Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling
Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire surement avec beaucoup moins de dextérité...
Note
2 : Meeeerrrrrciiiiiiii ! Dix-neuf reviews pour le chapitre précédent o.O ! Vous m'avez vraiment gâtée : )
Vraiment merci à Aiedail, Steph, Liselou, Maeve, Nepheria, Nanachoco, Verschwinden, Cara55, Lulune, Alexiel10, Moony103, Me, Jenni944, Bunny, Love Draco Malfoy, Little Luna, Lyly, Celiawelling et à tout ceux qui apprécient cette histoire même s'il ne se font pas connaître : )
J'ai eu moins de temps (et ça ne va pas aller en s'améliorant -.-) pour écrire cette semaine mais le chapitre 7 arrive quand même ce soir ; )
L'action s'y déroule un peu plus vite mais je pourrais ainsi bientôt passer aux choses sérieuses (cette fic n'a décidément plus aucune chance d'être courte XD) cependant j'espère que sa longueur ne vous découragera pas...
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 7 : Confusion
Il était étendu au sol, immobile, alors que le vampire se tenait fièrement au dessus de lui.
Rogue avait à cet instant l'apparence même de la créature de la nuit cruelle et démoniaque. Un filet de sang perlait au coin de ses lèvres et son regard semblait hanté par une dangereuse folie.
Certains mangemorts eurent même un geste de recul lorsque son regard croisa le leur et qu'il récupéra les quelques gouttes du sang du survivant présentes sur sa peau dans un coup de langue avide.
Bien que ce spectacle ne lui était pas entièrement dévoilé – il ne voyait que son profil – Voldemort se l'imaginait fort bien aux réactions de ses serviteurs.
C'était sa création qui leur provoquait une telle peur. Et il s'en réjouissait.
Il avait voulu se débarrasser de Severus dès que les échecs répétés de son armée l'avaient persuadé qu'un traître s'était glissé dans ses rangs et, malgré le meurtre de Dumbledore, il doutait encore de sa loyauté.
Après tout, cela n'avait-il pas simplement été pour ne pas succomber au serment inviolable qu'il avait assassiné ce vieux fou ?
Bellatrix l'avait toujours servi fidèlement et doutait plus que jamais de lui. Et Voldemort avait fini par ne plus hésiter, ce maître des potions, pas totalement inutile mais néanmoins plus indispensable, allait lui servir d'exemple.
Il l'avait donc envoyé, avec une troupe de ses certains de ses fidèles incontestablement faibles et les plus susceptibles de le trahir, dans un repère de vampire sous prétexte de « négocier » une alliance.
Son meilleur choix depuis bien longtemps.
Severus était revenu. Déterminé à lui prouver sa fidélité, il lui avait prêté un nouveau serment d'allégeance. Et il était revenu fier et beaucoup plus puissant. Sa facilité à supprimer moldus et sorciers avait terminé de le convaincre. Bien sûr son esprit lui était plus fermé que jamais mais ses actions ne demandaient pas de justifications supplémentaires.
Puis il y avait eu la capture de Potter et la mission qu'il lui avait confiée.
Et il avait été parfait.
Voldemort avait créé un monstre de cruauté et de manipulation et il s'en félicitait.
Dès ce soir, il en ferait son bras droit. Bella était fidèle mais n'aurait jamais son talent et sa force. De plus, après avoir découvert une information aussi capitale que cette « chasse aux horcruxes » de ces minables gryffondors, il ne tenait pas trop à l'éloigner de lui, plus sa créature serait proche, plus facile il serait de la surveiller.
Mais pour l'heure, ces détails ne l'intéressaient guère, ils avaient une grande nouvelle à répandre à travers la communauté sorcière. Enfin le dernier être qui s'était permis de lui résister, avec presque autant de force que cet imbécile de vieux directeur amoureux des moldus, passait de vie à trépas. Le monde sorcier allait plonger dans le chaos et le désespoir avant qu'il ne tombe définitivement sous sa coupe.
Tout se passait exactement comme il l'avait prévu.
- Retirez-vous pour ce soir, ordonna-t-il d'une voix forte. Et demain, vous serez les instruments de ma domination.
Les mangemorts encapuchonnés se courbèrent légèrement devant lui, l'exclamation ravie de Bellatrix un peu plus claire que les chuchotements réjouis de ses compagnons, et quittèrent la salle de leur maître.
Le vampire ne bougea pas.
Le mage noir eut alors un sourire mauvais.
- Que se passe-t-il, Severus ? Regrettes-tu ton geste ?
- Non, maître.
Il se tourna vers lui sans pourtant le regarder. De son pouce il effaça la dernière goutte de sang accrochée à sa lèvre et la contempla avec une étrange fixité.
- S'il n'y a qu'une seule chose un tant sois peu fâcheuse, c'est sans doute qu'il ne me sera plus donné l'occasion de goûter au sang si riche de ce gosse insipide.
L'instinct du vampire se marquait clairement dans ses mots.
Voldemort l'observa encore un instant puis laissa échapper un rire à glacer les sangs. Ce que son serviteur était devenu se rapprocher définitivement de la perfection. Chaque mort qu'il causait en son nom était le reflet de son propre pouvoir.
- Bien, très bien, dit-il en se levant du seul siège présent dans ce lieu. Je me réjouis de savoir que mon « cadeau » t'ait plu.
Il garda son rictus moqueur en dépassant le corps gisant au sol et le maître des potions.
- Plus que vous ne pouvez l'imaginer, maître.
Le lord noir fit volte-face aussi vite qu'il le put. Ce fut juste mais il évita les sorts précipités du vampire et de Potter. Car, oui, cet odieux gamin lui faisait à nouveau face.
Le visage du puissant sorcier était déformé par la rage. S'il n'avait pas prêté attention au son, qu'il savait à présent être un froissement de tissu, il lui aurait été bien difficile d'anticiper cette attaque.
Une seconde, la découverte du vrai visage de son ex-futur bras droit le laissa confondu. Toutefois, il balaya sa stupéfaction en instant. Si, depuis tant d'années, il n'avait pas acquéri une profonde capacité d'adaptation, il serait depuis bien longtemps retourné à la poussière.
- Je vois, commença-t-il d'un ton faussement détaché, tu es bien plus habile que je ne me l'imaginait, Severus.
En prononçant ces mots, il gardait sa baguette pointée sur ses adversaires, tout comme eux le menaçaient de leur arme.
- Et bien plus stupide également, cracha-t-il. Cela vaut également pour toi, sale morveux, continua-t-il en jetant un regard haineux au jeune Potter. N'imagine pas que le fait de me faire face te suffise à me vaincre. L'importance de la différence de force entre nous ne te laissera même pas l'occasion de me supplier de t'épargner !
- Nous verrons mais je peux vous assurer que je vous arrêterai.
Ce gosse insolent était déterminé néanmoins cela était loin d'être suffisant pour lui donner la victoire.
Faisant appel à toutes ses capacités de combat, bien décidé à écraser cette vermine en un instant, Voldemort engagea l'affrontement.
Les sorts, bien plus mortels dans son cas que dans celui de ses ennemis, se heurtaient et se repoussaient aucun ne parvenant à atteindre cible. Voir sa créature s'appliquer avec tant de vigueur à le combattre augmentait un peu plus encore sa fureur. Cependant, il n'eut besoin que d'une fraction de seconde d'inattention de leur pat pour établir sa domination.
Un puissant doloris atteint le maître des potions tandis qu'il lançait le sort fatal sur le gamin.
Severus hurla.
Et Potter fils…
Que se passait-il ?
Quel sort avait bien pu lancer ce satané gryffondor pour qu'ils se retrouvent dans une telle position ?
Le flux vert poison s'écoulait toujours de sa baguette tandis qu'il se heurtait à une vague de magie similaire mais ne variant que par sa teinte dorée.
Le mage noir insuffla plus de force à l'impardonnable ; le garçon recula mais tint bon.
« Vous avez entendu ? »
« Vous croyez… »
- VENEZ A MOI FIDELES SERVITEURS !
Il put percevoir un éclair de panique dans les yeux du survivant lorsqu'il cria cet ordre aux mangemorts présents derrière les portes de la salle.
La voix du vampire effaça son sourire malveillant.
- Ne vous occupez pas de cela, Potter je m'en charge…
Chancelant à peine, il se posta devant l'entrée et plaça nombre de sortilèges sur le passage, restant ensuite sur sa position pour garantir leur puissance.
Voldemort ne s'en laissa pas démonter pour autant.
- Allons, qu'espères-tu, Potter ? Me vaincre seul ? N'y a-t-il pas toujours eu quelqu'un pour te sauver lorsque tu t'es trouvé face à moi ? Mais aujourd'hui personne ne viendra. Ce vieux fou est mort et tes amis t'ont abandonné. Dès que tu tenteras de mettre un pied hors de cette salle, mes partisans te tueront. Et quand bien même parviendrais à me vaincre cette fois, railla-t-il, je reviendrai encore. Tu n'as pas eu la possibilité de détruire tous mes horcr…
Le sourire carnassier qu'il vit apparaître sur ses lèvres le fit taire. Non, ce n'était pas imaginable. Pas là même où Dumbledore avait échoué. Pas en si peu de temps.
- Vous vous trompez, Jedusor, j'ai brisé chaque morceau de votre âme. Lorsque vous tomberez, jamais vous ne pourrez ressusciter.
Il se tourna violemment vers celui qui l'avait si bien manœuvré et Severus, usant de toute sa magie pour garder les portes closes, lui adressa un sourire moqueur et infiniment significatif.
Il hurla de colère. Un sursaut de puissance s'écoula dans son sort.
- JAMAIS ! JAMAIS VOS MISERABLES POUVOIRS NE POURRONT SURPASSER LES MIENS !
Une vague noire sembla se lier au sort mortel ; enfin, Potter allait plier sous sa supériorité.
Voldemort y crut.
Un instant il ne douta plus de sa mort.
Ainsi, lorsque son propre sort se retourna, une nouvelle fois, contre lui, Tom Jedusor cligna bêtement des yeux ne comprenant même pas qu'il venait de perdre. La vie le quitta aussi simplement que pour des milliers d'autres avant lui touchés par l'avada kedavra.
Il tomba sans grâce aucune contre le sol froid.
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Il l'avait fait.
Sans même employer le moindre impardonnable.
Celui dont le nom avait été craint pendant si longtemps été tombé sous sa baguette, d'un simple sort informulé, d'un simple expelliarmus.
Harry n'y voyait pas encore une quelconque logique. Mais peut-être n'y en avait-il pas. Peut-être cela se résumait-il seulement à la magie et aux sentiments qu'on lui liait.
Soudain il réalisa. Il tendait toujours sa baguette vers le corps sans vie, l'homme qui avait rendu son dernier souffle par sa faute.
Le survivant commençait à trembler alors qu'il n'avait même pas cillé devant Voldemort.
Une main se posa sur son épaule, il n'en prit pas immédiatement conscience. Lorsqu'il se rappela à qui elle pouvait appartenir, il se dégagea d'un geste brusque.
- Ne me touchez pas.
Les mots lui avaient échappé avant qu'il ne prenne le temps de comprendre pourquoi il réagissait si violemment.
Il releva les yeux vers Rogue.
- Je…
Mais il s'arrêta là. Le jeune sorcier n'avait aucun désir de se montrer aimable avec la créature alors qu'il n'avait été qu'un pantin entre ses mains, qu'il l'avait utilisé sans le moindre égard pour lui mais seulement pour atteindre « leur » but. Même si les yeux noirs semblaient presque l'observer avec inquiétude. Un instant, Harry eut envie de se laisser absorber par ce regard pourtant un violent sentiment de rejet envers le vampire l'en empêcha.
L'expression du maître des potions sembla se durcir cependant il n'en resta pas moins stoïque.
- Venez, Monsieur Potter, la bataille n'est pas encore terminée. J'ai informé l'Ordre du Phénix du lieu où nous nous trouvons. Néanmoins, si nous ne quittons pas cet endroit au plus vite, il nous sera bientôt difficile de nous en sortir indemne.
Oui, quitter cette demeure était exactement ce dont il avait besoin. Trop de pensées commençaient à l'assaillir.
Le survivant baissa sa baguette lentement et suivit son ancien professeur qui attendait son assentiment pour défaire les derniers sorts qui maintenaient la porte verrouillée.
Dès qu'ils s'engouffrèrent dans les couloirs, à peine la porte franchie même, les assauts se firent impitoyables. Plus tard, Harry se demanderait même comment il avait pu en stupéfixer tant, car aucun mangemort ne lui résistait très longtemps et pourtant nombre d'entre eux n'hésitaient pas à employer la magie noire, et rejoindre ses amis aussi vite.
Peu après avoir immobilisé Bellatrix Lestrange, qui avait sans doute dû l'insulter dès son apparition même si le brouillard qui l'enveloppait ne lui en laissait guère de souvenir, et Pettigrew qui cette fois n'avait pu fuir, il vit Ron puis entendit l'exclamation rassurée de Hermione.
Les voir ainsi, combattant mais bien vivant, lui arracha un sourire de soulagement.
Ils s'effrayèrent de voir Rogue arriver sur ses talons mais d'un signe le survivant les recentra sur les combats.
Entouré de ses amis et des membres de l'ordre qui affluaient lentement, dont Tonks et Remus qui lui offrirent un sourire radieux malgré la gravité de la situation lorsqu'il croisa leur regard, Harry commença à prendre réellement conscience de la portée de son acte.
Ce soir la guerre allait enfin s'achever.
Et cela se termina plus tôt encore que chacun ne l'aurait cru.
Désœuvrés par la chute de leur maître et submergés par les aurors étonnamment vite présents, les mangemorts tombèrent sans engendrer de morts. Des blessés plus ou moins graves des deux côtés mais aucune perte humaine.
Enfin, si. Une. Bien sûr. Mais le simple fait d'y songer retournait l'estomac du survivant, lui rappelait l'assassin qu'il était devenu.
Le dernier fidèle de Voldemort arrêté, il se laissa tomber au sol, épuisé et encore stupéfait de la rapidité avec laquelle la victoire était devenue leur.
- Harry ?
Il releva la tête vers sa meilleure amie, visiblement soucieuse, et suivit son regard.
Rogue.
Il était debout, les bras croisés, dos contre le mur, les yeux fermés. Calme. Ses cheveux noirs encadrant son visage trop pâle lui donnaient un indéniable charme – pour un manipulateur.
Le jeune sorcier repoussa ces sentiments contradictoires sans pour autant cesser de le fixer.
- Rogue… a toujours été dans notre camp. Il était la source des informations que recevait l'ordre. Il m'a aussi… prêté mains forte contre Voldemort. C'est…
Harry frémit lorsque les obsidiennes noires se dévoilèrent à ces mots. Il ne continua pas et détourna le regard.
- Ah, très bien, lui répondit-elle un peu déconcertée mais néanmoins soulagée.
Lorsqu'il se tourna vers Ron, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Le plus jeune fils des Weasley restait indécis entre stupéfaction et incrédulité.
- On en reparlera plus tard, vous vous voulez bien ?
Son ami hocha simplement la tête.
Il ne se sentait pas encore le courage de démêler ses sentiments, pas plus qu'il ne savait s'il était raisonnable de révéler sa nature. Il était passé trop rapidement de la haine à la confiance, de l'espoir à la déception, du renoncement à la détermination. A choisir entre le désir de lui parler simplement, de s'expliquer avec lui et celui de l'insulter, il préférait tout bêtement garder ses distances.
Le professeur, non, la directrice McGonagall soignant à quelques mètres d'eux les blessures légères d'un de ses collègues, n'avait apparemment rien manqué de l'échange - au même titre que quelques aurors qui à présent observaient l'homme avec plus de curiosité que de méfiance - ne tarda pas à rejoindre le maître des potions.
Des mots furent échangés mais il ne les entendit pas. Seulement, alors qu'il ne leur prêtait plus attention, étrangement anesthésié par tous les actes qui avaient été posés en quelques heures à peine et s'enfonçant dans la douce torpeur de la fatigue, le départ du vampire ne lui échappa pas. Le regard indifférent de ses yeux posés sur sa personne non plus. Et l'éclat de sa soif s'y reflétant clairement moins encore.
Le survivant en frissonna.
Cependant il ne fit rien pour l'arrêter, il n'esquissa même pas un geste. Se battant contre ses doutes, sa rancœur et cette douce émotion qu'il lui inspirait, il le laissa partir.
Le reste des évènements ne lui laissèrent pas grand souvenir.
Harry demanda la permission de séjourner un temps à Poudlard et elle lui fut évidemment accordée.
Il échangea quelques mots, sans mentionner Rogue, avec ses amis, l'ordre, mais bien peu avec les envoyés de Scrimgeour. Son récit de la bataille fut court et vague ; on ne lui en demanda pas davantage. Le jeune sorcier n'avait d'ailleurs pas eu besoin d'attendre la confirmation des aurors pour savoir que Voldemort ne se relèverait plus.
On lui annonça rapidement que le monde sorcier était déjà en fête, que Poudlard fermerait ses portes pour un certains nombre de jours et sans doutes d'autres nouvelles encore.
Personne ne le harcela de questions ; il y avait encore suffisamment de gens qui veillaient sur lui pour qu'aucun journaliste ne l'atteigne, pour le moment, et pour permettre un retour des plus discret à l'école de magie. Il assura même Remus et ses deux meilleurs amis qu'il pouvait le laisser sans s'inquiéter, qu'il avait simplement besoin de repos.
Ce n'est que lorsqu'il se retrouva dans un appartement privé de l'école des sorciers qu'il sentit une certaine lucidité l'envahir. Et lorsqu'il s'allongea sur le lit moelleux de sa chambre, ses pensées commencèrent à se faire plus distinctes.
Harry n'échappa plus à l'image incessante du mage noir s'écrasant au sol, lui provoquant à la fois dégoût, horreur et joie coupable d'être enfin libéré de son fardeau. Mais au-delà de cette réalité, l'absence de Rogue le soulageait tout autant qu'elle le décevait. Il ferma les yeux, las, ne parvenant néanmoins pas à trouver rapidement le sommeil, puis songeant une dernière fois que le vampire serait présent, selon les dires même de la nouvelle directrice, à la prochaine réunion de l'Ordre du phénix.
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« - Continuez à jouer votre rôle, Harry, ou nous n'y survivrons pas. »
Juste un murmure. Un soulagement sans nom et une indicible colère.
Puis les crocs s'enfonçant dans sa chair sans douleur et une gorgée avalée, pour la forme ; un vague écho de ses précédentes expériences.
Ne pas y penser. Jouer son rôle, se préparer au combat.
L'occasion enfin.
Un regard déterminé échangé mais altéré par les non-dits. Et pourtant ces yeux noirs semblent lui communiquer tant de force.
En un instant, tout se termine. Cette chose est morte ; quelque chose en lui s'est brisée.
L'autre est là.
Le manipulateur.
C'est toujours de cette manière que l'on agit avec lui.
Son visage impassible le blesse. Dès le retour au « Potter » il avait pourtant compris.
L'obscurité.
Le cocon protecteur, les cœurs battant une seconde à l'unisson, les canines dans sa gorge. Tant de bien être, de confiance.
Ca ne va pas.
Les mains deviennent serres, les bras se transforment en étau, l'oxygène n'entre plus dans ses poumons. Il l'écrase, le trahit. Ca ne peut s'achever ainsi. Ca fait si mal
« - Que penses-tu de mon « cadeau », Potter ? »
Assez. Ce n'est que la voix d'un mort, sa victime. Il est étendu devant lui, Voldemort dans toute sa déchéance.
Le corps tremble, une main se tend vers lui.
« - Harry… S'il te plaît, Harry… »
Le sort mortel l'atteint, bien loin des cachots, l'homme aux lunettes en demi-lune rend son dernier souffle.
Sa baguette est encore tendue vers lui, de sa propre main il vient de tuer Dumbledore.
Il hurle d'horreur.
Les corps gisent autour de lui, c'est un cimetière à présent qui l'accueille, Jedusor, Cédric, Sirius, Dumbledore. Ses meurtres.
Il crie, pleure, implore leur pardon.
« - Harry, il ne peuvent plus t'entendre. »
Il repousse la main posée sur son épaule, seul signe de tendresse dans ce monde chaotique.
Non, il est responsable de trop de mort, il n'a pas droit à ce réconfort.
D'un geste inconscient, pourtant il comprend parfaitement ce qu'il fait, il lui lance un sort. Ce n'est que lorsqu'il voit le vampire brûler sous ses yeux qu'il reprend le contrôle.
Il est trop tard.
Ce qui un jour avait été peau pâle et cheveux soyeux ne se résume déjà plus qu'à un tas de cendres.
Il pousse un hurlement sans commune mesure.
C'est à peine si la frayeur de voir le monde qui l'entoure se replier sur lui-même passe à travers sa douleur.
« - Non, ne m'abandonnez pas, je vous en prie… »
Il est seul, définitivement seul.
« - Harry… »
Un baiser, une caresse.
« - Harry… »
Un si agréable sentiment de protection et de paix. Et enfin, la vision qu'il espérait sans oser la désirer.
Ses yeux. Deux lacs noirs et profonds mais cachant un surprenant éclat ardent.
Un frisson le réveilla.
Harry n'eut pas besoin de passer sa main sur ses joues humides pour savoir que ce rêve – ce cauchemar – le laissait dans un état nouveau d'épuisement physique et moral.
Il s'empara de la potion de sommeil que Madame Pomfresh lui avait conseillé de prendre et qu'il avait tout bonnement abandonné sur sa table de chevet. En avisant l'obscurité du ciel, il oublia bien vite l'idée de décrypter son rêve, bien qu'il le savait clairement être une certaine manifestation de ses angoisses et désirs.
Le survivant avait vraiment besoin de repos.
Cependant, alors que la potion commençait à faire effet, son esprit se dirigea une nouvelle fois vers Rogue.
Quel comportement devait-il, non, voulait-il adopter envers lui ?
Son interrogation resta sans réponse, néanmoins, il était évident qu'il lui fallait trouver avant leur prochaine rencontre, le lendemain soir, déjà.
En plongeant dans le sommeil, malgré tout, une voix lui souffla que le temps lui semblerait bien long jusqu'à cet instant.
A suivre…
Il y a quelques passages qui ne me plaisent pas beaucoup dans ce chapitre mais j'ai eu beau les retourner dans tous les sens je faisais que pire que mieux donc je vous le livre ainsi, j'espère que vous n'êtes pas trop déçus -.-"
N'hésitez pas à me donner votre avis : )
