En vous souhaitant une bonne lecture, comme promis la suite sans plus attendre ^-^

En espérant, ne pas l'avoir sous travaillé.

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UNDER COVER


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Chapitre 13.

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Se regardant tous deux, le moment de vérité était là.

- Ok. Portée établie de votre montage ? demanda Nell.

- Estimé à 3.000 mètres. L'ambulance s'est arrêtée ici. Avec les caméras, j'ai suivi le 4x4 jusqu'à son approche du quartier des docks. Si on suit la logique de base, ils sont soit crétins et restés dans cette zone, soit à peine plus futés, pour se déplacer à l'exact opposé, dans ce site industriel du Nord-Est. C'est le quadrillage GPS de ces deux périmètres que je t'ai fait charger sur le satellite.

- Donc si je prends les antennes du réseau des téléphones portables comme balises relais...

- On stabilise le tout, pour atténuer les interférences locales, et…

- Rien.

Aucun point clignotant sur leurs deux écrans.

Il n'y avait RIEN !

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- Le risque premier était la torture à l'électricité pouvant couper le signal. pensa aussitôt Éric

- À moins qu'il s'agisse plus simplement d'un renfort des murs pour bloquer tout type de signaux ? lui proposa Nell. Après tout, la villa était un bon exemple du genre.

Elle savait qu'il ne fallait pas laisser Éric s'imaginer qu'il était déjà trop tard. Rien n'était encore fait. Ils avaient les moyens de réussir. Il leur fallait juste rester concentrés et contourner chaque problème, un à un.

- C'est une possibilité. Mais tu dois admettre que c'est rarement mis en pratique aussi systématiquement.

- Les matériaux nécessaires pour couper tous réseaux sont assez limités pour pouvoir les pister. Ca ne coûte rien de faire une recherche sur leur achat conjugué à l'ensemble des travaux réalisés dans les principales zones industrielles de la ville, ces dix dernières années.

- Ok.

Il fallait bien débuter par quelque chose. Mais Nell voyait bien qu'Éric n'était ni enthousiaste, ni convaincu.

- Sinon, l'autre solution est d'affiner un peu plus les capteurs pour élargir le rayon. Proposa-t-elle encore.

- Ou à défaut le réduire ! On pourrait si les balises employées étaient placées plus près… Je sais ! Je vais me servir des box d'alimentation au réseau internet comme relais complémentaire aux bornes téléphoniques.

Enfin happé par une piste qui lui parlait, Éric se perdit sans plus tarder dans ses paramétrages, délaissant complètement Nell qui ne pouvait l'aider dans cette action, bien en dehors de sa zone de connaissance. De son côté, l'analyste était bien plus attiré par les informations récoltées par Deeks. Il était certain que son lieu de rétention était présent dans la somme de toutes ces données ! Il ne pouvait en être autrement, de la part d'un homme référençant chacune de ses activités et preuves de chantage impliquant ses pions placés sur l'échiquier géant qu'était devenue la Californie pour lui. Mais trouver la bonne adresse parmi les milliers citées ne serait pas si aisé. Pour autant, s'agissant-là des bases de son travail, l'analyste lança avec dextérité l'ensemble de ses logiciels de recherches, tout en effectuant ses propres analyses manuelles sur une sélection aléatoire de fichiers lui semblant les plus pertinents.

La jeune femme observait les données avec distance à la recherche de ce petit quelque chose qui titillait votre instinct, quand par simple curiosité, elle cliqua sur l'unique document Word présent à la racine du dossier de sauvegarde. Elle ne réalisa qu'au bout du premier paragraphe qu'il s'agissait du rapport de mission de Deeks.

Ses moteurs de recherche toujours en travail, l'analyste prit le temps de le lire avec soin, espérant - là encore - trouver un indice précieux. Et effectivement, certaines données la guidèrent, lui permettant d'affiner un peu plus ses paramètres de sélections. Marty Deeks était un lieutenant de police particulièrement précis dans ses rapports. Pour chaque jour d'infiltration, chaque élément avait été consciencieusement listé. Ses actions, ses rencontres et interactions, ses observations sur tout et chacun. Mais aussi la description précise de chaque lieu visité ou évoqué dans le fil de ses conversations. Il ne manquait vraiment rien. C'était comme lire la novélisation de sa vie d'infiltré, les suppléments de la formule DVD en prime.

Si elle couplait les principaux sites adaptés à une détention forcée avec ceux obtenus à l'instant par ses moteurs de recherches. Une analyse croisée devait lui permettre d'isoler un pool d'adresses.

- Éric.

- J'ai presque fini de configurer les plateformes. Je crack actuellement le parfeux des principaux fournisseurs d'accès pour installer ma routine en tâche cachée.

- Je pense que j'ai trouvé quelques lieux à tester en priorité.

Se détachant de son bureau d'une impulsion sur sa chaise à roulette, Éric la rejoint pour jeter un coup d'œil à ses résultats.

- Bien joué. On est loin des premières zones envisagées.

Un nouveau bip de recherche les alerta. Le résultat des commandes de produits voués à isoler les constructions.

- Trois adresses correspondent aux cinq tirés de mon analyse. fit remarquer Nell

- On ne prend aucun risque. On vérifie toutes celles que tu as sélectionnées, en priorisant les trois répondant à tous les critères.

Concentrés sur leurs tâches autoassignées, à aucun instant, les deux jeunes gens furent interrompus dans leur besogne. Leurs spectateurs allants et venants dans les lieux, étaient patients et confiants, sachant qu'ils étaient les seuls à pouvoir retrouver traces de leur ami.

Quant à la troisième adresse testée, un point rouge s'afficha sur leur écran, le sourire partagé par les deux agents techniciens n'eut aucune équivalence. Le lieu même où se trouvait la puce GPS faite maison par Deeks abritait l'une de ces box d'accès à internet. De quoi franchir la structure vouée à brouiller les recherches d'onde par l'extérieur. N'était pas encore né le malfaiteur capable de battre la Dream Team du NCIS.

- Quelle heure est-il ? se demanda Éric.

- 22H30. On a mis six heures. lui répondit Nell, tout aussi glacée que lui du temps interminable qu'il leur avait fallu.

Inquiets d'avoir été trop lents malgré la réussite de leur entreprise, c'est sans attendre qu'ils allaient prévenir les autres. Mais à peine se détournaient-ils de leur PC qu'ils virent le reste de l'équipe les fixer avec attention. Encore une fois, ils étaient stupéfaits d'en avoir fait une totale abstraction.

- Où se trouve-t-il ? leur demanda Callen sans préambule, conscient que l'information était enfin connue, peu importait comment.

- Entrepôt 275 de la zone industrielle du sud-ouest, non loin du port de marchandises. répondit Nell. Les coordonnées GPS précises viennent d'être transmises sur vos portables.

Une série de bip et vibration confirmant ses dires, le premier en mouvement fut Sam qui sortit aussitôt du MTAC.

- Je descends prévenir le commando et pars en éclaireur avec eux. On se rejoint sur place.

- Vous êtes sûrs de sa position ? osa leur demander une Kensi fébrile.

- Avant son enlèvement, il portait sur lui un capteur de faible fréquence. C'est là où ce capteur se trouve. l'informa Nell.

Même si rien ne prouvait que Deeks possède toujours le capteur sur lui, ou pire qu'il ne soit pas déjà mort, Kensi s'en contenta. C'était déjà mieux que rien. Ils avaient une adresse. Charge à eux de tout faire pour s'y rendre et le sauver des griffes de la mafia avant qu'il ne soit trop tard.

Elle allait sortir avec Callen, quand Éric leur tendit un moniteur semblable à un smartphone.

- C'est un détecteur paramétré sur sa fréquence. Le système est moins puissant que nos PC. Mais si vous êtes à moins de 500m, il vous guidera à lui.

- Merci.

Sans plus attendre, Kensi et Callen partirent à leur tour, rejoint par un homme appelé trois heures plus tôt par Hetty et dont Nell et Éric ignoraient tout de l'identité.

Restés seuls avec Hetty, les deux génies sentirent le poids de son regard sur eux.

- Agent Beal. Agent Jones. Peut-on connaître l'origine du détecteur de faible puissance dont vous parliez ?

Croisant leur regard, c'est d'une grimace que Nell se leva sans un mot pour fuir les lieux. Elle avait appris l'intérêt de choisir ses combats. Et clairement, celui-ci n'était pas le sien. Aussi abandonna-t-elle sans mal Éric aux bons soins de leur patronne.

- J'attends, monsieur Beal.

- Hé bien…

NCIS - LA

Se balançant tel le pendulier d'une horloge comtoise, Deeks devait constater l'évidence.

Le bilan de cette boucherie, dont il avait été la cible était guère reluisant.

Il avait raté sa mission.

Il devait procéder à l'arrestation de Johnny Torrio, l'homme responsable de tant de maux. Et au lieu de ça, il avait finalement craqué sous la torture, terminant la séance en dévoilant son identité. On pourrait penser ce qu'on voulait de lui. Mais il défiait tous ceux qui le lui reprocheraient d'être à leur tour pelé, brûlé, broyé, empalé, noyé ou électrifié vivant…

Sa force faiblissant, imaginant qu'il l'avait eu, Deeks relâcha doucement la pression de ses cuisses. Juste un peu. Juste assez pour voir si l'homme bougeait encore ou si c'en était enfin terminé. Mais à peine avait-il montré signe de relâchement que Johnny se débattait de nouveau comme un beau diable. La gorge écrasée, Deeks fut tout de même soulagé de le découvrir incapable de gueuler pour obtenir de l'aide. À peine pouvait-il chuchoter d'une voix rauque.

Toujours coincé par la prise de ses jambes, Johnny Torrio tenta de négocier… à sa manière.

- Si t'es flic ! Tu ne peux pas me tuer. Tu te dois de m'amener au tribunal !

- Tu veux parier ?

Deeks ne saurait jamais avec exactitude s'il agit à cet instant, pour se protéger, par vengeance pure ou juste de sorte à cacher sa honte que cet homme ait été témoin de sa faiblesse. Tout ce qui l'importait, c'est qu'avec la mort du « Renard », tout cesserait une bonne fois pour toutes ! Lui et bien d'autres pourraient dormir sur leurs deux oreilles sans craindre de représailles, sans devoir se cacher comme témoin potentiel à un futur procès. Sa mort offrait la liberté à court et moyen terme ! Aussi n'eut-il aucune hésitation.

D'une pression supplémentaire sur son jeu de jambes, Deeks serra de nouveau sa prise de toute sa puissance. L'homme avait beau le frapper de ses dernières forces, il ne lâcherait pas. Il ne lâcherait plus. Devait-il crever pendu tel le cochon égorgé qu'il était devenu, ce connard y passerait avec lui.

Hurlant à mort, confronté à la douleur de ses poignets creusés dans sa chair à devoir supporter son balancement et poids tendu à l'extrême pour amplifier au maximum la force de ses jambes, Deeks se félicita d'avoir été si bruyant dès les premières tortures. Personne à l'extérieur ne se douterait de quoi que ce soit, tant qu'ils l'entendraient gueuler, lui. C'était juste le signe que le boss prenait son plaisir à faire hurler de souffrance celui qu'il avait jusqu'alors pris d'affection.

Quand l'homme cessa enfin de se tortiller, Deeks n'en raffermit que plus sa pression, il la tiendrait aussi longtemps que nécessaire, cette fois-ci. Il ne voulait plus risquer de le voir à nouveau reprendre conscience, après coup. Il en avait le temps. Torrio avait demandé à ce qu'on les laisse seuls un moment. De ce qu'il en savait de ses méthodes, il lui restait encore une bonne demi-heure avant que les hommes de main ne se questionnent sur son absence prolongée ou viennent lui proposer de finir le boulot pour lui.

Lâchant finalement sa prise, après d'interminables minutes, il fut rassuré de voir le corps s'effondrer au sol. Restait à affronter le plus dur. L'acte conscient de se torturer soi-même. On avait beau croire que la peur de la mort rend tout acte inconscient envisageable, cela n'avait rien de si simple. Mais pour se libérer de ses chaînes, il n'avait pas le choix. La peau de ses poignées déjà à crue, il déboîta son pouce droit sous un hurlement inconscient. La douleur était insupportable. Au moins était-ce plus simple avec l'autre main déjà brisée en morceau. Perdant tout contrôle, c'est dans un troisième cri qu'il chuta lourdement au sol. L'effet combiné du réveil de son pied cassé et genou toujours transpercé le laissa figé de longues minutes.

Il aurait tellement souhaité, juste, ne plus bouger. Rester immobile et se laisser happer par une inconscience libératoire. Mais, il était loin d'être tiré d'affaire. Ses doigts cassées, pouces déboîtés, épaules luxées, pied brisé, déchirure de l'abdomen, brûlures… rien ne l'empêcherait de finir le travail. C'était son droit. Il l'avait gagné !

Rampant tel un vermisseau jusqu'au corps inerte de Johnny Torrio, Deeks plaça ses bras autour de son cou pour lui briser la nuque d'un coup net. On pourrait toujours le foutre en taule pour cette action, il s'en foutait royalement à cet instant. S'il pouvait tuer son père pour moins que ça, il pouvait assumer cette mise à mort sans un seul frémissement de son sommeil.

Tâtant les poches du mort, il découvrit non sans joie, une arme automatique. Mais pour s'en saisir… Regardant ses mains, il décida de privilégier celle dénuée d'ongles. Dans sa position, il était plus simple de replacer un pouce luxé que 5 doigts cassés… Alors avec attention, il agit d'un mouvement brusque. Face aux palpitations et aiguilles de douleur fusant dans tout le reste de son corps, il pouvait presque se vanter de ne rien avoir senti pour le coup. Ce qui ne serait certainement pas le cas de ce qui suivait.

Prenant plusieurs inspirations, il bloqua sa respiration le temps d'ôter la tige de fer de son corps. Dans son malheur, l'une des extrémités n'était pas équipée de trépointes. Aussi, n'abîma-t-il pas plus la blessure. Il se surprit de nouveau de n'avoir rien ressenti. Il fallait croire que le plus dur était derrière lui… Peut-être que le corps finissait par s'habituer à un certain point ? Même si l'hypothèse d'une désensibilisation totale par l'électricité soit plus probable.

C'est donc sans plus trop se soucier de ses blessures qu'il se releva. Il ne fit qu'un pas quand la douleur fut si fugace et électrisante que le jeune lieutenant s'écroula, un énième cri mourant dans un magma de fluides et pleurs mêlés.

NCIS - LA

Ce sont les battements sur la porte en fer qui engendrèrent un sursaut de conscience.

- Tout va bien, Monsieur ?

Hurlant de tout ses forces, Deeks tâcha de se gagner quelques secondes pour se traîner au plus vite à couvert.

- Vous voulez aussi profiter de mon cul ? Bande de taffioles !

Il se demanda sincèrement d'où ça sortait. Mise à part peut-être la surprise de n'avoir pas eu droit à cette violence là. À croire que la mafia avait encore des règles d'or… cette brochette de pourritures en costard…

Crachant un magma ensanglanté, il réussit non sans mal à se redresser. Une fois arrivé le long d'un mur, il employa ce dernier pour se diriger vers l'arrière de l'entrepôt. Ce dernier était gigantesque. S'il arrivait à atteindre la partie de stockage où se trouvaient encore plusieurs centaines de caisses en bois, il aurait une chance de s'en sortir. Peut-être pourrait-il même grimper sur certaines d'entre elles pour atteindre les fenêtres ?

Pleurant à chaque pas supporté par son pied meurtri, il sut qu'il ne devait encore rien lâcher.

Il y avait bien une faible possibilité que les gars découvrant le cadavre de Johnny Torrio décident d'abandonner le navire - tels les rats qu'ils étaient tous. Mais ils pouvaient tout aussi bien le poursuivre, désireux d'offrir sa tête – telle une offrande – au futur successeur. Il ne devait donc rien lâcher. Grâce à quoi, il s'en sortirait.

Tachant de garder conscience par ses pensées ressassées en boucle dans son esprit, Deeks chuta finalement sur une simple vis traînant au sol. Et ce, à l'instant même où le grincement de la porte en métal annonça l'arrivée imminente du danger.

NCIS - LA

Kensi se glaça d'effroi quand elle l'entendit. Ce cri inhumain provenait sans aucun doute de son partenaire. Si elle se targuait d'être une femme forte que rien n'atteint, il n'en était plus rien à cet instant.

Elle aurait voulu courir vers l'origine de cet hurlement. Mais la prise ferme de Callen sur son bras lui indiquait qu'il l'en empêcherait. Sam la fixant droit dans les yeux lui intima de garder le silence complet. Ils étaient à quelques minutes de la prise d'assaut des lieux. Il leur fallait tenir leur position jusqu'au Go des équipes réparties aux quatre façades du bâtiment. Personne, pas même une souris ne devait réchapper à leur raid. Mais cela avait un prix. Celui de la patience mise à rude épreuve à l'écho des deux nouveaux cris successifs.

Priant pour qu'ils n'arrivent pas trop tard. Au quatrième hurlement, plus atroce encore que tous les précédents, c'est un silence de mort qui couvrit finalement les lieux. Mais enfin avaient-ils reçu l'annonce du départ imminent.

C'est donc après le décompte de trois dernières secondes que le commando fractionné se leva d'un seul homme, suivi par les agents du NCIS. Le plan conçu lors du voyage les menant en ces lieux se voulait simple, mais efficace. Chacun avait son rôle. Au commando d'élite d'intercepter toute personne présente dans l'entrepôt – usant de toute la force nécessaire pour y parvenir. À l'équipe du NCIS secondée d'un médecin militaire, de retrouver leur coéquipier. L'homme les ayant rejoints pour cette tâche n'ignorait rien de ce qui l'attendait. Aussi n'avait-il pas encore affiché une once de malaise à l'écoute des cris d'agonie du flic qu'ils venaient chercher.

Les portes extérieures forcées, c'est une marrée d'hommes en noir qui fondit sur les occupants des lieux sous l'écho d'innombrables coups de feu.

NCIS - LA

Déjà de longues minutes que Deeks les savait sur ses talons. Ils le pistaient avec une facilité déconcertante. Malgré la pénombre, cela n'avait rien de surprenant aux vues des taches de sang qu'il laissait derrière lui. Toutefois, tout espoir n'était pas perdu. Ses opposants n'étaient que quatre à lui tourner autour. S'il pouvait déjà en éliminer deux à distance... Affermissant sa prise sur l'arme, malgré sa main et son bras tremblants plus que de raison, il craignait tout de même de rater ses cibles.

Le mieux pour lui était encore de se positionner à mi-hauteur et prendre appui sur une caisse avant de tirer. Il grimpait donc le plus silencieusement du monde un monticule censé lui permettre de surplomber toute la zone, quand il vit sa porte de sortie. À sa droite une lucarne donnant sur le parking extérieur. Sous cette dernière un véhicule noir capable d'amortir sa chute.

Son esprit agissant à toute vitesse, il décida de jouer le tout pour le tout. Il tirerait à vu dès que possible dans l'espoir d'en toucher le maximum, avant de se jeter par la fenêtre. S'il réussissait à retrouver maîtrise de son corps assez vite ; le temps que ses poursuivants fassent le tour de l'entrepôt, il aurait le temps de forcer la porte du 4X4 et de le démarrer… Alors, il serait sauf. Il n'aurait plus qu'à dénicher une cabine téléphonique ou la force de retrouver le chemin vers un poste de secours ou n'importe quelle planque sûre.

C'était jouable !

Il voulait y croire.

Il devait y croire.

Quand il repéra sous lui deux des quatre silhouettes le poursuivant, il fit de son mieux pour viser. Puis il tira. Deux fois. Il était sûr d'avoir atteint l'une des cibles. L'autre en revanche avait eu le temps de s'écarter. Les cris et hurlements lui vrillaient les tympans en un mélange de mots inintelligibles. Les ignorants, il agit comme calculé. Sans trop se soucier de la chute, il se faufila par la lucarne, tomba lourdement sur le toit de la bagnole sur une épaule, avant de se meurtrir un peu plus en finissant sur le macadam.

Si le bruit de sa chute n'avait pas alerté tout le voisinage, son hurlement quand il frappa de nouveau son pied au sol, écarta toute incertitude. Se relevant avec peine, il ouvrit par réflexe la portière... pour découvrir l'inimaginable. C'était ouvert ! Et les clefs étaient sur le contact ! N'en croyant pas sa chance, Deeks fit un dernier pas pour monter dans le véhicule, quand une présence postée derrière lui l'intercepta.

Il ne l'avait pas entendu s'approcher avant qu'une paire de bras l'entraîne avec force, en arrière. D'une prise ferme, son attaquant lui bloqua toute possibilité de mouvement sur le haut de son corps. S'il se démena comme un fou par la force de ses jambes, c'est une nouvelle collision brutale de son pied cassé contre la voiture qui le sonna. La douleur - insupportable - fusa jusqu'à l'aine. Incapable d'utiliser ses bras, sa seconde jambe trop faible de par son genou disloqué, il s'écroula sur lui-même, entraînant dans son mouvement son agresseur. N'ayant guère le choix, ce dernier le plaqua rudement au sol.

Si finalement, Marty Deeks comprit qu'il ne l'aurait pas fait jusqu'au bout, il restait satisfait d'avoir tenu si longtemps. Les preuves en main du NCIS, Johnny Torrio à trépas, les rues de L.A. seraient peut-être un peu plus sûres demain matin.

C'est sur cette dernière pensée que le jeune lieutenant de police déposa les armes, se laissant enfin happer par le froid et le noir abyssal d'une inconscience profonde qu'il jugea mériter.

À suivre.

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La suite dimanche ou lundi soir, car presque terminée. Mais autant vous prévenir. Après ça, malgré toute mon envie, je n'aurais plus de chapitres en stock pour updater aussi vite u_u.

mimi yuy