait d'autant plus. Bien sûr, le nouveau souverain lui avait expliqué le pourquoi du comment sans omettre le moindre détail, et le Prince du Pays du Violet avait aussi bien comprit les raisons du blond que ceux du souverain Bleuiens. Cependant, il devait avouer que la détermination de son ami de toujours le touchait. Il le connaissait depuis de nombreuses années - les liens entre leurs familles aidant – et jamais il ne l'avait vu ainsi.

Ryouta était, d'habitude, une personne plutôt lassée de la vie. Rien ne lui résistait longtemps, autant le savoir que les femmes. Le blond avait vu une once d'espoir en rejoignant la Chevalerie et en fréquentant le reste de l'escadron. Mais quand ce dernier s'était démantelé, le poids de l'ennui s'était de nouveau posé sur ses épaules, quand même bien il était devenu Général de la Chevalerie du Pays du Bleu. Cependant, depuis qu'il avait rencontré Tetsuya, il ne semblait plus lassé de la vie. Mieux, il l'accueillait à bras ouverts. Et cela, Atsushi en était heureux, même s'il ne l'avouera jamais. Il ne pouvait donc que remercier le petit Turquais.

Et il le ferait...A sa façon.

- Tu as l'entière collaboration du Pays du Violet.

OoOoOoOoO

- Tu te paies ma tête ou quoi ?

Tetsuya hocha négativement la tête.

- Tu me le jures ?

- Je te promets que non.

Satsuki faillit presque laisser tomber le bandage qu'elle était en train de retirer du bras du Turquais. Ce dernier ne comprenait pas vraiment la réaction de la Rosienne, mais se garda de le lui dire.

- Tu ne sais pas qui est le Tout-Puissant ?! éclata finalement la Princesse.

Son cri eu tôt fait de réveiller le bébé qui se mit à geindre. Satsuki se hâta de se rendre jusqu'à son berceau afin de rassurer le poupon. Ce dernier mit quelques minutes à se calmer, mais fini néanmoins à se rendormir.

- Non je ne sais pas, fit Tetsuya. Et arrête de crier, tu fais peur à Suzue.

La Princesse gonfla les joues mais ne répliqua pas. Quand le bébé fut rendormi, la rose revint près du turquoise pour examiner ses plaies. Ces dernières s'étaient bien renfermées, au grand bonheur de la doctoresse.

- Le Tout-Puissant, donc, est le maître de l'univers. C'est lui qui a créé le monde ainsi que toutes les créatures qui l'habitent.

La curiosité qu'elle lut dans le regard céruléen du Turquais cessa de lui confirmer qu'il ne connaissait rien de la religion du continent. La famille Aomine n'était certes pas la plus pratiquante, mais Daiki aurait put raconter l'origine au monde à son favori...La rose avait vraiment du mal à comprendre son ami d'enfance, parfois.

- Le Tout-Puissant, parfois appelé le Créateur, vit dans un univers qui lui est propre. Cependant, il arriva le jour où, ne supportant plus l'ennui de son monde, il décida d'en façonner un. Il créa donc le continent Niji avec le sable blanc de son propre univers. Etant un être fait que de douceur, il créa les arbres et les fleurs. Pour les abreuver, il versa une larme, créant les nappes phréatiques, les lacs et les océans. Mais ce monde manquant d'animation, il donna vie aux petites sculptures de bois qu'il avait imaginé au début de son existence. Il les déposa ensuite sur le continent, créant ainsi les premiers animaux. Pendant des années il se contenta de ses créatures, mais ces dernières le lassèrent vite. Ils leur manquaient un petit quelque chose, qu'il n'arrivait pas à déterminer. Il tenta donc de sculpter d'autres animaux, mais se coupa avec son couteau. Une goutte de sang tomba sur Niji, donnant la vie aux premiers hommes. Puisque ces derniers étaient nés du sang du Créateur, ils se retrouvèrent doués d'une raison dépassant celles des animaux. Cette nouvelle créature plut d'autant plus au Tout-Puissant, qui en créa d'autres avec des caractères physiques différents.

Les yeux brillants, Tetsuya écouta cette magnifique légende sur l'origine du monde. Lui qui était friand de ce genre de récit, il était servi.

- Certaines populations sont plus pratiquantes de d'autres, surtout les Pays Fondateurs qui sont, d'après la légende, les êtres créés par le Tout-Puissant. Pour le remercier de nous avoir donnés la vie, nous avons fondés des édifices, des Eglises, où nous prions et chantons ses louanges. Certaines femmes même se dévouent corps et âmes au Créateur en vivant recluses dans des bâtiments clôt, les couvents. Ces femmes n'entretiennent aucune relation avec l'extérieur et leurs corps est pur de la semence d'un homme. D'après elles, trahir leur serment de chasteté fait au Tout-Puissant apporterait malheur et désolation sur la traitresse.

Le turquoise frissonna, mais n'eut pas le temps de réagir car son amie, qui avait commencé à remettre un bandage à son bras, reprenait son récit.

- Le Tout-Puissant agit souvent sur la vie des humains, en mettant les femmes enceintes ou en rappelant ses créations auprès de lui. Nous appelons cela la naissance et la mort, mais nous devrions les qualifier de descente et d'élévation. Quand il met un être humain sur terre, il lui assigne une mission et il retourne auprès de lui une fois celle-ci achevée. Les religieuses, comme je le disais précédemment, disent même que le Créateur maudit les femmes ayant faillit à leur serment.

L'histoire qui lui paraissait si belle aux premiers abords dévoilait désormais sa triste vérité. Les actions humaines, telles qu'elles soient, étaient étroitement surveillées par le Créateur. Une seule incartade et il sévissait. Et quelque part, Tetsuya ne pouvait s'empêcher de penser à sa propre situation. Etait-il victime d'une punition du Créateur ? Pourtant, pour aussi longtemps qu'il s'en souvienne, son odeur corporelle avait toujours été maudite. Etait-ce alors un écart de conduite de ses parents ? Il ne savait même pas qui ils étaient ...

- Tetsuya ? Youhou, Tetsuya ! Tu m'entends ?

La voix de la Princesse sorti brusquement le turquoise de ses pensées. Il remarqua alors que son amie avait fini les soins et qu'elle tenait désormais Suzue dans ses bras. La petite poussait des petites plaintes tout en mâchonnant la manche de sa tunique rose pâle. Un message du Tout-Puissant hein ... ?

Esquissant un petit sourire attendri, Tetsuya attrapa délicatement le bébé.

OoOoOoOoO

Ses yeux écarquillés brillant malgré tout d'adoration, Ryouta observa le poupon blond aux mèches turquoise qui se tortillait dans son berceau.

Quand le souverain était revenu de son voyage cinq jours avant la date fatidique, les médecins de l'hôpital du Pays du Rose lui avait apprit que le Turquais avait été installé dans le palais du Roi. Il ne s'attendait cependant pas à retrouver son amant avec un bébé ! Et il enchaînait découvertes sur découvertes...

- Tu veux l'adopter ? demanda-t-il dans un souffle, ignorant si le turquoise était sérieux ou s'il se payait royalement sa tête.

- Elle est mignonne, fit l'autre pour toute réponse.

Kise devait lui-même avoué qu'il craquait littéralement pour la petite fille. Peut-être était-ce parce que sa couleur de cheveux était un clin d'œil évident à son couple ? En tout cas, le fait que Tetsuya voulait qu'ils adoptent la petite était la preuve qu'il imaginait un futur avec lui, et non avec Daiki. Ce n'était peut-être pas le cas, mais ça faisait du bien au blond d'y penser...

OoOoOoOoO

Deux jours avant la bataille, la tension était à son paroxysme. Rentrés au Pays du Jaune, Ryouta, Tetsuya et leur désormais fille Suzue, accompagnés de Satsuki, observaient les délégations des souverains alliés pénétrés dans la cours du château. Une grande réunion devait avoir lieu entre eux pour la guerre à venir. Le stresse du Roi du Pays du Jaune était palpable, et Tetsuya l'avait rarement dans un tel état.

Lui aussi avait beaucoup d'appréhensions et craignait que tout cela finisse dans un bain de sang, mais ce n'était rien à côté du blond. Ce dernier n'arrivait même plus à dormir et le Turquais l'avait plus d'une fois retrouvé à faire les cents pas au beau milieu de la nuit. Si Satsuki et lui ne le forçait pas à manger, il n'avalerait rien. La culpabilité qui pesait sur les épaules du jeune souverain était bien triste à voir...

Quand tous les chefs d'armés furent arrivés au château, Ryouta ordonna à Tetsuya de s'occuper de Suzue et les rejoignit dans la salle de réunion. Tous ses alliés étaient là, assit à la grande table au plateau de verre. A sa droite, Shiro, du Pays du Blanc, Midorima, du Pays du Vert, Murasakibara, du Pays du Violet et Mikuo, du Pays du Turquoise. A sa gauche, Daisuke, du Pays du Orange, Yuto, du Pays du Rose et, à sa plus grande surprise, Hyûga, le Sous-Commandant du Centre d'Entraînement de la Chevalerie du Pays du Bleu. Tout ce monde prêt à se battre contre Daiki pour le Pays du Jaune ... Non, tout ce monde prêt à se battre pour Tetsuya et lui.

Il ravala ses larmes, préférant leur servir à tous un regard plein de remerciements et de volontés.

- Je vous remercie tous d'avoir accepté de vous joindre à la cause du Pays du Jaune.

- Le Pays du Bleu le mérite depuis longtemps ! ragea Daisuke, le Roi du Pays du Orange, qui entretenait depuis toujours une relation tempétueuse avec la famille Aomine.

- Daisuke, le but de Kise n'est pas l'effusion de sang, lui rappela Yuto, le Roi du Pays du Rose. Il veut justement l'éviter.

- J'ignore combien d'hommes Daiki a réussi à réunir, lança Ryouta, mais je veux éviter que l'on sorte les armes. Mon but n'est effectivement pas de défaire l'armée de Daiki. Je préférerais justement des pourparlers. Notre nombre est seulement là pour l'impressionner.

- Et s'il attaque ? le questionna Midorima.

Une drôle de lueur passa dans le regard or du jeune monarque du Pays du Jaune.

- Nous répondrons.

OoOoOoOoO

Le soleil de ce début d'après-midi inondait la clairière de ses rayons apaisant. Ebloui par cette luminosité, Tetsuya plaça sa main en visière au dessus de ses yeux.

Ryouta avait bien essayé de le dissuader de venir, mais le Turquais ne lui avait pas laissé le choix. Il s'était bien gardé de le dire à son amant, mais si Daiki refusait les pourparlers, il était près à revenir près de lui pour empêcher le massacre. Non pas qu'il ne faisait pas confiance aux dons d'orateur de Ryouta, mais le Bleuiens, impulsif, pouvait crier à la bataille à tout instant.

Perché sur Kloé, le Turquais observait tout les soldats autour de lui. Ils étaient si nombreux qu'il ne voyait même plus l'herbe de la plaine. Ils portaient tous les armures symbolisant leur nation. Turquais, Violains, Orangeais, Rosiens, Jauniens, Verdiens, Blanchais et ainsi que quelques Noirains et Rougiens, tous perchés sur leur monture, bavardaient à voix basse de la bataille à venir. Certains, plus stressés que d'autre, ne cessaient de vérifier la solidité de leur armure ou la longueur de ses étriers. L'idée même qu'un seul de ces hommes tombe pour lui lui donnait des nausées.

Se tournant sur sa salle, il chercha Ryouta du regard. Il le trouva vite près d'Atsushi, sa cuirasse reluisante brillant sous les rayons du soleil. Décoré de la parure de l'armée du Royaume du Jaune, Foldrea n'était méconnaissable. Cette armure équine mettait en valeur les muscles imposants de l'étalon. Le chanfrein, surmonté d'une petite corne, protégeait l'animal d'éventuelles blessures en pleine tête. Si Tetsuya n'avait pas sût qu'il s'agissait de Foldrea, il ne l'aurait sûrement pas reconnu.

- Tu es sûr que c'est prudent ? fit une voix à la droite du turquoise.

Yuto, le père de Satsuki, venait d'immobiliser son cheval tout près de celui du turquoise. Le Roi du Pays du Rose s'était beaucoup attaché à ce jeune garçon quand ce dernier avait été installé dans son château. Sa vision des choses, forts différentes des mœurs Rosiens, lui plaisait beaucoup. Cependant, le voir sur le champ de bataille l'inquiétait beaucoup. Le Turquais n'avait même pas la force de porter une épée, alors que lui arriva-t-il si la guerre venait finalement à éclater ?

- C'est de ma faute si tout le monde est là aujourd'hui, répondit le plus jeune en fixant le souverain dans les yeux.

- Tu es plutôt du genre têtu tu sais ? fit le Roi avec un petit sourire.

- Vous pouvez toujours prétendre le contraire, mais je suis au centre de toute cette histoire. Si j'étais resté tranquillement dans l'ombre de Daiki, rien de tout cela ne serait arrivé.

- Et tu regrettes ?

Tetsuya baissa les yeux. Depuis que Ryouta était entré dans sa vie, des émotions contraires valsaient dans sa tête. D'un côté, il était heureux d'avoir trouvé quelqu'un insensible à son odeur qui l'appréciait pour ce qu'il était, d'avoir apprit tant de chose, lui qui a toujours rêvé d'être un érudit. Mais d'un autre, il sentait le poids de ses trahisons. Daiki ne méritait pas cela. Sa mère était morte alors qu'il était encore tout jeune et son père l'avait élevé de la pire des façons, bourrant son crâne de haine et de cupidité. Sa mission à lui n'était-elle pas de remettre le souverain impulsif sur le droit chemin ? D'après Satsuki, rien n'arrivait pour rien...

- Ils arrivent !

L'annonce du guetteur sema le trouble parmi les guerriers. Se faufilant tant bien que mal parmi les combattants, Tetsuya se hâta de rejoindre Ryouta qui, en compagnie des autres chefs d'armée, observait la tâche noire qui venait en leur direction. Plus elle se rapprochait et plus la tension montait. Le Turquais sentait son cœur battre la chamade.

Moins d'une demi-heure plus tard, les deux armées se faisaient face, séparées par le court d'eau qui sillonnait le Pays du Rouge d'Ouest en Est. Le bataillon d'Aomine n'était certes pas aussi fourni que celui de Kise, mais ce dernier remarqua tout de suite les Marronais et les Pourprins parmi les Bleuiens. S'étaient-ils alliés de leur plein gré ou craignaient-ils le monarque courroucé ? Le Jaunien reconnu nombres d'hommes qu'il avait tant de fois commandé. Il était tellement de les voir de l'autre côté du torrent...

Prenant une grande inspiration, Ryouta rompit les rangs pour s'avancer sur la plaine, aussitôt imité par Daiki. Les deux souverains se toisèrent pendant de longues minutes qui parurent des heures à Tetsuya qui, le souffle court, s'agitait sur sa selle, anxieux. Même la main rassurante de Yuto sur son épaule ne parvint pas à diminuer un tant soit peu son stresse.

- Je vois que tu as rameuté du monde ! s'éleva finalement la voix de Daiki. Aurais-tu peur de perdre Kise ?

Le concerné encaissa la provocation sans perdre la sérénité peinte sur son visage. Il semblait anormalement détendu depuis l'arrivée de l'armée adverse.

- Cette guerre est stupide Aomine, tu le sais aussi bien que moi.

- Lorsque l'on me provoque, je réponds, c'est tout naturel.

- Je suis navré que mes actions t'aient provoqué, ce n'était vraiment pas mon but.

- Ah ouais ? Alors je devrais te laisser pénétrer dans mon palais, me blesser, kidnapper mon favori et voler mon cheval ? Je ne suis pas sûr que, dans le cas contraire, tu aurais haussé les épaules.

Des murmures s'élevèrent parmi les combattants des deux camps et Tetsuya se fit plus petit qu'il ne l'était déjà en se recroquevillant presque sur sa selle. Ryouta ne se démonta pas pour autant.

- Mes actions sont bien infimes face aux tiennes.

- Tu m'en diras tant ? se moqua le Bleuiens.

- Qui a enlevé Tetsuya avant qui d'après toi ?

Le Bleuiens fronça les sourcils en serrant les dents.

- Sais-tu au moins ce qui est arrivé à ses parents ?

Le Turquais sursauta. Kise savait-il des choses sur ses parents qu'il ignorait ? Daiki semblait presque aussi étonné que son favori, comme si la réponse était évidente.

- Bien sûr, ils ont quittés le Pays du Bleu.

- Et qui t'as raconté cela ?

- Mon père.

Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres fines du jeune souverain Jaunien.

- Et as-tu vérifié ceci de tes propres yeux ?

- Pourquoi l'aurais-je fait ? grogna le monarque, agacé par cette discussion sans queue ni tête.

- Ses parents ont été assassinés, Daiki.

Les yeux de Tetsuya et du Roi du Pays du Bleu s'écarquillèrent en même temps. Sans qu'il ne s'en rende compte, des larmes se mirent à glisser sur joues pâles du plus jeune. Le monarque, quant à lui, restait sans voix. Conscient qu'il avait désormais toute l'attention du Bleuiens, le blond se chargea de lui raconter tout ce qu'il savait.

- Lorsque ton père a visité la famille de Tetsuya il y a de cela quatorze ans, tu étais avec lui. Mais tu es parti le premier avec l'enfant sans te soucier de ce qu'il se passerait après ton départ. A ton avis, pourquoi les parents ne sont jamais venu réclamer leur fils ? Ils ont été tués par ton père, nous avons des témoins. Leur maison en ruines n'a même pas été vidée de ses meubles pour cacher le meurtre. Tu peux aller le vérifier par toi-même.

Daiki lui lança un regard méfiant. Il est vrai que lui aussi avait été étonné que les parents ne Tetsuya ne soit pas venu ramper devant Aoi pour quémander leur enfant. D'ailleurs, jamais personne ne s'était présenté au château pour réclamer le petit garçon, comme s'il ne possédait aucune famille. Mais, à cette époque, c'était bien le cadet des problèmes du Bleuiens. Cependant, cette révélation ne l'étonnait qu'à moitié. Son père était tout à fait capable de faire une chose aussi horrible. Aussi longtemps qu'il s'en souvienne, Aoi avait toujours préféré l'épée à la voix. Qu'il assassine un couple sans aucuns scrupules n'étonnait en rien le Bleuiens.

Mais tout de même, massacrer les parents de Tetsuya ... Ils n'étaient que des Turquais sans histoire éleveurs de brebis. Certes ils avaient des dettes, mais ils n'étaient pas les seuls. Il avait beau retourner la question dans tout les sens, il ne trouvait aucune réponse tenant la route.

- Sais-tu au moins le nom de famille de Tetsuya ?

La voix calme de Ryouta ne trahissait aucune émotion. Tetsuya, de son côté, encaissait tant bien que mal toutes ses révélations. Le père à Daiki aurait tué ses parents ? Mais pourquoi ? Et surtout, pourquoi son amant ne lui avait-il rien dit ? Ravalant difficilement la bile qui lui remontait dans la gorge, il remarqua le regard intense de Mikuo qui l'examinait sans gêne. Il se ratatina sur sa selle, attendant la suite des événements...

- Kuroko.

La révélation causa une réaction immédiate au sein des deux armées. Ceux qui connaissaient au moins de vu le Turquais se tournèrent vers lui, et bientôt tous les regards étaient dirigés sur le turquoise. Serrant fort les rênes de Kloé entre ses doigts, Tetsuya aurait voulu être une souris pour ne plus être ainsi fixé. Il ne comprenait pas l'agitation soudaine et se demandait bien ce que son nom de famille pouvait changer.

Mais le plus étonné parmi tout était sûrement Daiki. Ses yeux bleus rois écarquillés de stupeur cherchaient Tetsuya dans la foule sans parvenir à le trouver. Des rumeurs commencèrent à se propager dans sa propre armée au sujet de ce rapt. Sa rage commençant à enfler, le souverain ne laissa pas les ragots se propager d'avantage.

- J'n'en ai rien à battre de ton blabla ! Soit t'as les couilles et t'ose m'affronter, soit tu restes caché derrière tes alliés comme une pauvre fillette.

Piqué au vif, Ryouta resserra ses doigts contre ses rênes. De toute évidence, Daiki n'avait rien à faire des pourparlers. Il était venu pour se battre, et rien que pour cela. Et le blond ne voyait pas pourquoi il le priverait de ce plaisir. Il rêvait depuis tellement longtemps de lui faire mordre la poussière.

- Si c'est ce que tu veux...articula-t-il lentement, pour reprendre à voix haute : A l'at-...

- Stop !

Tetsuya rompit les rangs, déboulant dans la plaine comme un bolide. Les deux chefs d'armées déposèrent sur lui le même regard étonné mais il les ignora. Kloé piaffait, ressentant la nervosité de son cavalier.

- Pourquoi devez-vous régler tout cela dans la violence ? déplora-t-il. Majesté, s'il vous plait, ne faites pas ça. Vous valez mieux que ça...Beaucoup mieux que ça...

La paume sur la garde de son épée, Daiki plongea ses yeux bleus rois dans ceux céruléens de l'adolescent.

- Oubliez ce que votre père vous a apprit. Vous ne devez pas prendre le même chemin que lui, car regardez où cela l'a mené...Vous pouvez être un bon Roi, je le sais, et j'en ai jamais douté. Si vous laissez libre court à votre pensée plutôt que rester bloquer dans le sillon de votre père, alors vaudrez plus que lui. Vous êtes le Roi d'un magnifique pays, ne le démanteler pas en usant de la haine et de la violence. Régnez sur votre Pays comme vous auriez du le faire depuis des années. Je vous connais, je sais que vous êtes capable de faire du Pays du Bleu plus beau qu'il ne l'est déjà. Refoulez votre haine, apprenez à faire confiance à autrui. Ce n'est qu'en collaborant avec votre peuple que vous parviendrez à le rendre heureux. Et ainsi, il apprendra à vous faire confiance. Arrêtez de conquérir d'autres Pays et occupez-vous du votre. Le Pays du Bleu a besoin d'avoir à sa tête un souverain comme vous, mais votre haine en moins. Et là, à ce moment là, tout vous paraîtra moins fade. Votre violence en moins, vous êtes l'un des hommes les plus valeureux qu'il m'ait été offert de connaître. Et on ne peut pas dire que je ne vous ai jamais côtoyé.

Le discours du Turquais laissa tout le monde sans voix. La beauté de ses paroles et les louanges qu'il faisait au monarque Bleuiens étaient tellement sincères qu'elles en étaient touchantes.

Daiki, de son côté, n'en menait pas large. Tetsuya lui avait mit la vérité sous le nez, quand bien même cette dernière était dure à encaisser. Et alors, il comprit le sens caché derrière les belles paroles du Turquais. Implicitement, il lui faisait comprendre pourquoi il avait préféré le blond à lui. A cause de sa violence et de son égoïsme, le turquoise était allé se réfugier dans des bras protecteurs.

Poussant un soupire, il lâcha son épée qui resta bien sagement dans son fourreau. C'était dur de l'avouer, mais cette remontrance lui avait fait du bien. Depuis qu'il était enfant, Daiki cherchait à ce qu'on lui impose des limites, en vain. Son père avait fait de lui un enfant pourri gâté mais ne lui avait octroyé l'amour paternel dont il aurait eu tant besoin. Puisque l'on craignait sa famille, on lui accordait tout, on répondait à tous ses caprices. Alors il avait repoussé les limites, encore et encore, cherchant à tout prix cette personne capable de le remettre sur le bon chemin, de lui faire comprendre qu'il cheminait dans le mauvais depuis des années. Cependant, il n'aurait jamais cru que ce serait Tetsuya, ce gosse auquel il avait succombé au charme enfantin, qui était cette personne tant attendu...

Il déposa son regard sur Kise qui n'avait rien raté du discours.

- Sur ce champ de bataille, tu m'as vaincu. Je ne peux que m'incliner.

Les deux monarques se saluèrent poliment en se serrant la main, même si une légère tension subsistait encore en eux. Puis chacun retourna auprès de son armée, sans jeter un moindre regard par-dessus leur épaule. Tetsuya resta près du torrent, soulagé d'un poids qui pesait depuis trop longtemps de ses épaules.

- Les Pays assujettis sont libérés.

Le Turquais sursauta sur sa selle et jeta son regard vers Daiki. Ce dernier était toujours de dos et se fondait désormais parmi son bataillon.

Des cris de joie fusèrent alors parmi les alliés du Pays du Jaune. Enfin, les familles chassées de leur trône reprenaient leurs droits. Tetsuya fut alors rappelé par Ryouta qui, un grand sourire étirant ses lèvres, lui faisant de grands gestes de la main. Un rictus amusé prit place sur le visage de Tetsuya qui, après avoir jeté un dernier regard vers l'armée de Daiki, rejoignit son amant parmi ses alliés.

OoOoOoOoO

- Félicitations !

Tetsuya eut quelques secondes le souffle coupé quand Kagami lui administra une claque dans le dos.

L'armée de Ryouta, rentrée au Pays du Jaune, s'était réunie dans la cours du château pour fêter leur pseudo-victoire et la libération des nations assujetties. Kagami n'était pas le premier à venir féliciter ou remercier Tetsuya, et pourtant ce dernier ne s'y faisait pas. C'est Daiki qu'il faut remercier, pas lui. Il s'était seulement contenté de lui dire ce qu'il avait sur le cœur depuis de nombreuses années. Et si cela avait fait réagir le Bleuiens, tant mieux, mais ce n'était vraiment son but premier.

Debout près de Kloé, il observait Ryouta de loin. Ce dernier discutait avec ses pairs, étrangement à l'aise parmi ces personnages royaux. Et dire qu'il était Roi maintenant... Qu'était-il à côté ? Il ne savait même pas qui il était vraiment, alors comment pouvait-il prétendre être l'amant du nouveau Roi du Pays du Jaune ?

Remarquant le regard du Turquais, Ryouta se hâta de le rejoindre. Une fois près de son ami, il lui adressa le plus beau de ses sourires.

- Pourquoi tu ne te joins pas à nous ?

- Vous êtes des Rois et moi...

- Tu es un héros.

Tetsuya détourna le regard. Il bien loin d'être un héros. Mais il ne préféra pas répliquer, connaissait mieux que quiconque le caractère têtu de son amant. Alors que ce dernier tentait de le traîner jusqu'aux autres personnages royaux, un gamin passa tout près d'eux en courant et marcha sur la cape du Turquais.

Le nœud se défit avec une facilité étonnante et le vêtement glissa de ses épaules avant que le turquoise ou le blond n'ait le temps de réagir.

Ecarquillant les yeux, Kise emprisonna tout de suite son amant dans ses bras alors que le plus petit s'attendait au pire.

Mais rien.

- Et Kise, va le cajoler ailleurs, il y a des enfants ici ! se moqua Yuto.

Les amants échangèrent un regard étonné. Ils étaient au beau milieu d'une foule presque compacte de gens et personne ne semblait vouloir tenter le moindre geste sur Tetsuya. Comme si...

Comme si son odeur ne les atteignait pas.

Désireux de vérifier sa théorie, Kise attrapa la cape et prit la main du Turquais. Il se mit alors à déambuler parmi les guerriers, mais personne ne leur prêta attention. Quand ils s'arrêtèrent devant le groupe formé par les Rois, Shiro les accueillit en grandes pompes.

- Tetsuya, c'est toi ? Tu as retiré ta cape ?

- Elle est tombée, expliqua le turquoise, encore déboussolé.

- C'est mieux de te voir sans, sourit Daisuke.

- Aucun doute, tu es bien un Turquais ! rit Mikuo.

Kise lui adressa un sourire enjôleur, auquel il répondit. Ils n'avaient plus aucun doute maintenant. La malédiction de Tetsuya était levée.

OoOoOoOoO

- Tu veux partir ?

La voix de Ryouta se brisa en prononçant ces mots.

Perché sur Kloé, Tetsuya observa le visage ravagé par le chagrin de son amant. C'était dur pour lui aussi de s'en aller, mais il n'avait pas le choix.

- Oui, j'en ai besoin. J'ai vécu toute ma vie enfermé dans un château à épier le monde par ma fenêtre en rêvant de pouvoir le sillonner un jour. Maintenant que ma malédiction est levée, je peux me le permettre.

- Laisse-moi venir avec toi, l'implora le blond.

- Tu as un Royaume a gouverné, Ryouta. Et je veux que tu prennes soin de Suzue...pour ne pas qu'elle m'oublie. Je ne pourrais pas vivre pleinement heureux à tes côtés en ignorant ma propre identité. Dès que je le saurais, dès que je serais satisfait, alors je reviendrais.

- Je te comprends, ce serait égoïste de ma part de te retenir, quand bien même ça me fait mal de l'avouer...Laisse moi juste te conseiller de visiter le Roi Mikuo en premier lieu, il est le mieux placer pour t'aider dans ta quête.

Ils restèrent un long moment immobile, face à face, yeux dans les yeux. Tetsuya fini par se pencher sur son amant afin de lui donner le plus beau baiser qu'il ne lui ait jamais donné.

Ce baiser était sa promesse. Il reviendrait.

Les yeux de l'eau mais le cœur léger, Ryouta regarda le Turquais disparaître petit à petit à l'horizon, accoudé au balcon de ses appartements. Quand il disparut totalement de son champ de vision, le blond retourna à l'intérieur pour se pencher au berceau de la petite Suzue qui dormait à poings fermés.

Tetsuya venait de partir, et il lui manquait déjà.


* rosano-turquaine : frontière séparant le Pays du Rose & le Pays du Turquoise (cf. carte sur mon profil)


& voilà le chapitre final de l'Arôme du Désir ! Mais n'ayez crainte, un épilogue est bien évidemment prévu ^^

Oui ce chapitre est affreusement long (12.548 mots d'après le site) mais une certaine personne qui se reconnaîtra (vivement la naissance de Jésus-Ange !) n'a absolument pas voulu que je le coupe. J'ai donc été forcée de vous poster un gros pavé xD J'espère que vous ne vous êtes pas perdu dans les différentes situations qui s'enchaînent, sinon n'hésitez pas à me le dire ! Il se peut qu'il y ait des fautes autant dans le chapitre quand dans cette partie-là mais il est 3h du matin & j'me suis couchée à 6h la veille donc je ne suis pas au top de ma forme XD

Alors, vous avez reconnu la chanson que chante Tetsuya au début du chapitre ? Et oui, il s'agit de Amazing Grace, mais la version Uta No Prince Sama (si vous ne connaissez pas, je vous conseille d'aller écouter cette chanson superbe, j'adore l'accent anglais des japonais...). Je n'ai pas résisté de mettre ce petit passage Akashi/Kuroko sur leur enfance, car je voulais bien montrer le lien spécial qui les lient. J'ai toujours adoré les amitiés défiant la fraternité =3

Je vous avoue mettre complètement lâchée lorsque j'ai commencé à parlé de la religion du continent...Je voulais à tout prix lui donner une bonne place, mais c'est en lien plus que direct avec la malédiction de Tetsuya. Je suis même allée jusqu'à inventer la création du Monde...J'espère que vous n'avez pas trouvé ceci trop lourd ^^"

Sinon, vous n'êtes pas deçu par la fin j'espère ? J'avoue ne pas du tout aimer mon passage avec les armées, je voulais faire le discours de Tetsuya beaucoup plus beau mais je suis restée bloquée tellement longtemps devant que j'ai finalement écrit comme ça venait, donc ça fait un peu fouillis...Mais bon, va falloir faire avec, malheureusement Dx.

Je ne pense pas avoir grand chose à dire de plus, j'espère encore et toujours que ce chapitre vous aura plût et aura été à la hauteur de vos attentes. J'ai tellement peur de vous décevoir pour la fin de cette fiction que je n'arrive presque plus à l'écrire xD

Je remercie une nouvelle fois toutes mes lectrices qui me sont fidèles et qui me donnent vraiment du courage pour continuer à écrire. Cependant, je voudrais ce soir (enfin ce matin, il est 3h Dx) faire une dédicasse spéciale à Aomine (mon ti hélico, qui se reconnaitra sans aucun doute possible), à Haya-chan (ou MadLu-chan sur le site : aller lire sa fic Muet, elle est géniale !) & à Kaita-Chan, ma ane-san qui me soutiens depuis le début, tout comme Caath & lalala1995. Bien sûr je remercie énormément les autres revieweuses mais celles-ci méritaient vraiment une dédicasse :P

Mais avant de vous quitter, je vais vous faire une petite compilation des phrases que j'ai trouvé plutôt tendancieuses dans ce chapitre (Je l'avais promis Ao, la voilà XD)

- "Le Général Kise vous attends dans votre salon privé" : ce n'est pas la pire, mais quand même ... Mais ... Du MidoKi ... Berk ...

- "Grâce aux bons soins de Satsuki" : nous ne parlons bien sûr des bons soins médicales, hein ...

- "s'étonna Atsushi en léchant avec délectation un peu de crème au coin de sa bouche." : No comment, neh ... ?

- "Rien ne lui résistait longtemps, autant le savoir que les femmes." : Kise passe pour un libertin en puissance ... 8D

Voilà je ne vous embête pas plus, je pense que l'épilogue mettra deux semaines à arriver à cause des cours & tout le toutim. & le moins que je puisse dire, c'est que vous apprécierez obligatoirement l'épilogue ;)

Kisu ! Moona-sama