V. RENJI
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Quand je m'éveille, Zabimaru est là, à côté de moi.
Cette forme… je l'ai vue quoi, deux fois, trois fois dans ma vie ?
Les tatouages sur son pelage blanc ressemblent aux miens. La voix du singe est grave et profonde, celle du serpent, un peu plus aigre. Il me scrute de ses yeux jaunes vides, me fait comprendre qu'il veut reprendre le combat…
Il ne comprend pas. Zabimaru. Mon Zanpakutô. Désolé de dire ça, mais t'as toujours été un peu lent à la détente…
Tu ne comprends pas que ce n'est plus ce pauvre gamin, ce ryoka aux cheveux roux, notre ennemi. Oui, c'est à cause de lui qu'elle est condamnée. Oui, elle lui a donné ses pouvoirs. Mais maintenant ça n'a plus d'importance. Ce n'est pas contre lui, qui cherche à la sauver, que je dois me battre.
Même. Si je peux l'aider, ce petit con, eh ben je le ferai.
Tu me demandes qui je veux combattre, Zabimaru? T'es encore plus ramolli que je le croyais. Parfois, je t'arbore fièrement en me disant « waho, c'est ça mon sabre ! ». Parfois, je te regarde simplement et je me pense « putain, c'est vraiment ça mon sabre ? ». En tout cas je ne suis pas aussi lent que toi à prendre une décision. Oui je sais qui je veux combattre, et je le sais depuis longtemps. J'avais juste perdu de vue mon objectif. Mais maintenant, il est là, sous mes yeux, et je sais que je ne le perdrai plus de vue.
Celui qui m'a pris Rukia, ce n'est pas Kurosako Ichigo.
Le premier à me l'avoir arrachée, c'est Lui.
Faisons une croix sur notre honneur.
Aujourd'hui nous allons tuer mon capitaine.
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