Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling
Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire surement avec beaucoup moins de dextérité...
Note 2 : je n'ai vraiment pas le temps de répondre aux reviews aujourd'hui alors je remercierai Maeve (que je remercie au passage pour son précieux soutien ! ), Ouki, Jenni944 et Kelly Snape Potter pour leurs reviews : )
Et pour répondre à KSP, je suis vraiment désolée mais il y a peu de chance que la longueur des chapitres à venir dépasse celle de celui-ci, gomen T.T
J'espère que tu apprécieras la fic magré tout : )
Merci également à tous ceux qui prennent simplement le temps de me lire et qui n'ont pas forcément le courage de laisser une review !
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 2 : En sommeil
S'échapper. Retrouver Ron et Hermione.
Avant même d'ouvrir les yeux, son esprit s'était focalisé sur ces uniques pensées. Aussi, lorsque le cachot lui apparut enfin il ne réalisa pas immédiatement qu'il n'y était pas seul.
Harry se força à se redresser et posa avec précaution son dos douloureux contre la paroi la plus proche qu'il trouva, laissant échapper un grognement au moment où il s'appuya contre le mur. Il se demandait encore comment il pouvait être toujours aussi lucide après la quantité faramineuse de doloris qu'il avait reçus, tout en observant vaguement la pièce où on l'avait enfermé, lorsqu'il prit enfin conscience de sa présence.
Assis sur la pierre froide, contre le mur nu, à quelques mètres à peine de lui, se tenait le maître des potions, les yeux clos.
Le survivant se figea.
- Rogue, murmura-t-il simplement alors qu'il s'étonnait de la faiblesse de sa voix.
Ce dernier ouvrit lentement les yeux avant de fixer le jeune homme quelques secondes puis de l'ignorer à nouveau.
Son ancien professeur ne lui avait jamais paru plus las qu'aujourd'hui. Il ne savait pas à quelle réaction il s'était attendu de la part de l'homme mais son comportement l'emplissait d'un doute supplémentaire quant à ses futurs chances de s'en sortir.
Harry repoussa ses craintes et prit le parti d'éclaircir ce qui pouvait l'être puisque, apparemment, ils n'avaient guère mieux à faire pour l'heure.
- Vous avez tué Dumbledore.
Il l'avait dit dans un souffle, sa gorge était vraiment dans un sale état, et n'était pas certain d'avoir été entendu.
Un lourd silence s'installa.
Persuadé qu'il n'avait pas parlé assez fort, il allait reprendre la parole lorsque le maître des potions lui répondit.
- Oui.
Le survivant ne savait pas vraiment ce qu'il s'imaginait attendre. Après tout, il l'avait vu faire de ses propres yeux et il avait moins posé une question que lancé une affirmation. Le ton de Rogue était resté aussi froid qu'à son habitude. Cette impassibilité réveilla une part de la haine féroce qu'il avait ressentie ce jour-là.
- Parce que le directeur vous l'avez demandé ? interrogea-t-il pourtant ne sachant quelle réponse espérer.
Le mangemort referma les yeux apparemment peu décidé à répondre.
De longues minutes passèrent.
Celui-qui-avait-survécu ne souhaitant pas perdre son énergie à briser le mutisme évident de son compagnon de cellule, après s'être avouer qu'une année plutôt seulement il lui aurait sans doute hurlé de lui donner une réponse et s'être amèrement aperçut qu'au moins cela aurait prouvé qu'il lui resté un peu d'insouciance, il s'efforçait de trouver une solution, qui jusqu'à présent semblait inexistante, pour sortir des griffes de Voldemort.
- Oui, entendit-il soudain dans un soupir empli d'inattendus regrets.
Il se tourna vers le maître des potions qui ne le regardait pas, partagé entre la surprise de l'aveu et de celle qu'il soit enclin à le croire.
Même s'il gardait en lui l'envie quasi irrépressible de lui cracher au visage que ce n'était qu'un mensonge de plus, il savait parfaitement que seul un idiot nierait encore l'évidence. Ne se trouvaient-t-ils pas à présent tout deux prisonniers du seigneur des ténèbres ?
Oui, Rogue n'avait fait que suivre les ordres de Dumbledore.
Ce n'était pas une excuse.
Mais lui, quelle excuse avait-il pour avoir laissé le sorcier s'empoisonner dans le simple but de s'emparer d'un horcruxe, d'un faux horcruxe ?
C'était sa demande.
Il se haïssait pour l'avoir écouté, pour l'avoir mené à sa perte. Il haïssait Rogue. Et plus que tout, il haïssait Voldemort, le responsable de toute cette haine.
Harry aurait voulu déverser hors de lui toute cette peine qui n'avait cessée de grandir année après année à Poudlard et qui, jusqu'à sa sixième, avait pu être compensée par les instants de bonheur qu'il y vivait, pleurer sur cette dernière année qui n'avait été que chasse aux horcruxes et combats contre les mangemorts.
Il savait qu'il ne pouvait pas. Se laisser aller aux larmes n'était pas une option.
Le maître des potions ne le regardait toujours pas ; il n'y avait rien à dire.
Harry avait mal, il était fatigué. Il ôta ses lunettes, miraculeusement intacte, ferma les yeux et le sommeil l'appela vers ses abysses bien plus tôt qu'il ne l'aurait crû.
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Ce n'était pas un cauchemar mais bien la réalité.
Après s'être littéralement effondré d'épuisement, il se réveillait à nouveau dans ces cachots.
Il bougea légèrement pour décontracter ses muscles endoloris et apprécia d'en ressentir plus de bien-être que de mal. Les effets de l'impardonnable diminuaient.
Reprenant ses lunettes, le jeune sorcier laissa errer son regard à travers sa prison.
Des murs de pierre pour une pièce de la taille d'une chambre d'adolescent, un plafond bas, une lumière diffuse provenant du couloir et entrant librement dans la cellule, imprimant au sol l'ombre des barreaux d'acier. Il n'avait pas vraiment imaginé différemment sa première prison, à l'exception sans doute de l'homme qui s'y retrouverait enfermé, avec lui, à la merci de Voldemort.
Le survivant tourna enfin son visage vers lui, n'attendant guère plus de réaction de sa part que précédemment. C'est donc avec une surprise non feinte qu'il sursauta en croisant les yeux de Rogue. L'interaction muette dura quelques secondes avant que le plus âgé ne rompe brutalement le contact.
Harry frissonna imperceptiblement.
Quelque chose, il ne comprenait absolument pas de quoi il s'agissait, lui avait fait éprouvé, durant ce laps de temps, un terrible malaise. Il savait que la cause de cette étrange impression se trouvait à sa portée, pourtant elle lui échappait.
Soudain une question bien plus concrète s'imposa à lui.
Depuis combien de temps le fixait-il de cette façon ?
Il s'approchait du problème. C'était bien cette manière de le regarder qui était responsable de son nouvel état de confusion. Totalement absorbé, semblant attentif à la moindre de ses réactions, presque comme…
Il repoussa l'absurde conclusion à laquelle il venait d'arriver en passant fébrilement la main dans ses cheveux en désordre, faisant abstraction de la légère difficulté qu'il avait à soulever son bras. Le jeune sorcier se dit vaguement que s'il se lançait déjà dans de telles conjectures il ne survivrait pas longtemps aux traitements du mage noir et préféra songer, avec espoir, aux efforts que feraient ses amis pour le libérer.
- Potter, il y a…
Alors qu'il allait prêter son attention au maître des potions, un peu étonné que ce dernier lui adresse de lui-même la parole, il entendit des bruits de pas dont l'écho se répercutait dans le couloir de pierre. Ses muscles se tendant immédiatement, il observa les mangemorts s'approchant de la grille de leur cellule.
Le premier s'arrêta à deux mètres des barreaux, son masque couvrant son visage, n'ayant sans doute pas jugé utile de s'en débarrasser. A l'instar de son compagnon, Harry aurait préféré que l'autre fasse de même parce que le voir le mettait toujours dans un pareil état de colère.
Au moment où le plus petit s'approcha, il fit mine de se redresser.
La voix nasillarde se leva.
- Je te déconseille d'essayer de me faire du mal parce que mon ami…
Il se tourna vers le mangemort qui restait silencieux, peut-être même indifférent, pour avoir son appui. Ce dernier leva légèrement sa baguette.
Alors qu'une légère crainte avait envahi son visage, Pettigrew sourit de soulagement.
-… se fera un plaisir de vous remettre à votre place !
Le rat s'approcha, avec une hésitation malgré tout, et posa un bol et un morceau de pain sur le sol, à travers les barreaux d'acier.
- Au moins Voldemort n'a pas décidé de nous laisser mourir de faim, dit-il d'un ton purement ironique dans l'unique but de balayer la menace qui ne l'atteignait pas.
« C'est déjà ça » pensa-t-il légèrement soulagé mais douloureusement conscient que leur fin viendrait sous une forme nettement plus atroce.
Il remarqua vaguement que l'ancien maraudeur tressaillait encore au nom du mage noir sans y prêter beaucoup d'attention. Pourtant, peut-être blessé dans un vestige de fierté, l'animagus sembla se sentir obligé d'ajouter quelques mots.
- Je ne sais pas ce que le Maître compte faire de vous mais cette fois vous ne vous en sortirez pas !
Le survivant lui lança un regard plein de colère, peu touché par ses paroles mais n'appréciant vraiment pas sa présence à outre mesure. Et cela fonctionna. Pettigrew se mit à trembler et reprit sa marche, non sans avoir posé les yeux sur le second prisonnier une seconde auparavant et leur avoir lancé un dernier regard où se mêlaient la haine et la crainte.
Ce n'est que lorsque le couloir redevint silencieux que le jeune sorcier se décida à jeter un oeil sur la nourriture dont ils pouvaient disposer. Lorsqu'il constata qu'il s'agissait simplement d'un petit bout de pain rassis et d'un bol d'eau, il soupira.
Finalement leur geôlier voulait peut-être vraiment les affamer.
Ce n'était pas ça qui le rassasierait, encore moins lui et son ancien professeur.
Malgré tout, Harry partagea le pain en deux parts plus ou moins égales et se dirigea, chancelant à peine, vers le maître des potions, le pain dans une main, le bol dans l'autre.
Il s'assit face à lui.
- Tenez.
Rogue fixa le pain qu'il lui tendait d'un regard terne.
- Ce ne sera pas nécessaire, Potter. Je suis plus résistant que vous, ajouta-t-il pour appuyer son choix.
Nullement blessé par la remarque, il se contenta d'observer le visage, plus pâle encore qu'à son premier réveil, et d'en douter sérieusement. Même ses yeux étaient plus…
L'homme clôt un instant ses paupières et Harry se reprit.
- Vous en avez besoin autant que…
- Non. Passez moi l'eau, s'il vous plaît.
Il obtempéra et comprit qu'il ne reviendrait pas sur sa décision lorsque le mangemort laissa sa tête reposer contre le mur et ferma les yeux.
Le survivant attendit quelques minutes puis rejoint sa place, emportant l'eau, et mangea en silence.
Lorsqu'il eut avalé la dernière miette son estomac grogna encore d'insatisfaction mais il ne se plaint pas. Après tout, il s'imaginait mal demander une ration supplémentaire au prochain mangemort qui traverserait le couloir. Et puis, Rogue, lui n'avait rien mangé.
Les heures passèrent, le maître des potions guère loquace et son cadet tout aussi silencieux, les deux captifs ayant apparemment décidé, dans un accord muet, de ne pas régler leurs comptes dans un tel endroit.
Ou bien peut-être n'était-ce que par lassitude ? Pour Harry, cela en était, certes, mais mêlée à une certaine compréhension face à leurs actes passés. Les circonstances, les évènements, les avaient menés à des choix. Ils avaient, et auraient encore, tous deux leur part de souffrance à subir et un poids à porter sur leurs épaules. Régler des différents qui pour la plupart n'avaient plus lieu d'être ne l'intéressait pas.
Leur situation présente au moins était claire. Et commune. Chacun s'était évertué à combattre Voldemort avec les armes dont il disposait. Se sacrifiant à la cause, sacrifiant des vies qu'ils auraient voulu sauver.
L'heure n'était pas à l'amertume, aux confessions, aux regrets mais bien à la guerre, quoi qu'ils en pensent, et à la survie. Ainsi, un certain temps passa sans qu'aucun d'eux ne prononce une parole, cherchant sans doute vainement une échappatoire.
Le survivant s'endormi à nouveau.
Son sommeil, pour la première fois depuis son enfermement, fut ponctué de vieux cauchemars.
La mort de Cédric. La mort de Sirius. La mort de Dumbledore.
Il se réveilla en sursaut, couvert de sueur, au moment où un objet léger heurta le sol.
Il vit brièvement deux mangemorts s'éloigner de leur cellule. Pettigrew n'y était pas.
Leur repas était servi.
Harry passa une main sur son visage pour faire disparaître les derniers échos de ses songes et, après avoir remis ses lunettes, refit les mêmes gestes que la première fois.
Le bol était celui qu'ils avaient reçu un peu plus tôt.
Avaient-ils peur qu'ils fassent une réserve de bol et les attaquent avec ?
L'idée farfelue ne lui décrocha même pas un sourire. Pourtant, lorsqu'il s'imagina la réaction de Ron à cette possibilité, « Mais c'est une idée géniale ! », et celle d'Hermione, « Ron, ce que tu peut être bête ! Que veux-tu qu'ils fassent avec des bols contre des baguettes magiques ! », une bouffée d'espoir remonta en lui. Il ne doutait que peu de l'arrivée probable, et imminente, de ses meilleurs amis.
Donc, réconforté par la confiance qu'il avait en eux, il s'appropria le pain, toujours aussi sec, et l'eau, sépara le condiment en deux morceaux, s'installa en face de son ancien professeur de potions et lui tendit sa part.
- Cette fois vous devez vous nourrir.
L'homme refusa sans lever les yeux vers lui.
- Cela est déjà insuffisant pour vous et cela ne m'aidera pas… Si vous n'avez même pas la force de saisir une occasion de nous en sortir lorsqu'elle se présentera, vous ne me serez d'aucune aide Potter.
Le survivant se tendit en percevant l'irritation qui avait remplacé la lassitude dans sa voix.
Ce comportement buté commençait sérieusement à l'énerver. Si lui avait besoin de toute son énergie pour affronter Voldemort, il en était de même pour Rogue. Tout comme son manque de combativité deviendrait une gêne pour le jeune sorcier.
Il prit sur lui de garder son calme mais ne put empêcher une certaine agressivité de transparaître dans son ton.
- Rogue, vous n'accordez peut-être aucune importance à votre vie mais, moi, je ne tiens pas à porter une mort de plus sur la conscience !
Harry prit une inspiration pour s'empêcher d'élever une nouvelle fois la voix.
- Je vous laisse ça là, dit-il en posant sa part devant lui. Mangez ou cela nous coûtera cher à tous les deux.
Voyant que le mangemort ne réagissait pas, il finit par regagner sa place.
Tout en avalant le pain rassis, il jetait des coups d'oeil à son aîné qui restait immobile, les yeux clos.
Le silence reprit ses droits.
Il avait parfaitement conscience que certains doutes lui faisaient lentement perdre espoir. Deux jours, peut-être trois, qu'ils étaient prisonniers et étrangement le mage noir s'était désintéressé de leur sort. Et ce malgré sa propre menace.
Que se passait-il ?
S'était-il attaqué à l'Ordre remportant finalement une victoire définitive sur eux ?
Il ne les avait même pas revu depuis la fin de sa sixième. Depuis le commencement de leur chasse aux horcruxes.
Ou bien était-il parvenu à éliminer Ron et Hermione ?
Il espérait de tout son cœur qu'il n'en était rien, que ce long silence signifiait simplement que ses amis donnaient suffisamment de fil à retordre à Voldemort pour qu'il n'ait plus le loisir de se préoccuper de ses prisonniers.
C'est avec ces pensées, une faim grandissante et une légère douleur encore présente dans l'ensemble des ses muscles, qu'il se laissa doucement attirer par les rives du sommeil.
- … si je me nourris, Potter, je crains fort que vous n'y surviviez pas.
Harry crut percevoir ces mots dans un léger murmure, ouvrit les yeux malgré la fatigue et le léger brouillard qui semblait déjà l'avoir enveloppé, et leva la tête vers le maître des potions.
Il le fixait à nouveau. Mais ses yeux étaient différents.
Malgré l'absence de ses lunettes, il savait parfaitement qu'il aurait dû croiser deux obsidiennes noires mais il rencontra deux pupilles brillant d'un étrange éclat, fusion étonnante entre l'or et le pourpre.
Le survivant frissonna d'un peur qu'il n'avait jusque là jamais ressentie.
Son instinct lui disait de fuir aussi loin qu'il le pouvait. Il était incapable de bouger.
Rogue, dont le regard le clouait sur place, sembla comprendre ce qu'il se passait.
- Dormez, Potter.
Contre sa volonté, puisqu'à présent il était parfaitement éveillé, il sentit son corps s'engourdir et s'affaiblir. Au moment où il fermait les yeux, au bord de la panique, l'homme détourna le regard et il tomba dans l'inconscience.
A suivre …
Je pense que maintenant le sujet principal de la fic est assez clair é.è
J'espère que vous avez aimé : )
Malheureusement le prochain chapitre risque de ne pas arriver avant un bon mois (rentrée imminente...), sumimasen...
Comme toujours la progression de mes fics sera inscrite dans mon profil.
D'ici là, n'hésitez pas à me laisser des reviews !
Bye !
