Bonjour,
Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de laisser un commentaire ou qui ont mis cette histoire dans leurs favoris...
Un grand merci également à Morrigane qui a corrigé ce chapitre.
Bonne lecture !
CHAPITRE 7 : MURMURES ET PROPOSITIONS
Le quai 9 ¾ est quasiment désert : quelques passagers qui se rendent très certainement à Pré-au-Lard, une silhouette encapuchonnée dont je suis bien aise de ne pas apercevoir le visage – très certainement une harpie ou un vampire – Hermione Granger ainsi que moi-même.
Nous ne nous attardons pas sur le quai, mais montons directement dans le train. Nous nous installons d'un accord tacite, d'un simple regard devrais-je dire, dans le dernier compartiment du wagon. Je laisse entrer Miss Granger et fais coulisser la porte vitrée qui nous isole des bruits provenant du quai.
- Puis-je ? Je propose de l'aide à mon ancienne élève qui s'escrime à hisser sur le porte-bagages un panier à l'intérieur duquel est enfermé un énorme chat roux à l'air maussade.
- Oh, merci ! C'est très gentil à vous. C'est que Pattenrond fait son poids…
Pattenrond… Un drôle de nom pour un drôle d'animal !
Je m'interroge sur les raisons qui ont amené Miss Granger à emporter son chat avec nous. Il aurait très bien pu rester dans son appartement, ou encore au Terrier à courir après les gnomes de jardin. J'ai dû hausser un sourcil, ou peut-être me connait-elle bien au final, car elle anticipe ma question.
- Pattenrond a toujours adoré Poudlard. L'école a été sa première maison, vous savez… Je crois d'ailleurs qu'il connait le château et le parc comme sa poche ! N'est-ce pas, Pattenrond ?
L'animal la fixe de ses grands yeux jaunes, visiblement peu ravi de se retrouver coincé de la sorte.
- Il ne vous répondra pas, je rétorque, presque moqueur.
- Evidemment. C'était purement rhétorique.
Je reconnais bien là mon ancienne élève et me retiens d'esquisser un sourire.
- Mais tout comme moi, il sera très heureux de retrouver Poudlard.
- Peut-être, je réponds pensivement tout en ôtant ma cape que je replie soigneusement à mes côtés, alors que Granger s'installe sur la banquette face à moi.
A ce moment, le contrôleur siffle le départ du train et les portes se referment. Déjà, le moteur vrombit, la locomotive crache sa vapeur, les roues crissent, s'actionnent, et le train démarre enfin.
Le paysage défile sous nos yeux, toujours plus vite, jusqu'à ce que le train trouve sa vitesse de croisière, toute propice au repos. Seulement, au terme de longues minutes, je ne parviens toujours pas à trouver le sommeil.
Des images flottent dans ma tête. Celle de Granger dans mes bras, notamment, me hante au plus haut point. Je revois ses lèvres humides et entrouvertes, sa poitrine qui se soulève… Je ne dois plus y repenser. Elle est fiancée à son satané joueur de quidditch !
Je me cale dans le fond du dossier et tente de vider mon esprit, sans davantage de succès. Et c'est bien pire encore, car là, c'est cet imbécile de Krum que je vois ! Je le vois la toucher sous la table, l'embrasser… Et je ne le supporte pas !
Merlin, je crois bien que je suis jaloux !
Fichu Krum ! Fichue Granger !
Je ne suis vraiment pas prêt de m'endormir, car voilà qu'un bruit dérangeant, joyeux mélo de cliquetis sonores, parvient à mes oreilles. Je rouvre les yeux et aperçois Miss Granger en train de sortir tout un tas d'objets d'un petit sac en tissu brodé de perles.
Sur le coup, je reste sans voix. Plus qu'ingénieux, ce sac extensible ! Granger est vraiment intelligente, car ce n'est pas une simple valise magiquement rétrécie, non, mais un sac qui permet d'emmener avec soi une sacrée quantité d'effets. Je me demande pourquoi je n'y ai moi-même jamais pensé. Quoique j'affectionne véritablement ma vieille sacoche de cuir…
Mais c'est son appartement tout entier qu'elle a dû emmener, au vu du fouillis étalé sur la banquette. Bouteille d'eau, biscuits, petite trousse de toilette, brosse à cheveux dont elle devrait se servir plus souvent, clés, foulard, paquet de mouchoirs, agenda, pull, croquettes pour chat… et même l'onguent que Molly passe sur ma cicatrice chaque soir ! Je l'avais oublié celui-là… Visiblement, pas Granger !
- A ce rythme, vous feriez mieux de tout retourner, fais-je remarquer narquoisement.
- Suis-je bête ! s'exclame-t-elle alors en pointant sa baguette au dessus du sac. Accio mots croisés ! Accio stylo ! Accio L'Arithmancie revisitée ! Accio baladeur !
- Par Salazar, je vous en prie… J'en attrape la migraine !
- Ne vous moquez pas, Professeur. J'aime que tout soit parfaitement organisé. Le pire pour moi, c'est d'être prise au dépourvu. Je suis comme ça depuis toujours, et j'ai beau prendre des résolutions, je n'arrive pas à faire autrement !
- A vrai dire, je ne vois pas pourquoi vous devriez changer.
- Ron et Harry me trouvent trop rigide, et même Viktor dit que je manque parfois de spontanéité…
Elle se mordille nerveusement la lèvre inférieure et je dois me retenir pour ne pas la basculer sur la banquette, là, dans ce train, et lui forcer la bouche.
Merlin, je deviens fou…
- Ils ont tort, je réplique calmement, ne laissant rien paraitre des démons qui m'habitent. Je crois d'ailleurs que Monsieur Potter et Monsieur Weasley ne seraient pas allés bien loin dans leur chasse aux horcruxes si vous n'aviez pas été à leurs côtés.
Est-ce bien moi qui ai dit ça ? Mes lèvres ont-elles véritablement laissé s'échapper ces mots ? Comment ai-je seulement pu me laisser aller à ces confidences à ce point ?
Je pense que Miss Granger est aussi abasourdie que moi car elle me fixe, bouche entrouverte. Mais je remarque également ses yeux humides, brillant d'une émotion à peine contenue.
- Je… commence t-elle d'une voix chevrotante. Je peux vous proposer de la lecture, se reprend-elle, ou encore de la musique ?
- Pourquoi pas, je réponds en la fixant du regard, augmentant sans vraiment le vouloir notre gêne commune.
- Voici le casque et… comme ça, oui, pour mettre en route, explique t-elle en me montrant comment manipuler l'objet. Et pour le son…
- Je ne suis pas un moldu, mais je ne suis pas pour autant totalement ignorant de leurs technologies, Granger ! Et je n'ai pas non plus besoin que vous répétiez deux fois les choses, j'ajoute d'un air agacé en ajustant le petit casque sur mes oreilles.
- Je ne voulais pas vous vexer…
Son léger sourire plus que son ton me fait douter de la sincérité de ses regrets. Je crois même qu'elle se moque gentiment de moi.
Pourquoi diable, suis-je incapable de trouver quoi que ce soit à répliquer ? Ou peut-être n'en ai-je pas vraiment envie… Tu te ramollis mon vieux Severus !
Je mets en route le baladeur et me laisse bercer par une voix douce et féminine que je ne connais pas, alors que Miss Granger se plonge dans ses mots croisés.
L'après-midi est maintenant bien avancé et je m'étonne moi-même de rompre le calme de notre voyage.
- Votre chat, dis-je tout en désignant le félin confortablement installé sur les genoux de Granger et qu'elle caresse distraitement. Monsieur Krum aurait pu le garder. Cela aurait été plus pratique.
- Oh, répond t-elle, étonnée que j'engage la conversation. Comme je le disais, il sera très heureux de retrouver Poudlard… et… Viktor n'aime pas trop s'occuper de Pattenrond. Il n'aime pas trop les chats en réalité, et en plus il rentre tard de ses entraînements…
- Je vois.
- Et vous, est-ce que vous aimez les chats ? interroge t-elle le plus sérieusement du monde.
Si j'aime les chats ? Je me fous des chats ! Du moins, je les tolère tant qu'ils ne me dérangent pas. Mais je crois que la réponse que je vais apporter revêt une importance particulière aux yeux d'Hermione.
- Les chats sont des compagnons intelligents et calmes. Et les gens qui ne les aiment pas manquent souvent de… subtilité, j'ajoute d'un air parfaitement innocent.
- Viktor… manque parfois de subtilité, souffle t-elle d'une seule et petite voix tout en s'empourprant.
Je hausse les sourcils et l'observe longuement. Sa main a quitté le dos du félin et tortille nerveusement le pan de sa robe. Bien.
- Est-ce si important ? je demande d'un air faussement détaché.
- Peut-être… Je ne sais pas… Je ne sais plus trop, en fait. Je crois que je ne le connais pas autant que je le pensais.
Continue sur ce terrain, Granger ! C'est exactement là que je souhaite que tu t'engages !
- Vous êtes pourtant fiancés !
- Oui, l'été dernier. Il m'a invitée en Bulgarie et m'a fait sa demande. J'ai accepté. Un homme comme lui, s'intéresser à moi ! A part ma capacité à recracher les livres, comme vous me l'avez si souvent fait remarquer, je n'ai pas grand-chose pour moi. On ne peut pas vraiment dire que je sois une beauté ! Lui, dit qu'il me trouve belle… mais je doute…
Mon cœur bat plus fort. Elle ne s'est pas jetée dans les bras de Krum par amour, non. Elle avait peur de finir seule. Comment peut-elle seulement penser qu'un homme ne puisse pas la trouver belle ! Je la trouve belle, moi.
- Dans ce cas, croyez-le. Et Monsieur Krum apprécie peut-être les femmes intelligentes… j'ajoute d'un ton spécieux, donnant l'impression de ne pas vraiment y croire.
- Il me regardait étudier des heures durant à la bibliothèque, l'année où Poudlard a accueilli le tournoi des Trois Sorciers. Même aujourd'hui, il me regarde souvent lire. Mais dès que j'engage la conversation sur un sujet autre que le quidditch, il me dit que ça ne l'intéresse pas, qu'il veut juste être à mes côtés.
- C'est plutôt flatteur, j'ironise franchement, cette fois.
- J'avoue que… je m'ennuie parfois. Intellectuellement. Il est assez… rustre, continue t-elle en faisant mine de regarder le paysage pour me cacher la rougeur qui colore subitement son visage. Et… même dans ses gestes, il manque de… finesse.
Elle n'a pas bougé, fuyant désespérément mon regard.
Mon pouls s'accélère de plus belle et ma respiration se fait plus pressante.
Je me penche alors vers elle, faisant fuir le chat de ses genoux, pose une main de chaque côté de ses cuisses sur la banquette, et frôle ses cheveux de mes lèvres entrouvertes.
- Dans ce cas, je murmure suavement au creux de son oreille, qu'attendez-vous pour passer à autre chose ?
Sans attendre sa réponse, je me lève, satisfait de l'effet que je viens de produire sur elle, et quitte prestement le compartiment.
Moi-même, j'ai bien besoin de prendre l'air.
J'espère que ce chapitre vous a plu...
Pour le contenu du sac d'Hermione, je me suis juste inspirée de mon propre sac à main : à quelques croquettes près, je m'y retrouve ! Sauf que le mien n'a rien de magique... Je ne vous raconte pas le poids !
Pour la chanson, j'imagine un air de Suzanne Vega.
A très bientôt
khalie
