Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling

Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire surement avec beaucoup moins de dextérité...

Note 2 : Merchiii ! Toutes vos reviews m'ont donné un courage incroyable pour taper ce chapitre (et les "semi-congés" aussi j'avoue XD) ! Savoir que ma fic est appréciée et la suite attendue m'encourage à vous publier les chapitres au plus vite : )

Bonne lecture !

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 5 : Evolution

Les scènes du passé ressurgirent dans son esprit dès les premiers mots de son ancien professeur.

Revivre la mort de Dumbledore à travers les paroles de Rogue lui fut tout aussi douloureux qu'à chaque fois où ce drame lui revenait en mémoire.

Il n'éprouvait cependant plus la même haine pour son assassin. Il ne lui pardonnait pas vraiment, certes, il ne s'en sentait pas encore capable et ne le pourrait peut-être jamais. Non. Le survivant comprenait simplement le sacrifice que l'homme avait dû faire pour lever sa baguette contre le seul homme qui avait gardé confiance en lui. Du moins, même s'il ne l'avait pas exprimé clairement durant ce retour en arrière, c'est ainsi qu'il l'avait interprété.

La transition entre sa fuite de Poudlard et son arrivée auprès du mage noir ne dura pas.

C'est également dès lors que son ton se fit plus amer.

- Nous nous sommes agenouillés devant lui. Draco tremblait, il semblait perdre son contrôle. Mais il était bien trop tard pour échapper à sa colère. Il a choisi de me féliciter pour mon « succès » puis de sévir. Nous avons eu droit à quelques-uns de ses sorts favoris puis, magnanime à sa façon, il a annoncé que puisque la mission avait été accomplie, il était satisfait. De moi, du moins. Il a cependant garanti au jeune Malfoy qu'il aurait besoin d'une nouvelle preuve de sa fidélité.

- Une preuve ? Et Malfoy l'a fait ? Il ne devait tout de même pas…

- C'est bien ce à quoi vous songez, Potter. Le seigneur des ténèbres attendait une mort de sa main et pas n'importe laquelle. Je m'imagine que Bellatrix ne doit pas y être étrangère, le fait est que le serment inviolable que j'ai passé avec Narcissa est remonté jusqu'à son maître. Et il n'a apparemment pas…

- Vous voulez dire que Malfoy a tué sa mère ? s'étrangla le survivant.

- Si vous me laissiez… Non, Potter, répondit-il agacé, il ne l'a pas fait. Et cette chère Lestrange a obéi à son maître. Elle a exécuté sa sœur et son neveu.

Un silence plana lourdement dans la cellule le temps que le jeune sorcier assimile la nouvelle.

Malfoy était mort, tué par son propre sang, et sa mère l'avait suivi dans la tombe.

Sans lui Voldemort n'aurait sans doute pas atteint son but avant bien longtemps et c'est ainsi qu'il le récompensait.

La folie de Tom Jedusor n'était plus à prouver, sa cruauté non plus.

- Je n'ai dès lors plus eu de place définie dans son armée, reprit le maître des potions ne semblant pas vouloir s'attarder sur ce souvenir. J'avais quelques privilèges mais il m'écartait de plus en plus souvent des missions importantes. J'ai rapidement compris que le fait que mon rôle d'espion n'était plus d'actualité irritait le seigneur des ténèbres. Je m'étonne d'ailleurs qu'il n'ait pas agi plus tôt. Quoi qu'il en soit, il a fini par prendre sa dernière décision à mon sujet.

Il se tut quelques instants encore sans pour autant quitter le mur des yeux.

Harry se surprit à détailler son profil y trouvant subitement une nouvelle élégance, un charme indéfinissable. Lorsque le désir d'effleurer sa peau pâle à l'aspect si délicat germa en lui, la voix lui fit oublier cette idée avant qu'il ne trouve réellement le temps de s'en horrifier.

- Il m'a fait venir à lui un soir pour me confier une tâche particulière. Je m'attendais à y être envoyé et me préparais déjà à une mission suicide. Lorsqu'il m'a adjoint les services de quelques-uns de ses fidèles, je suis resté méfiant mais un peu moins que je ne l'aurais dû.

- Que vous a-t-il demandé ?

Il posait la question mais il se doutait que ce à quoi il pensait n'était pas loin de la vérité.

- Je vais y venir, vous n'avez décidément aucune patience, Potter. Ma mission était simple : rallier à son armée un groupuscule d'individus puissants mais qui jusqu'à lors avait refusé de prendre part à la guerre. J'étais l'émissaire de mon maître, finit-il sur un ton sardonique.

Le survivant n'eut pas besoin d'explications supplémentaires pour comprendre qu'elle cible visait Voldemort.

- Son objectif premier a ainsi été accompli, reprit-il en repoussant d'un geste tout détail inutile, tous ceux qu'il soupçonnait de traîtrises sont morts. Quant à moi, je vous laisse juger s'il s'agit là de chance ou de malchance, ils m'ont transformé. J'étais un témoin et un exemple pur et simple de ce qui attendait tout opportun s'introduisant dans leurs repères.

Un élément revint en mémoire du jeune sorcier.

Certaines des paroles de Voldemort lui paraissaient à présent compréhensibles. « Cette nuit-là » ne faisait donc pas référence à la mort de Dumbledore mais à la sienne.

- Et vous avez choisi de retourner à ses côtés, se contenta-t-il de déduire à haute voix sans vraiment comprendre l'origine de la déception qu'il ressentait.

- Réfléchissez, Potter, répondit-il froissé par ce qu'il avait sans aucun doute pris pour une accusation, où vouliez-vous que j'aille ? Poudlard n'avait pas encore rouvert ses portes et je n'avais pas pu reprendre contact avec l'Ordre. Et surtout, Albus avait sacrifié sa vie pour que je ne perde pas ma place aux côtés du seigneur des ténèbres ! Cette preuve d'allégeance me semblait être la plus solide qui soit.

Harry s'étonna de voir la douleur, à la mention de l'ancien directeur, et le regret se marquer si profondément dans sa voix malgré l'impassibilité du visage. Etait-ce la première fois qu'il exprimait ses sentiments avec tant de force ou était-ce lui qui venait juste de percevoir ce que le maître des potions dévoilait à chacune de ses paroles ?

- Enfin, soit. Je n'étais guère dans un état brillant à mon retour et, en dépit des certitudes que je possédais avant votre arrivée, il en a profité pour découvrir certains secrets, ma trahison entre autres.

L'ancien professeur ferma les yeux ; il avait terminé.

Le survivant se contenta de remettre correctement sa robe sur ses épaules.

Ce scénario n'était pas très éloigné de ce qu'il s'était imaginé. A l'exception sans doute de la mort des Malfoy. Et, également, de la manière dont Rogue avait été démasqué. A l'évidence, Jedusor connaissait maintenant un nombre conséquent d'information sur l'Ordre. Il devait même savoir…

- Les horcruxes ! s'exclama-t-il soudain.

La créature eut un léger rictus.

- Vous êtes peut-être finalement capable de faire fonctionner votre cerveau, Potter. Mais, avant que vous ne paniquiez inutilement, sachez que ce secret-là est suffisamment protégé pour qu'il ne puisse jamais le découvrir. Cependant, s'il n'avait eu qu'un vague écho de ce que vous maniganciez, je doute qu'il vous aurait laissé en paix avant que vous ne lui ayez fourni jusque la plus petite information.

Harry en convint assez facilement, la voix délicieusement modulée appuyant la logique de l'affirmation.

Un certain temps passa sans qu'aucun d'eux ne semble avoir besoin d'épiloguer sur ces évènements.

Le jeune sorcier laissa son esprit associer ses propres expériences, durant cette année écoulée, à toutes les questions qu'il avait pu se poser et qui, à présent, avaient trouvé réponses.

Assez rapidement, il songea une nouvelle fois à sa situation et, dans ce silence confortable, ses pensées commencèrent à l'inquiéter. Lorsqu'il se prenait à observer Rogue, l'envie de sentir ses crocs en lui s'accentuait, le physique qui lui avait paru disgracieux pendant tant d'années lui paraissait séduisant. Il désirait clairement approcher à nouveau ce corps, retrouver la sensation de sa peau contre la sienne.

Le survivant avait peur. Non pas du vampire mais de ses propres désirs.

Il s'attendait bien sûr à une dépendance mais sûrement pas si profonde et si rapide. Néanmoins, cette attirance lui aurait paru, si non désirable, tout au moins gérable si cela n'avait été que physique. Harry avait parfaitement conscience qu'il n'y avait pas que cela. La sensibilité tapie sous le masque de froideur l'avait déconcerté. Ses réactions démontraient même le désir de protection qu'il avait envers son ancien élève. Alors qu'il avait reporté sur lui sa haine contre Voldemort, qu'il ne parvenait pas à atteindre, ses sacrifices brisaient ses derniers doutes.

En l'espace de quelques jours à peine, il en était venu à apprécier cet homme, au-delà même, à avoir une confiance presque absolue en lui. Le laisser approcher si facilement alors qu'il aurait pu le tuer en un instant n'en était-il pas le meilleur exemple ?

Rogue avait raison, moins il serait victime de sa soif, mieux il se porterait.

Le considérer comme un véritable allié, très bien, mais tomber sous son charme ce n'était même pas imaginable ! Cependant, sa conscience lui murmurait qu'il était déjà bien trop tard.

Le survivant était condamné à attendre ses amis, ou l'Ordre du phénix.

L'Ordre…

- Vous êtes parvenu à reprendre contact avec l'Ordre, n'est-ce pas ?

L'homme ouvrit les yeux et il rencontra les orbes noirs ; il frissonna presque de bien-être sous ce simple regard.

- En quelque sorte, répondit-il laconiquement.

Il clôt à nouveau les paupières.

Loin d'être satisfait, et un peu dépité de perdre ce regard, le jeune sorcier allait demander des explications supplémentaires lorsque l'ex-mangemort soupira.

Il reposa les yeux sur lui.

- J'ai continué à leur livrer des informations mais par de multiples intermédiaires. J'ai pris suffisamment de précautions pour qu'on ne remonte pas jusqu'à moi. Si eux en avaient été capables, le seigneur des ténèbres aurait découvert ma trahison bien plus tôt.

Son regard devint plus perçant.

- Donc même l'Ordre du phénix n'a pas eu vent de vos actions, à vous, Miss Granger et Monsieur Weasley ?

- Non, avoua-t-il un peu mal à l'aise en songeant à la culpabilité qu'il avait ressenti en abandonnant Remus et tous ses autres membres qui comptaient sur lui.

Il se répéta une fois de plus que cela avait porté ses fruits et retrouva une part de son assurance.

- Mais nous avons réussi. Nous les avons trouvé et les avons détruits. Tous. Hermione, Ron et moi avions décidé de retrouver Voldemort et de l'affronter. C'est lui qui nous a retrouvé le premier.

Ce secret ainsi dévoilé, Harry se sentait étrangement libéré, le poids pesant sur ses épaules semblant plus léger. Il sourit même à la pensée que son plus grand ennemi était à présent mortel.

Etonnamment, Rogue eut une ébauche de sourire d'une sincérité désarmante. Cette nouvelle expression sur le visage de l'ancien professeur de Poudlard le ravi sans raison apparente.

- Je dois reconnaître que vous me surprenez, Potter, l'espoir que le monde sorcier porte en vous n'est peut-être pas vain.

- Je suppose que je dois prendre ça pour un compliment, jugea-t-il surpris.

- Je vous laisse en décider, répondit-il sans le nier pour autant.

Le regard brillant qu'il posait sur lui le força à détourner la tête alors que l'embarras l'envahissait à nouveau. Le survivant était persuadé d'y avoir vu plus que de la sincérité et de l'amusement. Du désir, sans aucun doute. Et…

Il releva les yeux.

Le visage du maître des potions s'assombrit ; il avait vu juste.

- Combien d'heures se sont écoulées ?

- Cinq ou six. Il est trop tôt, Potter.

- Mais vous avez faim.

Son mutisme était plus explicite que n'importe quelle réponse.

- Allez-y. Seulement cette fois, buvez… euh… suffisamment pour tenir.

Harry abandonna ses lunettes et sa robe, se redressa, vacillant légèrement sur ses jambes engourdies, puis attendit.

Il tremblait légèrement d'appréhension. L'échange serait-il aussi intense que précédemment ?

Le vampire se décida à l'approcher, ne le quittant pas de ses yeux altérés par la soif.

Rogue se pencha sur lui, une main se perdant déjà dans ses cheveux et l'autre tenant fermement sa hanche, et, à sa respiration, il comprit que la créature s'imprégnait de son odeur.

Et le jeune sorcier aimait ça.

Les lèvres à peine tièdes glissèrent sur son cou ; il retint un soupir. Sa langue retraça le même chemin que la première fois avant que les crocs ne s'enfoncent presque sans douleur dans les dernières marques qui se dessinaient sur sa jugulaire.

Rogue buvait bien plus lentement ; le survivant, bien que submergé par un plaisir unique, était beaucoup plus libre de ses mouvements. Il ressentait un besoin impérieux de serrer ce corps contre le sien. Et c'est ce qu'il fit. Son bras s'accrocha à la taille fine de son aîné tandis que ses doigts remontaient jusqu'à sa nuque. Hésitant au premier abord, Harry finit par placer sa main sous les cheveux soyeux et, d'une faible pression, l'obligea à s'enfoncer plus profondément dans sa gorge.

Son cœur accéléra alors que la créature devenait impatiente. Pas trop cependant.

La main, qui jusqu'à présent maintenait sa hanche, se déplaça lentement pour entrer en contact avec la peau de son dos et de son ventre sous le t-shirt trop grand. Il ne put cette fois tenir et laissa échapper un gémissement très évocateur de son état.

Perdu dans ces sensations et le décuplement de ses perceptions, il accepta difficilement de relâcher son assaillant. La rupture se fit pourtant en délicatesse, le contact uniquement interrompu au niveau de la gorge du plus jeune, ils restèrent enlacés comme deux amants insatisfaits.

Rogue se décida pourtant à s'éloigner.

Le survivant rencontra ses yeux, observa son visage incroyablement vivant.

Il succomba à sa dernière pulsion.

Il réduit à nouveau la distance entre eux et posa ses lèvres sur les siennes. Il les caressa dans un baiser léger et le vampire, tendu à la première tentative, se laissa conduire par sa proie puis répondit. Harry profita de ces lèvres veloutées avec tendresse et, même lorsque les langues se rejoignirent un instant, ils continuèrent à s'embrasser avec douceur et calme.

L'échange, bien qu'il lui sembla le contraire, fut bref.

Dès qu'ils se séparèrent, ses dernières forces le quittèrent. Le maître des potions, un bras à nouveau autour de sa taille, lui évita la chute alors que ses paupières se fermaient déjà.

- C'est bientôt terminé Harry, vous arrivez au bout de votre chemin.

Sur cette phrase énigmatique, lui provoquant un inattendu malaise, il s'endormit dans les bras de Rogue.

A suivre…

Voilà, voilà, le début ne me plaît pas trop mais je crois que je me rattrape sur la fin, non ?
Pour le genre de la fin j'hésite encore mais pour vous donner un indice sur le prochain chapitre, la dernière phrase de Rogue en donne le ton... (que de mystère lol!)
J'espère que vous aimez toujours et des petites reviews me donnent toujours une énorme dose de motivation ; )
A bientôt !