Merci ! Merci ! A tout le monde pour vos retours sur le précédent chapitre !

Après Eric, voici les tête-à-têtes avec Sam et Callen !

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UNDER COVER


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Chapitre 21

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Non, il ne déprimait pas.

Sûr qu'assit sur le fauteuil défoncé de sa chambre d'hôpital à broyer du noir - tel un ado boutonneux en colère après ses parents - il aurait bien du mal à convaincre n'importe quel témoin de la scène. Mais non, il ne déprimait pas. En déplaise à son entourage persuadé du contraire durant cette seconde semaine d'hospitalisation.

Tout au plus, pouvait-il s'avouer qu'après une première semaine assommé par les fortes doses de drogues dans son organisme, une période de doutes profonds l'enveloppait. Son expérience dans les missions d'infiltration pour les stups lui intimait qu'il souffrait tout simplement d'un sevrage d'opiacés. Si on y ajoutait la crainte – pour ne pas dire l'angoisse – que les opérations réparatrices de son genou n'aboutissent pas au résultat attendu… Son cerveau bouclait sur des pensées de plus en plus noires.

Indépendamment de sa passion pour le surf que deviendrait-il, s'il ne récupérait pas à 100% ? Déjà que ses équipiers ne manquaient jamais de lui rappeler qu'il leur était cruellement inférieur dans bien des domaines en raison du fossé séparant leur formation respective. Diminué physiquement… il ne serait plus qu'un boulet impossible à tirer. Dans ces conditions, aurait-il toujours sa place dans l'équipe du NCIS ? La réponse était sans appel. La section des Opération Spéciales du NCIS était réservée à l'élite, et donc pas pour les éclopés. Garderait-il seulement son poste au sein de l'équipe des enquêtes sous couverture de la police de LA ? Il avait bien toujours l'option de prendre le poste offert sur un plateau par le capitaine Harkness. Mais cela ne le satisferait jamais...

Alternant la colère à ne pas avoir la maitrise complète des évènements et la peur d'un avenir incertain, Deeks savait devenir de plus en plus difficile à vivre. Mais ils n'avaient qu'à le laisser rentrer chez lui. Qu'il puisse lécher ses blessures en paix, recroquevillé dans sa coquille. Au lieu de ça, il restait coincé dans cette foutu chambre d'hôpital, à se morfondre sur son avenir en péril, nouvellement babysitté par tout à chacun…

Il avait beau insister sur l'inutilité de l'attention excessive de son entourage à son égard, rien n'y faisait. Si Kensi avait sensiblement réduit ses visites, depuis la fin de sa première semaine entre ces murs. Les créneaux qu'elle occupait jusqu'alors n'en restaient pas moins chargés de visiteurs. Il était dorénavant victime d'une organisation « toute militaire » - NCIS oblige - prévoyant la venue cyclique de chaque membre de l'équipe, tous plus désireux à vouloir l'aider à leur manière. Leur intention était louable : le tenir occupé, sachant qu'il devait encore rester hospitalisé un long moment. Mais ce n'était pas toujours si simple de se retrouver face à face avec des collègues de travail qu'il côtoyait jusqu'alors au sein du groupe. Et encore moins de conserver tout au long de la journée un masque de plénitude, quand il ne désirait plus qu'une seule chose : Ruer dans les brancards pour externaliser tous ses sentiments contradictoires.

NCIS – LA

Dans ce planning de visites nouvellement surchargé, l'agent spécial Sam Hanna était celui ayant choisi la tranche du milieu de matinée. Telle une horloge Suisse, il arrivait dorénavant quelques minutes avant chacune de ses séances de kiné. Deeks se souvenait encore de la discussion ayant précédée sa première séance dédiée à son genou en vrac, le lundi matin suivant la première opération. Comme à son habitude, le navy seal avait été droit au but, en abordant sa requête.

- Cela fait quelques temps que j'étudie pour passer un diplôme de kiné orthopédique. Crois-le ou pas, mais il se trouve que j'arrive justement à l'étape de le mise en pratique.

- Tu déconnes, là ?

- Non. J'ai pu négocier avec l'hôpital que si j'avais ton accord, je pouvais faire mon stage ici à l'occasion de ta rééducation du genou.

- Sérieux ?

- J'ai l'air de blaguer ?

A la nouvelle, Deeks sentit une sueur froide couler le long de son épine dorsale. Il connaissait la rééducation. Il en avait fait plus qu'à son tour. Merci papa Brandel. Pour dire, il pourrait surement même en apprendre à Sam qui semblait des plus sérieux quant au fait de suivre des cours. Mais accepter sa requête… Cela sous entendait afficher en sa présence ses faiblesses, sa colère, ses difficultés face aux exercices. Car il fallait bien le dire, lui n'était pas le fruit d'un croisement entre une machine insensible et un Rambo des temps modernes. Il était de ceux qui portaient leur voix quand ça n'allait pas ou s'effondraient en pleures dans un coin, priant une pause quand la douleur devenait insurmontable. Que ceux qui le traite de bébé - coéquipière comprise - aillent se faire foutre et supportent un jour ce qu'il vivait ou avait vécu dans sa jeunesse. On verrait bien comment ils réagiraient en pareille situation. Mais s'il n'était pas homme à se cacher, il n'était pas plus enclin à s'afficher volontairement.

- Je promets de ne pas te juger. insista Sam devant son silence.

- Je ne suis pas un patient toujours très conciliant.

- Aucun de nous ne l'est, je te rassure. Mais si cela peut t'aider à faire ton choix. Sache que quoiqu'il arrive, je ferais mon stage ici, juste auprès d'un autre patient. Donc j'assisterais toujours de loin à tes séances.

- Je sais que dernièrement ma vie quotidienne est passionnante. Mais tu sais. Il existe des émissions de télé réalité pour assouvir tes envies de voyeurisme.

Devant le regard ferme comme l'acier du navy seal, Deeks sut qu'il ne réussirait pas à le rembarrer par ce biais. Il faisait chier de lui imposer ça en plus de tout le reste !

Il allait balancer un nouveau sarcasme quand son kiné entra dans la chambre.

- Vous êtes prêt lieutenant ?

- Hum.

- Et pour l'agent Hanna ? Quelle décision avez-vous prise ?

- On va dire que plus on est de fou, plus on rit…

Souriant de toutes ses dents, Sam l'en remercia d'un mouvement de tête, le laissant pour la peine se débrouiller seul avec ses béquilles. Au moins un bon point pour ces deux types.

A la différence des CHU sur protectionniste de peur du procès, à l'hôpital militaire, la règle ici était de laisser le soldat agir seul et réaliser de lui-même au besoin qu'il avait besoin d'aide. Apprendre par la douleur à accepter le support des autres sans jamais dépendre d'eux. Un principe appliqué à l'invité qu'il était et que Deeks appréciait à sa juste valeur.

Depuis lors, Sam venait donc le chercher pour sa séance quotidienne. Les exercices y étaient simples. Pour la plupart, il s'agissait de travailler sur une machine de musculation, avec laquelle pousser des poids pour redonner vie aux muscles et tendons abîmés au niveau de ses épaules, cuisses et mains.

Ce second matin, il travaillait depuis un bon moment déjà, suant à grosses gouttes et serrant les dents de douleur. Mais Sam ne lui lâchait rien, ignorant complètement les insultes dont il pouvait l'asséner. Étonnamment, Deeks pouvait même lui concéder qu'il n'était pas de si mauvais conseils sur la mise en pratique des exercices.

A cet instant, il se devait de pousser un poids de sa jambe au genou blessé.

- Merci de m'avoir accepté. indiqua subitement Sam.

- Je t'en prie. C'est un plaisir d'être suivi à la culotte par un psychopathe du contrôle comme toi. Et puis, au moins, tout « ça » n'aura pas été vain pour tout le monde, si tu en tire un A pour ton stage pratique.

- Tu ne penses pas une seconde que t'as enduré toutes ces épreuves pour rien ?

- … Non. J'ose croire que mes mésaventures ont réellement servies à clore nombre d'enquêtes.

- Alors pourquoi ces paroles ?

- « Psychopathe du contrôle » ? C'est réellement une expression de Kensi !

- Deeks….

Comme ça il voulait se la jouer sérieux ? Ok. Au point où il en était de toute façon.

- Peut-être….

Expirant longuement pour faciliter l'effort musculaire qu'il lui était demandé au même instant, Deeks tenta maladroitement de s'expliquer.

- Peut-être que finir cette dernière infiltration en lâchant toute la vérité à ma cible, comme le pire des traîtres, n'est pas ce que je nomme faire du bon travail.

- Tu déconnes ? T'estime ne pas avoir fait ton devoir pour la simple raison d'avoir évoquer sous la torture quelques vérités à un homme que tu as - de toute façon - fini par tuer avant qu'il ne puisse propager une quelconque information ?

- Quoi ? Monsieur Parfait souhaite m'offrir son absolution ? répondit-il grognon.

- Monsieur Parfait ? Vraiment ?

Loin de se laisser repousser par son attitude, Sam ne bougea pas d'un iota, forçant toujours Deeks à poursuivre son exercice de rééducation. Le silence reprit ses droits quand le lieutenant ne pu s'empêcher de le briser à nouveau. Finalement, il avait besoin que ça sorte. Trop désireux qu'on lui reproche enfin clairement ses fautes. Une réaction qui serait toujours plus saine que cette pieuse acceptation qu'il recevait de chacun pour ses actes erronés.

- J'ai parlé, Sam. J'ai certes arrangé la vérité à mon mensonge, mais j'ai parlé. Et crois-moi. J'étais prêt à tout lâcher pour qu'ils arrêtent ! Pas quelque chose qui te serait arrivé, hein !

- Détrompe-toi. C'est une triste expérience que nous partageons, toi et moi.

Nouveau silence.

- Quand ?

- Pakistan. On a été pris avec mon équipe de navy seal dans une souricière. Deux d'entre nous sont morts durant l'attaque, les trois autres et moi-même faits prisonniers.

Calmement, se replongeant dans ce souvenir pénible de sa vie passé dans la navy, Sam partagea ainsi sa propre expérience de la torture.

- Dans l'armée, nous sommes formés à y faire face.

- Et on y apprend quoi au juste ?

Sachant avoir capté son attention, Sam était fier de pouvoir partager son savoir.

- Que le but n'est pas de garder le silence.

- Et les secrets d'état ?

- Il y a des protocoles pour ça. Tu crois quoi ? Que l'armée s'attend à ce que tous les soldats du pays jouent les Rambo ? Je te rappelle que dans le premier film, il s'agit d'un type atteint du syndrome post traumatique qui s'en prend aux quakers de son patelin !

- Alors quoi ?

- Le seul objectif est de gagner un peu de temps pour permettre au protocole d'être mis en place, et ainsi aux secrets d'être protégés.

- C'est tout ?

- Non. Le principal, l'essentiel. Est de faire tout ce qui doit être fait pour survivre et laisser le temps à ses coéquipiers de venir nous sauver. Ne jamais perdre espoir en eux. Que la capture dur deux heures, six jours ou trois années. Ne jamais perdre espoir ni confiance en ceux pour qui nous ne ferions pas moins nous-mêmes !

Ne le lâchant pas des yeux, tant qu'il n'obtint pas d'accord, Sam fut finalement satisfait du rictus lâché pour toute réponse. Il n'empêche, il n'en revenait toujours pas que Deeks puisse se reprocher d'avoir fini par parler ! Il n'en avait pas moins conservé la nature de sa couverture jusqu'au bout. Sans compter que le seul ayant finalement découvert son identité étant mort… tué de ses propres mains !

Curieux de connaitre la conclusion de l'infiltration policière dans laquelle leur flic avait à ses yeux, excellé, Sam se permit de revenir sur cette dernière.

- Et finalement ? Qu'est-il devenu de Nick Hawkins ?

- Un rapport de douane indique qu'il a été repéré sur une caméra de surveillance d'une salle d'embarquement pour un avion en partance pour la France. Après la déroute de son dernier client, peu enclin à attirer l'attention sur lui, il a décidé de prendre un peu de vacance du coté de la mafia italienne.

- C'est précis.

- Les mensonges n'en paraissent que plus réels.

A cette réponse, Sam se demanda quelle dose de vérité et de mensonge Deeks leur offrait au quotidien. S'il aimait croire que le petit dernier de l'équipe pouvait être lui-même en leur compagnie. L'homme était si bon en infiltration que parfois, il se demandait sérieusement s'il n'avait jamais vu le véritable visage du flic. Kensi peut-être aurait un avis sur la question.

En tout cas, s'il n'avait pas encore rendu le sourire à leur flic, son froncement de sourcil avait lui disparu. Aussi, le concernant, jugea-t-il que son travail avait été fait et bien fait. Normal. N'était pas Navy Seal qui veut.

Une fois sa séance terminée, Deeks reposa sur un fauteuil. Autant il aimait avoir son autonomie. Autant l'heure suivant cette épreuve quotidienne, il était bien incapable de supporter son propre poids le temps du retour à sa chambre. Les os las, les muscles palpitants, il aurait aimé profiter des bienfaits d'un massage. Si seulement son corps tout entier n'était pas couvert de croûtes dues à la cicatrisation de ses multiples brulures et écorchures…

Se désaltérant de la gourde d'eau laissée par Sam à son soin, il laissa son regard erré dans la salle, observant seulement maintenant les trois autres patients en plein effort. A son image tous étaient accompagnés de deux personnes. Un constat qui le frappa brutalement. Tous ces soldats avaient à leur coté un kiné et une seconde aide. Ami, famille ou équipier… ? Aucun ne faisait face seul à son combat pour dépasser les limites nouvellement imposées par leur corps défaillant. Etait-ce pour cela que Sam s'était imposé à lui sous l'excuse facile de sa prochaine infiltration ?

La seconde observation qui le marqua était l'importance de leur blessure. Certainement tous de retour d'un pays en guerre, la seule femme des lieux luttait à l'évidence avec une jambe bien plus abimée que la sienne, au regard des broches apparentes qui en sortait. L'homme le plus proche de lui souffrait d'une brulure couvrant entièrement une épaule et le tiers de son torse. Le troisième soldat travaillait lui avec un bras mécanique. S'agissait-il d'une blessure due à l'explosion d'une mine ? Pire d'un démembrement sous la torture ? A leur vue, Deeks réalisa toute la chance qu'il avait eut dans les exactions subies.

N'ayant toutefois pas eu conscience de rester figé sur l'homme démembré, Deeks fut subitement prit à parti par ce dernier.

- Hé mec ! T'as un problème ?

- Pardon ?

- Qu'est-ce que t'as à me mater comme ça ?

- Désolé. Je voulais pas donner cette impression. Je…

Ne sachant comment réagir face à cette agression toute légitime, Deeks ne du son salut que par l'intervention de Sam.

- Hé, mec ! Calme. C'est qu'un petit flic qui n'y connaît rien au code du coin. Il n'a pas agit pour te braquer.

- C'est ça…

- Désolé… vraiment…. insista Deeks honteux d'avoir pu laisser penser que…

Son fauteuil poussé par son équipier, il n'eut vite plus l'occasion de parler au jeune soldat.

- C'est rien Deeks. Il cherche juste une cible pour dégager sa colère. Le prend pas pour toi.

- On le serrait pour moins.

Comment pouvait-on venir en aide à une personne comme lui ?

Comment pouvait-on atténuer la colère ressentit à se savoir handicapé à vie ?

Voir pareil traumatisme faisait réfléchir à son propre cas. Ses maux lui paraissaient si minimes face à ceux supportés par les autres patients de son service.

Plongé dans ses pensés, Deeks admettrait plus tard avoir quelque peu oublié tout ce que Sam avait bien pu lui dire avant son départ.

NCIS – LA

Le temps de se remettre physiquement de la séance de kiné, Deeks poursuivait par son déjeuner et une sieste digestive qu'il nierait chaque jour avoir faite ! Alors seulement, vers le milieu de l'après-midi, à cet instant subtile où l'ennui s'imposait à vous, c'est G. Callen qui imposait sa présence. Nul doute qu'avoir supporté des mois d'hospitalisation pour avoir été victime d'une pluie de balles en plein torse, le rendait le plus à même de comprendre ce qu'il vivait à cet instant. Il n'en restait pas moins étrange de voir Callen seul. C'est que jusqu'alors, il n'avait jamais pensé à Sam et lui séparément. Associant réellement les deux partenaires à un couple de perruches inséparables… Mais comme pour chacune de leurs visites à tous, ce n'était pas comme si on lui avait demandé son avis.

S'il voulu lui demander à sa première visite en solitaire, si Hetty était celle qui l'envoyait pour le jauger, Deeks s'était surprit à l'aborder par une toute autre remarque… presque anecdotique. Il y avait parfois un coté amusant à ce que son cerveau générait sans préavis. C'est ainsi que bien des jours après les faits, la première chose qui lui vient à l'esprit à l'entrée de Callen fut une réflexion hors de tout contrôle…

- J'ai perdu tes lunettes.

Parce que Oui. Ca le tracassait. Aussi futile que ce soit… On était comme on était. Et il se demandait toujours où avait bien pu passer les lunettes prêtées par Callen à sa sortie des décombres de la villa de Johnny Torrio. D'autant que l'agent senior restait son supérieur hiérarchique au sein de l'équipe du NCIS. Si Hetty pouvait être assimilé à un commissaire de district, Callen s'apparentait plus à un capitaine ou lieutenant en chef. Et malgré la croyance populaire, basée sur sa simple allure de surfeur, il avait du respect pour ses supérieurs.

- Tu m'en rachèteras une nouvelle paire. J'ai repéré un modèle plutôt classe sur la 4ème avenue.

- Mon salaire du mois va y passer ?

- Ca… Fallait pas les perdre en premier lieu.

- Bien vu. Et sinon. C'est Hetty qui t'envoi ?

- Non. Pourquoi ?

- Elle n'est pas venu te parler ? insista Deeks.

- Pas à ton sujet, tout du moins. Elle est censée m'informer de faits nouveaux ?

- Quelque chose comme ca.

- Dois-je aller la voir ou tu peux m'éclairer par toi-même.

- Disons qu'on a juste récemment parlé de la pertinence du renouvellement de mon poste au sein du NCIS.

- Et… ?

- Je souhaitais que tu lui donnes ton accord avant de poursuivre la situation actuelle.

- Accord acquis. Autre chose ?

- Tu ne réfléchis pas avant de répondre ?

- Pourquoi réfléchir ? Indépendamment du fait que tu ais prouvé de nombreuses fois à chacun d'entre nous être capable de protéger nos arrières. Tu fais ton boulot, suis mes ordres, et rédige toute la paperasse en temps et en heure. Soit tout ce que nos partenaires respectifs ne font pas. Alors crois-moi, je ne compte pas te laisser fuir de sitôt. Tu as beaucoup trop d'importance pour moi. Et je n'évoque pas l'enfer que nous ferait vivre ta wonder women de partenaire au caractère bien trempé, si tu devais nous quitter !

Pour le coup, Deeks pouvait avouer ne pas s'être attendu à tant de compliments offerts si naturellement et sans l'ombre d'une dérision.

Aux yeux de Callen, il ne s'agissait plus simplement pas là d'un sujet digne d'intérêt. Lui était plutôt concentré sur tout autre chose. Comme le fait qu'il était important à ses yeux que Deeks apprenne de sa part et non des autres aux hasards d'une discussion qu'il lui avait tiré dessus au cours de son sauvetage. Commençant à voir clair dans le personnage, il ne doutait pas que le jeune flic s'en voudrait suffisamment comme ca. Aussi, Callen se lança-t-il avec une simple constatation, comme Deeks peu avant pour ses lunettes.

- Tu m'as tiré dessus.

- C'était le seul moyen de conserver ma couverture dans la villa de Johnny Torrio.

- Je voulais dire dans l'entrepôt où l'on t'a retrouvé.

- J'ai tiré sur beaucoup de monde lors de ma tentative d'évasion. Désolé. J'ignorais que c'était vous qui me suiviez.

- Sauf que tu m'as réellement touché… En plein cœur. Sans le gilet par balle, je serais mort.

- Oh…

La révélation étant d'importance aux yeux de Deeks, ce dernier en resta un instant sans voix. Que pouvait-il bien répondre à ça ? Le plus surprenant était de savoir que Callen l'acceptait toujours dans l'équipe malgré pareille bévue.

- Soyons clair, Deeks. Je ne dis pas ça pour te le reprocher. Juste pour que tu ne sois pas surpris, si Sam ou Kensi en parlait un jour.

- Ok.

- Il y a autre chose que tu dois savoir.

- Aurais-je touché quelqu'un d'autre de ma connaissance ?

- Personne à part moi.

- Alors quoi ?

- Hetty… Il s'avère qu'elle nous a quelque peu évoqué ton enfance et…

- …ma relation si épanouissante d'avec mon père ?

- Quelque chose comme ça.

- Je vois.

- Je suis désolé qu'elle ait ainsi évoqué des faits personnels que tu ne souhaitais peut-être pas nous confier.

- Bah. Un peu plus ou un peu moins… Ce n'est pas comme si vous n'en saviez pas déjà assez sur moi pour que j'en aie honte ma vie entière, ou que cela change la piètre opinion que vous aviez tous de moi.

- En quoi devrais-tu en avoir honte ? Nous ne sommes pas responsables des actes de nos parents. Quant à notre opinion sur toi, je pense que tu te méprends fortement.

- Fais-moi une faveur, alors. N'en dit rien de plus. Aucune envie de découvrir que c'est encore pire que je me l'imagine.

Ne voulant pas braquer Deeks sur ce point, Callen mit de coté ce point pour plus tard. Pour l'instant, il se sentait surtout redevable de connaître l'enfance du lieutenant de police quand ce dernier ignorait tout de la sienne.

- Je n'en ai encore jamais parlé à Sam. Mais j'ai appris récemment les origines de ma famille. Et tout porte à croire qu'en nous abandonnant avec ma mère, mon père n'était guère plus soucieux de mon bien être ou de celui de ma sœur que le tien le fut pour toi.

Sa démarche n'était pas de jouer à qui ferait le meilleur remake de Remi sans famille. Mais de convaincre la tête de mule d'équipier lui faisant face, qu'il pouvait le comprendre plus facilement qu'il le pensait.

- Tu sais. réagit Deeks. Au pire moment, là-bas, j'ai remercié mon père. J'en suis réellement venu à bénir l'homme qui m'avait battu et torturé toutes mon enfance de m'avoir si bien préparé à supporter ces heures de souffrance. J'ai réalisé que c'était peut-être lui qui avait toujours eu raison.

- Non.

- Pourquoi pas ?

- Le seul souvenir que j'ai de ma famille est l'image fugace d'une femme riant sur la plage de Roumanie où nous nous étions arrêtés, il y a quelques mois. Je ne saurais donc savoir ce que l'on récent à perdre ses parents. On ne peut regretter ce que l'on n'a jamais connu. Mais je sais que ce n'est pas ça l'amour d'un père pour son fils.

Riant de cette tirade si exaltée de la part de Callen, Deeks s'en amusa. Tout en se disant qu'il l'avait bien mal jugé à leur première rencontre. Beaucoup s'imaginait l'agent Callen comme un type solitaire et renfermé dénué de tout sentiment. Une machine sans peur, ni joie… qui ne dormait pas, qui ne pleurait pas, qui ne vivait pas en dehors de son travail. Mais il n'en était rien. Cet homme avait aussi des rêves et des idées sur ce que devait être une famille.

Là était donc la teneur des échanges qu'il avait dorénavant avec Callen…

Callen qui lui avait apporté dés cette première visite en solitaire une pile de ses écritures en retard. D'abord amusé de la démarche, Deeks s'était surprit à apprécier ce travail. Cela ne représentait que quelques heures par jour. Mais entre les séances de kiné, les visites du médecin et autre sieste impromptues qui s'imposaient à lui. Cela suffisait à combler le temps libre qui l'accablait la journée durant.

NCIS LA

Ainsi, aussi chiant pouvaient-ils tous être à s'imposer de la sorte près de lui, Deeks devait au moins concéder que cela l'aidait un peu à supporter l'attente. Mais rien ne remplacerait l'information essentielle à venir ! Le bilan du chirurgien au terme de ses trois opérations. La conclusion d'un homme payé à prix d'or qui entrait enfin dans sa chambre.

- Lieutenant Deeks.

- Docteur.

- Comment vous sentez-vous suite à cette dernière opération ?

- Bien, je crois.

- La douleur n'est pas encore revenue ?

- Non. Les effets de l'anesthésie locale n'ont pas encore complètement disparus.

- Très bien. Passons aux choses sérieuses, alors. Prêt à entendre le verdict final ?

- Plus que je ne le serais jamais.

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A suivre.


La suite - 100% Densi - lundi (vive les jours fériés)

mimi yuy