Bonjour,
Le chapitre 6 arrive enfin ! Un grand merci à toutes les personnes qui ont eu la gentillesse de laisser un commentaire...
Ce chapitre a été corrigé par la talentueuse Morrigane. Merci à elle !
Bonne lecture.
CHAPITRE 6 : COUTUME BULGARE ET FRICOTAGE
C'est demain soir que Granger a rendez-vous avec Minerva. Mon état ne me permet pas encore de transplaner, nous prendrons donc le Poudlard Express.
Bien évidemment, je lui ai conseillé de ne pas mentionner ma présence dans la note qu'elle lui a envoyée. L'effet de surprise devrait aller en notre faveur : je connais suffisamment Minerva pour savoir qu'il ne faut pas trop lui laisser le temps de réfléchir. Je me mords la langue de l'avouer, mais malgré son âge, la bougresse est plus que vive d'esprit !
Bref, nous avons toutes les cartes en main, et hormis une bourde de mon ancienne élève, je devrais parvenir à la faire plier.
Une bourde de mon ancienne élève…
En parlant de cette dernière, je n'ai pas eu l'occasion de voir Miss Granger en tête à tête - si je peux m'exprimer ainsi - depuis près de trois jours, depuis que Krum a débarqué de Bulgarie pour faire l'idiot sur un balai avec l'autre imbécile de Weasley.
Est-ce à cause de ce qui s'est passé l'autre soir ? Peut-être est-elle gênée depuis cet… incident.
Mais je pense plutôt qu'elle est trop occupée à tenter de battre le record d'apnée avec Victooor. Chaque fois que je les vois, ils sont pendus aux lèvres l'un de l'autre. C'est parfaitement indécent.
Ce type m'insupporte ! Sûr de lui, arrogant, flagorneur… Mais aussi plus que lent d'esprit ! Je me demande ce que Granger peut bien lui trouver.
D'ailleurs, il a beaucoup de chance que ma magie soit encore trop faible pour ce genre de sorts, sinon, je… - cette mouche m'insupporte ! Depuis plus d'une heure, elle tourne autour de moi, bourdonne près de mes oreilles, frôle mon nez… Sûr que c'est cette foutue goule à l'odeur de ravegourde qui l'attire ! Non mais qui, de nos jours, garde une goule dans son grenier ?
Merlin, pitié, hâtez ma guérison, que je puisse – saleté de mouche ! D'un geste vif, je dégaine ma baguette, la pointe vers la cible mouvante qui finit par se poser sur la commode – grossière erreur – et décoche un sort qui grille instantanément l'insecte sur place. Bien. Reprise de contrôle.
Seulement, ce simple geste m'a épuisé.
Je souffle en réalisant que Granger et moi ne pourrons pas transplaner demain, ce qui nous contraindra à prendre le Poudlard Express et à passer une nuit à l'école mais je souffle aussi en réalisant que je suis encore loin d'avoir quitté cet horrible endroit…
Trop d'étrangetés, même pour un sorcier, trop de Weasley, et surtout trop de bruit !
- Professeur Rogue ! J'entends hurler du bas des escaliers.
- Qu'est-ce que je disais !
- Le dîner est servi, vous pouvez descendre !
Je ne prends pas la peine de répondre, mais me lève du lit, pose sur la table de chevet le livre que je lisais distraitement, et sors de la chambre.
Lorsque j'arrive dans la salle à manger, je constate qu'ils sont tous là. Inhabituel, mais je ne fais aucune remarque et m'installe sur la dernière chaise vide, aux côtés de Miss Granger qui m'adresse un léger sourire avant de reprendre sa conversation avec Potter et Weasley.
- J'ai posé mon après-midi demain pour aller supporter Ronald et Viktor à leur premier entrainement chez les Canons, rayonne Arthur en levant son verre de bieraubeurre en guise de toast.
- A vous, les garçons !
- Je suis tellement excitée d'assister à cet entrainement. Tu te rends compte ? Les Canons de Chudley ! Qui eut cru que mon grand frère fasse un jour partie d'une équipe, s'exclame la plus jeune des Weasley.
- Je suis juste gardien remplaçant, répond alors l'intéressé, non sans que ses joues ne prennent une coloration rouge brique, qui jure affreusement avec ses cheveux.
- Tu rigoles, c'est génial mon vieux ! s'enthousiasme alors le survivant. Dommage qu'Hermione ne puisse pas nous accompagner.
- Oui, c'est vrrraiment dommage, répète bêtement Krum.
- Tu es sûre que Mc Go n'avait pas d'autres possibilités que demain soir ? Et puis, tu n'es pas obligée d'y aller avec lui, insiste Ronald Weasley en me jetant un regard méchant. Comme ça, tu pourrais transplaner, ce qui t'éviterait de te lever aux aurores demain pour prendre le train, et donc de rater notre entrainement.
- Non, Ron. Encore une fois, je te répète que le professeur Mc Gonnagall a un emploi du temps très chargé et qu'elle n'avait pas d'autre créneau de disponible. Et oui, j'ai besoin que le professeur Rogue m'accompagne, finit-elle d'une voix qui ne laisse place à aucune contestation.
Je note également l'air réprobateur de mon ancienne élève lorsque Weasley a appelé leur directrice de maison « Mc Go ». J'aime l'idée qu'elle puisse être en colère contre lui.
- Quand même, c'est vachement important pour moi et Viktor.
- Viktor et moi, lorsqu'on est poli, le reprend t-elle.
- Ron, l'entretien d'Hermione est également très important. Et Severus s'est démené pour qu'il se déroule au mieux, intervient Arthur.
- N'exagérons rien !
Tous les regards, y compris le mien, se tournent vers cet impertinent de Potter. Je vois rouge mais ne compte pas entrer dans son jeu.
- Pour une fois, je suis d'accord avec vous, Potter, je ricane en levant les yeux vers le petit groupe. J'ai certes promis d'aider Miss Granger, et c'est ce que je m'évertue à faire, mais je ne vais pas non plus gâcher mes dernières forces dans cette entreprise, avouons-le, plus qu'hasardeuse.
Je crois que ma réplique a fait mouche car tous me regardent, bouche entrouverte et yeux écarquillés, stupéfaits de me voir approuver Potter. Ce dernier étant d'ailleurs le plus atteint, comme stupéfixé.
Seule Granger a baissé les yeux. Le rouge lui monte délicieusement aux joues. Bien.
- Je ne comprends toujourrrs pas, Herrrmione, pourquoi tu veux passer cet examen…
L'intéressée s'apprête à répliquer, mais Molly la devance, apparemment très remontée.
- Eh bien moi, je la comprends, s'exclame t-elle vivement. Les femmes doivent toujours tout sacrifier pour leur mari et leur famille, même lorsqu'elles sont brillantes ! Ce n'est pas juste, et il est bien temps de rajuster les choses, comme chez les moldus !
- Molynette…
- Oui, oui, Arthur. Pour une fois, je suis d'accord avec toi. Les moldus sont bien plus en avance dans ce domaine. Et Ginny, ne t'avise surtout pas d'écourter tes études pour un garçon, continue t-elle à l'intention de sa cadette, tout en jetant un regard en biais au survivant qui fait mine de ne pas comprendre l'allusion.
Comme c'est drôle. Je ne me suis plus amusé comme ça depuis longtemps.
- Et quel qu'il soit ! ajoute t-elle en levant un index impérieux.
Là, je ne peux m'empêcher de ricaner légèrement, de façon à ce que seul le trio m'entende. Evidemment, Potter réagit immédiatement en me lançant un regard pas piqué des vers. Pas de quoi s'enorgueillir cependant. Personne ne rivalise avec mes œillades assassines.
- Je pars rejoindre Charlie en Roumanie, maman ! Dans le genre choix-de-carrière-audacieux-pour-une-fille, je pense largement obtenir la première place, non !
Potter rougit de plus belle. Je sens mon cœur se gonfler d'allégresse.
- Oui, oui, ma chérie. C'est juste que je me suis un peu laissée emporter.
- Je ne savais pas votre mère si engagée dans le droit des sorcières, les enfants…
Décidément, cette petite conversation est plus que réjouissante – comparativement à la compagnie de la goule, j'entends. Je devrais sortir plus souvent de ma chambre, tiens !
- Dans mon pays, les sorcièrrres ne travaillent pas, ou rarement, explique Krum à l'adresse de Molly.
Je sens, plus que je ne vois, Granger se raidir sur sa chaise.
Je ne sais pourquoi – enfin, si – mais je pense que cette coutume bulgare ne lui convient pas vraiment. Allez Granger, un petit effort, juste un petit, pour montrer à cet arrogant la maîtrise de ta langue bien affutée !
Mais pourquoi ne réagit-elle pas ? Diantre, que lui arrive t-il ?
Je tourne discrètement la tête vers elle et remarque son air gêné, ses joues rougissant de plus en plus. Que… Par Salazar ! Krum vient de glisser subrepticement sa main sur une de ses cuisses.
- Ah bon, marmonne Weasley, la bouche encore pleine de gratin de courges.
- C'est très mal vu, continue t-il avec aplomb, comme s'il n'était pas en train de peloter Miss Granger sous la table.
Ses doigts ont maintenant écarté un pli de la jupe portefeuille, découvrant une peau blanche, crémeuse, certainement douce… Oh, Merlin…
- Même dans l'enseignement ou la médisorcellerie ? demande alors Arthur qui, au son de sa voix, semble étonné des dires de Krum.
Mais je n'écoute plus vraiment la conversation, hypnotisé, tétanisé par la vision qui s'offre à moi. Par cette peau que la main de Krum découvre un peu plus encore.
- Ces domaines sont réserrrvés aux hommes car se sont eux qui détiennent les connaissances…
- Ce n'est pas juste Viktor, réplique Hermione que cette dernière explication semble avoir réveillée.
- Mais c'est ainsi… depuis la nuit des temps… Et je pense que les hommes sont meilleurrrs pour ces métiers. Ils ont de l'autorité pour faire face aux élèves et savent garrder leur sang froid devant des blessés grrraves… ajoute Krum pour étayer ses propos, tandis que sa main s'aventure sous la jupe.
Impudent ! Comment ose t-il la toucher de la sorte, à table, au risque d'être vu de tous ! J'ai du mal à retenir ma colère alors que sa main s'insinue plus encore entre ses cuisses et remonte, remonte… Ma gorge se serre, se sèche. Il ne peut quand même pas…
- Non ! C'est à peine si j'ai conscience d'avoir quasiment hurlé ce mot.
- Non ? répète Molly, étonnée.
- Vous allez bien, Professeur ? demande maintenant Granger.
Reprendre le contrôle, immédiatement.
- Non, j'appuie calmement, cette fois.
A nouveau, tous les yeux se tournent vers moi, et je me vois dans l'obligation d'argumenter cette dénégation.
- Je veux dire, bien sûr que les hommes ont naturellement ce genre d'aptitudes que décrit Monsieur Krum, bien nécessaires à ces métiers –
- On voit que vous ne vous êtes jamais fait prendre par Mc Go ! me coupe impoliment Weasley.
- Le professeur Mc Gonnagall, Ron, le reprend Granger, visiblement excédée.
La main de Krum est-elle toujours posée sur sa cuisse ? Malheureusement, je ne peux me permettre de vérifier sans que cela attire l'attention de la tablée…
- Mais les femmes, je continue en posant un regard sévère vers l'effronté qui a osé me couper, les femmes ont d'avantage de patience avec les enfants, et bien plus d'empathie envers les malades. En outre, j'ajouterais que les femmes sont bien souvent plus courageuses que les hommes. Et il est inutile d'ajouter que ces qualités sont plus qu'essentielles à ces corps de métiers.
- Bien dit, Severus ! s'exclame alors Molly, rose de plaisir.
A ce moment, la conversation s'anime, les avis fusent de tous sens, et je peux enfin reporter mon attention sur ma voisine sans me faire remarquer.
Mon intervention a-t-elle fonctionné, ou Granger a-t-elle décidé que Krum allait trop loin, mais sa main vient de stopper fermement la sienne.
Krum prend un air renfrogné.
Tous l'attribuent à ma petite intervention qui vient de le faire passer pour un rustre arriéré, mais je mets également sa soudaine mauvaise humeur sur le fait qu'Hermione vient de repousser discrètement sa main de ses cuisses.
Aussitôt, mon corps entier se détend. Je n'avais pas conscience d'être tendu jusqu'alors.
Pourquoi la relation de Granger avec ce Krum me dérange-t-elle autant ? Pourquoi mes poils se hérissent-ils à la moindre vue de leur corps rapprochés ?
Ces questions me hantent à tel point que je ne remarque pas immédiatement que Miss Granger me fixe du regard. Ou du moins, fixe mon regard posé sur ses genoux… Je lève les yeux vers elle et la scrute.
Elle sait que j'ai tout vu.
Et c'est à mon tour de me sentir gêné. A-t-elle aperçu mon désarroi, ma colère, mon envie d'étrangler Krum ? Elle devrait en jouer… Mais elle m'observe d'un air grave, presque troublé, avant de se lever précipitamment de table sans même prendre la peine de remettre sa chaise en place.
- Excusez-moi, je ne me sens pas très bien, bafouille t-elle en quittant la pièce.
Merlin…
J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu...
A bientôt
khalie
