Un dernier chapitre pour ce week-end. Après lui, ce qui suit étant beaucoup moins avancé, il me faudra un moment pour les finaliser comme je veux ^_^''.

En espérant que vous apprécierez ce retour de Deeks en mode « je reprends les rênes de ma vie en main ». ^-^

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UNDER COVER


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Chapitre 17

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Quand il se réveilla naturellement ce matin-là, le lieutenant Deeks ne fut guère surpris de l'heure affichée sur la pendule murale. 6H00. Son heure habituelle. Preuve en était un retour à la normale pour son corps malmené. Après une journée entière passée dans le brouillard des drogues, il se sentait de nouveau lui même. Cela s'associait à la présence d'une douleur diffuse plus tout à fait camouflée par des antidouleurs pourtant encore fortement dosés. Mais son esprit était clair. Raison pour laquelle un bon millier de questions s'y précipitaient, telle une horde de spermatozoïdes à l'assaut du Mont Ovule.

Ouais, la comparaison était à chier. Mais oh ! Si on pouvait plus se la jouer poète dans sa propre tête, où irait le monde ?

Tournant la tête, il aperçut non loin de lui, le second lit de la chambre où dormait profondément sa partenaire. De mémoire, Kensi n'avait pas quitté son chevet depuis la veille, et certainement jusqu'au petit matin. Aussi n'était-il pas étonnant qu'elle semble morte au monde. En même temps, il savait surtout qu'elle n'était pas une fille du matin. Un détail qui l'arrangerait bien dans un proche avenir, s'imaginant déjà la quitter en douce pour aller surfer.

Enfin… pour ça, encore lui faudrait-il pouvoir retrouver une certaine autonomie de mouvement. Grimaçant en sentant la présence d'un tube, là où aucun homme ne souhaiterait avoir quoi que ce soit, Deeks se découvrit bien décidé à commencer par regagner sa liberté. Et cette dernière commençait par la satisfaction d'ôter la sonde urinaire.

Cette première mission accomplie, il s'attaqua au reste de tous ces fils et tubes parsemant son corps. Sérieux, ils avaient vraiment besoin de le brancher à autant de machines ? Terminant par les électrodes posées sur sa poitrine entre plusieurs hématomes, il tiqua à l'action du sparadrap emportant quelques un de ses poils. De mémoire, il n'avait pas non plus commandé une épilation...

Râlant le plus silencieusement du monde, pour ne pas alerter Kensi, il se posta au bord de son lit, fin prêt pour le grand saut. Si une douleur diffuse se propageait sur le haut de son corps aux articulations des épaules, il savait que la zone la plus fragile serait son genou tristement empalé. Il n'avait pas encore vu de médecin pour obtenir son bilan complet. Mais ce matin, il avait pleinement conscience de chaque blessure parsemant son corps. Glissant doucement ses fesses jusqu'à l'extrême bord du matelas, il remercia sa grande taille qui lui permit de poser ses deux pieds au sol. L'un d'eux était enfermé sous un plâtre, garantissant un minimum de maintien. Tandis que le second - en bonne forme, preuve en était ses orteils qu'il pouvait gigoter à loisir - devrait composer avec le genou strappé.

- Ok. C'est le moment de vérité.

Se relevant précautionneusement, il testa tranquillement chaque jambe, avant d'arriver à la conclusion redoutée : seule la droite au pied cassé pourrait le soutenir. Qu'à cela ne tienne, c'était déjà plus qu'espérer.

Sa garde rapprochée toujours endormie, c'est sans témoin qu'il sortit de la chambre. Progressant au rythme lent des escargots, Deeks boita ainsi par petits pas jusqu'au couloir qu'il entreprit de traverser du côté permettant à sa bonne main de le soutenir via la balustrade de sécurité. Le bonheur d'être sur ses deux jambes n'avait pas de prix. Il ne restait plus qu'à trouver le secrétariat et si tout allait bien, il serait de retour chez lui d'ici la soirée.

Sauf qu'après deux minutes de marche tranquille, l'évidence se dévoila. Il n'était pas où il pensait. Observant tout autour de lui à la recherche d'un point de repère, Deeks crut mourir d'une crise cardiaque à l'énoncé de son grade résonnant dans le silence paisible des lieux.

- Lieutenant !

Se tournant non sans mal, le jeune homme fit face à une infirmière d'entre deux âges. Afro-américaine, les cheveux tirés en un chignon serré, son absence totale de sourire laissait envisager peu de sympathie pour sa carcasse déglinguée. A priori, la garde de nuit de sa connaissance avait été remplacée par un cerbère intimidant.

- Hum… Oui ?

- Que faites-vous dans les couloirs ?

- Un petit tour ?

- Vous avez conscience qu'en ôtant vos capteurs, tout le service vient d'imaginer que vous veniez de faire un arrêt cardiaque ?

Apercevant à 200m de là un chariot de réanimation positionné à l'entrée de sa chambre, Deeks eut une sueur froide. Il n'y avait clairement pas pensé.

- Oups ?

L'absence de médecin en panique ou d'une Kensi en furie lui intima que l'infirmière elle-même n'y avait pas réellement cru. Mais le doute existant, elle avait tout droit de lui faire la leçon.

- Désolé. J'ai pas réalisé que j'étais sur monitoring contrôlé.

- Avez-vous des difficultés à dormir ? Nous avons une prescription de somnifères que nous pouvons vous donner, si cela s'avère nécessaire.

- Non. Tout va bien de ce côté là. Pourquoi ?

- Il est tôt.

- Vous dites ça au type qui vient de dormir près de 24 heures d'affilée ?

Jouant de son sourire le plus charmeur, Deeks eut le sentiment de réussir à briser un tant soit peu la glace.

- Ma question va peut-être vous paraître bizarre, mais on est où au juste ?

Ok. C'était peut-être pas le moment de la poser et encore moins de cette manière. Car à ses yeux, elle s'imaginait clairement l'avoir perdu.

- Je vais chercher un médecin.

- Non ! Non ! C'est pas ce que vous croyez.

Ayant réussi in extremis à la stopper, Deeks tacha d'être plus clair.

- Je sais bien que je suis à l'hôpital et tout le blabla. C'est juste que d'habitude, on me cale quelques heures au service des courts séjours dans l'aile ouest avant que je ne m'en évade. Et là, je ne m'y retrouve clairement pas. Alors à moins qu'on ait rénové tout l'hosto ces deux derniers mois…

- Vous vous croyez où lieutenant ?

- L'Hôpital Central de LA ?

Finalement, l'infirmière eut un sourire désabusé à son égard.

- Mauvaise pioche. Vous êtes à l'hôpital militaire de L.A.

- Oh.

- Tout va bien ?

- Hein ? Oui, oui…

Il venait de se faire prendre en flagrant délit de chanceler au milieu du couloir par une infirmière qui l'observait avec l'air de celle à qui on ne la faisait pas. Aussi tenta-t-il une diversion.

- Je comprends mieux pourquoi ce n'est pas Bonnie qui est de permanence au bureau des infirmières.

La voyant soupirer lourdement, Deeks craint le pire pour lui.

- Personne ne vous en avait informé ?

- Bah non.

- Comme personne ne vous a indiqué que l'on vous avait fourni un fauteuil pour que vous ne marchiez pas ?

- Je marche très bien.

- Vous avez un pied cassé et un genou disloqué… chacun sur une jambe différente, alors que vos épaules sont encore trop fragiles pour supporter l'usage de béquille.

- C'est pour ça que je n'en ai pas trouvé près du lit ?

- C'est pour ça.

- Et qu'est-ce qu'elles ont déjà mes épaules… Hortense ? déchiffra-t-il sur sa plaque d'identification.

Parce que clairement, de tout ce qu'il avait dû supporter, il n'avait pas souvenir d'avoir subi quoi que ce soit aux épaules. Et après Kensi, c'était déjà la seconde personne à l'informer qu'il ne devait surtout pas les bouger suite à leur soin.

Soupirant de nouveau, l'infirmière l'aida à garder son équilibre tout en lui répondant.

- Au cas où vous l'auriez oublié, vos deux épaules ont été déboîtées. Si à l'évidence, vous pouvez vous mouvoir. Il vous reste interdit de trop en faire pour la première semaine.

- Sérieux, comment vous voulez que je le devine si personne m'en parle ?

- Le médecin n'est pas passé vous voir ?

- Aurais-je cette conversation avec vous sinon ?

- La probabilité que vous ayez juste oublié votre discussion avec lui, reste à mes yeux un peu plus plausibles.

Ne pouvant le lui nier, Deeks se sentit comme un con, là, au milieu du couloir, à deux doigts de grelotter en raison de cette foutue chemise de nuit qui ne couvrait pas grand-chose de lui. Au tableau qu'il devait offrir, il ne fut guère surpris par la remarque de l'infirmière de garde.

- On va vous remettre dans votre lit.

- Pas dans l'immédiat, s'il vous plaît ! J'ai un coup de fil à passer et il est urgent. N'étant pas drogué jusqu'aux ouïs, je connais mes limites. Alors, vous avez deux choix. Vous m'indiquez où je peux trouver une putain de cabine téléphonique. Auquel cas, je m'y traîne et revient sagement dans mon lit, juste après, pour y jouer les patients modèles. Ou vous appelez la sécurité, si ça vous chante. Ce qui me donnera toujours le temps de me planquer. Et comme j'irais trop vite, je me fracasserais sur le sol trop glissant et vous aurez mes nouveaux chocs sur la conscience.

Amusée par son débit de parole et façon de penser, Hortense n'eut pas l'énergie de lutter avec cet étrange énergumène qu'elle avait pour patient.

- Croyez-moi, soldat. Vous avez encore du boulot avant de paraître aussi dur que certains des vôtres.

Alors qu'elle le guidait vers les bureaux pour lui permettre de passer son coup de fil en toute simplicité - non, les infirmières de gardes de nuit n'étaient pas toutes des gardiennes de prison - Deeks eut besoin d'éclaircir les choses.

- Juste pour précision, je ne suis pas dans l'armée.

- Vous êtes sûr que vous ne souffrez pas d'amnésie ?

- Je veux dire. Je suis lieutenant, mais de police. Pas dans le corps d'armée.

- Hé bien, monsieur de lieutenant de police, vous avez encore fort à faire pour imaginer pouvoir me contraindre à quoi que ce soit.

Ce disant, elle l'installa sur une chaise avant de lui tendre un combiné et l'abandonner sans un mot de plus que...

- Faite le 0 pour sortir.

- Merci.

Resté seul, assis sur sa chaise, Deeks inspira puis expira longuement pour retrouver maîtrise de son corps. Ce court chemin qu'il avait franchi lui avait littéralement coupé les jambes. Si bien qu'il tremblait de tous ses membres.

Une fois calmé, bien que toujours tremblant, il composa en premier lieu le numéro du capitaine Harkness. Avant de s'attaquer à ses supérieurs hiérarchiques directs, il souhaitait en savoir plus sur la fin de sa mission d'infiltration. Ne pas avoir de visite de la police l'inquiétait. Pas qu'il s'attendait à la moindre visite de courtoisie de leur part. Mais la procédure aurait du être de venir recueillir son rapport sur les derniers évènements dès son réveil. Se découvrir dans un hôpital militaire en lieu et place du CHU habituel était encore moins rassurant. Le NCIS l'avait-il planqué là pour lui éviter de possibles représailles de la police ? Ou pire. Étaient-ils informés d'un contrat sur sa tête qu'ils lui cachaient ?

Il réalisait devant son combiné, à attendre que Jack Harkness décroche, que depuis son réveil, malgré la courte visite de l'équipe entière, il avait été complètement coupé du monde. D'un côté, il comprenait le souhait de ses équipiers de vouloir le préserver. De l'autre, cela ne faisait qu'ajouter au sentiment qu'ils le prenaient encore et toujours pour un petit flic fragile, pas fichu de faire face aux difficultés de leur travail.

- Allo ?

- Harkness ? C'est Deeks.

NCIS - LA

Dire qu'il était en colère serait sous-estimer son sentiment premier. Pour autant, Deeks savait devoir garder son calme. Agir à chaud n'aurait rien de productif. Il n'empêche qu'il enrageait.

- Vous avez terminé ?

Voyant l'infirmière de retour, poussant un fauteuil, une couverture dans les bras, il eut un fort sentiment de reconnaissance pour elle. Car l'idée même de retourner dans sa chambre par ses propres moyens était au dessus de ses forces. Sans compter qu'il était totalement gelé.

- Vais-je devoir lutter pour faire monter votre petit cul blanc sur cette chaise ?

- Mon Dieu Hortence. Quel langage !

Ne boudant pas sa taquinerie, c'est sans rechigner qu'il s'installa avec précaution. Comme il ne cacha pas son contentement à être plus chaudement couvert.

- J'apprécie toujours quand une belle femme me conduit.

- Charmeur.

- Non, non. Vous pouvez demander à ma partenaire. Je lui abandonne toujours le volant.

- Ne serait-ce pas plutôt elle qui vous l'enlève des mains, peu importe combien vous aimeriez conduire ?

- Je vois que rien ne vous échappe.

- Disons que la demoiselle a su faire entendre sa position quand vous nous avez rejoints.

Une information qui ne le surprenait guère.

- De toute façon, je vous avais promis d'être un patient modèle et je suis un homme de parole.

- Vous m'en direz temps.

- Sinon, sans paraître intéressé. Vous pensez qu'il y aurait moyen d'avoir un pyjama en lieu et place de cette… camisole ?

- Au regard de vos blessures, ce n'est pas pour tout de suite que votre postérieur aura la joie d'être au chaud en dehors du lit.

Gémissant à cette réponse à laquelle il s'attendait, Deeks n'en bouda pas pour autant leur discussion jusqu'au retour à la chambre.

Alors qu'elle l'aidait à retrouver sa place sur le lit, il la vit commencer à démêler tous les fils pour le replacer sous IV. Quand l'aiguille fut de nouveau insérée au creux de son bras. Il la vit prendre en main la sonde tant redoutée.

- Je vous défends de replacer ça sur moi.

- Qu'est-ce qui vous fait penser que vous avez votre mot à dire ?

- Croyez-moi. Je peux être un patient aimable et conciliant. Mais sur ce point. Tant que je peux me mouvoir un minimum et la tenir avec cette main… indiqua-t-il en agitant celle dénuée de tout plâtre. …il n'y a aucune chance que vous replaciez ce tube en moi !

Amusée, l'infirmière le rassura finalement.

- Je céderais à ce caprice à une condition.

- Qui est ?

- Pour les deux prochains jours, s'il n'y a personne avec vous, vous m'appelez pour sortir de ce lit… Quelle qu'en soit la raison.

Devant le regard sceptique du jeune homme, elle insista.

- Vous n'êtes pas en prison. Nous ne sommes pas là pour vous garder dans un cocon de coton. Mais pour nous assurer que vous ne vous blessez pas inutilement un peu plus. Je vous aide à sortir votre carcasse du lit et vous aurez la joie d'uriner comme bon vous semble. Affaire ?

- C'est si gentiment demandé.

- Concernant la surveillance de votre rythme cardiaque, je replace les électrodes. Mais je ferais venir votre médecin traitant dès son arrivée pour qu'il fasse le point de tout cela avec vous.

- Merci.

- Faim ?

N'ayant rien eu de plus que de l'eau et quelques tasses de gelée la veille, son estomac n'était pas contre un régime un peu plus solide. Restait à savoir ce qu'ils lui proposeraient.

- Possible.

- Alors, je vais demander à ce qu'on vous apporte votre petit déjeuner.

- Avec du café ?

- N'abusez pas de ma bienveillance, lieutenant.

- Je pouvais toujours tenter.

- Vous n'aurez qu'à demander à votre partenaire. J'ai l'intime conviction qu'elle ferait n'importe quoi pour vous.

- Pas sûr que ça me rassure.

L'infirmière partie, de nouveau coincé sur son lit, Deeks observa Kensi. Elle devait être bien épuisée pour ne pas les avoir entendus discuter. C'était pour lui le signe qu'il fallait qu'elle rentre chez elle. De toute façon, il ne voulait pas de sa présence à ses côtés quand Harkness déboulerait dans moins de deux heures. Il était temps qu'il reprenne en main ce qui était de son fait. En déplaisent à ceux qui tiraient les ficelles derrière lui ces dernières heures. S'il aimait beaucoup Hetty, qui lui avait donné une chance de démontrer qu'il n'était pas qu'un petit flic sans envergure. Mais un gars capable de suivre même de loin son équipe fétiche du NCIS. Il n'appréciait guère qu'elle le laisse dans l'ignorance de faits se déroulant dans son dos. Il n'était peut-être pas un politicien né. Il n'en savait pas moins se défendre autrement qu'avec ses poings. Son parcours le démontrait largement.

NCIS - LA

Toujours remonté de comprendre qu'ils pensaient encore et toujours qu'il n'était qu'une chiffe môle pas foutue de se débrouiller seul. C'est le visage serré que le jeune homme vit sa partenaire se réveiller, souriante et à l'évidence toujours aussi heureuse par sa simple vue.

S'étirant tout en se levant, elle tomba naturellement sur le côté de son lit pour l'embrasser gentiment sur la joue.

- Salut. T'es réveillé depuis longtemps ?

- Quelques minutes.

- Je vois qu'on t'a servi à manger.

- Hum…

Pour toute pitance, il avait eu droit à de la farine d'avoine bouillie, une compote et un verre de jus de fruit. Sachant pertinemment quel était le péché mignon de son partenaire au vu de sa surconsommation, Kensi sut comment lui redonner le sourire.

- Tu boudes parce que tu n'as pas eu de café ? Si tu le souhaites, je cours t'en chercher un en douce. Et pas celui de la machine du couloir. Je suis prête à me rendre au Starbuck du coin de la rue. Ça ne me prendra que dix minutes maximum pour faire l'aller-retour.

- C'est gentil, mais non.

- Non ?

- Éric m'a déjà promis de m'en apporter un ce matin.

- Comment sais-tu qu'il va venir si tôt ?

- Je le lui ai demandé quand il est passé hier soir. Tu discutais ferme avec Nell, à ce moment-là.

- Oh. Mais…

- Il a surtout promis de venir sur le chemin de l'OPS pour m'apporter deux trois bricoles.

- Pourquoi ?

- Sauf erreur de ma part, vous m'avez trouvé à poil. Alors, si je ne veux pas me faire arrêter pour attentat à la pudeur. Ce serait cool d'avoir quelques fringues dans le coin pour quand je voudrais sortir… Ne serait-ce que pour prendre un peu l'air.

- Non. Je voulais dire : pourquoi lui ? J'aurais pu m'en charger.

- Te vexe pas, Kensi. Mais j'apprécierais que notre relation progresse un peu avant que tu ne sois la personne qui aille chercher mes boxers préférés. Sérieux, tu ne demanderais pas la même chose à Nell plutôt qu'à moi pour te trouver des fringues confortables, si nos positions étaient inversées ?

La logique étant incontournable, Kensi acquiesça facilement. Il était vrai qu'elle aurait plus confiance à une autre femme de son âge, pour trouver ce dont elle aurait besoin pour son quotidien, si elle devait se retrouver subitement hospitalisée dénuée de toute possession.

- Ok, je peux comprendre ton point de vue.

- Alors, j'espère que tu comprendras aussi qu'il est temps que tu t'en ailles.

- Quoi ?

- Ne te me prends pas sur mes intentions.

Sachant qu'il ne sortirait pas gagnant à la braquer, Deeks repoussa de sa main bandée l'une de ses nombreuses mèches échappées de sa queue de cheval. Il appréciait qu'elle ne soit pas flippée à se montrer tel le vrai petit épouvantail qu'elle était à son réveil. Bien qu'il supposait plus justement qu'elle n'ait pas conscience de son état à cet instant. Note pour plus tard ! L'en informer avant qu'elle ne quitte cette pièce, où elle l'achèverait à son retour.

- C'est juste que je vais passer la journée à être traîné d'un service à l'autre. J'ai vu l'infirmière et mon planning s'avère chargé. Si bien que tu vas passer ton temps à attendre, donc t'ennuyer. Et je sais que ce n'est pas bon pour moi, ça.

- Deeks, ça ne me dérange pas.

- Kensi. soupira-t-il. Dieu sait que je t'aime de tout mon cœur. Et que je ne me lasserais jamais de te le dire. Mais tu n'es clairement pas connue pour ta patience, ni faite pour jouer les gardes malades quand la situation ne l'exige pas. Je ne suis pas mourant. Juste coincé avec la plus mauvaise combinaison de blessures pour me permettre de fuir d'ici aussi vite que je l'aimerais.

Kensi n'était pas dupe. S'il la mettait dehors ce n'était pas pour cette seule raison. Mais peut-être n'était-il motivé que par une simple envie de se retrouver un peu seul. Un sentiment que là encore, elle pouvait comprendre. Aussi céda-t-elle, toutefois bien décidée à remplacer sa présence par un militaire positionné devant sa porte.

- Bien. Tu gagnes cette manche.

- Cette manche ? À quel sport jouons-nous, au juste ?

- Je te laisse deviner. lui susurra-t-elle taquine

Bien décidée à lui faire regretter sa décision de la jeter comme une malpropre, c'est avec un plaisir malsain qu'elle s'enquit de se venger de la plus maléfique des façons. Souriant avec malice, elle le saisit par le cou pour l'embrasser à pleine bouche. Bien décidée à mettre de côté les baisers superficiels échangés la veille.

Si Deeks gémit, ce fut autant de plaisir que de malaise pour sa mâchoire malmenée.

- Ca, c'est pour t'apprendre à me fiche dehors.

- Tu réalises que c'est clairement contre-productif, ce que tu viens de faire là ?

- Tu veux parier ?

Deeks ne répondit que d'un sourire, bien conscient qu'avec pareille réaction, elle renouvellerait son forfait, pour son plus grand plaisir à lui. Car un baiser de Kensi Blye valait bien tout l'inconfort du monde !

NCIS - LA

Si sa partenaire n'était pas partie aussi vite que prévu, incapable qu'ils s'étaient montrés à cesser leur flirt digne d'adolescents d'un autre âge. Elle était tout de même loin quand le capitaine Harkness le rejoint finalement. En sa possession : deux gobelets de café, un PC portable voué à visionner la vidéo évoquée plus tôt au téléphone, ainsi qu'une arme officielle de la police qu'il lui jeta dès son entrée.

De quoi combler son manque de caféine indispensable à son bien-être, finaliser son enquête et se sentir un peu plus apte à assurer sa propre sécurité. Pour autant, il n'avait pas menti à Kensi. Il était bien prévu qu'un peu plus tard, Éric passe à son tour le voir, pour lui apporter ses affaires… et il l'espérait un second café. Parce que oui, il en était addict.

En attendant, il s'agissait de ne pas faire perdre son temps à l'homme venu de si loin pour le voir. Pas qu'il ait fait les presque 400 miles le séparant de chez lui, ces dernières heures…

- Lieutenant Deeks.

- Capitaine Harkness.

Pour toute poignée de main, ils échangèrent l'un des deux gobelets de café.

- Il était temps qu'on se croise en personne.

- Il était temps, en effet.

S'asseyant sur une chaise, l'homme sortit le PC de sa sacoche, ainsi qu'un sachet de papier.

- Il paraît que vous ne pouvez pas bouger votre mâchoire ?

- Une activité récente m'a permis de m'assurer du contraire.

- Donc je ne serais pas le seul à me satisfaire de ceci ?

Devant les Donuts présentés, Deeks afficha toute son avidité en réponse au sourire complice offert. S'il n'était pas toujours soutenu par sa hiérarchie, certains flics maîtrisaient encore l'art du réconfort made in "Police District".

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À suivre.


Les affaires reprennent pour Marty Deeks et c'est Hetty qui risque d'en prendre pour son grade d'ici deux chapitres. Nirak niark niark ))

Au mieux d'ici la fin du week-end prochain, j'en ai peur. Car les semaines sont définitivement trop chargées pour avancer quoi que ce soit. Et la suite nécessite pas mal de boulot encore. Sorry. ^_^''

mimi yuy