Il était tard et Myungsoo était confortablement installé dans un bar devant une bouteille de soju. Il n'esquissa aucun mouvement quand il sentit une présence familière le rejoindre. Woohyun et Hoya s'étaient installés à sa table comme si de rien n'était.
- Tu n'étais pas censé partir ? demanda Woohyun sur un ton faussement naïf.
- Non, je cherchais juste à titiller tu sais qui.
- Dis-lui que tu l'aimes, qu'on en finisse, commenta Hoya en se servant un verre.
- Ce n'est pas si simple, répondit Myungsoo. Ce n'est encore qu'un enfant dans sa tête. Il ne sait pas encore ce qu'il veut.
- Mais tu es resté pour une raison particulière n'est-ce pas ? insista Woohyun.
- Je suis curieux de voir cette divinité une fois décongelée, et comment Sunggyu va gérer ça. J'ai aussi quelques questions à lui poser car il y a certains points sombres dans cette histoire.
- Les gens qui nous entourent ne se rendent pas compte qu'ils ont oublié d'où ils viennent, murmura Hoya en regardant les autres clients du bar. On a trouvé une divinité ancestrale, toutes les autres religions sont fortuites.
- Ça ne me donne pas la foi pour autant, coupa Myungsoo. Ça reste une divinité éteinte.
Ils ne savaient pas encore qu'au même instant ce dieu s'était éveillé. Il s'assit vivement, regardant rapidement autour de lui à moitié inquiet à moitié curieux. Ses yeux s'arrêtèrent sur Sunggyu et il pencha la tête d'un air interrogateur. Le jeune homme était tombé à la renverse, assis inconfortablement sur le carrelage, n'en revenant pas de ce qu'il voyait. Le dénommé Dongwoo contempla longuement ses propres mains, ouvrant et refermant ses doigts, apprenant à réutiliser toute sa motricité.
- Où je suis ? demanda-t-il.
- Dans… dans mon laboratoire, balbutia Sunggyu.
- Je ne sais pas ce que c'est mais j'accepte ta réponse.
Il détailla chacun des appareils de la pièce les yeux grands ouverts, et dans son esprit, il commença à comprendre certaines choses puisqu'il prit une expression contrariée.
- Le monde a changé.
Sunggyu hocha la tête. Effectivement, si cela faisait des millénaires qu'il était enfermé dans la glace il pouvait bien trouver le monde un tantinet changé. Dongwoo retira les électrodes qu'il avait au front et sur la poitrine et prit entre ses doigts un pan de la chemise que Sunggyu lui avait mis plus tôt.
- Où est ma tunique ?
- Elle était humide à cause de la glace fondue, répondit-il.
- C'est toi qui m'as libéré ?
- Moi et mon équipe.
Il se leva du lit et flancha un peu, plus habitué à se tenir debout par lui-même. Sunggyu se redressa rapidement et le prit par les épaules pour l'aider à se stabiliser. Les yeux ronds, le dieu lunaire était surpris de son propre état.
- Wow ! fit-il. La Terre ne tourne plus comme avant.
- C'est surtout que ça fait des milliers d'années que tu étais dans la glace. Même pour un dieu, il faut un petit temps d'adaptation.
Le corps de Dongwoo était très froid. Etait-ce à cause de son long emprisonnement ou parce qu'il était simplement une divinité de glace ? Docilement, il se rassit sur le lit et ne lâcha pas Sunggyu des yeux.
- Qu'est-ce que tu es ?
- Un scientifique.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je tente de comprendre ce qui t'est arrivé, répondit-il en s'asseyant à côté de lui.
Le visage de Dongwoo se figea, comme s'il essayait de se souvenir de quelque chose. Il ferma les yeux et pencha la tête. Il ne se souvenait pas. il avait beau y réfléchir durement, il ne comprenait pas comment les choses avaient pu se passer ainsi.
- Comment ton frère a pu t'enfermer dans la glace ?
- Mon frère ? s'étonna-t-il.
Une lueur de tristesse passa dans ses yeux. Il avait vraiment l'air d'un garçon d'une vingtaine d'années.
- Je ne me souviens plus, murmura-t-il en se frottant la tête. J'ai de gros trous de mémoire.
- Ça va revenir, c'est comme pour le reste, assura Sunggyu avec un léger sourire.
Mais lui-même n'en était pas sûr. Il ne s'était pas attendu à ce qu'il s'éveille un jour alors comment pouvait-il expliquer ce qu'il lui arrivait. Il avait tellement de choses à repenser à présent : il avait un vrai être animé face à lui qui pouvait répondre directement à ses questions une fois qu'il aura retrouvé tous ses esprits. Dongwoo se rallongea et Sunggyu lui apporta une couverture.
- On te trouvera quelque chose de plus confortable, dit-il sur un ton d'excuse.
- Après avoir dormi dans la glace je ne vais pas me plaindre, répondit le dieu lunaire.
Il s'endormit aussitôt, prenant instinctivement la position fœtale. Sunggyu s'assit de nouveau près de lui, se risquant à lui toucher les cheveux. Leur texture n'était pas habituelle, c'était comme si on passait ses doigts dans de l'eau qui ne mouillait pas. Le jeune scientifique se releva, sentant la fatigue l'envahir. Il serait dans un meilleur était pour réfléchir une fois que son esprit se serait reposé. Il se dirigea dans un coin du laboratoire où Sungyeol et lui avait aménagé un petit salon de détente avec une machine à café, un frigo, quelques livres et de gros fauteuils bruns qui avaient l'air moelleux. Il s'affala dans l'un d'eux et se laissa gagner par le sommeil. Peut-être que tout ceci était un rêve, que son cerveau fatigué lui avait joué des tours.
xXx
Il était neuf heures du matin quand Sungyeol arriva sur son lieu de travail en sifflotant. Chargé de sacs remplis de provisions pour ravitailler le frigo, il ne fit pas attention en premier lieu à la divinité endormie et sourit à la vue de la position bizarre de Sunggyu dans son fauteuil. Il avait dû passer la nuit auprès de son sujet de recherche, se disait-il. Il rangea ce qu'il avait emmené et prit un bloc-notes avant d'aller voir le dieu lunaire et eut un hoquet de surprise lorsqu'il vit la position dans laquelle il était. Il n'était plus simplement allongé sur le dos, relié à une machine, mais dormait paisiblement sur le côté, les genoux repliés. Sunggyu se réveilla en s'étirant.
- C'est toi qui l'as mis comme ça ? demanda Sungyeol précipitamment.
- Non, répondit son ami. Il s'est réveillé tout seul.
Le carnet de l'assistant tomba sur le sol. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait et Sunggyu avait dit cela comme si c'était normal.
- Tu me fais une blague… murmura Sungyeol qui ne quittait pas l'endormi des yeux.
Il eut de nouveau une exclamation quand il le vit remuer dans son sommeil. Sunggyu se leva et tapota l'épaule de son assistant d'un air compatissant.
- Je ne te raconte pas mon état quand il a ouvert les yeux.
- Il a dit quelque chose ?
- Il m'a dit qu'il s'appelait Dongwoo.
- Les dieux avaient des noms ? s'étonna Sungyeol.
- Pourquoi pas ? En tout cas il ne se souvient de pas grand-chose du combat qui l'a mené à être emprisonné dans la glace, expliqua Sunggyu en prenant ses propres notes. Tiens, j'ai noté notre conversation là-dessus.
Ils avaient un dieu bien vivant dans leur laboratoire. Sunggyu réajusta le drap sur les épaules de Dongwoo qui étira soudainement ses bras, manquant de le cogner. Sungyeol était bouche-bée quand il le vit s'éveiller avec un large sourire aux lèvres. Il s'assit en bâillant.
- J'ai faim ! s'exclama-t-il.
- Laisse-moi te présenter mon assistant, Sungyeol.
Le jeune homme s'approcha prudemment, mais le sourire de Dongwoo lui laissait penser qu'il n'était pas dangereux. Sunggyu prépara le petit-déjeuner pour tout le monde, le temps que Sungyeol se remette de ses émotions. Il était assis sur le lit, à côté de Dongwoo, l'examinant silencieusement pendant que le dieu lunaire faisait de même d'un air innocent.
- Je suis l'Astre de la Nuit, dit-il d'un air mystérieux. Tu as l'air de ne pas y croire, jeune homme.
- Peux-tu le prouver en créant une fleur de glace ?
- J'ai essayé, mais mes pouvoirs sont bloqués. Je les sens mais ils ne sortent pas.
Sunggyu amena enfin le plateau repas. Dongwoo prit la cuillère qu'il lui tendit et regarda son bol de riz d'un air sceptique.
- Qu'est-ce que mangent les dieux ? demanda Sungyeol.
- Des trucs qui ne poussent pas sur les terres des hommes, répondit-il en haussant les épaules. Mais puisque nous avons disparu de la surface de la terre, d'après ce que j'ai compris, je ne pense pas que vous puissiez en trouver. Je me contenterai de ce que vous me donnerez.
Il sourit et prit une grosse cuillérée de riz qu'il enfourna aussitôt dans la bouche. Son visage s'illumina aussitôt.
- Wow ! Ch'est trop bon ! J'ai l'impression de ne pas avoir mangé depuis des siècles !
- Depuis des millénaires en fait, rectifia Sunggyu qui ne pouvait cacher un sourire.
- True, répondit Dongwoo en pointant son doigt sur le scientifique. Ça fait du bien de se sentir vivant. Je ne sais pas comment vous remercier.
Sungyeol restait perplexe, quelque chose le chiffonnait. Pourquoi le moniteur n'avait-il pas vu un signe de vie lorsqu'il avait été branché ? Il sortit un stéthoscope du placard et écouta de lui-même le rythme cardiaque de Dongwoo qui le regardait d'un air interrogateur. Il n'entendait rien. Ah ! Un battement !
- Nous avions été bêtes de croire qu'un dieu pouvait avoir le même rythme cardiaque qu'un être humain, dit-il. Son cœur bat très lentement.
- C'est le secret de l'immortalité, jeune sot, répondit Dongwoo avec un grand sourire. Nous n'avons pas exactement le même organisme. Un scientifique n'est pas censé savoir ce genre de chose ?
- Voilà pourquoi un séjour dans la glace ne t'a pas tué, comprit Sunggyu en notant ces informations sur son bloc-notes.
- On ne peut pas me tuer. Seul un dieu peut me causer des dégâts assez graves pour m'immobiliser mais ça ne me tuera pas.
- Tu peux saigner ? interrogea Sunggyu avec curiosité. Peut-on transpercer ton cœur ?
- Vous voulez que je vous révèle mes secrets ? fit le dieu lunaire avec excitation. Ma peau a l'air aussi fragile et souple que la vôtre, c'est vrai. Prends cette petite fourche Sunggyu.
- La fourchette ? rectifia-t-il.
- Peu importe son nom, reprit Dongwoo avec un geste d'impatience. Et tente de la planter dans ma main.
Il posa sa main gauche à plat sur le plateau et Sunggyu le regarda d'un air dubitatif, la fourchette entre ses doigts.
- N'hésite pas, je ne crains rien, assura Dongwoo.
Sunggyu mit doucement les piques de la fourchette sur la main qui lui était sacrifiée.
- Appuie plus fort, je ne sens rien.
Ils voyaient la peau réagir au contact des piques mais ils ne parvenaient pas à la percer malgré le fait que le jeune homme appuyait de plus en plus fort. Dongwoo soupira bruyamment.
- Ça me fait le même effet qu'une mouche, railla-t-il. Vas-y franchement, donne un coup sec !
Sunggyu se mordit la lèvre inférieure et s'exécuta à contrecœur. Il eut la surprise de voir que la fourchette glissait sur sa peau en ne laissant aucune marque. Malgré la violence du coup, le dieu n'avait pas bronché et regardait les deux hommes avec un grand sourire. Il prit la fourchette des mains du scientifique et se la planta dans le dos de la main. Sunggyu et Sungyeol sursautèrent : les piques étaient entièrement enfoncées et une goutte de sang coula entre les doigts. Dongwoo fronça légèrement les sourcils, il l'avait bien senti ce coup-là.
- Pour me blesser, il faut avoir une force équivalente à la mienne expliqua-t-il en levant sa main transpercée. Mais une fois qu'on retire l'arme…
Il enleva lentement la fourchette de sa main. Les trous qu'elle avait formés se rebouchèrent instantanément, ne laissant plus aucune trace.
- Mon corps se régénère automatiquement, finit-il sous les yeux ébahis des deux scientifiques. Il en va de même pour mon cœur s'il se retrouve transpercé, ou n'importe quelle autre partie de mon corps.
- Si on te décapite… commença Sungyeol.
Dongwoo eut un léger rire.
- J'ai un oncle qui aimait bien faire ça. Ma tête serait animée d'un côté, mon corps de l'autre, il suffira à mon corps de récupérer ce qui lui manque et de me remettre la tête sur les épaules. Elle se ressoudera aussitôt. Un des passe-temps d'un oncle un peu farfelu était de demander à un autre dieu de lui couper la tête et il laissait son corps vagabonder dans des villages des hommes. Je ne vous raconte pas la panique qu'il créait, raconta-t-il en réprimant un fou-rire à l'évocation de ce souvenir. Il se faisait toujours gronder par mon père après ça, mais il récidivait. Les dieux ne sont pas tous sages ni intelligents.
- Et le feu ?
- Le feu ne me fait rien, sauf s'il vient d'un dieu, là encore. Mon frère était capable de me blesser.
Son visage s'assombrit. Les paroles de Sunggyu de la veille lui revinrent en mémoire.
- On se disputait souvent, comme deux frères, mais ça n'a jamais été très grave. On se réconciliait toujours. Je ne peux pas croire que…
Ses yeux se mirent à se remplir de larmes. Il devait y avoir une autre explication.
- J'ai besoin que tu me montres tout ce que tu sais de notre légende, dit-il sur un ton sérieux en regardant Sunggyu intensément.
Son air enfantin avait momentanément disparu, et son visage ressemblait à celles des statues que les artistes avaient modelées au fil du temps pour représenter les dieux des temps anciens. Pendant un instant Dongwoo paraissait inquiétant aux yeux des deux hommes qui lui faisaient face.
Quelques heures plus tard, Sunggyu revenait de chez lui avec un attaché-case. Il vit Dongwoo assis en tailleur au milieu de la pièce avec Sungyeol qui avait sorti son jeu d'échecs. Ils lui racontèrent que Sungyeol lui avait appris à jouer en quelques minutes et le jeune homme paraissait particulièrement vexé que le dieu parvienne à lui tenir tête aussi vite.
- Il intègre les choses à une vitesse étonnante, nota-t-il sur son bloc-notes. Je pense que tu peux lui apprendre à lire en quelques secondes.
- Tu ne sais pas lire ? s'étonna Sunggyu en rejoignant leur cercle.
- J'ai su, j'ai oublié, expliqua Dongwoo avec son sourire enfantin.
- Moi je vais voir si on peut aménager une chambre près du labo, dit Sungyeol en se levant. On ne va pas le laisser dans ce petit lit inconfortable et froid.
- J'aime le froid, coupa le dieu. C'est mon élément. C'est pourquoi je suis si bien sur ce carrelage. Je peux dormir par terre aussi…
- Ce serait un manque de respect de notre part, répondit Sunggyu en souriant.
Tandis que Sungyeol quittait le laboratoire, Sunggyu sortit le contenu de son attaché-case : un vieux livre ainsi que de nombreux cahiers remplis des notes qu'il avait accumulées depuis toutes ces années. Il ouvrit le livre sous les yeux curieux de Dongwoo et avant de lui conter l'histoire il commença la leçon de lecture. Un premier test révéla effectivement que le dieu ne savait pas déchiffrer les signes, mais une fois que Sunggyu lui expliqua que tel signe correspondait à tel son il put lire le texte comme s'il avait toujours su le faire. Ils passèrent donc à l'étape suivante : la révélation du texte tel quel. Dongwoo assura que tout ce qui était dit sur lui ou ses proches étaient vraies, que les caractères n'étaient pas étoffés mais un minimum justes. Le livre manquait de beaucoup de détails à cause des pages déchirées et la raison du combat violent opposant les dieux du soleil et de la lune devait être dans ces pages. Dongwoo paraissait frustré et râla plusieurs fois sur le manque de sérieux des hommes de ne pas être capables de retranscrire cela comme il se devait.
- J'ai cherché dans d'autres livres, mais ce sont à chaque fois les mêmes passages qui manquent. J'ai comme l'impression que c'est délibéré, qu'on nous cache des choses, fit Sunggyu. Ça me frustre aussi, d'autant plus que tu n'as aucun souvenir de cette période.
- Aucun, répéta Dongwoo en lisant les étapes de la bataille contre son propre frère. J'ai l'impression de lire l'histoire de quelqu'un d'autre. Je ne nous reconnais pas dans ce récit, et pourtant l'issue correspond à la vérité. Il a retourné mes pouvoirs contre moi et m'a enfermé dans un cercueil de glace. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi.
Il fouilla dans les divers cahiers mais il ne trouva pas de réponse. Sunggyu le regardait tristement. Il aurait tellement voulu l'aider.
- Ça ne sert à rien de remuer tout ça. La mémoire te reviendra et le mystère se résoudra de lui-même.
- Que vois-je… fit Dongwoo, surpris, en parcourant quelques notes écrites de la main de Sunggyu. Je vois que tu m'aimes bien…
- Quoi ?
Le jeune homme essaya de se souvenir de ce qu'il avait pu écrire. Il rougit aussitôt : il ne pouvait pas nier qu'il avait été attiré dès le départ par le personnage du maître de la glace et son caractère doux et enfantin. Il avait même regroupé des photos de diverses représentations héroïques du dieu lunaire.
- Vous n'avez pas honte de me représenter nu ? commenta Dongwoo en évitant la main vive de Sunggyu qui voulait récupérer ses cahiers.
- C'est de l'art, répondit-il de plus en plus rouge.
- Il n'est pas si petit que ça…
- On range ça maintenant, fit Sunggyu en parvenant à attraper l'objet du délit.
- Attends, je veux lire encore ce que tu as noté sur moi ! s'exclama le dieu avec un grand sourire en se jetant sur lui.
- Non, c'est privé !
- C'est sur moi !
Sunggyu se retrouva à plat ventre sur le sol, le vieux cahier fermement caché sous lui. Dongwoo se mit sur lui en riant, tentant de récupérer ce qu'il convoitait en passant ses mains sous son corps. S'il l'avait vraiment voulu il pouvait très bien envoyer valser Sunggyu à l'autre bout de la pièce, mais c'était plus par jeu que par volonté de continuer à fouiller dans ses notes qu'il se chamaillait gentiment avec lui. En fait, l'attention que cet humain portait à son égard le touchait, et dans l'état de confusion dans lequel il était il en avait bien besoin. Sunggyu n'en démordait pas : il ne le laisserait pas poursuivre sa lecture. Une idée amusante traversa l'esprit de Dongwoo qui commença à lui chatouiller les côtes. Sa victime eut un cri aigu.
- Non ! Non arrête ! s'écria-t-il en riant malgré lui. Arrête, je ne supporte pas !
- Laisse-moi voir alors, fit Dongwoo d'un air taquin. Sinon je continue !
- Pitié Seigneur !
Ils riaient en chœur, oubliant la raison de leurs enfantillages. Sunggyu ne parvenait pas à se retourner pour se défendre, et il n'en avait pas forcément envie, pris par le jeu.
- Et bien… j'aurais dû faire une carrière scientifique, fit une voix. On a l'air de bien s'amuser.
Les deux hommes s'arrêtèrent aussitôt et levèrent la tête vers la porte d'entrée. Myungsoo les regardait avec un grand sourire tandis qu'Hoya et Woohyun étaient estomaqués de voir qui était en train de jouer avec Sunggyu.
- Oh… mon… dieu… murmura Hoya.
- Enchanté ! s'exclama le dieu lunaire. On m'appelle plutôt Dongwoo !
