En vous souhaitant une bonne lecture, la suite ! Un chapitre, sans autre but scénaristique que de faire avancer la relation entre Deeks et Kensi. Ou comment compléter leur tableau de chasse des situations les plus compromettantes pour une chambre d'hôpital )

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UNDER COVER


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Chapitre 25

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Tout cauchemar ayant une fin, Marty Deeks percevait enfin la lumière au bout de son tunnel. Ce matin, suite à la séance de kiné et visite quotidienne de son médecin, le Caporal Mason, il avait obtenu la meilleure nouvelle de ces derniers mois ! La confirmation qu'il serait enfin libre de quitter l'hôpital militaire où on le séquestrait administrativement depuis déjà un peu plus de deux semaines !

Trois jours ! Il ne lui restait plus que trois jours à tenir avant de retrouver le confort de son appartement. L'impatience était donc de mise. Et avec elle, la frustration que cela ne puisse aller plus vite. Mais avec la soirée de la veille manquée en raison d'une enquête en cours, un toute autre type de frustration venait de posséder le corps de déesse de sa partenaire venue le rejoindre. Ou pour dire les choses comme elles l'étaient. S'ils se valaient bien à ne plus pouvoir garder leurs mains dans leur poche – tout deux pires que des ados découvrant le sexe dans le dos de leurs parents. Au jeu de la frustration sexuelle, Kensi était de loin la plus sensible.

Comment Deeks arrivait-il seulement à l'exciter d'un simple regard posé sur elle ? Kensi l'ignorait. Mais depuis qu'ils avaient commencé à explorer le pan licencieux de leur relation, l'envie de faire l'amour à son flic de partenaire frisait l'inconstance mentale pour elle. Et sur ce point, encore trois jours d'attente était définitivement trois jours de trop.

Deeks ne niait pas désirer tout autant cette femme superbe lui ayant clairement exposé son intention. D'autant qu'il semblait dorénavant apte à l'action. Après tout, elle lui avait bien prouvé qu'il n'était plus « en panne ». Aussi avait-il cédé à son regard de chiot en manque d'amour. Quel homme aurait-il été s'il le lui avait refusé, à la voir si impatiente et désireuse de franchir ce dernier pas de leur association ?

Il n'empêche qu'il ne se sentait pas pour autant très à l'aise, bien qu'il ait vérifié par lui-même que la caméra présente dans la pièce était déconnectée. Au moins, avec Kensi habillée d'une jupe ample ce soir-là. Il paraissait évident, qu'elle n'avait pas plus l'intention de prendre le moindre risque en jouant les nudistes, cette fois-ci. Pas qu'il l'ait pourtant informé de l'existence du matériel de surveillance… Une révélation qu'il jugeait à ce jour encore trop précoce à avouer. Question d'instinct de survie.

- Avant toute chose, que l'on soit bien d'accord, Deeks. Au moindre signe de douleur, de malaise ou le moindre inconfort, tu le dis.

- Hum.

- Je ne blague pas ! Si tu fais sauter le moindre point, ou ravive une douleur quelconque, ton séjour sera prolongé. Et ce n'est pas ce que tu veux. N'est-ce pas ?

Clairement, ce n'est pas ce que l'un ou l'autre désirait. Ils aspiraient bien trop à une liberté totale acquise dans le seul sein de leur maison ou appartement respectif.

Les consignes de base et précautions d'usage pour ne pas être interrompue en place. D'humeur coquine, Kensi lui jeta sans plus attendre sa petite culotte en coton blanc au visage, en guise de préambule aux hostilités. Mais la prenant en main, Deeks ne manqua pas de la déconcerter quand il la huma sans complexe ni la quitter des yeux.

- Une simple et classique petite culotte d'écolière ?

Pour leur « première fois » il se serait attendu à plus affriolant, au vu de ce à quoi elle l'avait accoutumé dernièrement. Pas qu'il s'en plaignait. Bien au contraire.

Un instant déstabilisée par la force de son regard, Kensi reprit très vite contenance.

- La situation en cours m'y oblige.

- A savoir ?

- Tu ne serais pas fétichiste à tes heures perdues ?

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas. Peut-être parce qu'il s'avère qu'une pièce de l'un de mes ensembles particulièrement couteux manque à l'appel.

- Oh.

Kensi progressait déjà sur sa couche, l'enjambant de sorte à le couvrir entièrement, reposant son poids sur ses cuisses à elle, plutôt que ses jambes à lui.

- Alors ? Quelque chose à dire pour ta défense ?

Faisant mine de réfléchir, Deeks ne pu camoufler sa grimace mutine.

- Je suis sûr que la pièce manquante fera très vite une réapparition.

- Mais l'enquête ne pourra être close qu'à la découverte et mise en examen du suspect.

Se disant, Kensi ôta son gilet pour ne plus garder qu'un Tee-shirt aussi court que moulant.

- Serais-je inculpé des faits ?

Se penchant sur Deeks, elle prit l'une de ses mains pour la guider sous son vêtement et la faire monter jusqu'à sa poitrine… déjà nue.

- Non ? Sérieux ? T'as à ce point peur que d'autres pièces disparaissent ?

- As-tu seulement la moindre idée de ce que cela coute ?

Définitivement amusé par la situation, Deeks se redressa pour mieux l'enserrer.

- J'ai compris le message, Princesse. Je dois participer activement à l'enrichissement du second tiroir de ta commode.

- Exactement. Que… Quoi ?

Réagissant par réflexe, elle frappa vivement son point contre son bras.

- Hé ! Ca fait pas partie des préliminaires, ça !

- Comment tu sais que je range mes sous-vêtements dans le second tiroir ?

- Comment ? Je te rappelle que j'ai fait ta lessive durant un mois complet ! Tu croyais quoi ? Que c'était les petites souris qui rangeaient tes fringues ?

- Hein ?

- Kensi… Je sais que c'est Apocalypse Now chez toi, tant y'a du bordel. Mais t'avais bien réalisé que c'est moi qui les rangeais ?

- Je… peut-être…

Difficile pour lui que de conserver son flegme à cette découverte. Comment ne pas être amusé d'avoir une partenaire si tête en l'air pour les choses du quotidien, quand elle était si attentive et observatrice lors des enquêtes ou infiltration.

- Te marre pas !

- Ca ne me viendrait pas même à l'esprit. Juré ! lui promit-il en révélant clairement ses doigts croisés.

Voulant le frapper à nouveau pour se venger de ses moqueries, Kensi se vit stoppé dans son élan par une poigne ferme. Un acte d'autant plus surprenant que c'était certainement la première fois que Deeks agissait de la sorte avec elle.

- Qu'est-ce qu'on a dit au sujet des coups qui n'ont pas leur place dans les préliminaires ?

- Quoi ? On n'est pas amateur à un peu de violence ?

Fermant un instant les yeux, Deeks hésita sur la réponse à apporter. Parce que… Répliquer que toute son enfance, l'amour parental avait déjà été associé aux coups et qu'il en avait conclu ne pas apprécier. Y'avait des chances que cela casse un peu l'atmosphère du moment.

- Je suis désolée.

Rouvrant les yeux pour voir Kensi clairement affligée, Deeks s'en voulu d'avoir prit autant de temps avant de répondre. Se forçant à sourire de cet air idiot qu'il savait fonctionner à chaque fois, il la rassura aussitôt.

- Quoi ? T'as oublié tes bottes et la cravache ? Pas de soucis, Princesse. On se contentera des menottes, s'il le faut.

Réponse peu réfléchie qu'il ponctua d'un clin d'œil complice. Comme quoi. Quand il le voulait, il pouvait réagir au quart de tour. Bien que le résultat obtenu n'était pas excellent.

Loin d'être apaisée, Kensi - les larmes aux yeux ? Sérieux ? – entourait son visage de ses mains douces pour l'empêcher d'éviter son regard.

- Excuse-moi. J'ai parlé sans réfléchir.

- Hé… Tout va bien. Qu'est-ce qui se passe ?

- Je suis… J'ai pas réalisé que…

- Que quoi ?

- Ca n'a pas d'importance, Deeks. Vraiment aucune importance.

Parce qu'arrivé à la même conclusion que son partenaire, Kensi s'en voulait suffisamment d'avoir seulement évoqué l'idée de vouloir réellement le frapper. Faire ce type de proposition, droit dans les yeux d'un homme ayant subie la maltraitance toute son enfance et la torture deux semaines plus tôt. Combien insensible pouvait-elle être, pour avoir pareille paroles, même sous le coup de la taquinerie ? S'en voulant terriblement, Kensi s'enquit de trouver l'absolution par l'action. En prouvant par les faits qu'elle pouvait aussi être câline et amoureuse.

Repoussant Deeks dans les coussins, elle débuta par un long, très long et profond, et mouillé, et dévorant baiser. Toute la veille, elle était devenue dingue à ne pas avoir pu le voir. Une seule soirée loin de lui et elle était déjà en manque de ses baisers, de sa peau, de ses yeux… Comment avait-elle pu tenir près de deux ans sans le toucher ?

Aux gémissements obtenus de son partenaire la maintenant fermement contre lui d'une pression sur ses reins, Kensi sourit de satisfaction à la réaction qu'elle obtenait pour si peu. Il ne faisait aucun doute qu'il voulait se mouvoir, la renverser sur le lit pour l'enfermer de son corps. Mais cela ne lui était toujours pas permis. Entre ses cotes blessées, la profonde coupe fragilisant son abdomen, et son genou : Tout trois ne devant toujours pas supporter la moindre pression pour encore quelques jours. Il avait eu pour consigne ferme de continuer à se reposer sur le dos.

Le sentant malgré tout sur le point de bouger, Kensi utilisa son arme secrète. Prenant ses deux mains, elle les guida à nouveau jusque sous son tee-shirt. Au trouble ravivant ses yeux bleu de bébé, elle savait qu'elle l'avait eu. Trop concentré sur les merveilles qu'il caressait chaque fois comme on découvrait un trésor. Il ne chercha plus à bouger, tandis qu'elle se débrouillait pour éloigner juste assez toutes contraintes vestimentaires.

L'heure n'étant très vite plus aux préliminaires, elle n'attendit qu'un accord tacite dans le regard de son compagnon pour initier leur communion et… enfin… sentir ce corps chaud et pulsant glisser si naturellement en elle.

Ce fut alors comme un électrochoc pour les deux protagonistes.

- Bouge pas. murmura Deeks.

La pression était telle qu'il allait venir à la seconde, si elle se déplaçait ne serait-ce que d'un millimètre.

- Je bouge pas.

Mais Kensi ne pouvait empêcher la palpitation inconsciente de son sexe enferrant le sien. Cet antre moite et chaud, comprimant si délicieusement sa hampe… Seigneur…

- Ken'sssss… gémit-il en réaction.

- Hum ?

Trop occupée à l'embrasser, Kensi fut heureuse de sentir la main toujours bandée glisser sous sa jupe pour mieux se poser sur son fessier et ainsi la guider dans un mouvement qu'elle conclu comme enfin autorisé. Alors, ils y allèrent doucement. Tout doucement. Bien trop conscients qu'il ne tiendrait guère longtemps, parti comme ça l'était.

- Dieu que c'est bon, bébé…

Le rire nerveux de Kensi à l'écoute de ces paroles qu'on aurait cru tout droit sorti d'un mauvais porno, fut la perte de la maigre retenue de Deeks. Victime des soubresauts provoqués par son rire, son corps peu enclin à la retenu se libéra aussitôt en quelques spasmes. Laissant le jeune flic se perdre dans un râle de plaisir, douloureusement conscient d'être venu bien avant sa partenaire.

- Merde. Merde. Merde. Je ne voulais pas. Pardon.

- Shttttt… Crois-moi, je prends largement cette réaction comme un compliment pour ma personne.

- Je t'aime tant.

Il le lui avait déjà dit. Plusieurs fois, même, si elle était honnête. Mais en cette position, yeux dans les yeux, en plein coït, cela avait une saveur particulière qui lui chauffait le cœur et les joues.

Voulant se cacher de ce regard enfiévré. Pour toute réponse, Kensi camoufla son visage rougissant au creux de son cou, sous un gémissement énonciateur d'une timidité nouvelle. Perdue dans sa réaction inconsciente, elle en oublia le corps blessé qu'elle surmontait, s'affaissant complètement sur lui. Au sursaut immédiat de Deeks sous la douleur, elle voulu aussitôt se relever. Quand une paire de bras l'en empêcha.

- Laisse-moi, je t'écrase.

- Non. Reste. On l'a déjà fait. Juste un peu…

Tachant d'atténuer au maximum la pression qu'elle lui imposait par leur position, Kensi profita avec lui de longues minutes de cet instant reposant. Ainsi blottit contre son corps ferme, le retenant toujours en elle, ils synchronisèrent inconsciemment le rythme lent de leur respiration profonde. Ce n'était rien. Et pourtant, le silence apaisant et bien heureux qui ressortait de cette communion les accomplissait plus surement que tout autre échange partagé jusqu'alors. Deeks n'ayant cessé de dessiner des mots d'amour du bout de ses doigts sur la peau charnue de ses fesses et le bas de ses reins. Kensi était de plus en plus victime de vagues de frissons générés par cette activité. La tension et le désir affluant ainsi en elle, elle ne réalisa bouger qu'en discernant subitement un retour à la rigidité enfouie en elle. Leur respiration s'accélérant indéniablement, la tension s'amplifiant inéluctablement en son ventre… Il ne faisait plus aucun doute qu'ils étaient fin prêts pour un second round.

- Déjà de retour, monsieur ?

- J'ai pris des fortifiants.

- Ah oui ? C'est que t'es un bon patient toi ?

- Hum, hum…

- Qui écoute tout ce qu'on lui dit ?

- Tout ce qu'on lui dit…

Amusée par son sérieux, Kensi le laissa de nouveau prendre les commandes. Mais très vite… Ses attentions sur sa poitrine, le rythme qu'il leur imposait, douloureusement lent et profond, ce pouce qui ne cessait plus de taquiner délicieusement son clit… Tout cela et plus encore finirent par instaurer le feu au creux de son estomac.

Mordant certainement douloureusement l'épaule de son tourmenteur pour atténuer tout cri de jouissance guère peu adapté à leur lieu de débauche, Kensi se laissa finalement happer par le plaisir ainsi né en elle. Les jambes et bras tremblants de l'effort à se maintenir et de la jouissance l'ayant parcourue toute entière, elle du très vite se résoudre à se reposer une fois de plus contre Deeks. S'échouant sur lui, bien plus délicatement que précédemment, elle prit surtout garde à ne pas apposer trop de pression sur sa blessure à l'abdomen et ses cotes blessées.

Le souffle court, le rythme de son cœur emballé comme à la suite d'une course de fond. Kensi se surprit à sourire comme une idiote. Un coup d'œil sur son partenaire, lui confirma qu'il n'inspirait pas plus l'intelligence à l'instant. Attestant au passage qu'il avait lui aussi atteint son point culminant. Surtout subitement euphorique, il retenait à son tour difficilement un rire nerveux. Toujours liés. Cela résonnait en elle, tel un écho, en un mouvement post orgasmique des plus agréables. De quoi pousser sa curiosité.

- Qu'est-ce que t'as à pouffer comme une fille ?

- La situation. Toi, moi, ici… Je ne suis rien qu'une chaussette oubliée sur un étendoir, alors que toi… Tu es si belle. Je ne comprends pas comment on en est arrivé là…

- Je t'ai fais du chantage pour que tu cèdes à mes avances. Voilà comment on en est arrivé là.

Sachant très bien qu'il n'était pas en reste quant à sa volonté de partager cet instant avec elle, Deeks ne la força pas à revenir sur la légitimité de sa question. Il savait que ce n'était ni le lieu, ni le moment de lui demander : Comment une fille comme elle, pouvait être attirée par un fils de bâtard comme lui ? Elle méritait tellement mieux.

Finalement, il sentait qu'elle bougeait. A l'évidence désireuse de rompre leur union, quand un sentiment de panique l'envahit pour la seconde fois.

- Reste !

- Je reste, Deeks. Même si je le voulais, je ne pourrais partir nulle part avec mes jambes en coton. Je dois juste nous arranger et rouvrir la porte, au cas où on viendrait te voir.

Assurée qu'ils étaient finalement décents et accessibles, elle se blottit tout contre lui. En cette position qu'ils affectionnaient le plus ici. Celle lui permettant de nicher contre sa poitrine, tandis qu'elle pouvait ainsi jouer avec ses mèches blondes. Les yeux bleus s'étaient vite éteins, tous deux sombrant dans un sommeil très léger. Quand Deeks réalisa seulement un détail d'importance.

- Kensi ! On a oublié de se protéger !

- C'est pas un oubli. Ton médecin a indiqué que tu risquais de ne pas encore supporter la pression d'un préservatif, suite à l'hypersensibilité généré par l'électricité.

- Parce que t'as été le lui demander ?

- Tu m'en veux d'avoir parlé de ta vie sexuelle avec le Caporal Mason ?

- Je…

Encore une fois, Kensi avait le chic de le prendre de court.

- Non… J'imagine que non. Plutôt surpris que t'ai pris la peine de t'en inquiéter.

- Avec la batterie de tests qu'on t'a faits ces dernières semaines, j'ai aussi eu l'assurance que tu ne trainais rien de sexuellement transmissible. Tout comme moi, je te le promets. Le NCIS nous oblige à faire des tests régulièrement. Je peux te montrer les papiers, si…

- Hé, je te crois… l'interromps-t-il.

- Désolée. C'est juste que je ne veux pas que tu m'imagine prendre ta santé à la légère.

- Je sais, Kens'. J'en doutais pas une seconde. Et clairement, c'était pas vraiment à ça que je pensais à l'instant…

- Oh… J'ai un stérilet.

Parce qu'avec le rythme de vie que son travail lui imposait, elle ne s'imaginait pas pouvoir prendre la pilule de façon régulière. Rare étant les kidnappeurs s'inquiétant de ce genre de détail, ou autres terroristes en fuite qui accepteraient de mettre le jeu sur pause, le temps qu'elle s'en préoccupe quotidiennement… Quant à la situation du pire… En tant que femme, même si Dieu Merci, cela ne lui était encore jamais arrivé. Les rapports non protégés imposés lors d'un viol ou une infiltration défaillante n'étaient malheureusement pas à ignorer…

Loin de toutes ses préoccupations, Deeks n'en conclu qu'une vive déception qu'il exprima étonnamment sans censure.

- Hum….. Ca se fait pas de casser tous les espoirs de son amoureux.

- Les quoi ?

Il ne parlait quand même pas bébé là ? Ca faisait pas même vingt minutes qu'ils venaient de passer l'étape sexe de leur relation !

Kensi n'eut pas le temps de creuser la question. Qu'à l'évidence, d'humeur boudeur, Deeks se tortillait de nouveau, clairement inconfortable.

- Veux dormir sur le ventre…

- Je comprends. Mais encore un peu de patience. D'ici trois petits jours, tu pourras enfin te blottir tout autour de ta couette.

- … et faire plein de bébés.

- Ok… Disons juste que pour ça… On va attendre un peu plus avant de seulement envisager d'en discuter.

- Pas sympa.

En fait, elle réalisa seulement qu'il planait complètement, là.

- Deeks t'as repris des opiacés dans la journée ?

- Juste avant ton arrivée. La séance de kiné a été trop douloureuse aujourd'hui.

Bien. Clairement, le mélange entre les endomorphines naturelles et les drogues synthétiques qui lui étaient toujours administrées, donnait un cocktail détonnant.

- Sommeil…

- Dans ce cas, dors.

Il murmura alors des mots inintelligibles, l'incitant toujours plus à se presser contre lui, avant qu'il ne le lui dise pour la seconde fois de la soirée.

- Je t'aime, tu sais.

- Je sais. Je t'aime aussi, Marty.

Souriant tout deux à cette confidence, elle le cajola un peu plus. Si elle pensait au début qu'il s'endormait enfin. Elle découvrit qu'il était là encore, du genre bavard après l'orgasme, se lovant simplement dans un état à la frontière fine entre la conscience et le sommeil. Ca lui rappelait clairement l'échange qu'ils avaient eu deux semaines plus tôt, lorsqu'à ses premières phases d'éveil, il tentait de s'assurer ne pas avoir tué les ambulanciers.

- Tu m'as appelé Marty.

- Et ?

- Les copains, ils m'appelaient « Johnny ».

Ne sachant absolument pas de quoi il parlait, Kensi le laissa poursuivre. Si elle se doutait qu'elle rencontrerait un jour, un mec avide de câlins qui lui ferait la conversation après le sexe… En même temps, Marty Deeks lui avait mainte fois prouvé qu'il n'était pas le stéréotype du gars macho qui ne pense qu'au cul… Bien qu'elle pressentait que cela prenait quand même beaucoup de place dans sa vie, pour peu qu'il puisse assouvir ses envies.

- Rigole pas…

- Ce n'est pas toi. Continue. Pourquoi t'en parle au passé ?

- Parce que maintenant, ce sera « Utah ». Trop de mauvais souvenirs pour « Johnny ». Et « Bodhi »… C'est juste pas possible. Personne ne veut jouer sous ce nom là. Trop flippant.

- Pourquoi ?

- Quelle question… Parce qu'il meurt à la fin.

- Oookay…

Finalement, elle se demandait s'il n'était pas au frontière du surdosage, genre en plein trippe éveillé avec les humains qui vol autour d'éléphants roses.

- Kens'… Après « les Aventuriers de l'Arche Perdue ». Tu vas pas me dire que t'as jamais vu « Point break » ?

Percutant enfin de quoi il parlait. Kensi comprit tout de suite mieux ses références. Mais déjà il pleurnichait de nouveau à l'interdiction de plier la jambe au genou blessé ou se courber sur le coté.

- Je veux dormir sur le ventre.

- Bientôt. Bientôt, tu feras comme tu veux. Je promets.

Ce n'était pas grand-chose comme souhait. Mais cela semblait tant l'affecter que ça lui brisait le cœur de le lui refuser. Quand pourrait-il enfin profiter d'un retour à la normale après tout ce qu'il avait déjà supporté ?

- Toi aussi ?

- Quoi ?

- Toi aussi, tu feras comme je veux ?

Ne sachant pas trop comment ils en étaient arrivés là, Kensi acquiesça malgré tout sans crainte. Si seulement ça pouvait le consoler un tant soit peu de cette situation.

- Moi aussi. Une journée et une nuit complète rien que toi et moi où tu décideras seul de quoi faire et quand le faire.

- Décidé par moi seul ?

- Oui. A la condition de tenir encore cette nuit et la suivante. Tu crois que tu peux y arriver ?

- …

- Deeks ?

Se redressant légèrement pour lui faire face, Kensi constata amusée qu'il s'était subitement endormit. Pas la première fois qu'il lui faisait le coup…

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A suivre.


En ce week-end du Sidaction, je n'ajouterais qu'une chose pour clore ce chapitre : Bien que ce ne soit pas toujours le cas dans nos fictions : Oubliez pas de sortir couvert ^_^x

mimi yuy