Disclamer: Les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo. Je ne gagne aucun bénéfice de mes écrits.
Bêta reader pour la fanfic: Tigrou19
N/A : Vraiment désolée pour ce (très) long retard. Je tiens à vous remercier pour vos reviews, elles me font très plaisir. Je n'en attendais pas autant, vraiment. Merci ! Si vous avez quelques difficultés à comprendre certains termes, faites-le moi savoir, je mettrai un lexique si besoin.
Ce chapitre n'a pas été relu et corrigé par ma bêta, désolée d'avance pour les fautes et les lourdeurs.
To my dear Tigrou... ;)
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Chapitre 2: What's my name…
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Les jours suivants, Orihime n'était pas à son aise. Elle avait l'impression d'avoir quelque chose d'inconvénient sur elle et s'efforçait de le cacher. Car il est vrai que d'avoir sur soi un téléphone directement relié aux prochains clients était très déstabilisant pour elle. Surtout lorsque c'était pour la première fois.
C'était donc avec appréhension qu'elle continuait à aller en cours comme à son habitude. Toutefois, une fois plongée dans sa passion, elle oublia bien vite son portable, tous ses tracas semblèrent s'envoler et elle suivit avec attention les explications de son professeur.
C'était toujours ainsi. Lorsqu'elle venait dans ces bâtiments, lorsqu'elle s'asseyait à sa place devant le tableau, face à son sensei, lorsqu'elle prenait son appareil de photo, lorsqu'elle admirait le travail des autres, elle oubliait tout le reste. Rien ne venait la perturber en ces moments-là, toute son attention était rivée dans son univers : la photo.
Aujourd'hui par exemple, l'exercice consistait à faire développer les photos dans une chambre noire uniquement éclairée d'une lumière rouge. La tâche s'avérait difficile, l'ordre devait être suivi scrupuleusement. La jeune femme avait déjà dilué ses produits dont elle aura besoin la veille et les posa sur la table face à elle. Puis retroussant ses manches et soufflant un bon coup avant de se lancer, elle s'attaqua à la pellicule. Malencontreusement, elle rata son premier essai, le négatif s'était même légèrement abimé. Ne voulant surtout pas s'abattre sur cet échec, elle recommença de nouveau. Mais il lui fallait du papier photo. Alors la rousse alla en chercher dans ses affaires, certaine d'en avoir pris en rab au cas où.
Elle se mit à fouiller son sac quand elle aperçut un coin de photo corné. Inoue tomba sur une photo très ancienne sur laquelle on pouvait y voir tous les défauts : la mise au point n'était pas bonne du tout, elle dirait même avec l'envie d'en rire, qu'elle était exécrable, la lumière aussi était mauvaise… Il y avait tellement à redire ! Mais Orihime y tenait énormément. Car c'était sa toute première photo faite avec son grand frère. Et ce fut à ce moment-là que sa passion pour la photographie naquit, puis les années passèrent et ne firent qu'intensifier son ardeur pour cet art.
Même si cela lui demandait un travail considérable, elle en était heureuse. Suivre sa voie, cette voie que Sora lui-même la poussait à prendre, lui donnait des ailes. C'était comme si son frère était encore à ses côtés quand elle étudiait ou quand elle photographiait. Alors pour ressentir encore et encore cette présence si réconfortante, elle travaillait d'arrache-pied. Elle reprit donc sa besogne plus déterminée que jamais à l'exécuter parfaitement. Analysant ses erreurs pour ne pas les reproduire, Orihime s'attela avec précision et délicatesse sous la lueur rouge de la pièce. Une joie intense l'envahit lorsque le film commença à s'afficher sur le papier photo. Après quelques étapes, elle l'accrocha avec fierté sur un fil suspendu, juste le temps que tout cela sèche. Elle soupira de soulagement et se mit à nouveau à sa tâche.
Elle rentra enfin chez elle, avec un sentiment de satisfaction. Malgré ses devoirs qui alourdissaient son sac, Inoue semblait prête à s'attaquer à ces derniers. Elle commença à s'installer sur sa petite table et prit de suite de quoi noter, tant l'engouement l'entrainait.
Mais c'était sans compter le retour sur terre.
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Lorsque son téléphone sonna, elle ne reconnut pas le numéro affiché. Et soudainement, sa peur remonta à la surface. ' Peut-être est-ce un rendez-vous ?' se disait-elle, le stylo en l'air. Si c'était le cas, il ne fallait pas le faire attendre. Elle déglutit difficilement et lâcha enfin son travail avant de répondre à l'appel.
« Allô ?, dit-elle d'une voix assez aigüe.
— Oui, c'est bien Inoue orihime ? », dit une voie féminine.
Étonnée d'entendre une femme au bout du fil, elle fut ensuite confuse.
« Que puis-je faire pour vous ?, demanda-t-elle, en se détendant quelque peu.
— Je me présente. Je suis Matsumoto Rangiku. Vous souvenez-vous de Soi fon-san ? Elle m'a demandé de vous encadrer durant quelques jours, le temps que vous vous familiarisez avec votre nouveau travail.
— Oh, je… Bien sûr, cela me serait très certainement utile…, dit-elle hésitante. La tension crispa de nouveau son corps.
— Mais j'aimerai avant que l'on se rencontre, si vous le voulez bien. Donnons-nous rendez-vous en face du café Cat's Eyes près de la gare de ce samedi à 19h30.
— En face du Café Cat's Eyes, samedi à 19h30, répéta la jeune femme, tout en notant. Très bien.
Puis Orihime la questionna :
— Mais comment vous reconnaîtrai-je ?
— Ne vous en faites pas pour ça, c'est moi qui irai vers vous. », répondit Mastumoto, énigmatique.
Elles conclurent ainsi leur appel.
D'un coup, Orihime fut incertaine. Pensant qu'elle avait enfin pris sa décision d'assumer seule son rêve par tous les moyens, elle fut prise de doutes qui la rendaient presque folle. Ses mains arrachant ses longs cheveux roux, son esprit se débattait face à ce dilemme :
'Non, vraiment. Je ne veux pas faire ça. Non, je ne veux pas faire comme elle.
Je n'ai pas le choix, je dois le faire.
Non, il... il existe d'autres solutions.
Lesquelles ? La famille ?
Oui, peut-être qu'elle a réagi ainsi sur le moment, non ? Je devrais les rappeler pour leur présenter mes excuses et tout rentrera dans l'ordre. Oui, c'est ce que je vais faire...'
Portée sur ce maigre espoir naïf, elle retenta à nouveau d'appeler. Mais son corps se crispa violement, rien qu'à l'idée de réentendre une nouvelle fois sa tante se déchainait sur elle.
Pour une nouvelle fois se heurter à la dure réalité.
Pour une nouvelle fois ressentir de plein fouet cette solitude imposée.
Elle se résigna et lâcha son mobile. Puis elle se laissa tomber sur le dos, jetant un regard vide vers le plafond.
Ses pensées allaient vers sa famille. Comment pouvait-elle encore les appeler ainsi ? Est-ce qu'une famille pousserait l'un des leurs jusqu'à ses derniers retranchements ? Est-ce qu'une famille l'insulterait comme elle l'avait fait, elle et son frère aujourd'hui disparu ? Une famille, n'était-ce pas un lieu de refuge, plein d'amour et de soutien ? Au lieu de tout cela, elle se sentait si étrangère à eux. Pire encore, on la poussait à faire ce qu'eux détestaient tant.
' Pourquoi ? Pourquoi ?'
En elle, se mêla dans son dépit, un sentiment nouveau qu'elle pensait ne jamais ressentir envers les siens. Il remonta jusqu'à la gorge, rejoignant les sanglots qu'elle tentait de réprimer.
' Dès le début, vous n'avez vu en moi qu'une future prostituée. Me voilà contrainte désormais à faire la chose la plus vile au monde, parce que vous l'avez décidé. Et vous êtes finalement arrivés à vos fins.'
Ses poings se serrèrent, tapant rageusement le sol en tatamis.
' JE vous hais, je vous hais comme vous me haïssez.'
Mais elle savait également que toute cette haine ne lui servait à rien, à cet instant précis. La rousse était seule face à ses choix, à son destin. Partout, elle avait cherché une autre solution. En vain.
Non, il n'y avait plus d'autres voies possibles.
Plus aucune.
Elle se redressa lentement et tomba sur la photo de son frère adoré. Que penserait-il d'elle s'il la voyait, là, s'il savait ce qu'elle s'apprêtait à faire… L'avait-il élevé pour finir ainsi ?
' Ne me regarde pas avec ses yeux…'
Inoue ne pouvait plus supporter l'idée que ces yeux bruns continueraient à la suivre à chaque instant de sa vie à présent. Car elle était sûre que Sora serait très déçu. Et rien que d'y penser, cela lui lacérerait le cœur.
Elle caressa la photo du bout des doigts puis remonta jusqu'en haut du cadre pour doucement le rabattre. En même temps, ses paupières se refermèrent. Ses mains posées sur l'envers du cadre continuèrent à le caresser, la rousse posa son front sur ce dernier.
Priant pour qu'il ne soit pas déçu.
Pour qu'il ne soit pas en colère contre elle.
Le suppliant de lui pardonner.
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La ville brillait de ses spots publicitaires en grande majorité ceux de son label. Le noir métallisé de sa voiture et les vitres teintées reflétaient ces lumières si colorées, ces personnes qui attendaient de traverser…
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La rue était pleine de monde à cette heure-ci. Les couleurs si vives des néons des publicités, les grandes télévisions sur ses hautes tours, vantant en boucle les produits dernier cri, éclairaient ce ciel bleu nuit. La populace s'agglutinait de plus en plus vers le rebord du trottoir, attendant que les feux passent au vert pour les piétons. Tous semblaient pressés. Tous trépignaient d'impatience.
Inoue n'y prêta pas attention. À vrai dire, elle semblait perdue face à cette foule. Elle ne savait plus exactement où est-ce qu'elle se rendait. Malgré tout ce monde, la solitude l'entourait.
Malgré tout ce monde, il n'y avait personne pour lui dire de s'arrêter.
Complétement pétrifiée sur place, elle ne pouvait éviter tous ces gens qui la bousculaient de part et d'autres. Sans se soucier de personne, sans se soucier d'elle.
Un homme marchant à vive allure, poussa finalement la jeune femme de manière plus abrupte. Elle perdit l'équilibre et trébucha.
Elle se fit mal à la cheville et perdit quelques affaires de son sac. Inoue tenta tant bien que mal de les récupérer et de se lever rapidement mais en vain. À terre, les gens paraissaient si grands, si loin, si inaccessibles… D'en bas, la foule amenait l'obscurité qui se faisait de plus en plus dense. L'angoisse de ne pas pouvoir se relever grandissait en elle, l'air commençait à lui manquer.
Un étrange reflet de sa vie. Les tracas semblaient lui tomber sur la tête par surprise, l'empêchant sans cesse de se relever, toujours l'enfonçant de plus en plus.
Elle fut de nouveau bousculée quand une main la retint à temps qui l'aida à se redresser rapidement. Inoue la remercia en s'inclinant, songeant que cette personne avait disparu dans la foule. Mais non. La femme était toujours présente, la dévisageant du regard.
Inoue en rougit, honteuse et réitéra ses excuses. Là encore, toujours aucun geste de la part de la personne. Alors, inconsciemment elle aussi, se mit à la détailler du regard.
De longs cheveux volumineux d'un doux roux vénitien encadraient son beau visage. Ses yeux étaient d'un bleu si clair qu'elle pensait d'abord à deux agates. Sous ses vêtements moulants, on pouvait aisément deviner ses formes pulpeuses. Une élégance émanait d'elle, personne ne pouvait passer près d'elle sans y jeter un regard.
Il n'y avait pas à dire, la femme face à elle était extrêmement belle.
« Inoue Orihime ? », interrogea-t-elle enfin.
Elle comprit alors qui était cette femme.
« Oui. Matsumoto-san ? » devina-t-elle.
Elle n'eut qu'un soupir comme réponse. Puis elle suivit la blonde vers le café, comme convenu.
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Tout le monde se décalait et s'inclinait lorsqu'il passait. Tous le craignaient et retenaient leurs respirations, de peur de se faire remarquer…
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Assises près de la grande baie vitrée qui offrait une vue sur la rue commerçante, hormis le bruit atténué des voitures et des clients aux alentours, aucune n'amorça la conversation. Orihime réchauffait ses mains autour de sa tasse de thé chaude, attendant anxieusement que Matsumoto se prononce.
« Enjo Kosaï. », commença la blonde aux reflets roux.
Inoue, déconcertée par ce début brutal de la discussion, leva ses yeux vers cette dernière, ne sachant quoi dire.
« Enjo Kosaï, répéta-t-elle. Savez-vous ce que c'est ? »
La rousse répondit d'un hochement de tête par la négative. Rangiku posa sa tasse de thé puis déclara :
« Dans le langage courant et face aux gens, c'est une sortie pour soutenir l'autre. Les salyramen sont des gens si occupés par leur travail que leur proposer nos services ne serait qu'une aide que l'on leur rapporterait.
« Mais en réalité, nous sommes prêtes à vendre notre corps pour nous offrir tout ce que l'on souhaite, tout ce que pères, petits amis, amants, fiancés, maris ne peuvent nous donner. Et cela sans pour autant ne ressentir ni honte, ni culpabilité, ni tristesse, ni dégout.
« Pourquoi ? Parce que nous avons eu ce que l'on désirait par-dessus tout. Et nous recommençons sans gêne. Peu importe ce que les gens disent, ce qu'ils pensent, car c'est tellement facile de recevoir de l'argent juste pour quelques heures avec un désespéré… »
Elle marqua une pause, juste le temps de joindre ses deux mains et de poser sa tête par-dessus, plongeant directement son regard bleu si clair énigmatique dans le sien. Inoue se souvint alors de toutes ces jeunes filles dans l'agence faisant leurs listes de ce qu'elles rêvaient d'avoir.
« Les insultes fusent à notre insu dans notre dos. Beaucoup jugent nos actions comme étant égoïstes, égocentriques et malsaines. Alors cessons de nous voiler la face : nous ne sommes ni plus ni moins que des prostitués. »
À ce mot, Orihime baissa les yeux par pudeur, quelque peu heurtée par ces paroles si directes.
« Pourras-tu réellement le faire ? »
À cette question, l'étudiante releva lentement sa tête et se confronta une nouvelle fois au regard implacable de la belle. Elle se perdit dans les abysses couleur eau limpide et se laissa emporter, bien malgré elle.
Tanguant dangereusement, sa peur, sa solitude, son dépit, sa colère, sa lassitude jaillissaient d'elle, alimentant le raz de marée.
Ses yeux bleu pâle la fixèrent intensément, et sans qu'elle ne comprenne pourquoi, les abysses cédèrent peu à peu le barrage. Elle ne put détacher son regard humide du sien, ce regard qui d'abord semblait la tester, se dévoilait petit à petit. La rousse pouvait ressentir de la compassion, une mise en garde s'en dégager, comme si cette dernière décelait et comprenait son malheur, comme si par ce seul contact visuel, elle lui demandait une dernière fois de faire marche arrière avant de le regretter.
Ce fut Rangiku qui se détourna, Orihime continua à l'examiner, encore étourdie par ce lien si étrange.
« Matsumoto-san, vous n'êtes pas la seule à m'avoir prévenue que ce n'est pas un travail fait pour moi. Cependant, avant même de venir vous voir, ma décision était déjà prise. Je vous remercie pour cette attention, mais ne vous en faites pas pour moi. Je sais ce qui m'attend, je sais que plus jamais je ne serais la même. Que mon monde changera à jamais et qu'une marque si profonde m'infligera une honte et un dégout chaque jour, chaque nuit, à chaque inspiration. »
Elle se leva et poursuivit :
« Je dois faire face à mes choix et les assumer seule. Alors, s'il vous plait, ne tentez pas de me faire changer d'avis. »
Elle s'inclina, prit son sac et s'apprêta à partir lorsque la jeune femme l'arrêta :
« Où comptes-tu aller comme ça ?
— Je vais retourner chez moi et attendre qu'un homme m'appelle pour un tête-à-tête, lui répondit-elle tout simplement.
— Certainement pas. »
Et sans donner aucune explication, elle prit le bras d'Orihime et l'amena d'un pas rapide vers la sortie et fit signe à un taxi. Celle-ci essaya de la raisonner.
« Mastumoto-san ! Mastumoto-s-
« Rangiku, appelle-moi Rangiku. », coupa cette dernière.
Elle n'en dit pas plus. Puis s'installant dans le taxi, elle indiqua leur destination « World Hôtel ». Orihime demanda alors pourquoi elles se dirigeaient vers cet hôtel. Rangiku resta muette, lorgnant le paysage qui défilait à toute allure.
Une fois arrivées, la blonde reprit sa cadence et continuèrent à marcher précipitamment. Inoue eut à peine le temps de voir l'endroit : Il s'agissait d'un grand hôtel mondialement connu, où bon nombre de businessmen venaient se rencontrer et conclurent leurs affaires. Elle en aperçut quelques-uns juste avant d'être embarqué dans un ascenseur.
Elles arpentèrent de longs couloirs qu'il lui semblât être un véritable labyrinthe de luxe, jusqu'à arriver enfin dans une petit pièce. Celle-ci ressemblait plus exactement aux coulisses avant d'entrer sur scène. Robes de soirée élégantes, sacs à mains de luxe et autres accessoires étaient soit rangés dans des armoires ouvertes, soit éparpillés sur les fauteuils. Mais aussi des perruques variées et du maquillage en tout genre s'étalaient sur la grande coiffeuse, au-dessus desquels se trouvait en grand miroir entourée d'ampoules luminescentes. L'idéal pour se préparer avant un rendez-vous.
Avant même qu'Orihime puisse demander ce qu'elles faisaient ici, Rangiku la devança :
« Il est hors de question que tu ailles à tes prochains rendez-vous sans t'habiller comme il faut », dit-elle en farfouillant à droite à gauche.
La jeune femme fronça des sourcils, ne saisissant pas ce que Matsumoto voulait dire. Celle-ci le sentit car elle s'arrêta un moment et s'approcha d'Orihime. Elle cajola sa joue affectueusement et la rousse vit son regard devenu nostalgique. Puis il changea et prit l'air sérieux.
« Tout ce que je vais t'apprendre dorénavant, tu ne dois jamais l'oublier. »
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Il lorgna ce corps dénudé de haut en bas sans pudeur, la dévisageant en silence. Puis enfin, il se décida :
« Approchez »
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Cette soirée-là, un brouillard glacial s'étendait sur la capitale nippone. Le ciel paraissait absorbé les hauts d'immeubles, qui eux, semblaient rester sur terre que grâce à leur prise au sol. Dans cette fumée froide, les voitures se distinguaient par leurs deux points lumineux qui se déplaçaient lentement en raison d'embouteillage. Cette soirée-là était une soirée comme on en voyait très souvent dans cette grande ville.
En somme, aux yeux d'Inoue Orihime, rien n'avait changé. Rien ne laissait présager que cette soirée allait être l'une des plus éprouvantes de sa vie. Le front contre la vitre, sa vision retomba sur son visage qu'elle ne reconnaissait plus. À commencer par ses yeux devenus marron cuivré. Son mentor avait lourdement insisté pour qu'elle porte des lentilles de couleur. Et les changements ne s'arrêtèrent pas là. Sentant son visage s'engourdir petit à petit par la vitre glacée, elle finit par s'éloigner. Elle regarda l'horloge de la petite pièce, 22 heures avait sonné. 'Il est temps d'y aller'. Avant de partir, elle prit au passage un petit post-it : Rendez-vous dans la chambre n°501 à 22h.
Elle prit l'ascenseur. Le fond de ce dernier était entièrement recouvert d'un miroir. Là, elle put avoir une vue d'ensemble de son accoutrement spécialement choisi par Rangiku. Ses longs cheveux étaient à présent roux auburn foncé par la perruque qu'elle portait et dont la frange s'arrêtait au ras des sourcils, le maquillage fait à la perfection vieillissait ses traits juvéniles, des lunettes de soleil de luxe cachait son regard. Elle était vêtue une robe somptueuse couleur corail clair ceinturée à la taille mettant en valeur ses formes généreuses, un sac à main hors de prix pendait à son bras. Ses jambes paraissaient plus élancées avec ces hauts talons à ses pieds. Celle-ci lui avait assuré que personne ne la reconnaitrait, elle n'avait pas tort. Au fond d'elle, un déluge d'incertitude l'emplit de nouveau.
'Qui est-ce ?'
Une voix synthétisée qui annonça son arrivée à l'étage souhaitée la fit légèrement sursautée. Elle mit alors en pratique ce que sa tutrice lui avait appris cette semaine. Elle s'élança, sa démarche se voulant sensuelle. La rousse sentit tous les regards se braquaient sur elle, tous se retournaient lorsqu'elle passait près d'eux, tous se demandaient surement qui il s'agissait. Qu'importe ce que les gens susurraient à son sujet, ses pas la dirigeaient machinalement vers une chambre n° 501.
Elle se souvint alors de son « entrainement », elle s'était demandée comment est-ce qu'elle allait-elle bien faire tout cela, mais Rangiku lui avait affirmé : « Certes, Orihime n'arriverait pas à le faire, mais elle, le pourra. »
Face à la porte, la jeune femme inspira un grand coup avant de sonner.
« Qui ? », avait-elle demandé.
La porte s'ouvrit, un homme apparut.
Rangiku lissa de sa main sa fausse chevelure rouge et lui répondit. « Celle qui le pourra s'appelle…
« Bonsoir, je suis…
« Akane. »
« … Akane. » souffla la rousse.
L'homme fit un léger sourire et l'invita à rentrer.
« Je me présente également, Katakura Asuka »
Elle s'inclina légèrement, jetant rapidement un regard vers ce dernier. Il était de taille moyenne, avait des cheveux bruns mi long et coiffé d'une frange ramenée à droite de son visage aux traits fins. Un foulard était enroulé autour de son cou, qui accentuait singulièrement cette allure de dandy. Les mains de la jeune femme tremblaient bien malgré elle. Elle les joignit tentant de dissimuler son stress face à cet homme, mais Katakura en prit une et y déposa un baiser. Après ce premier contact, Orihime se fit violence pour ne pas prendre subitement la fuite, surtout quand elle croisa son regard de braise. ' Si déjà, à ce petit baiser, je veux fuir, que ferais-je lorsque…' .Ne se souciant de l'état d'esprit d'Orihime, le jeune homme l'entraina ensuite un peu loin dans la pièce.
Il la convia à s'assoir sur le lit.
« Matsumoto-san m'a bien fait comprendre que c'était votre toute première fois et que je me devais d'être doux avec vous. Bien que je n'avais pas du tout l'intention de prendre une nouvelle, je dois avouer qu'en vous voyant aussi ravissante, je ne regrette pas mon choix. »
Il lâcha la main pour effleurer son bras de ses doigts fins. La rousse eut un frisson de peur, qui fut interprété autrement par l'autre. Il eut un sourire en coin et une fois arrivé à son épaule, suivit la bretelle de sa robe vers sa poitrine.
« Comme il est dommage que Matsumoto-san ait autant insisté sur certaines règles… souffla-t-il près de son oreille. « Qu'importe, détendez-vous et vous verrez, vous passerez une agréable soirée en ma compagnie », promet-il en la poussant légèrement sur le matelas moelleux.
Elle écarquilla des yeux, son corps se tendit. 'Attendez, je…Pas encore, s'il vous plaît !' supplia la jeune femme intérieurement.
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« Akane. »
Son cou fut couvert de baisers qu'elle ne désirait pas, l'étreinte était de plus en plus forte dont elle voulait se défaire.
« Akane ! »
Elle se demandait pourquoi il l'appelait ainsi. 'Orihime, c'est mon nom.'
« Akane ! »
Des nausées intenses apparurent, affirmant ainsi que son dégout avait presque atteint son paroxysme.
'Orihime… Akane ?'
Il s'éloigna d'elle, le temps de déboutonner sa chemise et son pantalon. Orihime détourna sa tête, se refusant de voir cela. Puis il lui prit sa main et l'enserra autour de son sexe tendu.
' Qu'est- ce.. ?'
Bien qu'elle ne voulait en aucun cas regarder, elle devina ce qu'était dans sa main. La jeune femme fut intriguée par ce contact rugueux et chaud. Elle ne put se retirer, Katakura l'en empêcha. Il entama alors un va-et-vient lentement. Il laissa échapper un grognement de plaisir et s'installa confortablement sur la jeune femme, la déshabillant à son tour afin de toucher lascivement un de ses seins tout en continuant ses caresses.
Pour Orihime, ce fut de trop, elle en était écœurée. Non, elle ne voulait pas, elle ne voulait plus faire cela. Inoue trouva enfin le courage de s'extirper de cet enfer le plus rapidement possible. Elle commença à se débattre en silence, tentant vainement de retirer sa main de son membre excité. Cependant, elle ne pouvait rien contre cet homme qui s'enivrait d'elle. Il maintint sa poigne contre la sienne et accéléra le mouvement.
« Akane, reste tranquille… », grogna Asuka, la langue pendue à ses lèvres.
Asuka s'allongea sur elle et lécha férocement son oreille puis son cou. Il pantelait, telle une bête, il pétrissait tout son corps comme s'il était affamé. Elle ne reconnaissait plus l'homme de tout à l'heure, celui aux manières exagérées certes mais qui paraissait décent. Elle manqua de déchirer les draps tant elle les agrippait de ses ongles. Il la serrait tellement qu'elle suffoquait. Son regard se troubla quelques instants et curieusement elle se vit quand elle était petite avec son frère.
« Oni-chan ! Regarde ! », s'exclama une petite rousse de cinq ans.
Une jeune homme vint vers elle et remarqua quelques mouettes posés sur les pierres lissées par les vagues de la mer. Elles picoraient les miettes de pain qu'elle avait jeté auparavant. D'autres volaient encore en haut dans le ciel, au gré du vent marin, attendant leur tour. Les cris des oiseaux faisaient écho dans cette plage, l'odeur du sel de mer lui picotait le nez.
Oui, elle s'en souvenait. C'était la première fois que Sora la ramenait voir la mer. Mais pourquoi se rappelait-elle de ça ? Sa réminiscence continua.
Puis Sora se tourna vers sa petite sœur qui semblait émerveillée par ce spectacle. Mais le visage de celle-ci fit une moue chagrinée.
« Mais elles vont partir une fois qu'ils auront tout manger. Et nous aussi, on va partir et je ne les reverrai plus jamais ! », s'attrista Orihime. Le regard de son grand frère s'attendrit lorsqu'il vit les larmes au coin de ses yeux.
« C'est vrai, mais pour ne pas les oublier, on prendra une photo si tu veux ? », proposa-t-il en lui tendant l'appareil photo.
La petite fille hocha vivement de la tête et écouta les instructions de son frère pour l'utiliser. Une fois rentrés chez eux, Sora lui présenta ce qu'elle attendait avec impatience. Elle tint son œuvre fièrement :
« C'est moi qui l'ai prise ! Elle est bien, hein Oni-chan ? »
« Oui, très bien même ! », répondit Sora, content également du travail de sa petite sœur.
« Je veux en faire tout plein encore ! Et j'en ferai une de toi aussi et de nous deux après et plein d'autres ! », s'écria Orihime.
« Ah oui ? »
« Oui ! Je deviendrai photographe quand je serai grande ! », affirma fermement la plus jeune.
Durant un court moment, Sora fut interloqué par les propos de sa sœur. Mais il fut heureux de l'entendre dire car il ne s'y attendait pas du tout. Il prit la petite rousse qu'il serra fort dans ses bras.
« Promis ? »
« Promis ! », assura-t-elle.
Pourquoi ce souvenir lui revenait-elle soudainement? Alors qu'elle s'apprêtait à fuir cette éprouvante situation ? Comme il lui semblait cruel qu'à cet instant précis, capturé dans les bras d'un parfait inconnu, elle se remémorait cette promesse à laquelle elle tenait plus que tout. La promesse de ne jamais abandonner son rêve.
La force de résister s'envola aussitôt. Elle relâcha la literie et laissa son bras s'affaisser au bord du lit.
'Akane'
« N'oublie jamais que tu es Akane », l'avait prévenue Rangiku. « Jamais. »
'Qui suis-je ?'
'Je suis Akane'
'Jamais je n'oublierai. Que deviendrai-je si je n'étais pas Akane ?'
« A—… »
Un long râle retentit dans la pièce entière, résonnait encore et encore dans son esprit. Un liquide chaud s'écoula sur sa main encore agrippée à lui. Elle plissa ses yeux et se mordit les lèvres, freinant l'envie de vomir à tout instant.
'Je serai détruite à jamais'
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Sans tenir compte des appels de la jeune femme, il se leva et se rhabilla aussitôt terminer, jetant au passage un petit paquet en direction de celle-ci…
Sans le moindre regard pour elle.
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Haletante, allongée dans ces draps encore chauds de cette présence masculine qu'elle pouvait encore ressentir sur elle, son corps douloureux semblait paralysé par ce qui venait de se produire.
Elle était perdue, ne savait plus où elle se trouvait et ne savait plus quoi faire à présent.
Elle entendit la porte s'ouvrir et se refermer. Des claquements de hauts talons s'approchèrent d'elle. Elle sut que c'était Matsumoto. Elle aurait voulu se rhabiller et se tenir face à elle proprement : Katakura avait abaissé sa robe mais n'a pas été plus loin. Cependant sa léthargie l'en empêcha. 'Et de toute façon, pensa t-elle, je n'ai rien à lui cacher.'
Rangiku la leva doucement. Assise au bord du lit, elle lui retira sa perruque et le bonnet qui maintenait ses cheveux. Puis elle la déshabilla complètement et la couvrit d'un drap. Elles se dirigèrent vers la salle de bain pour la laver. Orihime leva la tête pour regarder Matsumoto de face mais ses yeux tombèrent vers autre chose. De l'argent était posé sur le lit.
Ce fut lorsqu'elle vit les liasses de billets qu'elle prit réellement conscience de ce qu'elle venait de faire.
'J'ai fait ça pour ça ?'
Ses lèvres se mirent à trembler. Elle les pinça et ravala les sanglots, essayant ainsi de se contenir. La blonde suivit le regard de la rousse et soupira. Elle sentit Rangiku serrer fort sa main frêle, n'osant dire quoique ce soit.
Sous la pluie d'eau qui se déversait sur elle, elle resta figée, fixant sans ciller l'argent qui se trouvait sur le lit défait. L'eau chaude mouilla entièrement ses longs cheveux restés longtemps sous sa perruque, puis glissa tout au long de son corps, de ses formes tant convoitées, sur toutes les parties que son partenaire d'un soir a pu toucher…
Sur son visage, l'eau effaça petit à petit le maquillage parfait de Rangiku. Le masque s'effrita et laissa apparaitre une larme qui n'appartenait en aucun cas à Akane.
Cette goutte salée venait au plus profond de son être. Une larme tout droit venant du cœur meurtri d'Orihime qui avait réussi à briser cette mascarade qu'elle tentait de s'imposer.
Car c'est en acceptant cet argent qu'elle franchirait la dernière étape qui fera d'elle une véritable fille d'Enjo Kosai.
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Akane : Fleur rouge foncé.
Oni-chan/ Oni-san : Grand frère.
Voilà pour aujourd'hui, j'espère qu'il vous a plu, dites-moi ce que vous en pensez.
