Bonjour à tous !

Je reprends enfin l'écriture de cette fic, mise un moment de côté afin de finir l'Arcane sans nom, puis délaissée, trop absorbée par la naissance de mon merveilleux petit garçon... Bref, je me sens maintenant prête à continuer, tout en espérant que l'histoire continue à vous plaire !

Bonne lecture !


CHAPITRE 5 : CANICULE ET DOUCHE GLACÉE

Cela fait près d'une heure que nous sommes dans ma chambre à travailler la défense Miss Granger. Doit-on appeler cette conversation une défense, je ne le sais pas, mais ce qui est certain, c'est que je dois tout savoir des derniers entretiens de cette enquiquineuse avec Minerva.

S'il me faut l'accompagner et l'aider pour lui obtenir l'autorisation de passer ses ASPIC – maudit soit Potter ! – autant qu'aucun détail susceptible de faire péricliter cet entretien ne m'échappe ! Maîtriser. Contrôler. En toute circonstance.

- Je n'en reviens toujours pas que vous fassiez ça pour moi, Professeur ! s'exclame mon ancienne élève, assise en tailleur sur mon lit alors que je lui fais face sur une chaise.

Je marmonne ce qui pourrais ressembler à un « pas de quoi » en m'efforçant d'être le plus convainquant possible, ce qui est loin d'être aisé.

- Votre opinion… hésite t-elle en baissant les yeux sur le livre qu'elle malmène de ses doigts depuis quelques secondes. Eh bien… votre opinion a toujours beaucoup compté pour moi. Plus que celle des autres professeurs de Poudlard !

- Vous m'en voyez flatté, je renifle sur le ton du sarcasme.

- Je ne plaisante pas, Monsieur, réplique t-elle vivement. Vous avez toujours été le plus difficile à contenter. Vous ne laissiez rien passer et nous poussiez à aller plus loin, au point de m'avoir plus d'une fois fait douter de mes capacités en cette matière.

Comment peut-elle louer mon enseignement alors que je n'ai eu de cesse de faire de sa vie dans ma classe un enfer ! Je ne lui ai, certes, jamais retiré de points injustement – je n'ai jamais considéré que sanctionner l'impertinence soit injuste – mais je ne lui en ai jamais octroyé non plus, et ce malgré son travail appliqué et ses bonnes réponses…

Alors, comment réagir à de tels aveux ? Peut-être en étant sincère avec elle. Après tout, ne l'a-t-elle pas été envers moi ? Et si la situation venait à déraper, si le pouvoir menaçait de basculer en sa faveur… eh bien, je pourrais toujours me retrancher derrière ma chère impassibilité et lui lancer un petit pique de mon cru.

- Pour moi, enseignement n'a jamais rimé avec complaisance, je réponds en la fixant du regard. Et ce n'est pas en distribuant des « bons points » que l'on obtient l'excellence ! M'auriez vous rendu des parchemins plus longs que demandé, auriez vous cherché à prendre tant d'avance sur le programme, si j'avais gratifié vos copies d'un optimal ?

- Vous voulez dire… vous voulez dire que…

- Quand diable, finirez-vous vos phrases, Granger ? Je demande en levant les yeux au ciel, une pointe d'agacement teintant volontairement ma voix.

- Que mes copies valaient un optimal ?

Son visage s'anime et ses prunelles brillent comme de l'or au soleil alors qu'elle me pose cette question avec espoir et anxiété.

- D'après vous ? J'ai pleinement conscience de jouer avec ses nerfs et m'en amuse.

- Oh… s'empourpre t-elle en couvrant sa bouche de sa main.

Je ne prends pas la peine de répondre mais la regarde fixement d'un air dégoûté. Hors de question que ces aveux à mots couverts ne lui donnent trop d'assurance ! Hors de question de la voir prendre le pouvoir. Je ne laisserai pas cette gamine se croire en terrain conquis. Hors de question.

A croire que cela fonctionne car je la vois se rembrunir. Ses lèvres se pincent, ses joues rougissent, et ses yeux… me jettent des éclairs !

- Pourquoi faîtes vous ça ? Pourquoi faut-il toujours que vous soyez méchant ? Pourquoi cherchez-vous à m'humilier sans cesse ? Par Godric, s'écrie t-elle d'une voix humide qui, étrangement, me fait me sentir mal, qu'ai-je bien pu vous faire pour que vous me détestiez de la sorte !

Elle vient de se lever du lit et ses jambes tremblent si fort qu'elles s'entrechoquent. C'est tout juste si je me rends compte que mes mouvements ont accompagné les siens et que je suis maintenant face à elle, la dominant de toute ma stature, oubliant momentanément la froideur qui masque mes émotions.

Je fais un pas de plus vers elle, faisant fi de sa colère assassine.

- Est-ce mon amitié pour Harry que vous ne supportez pas ? me défie t-elle alors que ma main gauche saisit son avant bras.

C'est à mon tour de ne savoir que répondre. Mais certainement, Miss Granger a raison sur ce point. Pourtant, je sens que je dois taire cette semi vérité. Décidément, ce coma m'a vraiment ramolli le cerveau !

- Ou mon sang vous dégoûte t-il à ce point que vous ne sachiez me regarder sans cet air d'avoir avalé un nid de cafards ? finit-elle en laissant les larmes couler librement sur ses joues.

Elle tremble de plus belle, son corps se balance de côté et je la sens se crisper sous ma main. Instinctivement, ma seconde se pose sur son épaule et la rapproche vers moi. Et avant même que je ne réalise ce que je viens de faire, Granger est déjà contre moi.

- Non, ce n'est pas ça, sont les seuls mots que je parviens à prononcer. Et même à mon oreille, leur son me semble étrange, plus rauque que d'habitude.

Que m'arrive t-il ? Pourquoi est-ce que je tiens cette fille dans mes bras. Suis-je en plein cauchemar, ou suis-je véritablement là, entrain de la laisse pleurer de ton son saoul contre mon torse ? Et par dessus tout, pourquoi je me sens incapable de l'éloigner de moi ? C'est ce coma bien sûr ! Ce satané coma ! Et tous ces soins prodigués par Molly qui finiront par me rendre aussi docile qu'un tatou !

A mesure, ses sanglots s'espacent, son corps se détend. Elle lève des yeux encore humides vers les miens et me demande d'une voix impérieuse qui me surprend :

- Dans ce cas, qu'est-ce que c'est, Professeur ?

Ce « professeur » dans sa bouche à cet instant est presque impudique. Ses yeux brûlent, semblent hésiter entre la colère et un sentiment que je ne comprends pas nettement. Ses joues rougissent, créant un contraste délicieux avec le reste de sa peau si blanche, et sa poitrine, pressée contre mon torse et dont j'aperçois la naissance, se soulève rythmiquement, de plus en plus vite.

Par Merlin ! Miss Granger me regarde et halète, les lèvres entrouvertes. Maîtriser. Contrôler. En toute circonstance. Mais je ne contrôle plus rien. Ne veux plus rien contrôler !

La main qui était posée sur son avant bras remonte vers sa tête, se perd dans ses cheveux, glisse le long de sa nuque et l'incite à se rapprocher d'avantage encore de moi, ce qu'elle fait volontiers. Et en un éclair, mes lèvres franchissent les derniers centimètres qui me séparent des siennes et gouttent la douceur de sa chair tendre. Le contact de sa peau m'électrise, littéralement, et je presse plus fort encore mes lèvres contre les siennes alors qu'un léger cri étouffé sort de sa bouche.

Je me rends compte de la brutalité qui m'a animé, de la violence de mon étreinte, et enfin de ce que je viens de faire ! Merlin tout puissant, je viens d'embrasser Granger !

Face à cette terrible réalité, je me fige et me raidis.

Nos bouches se sont désunies, mais sont si proches encore que je peux sentir un léger courant chatouiller mes lèvres et ma langue. Un courant dévastateur, qui se propage dans ma nuque, descend le long de ma colonne et foudroie le creux de mes reins. Je m'entends à peine gémir contre sa bouche quand –

Toc ! Toc ! Toc !

- Professeur Rogue… heu… excusez-moi, hésite une voix légère que j'identifie comme étant celle de Miss Weasley. Hermione est-elle encore avec vous ? Coq vient d'apporter un message…

Coq… Qui est ce Coq ? De quoi parle t-elle ? Que vient-elle faire ici, celle là !

- Miss Weasley, je grogne de colère et d'impatience tout en m'écartant de Granger, soudainement prise de panique.

J'imagine qu'elle craint que son amie puisse nous découvrir dans cette fâcheuse posture, bien que la porte de ma chambre soit fermée. Cela ne devrait me faire ni chaud ni froid, mais à l'idée qu'elle puisse avoir honte d'être vue de la sorte avec moi, je sens monter une petite rage.

- Excusez-moi, bredouille la rouquine.

- Transmettez ce message et laissez-nous !

- Bien sûr… C'était juste pour prévenir Hermione que Viktor arrive demain matin. Son transfert chez les Canons a eu lieu avec deux semaines d'avance, finalement. Alors, heu… bonne soirée et excusez-moi.

Le petit cri que pousse Granger étouffe presque le résonnement des pas de Miss Weasley à travers la porte. Je la scrute d'un regard inquisiteur, bien qu'encore troublé de ce qui vient de se passer entre nous.

- Je suis désolée, s'excuse t-elle en se dirigeant vers la porte. Je n'aurais jamais dû. J'espère que vous pourrez oublier… ajoute t-elle en se pinçant la lèvre inférieure. De mon côté, je ferai le maximum pour faire comme s'il n'était rien arrivé, continue t-elle en remettant de l'ordre dans ses vêtements alors qu'il me semble qu'un poids énorme vient de tomber sur ma poitrine.

Oublier ! Faire comme s'il n'était rien arrivé ! Je la fixe, extérieurement impassible. Je suis très fort à ce jeu là. Seulement, pour la première fois de ma vie, je suis bien incapable de trouver le fiel qui me fera siffler ces mots cinglants que j'affectionne tant. Parfaitement incapable.

De toute façon, elle s'est déjà enfuie de ma chambre. Et le mot est faible !

Suis-je si effroyablement laid, qu'elle sorte en courant, comme si le diable en personne était à ses trousses ? Qu'elle me le dise en face dans ce cas ! Qu'elle ose affronter mon regard ! Ne se joue pas de Severus Rogue qui veut !

Je passe ma cape sur mes épaules avec emportement et rejoins le couloir où je percute de plein fouet Miss Weasley, décidément, ils sont bien trop nombreux dans cette maison !

- Encore vous ! je souffle méchamment.

- Oh !

Sa voix tremble et son mouvement de recul trahit la crainte que j'exerce sur elle. Bien. Reprise de contrôle.

- Encore une fois, Professeur, je suis vraiment désolée. Mais j'ai cru qu'Hermione serait contente d'apprendre que son fiancé serait là plus tôt que prévu. Vous comprenez…

- Non.

Son fiancé ? Par Salazar ! Alors c'est pour cette raison que Granger s'est enfuie ? Et que se serait-il passé si Miss Weasley n'avait pas interrompu nos ébats ? Aurait-elle finalement pensé à lui et se serait-elle ravisée, ou bien…

- Ou pas… ajoute mon ancienne élève, étonnée par cette brusque réponse, ou plutôt par ma soudaine retraite dans ma chambre.

Mon pouls s'accélère, je le sens. D'un mouvement sec, je sors ma baguette et referme violemment la porte derrière moi, avant de faire disparaître ces arrogants se pavanant sur un balai d'un evanesco bien senti ! C'est fou ce que cette petite rage dévastatrice me fait du bien ! Et cerise sur le gâteau, je n'ai plus à trouver de stratagème pour me débarrasser de ces posters… Trop tard…


Pauvre, pauvre Severus ! Je ne suis pas très gentille avec lui^^

Plus sérieusement, j'espère que ce chapitre vous a plu et que le style n'est pas trop différent des premiers... Ce n'est pas vraiment évident de reprendre une histoire après une longue pause...

A bientôt

khalie