.o0 Chapitre IX : L'Epopée de Tetsuya 0o.
Perché sur Kloé, Tetsuya dégluti en arrivant devant le palais du Pays du Turquoise. D'après Ryouta, s'il voulait des réponses à ses questions, c'est ici qu'il devait se renseigner en premier lieu. Laissant sa monture aux bons soins des palefreniers, il pénétra dans le château, Ni-Go sur les talons, et fût tout de suite accueillit par l'un des serviteurs.
- J'aimerais m'entretenir avec le Roi, déclara l'adolescent.
- Nous lui faisons part de votre requête, veuillez patienter.
Le turquoise s'installa donc sur l'un des sofas de la salle de réception du jeune souverain. Même si le stresse lui broyait l'estomac, il tenta de rester le plus calme possible en caressant doucement la tête de son chiot. Il n'eût pas le temps d'admirer la riche décoration de la salle que Mikuo le rejoignait déjà.
- J'attendais ta visite ! lança le jeune souverain en souriant largement à son visiteur.
Ce dernier arqua un sourcil, surprit. Pourquoi Mikuo pouvait-il bien l'attendre ? Ce n'est pas comme s'ils avaient créés une quelconque amitié pendant les quelques jours qu'ils avaient passés ensembles au Pays du Jaune. A sa grande surprise, le Roi – qui ne devait avoir que trois ou quatre ans de plus que lui – lui saisit le bras et le força à le suivre dans le palais. Il s'arrêta devant une porte sur laquelle il tapa trois coups, puis entra.
- Grand-père ! Il est venu !
Ni une ni deux, Tetsuya se retrouva face à un vieil homme dont les cheveux autrefois turquoise tiraient désormais sur le blanc. La vieillesse avait creusé ses sillons sur son visage, mais le sourire qui y trônait donnait au vieillard un air très sympathique.
- Je suis vraiment heureux de te rencontrer, fit le grand-père de Mikuo.
- Et moi honorer, votre Majesté.
Le vieil homme se tourna alors vers son petit fils qui, le regard brillant d'admiration, ne quittait pas leur visiteur des yeux.
- Mikuo, tu ne lui as encore rien dit ?
- Je n'aurais pas osé sans vous ! s'effraya le jeune homme.
Plutôt perdu dans cette drôle de discussion, Tetsuya regarda tour à tour Mikuo et son grand-père. Ce dernier posa alors sa main osseuse sur une épaule de l'adolescent.
- Il est grand temps que tu saches tout sur tout, Tetsuya. La famille Kuroko, à laquelle tu fais partie, est la famille royale du Pays du Turquoise.
Il lui aurait dit que les éléphants roses existaient, cela aurait été la même chose. S'il faisait réellement parmi de la famille royale, alors par quel moyen avait-il atterrit dans le palais de Daiki ? De plus, ça ne concordait pas avec les révélations de Kise lors de la bataille...
- Il ne nous croit pas ? s'étonna Mikuo.
- Apparemment ...
- Tetsuya, tu dois nous croire ! Ton père était mon oncle, le frère de mon père. Tu es mon cousin, Tetsuya.
- Ton père s'appelait Ame, reprit le vieux monarque, et il était mon fils aîné.
- Je n'avais que quatre ans quand il soudainement disparu, continua Mikuo.
- J'ai envoyé des hommes à sa recherche, en vain. Ame restait introuvable. Et quand enfin nous avons retrouvé sa trace, il était trop tard.
- Ame et sa femme étaient morts et leur enfant, disparu.
- Nous ignorions ce qu'il était advenu de toi et nous te pensions mort, comme des parents.
- Mon père a donc été couronné à la place du tien, mais il est mort il y a un an d'une chute de cheval. J'ai donc du le remplacer.
La tête lui tournant, Tetsuya assimila tant bien que mal toutes ses révélations. Alors comme ça, son père, Ame, était le fils aîné du chef de la famille Kuroko, qui règne sur le Pays du Turquoise ? Mais alors...Ca faisait de lui...
- Si nous t'avions retrouvé avant, tu serais aujourd'hui le Prince héritier du Pays du Turquoise.
La voix du grand-père de Mikuo – il pouvait même dire de son grand-père – résonna dans ses oreilles comme le tintement d'une cloche. Lui, un Prince ? Ce n'était pas possible. Il n'avait vraiment rien d'un personnage royal. Mais maintenant qu'il y pensait, une phrase de Ryouta lui revint en tête.
« Je trouve que Mikuo et toi, vous vous ressemblez beaucoup. Pas toi ? »
Il devait avouer que, maintenant qu'il y faisait attention, il remarquait quelques airs de famille entre lui et le jeune souverain. Ce qui était logique si, comme Mikuo le disait, ils étaient bien cousins...
- Tu es tout à fait en droit de reprendre le trône auquel tu as été destiné à ta naissance, lui apprit son cousin d'une voix sérieuse.
Tetsuya leva sur lui un regard étonné. Lui, Roi ? Il secoua la tête pour chasser cette idée plus que stupide de sa tête. Comment une personne qui avait passé toute sa vie séquestrée pouvait prendre les commandes d'une nation qu'il ne connaissait même pas ? Si son père avait renié son sang bleu, alors il ferait de même.
- Ce trône est le votre, Mikuo...souffla-t-il sans oser le regard.
- Je refuse que tu me vouvoies ! s'affola le jeune Roi. Nous sommes de la même famille !
L'adolescent était, il faut l'avouer, plutôt déboussolé par le caractère de son cousin. Lorsqu'il l'avait rencontré au Pays du Jaune, il lui était apparut comme un souverain calme et posé. Il lui offrait en ce moment une toute autre face. Peut-être créait-il une autre image de lui-même face à ses pairs ? Tetsuya trouvait cela plutôt dommage, mais il était bien mal placé pour juger son cousin.
Jugeant qu'il fallait mieux laisser l'adolescent digérer toutes ses révélations, le vieux monarque ordonna à Mikuo de le conduire dans une des chambres de l'aile royale. C'est ainsi que Tetsuya se retrouva assit sur un magnifique lit à baldaquin aux magnifiques draps turquoise et blanc.
Mille et une questions tournoyaient dans sa tête. Hier il croyait qu'il n'était rien, aujourd'hui il apprenait qu'il était l'héritier du Pays du Turquoise...Ca, si ce n'était pas une brusque transition...Poussant un long soupire, il se laissa tomber sur les draps. L'adolescent ne pouvait sortir ces révélations de sa tête. Si père était le Prince héritier, pourquoi avait-il quitté son Royaume ? Il n'avait aucun souvenir des courtes années qu'il avait passé avec ses parents. Il lui arrivait de rêver d'une jolie Turquaise – qu'il soupçonnait désormais être sa mère – mais il ne voyait jamais clairement les traits de son visage. Tetsuya ne s'était jamais questionné sur ses géniteurs avant cela, puisqu'il avait été élevé par Rosa. Il ne l'avait jamais appelé maman, et ne s'était jamais vraiment demandé pourquoi. Après tout, il avait grandi avec Seijuro et Daiki qui n'avaient jamais vraiment connu leur mère non plus.
Cependant, Tetsuya ne pouvait s'empêcher de se questionner sur sa mère. Qui pouvait-elle bien être ? La légende Satsuki lui revint alors en tête.
« D'après elles, trahir leur serment de chasteté fait au Tout-Puissant apporterait malheur et désolation sur la traitresse. Les religieuses, comme je le disais précédemment, disent même que le Créateur maudit les femmes ayant faillit à leur serment. »
Sa mère avait-elle été une religieuse ayant faillit à son vœu ? Ca se tenait : sa punition a été l'enlèvement de son enfant et sa mort, provoqué par la malédiction de Tetsuya lui-même. Le Turquais se promit alors de mener sa petite enquête...
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Tetsuya dîna avec sa famille retrouvée au repas du soir et eu la chance de rencontrer l'épouse de son cousin : une jolie Turquaise nommée Yui. Cette dernière attendait son premier enfant et le regard énamouré avec lequel Mikuo couvait sa femme était absolument adorable. L'adolescent les écouta raconter l'histoire du Pays et les déboires d'Ame et d'Arashi, feu le père de Mikuo. Arriva alors un passage fort intéressant dans l'histoire...
- Ame était un véritable bourreau des cœurs, avoua le vieux monarque avec nostalgie. On disait même qu'il passait beaucoup de temps près du couvent. Ca ne plaisait pas vraiment à la Mère Supérieure.
Le couvent, hein ... ? Ame aurait-il rencontré la mère de Tetsuya là-bas ? Cela expliquerait alors leur fin funeste...Le Prince retrouvé fini difficilement son repas, son estomac contracté par le trop-plein de révélations.
Le lendemain, il quitta tôt le palais pour se rendre au couvent où Ame allait si souvent autrefois. Il ignorait s'il allait trouver quoi que ce soit, mais Tetsuya devait mettre au clair cette affaire qui le torturait depuis la veille. Mikuo avait insisté pour le suivre mais son cousin avait réussi à le dissuader. Le Roi lui avait juste fait promettre de rentrer au château. Puisque Tetsuya comptait en apprendre plus sur son Pays d'origine, il ne risquait pas de partir de sitôt.
Il arriva plutôt rapidement à destination et à peine s'était-il présenté qu'on le faisait déjà entrer. C'est ainsi qu'il se retrouva très rapidement face à face avec la Mère Supérieure qui le regardait mi-haineuse, mi-admiratrice.
- Vous lui ressemblez.
- A qui ? s'étonna le jeune Prince.
- A votre mère. Vous êtes bien Kuroko Tetsuya, le fils d'Ame ?
Le concerné hocha doucement la tête, pas encore habitué d'être appelé par son nom de famille en plus de son prénom.
- Ta mère s'appelait Hana, et vivait bien dans ce couvent. Mais elle a été éconduite par le Prince et s'est enfuie avec lui une fois enceinte. Je lui ai moi-même prédit le destin de son enfant. Je n'aurais jamais cru vous rencontrer un jour.
Il est vrai qu'avec une telle malédiction sur le dos, le turquoise s'étonnait lui-même d'être encore en vie. Dans son malheur, il était tombé sur une personne qui avait sut prendre soin de lui et le préserver...à sa façon.
La Mère Supérieure se chargea de lui raconter tout ce qu'elle savait sur Hana. Cette dernière avait était déposé toute petite au couvent par ses parents. Puisqu'ils avaient déjà trois filles avant elle, ils avaient décidé de la mettre au couvent pour qu'au moins une de leur fille consacre sa vie au Tout-Puissant. Cependant, Hana n'a jamais eu l'esprit d'une nonne malgré l'éducation offerte par le couvent. Elle s'est mise à rater de plus en plus souvent les séances de prière et développait un esprit beaucoup trop rebelle. Un soir, la Mère Supérieure l'avait surprise avec un baluchon sur l'épaule, tentant de s'enfuir par la porte de derrière. Hana lui avait alors avoué être tombé amoureux du Prince héritier du Pays et qu'elle attendait son enfant. Cela étant autant une trahison à sa famille pour Ame et qu'une au couvent pour Hana, ils avaient décidés de s'enfuir dans un autre Pays où ils pourraient vivre ensembles et élever leur enfant à venir. Avant de lui fermer définitivement la porte du couvant, la Mère Supérieure lui avait prévu son funeste avenir.
Remué par cette histoire, Tetsuya avait fuit de la Maison du Tout-Puissant et était directement rentré au palais. Etonné de voir son cousin dans un tel état, Mikuo l'avait questionné sur l'origine de son mal aise. Le plus jeune lui avait alors raconté tout le malheur qu'avait été la courte histoire de ses parents et à quel point il aurait voulu les connaitre.
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Suite à cet événement, Mikuo accorda beaucoup de temps à son cousin retrouvé. Il lui parla d'avantage de l'histoire de leur famille et lui présenta plusieurs familles nobles. Beaucoup d'entres elles tentèrent même de le faire épouser l'une de leur fille, mais Tetsuya refusa poliment toutes ses demandes.
Durant les semaines qui suivirent, le Turquais s'imprégna de la culture Turquaise et dévora plusieurs livres de la grande bibliothèque royale. Puisqu'il était un Prince du Royaume, il avait été installé dans de magnifiques appartements où il ne manquait de rien. Il était très étrange pour lui de devenir le Prince alors qu'il avait longtemps été le courtisant. Cependant, l'adolescent s'habitua vite à ce luxe et accepta finalement son sang bleu, même s'il refusait de prendre le trône. Il ne se voyait pas en déloger Mikuo alors qu'il régnait si bien.
Tetsuya resta plus de deux mois dans son Pays d'origine. Tout ce qu'il avait découvert dans la bibliothèque royal avait réveillé en lui son désir de voyage. Maintenant que chaque familles royales avaient reprit son trône, les relations entre les nations étaient devenues beaucoup plus pacifiques. C'est pourquoi l'adolescent décida de visiter l'intégralité du continent...
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- Tu nous quittes ? s'affola Mikuo quand Tetsuya communiqua ses projets à sa famille au repas du soir.
- J'ai vécu toute ma vie dans un château, j'ai envi de voir le monde.
- C'est qui est parfaitement compréhensible, l'appuya son grand-père.
- Mais tu reviendras ? se permit de rajouter le jeune souverain.
- Quand je repasserais près d'ici je vous rendrais visite. De toute façon, je n'avais jamais prévu de passer le reste de ma vie ici, même si j'ai passé de très bons moments en votre compagnie. Je sais que ma place n'est pas ici.
Même s'il comprenait les motivations de son cousin, Mikuo avait beaucoup de mal à le laisser partir. Pendant ces deux mois passés avec lui, ils avaient noués des liens très forts et l'idée seule de son départ lui laissant un grand vide dans le cœur. Mais Tetsuya avait le droit de vivre sa vie, lui aussi. Après tout, le jeune monarque allait bientôt devenir papa...
Le lendemain matin, le Prince fit ses adieux à sa famille avec une pointe de regret. Il avait apprit à tous les connaître et avait passé de très bons moments à leur côté. Cependant, il se promit de les visiter le plus souvent possible une fois son voyage achevé. Il savait pertinemment qu'il serait toujours accueillit à bras ouverts.
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Il commença son périple en sillonnant le Pays où il avait toujours vécu : le Pays du Bleu. Tout ce qu'il avait put voir de cette nation, c'était ce qu'il avait bien put observer par sa fenêtre ou durant les balades avec Ryouta. Pour la première fois en seize ans d'existence, il visita seul le Pays de la famille Aomine. L'adolescent évita tout de même les abords du château, et ce pour deux raisons : premièrement, il les connaissait déjà pour s'y être promener souvent à cheval pendant le voyage de Daiki, secondement il ne voulait pas tomber sur Daiki quelques mois à peine après leurs retrouvailles au Pays du Rouge. Tetsuya le connaissait mieux que quiconque pour affirmer que le monarque devait encore être sur des charbons ardents et qu'il fallait éviter de jouer avec ses nerfs.
Le Prince visita plutôt les petits villages, en particulier celui où il avait vécu deux années de sa vie avec ses parents. Il n'eut pas de mal à trouver la chaumière avec les indications des habitants.
Retrouver cette maison où il avait vu le jour ne le laissa évidemment pas insensible. Quand il ouvrit la porte en bois pourrie, une myriade de souvenirs défila dans son crâne. Il se revoyait, petit garçon, courant après des brebis ou salissant ses braies. Et puis, il y avait cette voix...Cette douce voix qui lui chantait des berceuses le soir, quand la nuit tombait sur le Royaume. Aujourd'hui encore il entendait cette voix dans ses rêves. Il lui avait fallut attendre de rencontrer sa famille paternelle pour mettre un nom sur l'auteure de ces litanies.
Bien qu'il ne reste pas grand-chose dans la maison en ruines, Tetsuya parvint à mettre la main sur quelques vieux objets, tels qu'un petit anneau en argent et un pendentif représentant un loup hurlant, l'animal symbole du Pays du Turquoise. Ces deux bijoux ayant appartenu à ses parents, l'adolescent les considéraient comme plus précieux encore que des trésors.
Tetsuya resta quelques temps dans son village natal, ravi de pouvoir compter sur les habitants pour en apprendre d'avantage sur ses parents. Certains villageois n'en revenaient pas qu'il soit le petit garçon souriant qui s'amusait tant à courir maladroitement après les animaux. Bien sûr, le Turquais ne préféra pas leur divulguer ses origines royales.
Son séjour au Pays du Bleu dura un peu plus de trois semaines, lui permettant d'enrichir sa culture Bleuienne. Il apprit également, et avec satisfaction, que le Roi faisait de grands efforts pour s'occuper de sa population depuis la libération des nations assujetties. Quand il jugea avoir passé assez de temps dans le Pays du Bleu, Tetsuya rallia le Pays du Vert.
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La famille Midorima, enfin revenue au pouvoir, accueillit avec beaucoup de joie celui qu'elle considérait comme leur libérateur. La Reine constata avec amusement que Ni-Go était toujours autant attaché à son sauveur et confirma le rétablissement du chiot. Quand ils apprirent les origines royales du Turquais, ils ne changèrent pas d'un poil leur comportement envers lui, et Tetsuya ne pouvait que leur remercier leur naturel.
Il ne resta pas longtemps au palais, mais assez pour avoir plusieurs discussions avec Shintarou. Ce dernier passait moins de temps à l'Observatoire depuis que sa famille avait reprit les rênes du Pays mais était toujours autant passionné par l'astronomie et l'astrologie. Il prétendait même que, selon la position des astres lors de la naissance d'un être, il était capable de relater les futures grandes expériences de sa vie. Puisqu'il ignorait quand il était né, Tetsuya ne put lui demander de dresser les siennes, quand bien même il ne croyait pas vraiment à ce genre de chose.
Au Pays du Vert, Tetsuya s'intéressa aux différents moyens d'agricultures. Le Royaume des Midorima étant spécialisé dans les fruits et les légumes, le Turquais se régala des spécialités locales et de leur amour de la nature. Il participa à quelques travaux au champ et cueilli plusieurs variétés de fruits. Mettre ainsi la main à la pâte lui permettait de mieux s'imprégner de cette culture bien différente de leurs voisins du Nord et de l'Ouest.
Le Prince resta un mois complet parmi les Verdiens à apprendre à moissonner des graines comme à éplucher correctement des légumes. Il remercia chaudement la famille royale et les divers agriculteurs qui lui avaient permis de participer à de telles activités très enrichissantes. Il jeta ensuite son dévolu sur le Pays du Pourpre.
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Cette nation était l'une des plus jeunes avant le Pays du Turquoise. De ce fait, elle n'avait pas encore de spécialité, même si elle était en voie de concurrencer le Pays du Noir sur le marché des produits de la mer. Néanmoins, ce Pays en voulait encore au Pays du Bleu de l'avoir vaincu et, de ce fait, se méfiait des étrangers. S'il n'avait pas été un Turquais, Tetsuya aurait sûrement eu des ennuies.
Le Roi Haru ne l'invita pas dans son palais et l'adolescent ne chercha même pas à s'y rendre. Il s'intéressa plutôt aux légendes qui effrayaient tant les Pourprins. Tetsuya eu d'ailleurs la chance d'être invité à une Fête de la Pleine Lune par le bibliothécaire d'un village de l'Ouest qui avait été charmé par la curiosité du Turquais.
Les Fêtes de la Pleine Lune avaient lieux à la pleine lune sur les grandes places de chaque village. Chacun d'eux avait sa propre légende, et le doyen du bourg se devait de la conter aux jeunes. C'était la première fois qu'un étranger participait à ce genre d'événement, mais Tetsuya fut de suite intégré par les Pourprins qui lui réservèrent l'honneur d'être assit tout près du doyen ce soir-là. En temps normal, c'était la place réservé au chef de la plus riche famille mais ce dernier en personne qui obligea Tetsuya à prendre sa place.
La Fête de la Pleine Lune commença au coucher du soleil par un grand banquet. Tetsuya goûta aux spécialités pourpriennes et se régala de leurs fruits de mer. Quand la nuit tomba sur le continent et que la pleine lune se mit à briller, le Prince fut installé tout près d'un très vieil homme au dos voûté et aux cheveux blancs. Ce dernier adressa un sourire amical au Turquais qui le salua poliment.
- Mes amis, je vous souhaite la bienvenue à la septième Fête de la Pleine Lune de notre village. Nous avons la joie ce soir d'avoir parmi nous un Turquais friand de légendes en tout genre. Remercions-le d'avoir autant d'intérêt pour nos mythes.
Le turquoise rougie d'humilité quand une centaine de paires d'yeux se tournèrent vers lui pour le remercier dans une cacophonie joyeuse. Quand le silence revint, le doyen put commencer son histoire.
- Le mythe de notre village est celui de l'homme-loup. Il y a des centaines d'années, alors que le Pays du Pourpre n'existait pas encore, une légende racontait qu'une bête étrange vivait dans la forêt bordant notre village.
Apeurés, les enfants se recroquevillèrent contre leur mère en jetant de petits regards obliques vers ladite forêt.
- Cette bête aurait l'apparence d'un homme et vivait seul dans les bois. Personne ne le voyait jamais, sauf les rares fois où il allait s'abreuver au ruisseau sillonnant aujourd'hui le village. Il n'avait dès lors pas l'air plus menaçant que ça. Néanmoins, les nuits de pleine lune, des plaintes venant tout droit de la forêt déchirait le calme de la nuit. Et quand la lune brillait parfaitement dans les cieux, une horrible bête mi-homme mi-loup terrorisait les villageois et dévorait tous ceux qui se trouvaient sur son passage.
Une petite fille éclata en sanglots et son père se hâta de la rassurer.
- Des dizaines de villages furent ainsi dévastés par la bête. Des hommes se mirent alors en tête d'abattre ce monstre, mais ils ne retrouvaient jamais sa trace. Elle semblait disparaitre dans la forêt et ne laissa dès lors plus aucune trace. C'est un enfant qui, en toute innocence, proposa la thèse de l'homme sauvage. Les chasseurs se lancèrent alors sur cette piste et c'est une autre nuit de pleine lune qu'ils assistèrent à la transformation du sauvage. Ce dernier semblait atrocement souffrir lors de la métamorphose mais une fois devenu la bête, il ne pensait plus qu'à une autre chose : tuer.
Bien qu'il tente de rester le plus calme possible, Tetsuya n'en menait pas large. Il se souvenait avoir entendu des hurlements de loups à la frontière bleuio-pourpraine lors de son voyage avec Ryouta...
- On raconte que la bête est morte aujourd'hui, tuée par un chasseur qui avait appréhendé l'homme sauvage avant qu'il ne se transforme. Mais méfiez-vous, les hurlements que vous pouvez entendre les nuits de pleine nuit dans la forêt pourraient bien être ceux de la bête...
Les yeux écarquillés et brillant de larmes, les enfants ravalaient difficilement leur salive. De toute évidence, ils étaient terrorisés. En dépit de son calme Tetsuya tentait tant bien que mal de se dire que tout cela n'était qu'une légende et que ce n'était donc pas réel. Il se demandait si tous les villages racontaient de telles légendes à leurs progénitures les nuits de pleine lune...
Tetsuya eu la chance d'apprendre d'autres légendes pendant son séjour qui dura un peu plus d'un mois. Il comprenait désormais pourquoi les habitants étaient si superstitieux. Cependant, c'est la tête plein de légendes qu'il prit la direction du Pays du Noir.
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Tetsuya visita ainsi tout les Pays du continent. Le Pays du Noir et sa faune variée, le Pays du Gris et ses bateaux de pêche, le Pays du Marron et son artisanat, le Pays du Violet et ses magnifiques pierres précieuses, le Pays du Orange et son goût prononcé pour les arts...
Il resta à chaque fois à peut près un mois afin de s'imprégner le plus possible des mœurs et des coutumes de chaque population. Quand il passa par le Pays du Rose, il fut accueillit en grande pompe par Yuto et Satsuki qui le forcèrent à rester plus d'une semaine avec eux. Au Pays du Violet, Atsushi tint à faire plus ample connaissance avec lui et l'incita à passer quelques temps dans son Pays. C'est ensuite avec une pointe d'appréhension qu'il pénétra sur le sol Rougien.
Puisque toutes les nations assujetties avaient été libérées du joug de la famille Aomine, Seijuro, l'héritier au trône du Pays du Rouge, avait également retrouvé ses droits sur son Royaume. Cependant, craignant qu'il ne parvienne pas à le gérer seul, un représentant de chaque Pays voisins surveillait étroitement toutes les décisions qu'il prenait. D'après ce qu'avait entendu dire Tetsuya, son ami d'enfance se débrouillait pour le moment pas trop mal et régnait sur le Pays de ses ancêtres avec sérieux et professionnalisme.
Le Turquais avait longtemps pesé le pour et le contre avant de se rendre au palais. Il se souvenait encore de la dernière fois qu'il s'était retrouvé face à Seijuro, et l'étoile sur sa main droite en était la preuve indélébile. Cependant, il n'arrivait pas à en vouloir au jeune Rougien. Il avait respecté son secret pendant quatorze ans, et qu'il ait voulu voir celui qui se cachait sous cette cape était tout à fait louable. Surtout s'il l'aimait depuis leur enfance...
C'est donc avec un petit mal d'estomac dut au stresse qu'il patienta dans le petit salon du palais, un serviteur étant parti annoncer sa visite à son souverain. Ni-Go fixait son maitre avec une certaine inquiétude, comme s'il ressentait celle du turquoise. Ce dernier le grattouilla doucement entre les oreilles, laissant un très léger sourire flotter sur ses lèvres.
- Tetsuya ?
Le Prince sursauta à cette voix si familière. La seconde d'après, il se retrouvait le regard plongé dans les yeux hétérochromes de son ami d'enfance. Ce dernier semblait à la fois étonné et ravi de le voir dans son palais.
- Je...Je tenais à m'excuser, commença Seijuro. J'ai mal agit, je n'ai pas été respectueux envers toi. Ca m'étonne même que tu sois venu me voir.
Il était très inhabituel que le Rougien s'excuse et admette ses erreurs. Il serait plutôt du genre à tenir tête à quelqu'un jusqu'à ce que l'autre abandonne. Cette expérience lui avait peut-être donné une petite leçon...
- Je suis venu te dire que je ne t'en veux pas, avoua Tetsuya sans ciller. Je n'ai pas été honnête envers toi, j'aurais t'avouer dès le début ma malédiction mais...j'avais peur des circonstances.
Un silence embarrassé s'installa envers les deux amis d'enfance. Chacun d'eux se rappelait ce fameux jour et Seijuro dégluti en apercevant la cicatrice sur la main du turquoise. Ce dernier fini néanmoins par reprendre la parole :
- Oublions tout ça, d'accord ? Raconte-moi plutôt comment s'est passé ton accession au trône.
- Quand Daiki est parti pour vous rejoindre avec son armée, j'étais encore en convalescence. Je n'ai pas pu l'accompagner à cause de mon étourdissement et j'ai donc dut attendre les nouvelles au palais. Lorsqu'il est revenu, il ne m'a pas adressé un seul mot. Je pense qu'il m'en voudra toute sa vie pour ce que je t'ai fais. Bref, c'est l'un de ses sous-conseillers qui est venu m'apprendre la nouvelle. Même pas deux jours plus tard, des nobles du Pays du Rouge sont venus me chercher pour me mettre sur le trône. Je t'avoue que cela m'a beaucoup désorienté. Mais des représentants de chacun de mes voisins sont venu se présenter au palais pour me dire qu'ils surveilleraient étroitement mes agissements et me conseillerait sur ma tâche. Je n'aime pas franchement ça, mais plus vite ils verront que je me débrouille plus vite ils ficheront le camp.
Il y avait encore un peu de froideur dans ses mots, mais Tetsuya le trouvait beaucoup changé. Qui sait, peut-être que cette accession au trône de son Pays lui était bénéfique. Il apprenait à gérer ses émotions pour être toujours droit et juste, au lieu de quoi sa population se soulèvera contre lui. Et ceci, le Prince ne lui souhaitait vraiment pas. Il était tellement plus agréable pour lui de se dire que son ami d'enfance pouvait être un bon Roi pour sa nation...
Le voyage de Tetsuya s'acheva donc à la fin de son séjour au Pays du Rouge, où il resta un peu moins de deux mois. Il se fascina pour la maitrise quasiment parfaite des Rougiens sur les différenteCets matières qu'ils tordaient et retordaient jusqu'à donner de magnifiques pièces uniques en leur genre. Ils étaient de véritables artistes de la forge. Le turquoise profita également de son séjour pour passer du temps avec son ami d'enfance qui, de toute évidence, avait beaucoup souffert de son absence pendant ces années qu'il avait passées quasiment qu'avec Daiki.
C'est donc la tête pleine de souvenirs que le Turquais acheva son voyage. Il avait apprit tellement de choses qu'il avait l'impression d'être une toute nouvelle personne. Il avait été en contact avec des populations aux mœurs forts différents, avait goûté à des plats uniques et avait expérimenté les joies et les complications de différents travaux comme l'agriculture ou le tissage.
Une chose était sûre cependant.
Tetsuya ne regrettait rien.
Ouiii je sais le chapitre précédent devait être le dernier, mais je me suis aperçue que ce que je voulais faire pour l'épilogue ne marcherait pas si je commençais tel qu'il commence ici. Or, je devais absolument parler de la famille de Tetsuya pour vous révéler l'importance de son nom. Alors, c'est à ça que vous vous attendiez ? Beaucoup m'ont évoqués la famille royale du Pays du Turquoise, ce qui était assez logique je pense :P Néanmoins, Kaita-Chan est la seule à m'avoir donné la réponse, bien qu'elle ait bataillé pour la trouver xD
Ce chapitre n'avait pas lieu d'en être un à la base il doit donc faire parti des plus courts que j'ai posté. Sachez que l'épilogue ne sera pas non plus bien long, je suis même pas sûre qu'il fera la moitié de celui-ci. Mais bon, l'épilogue n'a pour but que de conclure une fois pour toute la fiction ^^
Merci à celles qui m'ont déjà mit des reviews pour le chapitre précédent, je suis réellement ravie que vous aillez apprécié mon histoire et j'espère que vous aimerez encore ce petit chapitre et l'épilogue. Si jamais vous avez encore des questions il faut me les poser comme ça j'y répondrais à la fin de l'épilogue afin d'en faire partager tout le monde :P
Cette fois je vous donne bel et bien & sans faute rendez-vous pour l'épilogue qui sera sûrement là vendredi !
Kisu ! Moona-sama
