Bonjour !
J'espère que vous me pardonnerez cette (très) longue attente... et que vous serez toujours prêts à suivre cette histoire...?
Du coup, pour éviter ce type de désagréments, j'ai préféré tout terminer. Donc, pas de déconvenues cette fois ci ! Je publierai le reste rapidement.
En fait, je manque de temps pour écrire et c'est vraiment dommage car j'ai quelques idées ! C'est toujours comme ça : du temps, pas d'idées et pas de temps, des idées... Grrr
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.
CHAPITRE 8 : RUSE ET ARGUMENTS
Je n'ai pas remis les pieds ici depuis des lustres, mais rien ne semble avoir vraiment changé.
Toujours ces mêmes pierres grises. Toujours ces mêmes couloirs parcourus de courants d'air glacials. Toujours ces mêmes cornichons d'élèves qui ne pensent à rien d'autre que tirer au flanc !
Poudlard restera toujours Poudlard, je ne peux m'empêcher de penser en montant l'escalier qui mène au bureau de Minerva, Miss Granger trottinant à mes côtés.
Depuis, disons… la suggestion que je lui ai faite dans le train, cette dernière évite autant que faire se peut de croiser mon regard. Je sens néanmoins ses yeux se poser sur moi, par moments. De mon côté, je feins de ne pas m'en apercevoir, ce dont elle me sait gré, je pense.
- Vous, hum…
- Je ? l'interroge t-elle d'un haussement de sourcils.
- Vous… n'êtes pas trop fatigué, Professeur ? me demande t-elle d'une mine inquiète, rompant par une banalité le silence gêné qui s'était installé entre nous. Un tel voyage en train, si peu de temps après être sorti de Sainte-Mangouste… Je me demande si c'était bien raisonnable…
- Il est vrai que mon dos me fait encore terriblement souffrir et que mes blessures sont loin d'être guéries… Si mon état venait à s'aggraver, vous n'aurez qu'à vous en prendre à vous-même ainsi qu'à votre égoïsme, je réponds d'un ton désinvolte qui la rend perplexe.
Quelques instants seulement. Car c'est un rire charmant, clair et presque espiègle, qui tinte à mes oreilles.
- Vous vous moquez de moi, ce n'est pas très gentil de votre part !
- C'est parceque je ne suis pas quelqu'un de gentil, je réplique aussitôt.
- Permettez-moi d'en douter, Monsieur…
Je lui réponds par un bref rictus sensé en dire long sur mon état d'agacement. Miss Granger, vous m'enquiquinez ! Voilà ce que cet air signifie !
Mais au fond de moi, je dois bien admettre que j'aime lorsqu'elle me nargue de la sorte. Allez, Granger, cherche-moi encore un peu ! Voilà ce que cet air ne dit pas. Voilà ce que je pense, en réalité.
Mais au fait, depuis quand m'appelle t-elle Monsieur ? Non, non, non, cela ne me convient pas du tout ! J'aime l'entendre m'appeler Professeur. Dans sa bouche, cela a un quelque chose de…
- Je suis toujours votre professeur, Granger !
- Pardon ? Je ne comprends pas…
- Vous m'avez appelé « Monsieur ».
- Je ne suis plus votre élève et… Attendez ! Vous avez toujours dit à Harry de l'appeler « Professeur » ou « Monsieur »… Dans ce cas, pourquoi…
Je ne répondrai pas.
Je crois d'ailleurs qu'elle n'attend pas de réponse, et au vu de ses joues rougissantes, Merlin seul sait ce que sa petite tête a bien pu s'imaginer ! Qu'elle me trouble plus que de raison ? Que je m'imagine sans cesse la presser contre moi, forcer ses lèvres, dénuder son corps, et…
Auquel cas, me voilà dans la bouse de dragon jusqu'au cou ! Elle n'hésitera pas à se servir de ma faiblesse, c'est certain.
- Si je puis vous être agréable d'une quelconque façon, me dit-elle, ses prunelles chocolat rivées aux miennes, je continuerai à vous appeler « professeur », Professeur.
La pointe d'ironie de sa voix et le dernier professeur, presque susurré, ne m'ont pas échappés.
Je stoppe net mes pas et accroche définitivement son regard. Le fait-elle exprès ? Cherche t-elle à me déstabiliser ou prendrait-elle sa revanche pour l'avoir troublée dans le train tout à l'heure ? Car enfin, je suis un homme, et un homme ne peut rester insensible à de telles déclarations, non ? Merlin, est-elle si ingénue qu'elle ne le laisse supposer ?
Un léger sourire, presque gêné, se dessine sur ses lèvres.
Et soudain, d'autres scènes de ce type me reviennent en mémoire…
Mon cœur rate un battement.
Je crois… Non, je suis certain que Granger est attirée par moi sans vouloir se l'avouer ! Sinon, pourquoi se serait enfuie de table hier soir ? Pourquoi soufflerait-elle ainsi le chaud et le froid ?
Par Salazar… Cette gamine est horripilante ! Je devrais être irrité de son hésitation, vexé qu'elle tente d'ignorer son attirance à mon égard, mais au lieu de ça, je ne pense plus qu'à une chose : lui faire reconnaitre son erreur !
Un rire malveillant suivi d'un bruit fracassant – Peeves, sans nul doute – me tire de ces pensées légères et me fait prendre conscience que ce n'est ni le lieu ni le moment pour réfléchir au comportement de Granger. Dans quelques instants, nous seront face à Minerva, et il me faudra être au meilleur de moi-même pour affronter mon ancienne collègue.
- Si vous voulez vraiment m'être agréable, je réponds d'une voix que je veloute tout en prenant soin d'articuler chaque syllabe de ce dernier mot, effacez ce sourire niais de votre visage, et préparez-vous à affronter votre ancienne directrice de maison !
Ma réponse a dû faire mouche, car je la vois se renfrogner gentiment, retrouvant dans son expression cette petite fureur contenue que je lui connaissais en classe lorsque je la malmenais…
Bien. Reprise de contrôle.
- Bravoure et honneur, s'adresse t-elle alors à la gargouille qui pivote pour nous laisser entrer dans le bureau directorial.
C'est une Minerva stupéfiée de me voir aux côtés de Granger qui nous reçoit, oubliant presque les règles élémentaires de bienséance si chères à la maison de Godric !
Sûr qu'elle ne s'attendait pas à tomber sur moi…
- Miss Granger. Severus… balbutie t-elle en se levant du fauteuil de chintz d'Albus.
- Professeur McGonagall, répond à son tour Hermione, un large sourire étirant sa jolie bouche. Je suis très heureuse de vous revoir.
- Minerva, j'ajoute en écho aux salutations d'Hermione.
- Je… Eh, bien... Je ne m'attendais pas à votre visite, Severus…
- Hermione, dis-je tout en insistant sur son prénom - ce qui manque de faire basculer les deux femmes - a eu l'amabilité de s'occuper de moi durant ma convalescence. Mon état ne me permet pas encore de rester seul, aussi je n'ai eu d'autre choix que de l'accompagner…
Pour la réussite de notre affaire, j'ai bien évidemment omis de dire que je réside au Terrier et que Molly, qui ne me lâche pas d'une semelle, aurait parfaitement bien joué son rôle de garde-malade.
Minerva plisse les yeux, trahissant ainsi sa perplexité face à mon assertion. Elle doute, c'est certain, mais ne réplique pas.
D'un geste de baguette, elle fait apparaitre deux sièges rouge et or, et nous invite à nous asseoir. Son regard acéré se pose alternativement sur nos personnes. Ce manège dure depuis un certain temps, certainement dans le but de nous déstabiliser. Sauf que Minerva semble oublier que je connais ses tactiques de guerre… Je claque une langue impatiente, et la reine mère se décide enfin à prendre la parole :
- S'occuper de vous durant votre convalescence… reprend-elle d'un petit couinement moqueur. Miss Granger a toujours eu un grand cœur… et un intérêt certain pour les causes désespérées !
- Les elfes ne sont pas une cause désespérée… D'ailleurs, la SALE compte de plus en plus de membres chaque année… rebondit aussitôt l'intéressée.
J'avais complètement oublié cette absurde lubie qu'a Granger de vouloir donner des droits aux elfes de maison. Je m'abstiens cependant de répondre, avant de faire le rapprochement avec ce que Minerva vient de dire. Vieille carne rabougrie ! Je ne suis pas une cause désespérée !
Je serre les dents. Ce n'est pas encore le moment d'attaquer.
- Je ne pense pas que ces quelques défenseurs de plus fassent la différence au regard de siècles de servitude, mais je ne vous ferai pas changer d'avis, Hermione, n'est-ce pas ?
- Non, Professeur.
A cette réponse toute pleine de conviction, Minerva sourit.
- D'ailleurs… et c'est le but de ma visite, continue Miss Granger, encouragée par la bienveillance de la Directrice, quoi qu'un peu moins assurée aussi, je n'ai pas non plus changé d'avis sur ma volonté de passer mes ASPIC.
- Je serais prête à vous accepter en septième année, je vous l'ai déjà dit...
- Je suis désolée Professeur, mais je ne me vois pas retourner dans la tour Griffondor comme si rien ne s'était passé alors que tant de mes camarades ont disparu, c'est au dessus de mes forces…. Et sans Ron et Harry….
- J'avoue ne pas vraiment comprendre… On vous a proposé d'intégrer le département des Aurors avec Messieurs Potter et Weasley et vous avez largement prouvé votre valeur lors de la guerre !
- Je… je ne souhaite pas faire une carrière d'Auror. J'ai suivi Harry et Ron ces dernières années, c'est vrai, mais chaque fois que je prenais part à un combat… Merlin… Je ne suis vraiment pas faite pour ça ! Je déteste ça ! Si je l'ai fait, c'est parcequ'ils avaient besoin de moi… Harry et Ron. Il fallait vérifier les pistes que nous avions, faire des recherches sur les horcruxes, élaborer un plan…
Ses mains, qui reposent sur ses genoux, se mettent à trembler.
- Miss je-sais-tout… je conclue, cherchant son regard afin de la tranquilliser.
- Calmez-vous, Hermione, ajoute immédiatement Minerva en se levant de son siège. Je ne me doutais pas de vos craintes. Je vous avais toujours imaginée intrépide et même un peu frondeuse, je l'avoue…
Ses doigts noueux sont maintenant posés sur l'épaule de Miss Granger en signe de réconfort.
- Quant à vous, Severus, ce n'est pas le moment d'affubler cette pauvre enfant de surnoms cruels !
- Mais Madame la Directrice, le professeur Rogue ne se moquait pas ! me défend-elle, presque avec fougue. Il cherchait juste à terminer mes pensées… Celles que je n'osais formuler tout haut…
La tête de Minerva en cet instant vaut son pesant de gallions !
- Hermione ! Mais vous prenez sa défense ? Par Godric, le monde tourne à l'envers !
- Le monde n'a jamais tourné que dans un sens, Minerva, je rétorque avec ironie. Et Miss Granger n'a jamais voulu devenir Auror, c'est évident. Même moi, qui n'était ni son directeur de maison et encore moins son professeur préféré, j'ajoute en ricanant, aurais pu vous le dire si vous m'aviez posé la question !
- Et depuis quand êtes vous devenu misanthrope, vous ! s'exclame Minerva tout en essayant de contenir sa fureur face à cette attaque qui, j'en suis certain, l'a blessée dans on orgueil. Dieu ce que les Griffondor peuvent être transparents !
- Je n'ai aucunement envie de devenir misanthrope, grand bien m'en fasse ! Je suis juste observateur.
- Vous insinuez que je ne connais pas ma propre élève ?
- Miss Granger est méticuleuse, curieuse et logique. Elle n'a rien à voir avec ces deux ânes bâtés que sont Potter et Weasley. Elle est faite pour la recherche, l'enseignement, les disciplines où l'on fait fonctionner son cerveau… Certes, elle pourrait se contenter de jouer les gros bras au département des Aurors tout en agitant bêtement sa baguette, mais franchement, ne serait-ce pas un énorme gâchis ?
Miss Granger me regarde presque haletante, les yeux humides de gratitude et les joues cramoisies.
Elle est la tentation même. Ma tentation.
- Sac à gargouilles ! s'exclame alors le portrait d'Albus, qui vient d'apparaitre dans le cadre jusqu'alors vide. Je crois que c'est la première fois que je vous entends complimenter un élève, Severus.
- Une ancienne élève. Ce qui est parfaitement différent, Albus, je réponds un peu trop rapidement à mon goût.
Ont-ils remarqué ma gêne ?
- Si cela peut vous faire plaisir… réplique Minerva l'air moqueur, ce qui me donne envie de l'étrangler.
- Ce qui me ferait plaisir, Minerva, serait que vous revoyiez votre position sur le fait de permettre à Hermione de passer ses ASPIC.
Oui, c'est bien moi, Severus Rogue, qui viens de prononcer ces mots, qui viens de demander égards et compassion pour Granger, et à Minerva qui plus est !
Oh, Merlin !
Mais le regard empli de reconnaissance de mon ancienne élève fait taire ce début de mortification qui commençait à monter en moi.
- Merci, Professeur, annonce humblement cette dernière.
Je note que ses mains, toujours posées sur ses genoux, ne tremblent plus, et que la gauche glisse subrepticement sur le bord du siège, comme une invitation à la saisir. J'essaie de taire ce geste inconscient qui a fait glisser ma propre main vers la sienne, et me concentre à nouveau sur ma cible, le regard interrogateur.
- Je crois qu'expliqué de la sorte, je n'ai pas vraiment le choix, concède enfin cette vieille bique d'écossaise.
- Oh, merci ! s'exclame aussitôt Miss Granger dont l'enthousiasme la pousse vers les bras de la Directrice.
- Allons, allons… Ne nous emballons pas trop tôt… Le ministère ne peut pas faire un examen pour votre unique personne. Vous devrez donc attendre la fin de l'année pour le passer, en même temps que les élèves de septième année.
- C'est fantastique ! je suis si heureuse ! Mais… l'année scolaire démarre juste et je ne souhaite pas commencer la formation d'Auror en attendant… Et si je reste chez moi, j'ai peur de ne pas suffisamment me préparer pour l'examen… Oh, Merlin…
- Hermione, coupe gentiment Minerva. Vous auriez été capable de passer vos ASPIC dès la fin de votre cinquième année…
- Sauf votre respect Professeur, je crois que vous me surestimez…
Je retrouve bien là mon ancienne élève, paniquée à l'idée de ne pas réussir, et décide d'exploiter cette faiblesse à mon avantage.
- Si je puis me permettre, Minerva, il y aurait peut-être une solution. Miss Granger pourrait rester à Poudlard cette année, non en tant qu'élève puisqu'elle ne le souhaite pas, mais en qualité d'apprentie.
Le visage de Granger rayonne de joie et d'excitation tandis que Minerva semble envisager sérieusement ma proposition.
Si cette dernière accepte, je ferai d'une pierre deux coups. Je resterai à jamais celui qui a donné l'occasion à Granger de reprendre sa vie en main, et cerise sur le gâteau, je l'éloignerai de son joueur de quidditch pour une paire de mois !
- Le professeur Vector va faire de la recherche cette année. Je crois bien qu'elle ne serait pas contre un peu d'aide. Il me semble que vous appréciiez l'arithmancie, ma chère ? interroge Minerva.
- Oui, bien sûr, et je serai ravie d'assister le professeur Vector ! C'est merveilleux ! Je ne saurais comment vous remercier ! Et vous aussi, Severus ! s'exclame t-elle à mon attention tout en me saisissant les mains.
Cette étreinte que je n'ai pas vue venir me fait me raidir de tout mon corps. Je ne m'attendais pas à ça et ne sais comment réagir sauf la dévisager longuement, surpris de ce geste.
Ses yeux chocolat pétillent de bonheur, son sourire illumine son visage, et je me rends compte avec lucidité qu'il en est fait de moi.
Elle serre mes mains un peu plus encore avant de s'apercevoir de ma stupéfaction, et de les libérer. A mon plus grand regret.
Zut ! Que n'ai-je su rebondir à temps ? Etreindre ses doigts, serrer ses mains, couler mon regard dans le sien… Les options ne manquaient pas et pourtant, je suis resté planté là, parfaitement incapable de réagir. Zut ! Zut ! Zut !
Maintenant rougissante, très certainement embarrassée, elle détourne son regard du mien et bredouille de vagues excuses pour se retirer, prétextant devoir organiser ses nouvelles obligations.
- Je vais prévenir Molly et Viktor par hibou. Je n'en reviens toujours pas…
- Nous en reparlerons demain avant votre départ, Hermione.
- Évidemment, Professeur.
- Comme il est tard, je vais demander à ce que votre souper soit servi dans vos appartements. Le vôtre, continue Minerva à mon attention, est resté inoccupé depuis… Enfin, personne n'est parvenu à y entrer, y compris le professeur Slughorn qui vous a remplacé à la direction de la maison Serpentard…
Je lui réponds par un petit sourire narquois qui la fait se rembrunir. Cependant, elle ne renchérit pas et continue d'un air entendu :
- Je vais faire en sorte que les elfes installent vos effets personnels dans l'appartement voisin à celui de Severus, Hermione. Puisque vous semblez apprécier sa froide maussaderie…
Miss Granger ne pipe mot, rougit jusqu'aux oreilles, et s'enfuit presque du bureau. Je m'apprête à lui emboîter le pas, mais Minerva me retient par la manche de mon pourpoint :
- Ça fait du bien de vous revoir, Severus. A vrai dire, ces petites joutes me manquaient…
- Et de mon côté, j'avais presque oublié à quel point vous étiez coriace.
- Auriez-vous un peu de temps à m'accorder ? Puisque vous êtes là, j'ai à m'entretenir de certaines choses avec vous…
ça vous a plu ? On continue ? Bien évidemment, vos remarques et commentaires sont plus que bienvenus !
A bientôt
khalie
