Bonsoir !
Merci à tous les lecteurs qui suivent cette petite histoire et merci à toutes les personnes ayant pris le temps de m'encourager par une review ! Car franchement, je ne sais pas où je vais avec cette fic !
Bonne lecture !
CHAPITRE 2 : ENVIES DE MEURTRE ET BEGONIAS
Nous venons d'arriver sur un petit parking, non loin de la vitrine qui protège Sainte-Mangouste du regard des passants, ou encore de moldus plus aventureux que la moyenne.
Miss Granger s'est arrêtée devant une voiture grise de taille moyenne.
Elle appuie sur une sorte de clé et la voiture émet de brefs signaux lumineux, accompagné d'un déclic caractéristique à un déverrouillage. Un sort aurait été tout aussi efficace, mais mon ancienne élève s'obstine à s'avilir de ces procédés moldus !
Elle ouvre enfin la porte à l'avant du véhicule et me désigne la place à côté du volant.
- Je peux vous aider à vous installer, Professeur ? propose t-elle d'un sourire sincère en me tendant la main.
Je ne la prendrai pas. Pour plusieurs raisons.
La première est que je ne souhaite pas lui faire ce plaisir. Elle s'est immiscée dans ma vie jusqu'à comploter avec Molly – que je vois arriver vers nous en courant maladroitement, un sachet à la main – tout ça dans le but de me faire venir au Terrier. Et voilà que maintenant elle tente de m'imposer sa façon de vivre et ses choix !
La seconde est dérangeante et me trouble plus que je veux bien me l'avouer. Ses yeux tristes et doux – bien qu'elle essaie de me les cacher – me mettent mal à l'aise. Je n'aime pas son regard posé sur moi. C'est le même genre de regards qu'Albus me réservait lorsque je rentrais lui faire mon rapport après une mission, las, fourbu, désabusé des horreurs vues et commises, affaibli par trop de doloris…
Je n'aime pas cette image de moi. Faible. Pathétique. Je ne veux pas que l'on me voie comme ça. Je ne veux pas qu'elle me voie comme ça !
C'est donc d'un air résolu que je refuse son aide, détournant froidement les yeux de sa main tendue. J'ai malgré tout eu le temps d'entrevoir son air déçu, presque peiné. Désormais, elle y réfléchira à deux fois avant de m'infantiliser de nouveau !
Je pousse sur mes bras pour me redresser et avance prudemment pour m'assoir dans la voiture, mais mes jambes flageolent sous mon poids, pourtant diminué. C'est vrai que j'ai maigri.
Le regard inquisiteur de la matriarche des Weasley sur mon corps laisse à penser qu'elle vient de tirer les mêmes conclusions que moi… Et je sais qu'elle ne me lâchera les semelles qu'une fois remplumé… Merlin, je sens poindre la migraine !
Ça y est ! Après quelques pas, je suis enfin assis dans cette machine infernale.
Molly s'installe à l'arrière, alors que Granger, déjà assise au volant, s'attache à l'aide d'une sangle extensible.
Je l'imite et me ceint de cet étrange tissu noir.
Puis, elle enfonce la clé près du volant et la carcasse de métal se met à ronronner. C'est la première fois que je monte dans une voiture, mais je connais plus ou moins son principe de fonctionnement. Clé, volant, pédales, moteur. Plus ou moins… Mais suffisamment pour qu'elle ne me prenne pas pour un ignare !
- Est-ce que vous avez attaché votre ceinture de sécurité, Professeur ?
- Vous me prenez pour un imbécile, Granger ?
- Non ! Bien évidemment… Je n'oserais… jamais…
Je suis plutôt fier de mon petit effet sur la donzelle et remercie Merlin de ma capacité d'observation ! Si je devais compter les fois où cette dernière m'a été utile, me tirant de situations plus que périlleuses… Dans mon cas, cette capacité tient à l'instinct de survie !
Et se faire conduire par Granger au volant d'un véhicule moldu, si ça ne relève pas de la survie…
- Severus ! s'offusque aussitôt Molly en me tirant de façon plutôt brutale de cette dernière réflexion. Hermione n'a rien dit de mal !
Je me disais aussi… Bien trop longtemps que Molly n'avait pas ouvert la bouche ! Trop beau pour être vrai.
Je grogne mais ne me donne pas la peine de répondre.
Doucement, la voiture commence à bouger. Quoique tanguer serait un terme plus approprié.
Miss Granger tourne le volant et s'insère dans la circulation londonienne. Ses gestes sont appliqués, son visage concentré, exactement comme lorsqu'elle prépare une potion. Un des rares moments où elle ne m'agace pas, d'ailleurs !
Cela fait maintenant une demi-heure que nous roulons, nous éloignant de la grande banlieue pour nous rendre au Terrier.
- Est-ce que vous allez bien Professeur ? Lorsqu'on n'a pas l'habitude de la voiture, les à coups sont parfois désagréables…
- Je vais très bien. Votre sollicitude me va droit au cœur Granger, je réponds ironiquement.
Je peux voir les épaules de Molly se hausser grâce au petit miroir accroché face à moi.
En réalité, ce n'est pas tout à fait vrai. Je ne me sens pas parfaitement bien. Mais je n'ai nullement envie d'encourager Miss-je-sais tout dans une dissertation sur les effets du mal des transports. Elle serait bien capable de me tous les citer, sorciers comme moldus !
- Tant mieux car nous arrivons sur l'autoroute et je vais accélérer ! Comme nous en avons encore pour une heure, il est préférable que vous supportiez la voiture !
Je tourne vivement la tête vers elle, mais regrette déjà ce mouvement violent.
- Une heure ! je m'exclame, sans même m'en rendre compte.
- Oui, hésite t-elle en me scrutant du regard. Vous êtes sûr que ça ira ?
- Granger…
Cette façon d'insister ! Cette curiosité ! Je ne remercierai jamais assez ce vieux chapeau rapiécé de m'avoir réparti à Serpentard à mon arrivée à Poudlard. Et Albus de m'avoir confié la direction de cette noble maison par la suite…
Mais à ce moment, je sens une accélération si forte qu'elle me retourne l'estomac. Je serre les dents et respire plus profondément, plus calmement. Plus fortement aussi, car les deux femmes m'observent bizarrement.
Une heure…
J'ai le cœur au bord des lèvres et ma tête tourne affreusement à la vue de ce paysage qui se rapproche sans cesse. Encore et toujours… Si vite… Peut-être que si je ferme les yeux ? Non, c'est pire encore que lorsqu'ils sont ouverts. Quoi que… Un seul œil, peut-être ? Toujours pas.
Merlin…
ooOoOoOoo
Une heure horrible. Abominable. Et pas la moindre potion anti nausée sous la main !
Je me décrispe lorsque la voiture s'arrête enfin devant le Terrier.
Quelqu'un aurait-il parié, ne serait-ce qu'une mornille, que je serais un jour pressé de mettre les pieds dans cet endroit de malheur ? Pas moi en tout cas !
Alors que je détache ma ceinture d'une main encore tremblante, Miss Granger, déjà dehors, m'ouvre la portière.
Ses yeux pétillent d'énervement, alors que sa main s'empare de mon avant bras pour m'aider à sortir de la voiture. Je fronce les sourcils et ne me gêne pas pour y plonger les miens, sombres et durs. Ne serait-ce pas une pointe de malice que je perçois, là, au fond de ses prunelles ?
- Vous voyez bien que ça n'était pas si terrible ! me taquine t-elle un peu trop familièrement à mon goût.
Je vais lui apprendre moi, qu'on ne me parle pas de cette manière. Jeune insolente !
- Pas si terrible, je siffle dangereusement. En effet, si vous vous contentez du médiocre, ce n'était pas si terrible. Dans ce cas, libre à…
Mais je ne peux poursuivre ma phrase que mon estomac se révulse en une contraction aussi violente que soudaine.
Merlin ! Je viens d'en rendre le contenu sur le parterre de bégonias de Molly, éclaboussant largement la robe et les chaussures de Miss Granger qui n'a pas eu le temps de s'éloigner !
Sur le coup, je suis incapable de bouger, pétrifié de m'être laissé aller devant elles.
Puis, des ricanements, quoique mal assurés, parviennent jusqu'à mes oreilles. « Qui » ose ?
Je lève les yeux pour voir Potter et Weasley, devant la maison, qui me regardent d'un air goguenard.
Autour de moi, le silence s'est fait. Plus un bruit. Plus un mot.
Molly, Miss Granger, et Miss Weasley qui se trouve dans l'embrasure de la porte d'entrée, n'osent plus bouger d'un iota, sentant la tempête arriver ! Ma tempête.
Si le rouquin, rouge pivoine, hésite entre la moquerie et la peur que je lui inspire, le sale gamin, quant à lui, m'affronte d'un regard arrogant le sourire aux lèvres.
Le voir se payer ouvertement ma tête me donne des envies de meurtre !
Je souris méchamment jusqu'à lui faire ravaler le sien. Chose qu'il finit par faire. Bien.
De nouveau en possession de mes moyens, je me dirige vers Miss Weasley le plus dignement possible, essayant de ne pas trahir mon état de faiblesse… Je lutte. Je peine. Mais je ne faillis pas.
Arrivé au milieu du chemin, je me retourne vers la machine infernale où se trouvent toujours les deux femmes. C'est d'ailleurs étrange que Miss Granger ne se soit toujours pas précipitée à mon bras pour m'affliger de sa sollicitude…
- Je m'en voudrais d'avoir fait faner tes fleurs, Molly, je susurre doucement. Evanesco ! Je prononce le sort en direction du parterre qui reprend immédiatement l'aspect qu'il avait avant l'incident.
Molly a l'air ravie de ma feinte amabilité. Trop subtil pour elle.
Quant à Miss Granger, ses yeux oscillent entre le bas encore souillé de sa robe, et les miens, amusés de son air déconcerté.
Parfait…
Il est vraiment horrible ce Severus ! Mais bon, je l'aime quand même !
J'espère que vous avez aimé...
BIZ
