Bonsoir !

J'espère que ce troisième chapitre vous plaira. Il reste dans le même ton que les précédents, avec cependant quelques petites avancées... A vous de juger !

Je remercie également toutes les personnes ayant eu la gentillesse de me laisser une review, dont Sandra à qui je n'ai pas pu répondre personnellement...

Cixy, je te fais un petit clin d'œil pour ce chapitre. Tout est question de couleur... ! Donc, spéciale dédicace !

Sur ce, bonne lecture à tous !


CHAPITRE 3 : ORANGE ET BERGAMOTE

- Surtout, n'hésite pas... Et si tu as besoin de quelque chose, quoi que se soit, demande aux enfants ou fais le moi savoir !

- Merci Molly, je marmonne alors qu'elle lisse son tablier de la paume de ses mains.

- Hermione va t'aider à t'installer. Et fais comme chez toi !

Elle pousse sur la porte et nous invite à entrer, avant de s'excuser.

- Bien, je vous laisse, dit-elle en quittant la pièce, non sans jeter un dernier regard en notre direction.

Et là, alors que je prends connaissance de la chambre que j'occuperai quelques temps, je reçois de plein fouet la confirmation de ce que je pressens depuis que je suis sorti du coma.

Je brûle dans les feux de la géhenne. L'enfer, pour être clair. Un enfer orange.

Pas cet orange qui tire vers le saumon, teinte neutre et plutôt douce, non. Ni celui qui se rapproche du vermillon, chaud et confortable, non. Un orange bien franc, criard, assorti aux cheveux de l'imbécile heureux qui occupe cette chambre !

- C'est une blague ? Je l'interroge, ne cachant rien de ma répulsion.

- Que voulez-vous dire, Professeur ? Je ne comprends pas.

A son air gêné, je vois bien que Granger sait exactement ce que je veux dire…

Afin qu'elle ne puisse pas se dérober, je balaye du regard l'ensemble de la pièce, arrêtant volontairement mes yeux sur la couette orange, sur les tentures orange, sur la descente de lit orange, sur l'abat-jour orange…

Je continuerais bien l'inventaire visuel de ce mauvais goût manifeste, mais je doute que Miss Granger n'apprécie que je vide à nouveau mon estomac sur ses chaussures.

- Oh ! Je sais bien que Ron exagère un peu avec le quidditch, s'exclame t-elle en me désignant les quatre posters géants recouvrant le mur près du lit – Par Salazar, avec tout ce orange, je ne les avais pas encore remarqués - mais il se passionne réellement pour ce sport !

Je lui réponds d'un haussement de sourcils agacé qui lui laisse à penser qu'elle me doit une explication.

- Il a été sélectionné comme gardien remplaçant des Canons, vous savez…continue t-elle avec ce qui ressemble à une pointe de fierté.

- La brave petite Gryffondor se sentirait-elle obligée de défendre les goûts douteux de son petit ami ? Je ne peux m'empêcher de railler, tout en la défiant du regard.

Elle rougit et répond illico :

- Ron n'est pas mon petit ami !

Information intéressante. Il m'avait toujours semblé que ces deux là étaient ensemble. Du moins, lorsque Granger était à un endroit, Weasley n'était jamais bien loin !

- Et Ron sait parfaitement se défendre seul !

Tiens ! Je ne l'avais pas vu arriver celui-là, debout dans l'embrasure de la porte, les joues en feu.

C'est drôle. Elles s'harmonisent parfaitement à ses cheveux – à la chambre également, je constate avec hilarité - et lui donnent un air de petit garçon en colère. Vexé, même, si j'en crois la drôle de façon dont il regarde Granger…

- Ron, je t'en prie… ne commence pas…

- Mais Hermione, c'est lui qui a commencé !

- Je vous prierai de faire preuve d'un peu plus de respect à mon égard. Je ne suis peut-être plus votre professeur, mais j'ai encore en ma possession quelques moyens de vous faire réfléchir quant à votre façon de s'adresser à moi, je siffle dangereusement.

- Tu vois bien ! rétorque t-il en la prenant à parti.

- Il n'a rien dit de mal. Il a juste besoin de se reposer. Tu ne vois pas qu'il sort à peine de plusieurs semaines de coma ? réplique t-elle un peu pincée.

Ne serait-ce pas de l'irritation que j'entrevois ? Quel bonheur ! Granger et Weasley se chamaillant pour moi !

- Rien de mal ? Tu as sûrement dû zapper la partie sur mes « goûts douteux » !

- Non… répond t-elle, légèrement gênée. Je veux dire, il n'est en rien différent de ce qu'il est d'habitude…

- Et que suis-je d'habitude ? Je réplique aussitôt.

Non que je ne sache pas ce qu'elle insinue par là - je sais parfaitement qu'elle évoque mon ineffable sens de la répartie – mais j'ai envie de la revoir rougir.

- J'attends vos explications, Granger !

De la revoir rougir ? Une gêne s'empare soudain de moi alors que je réalise que je viens de la provoquer pour savourer ses joues en feu, si délicieuses… Pas uniquement pour ça, mais je ne peux tout de même ignorer ce fait nouveau. Surprenant. Et inattendu.

Et ça fonctionne ! Ses pommettes s'enflamment, son teint de porcelaine rosit, et – Oh Merlin ! – de légères plaques rouges, signe d'un réel embarras, viennent d'apparaitre sur son décolleté.

Je ne peux m'empêcher de m'approcher d'elle, indéniablement attiré par cette merveille.

Pour noyer le poisson, je lui lance mon regard le plus terrible, mais mes yeux semblent posséder leur propre volonté et retournent se perdre dans ces douces vallées…

J'avance encore, comme hypnotisé.

- Ce que je voulais dire, répond Miss Granger qui n'a visiblement rien remarqué de mon trouble, c'est que votre attitude est toujours la même qu'avant votre coma. Doit-on remercier Merlin pour cela, je ne sais pas, continue t-elle un brin ironique, mais nous ne devons pas nous attendre à un quelconque traitement de faveur parceque nous nous occupons de vous… Je me trompe, peut-être ?

- Granger ! Insupportable…

Alors que je m'apprête à lui expliquer clairement ma façon de penser – que je n'ai en rien choisi de me retrouver coincé dans cette bicoque à moitié bancale, entouré de toute cette marmaille rouquine, que c'est elle après tout qui a insisté pour que je réside ici – alors que je m'apprête à cracher mon venin comme je sais si bien le faire, mes yeux se brouillent, ma tête tourne, vite, très vite, encore plus vite, avant que mon corps ne se mette à tanguer dangereusement vers elle.

Ou plutôt vers ses seins, la faisant se retrouver allongée de tout son long sur le parquet, mon corps recouvrant complètement le sien.

- Professeur ! Oh mon Dieu !

Oh oui, c'est bien moi ton Dieu, Granger…

- Est-ce que vous allez bien ?

Assurément mal pour penser de telles inepties…

- Dîtes-moi quelque chose ! crie t-elle, affolée, en me secouant légèrement le dos et les épaules.

Mais c'est à peine si j'entends ses cris, ma raison hurlant à mon nez de quitter ses seins, alors que mes sens, sans dessus dessous, ne peuvent se soustraire de cette merveilleuse odeur un peu crémeuse, à peine rehaussée d'un léger parfum. De la verveine, des agrumes c'est certain, une pointe de bergamote peut-être… Un parfum léger, qui se fond à son odeur à elle…

- Professeur ! panique t-elle en me voyant toujours sans réaction, Répondez-moi !

J'ai chaud soudainement. Très chaud, même. Si je reste… Alors, je lève le nez de son décolleté pour me retrouver face à son regard inquiet, mais aussi confus.

- Professeur…

Si je suis moi-même plus que troublé de cette situation embarrassante, je ne le lui montre pas, et pousse même le culot jusqu'à afficher un air contrarié, à la limite de l'écœurement.

Granger se prend à mon manège, mais ce n'est pas le cas du rouquin qui nous observe d'un air mauvais. Si un regard pouvait tuer, assurément, je serais mort ! Cependant, le regard de Weasley ne tue pas d'avantage que sa baguette ne transforme un ver de terre en veracrasse !

Pourtant, quelques secondes plus tard, je sens sa poigne se refermer sur l'arrière du col de ma robe.

- Poussez-vous de là, espèce de sale pervers !

- Ron !

Je n'ai même pas l'occasion de me venger, que Molly débarque dans la chambre telle une furie, les cheveux en bataille, alertée par les cris de panique de mon ancienne élève.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Tout ce boucan ! On dirait un troupeau d'hippogriffes ! Severus a besoin de repos ! Oh Merlin ! S'exclame t-elle en découvrant notre proximité plus que douteuse à Miss Granger et moi-même. Sans compter son idiot de fils arrachant presque mes vêtements.

- Ron, lâche-le immédiatement ! Tu ne vois donc pas qu'il fait un malaise ! Si seulement tu avais été un peu plus attentif pendant tes cours de magie d'urgence au lieu de bayer aux corneilles !

Incroyable ingénuité que celle de cette femme !

- Il n'est pas plus malade que moi ! Il profite juste de la situation pour…

- Ronald Weasley ! Sors immédiatement de cette pièce !

- Mais maman…

- J'ai dit immédiatement !

Rappelez-moi de ne jamais me mettre cette femme à dos !

J'entends des grognements de frustration, suivi de quelques pas. Bien.

Je peux maintenant me décoller de Granger sans que cela ne choque personne. Je prends mon temps – après tout, je sors à peine d'un éprouvant coma – et pour donner plus de crédit à mon malaise, grimace au moment de me retourner.

Granger se redresse à son tour, libérée de mon poids, mais je constate avec étonnement que sa main n'a toujours pas quitté mon bras.

- Severus, est-ce que tu vas mieux ? me demande Molly d'une voix douce, presque maternelle.

Je peux voir Ronald Weasley me lancer un regard de haine, plein de rancune, de l'embrasure de la porte où sa mère l'a relégué.

- Merci Molly… Je vais mieux… Tout cet orange… m'a donné la migraine… je réponds d'une voix rauque, une grimace traduisant mon feint embarras.

- J'ai toujours dit que cette fichue couleur n'était pas bonne pour la santé !

- C'est vrai que le orange a tendance à faire augmenter la pression artérielle, enfin, chez les sujets enclins au stress, ou encore chez les personnes physiquement affaiblies comme…

Granger a le bon sens de ne pas continuer sa phrase. Merci bien !

- Dans ce cas, c'est réglé ! Colorius frescia ! D'un coup de baguette, Molly recolore la chambre d'un joli vert d'eau.

Je respire enfin.

- Allez, allez ! Dehors tout le monde ! Severus doit se reposer ! ordonne t-elle fermement en poussant Granger et Weasley hors de la chambre.

Sainte femme.

ooOoOoOoo

Cela fait maintenant quelques minutes que je suis allongé sur mon nouveau lit, regardant sans vraiment les voir ces abrutis de joueurs de quidditch faire les beaux devant leur public. Pathétique. Mais je me fais confiance pour trouver une occasion de m'en débarrasser…

Plus tard, car là, je suis fatigué. J'ai vraiment envie de dormir, de sombrer dans un profond sommeil, d'oublier ces dernières vingt-quatre heures, d'oublier cette infortune qui me fait me retrouver ici, et par-dessus tout, de l'oublier elle…

Mais, au moment même où j'ôte ma robe pour me sentir à l'aise, une odeur remonte jusqu'à mon nez, chatouille mes narines et enflamme mes sens !

L'odeur de Miss Granger. Ou plutôt, l'odeur des seins de Miss Granger !

Merlin, pitié ! Même absente, cette horripilante gamine parvient encore à me pourrir la vie !


J'attends votre verdict ! Qu'en avez vous pensé ?

Vous trouvez peut-être que l'attrait de Severus pour Hermione arrive un peu tôt ? Mais je vous rassure, il est juste physiquement attiré ! Car pour l'instant, elle l'exaspère toujours autant...

Bisous et à bientôt

khalie