Le ciel ne m'étant pas tombé sur la tête cette fois, la suite sans trop d'attente ^_^x

Un énorme merci aux lecteurs qui review plus vite que je n'update. Car c'est clairement grâce à vous que j'ai mis le turbo pour finaliser avec attention, cette partie au plus vite !

Sinon pour répondre à la question de glagla60800, en fait, j'ai déjà écrit deux bouquins. « Tatouage » et « Derrière les murs de pierre » tous deux vendus en VPC par les Éditions Muffins depuis 5 et 4 ans ^-^ (le site se trouve en lien sur mon profil)

Avec un clin d'œil à ncislafan qui retrouvera dans ce chapitre, un paragraphe écrit il ya des semaines et qui répondra, je pense, à ses attentes ^-^

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UNDER COVER


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Chapitre 16

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Quand Marty Deeks reprit conscience, l'inconnu était de mise pour lui.

Quoi que…

Le retour de sensations physiques exemptes de toute douleur, le confort du matelas dans son dos, l'odeur d'antiseptique ambiante, la douce lumière entourant sa partenaire à sa gauche… permirent au lieutenant de police de comprendre qu'il était sauf, à l'évidence dans une chambre d'hôpital, et donc sans plus de danger immédiat autour de lui.

Oublieux de tous souvenirs de ses premiers réveils, cette simple constatation lui gonfla la poitrine : Il l'avait fait ! Ils l'avaient retrouvé et il s'en était sorti !

Aussitôt, des larmes de joie et de soulagement coulèrent sans qu'il n'ait la volonté de les stopper. La lassitude globale dans tous ses membres ne lui donna de toute façon, aucune énergie pour ne serait-ce que tenter de les cacher. Que la virilité bafouée aille se faire foutre ! Il avait le droit de se réjouir de se savoir en vie.

Mais en lieu et place de moqueries, il n'eut droit qu'à des yeux marron emplis de tendresse, et des doigts gracieux ôtant toute trace de cette pluie saline.

- Hé, beau blond.

- Hé.

Au son de sa voix rauque, Deeks vit aussitôt une paille présentée à ses lèvres. Il prit quelques gorgées de ce qui s'avéra être une eau fraîche et salvatrice bienvenue pour apaiser le feu présent dans sa gorge sèche. Satisfait, il se laissa fondre dans le moelleux du matelas, inconscient de gnougnouter.

Écartant le verre, Kensi l'observa presque amusée par la scène.

- Tu te sens un peu plus réveillé ?

- Hum ?

Clignotant telle une chouette, Deeks démontra facilement ne pas comprendre la remarque.

- Tu cumules plusieurs micros réveils, chaque fois sans paraître te rappeler du précédent.

- M'souviens de rien.

- Ce qui confirme mes dires.

Le trouvant attendrissant, affichant sans censure sa perdition, Kensi s'assit doucement sur le bord du lit. Maintenant qu'ils étaient isolés dans une chambre, elle pouvait se permettre le rapprochement indispensable pour glisser ses mains fines dans la chevelure désordonnée, tout juste lavée. Il l'ignorait encore, mais à sa sortie de la salle de réveil, lorsqu'on lui avait assuré qu'il ne se réveillerait pas de nouveau avant un moment. Elle avait lutté avec les infirmières pour agir de sorte à ce qu'il retrouve sa blondeur naturelle.

Un détail jugé secondaire - pour ne pas dire clairement futile - par le corps médical. Mais Kensi n'avait pas oublié la panique de son partenaire à l'idée d'afficher son affection pour elle dans la peau de Nick Hawkins. Après les évènements traumatiques qu'il venait de vivre, elle espérait ainsi, lui permettre de se retrouver plus facilement en tant que Marty Deeks, l'homme qu'elle avait finalement avoué aimer. Sa démarche n'étant donc pas dénuée de sens, Nates et le Caporal Mason avaient offert un soutien suffisant pour lui permettre d'avoir gain de cause. Tandis que Nell lui avait rapidement apporté de quoi faire la décoloration.

Pour la barbe rousse, la question ne s'était pas posée, ayant déjà été rasée avant son entrée en chirurgie pour leur permettre de mieux évaluer les dégâts faits à sa mâchoire. Caressant doucement d'une phalange ladite mâchoire couverte d'hématome, elle rompit leur échange visuel.

- Comment te sens-tu ? lui demanda-t-elle avec intérêt.

- Franchement ?

- Oui.

- ch'ais pas…

Si Kensi reconnut qu'il était clairement éveillé et en toute conscience, ses yeux papillonnant toujours démontraient une difficulté certaine à se concentrer sur elle.

- À combien se trouve ton niveau de douleur ?

- Je crois que je suis totalement désensibilisé par la pompe à morphine que j'entrevois là. Au point que je serais pas surpris de voir des éléphants roses voltiger autour de toi.

- Bien. Nous avons jugé qu'il était important que tu puisses t'éveiller sans être frappé par une vague de douleur.

- J'apprécie la démarche.

- La pompe est programmée pour libérer une dose de manière périodique. Mais si cela s'avère insuffisant, il te suffit d'appuyer sur ce bouton…

Qu'elle lui confia aussitôt au creux de la main bandée.

- …pour obtenir une dose supplémentaire.

Suivant l'objet des yeux, Deeks découvrit que son autre main était enferrée sous un plâtre. Désireux de bouger ses bras, ces derniers se déplacèrent à peine. Dommage. Il aurait bien aimé se gratter. Il n'y voyait pas grand-chose, son corps couvert d'une chemise de nuit médicale et d'un drap remonté jusqu'à sa taille. Mais il devinait la présence d'un bandage serré autour de son torse et de pansements sur la poitrine. Ça tiraillait clairement sur sa peau, lui donnant une forte envie de tout arracher. Mais encore fallait-il en avoir la capacité physique.

- Pourquoi je peux pas bouger ?

- Pour ne pas abîmer tes épaules tout juste remises en place, les médecins t'ont paralysé volontairement quelques heures. La drogue s'extrait doucement de ton organisme à présent. Tu devrais retrouver contrôle de ton corps d'ici à ce soir.

- Ok…

Toussant un peu, Deeks apprécia de prendre de nouvelles gorgées d'eau.

Réveillé pour de bon, il observa de nouveau tout autour de lui. Il n'en revenait toujours pas. Dans ses derniers souvenirs, il achevait Johnny Torrio… Et là…

Inconscient de son silence prolongé, Deeks croisa finalement les yeux embués de sa partenaire. La voir essayer de retenir ses larmes, sans grand succès, lui brisa le cœur. S'il profitait à cet instant d'un réveil sans heurt, elle n'avait pas moins souffert que lui ces derniers jours. Même s'il ne voyait pas spécialement les traces de coups sur son visage – certainement camouflé par un maquillage expert - toutes les tortures supportées n'auraient pu lui faire oublier ses actes inexcusables à son égard.

- Hé… Ken's…

- J'ai eu si peur.

Kensi glissa doucement plus près de Deeks, en quête de réconfort. Elle s'en voulut de réagir de la sorte. Ce n'était pas elle qui venait de vivre un supplice aux mains d'hommes sans limites.

- Je suis désolé…

Relevant la tête, elle nia avec véhémence les excuses de son partenaire !

- Tu n'as rien à te faire pardonner ! C'est juste… J'ai cru qu'on t'avait perdu. Et…

- Tout va bien princesse. Tout va bien.

Dénué de toute force, Deeks put à peine bouger son visage pour reposer sa joue gauche sur l'oreiller, sous un soupir. Un mouvement restreint qui suffit malgré tout à leur permettre de se faire face. Lui souriant alors avec affection, il se permit de la taquiner d'un baiser de pingouin.

Il aurait bien voulu ouvrir ses bras pour la serrer tout contre lui, en un geste de réconfort appuyé. Mais Dieu seul savait quelles drogues ils lui avaient données, pour qu'il ne puisse pas même bouger ne serait-ce que le bout de ses doigts.

Mais peu importait à cet instant. Kensi finalement allongée sur son côté, reposait elle aussi sur l'oreiller, l'un de ses bras couvrant sa taille quand le second permettait à sa main de jouer dans ses cheveux. La position était tout bonnement parfaite.

Parfaite pour échanger un premier baiser.

À peine un effleurement de leurs lèvres.

Mais c'était juste… merveilleux.

Fermant les yeux de bien-être - sourd au bip accéléré sonnant subitement à son oreille - l'homme en quémanda un second, et encore un… Jusqu'à ce que le bruit s'évanouisse - complètement aveugle à l'entrée discrète d'une infirmière venue couper le monitoring surveillant les battements de son cœur, sous le regard mi-amusé, mi-gêné de Kensi.

Nichant son nez dans le creux de son cou, si Deeks en fermait les yeux de bien-être, le sommeil n'était plus d'actualité. Seuls ses soupirs d'aise brisaient le calme nouvellement ambiant.

Son odeur lui rappelait la cannelle.

Elle était si douce en cet instant, aussi attrayante que rassurante.

Si loin et pourtant si proche de sa partenaire exigeante toujours aussi pétulante que séduisante.

La seule sensation physique qu'il sentait à cet instant était la caresse de ses doigts fins perdus dans ses cheveux. A priori, l'un des rares espaces négligés par ses tortionnaires. Il en soupira de nouveau d'aise, toujours bien incapable de cacher son consentement.

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Si Kensi ne voulait pas interrompre cet instant de grâce, certaines questions devaient pourtant être posées au plus vite pour sa propre sécurité.

- Deeks ?

- Hum ?

- Tu te souviens de ce qui s'est passé avec Johnny Torrio ?

- Plus ou moins. C'est juste obscur sur la fin.

- Tu te souviens si ta couverture a été compromise ?

Devant son mutisme, Kensi se sentit mal d'insister. Mais ils devaient savoir.

- Nous t'avons enregistré ici sous ton nom civil. Mais s'il y a un risque que…

- Personne de vivant ne connaît le lien entre ma couverture et mon identité.

- Bi…bien…

Ne pouvant ignorer son raidissement à la réponse donnée, Kensi n'ajouta pas un mot, reprenant plus naturellement sa précédente activité.

NCIS - LA

Deeks profitait sans honte de l'instant. Reposant son visage dans le giron de sa... femme ? Peu importe son qualificatif du moment, toujours est-il qu'il appréciait à sa juste valeur les douces caresses offertes à son cuir chevelu. Si bien qu'il ne serait pas surpris que ses ronronnements soient aussi audibles qu'il le craignait. Mais a priori, cela ne semblait pas ennuyer Kensi qui ne se lassait toujours pas de cet instant partagé qui devait durer depuis des heures.

- On peut entrer ? le réveilla presque Callen qui glissa d'un pas dans la chambre d'hôpital.

Devant le silence des protagonistes l'observant sans un mot, G se sentit obligé d'ajouter quelques mots.

- Si on dérange…

- Sans vouloir jouer ma Diva, je ne peux pas bouger d'un cil. Alors si vous, ça ne vous dérange pas que Kensi reste en cette position plus confortable pour elle, et tout simplement parfaite pour moi, c'est sans souci.

Connaissant l'ampleur des blessures couvrant le corps porcelaine du dernier membre de son équipe, Callen le lui concéda bien volontiers. D'autant que même sans cette requête, il n'aurait pas eu à cœur de les séparer. Deeks était un flic. Un bon flic qui leur avait fait une démonstration épatante très récemment. Mais avant tout un homme bien qui venait de vivre une expérience traumatisante. Si Kensi était la source de réconfort dont il avait besoin pour retrouver pieds, il le lui offrirait volontiers - avide de ne pas lui faire penser qu'il ne le méritait pas.

- Comment vous m'avez trouvé ? demanda finalement Deeks.

Pas que l'information n'avait pas eu de l'intérêt quand il était seul avec Kensi. Mais la peur qu'elle change à tout moment de comportement et s'éloigne finalement de lui, l'avait poussé à en profiter au maximum.

- Éric et Nell.

- J'y croyais plus…

- Ne jamais sous-estimer nos petits génies. l'interrompit Sam qui entra à son tour dans la chambre.

- Et Johnny Torrio ?

- Sous bonne garde... dans un tiroir du médecin légiste.

- De quel service ?

- NCIS.

- Vous aviez une taupe…

- On sait. Grâce à toi, nous connaissons la liste complète des personnes qui ont touché de près ou de loin à ses pots de vin. répondit Callen.

- Je suis tellement désolé.

- De quoi Deeks ? demanda Sam d'une voix étonnement douce.

- C'est à cause de moi que vos couvertures ont été compromises. Si je n'avais pas dit que vous pouviez être des flics, la première fois qu'on s'est croisé… Je voulais vous prévenir pour Kensi, pour que vous ne la recherchiez pas dans la maison. Mais il a pris ça au sérieux et vous a fait suivre et…

- Et si le mouchard sur la voiture ne nous était pas passé inaperçu, ou si une taupe au service comptable du NCIS ne lui avait pas indiqué les adresses de nos planques, il ne se serait douté de rien. Tu n'es pas responsable de tout cela.

- J'ai tiré sur Sam… dans le couloir de la villa…

Amusé de comprendre que Deeks recherchait toutes les raisons pouvant les pousser à lui en vouloir, Callen s'abstient de lui faire remarquer tout de suite qu'il lui avait aussi tiré dessus dans l'entrepôt. Si on ajoutait qu'il avait durement battu sa partenaire. Il restait compréhensible qu'il redoute leurs réactions à cet égard.

- Ne pense pas à tout cela pour l'instant. On en reparlera plus longuement quand tu seras plus alerte. coupa court, Callen.

- Mais, je…

Sachant que ce n'était pas si simple de faire table rase de ce qui venait d'arriver, Kensi fut moins catégorique.

- Ce que Callen veut dire, c'est qu'aucun de nous ne t'en veut pour quoi que ce soit. Alors pour l'instant, nous répondrons seulement à tes questions. On fera la liste de tes mauvaises actions plus tard.

- Qu'en est-il de mes rapports avec ma hiérarchie ?

Sans qu'ils ne s'y attendent, c'est Hetty qui répondit à cette question, entrant à son tour dans la chambre. Aussitôt, Kensi bougea, bien moins à l'aise avec la démonstration d'affection face à leur boss, plutôt qu'avec ses équipiers. Mais la petite femme la stoppa d'un geste ferme et appuyé.

- Ne bougez surtout pas agent Blye !

- Merci. lui répondit Deeks, muni d'un sourire de junkie en plein spleen.

- Je vous en pris lieutenant. Concernant votre hiérarchie, je suis déçue d'avoir appris que vous n'aviez pas reçu les félicitations en usage et le soutien demandé que vous méritiez, en lieu et place de ces insultes obtenues de votre superviseur, avant votre enlèvement malheureux. Sachez que cette attitude fut réprimandée comme elle se devait.

- Réprimandée ? Que… qu'est-ce que ça veut dire ?

- Le Capitaine Eugène Farell a été muté ce matin… à Chicago.

- C'est une blague !?

Aussi immobilisé soit-il, l'information - pour ne pas dire, LA bombe - lui donna la force de se redresser. Mais la morphine agissant déjà moins, il se laissa revenir à sa position d'origine non sans gémir. Ignorant Kensi qui attirait déjà à elle la commande de la pompe, il resta concentré sur les paroles d'Hetty.

- L'homme a largement outrepassé ses droits et abusé de son autorité envers vous. Au vu de vos exploits, consciencieusement filmés par nos soins via les caméras de surveillance de Johnny Torrio. Des personnes haut placées ayant eu une copie de ces bandes et de votre rapport consciencieusement rédigé avant votre rapt - ont jugé que vous méritiez plus sûrement une médaille, en remplacement du blâme que votre capitaine souhaitait inscrire à votre dossier. À l'inverse, sachez que la police de Sacramento pour qui vous travailliez officieusement vous présente leur respect appuyé. Pour tout dire, le capitaine Harkeness vous négocie actuellement une promotion qu'il souhaite accompagnée d'une augmentation de salaire.

- Oh.

Surprise par cette nouvelle inattendue, Kensi était surtout heureuse et fière que son homme reçoive un juste retour pour la bravoure dont il avait fait preuve. Elle ne savait que trop que sa rétribution de policier était loin d'égaliser celle des agents, même junior, du NCIS.

- Si je ne saurais nier mon espoir à être promu. réagit Deeks.

Après tout, cela faisait déjà deux ans qu'il luttait pour l'obtenir au sein de son service du LAPD.

- Pour la médaille et les félicitations, je reste plus sceptique. Car si toute mon action a bien été enregistrée et visionnée, on ne peut qu'y voir le nombre de fois où j'ai frappé et tiré sur mes équipiers du NCIS. Sans parler du final, où l'on doit lire sans mal sur mon visage ma peur à affronter les portes-flingues de Johnny Torrio venus à ma rencontre, dans la villa. Sam ou Callen n'auraient pas hésité, flippé ou serré les fesses aussi souvent que moi. Et je n'évoque pas avec vous ma prestation des moins virils, une fois dans les mains de son homme de peine, dans l'entrepôt.

- Non, nous… Nous nous sommes juste faits découverts comme des bleues, ironisa Callen.

- Pour finalement te retrouver au moment même où tu avais de toi-même réussi à t'évader de tes geôliers, sans la moindre aide extérieure… compléta Sam

- J'ajouterais que le véritable courage n'est pas défini par une attitude. Mais le fait d'aller au-delà des limites que l'on se connaît, par raison et non par inconscience. précisa Hetty. Sans quoi, il ne serait alors notion que de stupidité et d'imprudences.

- Il n'empêche que les véritables héros sont Nell et Éric. conclu Deeks. Sans eux, je ne serais pas entrée à temps dans la chambre forte pour y trouver mes preuves. Les données des disques durs n'auraient pas été sauvegardées avant que Johnny Torrio ne les récupère avec moi. Et finalement, vous ne m'auriez pas retrouvé.

- C'est ce que l'on nomme : un travail d'équipe, lieutenant Deeks. Une équipe dont vous avez été cette fois-ci, un passeur de balle d'une grande bravoure et d'une extrême habilité. Et pour cela, vous en serez remercié comme il se doit, dès que vous vous sentirez suffisamment bien pour recevoir votre décoration.

- On verra…

Parce que concrètement, si ses collègues du NCIS prenaient clairement des pincettes avec lui, à cet instant. Nul ne pouvait effacer la vérité crue. Pour la première fois depuis bien longtemps, il avait loupé sa dernière infiltration ! Par bêtise ou simple manque de vigilance, il avait mis en péril sa vie et celle de ses partenaires, tué sa cible et obligé le NCIS à tout lâcher pour le retrouver. Devant ce constat, il ne se sentait guère plus efficace qu'un bleu incompétent. Rien qui ne puisse décemment arguer d'être remercié…

Perdu dans ses pensées, le jeune homme ne réalisa pas tout de suite qu'Hetty était repartie, très vite suivie de Sam et Callen. Ce n'est qu'en relevant les yeux pour les découvrir absents, qu'il croisa le regard brillant de fierté de sa partenaire. Le monde à l'envers quand on savait qu'elle ne manquait jamais de se moquer de ses incompétences. N'avaient-ils pas tous ri de lui, la dernière fois qu'ils s'étaient tous retrouvés dans la salle d'entraînement de l'OPS ?

Pour autant, Marty Deeks n'étant qu'un homme amoureux, il lui suffit de s'imprégner de son sourire éclatant pour qu'il mette ses pensées de côté dans le but de quémander un nouveau baiser. Aussi superficiel devait-il être, aux coins de ses lèvres, en raison de sa mâchoire encore trop endolorie pour espérer quoique ce soit de plus poussé.

- Tu peux rester un peu plus longtemps ? lui demanda-t-il désireux de profiter encore quelques instants de sa compagnie.

- Tout le temps nécessaire. Tu as une dérogation pour ne pas rester seul jusqu'à ton départ de l'hôpital, si nécessaire.

- Je vois.

Surprise de son ton, Kensi ne sut quoi répondre. Il ne semblait pas si heureux de la nouvelle.

- Hé… Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je suis jugé si faible qu'on m'autorise une Baby Sitter ?

- Tu es jugé si important que l'on t'a assigné une protection rapprochée. Si Johnny Torrio est dans un frigo, nous ignorons s'il reste des hommes suffisamment fidèles et importants dans son entourage pour te retrouver et commanditer une vendetta. Nous avons donc jugé opportun qu'une personne reste en permanence dans la chambre ou devant ta porte, le temps que nous ayons l'assurance que malgré tes blessures et les médicaments prescrits, tu sois suffisamment alerte pour réagir en cas de besoin.

- Hum…

- Nous savons tous que tu peux parfaitement te défendre seul, même blessé. Si le fait que tu ais sauvé ma vie la dernière fois que tu t'es trouvé dans une situation semblable n'était pas suffisant. Avoir réussi à te sortir de la main mise de Johnny Torrio dans l'état où l'on t'a trouvé... Crois-moi. Personne ne doute de l'ampleur de ta résistance ou de tes capacités.

Mais pour l'instant, même si d'aventure tu trouvais la force de tenir sur tes jambes, tu ne pourrais pas tenir une arme, en raison de l'immobilisation de tes deux épaules et des bandages boquant tout autant l'emploi de tes mains. Alors ne prend pas ma présence pour un jugement de faiblesse. Nous avons juste pensé que dans un premier temps, tu serais plus à l'aise avec moi qu'avec les garçons.

Si Deeks n'avait pas exprimé peu avant et de lui-même, le souhait qu'elle reste un peu plus à ses côtés, Kensi, aurait fini sa tirade avec plus de sarcasmes, agacée par ses sous-entendus. Mais elle n'en fit rien, bien plus consciente de la fatigue mentale de son partenaire.

- Rassuré ?

- J'sais pas.

La regardant dans les yeux, il exprima de nouveau une telle perdition, que la jeune femme se sentit bouleversée.

- Je sais plus quoi penser, Ken's.

- Chuuuuttt

L'embrassant tendrement sur ses paupières, elle chercha les mots capables de l'apaiser.

- Alors, ne pense pas. Tout ce qui s'est passé ces derniers jours, les drogues que tu as dans le sang. Tout cela explique pourquoi tu te sens égaré. Mais tout de suite, il n'y a rien que tu dois faire, mise à part te détendre. Ok ?

- Hum…

- …

- Ken's ?

- Oui ?

- Les ambulanciers ? Je les ai tués ?

Elle devait se douter qu'il ne pourrait pas si facilement mettre de côté ses craintes sur la question. Pour sa défense, elle-même n'aurait pas pu faire abstraction de ses actes, si elle s'était trouvée en sa position.

- Non. Tu leur as sauvé la vie.

- Je leur ai tiré dessus… Je les ai regardés droit dans les yeux. J'y ai lu la peur et l'incompréhension. Ils allaient parler, mais je ne leur en ai pas laissé le temps. J'ai tiré sur le conducteur en premier, à la cuisse, pour qu'il tombe et sorte de leur vision d'ensemble. Puis à l'épaule du médecin urgentiste. Mais alors, il y avait tellement de sang. J'ai cru que j'avais raté la poche de sang et touché son cœur.

- Tu as bien visé, Deeks. Ce n'était pas son cœur, mais bien la poche de sang. Tu leur as sauvé la vie.

Elle savait se répéter. Mais elle savait aussi toute l'importance que cela avait pour que l'information atteigne enfin le cerveau toujours perdu dans ses souvenirs.

- J'ai voulu aller après eux, mais j'ai fermé les portes pour les cacher. J'espérais qu'ils n'y retourneraient pas pour les achever, jouant sur la seule réputation de Nick Hawkins.

- Et tu as eu raison, cela a marché.

- Cela a marché ?

- Oui.

Souriant tendrement à sa difficulté à appréhender ses mots, elle caressa de nouveau tout doucement ses cheveux qu'elle avait déjà bien emmêlés.

- Kensi ?

- Oui ?

Amusée que malgré sa léthargie, il reste bien éveillé et bavard, la jeune femme n'en bouda pas son plaisir.

- On est ensemble maintenant ? la questionna-t-il avec le plus grand sérieux.

- Jusqu'à preuve du contraire, je ne suis pas du genre à embrasser mes équipiers sous prétexte qu'ils sont blessés.

Comprenant rapidement qu'il n'était pas d'humeur à l'humour, elle laissa de côté sa timidité.

- Oui, Deeks. On est ensemble.

- Je savais qu'un jour ou l'autre je te ferais craquer.

- Quel vantard !

- Mais tu m'aimes comme je suis.

- Oui… Je t'aime comme tu es. ponctua-t-elle d'un baiser sur son front.

- Kensi ?

Garder son sérieux était de plus en plus dur, mais elle prit sur elle.

- Oui ?

Face au silence de sa réponse, elle baissa les yeux pour voir ce qui bloquait si subitement son flot ininterrompu de questions. Aussitôt, son cœur se serra à le voir endormi sain, son visage niché dans son cou. Nul doute que la dose de morphine imposée plus tôt agissait enfin.

Respirant profondément, c'est l'esprit apaisé et un peu plus sereine en l'avenir que Kensi poursuivit sa veille.

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À suivre


J'espère que tous ce beau monde ne vous parait pas trop hors caractère. Pour Deeks, ne pas oublier que la surdose de drogue altère en partie sa réflexion. On retrouvera donc une vision plus forte et déterminée du perso dans le prochain chapitre, quand ils auront coupé la pompe à Morphine ^-^