Bonjour à tous !

J'ai été un peu longue à écrire ce chapitre... Vraiment, je suis impardonnable !

Merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire et plus particulièrement à Eileen19, Cha Darcy, Elialys, Mél (sarcasme et humeur : je tenterai de garder le cap), Diox Veriteae, Morrigane, Sandra (il y en aura, mais pas forcément dans le sens que tu crois !), Alatariel Melawen, Maha 1959, Cixy, Elena (ta remarque me rassure, ouf !), Miss Lilith Samael, Ilda, Lillylabiche, petitelfbeu, Fandjo et Littlebeegees (je ne sais pas pourquoi mais ta review n'apparait pas et impossible d'y répondre ! Néanmoins un grand merci pour ton soutien^^).

Je vous souhaite une très bonne lecture.


CHAPITRE 4 : ANNONCE ET CONSEQUENCES

Je suis au Terrier depuis trois jours maintenant. La situation pourrait être pire, je l'avoue.

Je passe mes journées dans ma chambre, et n'en sort qu'à l'heure des repas. Entre temps, je m'occupe en lisant les livres que Miss Granger m'a prêtés. « Peut-être pourrez-vous me dire ce que vous avez pensé de la théorie sur la nécessité de l'arithmancie dans la préparation des potions curatives. Enfin, lorsque vous aurez terminé le livre… Si vous le voulez, bien sûr… »

Est-ce que je le veux ? Je n'en sais rien, mais je me sens encore trop faible pour risquer une migraine, une vraie, en m'interrogeant sur une question aussi saugrenue. Discuter d'un livre avec une élève ! Non, une ancienne élève, je rectifie. La situation ne s'est jamais présentée mais j'imagine que je devrais pouvoir survivre. Seulement, discuter avec l'insupportable je-sais-tout… Par Salazar, qu'ai-je fait pour mériter pareille punition !

Bref, durant ces trois jours, j'ai beaucoup dormi et lu. Ce rythme m'évite des rencontres non désirées, quoi que le risque de croiser un des rouquins au Terrier en pleine journée est plutôt faible : les jumeaux démoniaques travaillent dans leur boutique à créer de nouveaux sortilèges dont le principal objectif consiste à ce que les professeurs de Poudlard s'arrachent les cheveux de la tête – qu'ils ne se gênent pas, je ne suis plus professeur de cette école et Minerva n'en est pas à sa première perruque, l'autre nigaud et Granger ont suivi leur sale petit péteux de copain et se sont lancés dans une brillante carrière d'Auror, tandis que la dernière des Weasley a décidé de rejoindre un de ses frères – j'ai oublié son prénom, il y en a tellement - en Roumanie pour dresser des dragons. J'ai d'ailleurs remarqué que ce choix était loin de réjouir Potter, vu la mine abattue qu'il affiche depuis qu'elle a annoncé son départ, hier soir.

Weasley – Ronald – rentre souper chaque soir, Potter et Granger sur ses tallons. Les deux ne repartent que tard dans la soirée, après avoir parlé de choses totalement insignifiantes, voir vides de sens, pendant des heures. Granger sourit, rit parfois des blagues idiotes des ses deux non moins idiots d'amis. Je la croyais plus sensée, plus mûre. Qu'ont-ils de si intéressant pour arriver à la tenir éloignée de ses livres ? Je ne la comprends pas ! Comptent-ils faire ménage à trois ?

J'évite donc de traîner trop longtemps après le repas, à fortiori dans le salon, pour ne pas avoir à supporter leur présence.

Seulement, ce soir, Arthur est rentré plus tôt du ministère, et nous voilà tous coincés à table. Il semble décidé à raconter sa journée, en long, en large, et en travers. Il me prend à parti. Coincé dans une conversation pour le moins ennuyeuse, je n'ai d'autre choix que de rester, ponctuant ses diatribes envers le ministère de hum, pourquoi pas…

Impossible cette fois de m'enfuir dans ma chambre sans passer pour un ours mal léché. Quoi je ne risque pas grand-chose. Ils pensent déjà tous que je suis un être sans cœur, égoïste et ingrat. Ce que je suis sûrement.

- Qu'en penses-tu Severus ?

J'affiche un air indifférent et répond prudemment :

- Que je ne suis pas la personne la mieux placée. Mais j'imagine que je comprends ce que tu veux dire.

Des visages ahuris, yeux écarquillés, bouches ouvertes, se tournent immédiatement vers moi.

Il est vrai que je n'ai rien suivi des dernières phrases d'Arthur, mais tout de même, cette réponse sortie presque machinalement de ma bouche ne peut pas les mettre dans un tel état ! Je m'en suis toujours sorti avec ce type de réponses évasives qui n'engagent à rien, mais ne frustrent pas non plus l'interlocuteur.

- Tu as entendu Hermione ? Severus est d'accord avec moi sur le fait qu'une jeune femme aussi brillante que toi devrait avoir le droit de passer ses ASPIC !

Par Salazar ! Je ne m'attendais pas à ça ! Depuis quand la conversation sur les clubs de golf ensorcelés a-t-elle dévié vers la carrière de Miss Granger ? Cette dernière me fixe, hésitant entre ravissement et méfiance.

- Eh bien quoi ? Ne sois pas si étonnée ma chérie, continue Molly avec un large sourire. Ce n'est pas parceque Severus se montrait exigent sur les résultats attendus pendant ses cours qu'il ne sait pas reconnaître le talent lorsqu'il se présente à lui !

- Il n'a jamais reconnu quoi que se soit chez Hermione ! Il n'a jamais cessé de la rabaisser et a ignoré sa main levée pendant six ans ! Il ne la laissait jamais répondre et lorsqu'elle osait le faire sans sa permission, il retirait des points à Gryffondor ! s'exclame alors Potter, un éclair mauvais traversant ses yeux.

- Harry… Tu sais bien que le professeur Rogue était obligé de jouer un rôle. La moitié des Serpentards étaient des fils ou filles de Mangemorts et l'autre moitié soutenait les idées de Voldemort, réplique Granger d'une petite voix, sans néanmoins me regarder.

Je ne peux m'empêcher de me raidir, tant l'étonnement de voir cette Miss je-sais-tout - que j'ai martyrisé durant des années avec un plaisir plus ou moins dissimulé, je l'avoue - prendre ma défense face à ses amis me laisse sans voix.

Je coule mon regard dans le sien et je comprends à son air qu'elle a perçu mon désappointement. Et là, elle me sourit. Piétine mes dernières certitudes. C'est une sensation étrange qui m'envahit subitement. Une chaleur qui se répand en moi, qui fait battre mon sang dans mes veines, qui fait se retourner le fond de mes entrailles, comme une bête qui grogne en se réveillant d'une longue hibernation.

- Je crois rêver ! C'est de Rogue dont tu parles là ! Tu es entrain de défendre ce vil… Merde, Hermione ! Tu es en train de défendre le type qui a regardé tes dents pousser devant toute la classe en troisième année sans même lever sa baguette ! Et tout le monde se moquait de toi ! s'emporte Weasley, comme si je n'étais pas dans la même pièce à le fusiller du regard.

- Je ne vous permets… Les mots sifflent entre mes dents mais Molly me devance.

- Ronald Weasley ! Excuse-toi immédiatement ! Je t'interdis de t'adresser à ton ancien professeur de cette façon.

- Mais c'est la vérité ! Je ne vois pas pourquoi je devrais lui présenter des excuses !

- Ron !

- Molly… tente de tempérer Arthur.

- Ton père et moi ne t'avons pas élevé comme ça. J'ai vraiment honte de ton attitude. Soit tu t'excuses auprès du professeur Rogue, soit tu montes dans ta chambre.

La tête qu'affiche Weasley en ce moment vaudrait presque la satisfaction de le voir s'excuser face à moi !

- Mais maman, j'ai vingt-trois ans ! Tu ne peux pas m'envoyer comme ça dans ma chambre !

- Tu crois ça ? menace t-elle, le visage rouge de colère, alors que ses poings s'enfoncent dans la chair tendre de ses hanches.

L'imbécile grogne et marmonne en jetant un dernier regard vers Granger et Potter, dont le sourire malsain attire aussitôt mon attention, avant de se retirer à l'étage en trainant des pieds.

- Je suis désolée Severus… il n'est pas comme ça d'habitude.

Si la pauvre femme savait…

- Désolée, se sent également obligée d'ajouter Miss Granger.

- Ah, la jeunesse… Quelle fougue ! Arthur sourit de façon nostalgique, comme perdu dans ses souvenirs. Tu te souviens Mollychérie ?

Je ne veux rien entendre, Merlin pitié !

La dite Molly s'empourpre, avant de s'affairer à débarrasser la table, certainement pour masquer son embarras.

- Tout ça pour dire que le professeur Rogue est d'accord avec nous sur cette injustice, Hermione.

A peine Arthur a-t-il terminé sa phrase que Potter se met à ricaner. Il me fixe droit dans les yeux avec une effronterie qui frise l'impolitesse. Potter, quoi.

- Il dit juste ça parcequ'il n'a pas d'autre choix. Il est coincé ici et n'a ailleurs où aller… Qui voudrait bien l'héberger ?

Pas un bruit, pas un murmure ne trouble le silence qui vient de s'installer dans la pièce. Même Molly s'est arrêtée, une assiette en main, comme statufiée par un petrificus.

Je peux sentir la colère monter en moi. Sale petit merdeux qui se croit tout permis sous prétexte d'avoir vaincu le Seigneur des Ténèbres. Il serait mort mille fois si ses amis, Dumbledore ou moi-même n'étions pas accourus à son secours chaque fois que ce crétin fonçait tête baissée vers la seule chose à ne pas faire !

- Et vous, que faîtes vous ici ? Pourquoi ne retournez-vous pas dans votre trou à rats ? La maison de ce chien galleux n'est pas assez bien pour Sa Majesté Potter ? Oh… mais oui, Molly ne pourrait pas vous moucher le nez et vous auriez bien trop peur que Weasley vous souffle Granger !

Bizarrement, cracher mon fiel me met en de bonnes dispositions.

- Je rentre chez moi tous les soirs et il n'y a rien entre moi et Hermione, me répond t-il calmement sans quitter une seconde mes yeux du regard. Par contre, votre colère à vous prouve votre gêne. Vous ne pensiez pas ce que vous avez dit sur Hermione. J'en suis sûr.

Je tente de ne pas lui montrer qu'il a réussi à me sortir de mes gonds et serre les dents. Je crois que je suis prêt à tout pour lui rabattre son clapet une bonne fois pour toute.

- Bien sûr que je le pense, je réponds calmement. D'ailleurs, si Miss Granger le veut bien – et je glisse mon regard vers la jeune femme qui nous observe anxieusement – je suis prêt à plaider sa cause auprès de cette chère Minerva.

- Par les couilles de Merlin ! L'étonnement du rouquin vient de résonner depuis la cage d'escalier, presque pâle en comparaison des visages ébahis qui se tournent vers moi.

Et que dire de l'air bête qu'affiche ce sale petit arrogant de Potter ?

- Je crois que Monsieur Weasley vient de manquer une marche, je me sens obligé d'ajouter, dans un demi-sourire teinté d'ironie.

Dire que je suis fier de l'effet de mon annonce sur l'assemblée est un euphémisme… Qu'ai-je annoncé déjà ? Ah oui. Que j'irai voir Minerva pour lui demander de permettre à Miss Granger de passer ses ASPIC.

Merlin non…

Je sens déjà poindre la migraine. Comment ai-je pu être assez stupide pour tomber dans ce piège de débutant ? A cet instant, ma haine envers Potter n'a jamais été aussi vivace. Il le voit et me sourit. Je m'apprête à l'attaquer en retour, mais la voix de Miss Granger me détourne de mes desseins aux accents de vengeance.

- Merci ! Vraiment… Je ne sais comment vous remercier, Professeur…

Miss Granger vient de se lever de sa chaise et s'avance vers moi, un peu fébrile, les yeux brillants d'une émotion à peine contenue, les joues roses de plaisir. Elle est plus qu'intéressante comme ça, enfiévrée, presque sauvage. Je reste assis sur ma chaise, les bras croisés contre mon torse, durcissant d'avantage mon regard. La découragera t-il d'avancer plus encore vers moi ? La fera t-il hésiter sur ses phrases, chercher délicieusement ses mots ? La ferais-je encore frissonner et rougir ?

- Je suis sincère… vous… n'étiez pas obligé de vous proposer… ajoute t-elle en bredouillant.

Oh oui, tu rougis et tu trembles, Granger…

- Professeur ? Vous allez bien ?

Et si tu savais de quoi je suis capable… tu ne tremblerais plus, tu supplierais, tu halèterais, tu…

- Peut-être un peu fatigué. Je vais me retirer dans ma chambre.

Ma porte de sortie à ce délire malsain que mon cerveau met en œuvre depuis que je suis tombé le nez entre les seins de mon ancienne élève !

Je me lève, salue brièvement l'assemblée de la tête et me dirige vers les escaliers. Mon regard a néanmoins eu le temps de croiser les prunelles de Miss Granger. J'y perçois son inquiétude et quelque chose qui ressemble à… du dépit !

- Minerva a la peau aussi dure que celle d'une vielle carne. Si vous le désirez, peut-être pourrions nous commencer à travailler votre argumentaire.

Un petit son aigu sort de sa bouche, et déjà son bras attrape le mien.

- Avec plaisir, Professeur ! Rejoignons votre chambre ! A ces mots, ma gorge se noue et mon bas ventre me rappelle douloureusement ce que je suis. Un homme.

A t-elle vraiment conscience de ce qu'elle vient de dire ?


J'espère que vous avez aimé aimé ce chapitre et qu'il vous a fait (ne serait-ce qu'un peu) sourire !

A bientôt

BIZ à tous