Bonsoir !
Comme promis (quoique avec un peu de retard aussi...) voilà la suite de cette histoire.
Un grand merci à tous ceux qui suivent cette fic, et plus particulièrement à ceux ayant eu la gentillesse de me laisser un commentaire : ça fait toujours plaisir d'avoir votre ressenti, de savoir ce qui vous plait ou non...
Bonne lecture !
CHAPITRE 10 : RAISON ET SENTIMENTS
Quatre jours. Quatre jours que je n'ai pas vu Granger.
Je pense sans arrêt à cette péronnelle. J'y pense à cet instant précis, alors que le lourd heurtoir résonne sur la porte d'entrée de mon cottage.
Laissant Poppy trier et récupérer les potions dans la cuisine, je me dirige vers l'entrée et ouvre la porte avec humeur, avant de me radoucir à la vue d'une Hermione Granger totalement bouleversée.
Bien. Reprise de contrôle.
- Mais je vous en prie, Miss Granger, je veloute suavement en la transperçant presque du regard. Entrez...
Ses cheveux en bataille encadrent son visage rosi par le vent frais du crépuscule, et aussi très certainement par une course de quelques miles, ce que confirment son souffle précipité et sa poitrine qui se soulève rythmiquement.
- Dans le cas où vous l'auriez oublié, vos facultés de sorcière vous permettent de transplaner... J'ajoute d'un ton mi moqueur mi sarcastique.
- Je sais, me répond t-elle encore essoufflée, ses prunelles chocolat rivées aux miennes.
- Mais vous êtes venue à pieds de Poudlard.
- Je suis venue à pieds.
Silence gêné de sa part, regard interrogateur de mon côté.
- Ma magie... est perturbée, en quelque sorte...
- Je vois.
Un autre long silence gêné.
Puis, je m'écarte du seuil et me glisse de côté, le bras ouvert en direction de mon modeste salon afin de l'inviter à entrer. Ce qu'elle fait sur son séant, sans hésiter un seul instant.
A ce moment, Poppy sort de la cuisine, se saisit de sa cape et de sa serviette et vient à ma rencontre en souriant.
- Eh bien Severus, à demain, m'assure t-elle en me pressant gentiment l'avant bras. Miss Granger, ajoute la médicomage d'un digne hochement de tête, très différent du chaleureux au revoir dont elle vient de me gratifier.
- Ça ne sera pas la peine, Mrs Pomfresh, dit alors Granger d'un air hautain en guise de bonjour.
- Pardon, Hermione ?
- Je vous disais, Mrs Pomfresh, de ne pas vous donner la peine de revenir demain. Je m'occuperai personnellement des soins du professeur Rogue.
- Mais ce sont des soins très spécifiques...
- Et qui ne m'ont posé aucun problème jusqu'alors. Je réalisais moi-même ces soins jusqu'il y a quatre jours encore.
La petite rusée oublie de dire qu'elle ne m'a appliqué qu'une seule et unique fois l'onguent. Episode vexant que je m'efforce d'ailleurs d'oublier.
Poppy observe Granger d'un regard brûlant, inquisiteur, qui me fait soudainement prendre conscience de l'empressement de cette dernière à venir chez moi ces derniers jours. Poppy est une belle femme, un peu plus âgée que moi, mais encore très désirable...
Merlin tout puissant !
Je réalise que pour la première fois de ma misérable vie, deux femmes s'intéressent à ma personne et se jalousent mutuellement. A vrai dire, je comprends maintenant la vanité que pouvait retirer Lucius de ce genre de situations qui étaient loin d'être rares ! Foutu Malefoy !
- Severus ? M'interroge alors la médicomage, convaincue de ma préférence.
Je pose mes yeux sur elle, puis sur Granger qui semble retenir des larmes de rage.
Sincèrement, la péronnelle mériterait amplement que je l'éconduise. Ne m'a t-elle pas humilié au pire des moments, fait me sentir plus vieux et laid que je ne me sais déjà !
Je devrais lui dire de partir, de ne plus revenir, jamais, d'aller rejoindre son joueur de quidditch à la gomme et pourtant, ses yeux maintenant baissés, ses poings serrés et tremblants, sa venue jusqu'ici...
- Merci Poppy, mais vous avez fort à faire je le sais avec la rentrée. Votre présence à Poudlard est indispensable, j'ajoute prudemment tout en inclinant le menton.
- Vous savez néanmoins pouvoir compter sur moi, Severus.
- Evidemment.
La médicomage s'affaire, lance un reducto sur le carton de potions qu'elle m'a commandées avant de le fourrer dans sa serviette et de sortir, ignorant superbement sa cadette, toujours dans ses petits souliers.
Popy partie, je reste planté face à Granger, attendant qu'elle lève les yeux vers moi, ce qu'elle finit par faire.
- Alors c'est ici, l'antre de Severus Rogue, me lance t-elle d'un petit sourire gêné.
- Je crois que le mot antre est bien choisi, je ricane en la menant au salon.
Salon plus que chichement meublé, vu les circonstances : vieux canapé de cuir usagé, table basse en bois au vernis écaillé qui me sert également à prendre mes repas, et grande bibliothèque. Vide. A mon plus grand regret.
- Veuillez excuser ce... désœuvrement... mais vous n'êtes pas sans savoir que la totalité de mes biens ont été incendiés, je m'excuse, moi-même étonné de me sentir obligé de me justifier face à elle.
Ma réaction, cette réaction, me laisse perplexe.
Moi qui me fout comme d'une guigne de l'opinion d'autrui !
Sauf que la sienne semble compter à mes yeux. Par Salazar, me voilà fait comme un rat !
- Ne vous excusez pas, Severus, me répond t-elle en me tendant un petit carton d'une main hésitante.
Mon prénom entre ses lèvres murmuré me procure de doux frissons le long de ma colonne. Que je tente d'ignorer. Non, je dois m'efforcer de ne plus penser à elle de cette façon ! Penser à elle de cette façon me fait commettre des actes qui me rendent faible et vulnérable. Non, non, non !
Et pourtant...
Je hausse un sourcil perplexe, sensé dissimuler la tempête qui fait rage au plus profond de moi, et me saisit finalement du petit paquet.
- Je l'ai réduit.
- Je le vois bien ! je ne peux m'empêcher de lancer plus rudement que souhaité. Les habitudes, très certainement...
D'un coup de baguette, je rends sa taille initiale au carton que j'ouvre d'un autre sort. Sous mes yeux ébahis, des livres par dizaines. Métamorphose, potions, arithmancie, romans moldus et sorciers, et même un exemplaire de l'histoire de Poudlard !
Je la regarde, bouche bée je l'avoue, attendant une explication qui tarde pourtant à arriver.
- C'est à dire que...
- N'avez-vous pas des étagères à remplir dans vos quartiers ?
- Il y avait déjà tant de livres, sans compter ceux de la bibliothèque, et la réserve qui m'est maintenant autorisée !
- Donc ? J'insiste, dubitatif.
- Donc, je me suis dit que comme vous n'aviez plus de livres, et moi plus de place... Je me suis dit que...
- Pourquoi ne pas les avoir laissés chez vous, dans votre appartement ? Je la coupe, piqué au vif.
- Eh bien, je n'ai comme qui dirait plus d'appartement.
- Plus d'appartement ?
- Et plus de fiancé non plus, ajoute t-elle en se mordant nerveusement la lèvre inférieure.
Je la regarde, à court de mots. Ai-je bien compris ?
- Voyez-vous... j'ai beaucoup réfléchi depuis... enfin, depuis... vous voyez ce que je veux dire...
- Oui. C'est à peine si je reconnais ma propre voix. Même à moi, ce timbre me semble étrange.
- Alors, je l'ai quitté. Et maintenant je sais...
Mon coeur va sortir de ma poitrine s'il continue à battre de la sorte !
- Bien.
Je n'ai jamais été adepte des phrases à rallonge et parler pour ne rien dire m'agace au plus haut point, mais là, je crois que je bas tous les records !
Par Salazar ! Elle est libre, est venue à moi, avec quelques prétextes en poche - livres et soins - il est vrai, mais est tout de même venue. D'ailleurs, cet aveu est si inattendu que je ne sais quoi ajouter. Quant à tenter une quelconque approche... Peut-être cette annonce pousse t-elle à réflexion !
- Severus, souffle t-elle d'une petite voix - nouvelle salve de frissons - êtes vous d'accord ? Les livres, je veux dire...
- J'accepte volontiers... Hermione.
Eh oui, finalement les choses avancent entre nos deux protagonistes !
Sachez en tout cas que ce chapitre était l'avant dernier.
Peut-être trouvez-vous le revirement d'Hermione un peu trop rapide ? Je me suis posée la question en écrivant cette suite, puis me suis dit que tout était très intense entre eux depuis le début, très rapide et que sa décision ne pouvait que suivre cette voie... Severus est lui même assez sûr de lui et de ce qu'il veut la plupart du temps, et un Severus qui sait, ça aide à prendre des décisions !
Bref, j'espère que vous avez aimé ?
Dernier chapitre fin de semaine.
BIZ
khalie
