Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling
Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire surement avec beaucoup moins de dextérité...
Note
2 : Voici le troisième chapitre qui arrive avec une ou deux semaines d'avance face à mes prévisions XD
Une fois encore je tiens à remercier tout ceux qui me laissent des reviews (8 pour un chapitre ça faisait longtemps que ça ne m'était plus arrivé, ça m'a motivé à fond pour écrire et résultat ce chapitre est arrivé avec une période d'attente moins longue que pour mes autres fics ! Alors continuez à m'en envoyer lol !)
J'espère que vous apprécierez ce chapitre, bonne lecture : )
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 3 : Soif
Emergeant du néant, Harry cligna plusieurs fois des paupières, hagard.
Où était-il ?
Le cachot. Voldemort. Il avait oublié pendant un instant.
Il se sentait perdu, effrayé, bien plus qu'il savait devoir l'être.
Soudain la donnée manquante lui revint.
Rogue.
Il se tourna vivement vers lui et se mit à trembler de tous ses membres lorsqu'il rencontra les iris pourpres, aussi paralysants et effrayants que deux lacs gorgés de sang. Le survivant ne parvenait pas à en détacher les yeux. C'était comme-ci une lame glacée était déjà placée sous sa gorge.
L'impression qu'il avait ressentie la première fois qu'il avait croisé ce regard était exactement la même. Et la réflexion qu'il s'était faite alors, qu'il lui avait d'ailleurs paru ridicule, n'en était que plus vraie.
Il était sa proie.
A peine l'horreur de la situation s'était-elle imposée dans son esprit qu'il le sentit près lui. Contre lui.
Ses dents, si longues, contre sa jugulaire.
Le temps sembla s'étirer sans fin alors qu'ils s'abîmaient dans une immobilité parfaite. Le jeune sorcier pouvait sentir sa veine battre furieusement, au rythme de son cœur, contre les pointes acérées.
Le souffle de l'homme caressa sa peau ; il frissonna de terreur. Et, avant qu'il n'assimile complètement le fait que cette réaction l'avait perdu, les crocs se plantèrent dans sa gorge.
Une douleur aiguë se logea en lui immédiatement. Il essaya de se débattre mais ses forces l'abandonnaient déjà, ses muscles refusaient de réagir. Et surtout, Rogue était bien plus puissant que lui.
Lentement, son corps devint d'une enivrante docilité tandis que ses sens commençaient à lui faire défaut. Harry savait qu'il devait avoir mal pourtant même cela n'existait plus. Il n'eut bientôt plus conscience que d'une réalité : son sang lui échappant pour rejoindre le cœur du vampire.
Le survivant s'enfonçait dans une douce torpeur, ponctuée par l'écoulement rapide du liquide brûlant dans la gorge de son ancien professeur de potions et le mouvement régulier de sa pomme d'Adam contre son cou.
Il réalisa vaguement que sa fin ne tarderait plus mais il n'essaya pas de se soustraire à son emprise.
Il allait mourir.
Comme n'importe qui.
Abandonnant son devoir sans vraiment le souhaiter, même si tant de gens comptaient sur lui, même s'il était le seul à pouvoir vaincre Voldemort.
Même si sa mort entraînerait de terribles conséquences dans le monde sorcier et celui des moldus.
Même si ses amis auraient à en subir les…
Non !
Dans un éclair de lucidité, il laissa échapper un gémissement et envoya son poing dans l'estomac de la créature.
Vaine tentative.
Il était déjà à bout de force. Son assaillant n'avait pas bougé d'un millimètre.
C'est ce qu'il pensa sur l'instant.
Il avait tort.
Il ne buvait plus.
Dans un mouvement rapide Rogue releva la tête, abandonnant la chair fragile de son cou.
Harry sentit ses mains se poser avec précaution sur ses épaules. Il essaya sans succès de lever les yeux vers lui mais, plus faible que jamais, il ne parvint qu'à laisser retomber mollement sa tête contre le torse du plus âgé.
- Potter… je… Désolé…
Et il décrocha une fois de plus de la réalité.
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Un frisson le secoua.
Ce fut suffisant pour lui permettre d'émerger à nouveau.
Son dos était toujours posé contre la pierre froide mais sa tête était apparemment dispensée de ce désagrément. La masse tiède qui lui servait d'appui resta immobile tandis que le survivant se redressait lentement et avec une infinie précaution. Même au moment où il se tourna vers lui, Rogue ne réagit pas.
Le jeune sorcier récupéra ses lunettes et observa l'homme – la créature – à ses côtés, ses cheveux noirs lui masquant le visage, un genou relevé presque au niveau de sa poitrine, puis, avec une certaine hésitation, porta la main à sa propre gorge.
Elles y étaient. Deux petites déformations dans le creux de son cou, preuves que cela était bien réel. Il ne pouvait plus douter de l'origine de la faiblesse extrême qu'il avait ressenti à son réveil ou des légers vertiges qui se dissipaient graduellement.
Il se remis sur ses pieds en s'appuyant contre les pierres.
Il n'avait pas quitté le maître des potions des yeux pourtant, alors qu'un peu plus tôt Harry posait encore sur lui un regard chargé d'incrédulité, une terrible colère montait en lui. N'ayant plus assez de contrôle sur lui-même pour donner une autre forme à sa rage, sa voix se répercuta sur les murs de leur prison, plus puissante encore que lorsque Dumbledore lui avait avoué ses fautes lors de sa cinquième année à Poudlard.
- Vous… VOUS AVEZ FAILLI ME TUER !
Le survivant attendit une réaction de la part de son compagnon, alors que cette simple phrase hurlée l'avait mis à bout de souffle, mais rien ne vint. Même pas un tressaillement.
Le jeune sorcier se laissa glisser au sol et ferma les yeux de dépit.
Après tout, ne s'imaginait-il pas depuis des années que cet homme en voulait à sa vie ? Et au moment où il acceptait enfin l'idée qu'il ait pu avoir tort, Rogue venait encore accomplir un acte tout à fait contraire à sa prétendue position.
- Et vous ne réagissez même pas, dit-il lasse. Comprenez-vous qu'un instant de plus et vous auriez enfin fait ce que même Voldemort n'ait jamais parvenu à réaliser ?!
- Je sais, Potter.
Le ton était neutre. Il attendit donc la suite de ses justifications, bien que cette phrase n'en avait rien d'une, mais l'ancien professeur ne dit pas un mot de plus.
Durant les quelques minutes qui suivirent, Harry tenta d'assembler les maigres informations, ou innombrables, selon le point de vue, qu'il possédait. Et il comprit enfin une chose. Leur séjour dans cette cellule et ce long silence… Voldemort savait. N'avait-il pas mentionné le fait que la « condition » du mangemort allait lui être utile ? Sans doute était-ce le scénario qu'il avait souhaité. Sa mort par le traître. Ou pire encore, bien qu'il ne voyait pas vraiment ce qu'il y avait de plus radical que cela.
Mais cela n'excusait en rien le comportement de Rogue.
Et ce dernier restait toujours prostré, si près de lui, comme-ci il n'avait même pas conscience de sa présence.
- Vous savez, se contenta-t-il de répéter.
Le jeune sorcier le quitta des yeux et baissa la tête.
Il ne savait même plus comment réagir.
A sa prochaine faim, il finirait irrémédiablement entre les crocs du maître des potions et rien ne garantissait qu'il pourrait cette fois s'en sortir.
Et Rogue gardait son mutisme, ayant apparemment décidé de ne plus jamais relever la tête.
Harry poussa un profond soupir.
- Finalement, songea-t-il à voix haute en revenant un instant à sa vie à Poudlard, les rumeurs étaient fondées. Neville en faisait déjà des cauchemars à ce moment-là. S'il avait su ! Notre bien-aimé professeur était un vampire ! Ca explique pas mal de choses.
Bien qu'un léger sourire flottait sur son visage, aucun amusement ne se reflétait dans sa voix. Sa pauvre tentative pour s'éloigner un instant de la gravité de sa situation venait d'échouer lamentablement.
- Cela est parfaitement ridicule. Ma nature n'était pas telle qu'elle l'est aujourd'hui lorsque j'enseignais à Poudlard.
- Vraiment ? J'ai quelques doutes à ce sujet mais c'est vrai que votre titre de mangemort était parfaitement suffisant pour expliquer votre froideur et votre cruauté, répondit-il presque malgré lui en tournant une nouvelle fois la tête vers la masse noir qui constituait l'homme.
A la remarque, pourtant, le maître des potions le fixa de ses yeux, ébènes à nouveau, avec la même haine que durant ses longues années à Poudlard.
- Mon nouvel… état, dit-il les dents serrées, n'est que très récent et cette « cruauté », puisque c'est ainsi que vous la désignez, n'a jamais été que le résultat découlant d'incompétences congénitales que ne pouvaient s'empêcher d'exposer ce que l'on a un jour osé nommer élèves. Et dont certains, à votre image, Potter, étaient tout simplement dépourvu d'intelligence !
Harry resta un instant stupéfait par cette nouvelle tirade, qui soit dit en passant avait été tout aussi acérée que dans ses souvenirs, et par la colère qui en émanait.
Et puis il rit.
Un rire nerveux et froid.
Le survivant se reprit pourtant rapidement.
- Vous vous rendez compte que vous trouvez encore le moyen de m'insulter alors que c'est moi qui devrais vous traiter de tous les noms ? C'est VOUS, Rogue, qui m'avez caché que vous étiez un vampire et c'est MOI qui ai failli en mourir. Vous me devez au moins une explication sur ce qu'il vous est arrivé !
- Absolument pas.
- Vous plaisantez ?
- Cela ne vous regarde pas, la seule chose qui vous concerne est notre situation actuelle, dit-il d'un ton ferme.
Le jeune sorcier leva les yeux au ciel. Ce que cet homme pouvait le fatiguer !
- Si vous le dites. Alors expliquez-moi comment vous empêcher de me tuer à votre prochaine soif ? questionna-t-il, légèrement moqueur, sans quitter les orbes noires.
Le sorcier ne répondit pas immédiatement. Etonnamment, ce fût l'aîné qui brisa le contact visuel le premier.
Cette simple réaction fit pâlir légèrement le survivant.
- Je finirai toujours par ressentir ce besoin, Potter. Le seul comportement qui me semble approprié est d'attendre que l'on nous libère en souhaitant qu'il ne soit pas trop tard. Je me retiendrai aussi longtemps que je le pourrai.
- Et on a vu à quel point cette méthode était efficace, marmonna-t-il.
- Avez-vous une meilleure solution, Monsieur Potter ?
Rogue n'essayait même pas de cacher son irritation.
Cette fois ce fût au tour de Celui-qui-avait-survécu de se détourner.
Il s'était montré courtois, poli, dès le début de leur enfermement, croyant ainsi qu'il leur serait plus facile de se montrer solidaire et de faire front à leurs ennemis. Harry s'était simplement dit qu'ils se trouvaient dans les mêmes ennuis, qu'une entraide mutuelle pourrait les sauver…
C'était définitivement impossible.
Quoi qu'il fasse, cet homme se trouvait toujours en position de « force » face à lui. Et il en subissait toujours les conséquences.
Il l'acceptait, il n'avait pas vraiment le choix, mais il ne serait pas dit qu'un Potter se laisserait abattre si facilement.
Un quart d'heure passa ; une demi-heure peut-être.
Le survivant ne trouvait pas d'issue.
A vrai dire, une idée l'avait déjà effleuré mais il répugnait à l'approfondir.
Le souvenir de la morsure ne lui procurait que peur et dégoût ; il se refusait tout bonnement à devoir renouveler cette expérience. Il ne doutait pas que le vampire ait pu avoir une idée similaire mais qu'il n'en dise mot prouvait clairement qu'elle n'était même pas envisageable.
Cependant, lorsqu'une nouvelle demi-heure s'écoula, il se rabattit sur elle. Après tout, leur temps, ou son temps pour être exact, était compté.
- A quel rythme avez-vous besoin de vous… de vous nourrir ? lâcha enfin le survivant mal à l'aise.
L'ancien professeur l'observa d'un air grave.
- Vous ne savez pas ce que vous dites Potter. Ce à quoi vous pensez est parfaitement stupide et irréalisable.
- Répondez simplement à ma question, Rogue. De toutes façons, je suis certain que vous y avez aussi songé…
- … et eu l'intelligence de ne pas m'y attarder, acheva le sorcier à sa place.
Agacé par cette attitude butée, Harry lui lança un regard noir.
- Répondez ! A défaut d'attendre que vous veniez me sauter dessus, je préfère trouver une solution pour vivre un peu plus longtemps !
- Que vous pouvez être têtu, Potter. Mais je vais vous répondre. Et puisque l'absurdité de cette solution ne vous apparaît pas, je vais vous démontrer clairement quelles en sont les failles ! termina-t-il d'un ton exaspéré.
Le survivant observa le profil de l'homme qui ne semblait pas fixer un point précis du lieu, évitant pourtant son regard, et qui se préparait apparemment à un exposé sur leur condition.
Il lui prêtait toute son attention.
- Tout d'abord, Potter, en temps normal, un vampire peut se maîtriser durant des périodes plus ou moins longues sans « boire ». Par contre, lorsqu'il subit l'effet d'un sort, comme le doloris par exemple, ou qu'une quelconque intervention extérieure le fragilise, son manque se fait rapidement plus prononcé. Ce qui explique l'incident dont vous avez été la victime.
Le mangemort eut un bref rictus mais, loin de son habituel air supérieur, il ne dévoila qu'une certaine amertume.
- Le problème, dans votre cas, est que vous y avez survécu. Pas la peine de faire une tête pareille, Potter. Je ne souhaite pas, du moins pas pour l'instant, vous voir mort. Un vampire s'accoutume au sang qu'il consomme. En principe, cet effet disparaît à la mort de la victime ou, et peu choisissent cette méthode, en se nourrissant plus régulièrement mais en changeant toujours de cible.
- Je connais déjà la plupart de ces habitudes, le coupa soudain son cadet, je l'ai appris à Poudlard, en défenses contre les forces du mal. Ce que je veux savoir, c'est votre rythme. Et je sais aussi que lorsqu'un tel engrenage se met en place ce temps ne fait que diminuer mais je vous demande ce qu'il en est à l'heure actuel.
- Vous le savez et vous espérez malgré tout utiliser cette méthode ? Vous êtes vraiment inconscient. Cela ne changera rien mais ma limite est de deux jours. Ou peut-être moins.
Le jeune homme médita sur cette réponse. Deux jours, c'était vraiment peu.
- Et si… combien d'heures… enfin… de moi-même…
- Si vous voulez vous faire comprendre, parlez clairement.
- Vous comprenez très bien ! se fâcha le survivant qui ne savait comment poser une pareille question.
- Je refuse une telle chose. Cela reste particulièrement dangereux et la dépendance, pour moi comme pour vous, pourrait devenir irréversible.
- Si vous attendez d'arriver au bout de votre seuil de ténacité, combien de chances croyez-vous que j'aie de survivre ?
La question emplie de colère ne trouva pas de réponse auprès de l'ancien professeur.
- Combien d'heures, Rogue ?
- Dix ou douze, pas plus, répondit le vampire à contrecœur.
Le cours laps de temps effraya légèrement Harry mais il ne revint cependant pas sur la décision qu'il avait prise durant cette conversation.
- Alors ce sera ainsi jusqu'à ce que l'on parvienne à s'échapper ou que Ron et Hermione, et peut-être même l'ordre, nous retrouvent. Toutes les dix heures vous boirez suffisamment de mon sang pour être en mesure de toujours garder votre contrôle.
Le maître des potions le fixa avec un certain dégoût, parce qu'il semblait avoir parfaitement compris que son compagnon était sérieux, mais ne refusa pas.
De son côté, le survivant frissonna sous ce regard car ses yeux, noir en temps normal, brillaient d'un faible éclat qu'il reconnu sans peine.
Rogue avait soif.
A suivre…
Reviews ? Siou plaît TT
Allez, j'espère que vous avez passé un bon moment, à bientôt !
