VI. ORIHIME

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Les mains jointes, comme si elle priait, elle se tenait face à la lune brillante.

Elle passait ses nuits à contempler l'astre argenté qui jamais ne décroissait. Derrière les trois barreaux de l'étroite fenêtre, il nimbait sa cellule d'une clarté mystérieuse, sylvestre, mystique.

Orihime s'était habituée à la lenteur du temps. Au rythme si particulier de ce monde sans journée. Aux visites régulières de l'espada au visage si triste, tout comme à celles des servants qui lui apportaient sa nourriture.

Elle ne demandait pas plus que ce qu'elle possédait déjà. Elle n'avait aucune revendication, aucune envie de s'enfuir, aucun désir de se libérer.

Elle ne craignait pas la mort.

Elle ne songeait pas non plus à ses amis, ni même au visage d'Ichigo Kurosaki.

L'éclat trompeur du Hôgyoku. Voilà ce qui occupait son esprit. Sa pensée était tout entière dirigée vers l'artefact étincelant au centre de la paume d'Aizen Sôsuke.

Son pouvoir était le seul capable d'en venir à bout, en ces lieux. Ses amis ne viendraient sûrement pas la chercher, aussi, pour une fois, ce serait à elle d'aider. Elle détruirait le Hôgyoku, la cause de tout ce gâchis. Telle était la tâche qu'elle s'était confiée.

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Elle ne dormait presque plus. Elle restait debout toute la journée, parfois sans manger, au mépris de son corps. Elle se concentrait uniquement sur son objectif.

Peu à peu, son esprit se détachait de son enveloppe charnelle. Défait, hors de son corps, il parvenait ensuite à traverser les barreaux, puis la porte, comme si elle eût été faite d'air, pour se glisser dans les couloirs de Las Noches.

Chaque nuit, la jeune fille sortait en rêve, vagabondait pour tenter de retrouver le Hôgyoku, suivait la faible pulsation de son aura. Et lorsqu'elle le trouverait, elle saurait comment le détruire.

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Un sourire se peignit sur les lèvres pâles d'Orihime.

Elle l'avait localisé. Maintenant tout serait simple.

C'est alors qu'un reiatsu aussi inattendu qu'inespéré déchira les airs.

Rouge, noir, bleu, chaleur, feu, puissance.

Kurosaki Ichigo.

Il était venu la sauver. Envers et contre tout, il était venu. Alors, Orihime désespéra car ses amis allaient mourir.

Tous ses efforts réduits à néant...

Une fois de plus, elle n'était que la princesse recluse dans sa tour, immobile et impuissante, attendant qu'on la délivre.

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