Me revoilà, avec un peu moins d'attente que la dernière fois ^_^''

Et si tout va bien, la suite va pouvoir avancer un peu plus vite j'espère, maintenant que ma trame de fond est terminée ^_^x

Au dernier découpage, la fanfic comporte de quoi faire 20 updates. Nous voici à la 10ème.

Rien ne dit que quelques chapitres ne s'y ajouteront pas encore. Mais ca vous donne au moins une idée de la taille de la fic et du positionnement de cette update charnière sur l'ensemble de l'histoire. ^-^

Sur ce, bonne lecture ^_^ !

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UNDER COVER


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Chapitre 9.

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Quand il eu fini de transférer les données des disques dur et clés USB en sa possession, le lieutenant de police Marty Deeks - toujours enchevêtré dans les décombres de la villa mise à mal par ses propres soins - envoya un simple SMS à l'agent Beal.

« Mission terminée ».

Terminée.

Classée.

Enfin.

Lâchant un long soupir de soulagement, Deeks resta un long moment plongé dans le noir, sans plus aucun écran pour illuminer son environnement.

Il ne savait pas si cela venait d'un manque d'oxygène dans l'espace encombré qu'il occupait, ou d'une blessure dont il ignorait l'existence. Mais il était épuisé. Lessivé.

Plus une once d'énergie transitait en ses veines.

Au loin, il pouvait entendre une nouvelle vague de sirènes de police. [1]

Il espérait vraiment qu'ils n'avaient pas oublié l'ambulance.

Parce qu'un lit, même une civière, n'aurait pas été de refus à cet instant.

Il commençait à se faire trop vieux pour souffrir de si peu. À moins qu'il ne manque plus simplement de pratique, comme aimerait sans doute lui rappeler Sam. Déjà qu'il en avait après Callen, lui reprochant presque chaque jour son faible niveau d'entraînement sportif qui devait pourtant égaler le sien… Mais comment s'entraînait-on à jouer les terrassiers, au juste ?

Après plusieurs minutes, Deeks regretta qu'il n'ait plus de disque dur à brancher. Même s'il se contentait d'observer la barre de progression, l'inaction complète lui tournait le cerveau.

Démuni de toute excuse pour ne plus affronter sa situation, il dut songer sérieusement à la suite des évènements. Pour l'instant, on pouvait dire qu'il était dans de beaux draps.

Il ne doutait pas une seconde que Johnny Torrio se soit échappé. Mais qu'en était-il de sa couverture ? S'il ne voyait pas ce qui aurait pu dévoiler sa véritable identité, il était presque certain que l'homme suspectait, d'une manière ou d'une autre, un acte de trahison. Ou alors, pourquoi tous ces hommes de main cherchaient-ils à le tuer un peu plus tôt ? Cela signifiait clairement qu'il était devenu une cible. Pour ne pas dire : un mort en suspend. Aucun témoin direct incriminant Johnny Torrio n'ayant encore survécu, il n'y avait pas de raison que cela change avec lui.

Face à ce constat. S'il avait, a priori, sauvé ses preuves en transférant une copie au NCIS, il espérait encore pouvoir fournir les pièces originales au LAPD. Un doublet qui devrait suffire à les sauver de la corruption et des dessous de table.

Mais restait à mettre la main sur Johnny Torrio pour que tout cela ait de la valeur !

Des preuves sans accusé ne feraient que bloquer un peu plus toutes les procédures en cours.

Il se devait donc de retrouver « Le renard », quand ce dernier cherchait certainement lui-même à le retrouver pour l'éliminer…

Une pensée absurde lui vint aussitôt en tête.

L'idée d'assister à la déchéance physique du traître qu'il avait presque adopté n'aurait pas de prix pour Johnny. Il aspirerait à le voir souffrir sous sa main. Comme il ferait tout pour le récupérer. Cela signifiait que pour avoir une chance de le débusquer, sans mettre d'autres flics en danger, il devrait se laisser tomber dans la gueule du loup.

C'était signer son arrêt de mort, il en avait tristement conscience. Mais se sachant d'ici peu sous la marque rouge de toute la mafia californienne, ne pouvait-il pas partir en beauté ?

Pris d'un fou rire, ce dernier tourna très vite à l'hystérie.

Le problème dans cette idée déraisonnable est qu'il n'avait aucune envie de mourir !

Gémissant à la douleur fusant toujours plus dans son torse compressé par cette foutue poutre métallique, il chercha une solution à son dilemme. Si seulement son mal de tête ne venait pas aussi tout embrouiller...

Sa seule existence permettait de lever ses doutes sur le manque d'oxygène des lieux.

Combien de temps leur prendraient-ils encore pour le sortir de là ?

Observant son téléphone et l'ordinateur toujours près de lui, son choix se façonna plus simplement qu'il ne l'aurait cru. Entre jouer au témoin protégé, traqué des mois durant, avant de mourir d'une rafale en allant promener Monty. Ou poursuivre son infiltration jusqu'au bout - sourd aux potentielles conséquences encourues, dans le but de retrouver à court terme son travail et quotidien... Il n'avait pas de doute. Toute autre considération extérieure ne devait pas compter. Ce n'était pas là, un acte d'héroïsme. Mais plus simplement le choix égoïste de sacrifier un peu pour gagner beaucoup. Ouais, on appelait ça aussi : un coup de poker.

Sans plus se prendre la tête, Deeks débuta un SMS à destination du seul type en capacité de lui offrir une petite chance de survivre à ses idées saugrenues. Le plan qui se montait rapidement dans son esprit impliquait une bonne part de bonnes fortunes. Si tout se passait comme espérer, c'était même un petit miracle auquel il aspirait ! Pour autant, Marty Deeks était de ceux qui gardent espoir jusqu'à leur dernier souffle de vie. Sans quoi, il n'aurait jamais survécu à son enfance. Un trait de caractère dont il pouvait gratifier la paternité à son géniteur – alcoolique notoire frappant femme et enfant.

Le message à peine envoyé : « Appel vite. Besoin de parler seul à seul ».

Il reçut aussitôt une réponse « 5min, pause pipi. ».

C'était quand même chouette d'avoir des potes qui vous faisaient confiance sans poser mille questions avant. Pas qu'il n'appréciait pas Hetty ou Nates… ou Nell, Callen, Sam, Kensi…

Il s'assoupissait tout doucement à la pensée de sa famille de cœur, quand la sonnerie de son portable le sortit de sa transe.

- T'as intérêt à avoir une bonne raison pour que je m'enferme dans les chiottes pour te parler !

- Si tu ne me mettais pas, chaque fois, sur haut-parleur, tu serais encore à ton bureau.

- Scruté par Kensi, Nell et Hetty ? Merci bien.

Retrouvant tout son sérieux, rassuré que la voix au bout du fil soit toujours ferme et cohérente, Éric fut alerte pour aider l'homme devenu très vite son meilleur ami, de par leurs passions communes qu'ils partageaient depuis leur rencontre au NCIS.

- Que puis-je pour toi ?

- Serait-ce trop dramaturge, si je te réponds : me sauver la vie ?

- Disons que l'objectif paraît raisonnable.

- Tu savais qu'à force de courir après les taupes on en devenait une ? Je ne sais pas si mon père me voyait prendre cette voie de terrassier quand il essayait de me noyer…

- Je reconsidère mon opinion de te savoir toujours cohérent, là !

- T'as sûrement pas tort, je perds le fil.

- Garde tes derniers neurones pour m'expliquer clairement ce que tu attends de moi et qui nécessite que personne d'autre n'en soit tenu informé !

- Avec tout ce que j'ai avec moi, tu crois pouvoir défier Angus ? [2]

NCIS - LA

Kensi trépignait de savoir Deeks toujours coincé sous les décombres !

Ne pas l'avoir visuellement sur les consoles depuis près de quatre heures était une torture.

Car si la tension s'était relâchée depuis le dernier bip de fin de transmission du flux de données, elle n'oubliait pas qu'il restait toujours coincé sous un monceau de gravats pouvant toujours s'effondrer un peu plus sur lui.

Bien sûr, son refus à vouloir leur parler n'aidait pas à calmer ses nerfs.

Au retour d'Éric de sa courte pause, Kensi ne prit pas garde à son air d'espion en pleine action. Pas plus quand le jeune homme se mit à taper frénétiquement sur son clavier, très vite suivi par une activité non moins suspecte de Nell qui se mit à fuir les lieux, obtenant un dérapage incontrôlé au premier virage la menant à leur local technique.

NCIS - LA

Dans l'attente du retour d'Éric au défi qu'il lui avait posé - n'ayant plus rien à faire, si ce n'était s'assoupir d'ennui – Marty Deeks décida de profiter de ce temps libre imposé pour rédiger son rapport de mission sur l'ordinateur portable. Bien qu'avant cela, il était plus que temps pour lui de tenir informé le responsable de son infiltration, le capitaine Harkness. Ce n'était pas comme s'il devait continuer à protéger l'intégrité de la puce de son téléphone, en pareilles circonstances.

Le temps passant, il termina de relater les événements des dernières semaines, attentif à n'oublier aucun détail à son rapport oral, comme plus tard dans sa version écrite. Au terme de ce long travail sur sa mémoire, il transmit son document au NCIS, comme le reste de ses preuves informatiques. Il n'était pas peu fier de cette démarche. Grâce à ce rapport complet, s'il lui arrivait quoique ce soit dans les jours à venir, ses supérieurs auraient ainsi une trace officielle de sa main explicitant les évènements précédant sa disparition. Il espérait que cela suffirait à garantir l'authentification des preuves récoltées.

Après quoi, il s'apprêtait à user le restant des batteries du portable sur un Solitaire – merci Windows et ses jeux installés par défaut – quand un appel d'Éric signala plus justement le début de l'atelier « mécano ». Une activité ludique réclamant la destruction du dit ordinateur pour en récolter quelques pièces vitales.

Ce n'est qu'au terme de toutes ces activités, que Kensi l'appela - sans doute incitée par le dernier sms envoyé à Éric, lui indiquant qu'il en avait terminé avec son montage.

- Deeks ?

- Kensi, je…

- Je sais que tu ne veux pas consommer inutilement la batterie de ton téléphone. Mais nous voulions t'informer que les secours n'allaient plus tarder à t'atteindre.

- Comment le savent-ils ?

- Capteurs thermiques. Ils connaissent depuis longtemps et avec précision ta position. Mais leur avancée a été ralentie par la contrainte de ne pas fragiliser le château de cartes sous lequel tu te trouves. Ils nous ont indiqué qu'ils estimaient pouvoir t'atteindre d'ici une demi-heure, tout au plus.

- Bonne nouvelle. J'étouffe complètement là-dessous.

- Je... Je peux rester avec toi jusqu'à leur arrivée ? J'aimerais juste entendre un peu plus ta voix.

- Kensi, les autres…

- Tu n'es pas sur haut-parleur.

- Oh.

- …

- Dans ce cas, ça me fait vraiment plaisir de t'entendre, ma petite fougère [3].

- Idiot.

Assise au sol, derrière un bureau du MTAC, Kensi n'était plus qu'une petite boule blottie dans un coin. Si bien qu'il était facile de ne pas la voir.

- Je te manque un peu ? lui chuchota son partenaire, bien qu'il soit seul de son côté de la ligne.

- Plus que tu ne l'imagines. Ces dernières heures étaient une torture à ne pas pouvoir te parler plus tôt, en privé.

- Je suis désolé, Kens'. Pour ça et le fait de t'avoir obligé à vivre caché depuis qu'on s'est quitté.

- Pas ta faute…

NCIS - LA

Deeks était heureux d'avoir pu partager le reste de son interminable attente auprès de sa coéquipière. Elle s'était révélée étonnamment bien calme et tranquille avec lui. Après un début maladroit, leur conversation s'était faite naturelle et légère. Un badinage sans importance qui lui avait permis de rester alerte. Mais surtout qui leur avait offert à tous deux, le réconfort indéniable dont ils avaient eu besoin.

Elle lui chuchotait quelques promesses coquines – jouant de moins en moins sur les sous-entendus – quand une première lueur du jour se faufila jusqu'à lui, symbole de sa désincarcération toute proche.

- Alléluia !

- Deeks ?

- Je les vois.

Relayant l'information sur un autre appel téléphonique jouant en conf-call dans le MTAC, Kensi prévint ainsi les secours qu'ils avaient atteint leur objectif.

- L'un des pompiers t'a aperçu… DEEKS ! Pourquoi tu n'as pas dit que tu étais « cloué » au sol par une poutre.

- Héééé… Je ne suis pas cloué ! Je ne suis même pas empalé par quoi que ce soit.

- Sûr ?

- Je te jure. Pour l'instant, je suis musculairement en miette avec des crampes dans tout le corps. Mais j'ai à peine quelques égratignures.

- Pourquoi pour l'instant ?

- Mauvais choix de mot.

Si Kensi restait soupçonneuse, elle passa outre. D'ici peu, les ambulanciers le prendraient en charge et s'assureraient qu'il était en bonne forme.

- Hé, Kensi.

- Oui ?

- L'un des sauveteurs vient de se glisser jusqu'à moi. Il place des renforts, pour ensuite découper la poutre qui m'emprisonne. Alors, je vais devoir raccrocher.

- Ok.

- Je…

Sentant une incertitude dans la voix de son partenaire, Kensi n'eut aucun doute quant aux mots à prononcer pour lui faire face.

- Je t'aime.

- Quoi ?

- Je t'aime Marty Deeks. Alors, quoi qu'il se passe dans ta petite tête d'ici à ce que je te retrouve à l'hôpital : oublie tout le reste et ne garde que ça en tête !

Respirant intensément à cette annonce, Deeks sourit tristement à cette déclaration.

Si seulement Kensi savait quel cadeau elle lui faisait en agissant de la sorte.

Il redoutait tellement ce qui allait suivre.

- Merci, ma petite fougère… Je t'aime aussi, tu sais. Tu m'en voudras sûrement beaucoup pour toute cette affaire. Mais toi aussi. Quoiqu'il se passe dans ton esprit d'ici à ce qu'on se retrouve. N'oublie pas que je n'ai jamais agi pour te faire du mal. C'était le seul moyen.

Ignorant que le jeune homme évoquait-là des actes à venir et non du passé, Kensi renouvela ses promesses d'amour avant que leur appel ne soit finalement coupé.

NCIS - LA

Il avait fallu plus de cinq heures, pour que l'équipe de sauveteurs secondés des agents Callen et Hanna parvienne à franchir les différentes strates de débris menant au lieutenant Deeks. La dernière étape avait consisté à délivrer ce dernier d'un imposant magma de bois et de métal le bloquant physiquement de toute extraction simpliste.

Mais leurs efforts n'avaient pas été vains. Enfin. Le corps moulu, couvert d'une épaisse couche de poussière, le jeune lieutenant de police sortait finalement de son trou à rat, sous les quolibets de ses équipiers du NCIS.

- Bon Dieu, mais c'est un vrai balai à poussière !

Sam joua gentiment avec sa chevelure pour illustrer ses dires, tandis qu'il l'aidait à finir de s'extraire des décombres, puis à garder son équilibre en raison de ses jambes flageolantes.

À force d'attendre dans sa tanière, Deeks s'était imaginé être en soirée. Mais à peine était-ce le milieu d'après-midi. Violemment ébloui par la trop forte luminosité ambiante, il remercia sincèrement Callen qui lui confiait déjà ses lunettes de soleil.

Se laissant guider à l'arrière d'une ambulance, il ne rejeta pas la proposition de s'asseoir pour un petit check-up. L'adrénaline définitivement partit, il était las. Dénué de toute force, à peine avait-il eu le réflexe de reprendre les disques durs avec lui, le sac à bandoulière à présent posé à ses côtés.

À cet instant, l'ambulancier urgentiste effectuait ses contrôles d'usage, respectueux de son silence. Sa collection d'hématomes et coupures en tout genre, ne comptant pas. La première bonne nouvelle était l'absence de blessures béantes ou internes. Enfin très loin de sa poutre métallique, et une fois à l'air frais, son sentiment d'étouffement avait disparu. Quant à la douleur qui l'étreignait jusqu'alors au niveau du torse. Une série de palpation avait conclu à deux côtes fêlées. Rien de bien méchant, au regard de ce à quoi il avait échappé.

Tandis qu'il mangeait la troisième barre chocolatée qu'on lui avait procurée pour calmer sa faim - ayant déjà vidé la canette de soda accompagnant son frugal repas - il tachait d'occulter ces mains étrangères qui désinfectaient puis recousaient chacune de ses petites plaies. Le jeune homme travaillant sur lui avait eu la délicatesse de lui administrer un calmant et un décontractant musculaire, peu avant. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être demandeur de ce type de molécules. Mais sachant ce qui l'attendrait dans un futur proche… Il trouvait son souhait de repousser au plus tard la violation de son corps : humainement légitime.

Les yeux dans le vague, derrière ses lunettes de soleil, mâchant par automatisme… Il ne le vit pas de suite approcher. Ce n'est qu'à un mètre de lui, qu'il assimila soudain à son environnement la voix forte et accusatrice de son chef de section.

- Pouvez-vous m'expliquer ce que vous avez foutu, lieutenant Deeks ? On vient de m'appeler pour m'annoncer que vous étiez responsable de tout ce foutoir !

Comme un torrent trouvant une nouvelle embouchure, ce fut dès lors, une horde de reproches et agressions verbales qui coulèrent sur ses épaules.

Habitué de la chose, Deeks resta stoïque, presque absent. Généralement, il le laissait vider son sac, fournissait en retour son rapport. Et tous deux passaient à la suite. Parfois, un blâme ou deux ajoutés à son dossier… Pas comme si ce genre de détail avait de l'importance pour les flics infiltrés. C'était même plutôt un critère de recrutement pour son profil.

Ce qui rompit finalement leur mode de communication ordinaire fut l'adjonction de deux nouvelles voix moins accoutumées au tableau d'ensemble.

- WOW ! On peut savoir ce qu'il se passe ici ? interrompit subitement Callen.

Soulevant les lunettes de soleil, c'est d'un seul œil entrouvert que Deeks eut plaisir à faire les présentations.

- Agent Callen, Agent Hanna. Laissez-moi vous présenter mon supérieur : le Capitaine Eugène Farrell. Mon responsable actuel au service des infiltrations criminelles.

- Qui vous prie de ne pas vous mêler d'une affaire de police. Vous avez suffisamment compliqué la situation, messieurs !

- Je suis bien d'accord sur le fait que nous devons notre vie au lieutenant Deeks, ici présent. Mais je ne suis pas certain de comprendre en quoi nous sauver nécessite une telle harangue ? essaya de tempérer Callen.

- Mise à part : la destruction d'une villa de plusieurs millions de dollars appartenant à ce qui reste à ce jour un honnête citoyen la violation de dizaines de lois fédérales ; la disparition du principal suspect d'une centaine d'affaires criminelle et la perte de preuves essentielles enterrées sous une tonne de béton ? Au risque de me répéter : Ne vous mêlez pas de ça, Agent Callen et Agent Hanna ! Rentrez chez vous et laissez-nous faire le ménage de cette catastrophique mission décidée par un incapable de notre service, sans l'accord préalable de ses responsables directs. Nous aurons encore de la chance, si le gouvernement de Californie s'en sort avec moins d'un quart de milliard de dollars d'indemnité à payer !

Si une partie des reproches surprenaient les agents du NCIS, ils savaient surtout que le capitaine de police réagissait avec le peu d'information en sa possession, face à une situation que Deeks leur avait peu avant, brièvement décrite comme « complexe ». L'homme ignorait encore totalement à cet instant la teneur des preuves en possession de son lieutenant, comme la manière exacte avec laquelle il les avait récoltés. Cela pouvait donc en soi expliquer et accepter sans conteste une partie de sa réaction excessive. Aussi, aucun d'eux ne fut réellement surpris par le ton calme et les paroles confiantes de Deeks à l'égard de son chef.

- Ça va les gars. Y'a rien que je ne maîtrise ici. Vous pouvez rentrer à l'OPS. Encore merci d'être resté à les aider pour me sortir de là. Sans compter que sans vous, je n'aurais pas pu m'introduire si simplement dans la chambre forte et finalement obtenir ce que j'étais venu y chercher.

Ne voulant pas envenimer la situation, Callen n'ajouta rien. Bien qu'il brûlait d'envie de lui hurler dessus à son tour. Histoire de lui faire comprendre que Sam et lui n'étaient en rien ses sauveurs. Du début à la fin, le dernier venu de son équipe – qu'il avait si injustement tant sous-estimé – avait été le seul maître à bord, les bluffant tous dans sa maîtrise de l'infiltration. Il avait sauvé la vie de Kensi d'une mort certaine. Ainsi que la sienne et celle de Sam. C'était là des dettes qu'on n'oubliait pas dans leur corps d'armée. Raison pour laquelle Callen rechignait à le quitter si simplement, sachant que le jeune homme n'était plus en état physique d'assurer ses arrières. Ayant souvenir de la dernière fois où fatigué et blessé, il avait été abandonné par ses collègues de la police, Callen ne voulut pas prendre de risque cette fois-ci. [4]

- Sam pourrait rester avec toi pendant que je pars chercher Kensi.

- Sérieux, tout va bien pour moi.

- Deeks... insista Callen.

À la limite de l'implosion, le capitaine Farell le stoppa net. Très clairement exaspéré par son insistance à rester à leurs côtés.

- Agents ! Je peux comprendre, dans une certaine mesure, votre inquiétude pour ce chien galeux que le NCIS semble suffisamment apprécier pour se coltiner ses puces, une partie de l'année. Mais aussi difficile que cela puisse vous paraître. Si je suis ulcéré par sa mauvaise gestion de la situation, je ne vais pas nuire physiquement à mon lieutenant. se sentit obligé d'ajouter l'homme engoncé dans un costume bas de gamme.

L'urgentiste, désireux de rester jusqu'alors invisible, se permit de les couper brièvement pour indiquer l'hôpital où ils se rendraient d'ici peu.

- Pour informations, messieurs. Nous souhaitons garder le lieutenant en observation quelques heures en raison de son choc. Nous nous rendrons donc à l'hôpital central, dès que nous en aurons terminé ici.

Profitant de l'occasion, Deeks saisit sa chance.

- Je vous propose un deal, les gars. Vous me laissez m'y rendre avec mon capitaine, le temps que je lui explique un peu ce qui s'est réellement passé durant ces derniers jours. Et de votre côté, vous m'y retrouvez avec Fern ?

- Ok. On marche comme ça.

Quittant les lieux, c'est non sans agacement qu'ils virent en se retournant, le capitaine de police reprendre ses agressions soutenues sur son lieutenant. Si Callen savait ne rien pouvoir y faire à l'instant sans envenimer la situation de leur ami, il n'en manqua pas moins d'appeler Hetty dans l'instant pour l'informer des faits.

De son côté, Deeks aurait souhaité les prier de ne pas le quitter. Un mauvais pressentiment le poussait à ne pas vouloir poursuivre son infiltration avec pour seule ligne de défense ce flic qui le détestait. Mais le plan était le plan… dut-il finir en boucherie.

Bien que gémissant sur son propre avenir, Deeks reprit la main sur leur échange en coupant la parole de son chef d'un geste de la main. Il y avait bien plus urgent que de permettre à ce type d'assouvir son besoin d'autorité.

- T'a gueule, Farell. Ma mission est loin d'être terminée. Alors maintenant, écoute-moi.

À suivre…

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J'avais beaucoup de commentaires à faire sur ce chapitre ^_^'', alors voilou :

[1] C'est l'arrivée du capitaine Farell (perso de ma création, ne souhaitant pas faire intervenir Bates, dans cette histoire)

[2] « Angus » est une référence (trèèèèès recherchée, lol) à une série de ma jeunesse qui sera dévoilée dans quelques chapitres (même si certains la trouveront peut-être facilement ^-^)

[3] Je suis frustrée parce qu'en vo « Fern » (le surnom de Deeks pour Kensi, à chaque fois qu'il la taquine dans la série, depuis leur première infiltration ensemble, dans l'épisode 1.20) et qui signifie « fougère » en français dans le texte, ne serait pas aussi compréhensible en l'état en VF. Du coup, j'ai décidé qu'il la nommerait « Ma petite fougère » quand il la taquine. En référence directe pour le « Fern » original de la série. (que j'utiliserais aussi, mais donc voilà ^-^)

[4] Référence à ma fanfic « Back to Home »

Sans vouloir rien spoiler, je tenais aussi à répondre à quelques retours craignant la mort de Deeks. Faut savoir que n'écris jamais – au grand jamais – de Death fic (c'est une véritable ligne de conduite personnelle). Je sais que cela peut limiter le suspens de le dire ainsi. Mais c'est ainsi depuis 15ans, donc ceux qui ont l'habitude de me lire le savaient déjà ^-^

Maintenant, la fic n'est pas classée en Hurt/confort pour son début, mais bien pour ce qui va suivre dans les prochains chapitres ^_^'' Vous voilà prévenus ^-^

Et encore Merci à tous pour vos retours !

mimi yuy