Un curieux voyage.
Karin est allongée sur le lit se trouvant dans l'une des chambres libres de la résidence appartenant à la mère de Kurando. La jeune femme s'est réveillée depuis quelques heures puisque les persiennes de la fenêtre n'ont pas été fermées. Vêtue d'un habit léger, foncé et transparent, la combattante regarde le ciel bleu mais surtout, les nombreux nuages blancs qui s'y déplacent. En concentrant son attention, Karin repense à son rêve de cette nuit et c'est à ce moment que la porte de la chambre s'ouvre. Quelques secondes plus tard, des pas s'approchant du lit se font entendre.
Intriguée, l'épéiste tourne sa tête sur sa droite et remarque que l'individu qui vient d'entrer dans la pièce est une personne qu'elle connait très bien : Yuri. Ce dernier s'installe sur le bord du matelas et ne prononce aucun mot, ce qui étonne grandement celle qui se trouve sous les draps.
- Tout va bien Yuri ? Lui demande-t-elle.
- Oui. Pourquoi me poses-tu cette question ?
- Parce que tu n'es pas très causant ce matin.
A la fin de cette dernière phrase, le jeune homme ne peut s'empêcher de rigoler. Devant ce comportement, Karin se pose des questions lorsqu'un détail lui revient en mémoire. Très vite, elle s'empresse de se saisir de la bordure du drap qui recouvre son corps et de le remonter jusqu'à son cou. Là encore, un éclat de rire de la part de Yuri se fait entendre dans toute la pièce. Lorsque le séduisant garçon retrouve son sérieux, Karin peut enfin discuter avec lui.
- Je peux savoir ce qui te fait rire ?
- Ta dernière phrase. Tu me trouves pas très causant ce matin alors qu'il est déjà midi.
- Tu plaisantes ?
Yuri se garde de lui répondre et se contente de tourner sa tête afin de regarder la pendule se situant au-dessus de la porte. Ses aiguilles sont toutes les deux sur le douze, preuve que l'adolescent dit la vérité. De son côté, Karin aussi en a profité pour jeter un œil sur l'objet horaire et se rend compte que son repos réparateur fut très long. De suite, elle s'inquiète.
- Comment ai-je pu dormir aussi longtemps ?
Pour lui répondre, Yuri tourne sa tête une seconde fois afin que son regard croise celui de sa camarade. Les yeux dans les yeux, il peut lui répondre mais les mots qu'il prononce n'apportent aucun éclaircissement.
- Je ne sais pas. Tu devais être très fatiguée je pense.
- Et pourtant, on ne peut pas dire que nos journées soient épuisantes en ce moment.
- Dans ce cas, que se passe-t-il ?
- Je ne sais pas. Peut-être mon rêve qui m'a épuisé beaucoup plus que je ne le pensais.
- Un songe tranquille ou un cauchemar ?
- Il était étrange, c'est la seule chose que je peux dire.
- Et tu veux m'en parler ?
Rien que d'y penser, Karin sourit bêtement. Elle ne sait pas si elle doit lui en parler car la crainte de passer pour une idiote existe et est réelle. Yuri est un garçon un peu spécial et cela ne concerne pas seulement le fait qu'il enferme un démon en lui. Non, l'adolescent donne l'impression de n'accorder aucune importance à ce qui l'entoure. Seule la recouvrance de sa mémoire et des personnes qu'il a croisé dans son passé comptent le plus à ses yeux.
Toutefois, Karin décide de se lancer à l'eau.
- J'ai rêvé de la suite de notre voyage.
- Et j'imagine que nos ennemis étaient de la partie ?
- Pas vraiment. Si tu savais le moyen de locomotion qu'on avait emprunté pour traverser ces terres.
- A ce point ?
- Oui. J'ai rêvé qu'on voyageait sur le dos d'une limace géante.
- Tu es sérieuse ?
Et en guise de réponse, Karin se contente d'hocher positivement de la tête. Juste après, Yuri rigole une nouvelle fois mais de toute façon, la jeune femme s'y attendait mais de moitié seulement. En effet, elle savait très bien que son rêve était très étrange mais comme Yuri est du genre passif, le voir rire à son histoire lui fait plaisir. Après tout, il n'est peut-être pas aussi froid qu'elle aurait voulu le croire. Il suffit juste de bien gratter à la surface pour découvrir qui se cache vraiment sous cette carapace froide et distante.
Plusieurs secondes s'écoulent avant que la pièce retrouve son calme et bien sûr, Yuri regarde sa camarade de voyage.
- Ce que j'aime chez toi, c'est l'imagination dont est capable ton esprit.
- Vraiment ?
- Oui.
- C'est gentil mais tu sais, j'aimerai vraiment qu'il arrête de me jouer des tours.
- Je peux comprendre.
Maintenant que la conversation est achevée, l'homme se lève du lit et commence à se diriger vers la porte qui est restée grande ouverte. Cependant, le garçon s'arrête à mi-chemin et prend la peine de se retourner pour s'adresser à son amie une toute dernière fois.
- Ne traîne pas trop au lit s'il te plait car nous avons des choses à faire aujourd'hui.
- Concernant ta tante ?
- Par exemple.
- Entendu.
Et à la fin de ce mot, le guerrier reprend son avancée et quelques secondes plus tard, Karin se retrouve seule dans la chambre. Là, elle s'empresse de s'assoir sur le matelas et de glisser ses jambes hors de la couverture. Une fois que ses pieds se glissent dans des pantoufles roses prêtées par la tante de Yuri, Karin se lève tout en gardant le drap sur son corps. Dès qu'elle s'approche de la chaise sur laquelle repose sa veste sombre, la jeune femme se montre rapide pour l'enfiler. Au moment où son vêtement se trouve sur son buste, Karin balance le drap sur le lit et s'empare de son pantalon afin de le glisser le long de ses jambes.
Peu de temps après, l'épéiste est entièrement vêtue mais pour se montrer polie et surtout, bien élevée, elle prend le temps de faire le lit afin que la mère de Kurando ne se voit pas offrir une tâche ménagère supplémentaire.
