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Chapitre 5

Teuglon Kapowsky marchait dans King's Road, en plein Londres moldu. Il avait quarante sept ans depuis peu, mais sa façon de s'habiller et de se coiffer le faisait facilement passer pour vingt ans de moins.

Personne, du monde magique ou non, n'aurait pu deviner qu'il était sorcier. En effet, il parlait moldu couramment, savait se servir d'un grille pain, connaissait la plupart des chansons des Doors, mais surtout se comportait comme le parfait jeune moldu des seventies.
C'est pour ces raisons que le ministre de la magie, Legolas Booth, n'avait pas hésité un instant pour le nommer chef du département des affaires moldues. Et il remplissait ses fonctions à merveille.

Pour le plus grand bonheur de la plupart des londoniens, la pluie commença à tomber. Après ces jours de chaleur intense, l'orage approchait.
Malheureusement pour Teuglon, qui n'avait rien pour se protéger de la future tempête, il n'avait pas fini sa mission. Un coli suspect était arrivé au relais de poste moldue de King's Road, pour Netola Potter, la mère de son collègue et ami. Il avait donc été chargé de s'y rendre, de l'inspecter, et en cas de problème, de le ramener au bureau.

La pluie avait doublé d'intensité, et tombait si fort qu'on aurait dit de la grêle. Le sorcier, s'abrittant tant bien que mal sous sa veste, courut se refugier par la première porte qu'il trouva.

Soulagé, il se redressa et regarda autour de lui. Il était dans un pub, plutôt miteux, plongé dans la semi obscurité. Des lampes crasseuses diffusaient une faible lumière jaunâtre.

Teuglon décida de s'installer à une table au fond de la salle, le temps que l'orage passe. Il commanda un Martini, puis s'adossa au mur.
Assis à côté de lui, se tenait un homme à moustache, le reste du visage caché par ses cheveux mi longs. Quand il l'aperçut, il sursauta.
Il resta bouche bée.

Devant lui se tenait George Harrison.

Le silence plana quelques instants. Enfin, il prit la parole d'une voix tremblante.

« -Désolé, je ne vous avais pas vu, mais si vous voulez, je peux aller à une autre table…
-Non restez. Cela me fait plaisir de voir quelqu'un qui s'adresse à moi normalement.
Il but une gorgée du contenu de son verre, puis reprit.
Les gens croient qu'être célèbre vous rend différent. Mais c'est faux ; j'aime être traité comme quelqu'un de normal... Vous vous y connaissez en musique ?

Teuglon, un peu intimidé, balbutia :
-Heu plutôt… Enfin je veux dire, un peu…
-Alors j'ai besoin de votre aide ! J'ai enregistré un album aux Etats Unis il y a quelques jours. Vous pourriez l'écouter pour moi, et me dire ce que vous en pensez ? Vous savez, depuis que Pattie m'a quitté, j'ai besoin d'un point de vue extérieur…

Un voile de tristesse passa sur ses yeux. Il se reprit très vite.
Enfin, si vous ne voulez pas je comprends tr…
-Non ce sera un grand honneur pour moi ! Mais je n'ai pas de lecteur vinyle…
-Ce n'est pas un problème ! Assura t-il, et il se tourna vers le barman.
Mario, pouvez vous lui mettre le tout dans un sac ?

Puis il se remit face au sorcier.
Revenez ici une fois que vous l'aurez écouté, si je n'y suis pas, laissez vos commentaires à Mario, il me les ferra passer. J'espère que cet album aura un meilleur accueil que mon précédent… ! Que voulez vous, je n'ai plus le même succès que quand j'étais Beatle ! A cette époque, on se surpassait à chaque fois ! Je crois qu'ils me manquent…

Puis il secoua la tête, et tendis à son nouvel ami le sac qu'on venait de lui apporter.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça mon pauvre ami, je dois vous ennuyer ! Tenez, prenez ça ! Hare Krishna mon ami ! »

Après l'avoir remercié mille fois, Teuglon sortit son sac à la main, et encore sous le choc de cette rencontre, oublia de passer à la poste.


James était dans la salle à manger, un bol de céréales devant lui, une tasse de thé dans une main et une lettre dans l'autre. L'hibou grand duc qui la lui avait apportée commença à picorer dans son bol.

Le jeune sorcier, absorbé dans sa lecture, n'y fit pas attention.

C'est aux mots « Prudence Helter » qu'il recracha sa boisson et faillit s'étouffer avec un céréale. L'oiseau, effrayé, s'enfuit par la fenêtre. James quant à lui, dut relire plusieurs fois le parchemin pour être sur d'avoir bien compris.

Sirius et lui n'étaient pas ensemble pour le devoir de métamorphose ! Il s'y attendait, même si une partie de lui avait continuée à espérer.

Avec qui son meilleur ami était-il ? Il avait hâte qu'il vienne le voir, pour savoir qui était son binôme, mais aussi parce que ses journées étaient bien longues sans lui.


Vendredi matin, Sirius préparait son plan de fuite. Ses parents recevaient les Malfoy à dîner, et ils s'affairaient donc dans toute la maison, cherchant à effacer toute trace de leur fils rebelle de Gryffondor.
Il avait saisi cette opportunité, et était maintenant prêt à passer à l'action.

Il se leva, ouvrit la porte et la laissa grande ouverte derrière lui. Il se dirigea ensuite vers la salle de bain, s'enferma à l'intérieur, s'assit sur le rebord de la baignoire et attendit.

Le résultat ne se fit pas attendre : quelques minutes plus tard, un cris perçant se fit entendre.

« ORION, VIENS IMMEDIATEMENT ! »

Mr et Mrs Black étaient plantés là, devant la chambre de leur fils aîné, horrifiés. Regulus les rejoignit très vite, toujours prêt à condamner les actions de son frère.

Sirius, lui, sortit discrètement et descendit les escaliers à pas de loup pendant que sa famille commentait le désastre qui avait lieu sous ses yeux.

« Il a osé… Il a osé mettre des photos de… de MOLDUES ! Dans NOTRE maison ! NOUS, HONORABLES SANGS PURS ! »

Son mari le prit encore plus mal, et c'est tout rouge qu'il entra dans la chambre, et essaya d'arracher de toutes ses forces une photo de moldue en petite tenue. Ne cédant pas, il sortit un flot de jurons et commença à donner des coups de coups de pieds dans l'armoire.

Mrs Black, elle, sortit sa baguette et lança tous les sorts de nettoyage qu'elle connaissait, en vain. De plus en plus furieuse, elle prit la paire de ciseaux posée sur le bureau et tambourina avec sa pointe contre une photo de voiture.

Regulus, qui était resté sur le seuil, encore sous le choc, aperçu un drapeau de Gryffondor, et imita bientôt ses parents.

Soudain, Mrs Black s'arrêta net.

« Et je suppose que ça le fait rire de nous voir essayer de réparer ses dégâts ! C'est lui le responsable, c'est lui qui va enlever tout ça ! SIRIUS VIENT ICI ! »

Au bout de quelques instants, aucune réponse ne se fit entendre, et Mr Black, bientôt suivit par sa femme, partit à la recherche de son fils, outré par ce manque de respect.